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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 08:53
ITW Marine Le Pen - Outre-mer

"L'Etat régalien doit reprendre pied dans ces territoire"

Comment expliquez-vous votre succès du premier tour en outre-mer ?

Nos compatriotes d'outre-mer ont pris conscience que le projet que je porte et la personnalité que je suis sont fondamentalement différent de ce qu'on leur a raconté. C'est aussi le pragmatisme. Lorsque nous dénoncions l'immigration clandestine et l'immigration massive, nous le faisons parce que ce sont des phénomènes qui nuisent considérablement à la sécurité et à la prospérité de nos territoires. Je suis venue les voir, ils m'ont entendu et c'est ce qui justifie ces résultats. Ils ont aussi perçu chez moi de l'affection. Je suis capable de leur offrir un grand projet de développement économique, que je ne les laisserai pas au bord du chemin, que je ne les traiterai pas de manière inégale. Et cela les a fait changer d'avis.

Vous envisagez de nommer un ministre d'Etat de la Mer et de l'Outre-mer ; vous songez à quelqu'un ?

Oui... Je songe à quelqu'un, mais je ne vais pas commencer à faire le jeu du partage des places avant d'avoir gagné. Ce qui est sûr est que j'accorde une importance très forte à ce ministère de la Mer et de l'Outre-mer pare que je pense que c'est vraiment un élément de développement considérable de la prospérité de notre pays et l'Outre-mer sera au centre de cette politique.

Comment envisagez-vous de dépasser l'obstacle des "négatives lists" qu'on oppose aux produits français dans la Caraïbe par exemple ?

Nous négocierons... Je suis une assez bonne négociatrice. Ce que je veux c'est que l'Outre-mer soit la porte d'entrée de la France dans les régions du monde dans lesquelles ils sont positionnés. On ne peut pas envisager une prospérité quand on laisse la population dans une situation de précarité telle qu'elle existe aujourd'hui avec des différences de traitement social qui sont manifestes, objectivement injustes... Je pense aux mères isolées qui ne s'en sortent pas. Il faut recréer les conditions d'un développement économique et partir à la conquête...

On arrête les exonérations de charges, la défiscalisation ?

Non, je ne crois pas. Au contraire, je pense que c'est insuffisant. Aujourd'hui, comme rien n'est fait en termes de développement économique, on a me sentiment que ce flux social est là pour se faire pardonner de ne rien faire d'autre. Moi, je veux faire autre chose ! Mais il est utile dans ces territoires économiques contraints et il est important que l'on tienne compte de leurs spécificités et de leurs difficultés qui sont plus lourdes que ne le vivent les départements de métropole.

Faut-il donner plus d'autonomie aux territoires, comme l'a demandé récemment la Guyane, ou faut-il davantage les insérer dans le droit commun de la République ?

Il faut surtout que l'Etat régalien reprenne pied dans ces territoires. Il y a des situations particulières, comme la Polynésie où incontestablement, il faut réfléchir pour adapter plus facilement, mais je ne pense pas que ce soit l'urgence pour la Guyane. Toute modification institutionnelle que l'on veut nous vendre dès qu'il y a un problème est en fait le fruit de briseurs de rêves. Ce n'est pas la modification institutionnelle qui apporte la prospérité et la sécurité. Ce n'est pas vrai ! D'abord, on apporte la paix et la prospérité et après on voit si cette recherche de sécurité et de prospérité nécessite que l'on mette en place des conditions particulières. Arrêtons de vendre des modifications institutionnelles qui font plaisir aux élus locaux par ce qu'ils se poussent du col et ont l'impression d'avoir obtenu quelque chose alors qu'en réalité, ils n'ont strictement rien obtenu puisque la situation de vie de la population ne change pas.

L'Etat a lâché 2,5 milliards en Guyane. Les autres territoires voient cela avec intérêt. Comment ferez-vous pour que la Guyane ne fasse pas tâche d'huile ?

C'est vrai qu'il y a du retard partout, mais je suis réticente à déverser des milliards si l'on ne règle pas le problème de l'immigration et de l'insécurité. C'est comme verser de l'eau du sable. Je l'ai dit quand je suis allée là-bas : Il n'y a pas une entreprise qui viendra s'installer chez vous, pas une, ni à Mayotte, ni en Guyane avec le niveau d'insécurité, le problème foncier avec ces favelas qui se développent partout... On règle l'immigration et l'insécurité et après on met des moyens de développement notamment écologiques parce que là aussi, il y a un vrai souci. Il n'y a pas d'usine de traitement de déchets en Guyane ou à Mayotte, c'est inadmissible. On paye des gamins de 8 ans pour aller chercher les pneus dans la mangrove... Pardon, mais c'est la France au XXIe siècle.

Les ultramarins qui vivent dans l'Hexagone sont souvent stigmatisés à cause de leurs différences physiques. Le regard porté sur eux est souvent empreint de racisme et de condescendance quand on ne les prend tout simplement pas pour des immigrés étrangers. Qu'avez-vous à leur dire ?

Ils sont Français... C'est terrible, mais nos compatriotes ultramarins vivent aussi les conséquences de l'immigration d'irréguliers sur la métropole. Nos compatriotes sont tellement confrontés à cette immigration massive que certains — pas tous — mettent tout le monde dans le même panier... Et c'est très malheureux. C'st pourquoi je veux mettre en place la priorité nationale pour que chacun puisse bénéficier de droits supplémentaires en fonction de sa nationalité. Et le fait d'être français vous donne priorité d'accès au logement, à l'emploi, à la santé... Que nos étudiants français soient prioritaires dans les cités universitaires. Il est absolument normal que les étudiants qui viennent d'outre-mer puissent être pris en main par l'Etat. Ce sont nos enfants, bon sang ! Nous sommes une famille de familles et quand la famille est éloignée, il faut lui accorder un avantage.

Quelle place accordez-vous à la mémoire de l'esclavage ?

