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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:00

Cérémonie grandiose à Paris pour « nos ancêtres les esclaves »Serge-Gueso-Serge-Romana-et-Dominique-de-la-Guigneraye.jpg

Pour cette 16e journée de célébration des ancêtres, le Comité de la marche du 23 mai 1998 a fait les choses en grand. L’opération « Limyè ba yo » jusqu’alors localisée à Drancy, Saint-Denis ou Sarcelles (où se sont deroulées encore cette année des célébrations), s’est installée au cœur de la capitale, place de la Bastille, vendredi dernier, pour une grande fête de la Fraternité clôturée par un concert de Kassav !

Huchon-public-Bastille.jpgLa place grouille de monde depuis 14 heures. Un village a été dressé. C’est un espace d’échanges et de partage avec une sélection de créateurs, d’entreprises et d’artisans originaires d’Outre-mer. Le CM98 y présente son atelier de la mémoire qui permet de retrouver des aïeux esclaves, et son université populaire qui s’intéresse aux sociétés post-esclavagistes.

D-de-Kabal.jpgSur la grande scène, des comédiens, (Jean-Michel Martial, Jacky Tavernier…) lisent des textes, énumèrent des noms comme celui de Juliette, matricule 5322, nommée le 14 septembre 1849…

 Le président du conseil régional d’Ile de France rejoint le village, bientôt suivi de la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin. Sur la scène, sont alors réunis Serge Guézo, prince d’Abomey, et Dominique Louveau de la Guigneraye, aristocrate béké, neveu de Bernard Hayot. Entre eux, le descendant de l’esclave Juliette, Serge Romana, président du CM98. C’est l’histoire refoulée qui s’affiche ! « Le nègre vendeur de nègre et le blanc acheteur et vendeur de nègre, le méchant blanc contre le noir…. Des phrases qui tournent en bouclent et qui alimentent la rancœur et la haine… Conséquence ? la dignité est un combat contre soi-même ! » « Limye ba yo ! », scande la foule en réponse à Serge Romana. « La mer nous avait séparé, témoigne Serge Guèso. On se contentait de l’imaginaire. Mais maintenant on sait que l’océan n’est plus un cloisonnement. C’est le mental que l’on doit décloisonner. » Serge Romana conclut gravement : « Descendant d’esclaves et fier de l’être, ce fut un combat… »

« Cette tragédie reste inévaluable, impayable, irremboursable », GPL

GPL scene bastilleAprès le président du CReFOM, Patrick Karam, et le président de la région Ile de France (son homologue de la Guadeloupe, Victorin Lurel s’est décommandé), la ministre George Pau-Langevin a clôture la session des discours : « Aucune compensation, aucune réparation, aucune action d’aucune sorte ne pourra annuler cette catastrophe (l’esclavage, ndlr). Pas parce que cette tragédie serait sans valeur, mais parce qu’elle reste au contraire inévaluable, impayable, irremboursable. Notre responsabilité consiste aujourd’hui à faire œuvre de mémoire, de transmission et de vigilance. De vigilance, parce que si l’esclavage ne sévit plus sur notre territoire, les haines racistes et antisémites n’ont, elles, toujours pas disparu. »

Avant que les cinq stars de Kassav ne montent sur scène, vers 22h30, Tony Chasseur, Admiral T, E.sy Kennenga, Daby Touré, Chris Combette, Dédé Saint-Prix, Florence Naprix, Emelyne Michel, D' de Kabal, Jony Lerond (dit Somnanbil) et NKB, Valérie Louri et Djor ont chauffé la foule sur laquelle s’est abattue une pluie drue qui ne parvient à décourager personne. A l’entracte, une trentaine de personnes portant les tee-shirts du CM98 investissent la scène à l’appel de leur président. Serge Romana harangue une foule cachée sous des centaines de parapluies : « Cette année, les descendants d’esclaves ont pris la Bastille, l’année prochaine, ils occuperont la place de la République ! »

FXG, à ParisTony-chasseur-Florence-Naprix-Emmanuel-Gordien-Medhi-Custos.jpg

Tony Chasseur et Florence Naprix écoutent Emmanuel Gordien du CM 98 dire à Medhi Custos que son ancêtre esclave affranchi s'appelait Custoss, avec deux S. Commentaire de l'artiste : "On a du laisser un S dans une mairie..."


