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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 06:18

Christian Laviso, laboureur de rythmes

Christian-Laviso-et-Sonny-Troupe.jpgMercredi dernier, le trio Christian Laviso était sur la scène du Dynamo à Pantin (93).

Christian Laviso, le Marie-galantais, a appris la musique avec sa grand-mère et son oncle musicien au Club Med. Il a aussi beaucoup écouté de jazz, de musiques traditionnelles, du gwo ka,  des musiques des champs et de veillées mortuaires avant de  trouver sa voie.

Dans un trio avec, Christian Laviso à la guitare, Sony Troupé à la batterie, et Aldo Middleton au ka. Voici le trio qu’ils forment depuis 2001. Il s’agit de « partager notre culture aux autres », selon Christian Laviso. « Le gwo ka est important pour le peuple, c’est sa force », dit le tanbouyé. Christian Laviso a intégré le gwo ka dans sa musique pour lui donner une tendance racine, plus innovante dans sa recherche. Ses rythmes sont les purs produits des champs de cannes. Son jazz ka  déchaine des passions impétueuses.  Il y a de la pugnacité. Christian-Lavis-sonny-Troupe-et-Aldo-Middleton-photo-A-Jock.jpgEn frappant sa guitare, il laisse imaginer les travailleurs dans les champs, bombant le torse, les amarreuses suant leur peine, les fouetteurs des boeufs tirant hélant sur les mornes de Marie-Galante... Laviso se défoule puissamment sur sa guitare, la laboure, la dorlote pour mieux fertiliser son jazz créole. Le jeu en trio est équilibré. Les frappes subtilement diffusées par Aldo Middleton et la parade scénique d’un Sony Troupé à la batterie s’associent et donnent de la vélocité à cette musique qui vient explorer le cœur de la tradition musicale du temps jadis, du temps des plantations. Aldo-Middleton-percussions-photo-Alfred-Jocksan.jpgPour enfin toucher les profondeurs de l’âme.  Son dernier album « Ti moun a lafrik » est pétri des vieux rythmes de musiques créoles saupoudrés aux sonorités blues jazz. Une recherche de fusion entre les musiques traditionnelles et le gwo ka qui reste la base fondamentale de sa couleur musicale. Avec Laviso, c’est de la guitare-ka ! Et  trio, c’est un préalable à son rêve : un big bang de cinquante musiciens sur scène. Rien que ça.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)


 

ITW Christian Laviso

Christian-Laviso-la-guitare-ka.jpg« La yo bay on biten, y fo ou fè »

Comment qualifiez-vous votre musique ?

Il y a la puissance de cette musique qu’on voulait anéantir, faire croire qu’elle n’existe pas. Car c’était uniquement de la musique. Et, maintenant on se rend compte que ce n’est pas uniquement de la musique. C’est bien plus, c’est de la spiritualité, la parole de l’âme. Cette musique est vitale, il faut que je la joue.

Comment  voyez-vous votre approche et votre évolution musicale ?

Dans mon apprentissage j’ai du observer les différentes phases. Je continue encore à me former. Dans les leçons que j’ai retenues dans mon enfance,  j’ai vu des gens en transe sur cette musique. C’est ça qui me donne de la force, malgré mes douleurs à l’épaule…  Je souffre d’une tendinite… C’est cette puissance qui est dedans qui permet tout çà. Il y a un proverbe créole qui dit « la yo bay on biten, y fo ou fè », voilà.

Est-ce que c’est votre jeunesse à Marie-Galante qui vous a poussé vers ces rythmes ancestraux ?

christian-Laviso.jpgSans pour autant être de la campagne, j’ai eu la chance  d’avoir une grand-mère extraordinaire qui habitait dans le bourg et qui avait son jardin à la campagne où elle passait une grande partie de son temps. A cette époque on n’avait rien sans avoir travaillé. Il y avait des choses qu’on apprenait dans l’amusement, dans la joie, dans l’observation et dans la douleur parfois. Dans ma musique, je tiens compte de tous ces éléments. C’est ce que j’ai fait sur le rythme de Jean Quenfrin, un coupeur de cannes aux deux coutelas, telle une machine et, en même temps, il passait amarrer sa coupe. Je me souviens, il était seul dans son coin contre une équipe de quatre voir cinq personnes et il finissait bien avant eux. Je suis un Guadeloupéen qui a travaillé, écouté, observé, vu et apprécié tout ce que faisaient les ancêtres, et qui essaie de le traduire sur son instrument.

Comment sont organisées vos tournées dans la Caraïbe ?

Il y a une déficience au niveau des organisateurs locaux, surtout en Guadeloupe. Ceux qui organisent les festivals n’ont pas la fibre. Ils ne voient pas ce qui se passe dans la musique.

Propos recueillis par AJ

 

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