L'esclavage est une épouvante, un crime de l'homme contre l'homme qui est atroce, mais je veux que nos compatriotes d'outre-mer regardent l'avenir, qu'ils le regardent avec le sourire, avec espérance et je ne veux pas qu'ils se tournent en permanence vers un passé qui leur rappelle les conditions terribles dans lesquelles ils ont vécu.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 07:14

L'université des Antilles doit installer le professeur Pascal Saffache

Le Conseil d'Etat, dans une décision du 3 mai, ordonne à l'université des Antilles d'installer Pascal Saffache dans ses fonctions de professeurs des universités dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard. L'université est en outre condamnée à payer 3 000 à M. Saffache.

Cette décision est la résultante de la nomination et la titularisation de M. Saffache par décret du 30 mars 2015 du président de la République au poste de professeur des universités à l'UAG à compter de l'année universitaire 2014-2015. Malgré la publication de ce décret au Journal officiel le 1er avril 2015, le Conseil d'Etat a constaté que la présidente de l'université, Corinne Mencé-Caster, n'y avait pas donné suite, ceci de façon tacite, et évoqué "un refus litigieux", dès la fin juin 2015. M. Saffache, jusqu'alors maître de conférence et précédent président de l'UAG a fait valoir que "ni les dysfonctionnements relevés par la Cour des comptes dans la gestion de l'UAG sous sa présidence, ni les procédures disciplinaires ou judiciaires engagées à son encontre ne pouvaient faire obstacle" à l'exécution du décret présidentiel.

FXG, à Paris

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 04:48
ITW Emmanuel Macron - Outre-mer

Emmanuel Macron, candidat d'En marche !

" Je ne suis pas favorable à ce qu'on ouvre des débats constitutionnels"

Comment allez-vous convaincre les électeurs qui ont choisi Mélenchon et Le Pen au premier tour ?

Le projet de Marine Le Pen n'aidera pas les outre-mer. Mon projet est au contraire volontariste et concret, d'une part en confirmant le paquet d'urgences qui a été négocié par le gouvernement actuel sur la Guyane, d'autre part en réunissant dès le début du quinquennat des états généraux des Outre-mer avec une feuille de route sur douze mois adaptée à chaque territoire. Je veux qu'on sorte d'une double logique, celle de condescendance avec les outre-mer, et celle qui consiste à penser que les défis sont les mêmes partout.

La Guadeloupe et la Martinique affrontent notamment un défi central : l'absence de souveraineté alimentaire et énergétique. La Réunion a quant à elle un problème de vie chère qui n'a rien à voir avec la souveraineté alimentaire puisqu'elle produit 80 % de ce qu'elle consomme. C'est un problème d'inscription dans un espace géographique qui la pénalise et dont elle ne bénéficie pas. Elle subit en outre une crise sur la canne à sucre... Nous apporterons donc des réponses spécifiques, secteur par secteur, et territoire par territoire, avec une volonté de développer des filières agroalimentaire, énergétique, industrielle et touristique, et de valoriser à la fois la biodiversité et la ressource marine.

Y aura-t-il un ministre des Outre-mer ?

Je veux un ministère en charge du sujet ultramarin, pour lequel sera nommé un ministre qui sera compétent ! Nous aurons surtout une politique territoire par territoire. Elle sera définie par les états généraux dont je vous ai parlé, sous la responsabilité du Premier ministre, avec si besoin des personnalités qualifiées qui accompagneront les sujets les plus sensibles. Je nommerai par ailleurs dans chaque ministère un référent outre-mer. Car l'outre-mer n'est pas qu'un portefeuille ministériel ! Il faut qu'au ministère de l'Energie on ait quelqu'un en charge du projet ultramarin parce que la biomasse, le biogaz, la géothermie sont spécifiques et qu'ils nécessitent chacun des adaptations réglementaires spécifiques...

La politique économique doit-elle se résumer à l'exonération des charges sociales et à la défiscalisation des investissements ?

Nous garderons les instruments actuels pour éviter toute déstabilisation. Nous développerons la structuration des filières, grâce à de l'investissement public et de l’investissement privé, ainsi que des appels à projets. Par ailleurs, la dépendance énergétique alimente la vie chère alors qu'il y a tout pour arriver à une souveraineté énergétique. Nous devrons également encourager les filières d'importance sur le plan agro-alimentaire, comme la banane ou la canne à sucre, mais aussi l'agriculture vivrière dont on a besoin pour la souveraineté alimentaire. Le plan d'investissement agricole de 5 milliards d'euros qui sera lancé sur l’ensemble du territoire servira notamment à financer une politique de modernisation des exploitations.

Comment règlerez-vous le problème du foncier agricole ?

Il y a un vrai sujet foncier, très variable selon les territoires, mais je ne veux pas alimenter la spéculation ni les effets de rente. Je souhaite que le foncier soit libéré pour que les gens puissent se loger à moindre coût et qu'on puisse développer l'activité économique et, entre autres, agroalimentaire.

Comment comptez-vous renforcer la capacité des territoires à s'inscrire dans leur espace régional ?

Cela suppose une politique européenne beaucoup plus active au titre des Régions ultrapériphériques. En matière de continuité territoriale, j'ai pris des engagements pour permettre aux acteurs économiques d'avoir accès aux territoires voisins. Afin de mieux s’intégrer dans son environnement il faut aussi adapter la réglementation. C'est valable aussi pour la réglementation qu'on impose aux pêcheurs et qui les empêche de développer leur activité avec des quotas inadaptés à la réalité des réserves et du quotidien.

Faut-il donner plus d'autonomie aux territoires, ou faut-il davantage les insérer dans le droit commun de la République ?

Je ne suis pas favorable à ce qu'on ouvre des débats constitutionnels spécifiques à l’outre mer. Nous en aurons un sur le cas réunionnais suite à l'amendement Virapoullé, parce qu'il ne permet pas les adaptations réglementaires, mais pour ce qui est des autres territoires, je pense qu'il faut déjà qu'on exploite l'article 73 de notre Constitution. Mon souhait est d'être pragmatique. On peut aller plus loin en termes d'adaptation dans la politique énergétique, de transport ou d'exploitation des ressources naturelles.

