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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 06:53

 

L’affaire de l’esclave Furcy récompensé du prix RFO du livreRemi-Pfimlin-Mohamed-Aissaoui-Laure-Adler-Dany-Laferriere-I.jpg

A l’issue du déjeuner, le 25 novembre, les jurés du prix RFO du livre ont voté par 7 voix contre une à Maryse Condé pour Mohamed Aissaoui et son premier récit, L’affaire de l’esclave Furcy aux éditions Gallimard. Ce néophyte en littérature surclassse En attendant la montée des eaux, de Maryse Condé, aux éditions Jean-Claude Lattès, Photo de groupe au bord du fleuve, d’Emmanuel Dongala, aux éditions Actes Sud, Les affres d’un défi,
de Frankétienne, aux éditions Vents d’ailleurs, Les Veuves de verre, d’Alexis Gloaguen, aux éditions Maurice Nadeau, Dalonaz é shamayaz (Bises et bisbilles), de Céline Huet, aux éditions Udir et Saisons sauvages, de Kettly Mars, au Mercure de France. Mohamed-Aissaoui.jpg« Nous n’avons pas eu de pression d’éditeurs mais que des enjeux de lecture », a indiqué la présidente du Jury, Laure Adler qui, pour cet ouvrage primé, a parlé de « prodige » et de « restitution de l’identité d’une personne qui n’en avait pas, d’un oublié de l’histoire ». Le récit-roman de Mohammed Aïssaoui se penche sur la vie de l’esclave Furcy. Sa mère, esclave à la Réunion, a été affranchie par l’édit révolutionnaire de 1794 mais elle ne l’a pas dit à ses deux enfants et est restée esclave chez son maître. Le 2 octobre 1817, Furcy se présente au parquet de Saint-Denis pour demander sa libération. Un combat judiciaire qui va durer 27 ans. Aidé par des abolitionnistes blancs qui vont ruiner leur carrière, Furcy a compris que son combat dépassait sa personne et est donc allé au bout. « Furcy, souligne Dany Laferrière, a travaillé avec l’écrit et la déclaration des droits de l’Homme et Aïssaoui a recherché sa voix ; il a voulu le voir en mouvement… » Mohamed Aïssaoui, écrivain d’origine algérienne a surpris avec l’intérêt qu’il a porté à un esclave noir de la Réunion et a, pour cet ouvrage, déjà reçu le prix Renaudot de l’essai et un trophée des arts afro-caribéen. Jeudi soir, au café des éditeurs, à l’Odéon, c’est Rémi Pfimlin, président de France Télévisions qui lui a remis le prix RFO du livre. L’année prochaine ce prix, comme RFO, changera de nom et il prendra pour nom, selon Claude Esclatine, directeur délégué pour RFO et France Ô, le prix Outre-mer du livre.

FXG (agence de presse GHM)

 


Esclatine-Adler-Laferriere-Asgarally-Constant.jpgLes jurés

Le jury est composé de Laure Adler Laure Adler, journaliste et écrivain, qui préside, d’Issa Asgarally, essayiste, Françoise Barret-Ducrocq, secrétaire générale de l’Académie Universelle des Cultures, Paule Constant, écrivain, Edouard Glissant, écrivain, Catherine Humblot, journaliste, Dany Laferrière, écrivain, Alain Mabanckou, écrivain, Jean-Marie Ozanne, libraire, Daniel Picouly, animateur TV et écrivain et Gisèle Pineau, écrivain.

 


Interview de Mohamed Aïssaoui, lauréat du prix RFO du livre

"une réhabilitation incroyable pour l’homme Furcy"

Mohamed-Aissaoui-portrait-1.jpgAprès le Renaudot de l’essai et le trophée des arts afro-caribéens, le prix RFO. C’est une belle moisson pour un premier livre !

Une belle moisson, oui… Je ne m’y attendais absolument pas. C’est une formidable reconnaissance pour le livre et une réhabilitation incroyable pour l’homme Furcy.

Comment l’avez-vous rencontré cet homme ?

Mohamed-Aissaoui-portrait-2.jpgJe l’ai rencontré par hasard par le biais d’une dépêche AFP en 2005 qui annonçait qu’il allait y avoir une vente aux enchères des archives de l’affaire de l’esclave Furcy. C’était suffisamment rarissime pour que j’y assiste. Il y avait peu de monde et je me suis contenté de regarder. Les documents ont été préemptés par les Archives départementales de la Réunion et ont donc été accessibles. Ces archives révélaient un destin extraordinaire, celui de l’homme Furcy qui un jour décida d’assigner son maître en justice. Le procès dure 27 ans et c’est ce procès-là que j’essaie de restituer en allant sur les traces de Furcy et en essayant de trouver d’autres documents qui complètent l’affaire.

