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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 07:57

3 questions à Jack Lang 

Jack-Lang-photo-A--Jocksan.jpg« Une musique pleine de virtuosité »

Jack Lang, l’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand était de passage au Zénith ce dimanche pour saluer et rendre un hommage aux musiques du sud.

Quel regard portez-vous sur cette musique des terres lointaines ?

C’est une musique pleine de talents, de virtuosité et d’inventivité. Je peux dire que c’est une musique qui me plaît beaucoup.   Elle chante la beauté, l’amour, la poésie, la vie. J’ai su qu’aujourd’hui qu’il y avait cette événement et je me suis précipité.  Je suis très content d’être là.

Pensez-vous que la musique des outre-mer mérite d’être soutenue ?

Quand j’étais ministre, j’ai beaucoup soutenu tous les groupes antillais. Notamment, le groupe kassav et beaucoup d’autres, des groupes de jazz… Sans parler de mon aide à la poésie, la littérature, la peinture, la sculpture. J’étais très ami avec Aimé Césaire.

Cette année 2011 a été décrétée année des Outre-mer français. Votre point de vue ?

C’est une bonne idée, sincèrement. Simplement, l’outre mer devrait être chaque année à l’honneur.  L’outre-mer apporte énormément à toute la communauté nationale. C’est bien qu’il y ait une année mais il ne faut pas que soit seulement  2011, il faut que ce soit permanent.

Propos recueillis par Alfred Jocksan (agence de presse GHM)


Henry Valide

henry-Valide-l-historien-de-malavoi-photo-A--Jocksan.jpg« Je suis émerveillé par le soutien de la jeunesse »

Henry Valide, l’historien du groupe Malavoi, est toujours dans les coulisses. il se souvient du premier Zénith et d’avoir vu Henry Salvador tomber dans les bras de Ralph Tamar en larmes à la fin de leur prestation pour le féliciter.

« La musique de Malavoi commence à faire partie de l’histoire de la Martinique. Surtout les trente premières années. Les dix années suivantes, c’est de l’histoire contemporaine. Mais il faut savoir qu’avec Paulo Rosine, c’était une merveille et c’est grâce à lui si on est encore là.  Nous avons traversé des moments merveilleux, mais aussi des galères. Ce qui reste dans notre mémoire, c’est comme le service militaire vingt ans après : que du bonheur.  Aujourd’hui, je suis étonné de voir et entendre la jeunesse s’exprimer sur les chansons de Malavoi alors que la musique actuelle est complètement différente. Cela m’émerveille.


Raoul-Paz---1--photo-A--Jocksan-copie-1.jpgRaoul Paz, le cœur à Paris et l’âme à la Havane

 « j’ai toujours rêvé d’une Caraïbe unie et j’y crois beaucoup. J’étais heureux de participer à ce festival des musiques du sud. En cette période de l’année, je ne fais pas de tournée et j’étais chez moi quand on m’a contacté, je ne voulais pas mais quand on m’a annoncé que Malavoi fêtait ses 40 ans, j’ai dis ok. Car je me souviens, il y a dix ans, j’ai chanté à la Martinique et dans la voiture qui est venue nous chercher à l’aéroport, j’entendais ma musique pour la première sur une radio et c’était en Martinique ! C’était la première fois et j’étais heureux.  Je venais de New York et entendre comme ça ma chanson, trop fort ! »


4 questions à David Sicart

David-Sicart-2--photo-A--Jocksan-copie-1.jpg"je me suis tourné vers mes valeurs traditionnelles"

Vous laissez entendre dans votre chanson, Liberté, des mots forts    « Allons enfants des  colonies  le   jour   de gloire est arrivé… » Est ce un message ?

Un message adressé aux enfants de la colonie. Mais le but est de rassembler au-delà des frontières, qu’elles soient insulaires ou autres. Il faut savoir que toute cette histoire de colonisation, voire d’esclavage, n’est pas que l’histoire des victimes. C’est aussi l’histoire de ceux qui ont combattu l’esclavage. Là, il n’est plus question de couleur, forcement. C’est une question de valeur, de valeur  humaine.  On arrive à partager tout ça ensemble. Aujourd’hui, pour moi, ce fut un honneur de jouer au Zénith, un immense plaisir de jouer avec d’autres Créoles comme moi, un immense plaisir de partager la créolité avec plein des gens. C’est une belle occasion, rien que le fait d’être tous réunis.

Que veux dire le mot « liberté » pour vous ?

Liberté pour moi, c’est une notion que j’ai envie de mettre en évidence. Ce que je veux dire c’est que tout le monde a ça en lui. On a simplement parfois envie de la partager, la mettre en avant pour la vivre plus facilement.  Je demande juste qu’on la vive, un peu.

Etes-vous  un grand spirituel ?

