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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 07:00

Amende requise contre le député Vialatte pour ses propos sur les descendants d’esclaves

ramael-ribbe-romana-dalin-privat-arneton.jpgLe 19 septembre prochain, le député maire UMP de Six-Fours les plages dans le Var, Jean-Sébastien Vialatte, saura si le twit qu’il a émis le 13 mai 2013 est une incitation à la discrimination ou la haine raciale. Alors qu’un taxi le conduisait ce jour-là à l’aéroport, il entend à la radio que la fête des supporters du PSG au Trocadéro dégénère violemment. En réaction, l’élu écrit sur le réseau social : « Les casseurs sont sûrement des descendants d'esclaves ils ont des excuses #Taubira va leur donner des compensations. » Attaqué par le Collectifdom, le député était jugé hier devant la 17e chambre correctionnelle de Paris. Me Schwing a fait citer en défense trois témoins. Le premier est le président l’association bordelaise, Fondation du mémorial de la traite des Noirs, Karfa Diallo. C’est lui qui le premier a déposé une plainte devant le parquet de Toulon, mais c’est lui aussi qui, soutenu par le CRAN, de Louis-Georges Tin, l’UNOM de Roger Anglo, la FAAC de Franck Anretar et Claudy Siar, a accepté de transiger avec l’élu varois. Ensemble, ils ont signé un protocole de médiation par lequel Jean-Sébastien Vialatte s’engageait à dénoncer le racisme, organiser une exposition pédagogique et une conférence sur l’esclavage et commémorer dans sa commune la date du 27 avril, anniversaire de la signature du décret abolissant l’esclavage en France. M. Diallo est venu dire que le prévenu avait tenu ses engagements. « Même si sa déclaration est malheureuse et raciste, il a réparé par des actes forts et importants », a conclu le témoin. Une adjointe au maire de Six-Fours est venue attester du soutien du prévenu à son association caritative qui œuvre pour les Malgaches… Enfin, une dame travaillant dans le milieu de l’insertion sociale est venir tout le bien que faisait M. Vialatte pour aider les jeunes diplômés sans emploi, les sans papiers ou ceux qui n’obtiennent pas de visa pour faire venir leur famille en France. Pour ces deux derniers témoins, le twit de Jean-Sébastien Vialatte est une « maladresse » ou un acte « malheureux ».

La partie civile a fait citer deux témoins : Claude Ribbe, président de l’association des amis du général Dumas, qui va rappeler que si l’esclavage a été aboli, le racisme ne l’a pas été, et Serge Romana, président du CM98, qui va apprendre au tribunal que « la marque de l’esclavage, c’est l’atteinte à l’estime de soi ». Tandis que la défense devait plaider la relaxe, estimant que les « descendants d’esclaves » ne pouvaient être assimilés aux seuls Noirs puisque cela s’appliquait aussi aux Slaves germano-byzantins, Me Ramaël et Me Arneton, avocats du Collectifdom, ont considéré que le twit associait volontairement les Noirs aux casseurs, incitant ainsi à une discrimination raciale. « On a reçu votre message 5 sur 5 », a déclaré Eddy Arneton avant d’ajouter : « La justice doit dire stop aux jets de bananes et aux twits racistes. » Le Collectifdom demande 10 000 euros de dommages-intérêts.

L’Alliance noire citoyenne est venue se déclarer partie civile à la barre. Sa plainte avait été classée sans suite. L’association a plaidé la diffamation raciale, délit pour lequel le tribunal n’était pas saisi.

Le parquet a requis une peine d’amende, estimant que le député avait fait « repentance ». Il a estimé que compte tenu du contexte avec les événements au Trocadéro et le débat successif à la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage sur les réparations montre que M. Vialatte pensait bien aux Noirs en parlant des descendants d’esclaves et qu’en les associant aux casseurs, il a fait acte de provocation entraînant une stigmatisation, la haine et le rejet. Me Schwing a conclu en disant que la « maladresse de son client ne mérite pas qu’on le place à côté de Le Pen ». Jugement dans trois mois.

FXG, à Paris

 

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