L'Etat a lâché 2,5 milliards en Guyane. Les autres territoires voient cela avec intérêt. Comment ferez-vous pour que la Guyane ne fasse pas tâche d'huile ?

Les états généraux dès le début ! L'erreur qui a été faite en Guyane est d'avoir tardé sur le pacte d'avenir. Il était d'un milliard d’euros, et j'ai tout fait lorsque j'étais ministre pour qu'on le signe. Le retard pris fait qu'au bout d'un moment, ça coûte beaucoup plus cher. C'est pourquoi chaque territoire aura sa feuille de route après les états généraux, dès le début du quinquennat. Il ne s'agit pas de dresser une liste de courses ; on ne va pas ouvrir les vannes budgétaires. Il faut du pragmatisme, de la simplification réglementaire, donner un statut particulier aux entrepreneurs... Et durcir les contrôles pour empêcher les abus.

Les activités économiques informelles demeurent importantes...

Il y a de l'activité informelle parce que le cadre français hexagonal n'est pas adapté à des territoires plongés dans une réalité régionale toute autre.

Les ultramarins dans l'Hexagone sont souvent stigmatisés à cause de leurs différences physiques. Qu'avez-vous à leur dire ?

Nous devons avoir une beaucoup plus grande ouverture et inclure totalement dans notre francophonie la créolitude et tout ce qu'elle emporte de langues diverses, de ses cultures. Ensuite, nous développerons une vraie politique de mobilité, d'émancipation et de représentativité de la société française par l'école, par la réussite économique et sociale dans l'entreprise, l'université, les médias et la vie politique. J'aurai des candidats issus de la diversité et des territoires d'outre-mer, pas seulement dans les DOM et les COM, mais également dans la France hexagonale parce qu'il y a beaucoup de départements où ils sont très nombreux et où ils doivent participer au renouveau démocratique que nous portons. Il s'agit de casser des barricades psychologiques qui aujourd'hui bloquent une capacité à faire.

France Ô suffit-elle en soi ? N'est-elle pas l'antenne de dégagement pour les autres chaînes de France TV ?

Mais tant qu'on aura pas donné plus de place aux outre-mer, ce serait une erreur de supprimer France Ô. Il faut d'abord garantir que les outre-mer aient une meilleure représentation dans le champ audiovisuel.

Quelle place accorderez-vous aux politiques publiques mémorielles. Jusqu'à présent, elles ont surtout abouti à des bananes et des quenelles...

Ce n'est pas que mémoriel, c'est identitaire. Ce n'est pas une mémoire passée, c'est une mémoire vivante. Une partie considère qu'on n'aime pas la France si l'on en parle, une autre partie considère qu'elle est assignée à résidence par cette mémoire et qu’une dette lui est dûe à perpétuité. Je ne suis ni dans la revendication, ni dans la repentance, ni dans le déni. Il faut dépassionner comme le font Frédéric Régent et d'autres, rentrer dans le coeur d'une mémoire vive, d'une histoire, d'une historiographie, des programmes scolaires pour expliquer le rôle des uns et des autres. Il faut dépassionner nos quartiers populaires, nos banlieues pour avoir une mentalité non pas de revendication ni de soumission, mais de diversité dans la République. Notre politique ne doit pas être que mémorielle mais une politique de reconnaissance.

Certains font le lien entre les violences policières et les violences coloniales...

Non ! Il y a une défiance qui s'est installée, je ne l'alimente pas. Je refuse le climat de guerre civile dans lequel le Front national a une responsabilité inouïe. On m'a reproché d'être "en même temps", mais la France, c'est tout en même temps ! Il y a des policiers formidablement courageux, il y a des bévues, il y a aussi des jeunes qui sont complètement à la dérive et qui créent de l'insécurité... Il ne faut donc pas renvoyer à des clivages qui enferment, mais avoir une politique de tolérance zéro à l'égard de la délinquance et d'extrême exigence à l'égard des forces de l'ordre qui doivent aussi se soumettre à des règles claires. Il faut recréer de la confiance, mieux former les policiers, avoir une politique de contrôle moins systématique d'identité. C'est la raison d’être de la police de sécurité quotidienne que je propose de créer.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

 

 

 

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 05:10
Marine Le Pen à son QG de campagne le 28 avril

Marine Le Pen à son QG de campagne le 28 avril

"Comoriens, Surinamiens et Haïtiens n'entreront plus en France comme dans une auberge espagnole"

Marine Le Pen a rencontré la PQR le 28 avril à son QG du 17e arrondissement. Elle promet de rétablir les frontières, la suppression des "pompes aspirantes", un plan Marshall et un contrat de complicité entre la métropole et l'outre-mer.

Entre les deux tours, le discours de Marine Le Pen a pris des accents mélenchoniens. "Je suis une insoumise, à titre personnel", a t-elle déclaré. Pour elle le projet d'Emmanuel Macron est "tout entier construit au bénéfice de l'oligarchie et des grandes puissances financières et au détriment du travail et des travailleurs français". Elle est opposée à la loi El Khomry "or, Macron souhaite mettre en oeuvre une loi El Khomry puissance 10 par ordonnances". Elle n'a pas manqué de moquer le secrétaire général du PCF : "Il ment en disant qu'il ne donnera pas un blanc-seing à Macron qui veut faire une politique de très grande casse sociale." Elle pointe les convergences qu'elle a avec le leader de la France insoumise sur l'international : "Nous sommes opposés au projet belliciste du gouvernement qui vise à susciter des tensions avec la Russie." Mais surtout, elle vitupère "la soumission quasiment intégrale de M. Macron à la politique menée par Mme Merkel". Elle a toutefois de nombreuses divergences avec Mélenchon, notamment sur les 100 milliards d'impôts qu'il voulait lever. "Ce qui est sûr, c'est que la vision de M. Macron qui vise à transformer la France en une salle de marché est rejeté par notre électorat et le sien." Mme Le Pen considère que le clivage droite-gauche, voire extrême droite-extrême gauche "n'est plus pertinent depuis des années". Le vrai clivage, elle le situe "entre les mondialistes et les nationaux". Pour elle, la Nation reste "la structure la plus performante pour assurer la sécurité et la prospérité du pays (...) et la mondialisation consiste à faire fabriquer par des esclaves pour vendre à des chômeurs". Elle refuse donc les traités de libre échange et, parlant des fruits et légumes, "la concurrence déloyale des producteurs étrangers, sauf que l'Union européenne nous interdit de faire autrement". Elle taxe Emmanuel Macron d'"européiste radical"