Serge-Romana.jpgITW Serge Romana, président du CM98

« Nous avons un créneau avec le tourisme mémoriel »

Que s’est-il passé cette année pour que la journée du 23 mai prenne une telle ampleur ?

L’an dernier, nous avons obtenu la reconnaissance du président de la République qui a nommé le CM98 et le ministre des Outre-mer est venu inaugurer deux monuments aux aïeux. Cela nous a donné une légitimité. Là-dessus, Kassav vient nous voir parce qu’il veut commémorer et qu’il veut nous aider par sa notoriété à toucher l’esprit, le cœur, l’âme de nos concitoyens ?. Kassav nous a offert une autoroute, on l’a prise.

Comment avez-vous eu l’idée de réunir autour de vous un prince d’Abomey et un béké ?

Nous avons retrouvé les noms des aïeux esclaves et 15 000 d’entre eux etaient nés en Afrique. Nous avons ramené ces 15 000 noms qui ont pris place sur un mémorial sur la plage de Ouidah au Bénin. J’y ai passé une semaine début avril, j’ai rencontre les rois, le gouvernement… Nous avons compris que ces descendants de négriers avaient une culpabilité énorme, mais qu’ils acceptaient aussi de dire que leurs ancêtres avaient participé au commerce négrier… La traite négrière et l’esclavage ont été une affaire d’élites économiques, politiques, occidentales, africaines, indiennes, chinoises. C’est à l’occasion de ce travail que j’ai rencontré Serge Guézo.

Certains vous reprochent de faire de la mémoire pour de la mémoire…

Je fais de la mémoire parce que la politique mémorielle sert à unir une population. Les commémorations de la fin des deux guerres mondiales comme celle du 10 mai, c’est une politique d’unité nationale. Ici, nous cherchons à unir les descendants d’esclaves de façon positive, car on n’unit pas les gens sur une mémoire fracturée. A la différence de la Shoah ou des génocides arménien et Tutsi qui sont arrivés dans des populations déjà constituées, l’esclavage correspond au temps de la fondation de notre population. Elle est restée depuis en déshérence. Nous sommes descendants de survivants et ces survivants, il faut les honorer. L’idée d’être descendants de survivants va positiver cette histoire, nettoyer ses écuries de façon à mieux construire ce pays.

Ça, c’est le passé, mais l’avenir justement ?

Nous avons un créneau avec le tourisme mémoriel. Mais, pour pouvoir faire un tel tourisme, il faut assumer cette histoire, unir nos populations. Nous avons des moulins, des cimetières, une agriculture spécifique, bientôt un Mémorial Acte, mais pour cela, il faut réconcilier. Cette politique mémorielle qui dit que nous sommes des descendants d’esclaves, que les békés sont des témoins de l’esclavage, peut nous permettre d’aboutir ce projet. Je crois au tourisme mémoriel.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Serge-Prince-dAbomey.jpgSerge Guéso, prince d’Abomey, Bénin

« Quand je suis arrivé en France, très jeune, mon premier étonnement a été de découvrir une population similaire à moi, mais non-africaine. Qu’avons-nous fait pour en arriver là ? J’ai voulu connaître l’histoire pour comprendre un phénomène dont j’étais l’héritier. Qu’est-ce que je fais de cet héritage ? Comme dit la fable, le grand-père construit, le père dilapide, le fils reconstruit. Je me suis rapproché du CM98 et nos intérêts ont convergé dès lors qu’il a été question des ancêtres, des noms des ancêtres. L’histoire du peuple noir devenait mon histoire familiale, l’histoire d’une réalité que l’on doit démêler. Chacun doit se rendre compte qu’il ne peut effacer cette page d’histoire. Mais qu’on peut la corriger en se parlant. Ce qui a mis ce système en place, c’est la vénalité. Cette vénalité qui fait que nous sommes humains. L’humain, ou qu’il soit, demeure vénal, à partir du moment où il ne sait plus faire societe. »


Echos

Huchon au CReFOM

Le président PS de la Région Ile de France, Jean-Paul Huchon, qui compte des ancêtres esclaves martiniquais, a révélé vendredi soir qu’il allait adhérer au CReFOM, siégeant au college des personnalités. A son arrivée place de la Bastille, il a été accueilli par le conseiller régional UMP d’Ile de France et président du CReFOM, Patrick Karam qui l’a embrassé.

