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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 08:00

La préfecture de l’Yonne saisie pour des gâteaux nommés « Bamboula » et « Négro » 

 

Chcolaterie-Feret.jpgSophie Elizéon, déléguée interministérielle à l’égalité des chances des français des Outre-mer, a fait savoir, mardi après-midi, qu’elle avait saisi la Préfecture de l'Yonne lundi au sujet de la chocolaterie Grégory Féret à Auxerre. Cet établissement offre à la vente « le Bamboula », biscuit chocolaté, et « le Négro », pain d'épices chocolaté fourré, ainsi qu’en atteste son site : http://www.chocolaterie-feret-auxerre.fr/presentation. « Soucieux de satisfaire les papilles des gourmets et des gourmands, Grégory se rattache aux spécialités d'antan avec le « Bamboula et le Négro », vieilles recettes auxerroises qui se transmettent de génération en génération », peut-on lire.

Dès mardi matin, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN), présidé par le Martiniquais Louis-Georges Tin, et l’association Sortir du colonialisme (SDC) montaient au créneau. Selon ces derniers, aux protestations publiées sur la page Facebook de la maison, la chocolaterie a répliqué en dénonçant ceux qui n'ont « aucune connaissance de l'histoire de France » et précisé que « Négro » était un « hommage rendu aux Sénégalais blessés pendant la première guerre ». Ils ajoutent que « les auteurs du Bamboula ont désiré rendre hommage aux cultures que les Africains nous ont apporté en France ».  « Les Noirs de France se seraient bien passés d'un pareil hommage, a répliqué Louis-Georges Tin. Est-ce que la maison Féret a l'intention de vendre aussi des nougats "Ratons", en hommage aux Algériens de France ? Et pourquoi pas des bonbons "Youpin", en hommage aux Juifs déportés ? » Gisèle Felhendler, de SDC, y voit un « revival de l'imagerie coloniale la plus nauséabonde ». « Après la banane, déclare-t-elle, voici maintenant le retour du Y'a bon chocolat. L'exotisation, l'orientalisme et le paternalisme patriotique font de ces confiseries un parfait exemple de négrophobie culinaire ».

Plusieurs affaires similaires ont déjà défrayé la chronique. Au début des années 1990, la biscuiterie nantaise Saint-Michel a du retirer de la vente ses biscuits « Bamboula ». En 2006, il y a eu le retour avorté de « Ya’bon Banania" et, plus récemment l’affaire de la marque de champagne « Code noir » ou encore du bracelet « Esclave » de Mango.

A Auxerre, hier, les services préfectoraux ont vérifié l'information, indique la délégation interministérielle qui ajoute que « le dossier est désormais en cours d'instruction par les autorités compétentes sur place. »

 

FXG, à Paris

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