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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 06:08

"Metisse" Maloya, le premier album de Johann Berby

Cover---Metisse-Maloya_300dpi.jpgPeu de Réunionnais connaissent le bassiste, chanteur et compositeur Johann Berby dont le premier album vient de sortir dans l'Hexagone. Quoique né au Port en 1983, ce jeune homme a grandi dans le Nord de la France, en pays Ch'ti, à Maubeuge. Et c'est là-bas, dans les contextes à la fois familial et associatif, qu'il s'est forgé sa culture créole. Dès l'âge de 5 ans, il découvre la danse en écoutant Bad de Mickaël Jackson. "J'ai pris une baffe, raconte-t-il. Le vinyl tournait en boucle." A la même époque, il intègre les activités d'une association réunionnaise de sa ville qui s'appelle "Métis Maloya". C'est en hommage à ses animateurs qu'il choisit de nommer ce premier album "Metisse Maloya". "C'étaient des anciens qui parlaient tout le temps de la vieille Réunion, qui me parlaient créole et qui m'ont tout appris du maloya." C'est avec eux que naît sa vocation d'artiste. Jusqu'à ses 17 ans, il danse dans ce cadre en semi-professionnel avant d'arrêter net. "J'ai compris que pour persévérer dans la danse en France en étant noir, ce serait difficile, sauf à partir aux Etats-Unis ou au Canada. J'ai eu plus de chance avec la musique !"

Adieu les parquets et bonjour les caves et les garages. Johann-Berby-3.JPGJohann se met à la basse et joue dans des petits groupes de rock métal, du hard. Il arrête le lycée et s'inscrit à l'Ecole nationale de musique classique à Valenciennes où il fait en quatre ans le programme de dix années d'études ! Parallèlement, il suit les cours du Centre des musiques actuelles. Il en sort professionnel et offre très vite ses services de "requin de studio" sur des albums de Marcus Miller ou Mory Kanté. Vincent Segal, le violoncelliste qui cartonne alors avec Vanessa Paradis ou Mathieu Chedid, le prend en résidence. "Il m'a encouragé à ne pas laisser tomber la musique." Et tout en mettant son talent au service des autres, Johann accumule les textes et les compositions qui s'empilent dans un tiroir. "Je n'osais pas les jouer..." Mais il pense déjà à un album personnel. Il attend encore cinq ans et en 2011, il se décide à faire le tri, en parle à ses maîtres... En janvier dernier, il enregistre avec un violon, Théo Croix, une batterie, Christophe Mareschal, une guitare, Mickaël Avron, et trois guest : le Malien Baba Sissoko au tama et au n'gouni ("Il est la racine et le maloya est la branche", s'amuse Johann), le Hollandais Ernst Rejseger au violoncelle (qui a beaucoup travaillé avec Groove Lélé) et le saxo roumain Lucian Nagy. Le résultat, c'est un album en créole, à l'exception de deux titres en français. "Il y a de la nostalgie et de la compassion avec la Réunion", commente-t-il. L'album, sorti en octobre, plaît. Le Nouvel Obs, RFI, TV5 monde et France Bleu Paris lui tressent des lauriers. Et s'il n'est pas distribué à la Réunion, d'autres routes s'ouvrent : au Japon, au Canada et en Corée du Sud ! Johann Berby adorerait jouer au pays comme il adorerait jouer avec Danyel Waro. "Avec le prix d'un billet d'avion pour la Réunion, je peux faire deux aller-retour en Amérique latine ou en Afrique prendre des cours de cora avec mes maîtres !"

FXG, à Paris

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