Les escarpins de GPL

Karam-GPL-et-Claudy-Siar.jpgAlors qu’elle attendait d’entrer en scène pour dire son discours, George Pau-Langevin, entourée de Patrick Karam et de Claudy Siar, s’est fendue d’un grand sourire quand un journaliste lui a fait remarquer qu’elle portait de jolis escarpins. « Je faisais référence à Mitterrand et De Gaulle », a aussitôt réagi le président du CReFOM. Celui-ci s’était demandé, lors de la formation du gouvernement Valls, « si GPL pourrait glisser ses escarpins dans les bottes de Lurel ». La ministre lui a fait savoir qu’elle préférait se concentrer sur son discours.

Les raisons de la volte-face de Claude Ribbe

Huchon-romana-ribbe.jpgQuoi que sa cérémonie du 10 mai fut honorée par Valls, Taubira, GPL et Hidalgo, quoi que Victorin Lurel et Kader Arif, secrétaire d’Etat à la memoire combattante, l’aient nommé chargé de mission pour les commémorations des deux guerres mondiales, et peut-être parce qu’il briguait en vain le poste de conseiller culturel au cabinet de la ministre des Outre-mer, Claude Ribbe s’est lâché contre Hollande et le gouvernement Valls dans sa newsletter du 23 mai. Il leur reproche la ligne éditoriale de France Ô, la renonciation à ôter le mot race de la Constitution et l’absence effective d’une maison des Outre-mer. C’est que le Creuso-marie-galantais a une idée derrière la tête : pousser le gouvernement et la mairie de Paris à forcer la banque de France, propriétaire de l’hôtel Gaillard, sis place du general Catroux, face à la sculpture "Les fers brisés", à s’en séparer pour accueillir la future cité des Outre-mer promise par Hollande. Or, la banque de France projette, d’ici 2015, d’en faire le siège du « centre de l’économie et de la monnaie ». Le comité de pilotage de ce centre est présidé par un des directeurs généraux de la Banque de France, Marc-Olivier Strauss-Kahn, le frère de DSK. Une des cibles favorites de Claude Ribbe qui a toujours, dans ses libelles corrosifs, défendu Nafissatou Diallo ! On comprend mieux désormais pourquoi…


Les imagesAdmiral-T-2.jpgAdmiral TCM98-sur-scene.jpg

L'equipe du CM98Decimus-Naimro.jpgDecimus et NaimroDesvarieux-Pipo.jpgJacob et PipoEmelyne-Michel.jpgEmelyne MichelEsy-Kenenga.jpgE.Sy KenengaKassav-1.jpgJocelyne Beroard, Georges Decimus et Jean-Philippe MarthelyValerie-Louri.jpgValerie LouriKassav-2.jpgKassav


Les gens croisés en coulissesChris-Combette.jpgChris CombetteChrtie-Campbell-Admiral-T.jpgChristie Campbell, allas Admiral TCynthia-Phibel-Patrick-Marie-Joseph.jpgCynthia Phibel et Patrick Marie-JospehDecimus-Desvarieux-Martely-en-loge.jpgLoge de starsDede-Saint-Prix.jpgDédé Saint-PrixJacky-Tavernier.jpgJacky TavernierJessica-Cyprien-epouse-Campbell-et-Glwadys-Pallas.jpgJessica Cyprien épouse Campbell et Gwladys PallasJoel-Jacques-Gustave-et-daniel-Hierso.jpgJoël Jacques Gustave, patron de G2J, et Daniel Hierso d'Outremer NetworkJose-Althey-Igo-Drane.jpgJosé Althey et Igo DranéSeymour-CRIF-et-CREFOM.jpgJean-Jacques Seymour, Yves Kamami du CRIF et Patrick Karam, president du CReFOM

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