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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 07:52

Beaujour.jpgL’avocat international, Jean-Claude Beaujour, Guadeloupéen d’origine, publie aux éditions Descartes, Et si la France gagnait la bataille de la mondialisation, un ouvrage sur la diplomatie économique vis-à-vis de l'outre-mer. Interview

« L’outre-mer doit être un instrument de la diplomatie  économique française »

Vous croyez la France capable de gagner la bataille de la mondialisation ?

Je ne suis pas optimiste, mais réaliste. Ceci ressort de mon expérience à la fois professionnelle et politique. En tant qu’avocat international, c’est tous les jours que j’accompagne, conseille des chefs d’entreprise français, grands ou petits, qui souhaitent investir à l’étranger et qui réussissent. Dans le même temps, je vois le dynamisme des grands pays émergents, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du sud, la Chine… Et je constate que d’autres Européens vont sur ces marches et que nous y sommes moins présents. Nous avons pourtant la possibilité d’y être compétitifs et de gagner des parts de marché. Sans optimisme béat, j’ajoute qu’au vu des chiffres, les grandes entreprises françaises ont bien résisté à la crise surtout grâce à leur implantation dans les pays émergents où se trouve la véritable croissance. L’Union européenne annonce une croissance entre zéro et moins zéro cinq alors qu’en Inde, Chine ou Brésil, on est à 5,5 ou 6 %. C’est là où nous devons aller chercher la croissance.

Mais, et vous en parlez longuement, la France a une tradition économique à l’étranger…

Elle a une tradition internationale. Regardons notre histoire en face, on a gagné sur le commerce international. La mondialisation n’a pas commencé avec l’OMC, elle s’est accélérée, a pris une autre forme… En revanche, on constate aujourd’hui un discours pessimiste de repli, de fermeture des frontières… Et tout ira bien ? Non ! Nous allons nous en sortir en rendant nos produits plus compétitifs, en répondant par notre offre de prestations et de produits industriels à la demande des marchés émergents. C’est comme ça qu’on gagnera cette bataille de la mondialisation.

Quel rôle nos outre-mer peuvent-ils jouer ?

Un rôle majeur ! Le processus d’implantation internationale a complètement changé. Précédemment, on pouvait se permettre d’arriver avec ses produits, ses hommes et ses process. Aujourd’hui, les pays émergents demandent une autre forme de gestion de la relation avec l’autre. Ils exigent la prise en compte de la dimension humaine. Quand le président Hollande est allé en Inde, il a oublié de se faire accompagner de personnalités ultramarines d’origine indienne. C’aurait été un très bon point. L’Inde a une politique de PIO, persons of indian origine, de travail sur la diaspora. Elle entend désormais se développer et bâtir des relations avec des étrangers d’origine indienne. Ils sont 500 000 en France avec la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe. C’est là-dessus qu’il faut construire parce que le critère humain est déterminant. Ce sont ensuite des régions localisées près des pays émergents : la Guyane avec le Brésil, la Réunion et Mayotte avec l’Afrique du Sud et l’océan Indien, la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique, près de l’Asie du sud-est… Il faut être présent physiquement. C’est bien un voyage présidentiel, mais il faut occuper le terrain ! L’outre-mer peut servir de plateforme avancée pour conquérir ces marchés.

L’outre-mer est-il armé pour cela ?

Il y a un travail de lobbying à faire auprès des grands groupes qui ont une responsabilité sociale d’entreprise et voir avec eux comment utiliser nos territoires d’outre-mer pour conquérir ces marchés. L’outre-mer doit être un instrument de la diplomatie  économique française. Ce voyage présidentiel démontre que nous avons encore une vision trop hexagonale de la politique internationale de la France. Il faut avoir le réflexe outre-mer.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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