Vous avez évoqué en souriant qu’on vous avait dit : « Tiens, un Arabe qui s’occupe des Noirs… »

Oui ! J’ai presque du mal à expliquer qu’on a le droit, quand on est d’une communauté, de s’intéresser à une autre. C’est une démarche universelle. Je suis Arabe, mes parents sont musulmans et l’histoire des Juifs m’intéresse énormément. Pourquoi ça ne m’intéresserait pas ? Je crois qu’on ne résoudra rien si on pense par mémoire communautaire parce que toute mémoire humaine est universelle. Alors je me suis intéressé à cet homme-là, il se trouve qu’il est Noir, d’origine indienne. Ben pourquoi pas ? C’est la meilleure réponse qu’on puisse faire.

Pfimlin-Aissaoui.jpgVous avez cheminé cinq ans aux côtés de Furcy. Maintenant que le livre est achevé, quelle relation conservez-vous avec lui ?

Je n’en suis pas sorti car c’était émotionnellement très fort. Je pensais en être sorti avec la publication du livre et pouvoir passer à autre chose mais pas du tout. Il continue de m’habiter. Pratiquement tous les descendants des protagonistes de ce livre ont des contacts avec moi, continuent de m’apporter des informations sur Furcy et je pense que je ne le lâcherai jamais.

Propos recueillis par FXG (agence de presse FHM)

 


En imagesAdler-et-Laferriere.jpg

Laure Adler et Dany LaferrièreAlena-Aissaoui-Irini-Charles-Ficat.jpgAlena Sovetova, déléguée générale du comité littéraire franco-russe et fille de l'ecrivain Sergueï Solohoukh, Mohamed Aïssaoui, Irina Rekshan, présidente du comité littéraire franco-russe et Charles Ficat, éditeur chez Bartillat.Bourgine-Maximin-sebeloue.jpgCaroline Bourgine, Daniel Maximin et Henriette SébélouéCynthia-de-Jaham-et-MC.jpgCynthia de Jaham qui collabore à la direction de lantenne de France Ô et la Réunionnaise Marie-Christine...Gaelle-Renard-Laventure.jpgGaelle Renard, écrivain, animatrice et journaliste (sur Les Maternelles) et Luc Laventure, directeur de l'antenne de France Ô.Ludivine-Levraux-Pierre-Cannet-Clara.jpgLudivine, chargée de communication online à France TV, Pierre Cannet, collaborateur à la direction de l'antenne de France Ô, et Clara du blog moi, Clara et les mots.Lydia-Jean-JP-Passe-coutrain.jpgLydia Jean, conseillère municipale de Villiers-le-Bel, et Jean-Pierre Passé-Coutrin, élu de Sarcelles.Pentoscrope-et-Bidonnot.jpgJosé Pentoscrope, président du CIFORDOM et du prix Fetkann, et Christian Bidonnot, de Top Outre-mer.Bourgine-Maximin.jpgCaroline Bourgine et Daniel Maximin, les maîtres d'oeuvre de l'année de l'Outre-mer en France.Laventure-Nathalie-Schraen.jpgLuc Laventure et Nathalie Schraen, conseillère de programme aux magazines culturels de France TV.FXG-Sally-Cisse.jpgFXG et Sally Cissé de France ÔSourya-et-epoux-Pelage.jpgSourya Adèle, comédienne et militante du créole à l'école, et les époux Jennifer et Rodolphe Pelage (lui est le petit-fils d'Henri Sidanbarom).Francoise-Verges-et-Goral-Patel.jpgFrançoise Vergès, présidente du comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, et Gora Patel d'Outre-mer Première.Verges-Laveture-Esclatine.jpgFrançoise Vergès, Luc laventure et Claude Esclatine

 

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commentaires

thierry 27/11/2010 09:43



France Ô aurait plus de dignité si elle reconnaissait explicitement que les colonies maghrébines sont encore vivantes et vivaces. (l'auteur est Marocain pas Algérien, je crois) France 4 a été
crée pour cette sensibilité. Fanon est honoré (officiellement) en Algérie. Le problème n'est pas qu'un maghrébin soit récompensé pour suivre la politique promotionnelle ethnique du
quinquennat Sarkozy, peut-être, c'est que ce prix laissait entendre qu'il recompenserait les auteurs vraiment ultramarins....Même via la Réunion d'autres auteurs "orientaux" auraient pu être
promu. Seulement, il fallait trouver une distinction à ce monsieur, professeur, "adhérent" du CFCM. Ce dernier trouverait dans l'actualité du Maroc des personnages "Real" qui ont autant de mérite
que l'"esclave Murcy" 



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