J’aime à considérer que la vie ne se trouve pas que là on croit qu’elle est, chez les êtres vivants. 

Comment expliquer votre  propulsion dans ce monde de la musique, vous qui êtes si jeune ?

J’ai eu beaucoup de chance jusqu’à présent. Mais les choses  se sont faites et passées lorsque je me suis tourné vers  mes valeurs traditionnelles. A partir de là, les portes se sont ouvertes plus facilement. Et, je suis entouré des personnes qui sont de bonnes et de belles personnes.

Propos recueillis par Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

 


Perle Lama 

 

Perle-Lama--3--photo-A--Jocksan.jpg« Le cœur ouvert au message de Mona »

Perle Lama a chanté avec Eritaj Mona. Ovationnée par le public dès son arrivée dans le monde musical martiniquais, la sauvageonne des mornes au caractère bien trempé, vient de sortir un dernier titre « Hommage aux femmes » qui  vient d’être mis sur le marché dans l’album « Perle l’Amazone » qui contient dix neuf titres et déjà trois clips.   Malgré sa stature de vedette, elle veut perpétuer l’héritage d’Eugène Mona. « C’est le plus bel héritage qu’on puisse avoir en Martinique et c’est une fierté d’être là ce soir et de participer à cet évènement. Il faut que le nom de Mona reste gravé dans les mémoires. C’est toute la culture afro-caribéenne que véhiculaient  les paroles de Mona. C’est un homme universel. »


Interview de Max Mona, football devenu musicien, par la force des choses.

Max-Mona--4---photo-A--Jocksan.jpg"Mona a laissé une empreinte sur la Martinique"

Le fils d’Eugène Mona doit se faire un chemin et porter l’héritage de son père décédé en septembre 1991 à l’âge  de 38 ans. Introduit en star sur la scène du Zénith, tout de blanc vêtu et les pieds nus à l’image des paysans de son ile, Max Mona, 36 ans, a marqué les esprits par le timbre de sa voix. Mais pour celui qui a commencé la musique, il y a seulement trois ans, du chemin reste à faire malgré un début prometteur.

Il y a quelques années vous  étiez  un footeux, aujourd’hui vous êtes sur la scène du Zénith. Qu’avez-vous éprouvé, vous le fils du maitre des flûtes des mornes ?

Cela fait bizarre de se retrouver là. Mais les choses arrivent comme elles doivent arriver et je ne me pose pas de questions. On m’a demandé de venir pour participer une fois de plus au concept « Eritaj Mona ». J’ai accepté. Ça change, le son est en place, les gens sont venus avec une bonne énergie. C’est impeccable. Sé son péyi là.

Vous arrivez sur scène en prolongeant la voix de votre père, qu’est ce que ca vous fait ?

C’est grâce à lui que je suis là. Ça marque. C’est un héritage qui donne beaucoup de responsabilités. Moi, je suis de passage sur terre, je ferai du mieux que je peux pour mettre ma pierre à l’édifice et porter son nom encore plus haut.  Je suis monté sur la scène pour valoriser sa musique. J’espère qu’un jour  je deviendrai aussi grand que lui.

Qu’est ce que votre père vous a légué ?

Le naturel, rester soi-même, avoir des ambitions, souffrir pour avancer. 

Au décès de votre père vous aviez seize ans. De quoi vous souvenez-vous de sa vie ?

Avec le recul, je vois qu’on aurait jamais pu penser que son nom serait resté gravé dans la mémoire collective des gens. Il a laissé une empreinte sur la Martinique, les Antilles, les gens d’outre atlantique qui vivent en métropole. En le regardant, ils ne comprenaient pas. C’est peut-être maintenant, en cette vingtième année de sa disparition, qu’on a compris certaine chose. On va continuer à comprendre ses message et pourquoi qu’il était ainsi. Je crois qu’il était investi d’une mission. Il a donné son âme à la musique. C’est normal que plusieurs générations soient marquées par ça. On se souviendra toujours de Mona dans un coin de sa tête.

Quelle image vous reste-t-il  de lui ?

Une fois, il s’amusait avec moi et il m’a fait mal et je me suis mis à pleurer. Et c’est avec son crachat qu’il m’a soigné... Etant tout petit, j’ai appris à jouer de la batterie et j’ai vite  déchanté.  Aujourd’hui ce n’est pas un hasard si je fais de la musique. J’ai 36 ans, j’ai envie de m’investir. Les souvenirs des souffrances de mon père ne m’ont pas donné une bonne image. Je disais si souffrir pour quelque chose doit donner ça et bien autant ne pas faire de musique. Et voilà, la musique m’a rattrapé, elle est en moi, elle est là. Je veux m’exprimer et donner, comme il a donné à la Martinique.

Propos recueillis par Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

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