Couvre feu et favelas

Mais évidemment la grande divergence avec Mélenchon repose sur l'immigration. Ainsi, si elle est élue à la présidence, sa première décision sera de "retrouver la maîtrise de nos frontières en les rétablissant, en instaurant des contrôles, des visas, l'abrogation de la circulaire sur la régularisation de clandestins, l'expulsion des étrangers fichés S. Elle envisage même de faire appel aux réservistes pour surveiller les frontières, tout cela avant même les législatives. "Des soulèvements comme ceux qu'on a connus en Guyane, indique un de ses proches, n'auront plus lieu d'être", car elle renforcera les moyens de police, de gendarmerie, de l'armée et de la Marine nationale pour rétablir la sécurité et le contrôle des frontières en mer et sur les fleuves. "Comoriens, Surinamiens et Haïtiens n'entreront plus en France comme dans une auberge espagnole."

Elle veut "supprimer toutes les pompes aspirantes, tous les éléments d'attraction irrépressibles" : le droit du sol, l'aide médicale d'Etat... Elle rappelle l'explosion de l'insécurité à Mayotte, en Guyane et parle de l'existence de "véritable couvre-feu pour les femmes mahoraises mais également en Guyane, de favelas qui posent des problèmes de foncier pour les agriculteurs".

Appliquera-t-elle l'accord signé en Guyane si elle est élue ? "Je ne l'ai pas regardé dans le détail mais je crois que ce qu'il faut mettre en oeuvre en Guyane et en outre-mer, c'est un un véritable plan Marshall et un contrat de complicité entre la métropole et l'outre-mer basé sur la confiance et non plus l'assistanat et la perfusion".

FXG, à Paris

Quelle majorité ?

Marine Le Pen est confiante si elle est élue, car "les Français ont toujours donné une majorité au président qu'ils ont élu". Elle trouve d'ailleurs que Les Républicains font preuve de beaucoup d'optimisme "en pariant sur la victoire de M. Macron et en croyant qu'il n'aura pas de majorité". Si je suis élue, j'aurai une majorité, si M. Macron est élu, aussi." Face à Macron qui déplorait la veille l'absence de front républicain, elle parle de "grillage républicain" et moque ses composantes : CGT, UOIF, Medef...

Quel premier ministre ?

Elle assure avoir déjà son Premier ministre et dévoilera son nom avant le second tour, sans doute à son meeting de Villepinte. En cas de cohabitation, elle se dit prête et rappelle que les négociations avec l'Union européenne dépendent du président comme le référendum.

Les Horace

Pour écrire son programme, notamment outre-mer, la candidate a bénéficié du concours d'une équipe d'experts composée de cadres dirigeants du privé et de hauts fonctionnaires, baptisée les Horace et dont les identités restent pour l'heure tenues secrètes, à l'exception du porte-parole du groupe, Jean Messiha.

Les raisons de son succès en outre-mer

Le directeur de cabinet de Marine Le Pen, Nicolas Lesage, considère que le résultat du premier tour en outre-mer est le résultat d'un travail en amont, mais également d'un "tropisme très ancien" de la candidate pour l'Outre-mer. "C'est la première fois, confie l'un des Horace, depuis Jacques Chirac qu'il y a un candidat à la présidence de la République qui montre un tel attachement pour l'outre-mer." Il en veut pour preuve que la marraine de sa fille, Huguette Fatna, est une martiniquaise : "Et l'on sait quelle place joue la marraine dans la famille en Martinique, celui d'une deuxième maman... Cet attachement l'a amenée à citer l'outre-mer lors de chacune de ses apparitions publiques ou médiatiques."

Elle a pris soin de poster dès le mois d'octobre une lettre à ses compatriotes d'outre-mer sur son blog et l'un des Horace souligne que "ceux qui ont accepté de l'accueillir dans leur commune en présence de leur conseil municipal, ou qui l'ont ralliée, sont tous des chiraquiens historiques".

Une "grande politique de l'outre-mer et de la mer"

"Marine Le Pen, souligne son entourage, veut une politique maritime comme le général de Gaulle a eu une politique spatiale". L'IFREMER sera rattaché au ministère de la Mer et de l'Outre-mer afin d'assurer "la mission de relance de missions d'explorations scientifiques et industrielles" l'exploitation des ressources maritimes, développer des hubs maritimes , réfléchir à l'implantation de plates- forme en mer, des écoles des métiers de la mer "à l'instar de celle qu'avait créée Michel Debré au Port quand il était élu de la Réunion", et encore l'extension du SMA à la Marine nationale.

Un ministre d'Etat

Elle veut un ministre d'Etat qui aura les compétences de convoquer des réunions interministérielles et de trancher. "Il y aura un vrai patron rue Oudinot pour prendre des décisions en faveur de nos compatriotes oubliés ces dix dernières années. Nous mettrons également en place un comité interministériel présidé par le chef de l'Etat. Elle le réunira deux fois par an et "l'ensemble des ministres du gouvernement aura à rendre compte directement à la Présidente de la république des actions menées en faveur de l'Outre-mer".

Des zones ultramarines françaises d'investissement prioritaire (ZUFIP)

Dans les zones ultramarines françaises d'investissement prioritaire (ZUFIP), sera appliqué un condensé des lois Pons, Perben, Girardin, LODEOM. Une agence d'Etat pour les investissements privilégiés outre-mer (APIPOM) sera chargée de démarcher les investisseurs en métropole pour faire valoir les intérêts de ces ZUFIP et les inciter à venir s'y installer. Un haut commissaire au développement régional (un diplomate nommé par Bercy et le Quai d'Orsay, et venu du monde de l'entreprise) aura pour mission "de rayonner dans les environnements respectifs de la Caraïbe, de l'Amérique latine et de l'océan Indien pour vendre les produits français made in outre-mer".

