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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 20:31

Les TAAC aux couleurs de l’AmériqueDany-Glover-2-photo-A-Jocksan.jpg

Lundi, au théâtre parisien du Châtelet, l’ensemble de la communauté afro-caribéenne de la capitale est venu applaudir Danny Glover, lauréat d’un trophée d’honneur, et soutenir la sixième cérémonie des Césaire. Les trophées des arts afro-caribéens existent depuis 6ans. En 2006, cette cérémonie qui récompense les talents artistiques des diasporas africaines avait eu lieu au casino de Paris sous l’appellation des Césaire de la musique. C’était une occasion, selon son fondateur Franck Anretar, de rendre hommage au pilier de la Négritude. Depuis cette manifestation a trouvé sa place dans le calendrier culturel de Paris et s’est installé au théâtre du Châtelet grâce au soutien de la mairie de Paris. Colonel-Reyel--photo-A-Jocksan.jpgPour cette sixième édition, les TAAC ont eu le privilège de recevoir un des plus célèbres acteurs du cinéma américain, l’homme de l’Arme fatale, Danny Glover, invité d’honneur. A cette occasion, il a été fait chevalier des Arts et Lettres par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand dans un salon d’honneur, juste avant le début de la cérémonie : « Cher Danny Glover, vous faites partie de ceux qui donnent ses lettres de noblesse à ceux qui portent aux Etats-Unis le beau nom d’activiste. » Dans le théâtre, plein à craquer, l’acteur engagé à reçu le Césaire de la personnalité de l’année et une standing ovation du public. Il a remercié l’organisation d’avoir pensé à lui. « Ca a été une semaine magnifique ! », a-t-il déclaré. Il revenait de Deauville où il a présenté le film sur l’activisme qu’il a produit. « Je suis là pour célébrer avec vous ce moment, avec les plus jeunes, les plus anciens. C’est un honneur ! Mais, il faut aussi célébrer nos enfants et nos petits-enfants d’Afrique. » Il était heureux de partager cet instant en présence de « ma jolie femme, mon amour, mon soleil qui brille ». Le duo Audrey Chauveau et Sébastien Folin ont assuré la présentation de la soirée qui a été un gros succès. Le directeur de la manifestation, Djoe Dunoyer, a eu quelques mots sur l’année des outre mer français. « C’est l’année des outre-mer, a déclaré Djoe Dunoyer… Nous, ça fait six ans qu’on pousse toutes les cultures afro-caribéennes, qu’on est dans l’année des outre-mer et on ne déroge pas à la règle. Je pense aussi au commissaire de l’année de l’outre-mer qui n’est pas là et s’est fait représenter par M. Laviollette. Je pense aussi à notre ministre de l’Outre-mer. Je suis vraiment déçu qu’elle ne soit pas là. Mais, ce n’est pas grave ça fait deux ans qu’elle est ministre et elle n’est jamais venue. Je le dis, je parle avec mon cœur. » Ca n’a pas empêché un grand nombre de personnalités de l’Outre-mer d’être présentes. L'émission est diffusée sur France O la semaine prochaine.

Afred Jocksan (agence de presse GHM)

 


Palmarès

musiciens-du-groupe-de-l-annee-Bamboulaz-photo-A--Jocksan.jpgCatégorie musique dont le jury était présidé par Lucien Ugolin

Meilleur artiste : Dominik Coco pour son dernier opus, Zoukako (Don’s music) et l’ensemble de sa carrière.

Meilleur Groupe : Bamboulaz pour son dernier album, Urban Zouk.

Meilleur Clip et Meilleur album : Soprano.

Révélation de l’année : Colonel Reyel pour son premier album, « Au Rapport », produit par son cousin Krys.

 


Catégorie cinéma dont la présidente du jury était Felly Sédécias

Meilleure fiction : Arnold Antonin pour Les amours d’un zombi.

Meilleur documentaire : Errol Webber pour Ithemba, l’espoir.

 


Catégorie littérature dont le jury était présidé par François Durpaire

Meilleur roman : Marvin Victor pour « Corps mêlés », éditions Gallimard.

Meilleur essai : Louis-Philippe Dalembert et Lyonel Trouillot pour « Haïti, une traversée littéraire », éditions Rey.

