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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 13:00

MLP-Mercier-NKM-Ollier.jpgITW Marie-Luce Penchard

 A l’issue du conseil des ministres à thématique outre-mer qui s’est tenu hier, la ministre de l’Outre-mer revient sur les principaux axes de la politique outre-mer du gouvernement.

" Ses actes politiques en faveur de l’Outre-mer résument à eux seuls la vision du président de la République "

Ce conseil des ministres thématique avait-il pour objet de dire que l’Outre-mer est un sujet national ?

Le président de la République et le Premier ministre ont montré une fois de plus leur engagement fort pour l’Outre-mer. C’est une démarche inédite. A partir des engagements des Etats généraux, l’exercice a consisté à faire le point en conseil des ministres sur le suivi des 137 mesures du CIOM réalisées à hauteur de 90 %. C’est aussi un message adressé aux Ultramarins dans cette période difficile pour leur dire que malgré les contraintes budgétaires, l’Outre-mer est et continuera d’être une priorité de ce gouvernement.

Ce conseil des ministres a fait le bilan de l’action gouvernementale et présidentielle outre-mer, mais n’était-ce pas aussi l’occasion de remobiliser les ministres sur ce sujet ?

Les ministres ont toujours été mobilisés pour l’outre-mer. Depuis les annonces du CIOM en novembre 2009, grâce au soutien très fort du président de la République, grâce à l’engagement du Premier ministre, j’ai pu avec l’aide de mes collègues mettre en œuvre l’essentiel des mesures du CIOM. C’est par exemple l’obtention des crédits nécessaires au fonctionnement de l’internat d’excellence de Maripa-Soula, où je me suis rendu lors de mon dernier déplacement en Guyane. C’est le financement du programme DEFI à la Réunion, qui a permis une baisse significative du prix des produits « Péyi ». Ce sont des résultats concrets pour la vie quotidienne des ultramarins. Malgré les difficultés que rencontre notre pays dans le contexte international, la gestion de la dette et la nécessité de réduire les dépenses publiques, l’Outre-mer bénéficie de toute l’attention du Gouvernement.

MLP-sortie-CM.jpgSix ministres sont intervenus lors de ce conseil. Qu’en avez-vous retenu ?

L’exceptionnelle mobilisation de mes collègues. Xavier Bertrand a parlé du soutien apporté à l’emploi avec les dispositifs d’aide aux PME, les contrats d’apprentissage pour la formation professionnelle ou l’augmentation de 13 % des emplois aidés. Bruno Le Maire s’est exprimé sur la diversification agricole et le soutien aux filières locales. Frédéric Mitterrand a présenté les engagements importants pour une meilleure reconnaissance des cultures d’outre-mer. Pour ma part, j’ai surtout insisté pour dire que nous avions à cœur de porter des valeurs auxquelles les Ultramarins sont sensibles : le respect, la responsabilité et la confiance. Confiance, dès lors qu’il s’agit de travailler avec les territoires dans un esprit de partenariat. Responsabilité dès lors que chaque territoire pouvait choisir, dans le cadre des procédures prévues par la Constitution, une adaptation de son organisation institutionnelle. Nous l’avons fait pour la Martinique et la Guyane. J’ai aussi défendu au parlement le texte pour la départementalisation de Mayotte qui répondait à une demande historique des Mahorais. Et le cheminement de la Nouvelle-Calédonie prévu dans l’Accord de Nouméa a été relancé depuis 2007. Enfin, confiance, parce que nous faisons le pari que ces territoires ont un bel avenir, même si aujourd’hui, la crise est là. Ce sont des territoires à fort potentiel et l’exemple le plus net, c’est celui de la Guyane, où avec cette découverte éventuelle de pétrole, on peut espérer que la Guyane se développera et créera de nombreux emplois.

Vous avez insisté sur les résultats en termes de logement…

J’ai rappelé le soutien du Gouvernement pour le logement social puisque, à la fin de cette mandature, nous serons à plus de 7 000 logements sociaux financés par an, à comparer avec les 4500 au début du quinquennat. La sanctuarisation des crédits dans le cadre de la ligne budgétaire unique, 274 millions d’euros, et la possibilité de compléter le montage financier des opérations par la défiscalisation ont eu l’effet escompté et ont permis de soutenir l’activité économique grâce à une commande publique importante. Nul ne peut contester cette réussite.

L’action de l’Etat a-t-elle fait bouger les lignes dans la relation entre l’Outre-mer et l’Hexagone ?

