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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 15:40

Moun France joue les prolongations à Paris
Moun-France-avec--JP-Sturm-et-avec-Pacal-Moesta-Evelyne-Eti.jpgJean-Pierre Sturm écrit des histoires pour faire rire les adultes et les enfants. Après son dernier spectacle à succès, Ma Commère Alfred, cinq semaines à l’affiche à Paris, il nous revient avec Moun France, sa nouvelle comédie actuellement à l’affiche au théâtre Comédia au 4 boulevard de Strasbourg à Paris et joue les prolongations jusqu’au 12 février. Une comédie créée rien que pour faire rire, beaucoup rire et énormément rigoler, voir pleurer du début à la fin. Ce spectacle rythmé, décalé permet de rire aux éclats même dans les temps morts.
Quand les Guadeloupéens viennent vivre dans le 93… C’est la petite histoire d’un couple guadeloupéen, Rigobè et Dedète, qui pour visiter Paris quitte sa grande villa et piscine en séjournant quelques jours  chez Maurice et Jocelyne, la sœur habitant dans un petit deux pièces de l’autre coté du périphérique, dans le 93. Ces derniers ont une relation pas très catholique avec leur jeune ami, Cédric. Ici, dans cette cité de la banlieue nord, et  avec la nouvelle génération, l’hospitalité antillaise n’est plus que souvenir gommé par le temps et les nouveaux modes de vie aujourd’hui. L’histoire est délirante pour les spectateurs, cauchemardesque pour les comédiens. Une fiction qui révèle la réalité du quotidien. Bienvenu dans un monde inconnu à Rigobè et Dedète. Un conte formidable.
AJ


L’enfant de la télé a toujours envie de faire rire
Jean-Pierre Sturm 52 Alfred JocksanAprès Ma Commère Alfred c’est autour de Moun France de tenir le haut du pavé au théâtre Comédia à Paris. La formule ne change pas, le fou rire est toujours présent dans cette aventure  consacrée à l’arrivée d’un couple de Guadeloupéens, Rigobè et Dedète, dans la banlieue nord de Paris. Un voyage en France qui tourne au cauchemar, car ils vont être mêler, malgré eux, à une étrange affaire, tout en constatant que l’hospitalité antillaise a changé. Depuis 1996, Jean-Pierre a mis un point final à sa carrière d’homme de télé et de radio pour se consacrer entièrement au développement de sa boite de production, JP Show. ITW