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 05:09
Emmanuel Macron à son QG le 27 avril

Emmanuel Macron à son QG le 27 avril

Macron veut faire des territoires de désespoir des territoires de reconquête

Emmanuel Macron a rencontré la presse quotidienne régionale jeudi matin à son QG du 15e arrondissement de Paris. Il veut refonder la vie politique et promet d'appliquer le plan d'urgence pour la Guyane.

Le candidat d'En marche ! a souligné que le scrutin du 23 avril avait acté "une France fracturée politiquement, territorialement et moralement", avant de répéter l'une de ses convictions : "Le clivage droite-gauche ne permet plus d'apporter de réponses efficaces." Contrairement à 2002, il observe "l'absence de front républicain" et regrette que LR et PS veuillent enjamber l'élection présidentielle quand "seuls 25 % des électeurs se sont reconnus dans les deux grands partis, tandis que 50 % se sont retrouvés entre son projet et celui de Marine Le Pen. "Les républicains n'ont pas pris leurs responsabilités et vont se fracturer en deux, pris dans leurs propres incohérences". Quant à Jean-Luc Mélenchon, il estime qu'il n'a pas été "à la hauteur" des aspirations qu'il a montrées : "Il a su faire vivre la question de l'écologie et de la démocratie, mais son discours ne ressemble pas aux combats de sa vie et illustre l'ambiguïté de l'extrême gauche française dont le coeur des combats est pourtant contre les totalitarismes".

Emmanuel Macron reconnaît avoir été mieux entendu dans les grandes villes et auprès d'une population plus aisée. "Le Front national a réussi à s'installer dans une France en colère, indignée par la mondialisation qu'elle ne comprend pas".

Son défi est donc de "réconcilier cette France". Il veut réparer l'école "cassée", investir dans la cohésion urbaine en multipliant par deux le budget de l'agence nationale de rénovation urbaine, dans la mobilité pour sortir d'une "politique d'assignation à résidence", des emplois francs avec 15 000 euros d'aide pour l'embauche dans un quartier politique de la ville.

Un message aux classes moyennes

Il promet aux classes moyennes de rétablir leur pouvoir d'achat par le travail, promet un choc fiscal avec la suppression de la taxe d'habitation, la suppression du régime social des indépendants. Pour la France rurale, il annonce un plan mobilité pour l'égalité d'accès aux territoires, une loi quinquennale pour les infrastructures utiles, le développement de la fibre, de la 3G et de la 4G. Il promet encore l'accès à la santé dans les déserts médicaux, la suspension de l'application de la loi de modernisation agricole. Dans les bassins d'emplois sinistrés où "le FN s'alimente de l'impuissance collective", il annonce un plan Marshall de reconquête industrielle avec des zones franches entrepreneuriales et d'expérimentation des innovations sans contraintes. "Il faut faire des territoires de désespoir des territoires de reconquête", assène-t-il.

Quant à l'accord signé par par l'actuel gouvernement pour la Guyane, il déclaré : "Le plan d'urgence pour la Guyane sera exécuté." Et pour éviter le risque d'une autre crise sociale dans un territoire ultramarin, il égrène les grandes lignes de sa politique pour les Outre-mer : le développement des filières notamment celle agro-énergétique, la politique de la ville, la lutte contre l'illettrisme, mais surtout une politique différenciée. Les assises de l'outre-mer qu'il promet dans les trois premiers mois de son mandat, devront établir un plan d'actions sur douze mois pour régler les urgences. "La Guadeloupe et la Martinique ont un problème de souveraineté alimentaire et énergétique, à la Réunion c'est différent, puisqu'elle produit 80 % de ce qu'elle consomme..." Gardera-t-il un ministère des Outre-mer ? "Je veux une politique ultramarine avec des actions efficaces."

C'est une "refondation de la vie politique" qu'il propose, "une majorité large avec des gens allant de Jean-Yves Le Drian à Xavier Bertrand et Christian Estrosi". Quant à son ou sa future Premier ministre, ce sera quelqu'un qui "connaît la vie politique" avec gouvernement de 15 ministres.

FXG, à Paris

Loi travail et PS

Réagissant à son intention d'assouplir encore le code du travail par ordonnances dès le mois d'août, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a fait les gros yeux. Réponse d'Emmanuel Macron ; "M. Cambadélis, il est gentil, il a fait 6 %."

L'ancien banquier

"Je ne suis pas né banquier, je ne suis pas né dans un château", a-t-il répondu à cette critique qui lui a été faite durant la campagne avant de préciser qu'il avait été banquier quatre ans, mais surtout fonctionnaire. "Je ne pourrai pas présider comme on l'a fait ! La colère est telle qu'il faut prendre des risques, s'exposer, faire tomber les digues, les forteresses." Selon lui, il y a "un besoin de reconnaissance et de considération" et "le FN n'apporte aucune réponse : nous sommes dans l'Europe et dans le monde."

L'administration

"L'administration n'est pas inerte, affirme-t-il, elle administre. Il n'y a pas de mauvais fonctionnaires, il y a de mauvais ministres... Je nommerai à la tête des ministères des patrons d'administration. Nous n'avons plus droit à l'erreur."

L'Europe

Il veut "débureaucratiser" et promet un "agenda de l'harmonisation sociale et fiscale" et la suppression de la directive des travailleurs détachés. "Je ne poursuivrai pas la politique actuelle. Je défends l'Europe, mais je veux qu'elle réagisse, qu'elle arrête de faire semblant". Evoquant le traumatisme de 2005 (le vote négatif au référendum , l'adoption faite "en douce" par Nicolas Sarkozy et les promesses non tenues de François Hollande en 2012, il fustige "le bégaiement droite-gauche inefficace" avant de conclure sur ce sujet : "L'histoire des dix dernières années est une histoire non assumée avec l'Europe."

