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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 05:52

Catherine Lepelletier revisite la vie de Léon-Gontran Damas

lepelletier.jpgCatherine Lepelletier, journaliste de la télévision publique d’outre-mer, est désormais docteur en littérature comparée et enseigne à l’UAG ; elle sort chez Idem son premier roman consacré à Léon-Gontran Damas : Rhapsodie jazz pour Damas. Roman… Pas vraiment. Il s’agit plutôt d’un témoignage que l’auteur a mis en page dans une forme de récit. Mamoune, 89 ans, est la nièce à la mode de Bretagne de Léon Damas. L’auteur, déguisée sous les traits d’une infirmière dispensant des soins à domicile, va faire parler Mamoune pour révéler quelques pans de la personnalité et de l’histoire du 3e père de la négritude. Nous voilà dans les années 1930 avec Robert Desnos au bal nègre de la rue Blomet, chez les sœurs Nardal à Clamart avec Césaire et Senghor. Bon, c’est succint et seul Desnos qui a préfacé le recueil de poèmes, Pigments, fait l’objet de quelques pages intéressantes. Mais le plus saignant dans cet ouvrage, le plus riche, et qui rétablit les regards, ce sont les moments consacrés à la bataille électorale de Cayenne vers 1947-1948 et le combat contre Monnerville et « les Gwo tchap guyanais, avides d’assimilation qui n’avaient aucune idée de ce qu’était vraiment la bourgeoisie mais qui n’avaient qu’une envie celle de lui ressembler ». Catherine Lepelletier tord le cou au mythe de Ti Momo en rappelant comment René Maran a agi auprès d’Henri Torrès pour qu’un avocat guyanais soit du procès des 14 Guyanais à Nantes : « Monnerville remercia Torrès à sa façon (…) Monnerville se flattait à lui seul d’assurer la défense des inculpés de Guyane… » Car Damas et Monnerville sont des opposants. Le premier, en étant l’un des pères de la négritude, ne peut être proche d’un défenseur de l’assimilation voire de l’acculturation des peuples des vieilles colonies… C’est un nègre fondamental contre un gwo tchap, un neg maron contre un mulâtre assimilé.

RHAPSODIE-JAZZ--premiere-de.jpgLe récit s’égare souvent dans la vie banale de la vieille Mamoune et Catherine Lepelletier doit aller chercher le renfort d’autres survivantes comme Man Piero à Cayenne ou la dernière épouse de Damas à Rio. Mais peu de mots réussissent à ranimer l’âme du poète amoureux du jazz. Damas n’affleure qu’à peine des limbes des souvenirs de Mamoune. Malgré son titre splendide, Rhapsodie jazz, Catherine Lepelletier ne parvient pas à faire entendre la petite musique poétique de Ti Léon, ce qu’Ernest Pépin appelle sa fulgurance.

FXG (agence de presse GHM)

Rhapsodie jazz pour Damas, éditions Idem

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commentaires

thierry 18/10/2012 08:15


Damas ou Monerville, c'est du pareil au même dans le sens où l'un n'est pas plus neg mawon que l'autre. Ce qui les différentie, c'est la réussite sociale dans un contexte donné. Le concept de
"Négritude" a été écrit pour les blancs français. Tous les noirs n'ont pas pris la peine de lire Césaire (dommage, peut-être) mais Césaire a été vu par certains comme un Nègre blanc. Ce qui ne
pouvait pas être dû à la couleur de sa peau.


Taubira est-elle Neg Mawon ou assimilée ? Peut-être les deux ! Un Béké avec l'accent nègre créole était-il lui-même un nègre blanc ou un assimilé nègre. Avait-il perdu son identité de blanc au
contact des noirs ?


Le fait est que les grands hommes noirs proclamés en France le sont par les médias français. Quand on arrêtera de brouiller Canal 10 sur Orange (Canal 255) ce sera bien mieux.


 

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