Avez-vous pris un risque de programmer « Moun France » au théâtre le Comédia  pendant un mois ?
Oui, nous avons pris un risque de jouer à Paris pendant un mois, donc forcement le public s’étale sur plusieurs représentations. Ils choisissent, ils peuvent venir le mercredi, le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche. Nous attendons le public en restant ici jusqu’au 12 février. Donc, on les attend en grand nombre.
Après Ma Commère Alfred. Vous êtes aujourd’hui un metteur en scène à succès dans la communauté. D’où puisez-vous votre inspiration, toujours en partant d’une simple histoire ?
J’ai l’envie de faire rire mon public. Moi, quand j’étais petit, j’ai été bercé par l’émission « au théâtre ce soir » à la télévision. J’ai toujours eu l’amour du théâtre et ça c’est très important. Je me souviens que quand j’étais à l’école, il y avait la troupe de Jean Goncelin qui passait et je n’ai jamais raté aucune des ses représentations. Et, beaucoup plus tard, je me suis intéressé au théâtre, parce que je savais qu’au fond de moi il y avait cette envie d’écrire. Et, tout naturellement quand j’ai quitté RFO. C’est la chose qui s’est imposée à moi. J’ai écris ma première pièce qui n’est jamais sortie. Je l’ai fait lire à quelqu’un qui n’a pas trouvé ça superbe. Elle est restée dans un tiroir. Et un jour, le directeur du théâtre de Charenton a lu le scénario et il m’a dit « c’est pas mal. Mais il faudra la travailler différemment ». J’ai laissé tomber. Jean-Pierre-Sturm-2---Alfred-Jocksan.jpgEnsuite, Ma Commère Alfred s’est imposé à moi et je l’ai écrit. Et ça a été un succès. Puis j’ai lancé cette série en 2007 « Rigobè et Dedète » pour la télévision et les personnages ont plu, devenant au passage le couple guadeloupéen le plus célèbre du petit écran. Je savais que je tenais de l’or dans les mains. La série a eu un succès phénoménal et je me suis dit pourquoi ne pas écrire une pièce autour d’eux. J’ai écrit « Rigobè et Dedète  sur scène » puis « Rigobè et Dedète comme à la télé ». Mais il y a quelque chose qui me trottait dans la tête depuis un moment et j’ai toujours voulu qu’il y ait cette rencontre entre les Antillais de  métropole et les Antillais qui vivent au pays. Pour moi, c’était important de faire ça. Cette pièce s’est imposée à moi et j’ai pris une année pour l’écrire, avec l’angoisse, le malaise intérieur.  Je me suis mis à l'écrire lors d’une croisière à bord d’un bateau, pour la majeure partie, pendant neuf jours. Ça m’avait fait du bien. Je suis revenu à Paris, comme l’inspiration venait, neuf jours après j’ai repris le même bateau pour finir l’écriture. Je me revois entrain d’écrire cette scène poignante ou l’on voit Cédric, le petit dealer, avec Dedète. Je me revois encore entrain d’écrire cette scène. Je pleurais en regardant la mer. Je ne peux pas vous dire si je pleurais parce que je regardais la mer, ou si ce que j’écrivais, était poignant. Je crois que c’était poignant quand on voit la réaction du public. Il se passe quelque chose à ce moment là sur la scène et dans la salle.  
Pourquoi cette rencontre entre les Antillais de là bas et les Antillais de la banlieue, très caricaturale, vous tenait tant à coeur ?
Jean-Pierre-Sturm-Alfred-Jocksan.jpgNon, ce n’est pas une caricature. C’est ce que beaucoup d’Antillais ont vécu. Je crois que beaucoup d’Antillais se reconnaissent, beaucoup de Guyanais se retrouvent. On dit les choses qui sont importantes. On met Rigobè et Dedète dans une situation qu’ils ne connaissent pas. Jusqu’à maintenant, tous les pièces qu’on a produites sont des pièces qui viennent des Antilles et qui arrivent avec une histoire antillaise, une histoire de là-bas. Et, on les joue ici. Moi, avec Moun France, je fais le contraire. Il fallait absolument créer une histoire pour les 400 000 antillais vivant en Ile de France. Seul Maurice Jallier l’avait déjà fait, mais c’était des Antillais qui partaient là-bas avec une blanche. Moi, ce n’est pas ce que j’ai voulu montrer. Je fais venir ceux de là-bas dans le milieu de la banlieue, avec un parler banlieue qu'ils ne connaissent pas du tout. Et, Rigobè et Dedète s’accaparent de ce parler de banlieue. C’est les gens de chez nous qui viennent en banlieue parisienne. É babe kay lévé. Ici, ressort le choc des cultures, le rôle de la mère... Il y a une scène de la pièce qui est capitale, quand Dedète invite le petit Cédric à venir la rejoindre et que fait l’homme à ce moment là ? rien. Car l’homme antillais est toujours inexistant à ce moment là. C’est la mère qui est là. C’est ça aussi cette pièce. Voyez-vous, ce n’est pas à moi de le dire, c’est au public de venir découvrir la pièce et de faire le commentaire en voyant toutes les petites choses que j’ai voulu mettre.
Jean-Pierre, vous étiez un enfant de la télévision que vous avez quittée en 1996. Où en êtes-vous aujourd’hui ? Pensez vous que c’est une histoire oubliée dans votre vie ?
Non, ce n’est pas oublié. Disons que j’ai d’autres préoccupations, j’ai d’autres envies. J’ai donné ce que j’avais à donner à la télévision. J’ai fait de la télé pendant près de vingt ans. J’ai tourné la page. A la fin du spectacle je viens me présenter. Certaines personnes me laissent entendre : « Tiens on revoit l’animateur ! » C’est ce que je fais. Je ne monte pas sur la scène à la fin en tant que metteur en scène ou entant qu’auteur, je monte en tant que producteur du spectacle et il faut que je parle du spectacle et que je demande aux gens de « bay la vwa » comme on dit. En ce moment je suis plus animateur et ça me fait plaisir et me remémore certains bons souvenirs.
Avez-vous envie de retrouver un plateau de télévision pour une nouvelle aventure ?
Il y a déjà eu deux ou trois tentatives avec RFO. La première fois, j’étais un petit peu partant, sans plus. Je suis devenu trop fainéant et j’adore ma liberté. Pour moi, être dans un bureau, c’est fini. Et faire de l’antenne tous les jours comme je faisais avant du lundi au vendredi, je pense aussi que c’est fini. Exceptionnellement, si on vient me demander de présenter une émission spéciale, je pourrai dire oui. S’il y a une chose qui me manque c’est la radio. La télé ne me manque pas. Je suis un enfant de la radio. J’ai commencé la radio à l’âge de douze ans. C’est vraiment un truc que j’aime beaucoup, la radio. C’est un truc que je kiffe à mort. Pourquoi pas la radio, mais pas la télé.

Vous et la Guadeloupe ?
Je n’ai pas vraiment quitté la Guadeloupe. Je ne peux pas rester loin de la Guadeloupe plus que deux ou trois mois. Mon métier me le permet parce qu’on a des tournées et on part très souvent. J’ai gardé ma maison. Je dis souvent vivre à Paris, je n’ai pas eu le choix. C’est ce choix qui s’est imposé à moi. Je reste un Guadeloupéen qui va chez lui très souvent.
Quel est votre  regard sur la télévision ?
Aux Antilles je n’ai pas de télé chez moi. Quand je vais là-bas, je ne regarde presque jamais la télé. Sauf de temps en temps quand je passe chez ma grand-mère. Je ne porte pas attention, ni de jugement sur la télé aux Antilles. Concernant la télévision en métropole, je regarde peu. Je sors beaucoup au théâtre. Je regarde de temps en temps des documentaires sur France Ô, j’adore Arte. Mais tout ce qui est jeu ou télé réalité, je n’ai plus l’occasion de regarder. Ma petite société, JP Show, me demande tellement d’investissement personnel qu’elle me laisse peu de temps pour m’occuper de moi.
Le théâtre est-ce votre part d’engagement dans la culture guadeloupéenne que vous défendez ?
Il n’y a pas que le zouk. Il y a aussi le théâtre. Mon engagement est de prendre le risque de rester un mois à Paris avec tout ce que ça comporte comme risque. J’ai d’autres engagements qui sont ailleurs, aussi en Afrique ou je fais des choses, notamment au  Sénégal et en Cote d’Ivoire également.
Propos recueilli par Alfred Jocksan


La tournée  aux Antilles :
-Martinique à l’atrium du 01 au 04 mars
-Guadeloupe :
-Basse-Terre- Artchipel du 07 au 12 mars
-Le Moule – Salle Robert Loyson du 13au 17 mars
-Le Lamentin – ciné théâtre : du 24 mars au 02 avril.

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