 


Réactions

 

Meilleur-film-de-fiction-les-amours-d-un-zombi-d-Arnold-Ant.jpgArnold Antonin, réalisateur du film Les Amours d’un Zombi : « Je suis très content et très honoré de ce prix qui suit d’ailleurs un autre prix qui m’avait fait beaucoup  plaisir également, le prix Paul Robson du meilleur film de la diaspora africaine, reçu au FESPACO, cette année au mois de mars. Aujourd’hui, les gens comprennent ce qui se passe en Haïti et ce qu’on veut dire avec ce film. J’ai réalisé ce film avec un budget de 50000 €. Malgré les faibles moyens dont nous disposons, nous avons la chance d’avoir beaucoup d’énergie. Beaucoup de gens ont envie de faire du cinéma, malheureusement le cinéma haïtien est un cinéma en danger, car avant le tremblement de terre on avait fermé la dernière salle de cinéma qui existait dans mon pays. Maintenant, on fait les films et on ne sait pas où les passer. Les amours d’un zombi est un film sur la folie qui traduit une réalité de paradoxe. »

 


Claudy-Siar-Veronique-Polomat-et-Michelle-Polomat-photo-A-J.jpgClaudy Siar, délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre mer : « C’est la ténacité des uns et des autres, en particulier de Franck Anretar, de Djoe Dunoyer et de toute l’équipe qui paye. Ce n’était gagné d’avance. Tout est réuni pour que ça ne marche pas, mais lorsque tu as  la sincérité, la volonté et la combativité, ça donne une sixième édition et une plus belle que la précédente. Pour le monde afro, c’est important, ça fait partie de ce pilier dont on a besoin pour construire  et asseoir notre identité, ici dans ce pays. Ils ont réussi à faire une cérémonie ouverte à tous. »

 


Colonel Reyel, révélation de l’année pour son album « Au  Rapport » (label Step Out) : « Je suis très fier d’avoir reçu ce prix. D’autant plus un prix décerné par le public, le prix de la révélation de l’année. C’est un immense plaisir d’être là, dans un contexte local. Malgré que je sois né à Paris, j’ai toujours été proche de mes racines, j’ai toujours parlé créole. Moi, j’ai la chance de toucher un public très large, enfants, parents, grands-parents... Je vais continuer pour avoir la confiance du public. Je vais continuer à faire en sorte que les gens se retrouvent dans ce que j’écris et que j’interprète. L’essentiel est de continuer à bosser, aller en studio, faire des nouvelles musiques et faire des nouveaux textes. C’est déjà mon quotidien. »

 


Dominik Coco, meilleur artiste : « Je suis un peu ému. Vous savez, décrocher le prix devant Alpha Blondy, le grand artiste africain de renommée mondiale, Daniel Waro, un artiste majeur de la Réunion, Colonel Reyel, un jeune artiste qui pour son premier album a vendu beaucoup d’albums, c’est le rêve de beaucoup d’entre nous. C’est avec beaucoup d’humilité que j’accepte ce prix de meilleur artiste. Nous avons tous fait un excellent travail. J’ai une pensée pour le public… Sans public, il n’y a pas d’artiste. Comme je dis, mon public, ses racines se trouvent en Guadeloupe et en Martinique. Alors une spéciale dédicace pour le peuple guadeloupéen et le peuple martiniquais. A travers la diaspora qui se retrouve un peu partout dans le monde, ça permet aux branches d’aller en Guyane, à la Réunion, au Canada, aux Etats-Unis et en Europe. J’ai une pensé spéciale à Dominique Hubert. 

 


Frederic-Mitterrand-ministre-de-la-culture--photo-A-Jocksan.jpgLe ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand : « Je suis solidaire de tous les gens qui sont dans cette salle. Je suis venu déjà, il y a deux ans. Et là, j’ai décoreé l’acteur américain Dany Glover. Mais, ces trophées sont un travail tout à fait remarquable et ça me permet de faire passer un message qui vient absolument du cœur et de l’engagement de toute ma vie, c'est-à-dire un message de solidarité à l’égard de ces hommes et de ces femmes. »

 


Franck-Anretar-et-Stephane-photo-A-Jocksan.jpgFranck Anretar, président des TAAC : « J’étais un peu inquiet il y a quelques jours, mais au fur et à mesure que les jours approchaient, j’ai gagné en sérénité. Ce n’est pas facile. On a le talent, le savoir faire, mais quand les moyens ne sont pas réunis, ça complique les choses. Mais, j’ai le devoir d’aller jusqu’au bout quand je m’engage dans quelque chose. C’était  l’un des conseils que m’a donné Aimé Césaire. J’essaye de l’appliquer à chaque fois que j’essaye d’œuvrer. Le bilan semble être positif. Au niveau média, nous avons eu pas mal de retombées  au niveau national, je pense que c’est dû à Dany Glover. Malgré les restrictions budgétaires, j’espère qu’on va s’améliorer. »

