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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:25

nicolas-hulot.jpgNicolas Hulot participera du 22 au 25 octobre, à l'invitation de la Région, à la conférence internationale sur la biodiversité et le changement climatique. Le président de la Fondation pour la Nature et l'Homme y sera au titre de sa mission auprès du président de la République qui l'a nommé en décembre 2012 "envoyé spécial pour la protection de la planète". Interview.

"On n'en fera jamais trop !"

Cette conférence abordera des problématiques spécifiques aux Régions ultrapériphériques de l'Europe, aux Pays et territoires d'Outre-mer et aux petits Etats insulaires en développement. Qu'attendez-vous d'elle ? 

Les îles sont directement concernées par les évolutions climatique, mais il ne faut pas se tromper d'échelle. La vraie responsabilité pour faire face aux enjeux climatiques, c'est-à-dire combattre sur deux fronts : l'atténuation de l'élévation de température à 2 degrés et l'adaptation des pays les plus vulnérables au changement climatique inexorable.

Parce que, quoi que l'on fasse, on est parti pour 1 degré, voire 2 de plus en cours de siècle ! Cette responsabilité relève des Etats, mais d'abord des Etats industriels. Ca ne veut pas dire que les autres, Etats ou territoires, n'ont pas de responsabilité, mais la responsabilité historique de cette situation atmosphérique et celle pour faire face à ces enjeux relève des Etats industriels.

Comment les petits Etats insulaires, les territoires d'outre-mer peuvent-ils prendre leur part de responabilité ?

Les territoires insulaires peuvent, à leur échelle et avec leurs moyens, contribuer à ne pas amplifier un phénomène en recourant aux énergies renouvelables avec une stratégie d'efficacité énergétique importante. Mais il faut aussi  faire le point avec eux, voir quelles sont leurs propres difficultés et leur propre exposition puisque on a maintenant des modélisations assez précises sur ce qui va se passer zone géographique par zone géographique dans le monde entier. La France elle-même a reçu tout récemment du GIEC un rapport pour mui donner une première vision de ce que risque d'être le climat dans les trente ans à venir.

Quel message allez-vous porter ?

Mon message est le même pour tous, qu'ils soient en Guadeloupe aux Etats-Unis ou en Chine, c'est qu'on n'en fera jamais trop. Le mot urgence n'a    plus de sens. C'est-à-dire que l'urgence est elle est déjà là pour des centaines de milliers de personnes qui en meurent chaque année dans le monde. Le deuxième message, c'est que la différence par rapport aux années précédentes, c'est qu'il y a des technologies, des process, des outils qui nous permettent de faire face aux enjeux climatiques. Dès lors, il y a deux alibis qui ne tiennent plus. L'alibi du doute : savoir si l'humanité avait une responsabilité dan les changement climatique, ce doute a été levé. L'alibi du "on ne sait pas quoi faire" ne vaut pas. Ce qui fait défaut, c'est une volonté coordonnée et partagée. Il y a des solutions, encore faut-il avoir la curiosité de s'y intéresser, passer d'une forme d'aversion sur ces sujets à une forme de réflexion. On voit cet enjeu-là comme une contrainte. Oui, c'est une contrainte ! Mais peut-être en regardant les choses dans le détail, ç'est peut-être une opportunité.

Une opportunité, de quelle façon ?

Le changement climatique va nous imposer de passer à une économie décarbonnée assez rapidement. Sur le plan de la santé, on s'y retrouvera, mais également sur un plan économique et social parce que le prix de l'énergie fossile, quoi qu'on fasse ne va cesser de monter. A la limite, si on ne le fait pas pour le climat, faisons le pour notre santé et nos économies.

Que peut-on attendre de concret et utile de cette conférence pour la planète ?

Le concret et utile, il sera ou ne sera pas en décembre 2015 à Paris quand vont se réunir 195 Etats. La conférence de Paris sera une étape finale, mais il faut que beaucoup de choses aient été discutées, rassemblées, agrégées bien avant Paris. Toutes les initiatives locales, nationales, multinationales qui peuvent permettre de travailler sur ces sujets, d'exprimer un certain nombre de revendications, de poser des propositions, tout ça peut permettre de créer une dynamique positive.

Est-ce votre premier séjour en Guadeloupe ?

J'ai fait un de mes premiers voyages en Guadeloupe alors que j'étais tout jeune photographe, au moment des événements de la Soufrière et du conflit entre Claude Allègre et Haroun Tazieff. A cette époque, j'ai le souvenir très précis d'être monté avec Haroun Tazieff en haut de la Soufrière au moment où se posait la question de l'évacuation de Basse-Terre... J'y suis revenu par la suite et, notamment, au tout début d'Ushuaïa. Ca doit faire quinze ans que je n'y suis pas revenu.

propos recueillis par FXG, à Paris 

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