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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 10:58

Le PDG de total montre les dents devant les députés

Christophe_Jacquin_de_Margerie_-besoindair-_2009-09-04.jpgSans démentir que la SARA pourrait ne plus etre livrée en carburant a partir du 20 janvier, Christophe de Margerie, PDG de Total, se dit prêt a réduire ses marges… Et à quitter Mayotte.

« Pourquoi tant de haine ? » Cette saillie de Christophe de Margerie, PDG de Total, lors de son audition par la commission des affaires économiques, hier matin, à l’Assemblée nationale, est venue en réponse à l’interpellation du député mahorais Ibrahim Aboubacar (SRC),. Scandalisé d’entendre le patron de Total, « arrogant », dire qu’il était prêt à abandonner Mayotte, il lui a d’abord rappelé que les bénéfices de la SARA aux Antilles avaient crû de 60 % entre 2009 et 2013. Il lui a encore rappelé que c’est contre une délibération du Conseil général, cassée par le préfet, que Total avait été retenu pour l’approvisionnement de Mayotte en 2003. Enfin, il lui a demandé pourquoi Total n’avait pas déposé ses comptes au greffe du tribunal de commerce avant decembre 2013… « On ne vous demande pas d’avoir une rémunération moins importante qu’ailleurs, mais avec un bénéfice de 10 millions d’euros, votre rentabilité financière est supérieure à 22 % », lui a lancé M. Aboubacar. Le patron pétrolier a remis en cause ces chiffres, « les vôtres, pas les miens », avant de les minimiser «  Les 10 millions de Mayotte vont servir mes 23 milliards dans le monde ? Vous avez quelque chose à reprocher à Total ? Nous partirons tranquillement », a t-il conclu dans une réponse qu’il a lui-même qualifiée de « terre à terre ».

D’autres parlementaires ultramarins, Gabriel Serville (SRC – Guyane) et Ericka Bareigts (SRC- Réunion) l’ont aussi interpelle sur l’opposition de Total au décret Lurel, à la recherche d’une plus grande transparence des prix ou encore sur la menace qui pèse sur les Antilles, que plus un navire d’approvisionnement ne vienne alimenter la SARA à compter du 20 janvier prochain. Sur ce dernier point, Christophe de Margerie n’a pas apporté de démenti : « Vous êtes menacés de représailles si vous ne vous en remettez pas à un préfet qui vous dit ce qu’il faut faire… On montre les dents. »

Sur le décret Lurel, sa réponse a été nette : « Un accord a été trouvé en 2010, tous étaient d’accord. Fallait-il, trois ans après, revenir sur tout ? Cet accord aurait mérité de durer plus que trois ans. » Christophe de Margerie a toutefois pris acte d’une « volonté politique clairement établie ». Mais plus que la transparence recherchée, il n’a pas manqué de dire que ce décret visait à « réduire [sa] rentabilité ». « On est prêt à accepter une réduction de notre rémunération mais pas n'importe laquelle. On peut toujours réduire, a-t-il dit, mais il y a un moment où ça bloque. » Alors il a rappelé que la SARA avait été créée à la demande du général De Gaulle et que le marché était régulé et imposait des obligations de service public avec des stocks stratégiques et aussi des questions de logistique (les fameux éléments non cotés) : « Est-il normal que notre rémunération soit inférieure à ce que touche EDF en France ? C’est le petit débat derrière… » Pour autant, maintenant que le décret a été publié, « sans concertation », regrette-t-il, et que se discutent les arrêtés de méthode, Christophe de Margerie se dit prêt à voir ce qu’il peut accepter. « C’est ce que j’ai dit a Lurel. »

Ericka Bareigts lui a fait part d’une lettre des pétroliers, en date du 7 janvier, par laquelle ils refusent de transmettre toute documentation sur la constitution de leurs prix d’importation. « Leur diffusion serait de nature à apporter au mieux un trouble, au pire de l’agitation », est-il écrit. « Nous sommes pour la transparence, a répondu M. de Margerie, mais jusqu’où va-t-elle ? Vouloir regarder les prix de revient d’un système comme Total où les Antilles ne sont qu’une petite quantité ? On ne va pas montrer le système mondial de Total. La transparence n’est pas d’expliquer tout ce qui se passe dans une entreprise. Je ne suis pas d’accord. Nos prix sont faits par rapport à une référence internationale. » A part cela, Christophe de Margerie convient que c’est un débat qui a « besoin de calme ».

FXG, à Paris


Les normes européennes

Christophe de Margerie a glissé de la menace de rupture d’approvisionnement à celle de l’approvisionnement tout court : « La Martinique a décidé d’un système de raffinage aux spécificités européennes et on est plus chers… Forcément. Faut-il des conditions européennes à la Martinique ? » Il en a profité pour dénoncer ceux qui, en Guyane, importent du carburant hors norme du Brésil ou du Suriname, avant de poser la question de savoir s’il ne valait pas mieux accepter les mêmes règles que pour les produits disponibles dans les pays voisins. Une manière de déplacer le débat.

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commentaires

thierry 16/01/2014 17:32


Lorsque des "Qatari" lancent Being Sport (la télé "Totalement" sport) la question évidente est sont-ce vraiment "les Qatari" ? idem pour le PSG etc. On peut même se demander si OBAMA est
Président des Emirats. Les choses simples peuvent rester simples, c'est la continuité territoriale française, financée ou non par des "Qatari" qui est visée et pas seulement concernant cette
énergie. La métropole "gauloise" si je peux me permettre  ajustait l'économie de ses dépendances sur une
idée de relative équité nationale, aujourd'hui ce droit énerve et risque d'être baffoué, puisque derrière le prétexte relatif de crise tous les coups, surtout bas, sont permis.

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