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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 18:47

 

Silence médiatique autour de la journée du 10 mai dans l’Hexagone

Après la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage di 10 mai dernier, le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage présidé par Françoise Vergès, et le délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer se sont étonnés de la faible couverture de l’événement par les grands média nationaux. Certes, c’était aussi la commémoration de la victoire de François Mitterrand en mai 1981. Mais au final, seule l’exfiltration d’une poignée de militants de l’Alliance noire citoyenne du jardin du Luxembourg a su attirer l’attention des médias autour de cet événement qui revêtait pourtant une tournure symbolique nouvelle avec, pour la première fois, une reconnaissance officielle de la République aux luttes des esclaves des colonies françaises. Voici les contributions qu’ils ont produit pour dénoncer ce silence médiatique national.

FXG (agence de presse GHM)

 


La presse nationale fait silence sur la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

 

Le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage s’étonne du faible retentissement donné dans les média à la cérémonie officielle qui s’est déroulée dans le jardin du Luxembourg  le mardi 10 mai 2011 pour la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Mais doit-il s'en étonner ? Ou ne doit-il pas encore une fois souligner un symptôme dans les médias : celui de continuer à percevoir l'esclavage comme une question "ultramarine", communautaire et liée exclusivement au monde "noir" ?

Il y a dix ans, le Parlement français adoptait à l’unanimité une loi qui a fait date, tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, loi dont la vertu première était de sortir notre pays du long silence sur une part de son histoire et d'encourager la recherche et la diffusion des connaissance dans l'enseignement scolaire.

Dix ans après le vote de cette loi, force est de constater qu’au silence et au déni ont succédé un début de reconnaissance et le désir de comprendre. Sur la proposition du CPMHE, le président de la République a décidé d’inaugurer une stèle portant, pour la première fois, l’hommage de la France aux esclaves des colonies françaises pour leurs combats pour l'universalité des droits et pour la liberté et la dignité.

Alors que la société française montre des signes de maturité, que des cérémonies et des événements ont lieu dans tout le territoire, la presse nationale fait le choix du silence pour célébrer cette journée nationale et du mépris pour des personnes qui ne les intéressent que dans les caricatures et comme alibi.

Le 10 mai 2011, Nicolas Sarkozy, devant 1500 personnes venues de toute la France et d'ailleurs pour entendre la parole de la République, a dévoilé une stèle sur laquelle chacun peut lire ce message qui n’intéresse pas les médias parisiens : « Par leurs luttes et leur profond désir de dignité et de liberté les esclaves des colonies françaises ont contribué à l’universalité des droits humains et à l’idéal de liberté d’égalité et de fraternité qui fonde notre République. La France leur rend ici hommage. »

« Le racisme, l'antisémitisme, la ségrégation, la discrimination, la marchandisation de l'Homme, ont-ils à ce point disparu que notre conscience puisse rester en paix ? Avons-nous assez lutté contre la misère qui dégrade l'Homme et qui le pousse à subir la loi du plus offrant que nous puissions dormir tranquille ? »  a interrogé le Président de la République dans un discours où il reconnaît la responsabilité de la France et de l'Occident, la richesse de toutes les civilisations et l'importance de l'antiesclavagisme dans le combat pour une véritable universalité des droits. La réponse de la presse nationale semble sans appel : elle dort tranquille et avec bonne conscience. “

Françoise Vergès

www.cpmhe.fr


La commémoration de l'abolition de l'esclavage n'a pas eu lieu

« Par leurs luttes et leur profond désir de dignité et de liberté, les esclaves des colonies françaises ont contribué à l'Universalité des droits humains et à l'idéal de liberté, d'égalité et de fraternité qui fonde notre République. La France leur rend ici hommage ». Voilà les mots gravéssur la plaque dédiée à la mémoire des esclaves des colonies, voilà le devoir de mémoire auquel j'aimerais rappeler à tous, en particulier les médias, capables de relayer l'ignominie de ce que fut la traite et l'esclavage. Le corps et l'âme de millions de personnes ont été enchaînés pendant des siècles à une volonté liberticide sur des préjugés raciaux indignes... Cette faute, aussi profonde qu'irréparable doit être entendue par tous, par-delà les médias communautaires, dans la presse nationale, où la journée de commémoration de la traite et de l'esclavage mérite plus que quelques entrefilets, d'autant qu'elle coïncidait cette année avec les 10 ans de la loi Taubira…

La présence de personnalités politiques et d'intellectuels de tout bord prouve que ce combat est universel et transcende les clivages politiques. Comme l'a dit le chef de l'Etat « De la souffrance d'une mémoire partagée, d'une histoire douloureusement assumée ensemble, nous devons faire la source d'une espérance nouvelle ». C'est le sens de mon propre engagement. C'est pourquoi le travail du comité de la mémoire présidé par Françoise Vergès, la lecture, à la fois émouvante et cruelle, des documents par Greg Germain, le combat mené pour la reconnaissance de ce crime contre l'humanité, pour tous les défenseurs de la loi Taubira et de toutes les lois mémorielles, sont essentiels. Tous - et bien d'autres qu'on n'entend pas assez - font ce qu'ils ont à faire pour rendre dignité et hommage à ces victimes sacrifiées à la barbarie humaine. Et nous ? »

Claudy Siar

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commentaires

moulen 13/05/2011 23:02



Commémorer = faire mémoire ensemble. la mémoire de l'esclavage n'existe pas en France. Par contre, celle de François Mittérand… oui. 


Alors comment imaginer que le peuple français puisse commémorer l'esclavage. C'est une douce utopie. La mémoire de l'esclavage vit au sein des descendants, c'est normal qu'ils la commémore. 


Celle de François Mittérand vit au sein du peuple français (tout entier), nous l'a commémorerons encore longremps


le Moulen qui tourne



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