Le bilan des deux derniers quinquennats

Emmanuel Macron estime que "le quinquennat de François Hollande a permis des choses". Il reconnaît d'abord à François Hollande son honnêteté, l'effort qu'il a fait pour la compétitivité, la cohésion nationale qu'il a su préserver après les attentats. Seule critique : la déchéance de nationalité, "une vraie faute".

quant à Nicolas Sarkozy, il lui reconnaît l'exonération des heures supplémentaires et l'autonomie des universités.

Policiers du GIGN blessés à la Réunion

Réagissant à l'annonce de deux policiers blessés à la Réunion hier matin lors d'une opération anti terroriste à Saint-Benoît, le candidat a déclaré : "La menace terroriste a une empreinte partout sur le territoire de la République. Aussi longtemps que la menace sera établie, il faudra maintenir l'état d'urgence."

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 17:44
Ultrazik, nouveau festival de musiques des Outre-mer à Achères (78)

Ultrazik, un nouveau festival dans les Yvelines

Sous le parrainage du musicien martiniquais Dédé Saint-Prix, la première édition du festival Ultrazik est tout entier dédié aux musiques des Outre-mer et propose des rencontres multiples avec la population autour de concerts, de stages et de moments d'échanges. Les concerts ont tous lieu au Sax à Achères dans les Yvelines, une salle pouvant accueillir 500 personnes.

Après un showcase privé le 11 mai à 19 heures en guise d'inauguration, avec la participation musicale de Dédé Saint-Prix, au Bateau Chocolaté à Conflans-Sainte-Honorine, le fetival ouvrira ses portes au Sax avec une soirée maloya, le 12 mai à 20h30 avec « La grande réunion », une carte blanche à Jean-Didier Hoareau avec Dédé Saint-Prix, René Lacaille et Danyèl Waro. En ouverture, ce seront les protagonistes des Djembés Sessions emmenés par Jean-Christophe Bénic et Michel Weelen et la chorale Maloya de Jean-Didier pour une création détonante : Aux sources du maloya.

Samedi 13 mai à 20h30 ce sera le trio féminin de Marijosée Alie et ses filles, Fred et Sohée, Elle & Elles. en première partie, Kaducia, l'Achères steel band. Final avec AKM, jazz caribéen.

Le 19 mai à 20h30, le pianiste martiniquais Hervé Celcal revisite la tradition bèlè façon jazzy. En première partie, le groupe tahitien Ahu tiare nui.

Le samedi 20 mai à 20h30, place au zouk et au kompa avec Milca et Stony en guest et le Big Family.

Enfin, dimanche 21 mai à 16h, Florence Naprix et Paul Mathieu animeront le bal créole sous la direction d'Hervé Celcal.

Le Sax, 2 rue des champs 78260 Achères, à 15 minutes à pied de la gare d'Achères ville (RER A)

Tél : 01 39 11 86 21

Courriel : reservation@lesax-acheres78.fr

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 05:32

Les résultats de trois bureaux annulés outre-mer

Avant de publier définitivement les résultats de l'élection présidentielle, le Conseil constituionnel a annulé le résultat dans certains bureaux de vote, notamment en Outre-mer.

Dans le bureau de vote n° 2 de la commune de L'Ajoupa-Bouillon (Martinique), dans lequel 218 suffrages ont été exprimés, le délégué du Conseil constitutionnel a constaté, lors de son passage, que seul le président du bureau de vote était présent. Alors même que les deux assesseurs n'ont été absents qu'une partie de la journée, une telle irrégularité est de nature à entraîner des erreurs et peut favoriser la fraude. Par suite, il y a lieu d'annuler l'ensemble des suffrages émis dans ce bureau.

Dans le bureau de vote n° 50 de la commune des Abymes (Guadeloupe), dans lequel 251 suffrages ont été exprimés, la composition du bureau de vote, en l'absence d'assesseur, ne respectait pas les conditions prévues par l'article R. 42 du code électoral. Cette irrégularité s'étant poursuivie en dépit des observations faites par le magistrat délégué du Conseil constitutionnel, il y a lieu d'annuler l'ensemble des suffrages émis dans ce bureau.

Le procès-verbal des opérations électorales du bureau de vote n° 155 de la commune de M'Tsamboro (Mayotte), dans lequel 183 suffrages ont été exprimés, ne comporte pas la mention des résultats obtenus par les candidats à l'issue du dépouillement. Ces résultats ne figurent pas non plus sur le procès-verbal du bureau centralisateur de la commune. Ce manquement rend impossible le contrôle de la régularité et de la sincérité du scrutin. Il y a donc lieu d'annuler l'ensemble des suffrages émis dans ce bureau de vote.

FXG, à Paris

Des micmacs dans les bulletins blancs et nuls

Dans le bureau de vote n° 2 de la commune du François (Martinique) et dans le bureau de vote n° 13 de la commune du Robert (Martinique), la commission de recensement a retranché du nombre des bulletins blancs et du nombre des bulletins nuls le nombre de ces bulletins qui ne lui avaient pas été transmis. En raison de la faiblesse des discordances relevées et en l'absence de fraude, il convient de s'en tenir au nombre des bulletins blancs et nuls tel qu'il résulte du procès-verbal des opérations électorales.

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 06:06

La Martinique aux portes du patrimoine mondial

En février 2018, le dossier d'inscription de la Martinique au patrimoine mondial de l'humanité sera aux mains de l'UNESCO.

"Nous devons aujourd'hui être à la fois les fils et les gardiens de notre patrimoine au nom de l'humanité." Louis Boutrin, président du parc naturel et vice-président de la CTM, était à Paris jeudi pour défendre devant le Comité national des biens français du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’inscription du "bien naturel martiniquais". C'était la troisième et avant-dernière audition avant l'ultime qui aura lieu en octobre 2017 et qui concernera la gestion du "bien".

