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Publié par fxg

Le Conseil des chefs coutumiers de Guyane réagit

Voici un courrier signé de Jean-Aubéric Charles du Conseil des chefs coutumiers de Guyane, de Jean-Pierre Joseph, du Centre amérindien Kalawachi, et deTiwan Couchili, artiste Emerillon.

"Madame Chantal Berthelot suivie de Madame Taubira, députés de Guyane, expriment leur incompréhension, et leur mécontentement, quant au choix d’exposer, dans le cadre de l’Année des Outre-mer, des carbets amérindiens au jardin d’acclimatation de Paris, considérant que cette initiative fait l'impasse sur une page particulièrement honteuse de l'histoire française. Ceci au nom de la dignité des amérindiens morts à la fin du 19° siècle dans le Jardin d’Acclimatation situé dans le Bois de Boulogne à Paris.

Les organisations de Guyane partie prenantes à la célébration de l’année de l’outremer souhaitent vivement réagir à cette demande faite au nom de leur communauté sans qu’ils aient été consultés sur le sujet. Nos autorités portent à la connaissance des élus de Guyane que le 19 Juin 1996 , a eu lieu dans le Cadre du Parc Floral de Paris une cérémonie d’Epekodonon, c’est à dire cérémonie solennelle de libération des âmes faite par le chaman Kali’na (galibi) d’Awala, Victor Kilinan, avec la participation de deux autres chamans, l’un du Paraguay, la seconde du Canada, tous deux particulièrement respectés dans leur pays d’origine pour leur grande sagesse. La cérémonie a eu lieu en présence d’une très forte représentation des organisations amérindiennes de Guyane, des représentants issus des 50 communautés amérindiennes de l’ensemble des trois Amériques venues débattre de leur droit à l’Assemblée Nationale française ainsi qu’en présence de parlementaires nationaux, des représentants du Gouvernement français et de la Mairie de Paris.

Lors de cette cérémonie, il s’agissait non seulement de libérer les âmes de nos frères et sœurs morts à Paris, mais aussi de pardonner les erreurs du passé. Pour nous, amérindiens, les enfants ne doivent pas porter les péchés de leurs pères. Nous vivons dans le présent et construisons l’avenir en plantant nos racines fermement dans le passé, pas en nous y complaisant.

Nos amis kanaks l’ont bien compris puisqu’ils participeront à la manifestation et représenteront la Nouvelle-Calédonie.

Nous sommes fermement convaincus que notre présence en tant que seules communautés amérindiennes de France porteuses de valeurs très fortes est indispensable dans le cadre des manifestations liées à l’outre-mer. Que ce soit au travers de notre architecture (carbet – même si cette hypothèse n’a pas été retenue pour le jardin d’acclimatation et ce, depuis fin janvier –sic- ) ou de nos savoir-faire ancestraux, c’est à nous qu’appartient la prérogative de proposer ce que nous souhaitons véhiculer comme valeurs auprès du public métropolitain.

Ce n’est qu’en nous laissant exister que nous pourrons établir un dialogue plus efficace avec toutes les composantes de la société guyanaise et hexagonale pour faire progresser la condition des peuples amérindiens dans leur propre pays. Les fléaux sociaux à répétition dans les villages amérindiens montrent bien le profond malaise qu’ont généré leurs conditions de vie en Guyane.

Nous ne sommes pas partisans d’un passé victimaire, nous exigeons d’être présents dans toutes les manifestations concernant l’année des outremers, à chaque fois que cela sera opportun. Si cela n’était pas le cas, nous ne comprendrions pas que seules certaines composantes de la communauté guyanaise soient invitées à représenter la Guyane dans le cadre de l’année des outremers, alors que toutes ces autres communautés sont elles aussi porteuses de cicatrices liées à la colonisation.

Nous faisons donc appel au bon sens de nos élus pour respecter nos positions."

 

 

 

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GILLET 13/08/2011 12:47



Le chaman


 


Roman