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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:21

Noirs et Blancs en couleur

L’émission Archipel, présente par Elyas Akhoun, propose le 4 décembre prochain à 22 h 30, sur France O, un documentaire sur l’image des Noirs dans le cinéma français. En plateau, l’invite sera le comédien Jimmy Jean-Louis.

 

18473933.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpegCa commence avec le César du meilleur acteur remis en 2012 à Omar Sy pour Intouchable… Et voici introduite la problématique du film : quelle place la société française a-t-elle accordée aux acteurs noirs, qu’ils soient d’origine africaine ou antillaise ? Le dernier Noir césarisé avant Omar Sy remontait à 1987 avec Isaac de Bankolé, meilleur espoir masculin pour Black Mic-Mac. Quand il a fallu attendre 1964 pour que Sidney Poitier soit le premier acteur noir à recevoir un Oscar… Firmine Richard, Lucien Jean-Baptiste, Alex Descas, Greg Germain vont témoigner : pour les producteurs, le Noir n’est pas « banquabeul »… Pourtant les succès et les stars noirs ont existé ! Le film, didactique, va dérouler une histoire du cinéma pour examiner comment est montré le Noir au cinéma depuis Louis Lumière. Historiens, sociologues comme Pap N’Diaye, viennent nourrir la reflexion sur « l’expérience d’être un acteur noir en France ». A l’instar de la Venus hottentote, l’acteur noir est d’abord un sauvage avant d’être un pitre comme le clown afro-cubain Chocolat. NOIRSETBLANCS-Descas-2300--1-.jpgMais après la guerre de 1914 et l’arrivée du jazz, l’art nègre est reconnu et une star est célébrée, Joséphine Baker (Zouzou avec Jean Gabin). Jean Gremillon donne un vrai role a  la Martiniquaise Gabrielle Fontan (Daina la métisse) même si elle incarne des rôles de naïve. Mais alors qu’en 1931 sortent en même temps Tintin au Congo et la revue L’Etudiant noir, le cinéma va être plombé par l’imagerie coloniale. Héros blanc et acteurs noirs secondaires, bons gentils ou méchants sauvages ! Ça va durer jusque dans les années 1950. Et avec le grand vent des indépendances qui commence à souffler, apparaît un nouveau cinéma : Afrique sur Seine, en 1955, de Robert Caristan, Jacques Mélo Kane, Mamadou Sarr, Paulin Soumanou Vieyra, puis Orpheo Negro, en 1959, de Marcel Camus, le cinema de Jean Rouch… Et encore, en 1966, La Noire de Sembene Ousmane. Mais la décolonisation va éteindre ce renouveau et le cinéma noir va se faire oublier un temps, du moins en France… Il faut attendre la télévision et 1979 pour qu’un comédien antillais puisse se faire un nom à travers une série, c’est Greg Germain, le docteur Alpha de Médecin de nuit. Suivront Jacques Martial dans Navarro, Mouss Diouf dans Julie Lescaut… Entre temps des cinéastes comme Coline Serreau, Claire Denis ou Patrice Chéreau vont savoir donner de vrais rôles à des comédiens noirs. Ils sont Alex Descas, Firmine Richard… Mais même Euzhan Palcy, pourtant Lion d’or à en 1984 à Venise avec Rue Case Nègre doit s’exiler aux Etats-Unis pour pouvoir réaliser Une saison blanche et sèche. Elle rejoint un autre expatrié, Isaac de Bankole. Dans les années 2000, la série Sucre amer, réalisée par le Guadeloupéen Jean-Claude Barny, puis le Toussaint Louverture produit par France Zobda auront toutes les peines du monde à être financés… Et malgré la réussite de films comme Case départ ou La Première étoile, le cinéma français ne semble pas encore prêt, à  l’inverse des Américains, à confier un rôle de président de la République à un Noir !

FXG (agence de presse GHM)

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commentaires

RD 08/05/2016 16:00

A lire : "Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy" de Régis Dubois (ed. LettMotif, 2016)

Robert 03/12/2012 17:15


Ils sont partis les enculeurs de mouches ?

thierry 01/12/2012 10:57


Certains reprochent aux USA notamment l'UNESCO son impérialisme culturel en matière de Cinéma (aussi) et son manque de diversité. Les noirs et métis sont depuis
longtemps particulièrement bien traités par HOLLYWOOD et TF1, il faut le dire; qui relaie dans les séries une image politiquement correcte du noir : les Experts, etc.


L' "exception culturelle française" ne plaide pas pour un développement honorifique d'un cinéma "noir". "aurait-on su que Omar SY remporterait un tel succès que ce film ne se serait jamais fait
avec lui". Le cinéma français s'en fout du "bankable" puisqu'il est financé par les impôts en réalité. Les Cinéastes comme Claire DENIS qui a "fait" Isaach de Bankolé (James BOND, Casino Royale,
à ne pas oublier)...sont rares.


Tout est question d'idéologie. Les tenants (Juifs ) d'HOLLYWOOD préfèrent les noirs aux hispaniques qui se battent actuellement pour leur diversité. En France il n'y a pas d'HOLLYWOOD, mais les
tenants du cinéma français préfèrent Jamel DEBBOUZE (et ils ont raison).


Tant que le cinéma américain continuera sur cet axe il n'y aura de manque que pour celles et ceux qui veulent faire du cinéma ou des séries en France.


Il y a des métiers où les noirs deviennent non prioritaires dans la diversité à la française, c'est pourquoi ceux qui s'y investissent à l'instar d'un Patrick LOZES ne sont que des alibis.


Un cinéaste antillais de devant ou derrière la caméra pourra toujours faire de la lèche à "l'écran blanc du cinéma" il sera toujours à la traine...On n'en veut plus ??? (
).

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