Le rapport est en train d’évoluer. Nous quittons une forme de paternalisme pour un rapport nouveau basé sur la confiance et la responsabilité. Cela résume très clairement la politique menée depuis 2007 en direction de l’Outre-mer. C’est aussi le résultat concret de l’Année de l’Outre-mer qui, sous la direction de Daniel Maximin, a changé le regard porté sur nos outre-mer, en métropole notamment, avec près de 300 manifestations de très haute qualité.

Il y a eu un certain nombre de nominations d’Ultramarins à des postes de la haute fonction publique. Pourquoi maintenant ?

Le Président de la République a toujours considéré qu’il fallait valoriser l’excellence en outre-mer et permettre à des ultramarins d’occuper des responsabilités importantes. Il l’a fait tout au long de son mandat. Il l’a fait en confiant au préfet Richard Samuel le soin d’organiser les états généraux de l’Outre-mer. Lorsqu’il est arrivé à l’Elysée, il a créé une délégation pour l’Egalité des chances des Français d’outre-mer confiée à Patrick Karam puis Claudy Siar, deux personnalités ultramarines reconnues. Ma nomination n’est pas passée non plus inaperçue… C’était la première fois qu’un ultramarin était nommé à ces responsabilités, même s’il y avait déjà eu des ministres ultramarins, mais pas au ministère de l’Outre-mer ! Et, en donnant au ministre de l’Outre-mer la possibilité de signer avec d’autres ministres les nominations à des postes de directeur de services déconcentrés de l’Etat, cela a permis la nomination de sept ultramarins à des postes de responsabilité. Le nouveau préfet de la Guadeloupe est originaire de la Nouvelle-Calédonie, quatre sous-préfets à la cohésion sociale sur les cinq existants en outre-mer sont ultramarins. La volonté du Président est non seulement réelle mais elle ne date pas d’aujourd’hui.

La vision du chef de l’Etat sur l’Outre-mer a-t-elle changé entre le début de son quinquennat et aujourd’hui ?

Ses actes politiques en faveur de l’Outre-mer résument à eux seuls la vision qui est la sienne.

Comme les gestes mémoriels et historiques… En avez-vous parlé au Conseil des ministres ?

Nicolas Sarkozy est quand même le Président de la République qui a le mieux reconnu notre histoire, les victimes de l’esclavage, qui a rendu hommage à des personnalités ultramarines exceptionnelles comme Aimé Césaire. Jamais un Président de la République et un Gouvernement n’auront autant fait pour la mémoire et la prise en compte de l’histoire souvent douloureuse, des Outre-mer. Nicolas Sarkozy a été sur tous les champs qui concernent l’Outre-mer, y compris ceux des préoccupations quotidiennes comme le logement, l’éducation ou la santé. Ce Gouvernement a eu à cœur de montrer que les politiques publiques en outre-mer devaient être fortement soutenues. Les territoires ne sont pas condamnés à vivre des transferts publics et doivent pouvoir se développer dans leur environnement régional. Avant même d’être Président de la République, Nicolas Sarkozy avait précisé qu’il voulait soutenir le développement endogène.

Et après ce Conseil des ministres en forme de bilan de la politique outre-mer du gouvernement, qu’allez-vous faire ?

Je continuerai à travailler jusqu’à la dernière minute. L’Outre-mer, ce sont des territoires vis-à-vis desquels il faut être en permanence à l’écoute.

Sur la Nouvelle-Calédonie

Avez-vous évoqué la situation en Nouvelle-Calédonie ?

Nous avons rappelé le processus dans lequel la Nouvelle-Calédonie est engagée, et les mots très forts et très justes du Président de la République à l’occasion de son déplacement à Nouméa. La Nouvelle-Calédonie, dans les mois à venir, devra engager une réflexion pour déterminer quelle relation elle veut construire avec la République. L’enjeu, c’est bien de préparer la consultation qui devra être organisée au plus tôt en 2014, au plus tard en 2018. Il ne devra pas y avoir un perdant et un gagnant mais que tous ensemble, nous parvenions à construire un avenir consensuel pour la Nouvelle-Calédonie. Car ce qui anime le Gouvernement et le chef de l’Etat, c’est que les Calédoniens vivent en paix.

Sur la Polynésie française

En Polynésie, la situation financière est tendue et les options indépendantistes de son président sont très audacieuses. Qu’en avez-vous dit ?

