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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 06:36

Rideau de fin pour Mimi Barthélemy

disparition-.jpgLa comédienne franco-haïtienne Michèle, dite Mimi Barthélemy, est décédée samedi à la mi-journée d’une crise cardiaque alors qu’elle était à l’hôpital parisien de Lariboisière. Il y a environ deux semaines, alors qu’elle jouait la générale de son nouveau spectacle, Le Code noir et ses musiques, au théâtre de l’Epée de bois, a la Cartoucherie de Vincennes, elle s’est écroulée sur scène, victime d’un accident vasculaire cérébral. Prise aussitôt en charge par les pompiers, elle est restée quelques jours dans le coma et a été opérée. La semaine derniere, Mimi Barthélemy est sortie du coma. « Elle parlait et voyait ses trois filles et son fils, selon un proche. Elle semblait aller mieux. Et puis, samedi, elle est partie… » Le corps de l’actrice a été ramené chez elle, rue d’Oran, à la Goutte d’or, d’où ses amis, le musicien Amos Coulanges,  le directeur du théâtre d’Ivry, Laurent Bauman et son épouse, la metteuse en scène du Code noir et ses musiques, Anne Queseman, entre autres, se sont succédé pour s’incliner devant sa dépouille dès samedi soir, à l’occasion de plusieurs veillées. La dernière aura lieu mercredi prochain, puis aura lieu la mise en bière. Aucune disposition pour les obsèques n’était encore connue dimanche soir. Née en Haïti, à Port-au-Prince, Mimi Barthélemy allait avoir 74 ans le 3 mai.

FXG, à Paris


Mimi-Barthelemy-2.jpgLe 30 novembre 2012, à l’occasion de son spectacle musical Kouté Chanté, Mimi Barthélemy nous avait accordé une interview.

 

"Cayenne me rappelle Port-au-Prince de mon enfance"

 Votre enfance…

 … J’ai grandi à Port-au-Prince, au centre-ville… La maison n’existe plus depuis le tremblement de terre ; elle se trouvait dans la rue du Centre près du boulevard Jean-Jacques Dessalines. J’y suis resté jusqu'à l’age de 7 ans. Après ça, nous sommes montés à Petionville, rue Metellus, au-dessus de la place Boyer. La aussi, la maison a disparu… J’allais à l’école chez les bonnes sœurs de saint Joseph de Cluny. En 1949, c’est le président Estimé Magloire qui était au pouvoir, au moment où il y a la grande exposition internationale pour les 200 ans de Port-au-Prince. C’était magnifique, Haïti était un pays merveilleux. Port-au-Prince devait avoir 90 000 habitants quand il y en a 2 millions aujourd’hui.

Vous vouliez déjà être comédienne ?

Depuis toute petite ! Je vivais dans cette nature, dans le mystère d’une ville où le tambour ne cessait de résonner de la nuit, dans le mystère du vaudou, le carnaval… Cette vie ! Pour moi, c’était une vie idyllique. Quand je vais à Cayenne, ça me rappelle un peu Port-au-Prince de mon enfance. Quand j’ai eu mon bac, à 16 ans, je suis partie aux Etats-Unis et je suis arrivée en France, j’avais 17 ans.

Vous n’y etes jamais retournée, pour y vivre ?

Au moment de la chute de Duvalier, j’y suis restée neuf mois. J’ai très vite perdu les images de mon enfance parce que la ville a explosé. Duvalier a fait quelque chose de terrible, il a fait venir tous les paysans des campagnes pour voter pour lui et il ne leur a pas donné l’argent du retour. C’est là que commencent les bidonvilles… J’ai perdu pratiquement toutes les images, sauf à la campagne. On avait une maison au-dessus de Jacmel… Ce qui m’enchante continuellement, c’est l’énergie de ce peuple, toujours à remonter le courant.

Propos recueillis par FXG

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