 


Francois-Durpaire-president-du-jury-litteraire-et-Olivier.jpgFrancois Durpaire, président du jury littéraire : « Cette année, c’était une très belle sélection, deux très beaux ouvrages qui ont été primés. Cette littérature d’Afrique, d’Afrique du nord, des Antilles, de la Réunion, de l’océan Indien, d’Haïti, de l’ensemble des Caraïbes est une littérature qui est très puissante sur le plan international. Elle est française ; elle  est aussi francophone ; elle est créole à base française. Cette cérémonie très importante n’a pas  pour vocation d’être mise sur le coté, marginalisée. Elle a pour vocation d’être au cœur de notre République. On est en année pré-présidentielle  et c’est important de souligner que nous sommes tous Français quelles que soient nos origines. »

 


Colonel-Reyel-et-Krys-photo-A-Jocksan.jpgKrys, artiste-producteur : « Avant tout, je suis un artiste, puis j’ai décidé de structurer un peu les choses et de travailler avec des artistes qui étaient autour de moi et qui avaient du talent. En outre, Colonel Reyel est mon petit cousin… Je crois sincèrement que Colonel Reyel touche le public réellement et que sa musique plaît, que le public l’a choisie, tout simplement. On assiste à un succès qui me dépasse. Et, qui nous dépasse tous puisqu’on n’est jamais maître de tout ce qui peut se passer dans l’avenir. »

 


Olivier Laouchez, patron de Trace TV : « J’ai trouvé que c’était une soirée extrêmement  professionnelle pour cette sixième édition. Elle a pu mettre à l’honneur beaucoup d’artistes que malheureusement, on ne voit pas assez souvent sur les grandes chaînes de la télévision nationale. Je pense qu’il y a encore des marges pour encore aller plus loin. Cette année, Haïti a remporté beaucoup de prix. Je crois que c’est un hommage qu’il fallait rendre à la création haïtienne qui a subi des dommages irréparables.  Voir cette vitalité, voir ce pays qui est en train de renaître ça fait super plaisir. Et, puis il y a Dominik Coco, la Guadeloupe aussi en force avec le Colonel Reyel. Franchement, une belle soirée ! »

 


Soprano, meilleur clip et meilleur Album : « Pour moi, c’est un grand honneur. Surtout que la première fois que j’étais venu, je suis reparti avec un prix. Et puis, c’est un prix Aimé Césaire, c’est énorme. Cet homme représente un combat, les racines, La science de ses origines. C’est un grand écrivain qui nous a éduqué sur nos racines ; moi j’aime beaucoup. Petit a petit, ça commence à s’ouvrir pour les artistes de Rap et de hip hop. C’est vrai que nous les artistes du rap, on se plaint beaucoup ! Mais je peux vous dire qu’on vient de me proposer pour être juré sur une émission de France Télévision ! Il y a quelque temps, on n’aurait jamais entendu ça. C’est une première ! Ce qui veut dire que les portes commencent à  s’ouvrir. Là, d’être nominé et que c’est Joey Starr qui arrive et qui te donne le prix avec Yvan Le Boloc’h, c’est énorme ! Maintenant les gens commencent à ouvrir un peu les portes. Il faut arrêter de mettre une étiquette sur le rap en disant que c’est automatiquement vulgaire, que c’est ghetto ou négatif ! Il y a de tout comme dans toutes les musiques. Il y a du positif et du négatif. »

 


la-comedienne-Sourya-adele-et-le-jeune-humouriste-photo-A-.jpgStéphane Dack, humoriste de14 ans du Blanc-Mesnil (il s’offert au public parisien pour la première fois après 6 mois de pratique) : «  C’est très cool et c’est une bonne expérience. C’est une découverte, on kiffe c’est tout. Avoir Dany Glover en face, c’est impressionnant. Mais je ne cherchais pas à l’avoir, je cherchais plus le public et faire mes vannes ! »

 


William Gallas, équipe de football de Tottenham : «  Je suis là pour donner mon soutien aux trophées des arts afro-caribéens pour leur sixième édition. J’ai eu l’occasion d’assister à la quatrième. Et pour moi c’est quelque chose de formidable. Ça permet de récompenser  les artistes afro-caribéens. C’est une bonne chose ».

Propos recueilli par Alfred Jocksan

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