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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 06:24

Franck Gonsse, secrétaire général de la Coordination nationale des travailleurs portuaires et assimilés

« On se bat avec nos arguments, avant on se battait avec la grève »

Franck-Gonsse--fxg-.jpgDepuis deux ans, le syndicat majoritaire des dockers de Dunkerque qui reçoit la banane des Antilles, la CNTPA, a pris pied en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique. Son secrétaire général, Franck Gonsse, explique le succès de la CNTPA par une nouvelle méthodologie de la lutte syndicale. Comme en Martinique, ils ont obtenu cette année une augmentation de 3 % sans faire grève. Interview.

La grève sur le port de Fort-de-France a-t-elle eu un impact sur le port de Dunkerque ?

Oui, dans la mesure où a eu moins d’arrivées de containers frigo de bananes. Dès qu’il y a un mouvement social dans un port des Antilles, forcément le port de Dunkerque est affecté avec moins de bananes à décharger. Sur l’emploi, c’est moins de boîtes à décharger donc moins d’équipes affectées au navire qui arrive des Antilles le lundi.

Comprenez-vous néanmoins la grève conduite par vos collègues de Fort-de-France ?

Toute revendication est compréhensible et tous les dockers dans tous les ports du monde ont des revendications. C’est normal dans un monde qui bouge et dans des ports où l’on vous demande d’être de plus en plus compétitifs, plus rapides au chargement et au déchargement… Après reste la méthode pour obtenir la satisfaction de ces revendications.

Quelle est donc cette « méthode » qui vous évite la grève ?

Notre méthode syndicale est de mener un dialogue social maximal et la grève ne doit être qu’un ultime recours. A Dunkerque, ça marche dans la mesure où nous avons des partenaires, parce que l’effort ne doit pas être que du côté syndical. Nos partenaires sont les patrons de la manutention mais aussi les transporteurs, les armateurs, les producteurs, tous ceux qui gravitent autour de l’activité.

Et quand vous avez un syndicat de dockers, comme en Martinique, qui est persuadé qu’on veut les « saquer »…

Vous voulez dire des patrons qui sont restés dans une dynamique où l’on veut gagner de l’argent et ne pas investir… Mais dans les ports des Antilles, il y a eu des investissements considérables avec des portiques, des quais… Et quand on a des gens qui viennent investir, le dialogue social a toute son importance.

Quels sont les fondements de la charte que vous avez signée pour la banane ?

Faire le maximum pour éviter un blocage du port de Dunkerque. On travaille en amont tous les problèmes que l’une ou l’autre partie ne peut régler. Ce n’est pas que pour les dockers, ça concerne aussi les mûrisseries, le transport… En cas de problème technique, physique ou humain, on réunit tous les partenaires de cette charte.

Concrètement, quels résultats cela a donné ?

En 1998, l’arrivée de la banane à Dunkerque a redynamisé le port. On est passé de 90 000 équivalents 20 pieds en 1992 à 200 000 en 2010.

Combien de syndicalistes encartés revendiquez-vous de notre côté de l’Atlantique ?

On est environ à 10 % sur la Martinique et 30 % à Degrad des Cannes ou à Jarry.

Votre discours peut vous faire passer pour un syndicat trop proche du patronat…

Non, on n’est pas le syndicat des patrons parce que ça se saurait déjà depuis longtemps. Un docker, c’est quelqu’un qui revendique son bien-être, du salaire, des emplois, une économie régionale. Mais il faut comprendre qu’on est partie intégrante de l’économie. C’est important pour discuter avec les patrons, ça évite de se faire rouler. Mais on doit se battre tous les jours pour nos conditions de travail. Aujourd’hui, on se bat avec nos arguments, avant on se battait avec la grève.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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