Le Gouvernement et le Président de la République prennent acte des déclarations récentes du Président de la Polynésie. Je considère toutefois que l’inscription de la Polynésie sur la liste des territoires à décoloniser, revendiquée par M. TEMARU, n’est pas la priorité pour les Polynésiens. Ces derniers souffrent d’une crise très sévère liée à une baisse de l’activité touristique forte. Il faut plutôt s’atteler à apporter des réponses en matière de développement économique et d’accompagnement social pour faire face à cette période difficile. Au regard du statut de large autonomie de la Polynésie, l’Etat doit rester dans ses prérogatives pour agir mais cela ne signifie pas qu’il abandonne la Polynésie. Je pense aux crédits que nous essayons de lui allouer en plus de la dotation globale d’autonomie qui a fait l’objet d’une réforme, et aux financements pour les différents chantiers d’insertion. Il s’agit de donner des pistes de réflexion et de perspectives pour les jeunes Polynésiens. Enfin, je suis certaine que la réforme électorale que j’ai portée au Parlement, permettra, à l’occasion des prochaines élections, d’aller vers la stabilité politique pour que les investisseurs reviennent en Polynésie française.

Sur Mayotte

Le président a-t-il fait part de sa préoccupation sur la situation de Mayotte ?

C’est le troisième Conseil des ministres où l’on parle de Mayotte. J’ai rappelé l’ensemble des mesures prises par le gouvernement, la négociation menée par le préfet, Thomas Degos, pour parvenir à un protocole qui a permis la baisse de plus de 10 % sur les dix premiers produits de première nécessité. Les réponses complémentaires que j’ai apportées à l’occasion de mon dernier déplacement, pour soutenir le pouvoir d’achat des familles les plus modestes, ont été entendues puisque le syndicat majoritaire, FO, a accepté la signature de ce protocole. Le médiateur que j’ai nommé doit conforter ce dialogue car je le redis : la violence est une impasse. Si la situation n’évolue pas rapidement vers un retour au calme, je crains que Mayotte ne prenne du retard alors que nous devons rapidement prendre, en liaison avec les élus et le conseil général, des ordonnances pour mettre en place la fiscalité en 2014, que le RSA soit applicable dès 2012, pour créer une caisse de retraite pour les travailleurs indépendants. Et, surtout, la France va déposer prochainement à Bruxelles la demande de « RUPéisation » de Mayotte pour lui permettre de bénéficier des fonds structurels européens en 2014. Il faut que Mayotte soit prête pour ce rendez-vous avec l’Europe.

N’avez-vous pas été trop audacieux en faisant de Mayotte un département ?

 Les Mahorais ont dit à plusieurs reprises qu’ils voulaient devenir un département. On a consulté les Mahorais. Une parole a été donnée par l’Etat. Un texte a été adopté à la quasi unanimité du Parlement pour aller vers ce droit commun. Le président a toujours considéré que cette parole de l’Etat devait être tenue. Nous avons proposé aux Mahorais d’aller vers ce statut de département, mais simplement, on oublie de le dire, cette consultation ne s’est pas faite sans préciser les conditions dans lesquelles la départementalisation allait se faire. Nous avons présenté en toute transparence un pacte qui a fait l’objet d’un débat dans chacune des communes de Mayotte. Rien n’a été fait sans que les Mahorais ne soient informés des décisions que le gouvernement est en train d’appliquer.

Quelle est la vision du gouvernement pour Mayotte ?

Il s’agit de s’assurer qu’en même temps qu’on va vers l’égalité sociale, on préserve ce qui demain fera l’avenir de Mayotte, son développement économique et ses emplois. Ce n’est pas l’emploi public qui réglera demain le problème du chômage et du pouvoir d’achat. Mais c’est la réalisation d’infrastructures comme la piste longue de l’aéroport, un réseau routier digne de ce nom pour permettre le désenclavement et la construction d’équipements touristiques. C’est ce qui fera que, demain, les Mahorais auront des emplois et ne s’expatrieront comme c’est la tendance aujourd’hui. Je regrette la situation actuelle parce qu’il y avait des signes qui montraient que beaucoup d’investisseurs étaient intéressés pour venir à Mayotte. La départementalisation leur offre des garanties juridiques et le passage du statut de Pays et Territoire d’Outre-Mer à celui de Région Ultra Périphérique veut dire que les fonds européens peuvent multiplier les ressources par deux, voire par trois…

Propos recueillis par FXG

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