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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 18:55

  « Collaboration » au Théâtre de La Madeleine

collaboration-01.jpgUne piece de Ronald Harwood avec Michel Aumont, Didier Sandre et Christian Cohendy

Mais ou est donc passé la septième symphonie ?

Le Théâtre de la Madeleine est un grand théâtre récemment racheté par Jean-Claude Camus à Fréderic Franck (qui a lui racheté le Théâtre de L’œuvre) et c’est une production de ce dernier qui y est jouée. « Collaboration » de Ronald Harwood. Cet auteur sud-africain décline une grande partie de ses oeuvres autour des artistes et de la guerre, parfois les deux. On lui doit par exemple le scénario de « Le pianiste » de Polanski, la pièce « A tort ou a raison » où le chef d'orchestre Allemand Willem Furtwängler devait rendre des comptes sur sa collaboration artistique avec les nazis. 2507197.jpgLe titre « Collaboration » joue habilement sur le travail artistique qui se fait entre le compositeur Richard Strauss et l'écrivain Stephan Zweig pour l'opéra « Die schweigsame Fraü » (La Femme silencieuse) et l'équivoque collaboration de Strauss avec le régime nazi. Ce travail débute sous les meilleurs auspices, mais les événements politiques l’interrompent rapidement. Strauss n'est pas de ces personnalités qui refuseront de mettre leur envergure mondiale au service du nazisme par l'exil extérieur, contrairement à Bertold Brecht, Fritz Lang, Thomas Mann, ou intérieur comme Ernst Jünger. La plupart des artistes de dimension internationale ayant fui l’Allemagne nazie, Strauss sera largement utilisé par la propagande. Il réussit à faire remettre le nom de Zweig, contre la volonté des Nazis, sur l’affiche de la première de « La Femme silencieuse », à Dresde en 1935, ce qui faillit lui coûter cher, mais il continuera à composer et à être joué pendant toute la guerre.

couverts-republique.jpgLa pièce est joliment tournée. Les personnages ont un joli texte en bouche, de nobles arguments et de basses arguties, mais sans surprises. La rage de créer à tout prix pour Richard Strauss (Michel Aumont), quitte à occulter la réalité, contre le refus de servir une mauvaise cause, suivis de l'exil et de la mort pour Stefan Zweig (Didier Sandre). Entre les deux une plaisante madame Strauss (Christiane Cohendy). Et un officier SS en costume noir qui amène le frisson diabolique. En claquant des talons, il réveille le réflexe anti-allemand transmis par nos anciens depuis l'humiliation de 1870 jusqu'aux topinambours des années 40 en passant par Verdun. Faire résonner cette fibre chauvine vous gagne un public ! La même pièce sur Chostakovitch ou Prokofiev et leurs compromissions avec Staline susciterait-elle le même intérêt ? La croix gammée est, avec la recette de la ratatouille, une des deux grandes névroses françaises. On a pu le vérifier au théâtre avec les moissons de Molières ramassés par « Le repas des fauves » (Vahé Katcha), « A tort ou a raison », mais aussi avec d'heureux spectacles où la forme a réussi à dépasser le fond, « Inconnu a cette adresse » (Kressman Taylor), «  Je viens d'un pays de neige » (Anne Jolivet). « Collaboration » a sans doute sa raison d'être. Peu importe la talentueuse prestation des comédiens, la mise en scène cacochyme de George Werler ou la langue de Harwood, intelligemment adaptée par Dominique Hollier, c'est d'abord et surtout le conditionnement du public qui en assurera le succès.

Augustin de Paris

« Collaboration » au théâtre de la Madeleine 19 Rue de Surène  75008 Paris
tel 01 42 65 07 09

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commentaires

Ferdinand 20/02/2013 15:32


De Rat Tatouille !!!

paul 20/02/2013 02:54


Tout n'est affaire que de ratatouille

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