Le "bien", c'est le territoire assis sur 18 communes du Nord de la Martinique comprenant les trois massifs volcaniques forestiers, la montagne Pelée avec le mont Conil, les pitons du Carbet et le morne Jacob. Les points forts de cette candidature reposent sur le volcanisme et la géologie (et leurs 25 millions d'années d'histoire) et la biodiversité qui représente 87 % de la flore arborée des petites Antilles avec un endémisme exceptionnel et le plus élevé de la région. Il s'agissait jeudi de défendre le périmètre et le coeur du bien, sa zone tampon où les activités humaines seront autorisées, et le cadre distant, c'est-à-dire les sites qui permettent de mettre en valeur le "bien". Si tout s'est bien passé, la candidature martiniquaise reste encore attendue sur son plan de gestion. "Il va falloir mettre en place une stratégie, explique Louis Boutrin, pour garantir l'intégrité du bien que nous devons protéger."

L'ombre du chlordécone évacuée

Les experts, pour la deuxième, sont revenus sur la question de la pollution des sols au chlordécone. Heureusement, d'ores et déjà, 80 % du bien font l'objet de protection à travers la réserve biologique intégrale, les arrêtés de biotope et le classement en zones naturelles d'intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) et surtout, il n'y a jamais eu sur le coeur du bien de cultures bananières, donc de chlordécone. "J'ai du faire une clarification, je l'espère définitive."

En se lançant dans cette opératon, la Martinique vise une visibilité internationale nouvelle puisque l'inscription d'un bien au patrimoine mondial de l'UNESCO permet en général de mulitiplier par 5 le nombre de visiteurs. Mais elle s'inscrit aussi dans un projet de territoire. "Nous voulons, poursuit Louis Boutrin, renforcer l'attractivité du territoire avec l'implantation de micro-projets de développement soutenable de manière à fixer les populations du Nord de la Martinique qui est actuellement frappé par un exode rural." Car derrière ces projets de développement, il y a des projets de formation pour développer l'économie sociale et solidaire et l'emploi.

Une fois que le comité aura validé le périmètre et le plan de gestion, ce sera la France qui présentera le projet à l'UNESCO, sans doute en février 2018.

FXG, à Paris

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 06:27
Au New Morning le 19 avril dernier

Au New Morning le 19 avril dernier

Le batteur "rythmicien" martiniquais Jean-Claude Montredon a brillé, mercredi 20 avril au New-Morning, à Paris. L'artiste qui fête ses ses 50 ans de carrière est venu présenter son premier album "Diamant H2O" dont il signe les compositions. A la tête de son quintette, Jean-Claude Montredon s'est entouré du pianiste Alain-Jean-Marie, du bassiste Michel Alibo, du saxophoniste Jon Handelsman et du trompettiste Stéphane Belmondo avec sa conque de lambi.

"J'ai voulu rendre hommage au rocher du Diamant"

La musique, ça a commencé comment, à l'école, dans la famille ?

J'ai quand même eu mon certificat d'études (rires)... Ma mère m'envoyait chercher de l'eau au point Démosthène. Il y avait un robinet sur le trottoir et j'amenais un seau. Ce seau, je l'ai tourné et il avait un son de tabla. Un jour, un ami de ma mère, de Sainte-Lucie, lui a dit : "Tu vois ce petit, il va faire un musicien." Après mon certificat d'études, j'ai dit à ma mère que je ferai de la musique. Elle m'a dit : "La musique, c'est sérieux, il faut travailler..." Je n'ai pas travaillé et je me suis retrouvé à l'orchestre Tropical du père de Georges Noël. C'est Georges qui m'a auditionné avec une timbale, boléro, mambo... Je n'ai pas fait long feu avec Tropical, un an au plus. Je me suis retrouvé dans l'orchestre des frères Bernard Père avec la timbale. On jouait au Tam Tam vers Redoute, l'établissement de Berly et Ghislaine Glaudon, les patrons de l'Impératrice, avec les oncles de Marius Cultier, son frère Nel Lancry, Thurenne Roussy, Lola Martin... Marius a joué là aussi et il m'a pris comme un fils. On faisait aussi des punchs en musique le midi à l'ORTF avec Francisco Charles-Denis, Paul-Jules Vécour et Marius... Puis Georges Brival lui a demandé de monter l'orchestre Tropicana...

Quand avez-vous touché une batterie pour la première fois ?

J'avais 16 ans et je jouais de la conga avec Tropicana, à la Bananeraie et à la Morina sur l'ancienne route de Schoelcher, et pendant les quarts d'heure de charme, le batteur Jacques Michelin allait danser et me laissait donner un petit coup de batterie. Je jouais des boléros et quand le quart d'heure de charme s'achevait, il revenait à sa batterie et sa timbale et je reprenais ma conga ; on lançait un cha cha cha.

Très vite vous partez au Canada, comment ça s'est présenté ?

Nous sommes partis le 12 juillet 1967 pour l'exposition universelle. Georges Brival a tout vendu, la Bananeraie et la Morina, pour ce voyage auquel participait une délégation de toutes les Antilles. Georges Brival avait monté une boîte dans l'Expo, "La cabane à rhum". C'était culinaire et musical. Georges m'a proposé de prendre la batterie et j'ai joué des boléros, des biguines avec Marius, le sax Paul Julvécourt, le contrebassiste Donnadieu Monpierre, le chanteur Pierre Jabert et encore André Salvador, le frère d'Henry. Alain Jean-Marie nous a rejoint avec son vibraphone...On n'était pas encore très jazzy. Je connaissais un peu la bossa nova puisque quand j'avais 8 ans, ma mère m'a offert un poste à galène et j'écoutais Stan Gets sur Voice of America...

Que s'est-il passé après l'Exposition universelle ?

