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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 07:00

Une cérémonie militaire d’hommage national aux Invalidesdevoilement-plaque-aux-dissidents.jpg

La cour du Dôme des Invalides a accueilli pour la première fois, hier, une cérémonie militaire d’hommage national aux dissidents des Antilles et de la Guyane.

Jeanne Catayée, Léon Léopold, Eugène Jean-Baptiste, Salinière Ségor, Remy Oliny et Alexandre Lepasteur, les six dissidents invités à Paris par le gouvernement, etaient les héros de la cérémonie militaire donnée lundi matin aux Invalides. Euzhan-et-les-dissidents.jpgIls sont venus recevoir, au nom de tous leurs camarades dissidents, vivants et morts, l’hommage de la République. Rejoints par Kader Arif (secrétaire d’Etat à la Mémoire combattante) et Georges Pau-Langevin (ministre des Outre-mer), ils ont dévoilé une plaque qui rend hommage à leur participation à la Seconde guerre mondiale. « Ils ont bravé les océans pour rejoindre la France libre et se sont battus en héros pour sauver la patrie. » Cette inscription sera bientôt scellée dans le monument qui abrite le tombeau de l’empereur (à l’issue des travaux de rénovation dont fait l’objet l’hôtel des Invalides actuellement).

Kader-Arif-et-GPL.jpg« Ces héros de la dissidence, ces hommes et ces femmes, la France les a trop longtemps tenus à la périphérie de la mémoire de la Seconde guerre mondiale, a déclaré la ministre des Outre-mer. Cet oubli était une injustice. Cette injustice, le président de la République a tenu à ce qu’elle soit réparée. » Et tandis qu’elle prononce ces mots, George Pau-Langevin pense à son oncle, Marc-Elie Pau, qui «  lui aussi a rejoint l’Afrique du Nord pour défendre son pays ». Elle nomme les dissidents : Henri Joseph, Guy Cornély, Henri Hélénon, Louis Bailly, Esmaralda Cotellon, Pierre Galonné, Bernard Duprez et Barthélemy Pineau, empêché de venir par son grand âge…

« Vous appartenez, lance Kader Arif aux six invites, à la grande et belle histoire de notre pays, à notre memoire nationale. Notre histoire et une et notre memoire doit sans cesse le rappeler. »dissidents-ministres-et-plaque-copie-1.jpg

La plaque est dévoilée, la marseillaise retentit. Fermez le ban.

FXG, à Paris


Histoire de Dissidence

drapeau-bataillon-des-Antilles.jpgLe 1er juillet 1940, Paul Valentino, ancien secrétaire général de la SFIO, maire de Pointe-à-Pitre, refusant l’armistice, réunit en session extraordinaire le conseil général de Guadeloupe pour rallier le général De Gaulle. « Français nous sommes, et Français nous voulons rester » déclarait-il dans son discours. Paul Valentino en appelait à la résistance et à mourir pour la France. « Si l’Allemagne règne sur la métropole française, elle ne règnera pas en Guadeloupe », poursuivait-il. Enor Volger, un policier de Pointe-à-Pitre monte le premier réseau clandestin avec sa femme Valentine et Mme Pitat à Basse-Terre.

L’amiral Robert applique la loi de Vichy en Guadeloupe et Martinique. Les maires sont destitués puis nommés. Les deux îles sont sous blocus américain.

Le 17 février 1942, Georges Balguy, un lycéen de 17 ans, est abattu au champ d’Arbaud à Basse-Terre, lors d’une manifestation anti-vichyste. Il est le premier homme abattu pour faits de résistance.

Le 24 juin 1943, à Fort-de-France, des dissidents déposent une gerbe au monument aux morts de la guerre de 14 et de la France libre, quatre mois avant que des résistants ne le fassent à Oyonnax, le 11 novembre 1943. La Martinique se soulève alors contre l’Amiral Robert, et les Antilles rallient le combat du « Général Micro », l’homme de l’appel du 18 juin que leurs frères dissidents ont rejoint par la mer. Entre octobre 1942 et juin 1943, cinq convois rejoignent Fort-Dix aux Etats-Unis. Quelque cinq mille Antillais et Guyanais ont ainsi intégré les différents bataillons des Antilles. Ils ont combattu à Monte-Cassino, en Alsace, à Herbsheim, en Syrie, en Libye, à Bir Hakeim, en Tunisie, dans les Vosges et pour la libération de Royan. Certains même, comme Guy Cornély, ont débarqué à Ouistreham, le 6 juin 1944.

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