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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 08:06

Artero-et-Chali-.jpgJean-Georges Chali et Axel Arthéro publient chez Ibis rouge un ouvrage consacré à Vincent Placoly, « Un écrivain de la décolonisation ».

« Placoly le crépuscule de la négritude »

Pourquoi ce regain d’intérêt pour Vincent Placoly ?

Jean-Georges Chali : Depuis son premier roman, « La vie et la mort de Marcel Gonstran » en 1971, il a continué à écrire jusqu'à sa mort en 1992. Il avait 25 ans pour le premier. Puis il y a eu « L'eau de mort guildive » en 1973, et « Frères volcans : chronique de l'abolition de l'esclavage » en 1983. C’est le roman-clé. Il jouxte l’histoire à la fiction. Et puis il y a « Une journée torride », un an avant sa mort…

Axel Arthéro : Jean-Georges Chali veut faire émerger tout le travail de Vincent Placoly. Cet auteur ne bénéficie pas d’une exposition suffisante alors que son œuvre s’inscrit au cœur de la littérature martiniquaise, antillaise et même panaméricaine. C’est cette spécificité de son œuvre que nous développons dans cet ouvrage.

Quel genre d’homme était-il ?

JG.C : Placoly est le combattant du petit peuple, des masses populaires. Il est militant de la 4e Internationale, responsable syndical enseignant…Il ecrit dans la perspective d’une emancipation intellectuelle et d’un épanouissement de l’Homme.

AE : Il se mettait au service de l’éducation populaire et ce n’est par hasard que tout son théâtre a été placé sous les auspices du service public comme Jean Vilar avec son Théâtre national populaire. Sur le plan de l’esthétique, Placoly s’attache à décrire une société moderne. Avec lui, nous ne sommes plus au temps des plantations, mais bien dans la Martinique des années 1970. Les problématiques liées à l’exil, au Bumidom, à l’urbanisation galopante de la société antillaise apres l’effondrement de l’industrie sucrière, permettent à Placoly de s’enraciner dans la contemporanéité des sociétés caribéennes de la fin du XXe siècle..

Où l’inscrivez-vous dans l’histoire de la littérature martiniquaise ?

JG.C :  Nous arrivons à la période de la post-négritude avec une vision nouvelle de la littérature, une prise en charge de l’oralité dans le texte, une transformation du discours littéraire qui sort de la linéarité. Il nous laisse une œuvre polygraphe et polymorphe. C’est-à-dire que dans ses romans, on va trouver à la fois du conte, du théâtre, de la nouvelle, de la chronique…

AE : Placoly est à la charnière de Glissant et des écrivains de la créolité. Il commence à écrire dix ans apres le prix Renaudot de Glissant et vingt ans apres le Discours sur le colonialisme de Césaire. Il annonce le crépuscule de la négritude en réaxant tous les débats sur la région caribéenne et américaine. En ce sens, il va préfigurer ce qui va voir le jour après sous le nom de la créolité

Propos recueillis par FXG, au salon du livre de Paris.


Les œuvres de Vincent Placoly

La vie et la mort de Marcel Gonstran, Paris, Denoël,‎ 1971, 181 p.

L'eau-de-mort guildive, Paris, Denoël,‎ 1973, 228 p.

Dessalines ou la passion de l'indépendance, La Havane, Ediciones casa de las Americas,‎ 1983, 96 p.

Frères volcans : chronique de l'abolition de l'esclavage, Paris, Éditions la Brèche,‎ 1983, 126 p. (ISBN 2-902524-27-7)

Don Juan : comédie en 3 actes, [Fort-de-France], Hatier-Antilles : Agence de coopération culturelle et technique,‎ 1984, 58 p. (ISBN 2-218-07054-5)

Dessalines, Case-Pilote, l'Autre mer,‎ 1994, 87 p. (ISBN 2-84073-003-0)

Une journée torride, Paris, La Brêche,‎ 1991 - Prix Frantz Fanon

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