Nous sommes restés à Montréal pour l'exposition Terre des hommes qui prolongeait la première. Marius Cultier est parti jouer dans un autre groupe. Leur scène de prédilection était l'hôtel de la Martinique à Montréal... Je jouais dans des clubs avec Alain, Paul Julvécourt et Winston Berkley. Un jour, j'entre dans un supermarché et j'entends Stan Gets que je reconnais aussitôt. Je veux être comme lui, je me dis. Je veux qu'en m'entendant, les gens sachent que c'est moi. Pendant quatre ans, j'ai travaillé mon rythme, mon impro, mon son et ma technique, huit heures par jour, dans un studio, dans le noir. Surtout, ne pas jouer comme les autres. Quand tu entends le batteur de Sony Rollins jouer "Saint-Thomas", tu entends le calypso mais ça n'en est pas un. Quand un Américain joue le cha cha cha ou le mambo, il y a des lacunes dans le rythme. Il joue très bien le 4-4, mais si tu lui demandes d'aller dans le 6-8 ou le 7-4, il est perdu... A droite, c'est le poignet qui travaille, à gauche, c'est le pouce et l'index. Je joue haut perché, comme au-dessus d'une cuisine et je fais ma cuisine ! Quand tu joues très droit, tu reçois toutes les bonnes vibrations...

Pourquoi avoir quitté Montréal ?

Paul Julvécourt voulait restait, mais alain, Winston et moi avons dit non, il fait trop froid ! On a monté le groupe Liquid Ruck Stone, puis on est rentré en Martinique. On a eu un contrat à l'hôtel Diamond Rock. Le patron nous a dit : "Vous jouez ce que vous voulez, mais je veux entendre les fourchettes et les couteaux de mes clients." Exactement comme Chet Baker qui disait à Alain Jean-Marie : "Tu joues, mais pas trop. Tu improvises, mais pas trop. Tu m'accompagnes, mais pas trop..." (Rires !)

Liquid Ruck Stone, le Diamond Rock et maintenant l'album qui s'appelle "Diamant H2O"...

Tout ça renvoie au rocher du Diamant. Il est entre ciel et mer et j'ai voulu lui rendre hommage. Ce rocher a été courtisé par les Anglais, les Français, les Allemands, les Espagnols, les Hollandais... Tous ces gens ont combattu pour prendre ce rocher. Il y a eu des morts et il y a de l'or. Les pirates qui l'ont déposé tuaient des esclaves pour que leur âme garde le trésor. Même le commandant Cousteau n'y est pas arrivé...

Pourquoi dîtes-vous que c'est la musique qui vous a choisi ?

Un jour, je retrouve un ami qui me dit : "Mwen kité mizik." Je lui ai répondu : "Non, c'est la musique qui t'a quitté !" La musique est très jalouse ! A 23 ans, quand j'ai rencontré ma première épouse, je lui a! dit que la musique était ma femme et ma batterie ma maîtresse.

Vous n'avez jamais joué de zouk ?

Quand on me demande ce que je pense du zouk, je réponds que j'ai fait de la kadans kompa. J'ai joué avec West African Cosmos d'où sont sortis Touré Kunda et la world music. Le jazz, c'est Duke Ellington qui a dit à un journaliste : "Call it jazz." Le blues, c'est le chant des esclaves... On donne les noms qu'on veut... J'aime jouer de la musique évolutive. François Luther m'a permis de jouer dans le Caribean Workshop Group et dans le West Indies Jazzmen. Je suis dans le premier 45 tour de Malavoy — j'aimerai bien l'avoir. Le titre que je joue s'appelle "Ralé Senn'nan". Ma conception de la musique, c'est l'évolution. Je ne veux pas me cantonner à une musique, ni faire n'importe quoi. Dans la musique, il n'y a pas de sentiment, je ne joue pas avec mes copains si ça ne m'intéresse pas.

Pourquoi avoir attendu 50 ans pour faire un album solo ?

J'ai toujours été sideman pour pas mal d'artistes et l'opportunité est arrivée via Touali mon fils, et Annabelle, son épouse. Et puis, j'ai le temps, je suis à la retraite ! Et comme je touche 262 euros par mois, je dois encore gagner ma vie ! Mais je suis bien loti, j'ai des copains en Martinique qui ne touchent que 160 euros !

Propos recueillis par FXG, à Paris

Un DVD à sortir avec Alain Jean-Marie

Jean-Claude Montredon annonce la sortie prochaine d'un DVD, "Quelques rythmes de la Caraïbe", avec Alain Jean-Marie au piano et lui-même à la conga et à la batterie. Chaque rythme est illustré par une composition originale signée de l'un ou de l'autre. On entendra par exemple pour la biguine "Travay red" d'Alain Jean-Marie...

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 06:25
Pêche outre-mer

La modernisation des flottes de pêche outre-mer en route

Le rapport sur la gestion des flottes de pêche dans les régions ultrapériphériques (RUP) a été voté jeudi 27 avril par le Parlement européen. Il préconise la mise en place d’une politique adaptée pour ces territoires. Les députés européens français Younous Omarjee (GUE/NGL), Isabelle Thomas, Louis-Joseph Manscour (SD) et Maurice Ponga (PPE) ont porté ce projet en s'appuyant sur le pouvoir d'adaptation permis par l'article 349 du traité européen.

Jusqu'alors les RUP bénéficient en matière agricole de compensations financières via des programmes spécifiques (POSEI), en revanche, aucun dispositif adapté n’existait à ce jour dans le domaine de la pêche. Ce rapport reconnaît désormais la nécessité de soutenir le remplacement des navires de pêche vétustes par des navires neufs, au nom de la sécurité des pêcheurs artisanaux des RUP et de la pérennité de leur activité, sans remise en cause des plafonds de pêche autorisés pour que la ressource reste préservée. "Il s’agit aussi, explique Isabelle Thomas, de leur permettre de s’éloigner du rivage, comme aux Antilles où la chlordécone interdit la pêche côtière, ce que les embarcations actuelles ne permettent pas."

Pour autant, estime Younous Omarjee, ce combat n’est pas encore gagné puisqu’il appartient désormais à la Commission européenne et aux représentants des gouvernements des Etat membres de l’Union européenne de se mettre à l’écoute du vote du Parlement européen. "Nos demandes, rappelle Younous Omarjee, sont très claires : un POSEI pêche et l’autorisation des aides pour le renouvellement des flottes des RUP."

FXG, à Paris

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