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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 05:00

Le budget de l'Outre-mer selon la FEDOM

Philibert.jpgJean-Pierre Philibert : "Le compte n'y est pas tout à fait"

Dans la contrainte budgétaire actuelle, Jean-Pierre Philibert, président de la FEDOM, se satisfait des engagements du gouvernement pour un CICE majoré, le maintien de la TVA NPR et du dispositif des exonérations de charge, la hausse du budget du SMA. Pour autant, elle attend des précisions sur de nombreux points (les crédits d'investissement public, la dégressivité de la baisse  des exonérations de l'impôt sur les sociétés) et elle accuse aussi quelques déceptions (budget de l'ADOM, rénovation hôtelière, fonds exceptionnel d'investissement ou le plafond défiscalisable du Duflot outre-mer).

Tout cela va alimenter le débat parlementaire autour du budget 2015.

FXG, à Paris

Les points de déception

Les crédits du ministère de l'Outre-mer à l'ADOM baissent de 20 à 18 millions

"Quand on connaît le rôle de l'ADOM pour la formation des jeunes, ce n'est pas forcément le point le plus encourageant. Ca va frémir un peu lorsque l'emploi va repartir si on n'a pas une ADOM au mieux de sa forme. Est-ce le bon endroit où faire des économies ? Ce n'est pas un bon signal."

La suppression de l'aide à la rénovation hôtelière

"La ministre des Outre-mer l'avait annoncée lors du colloque sur le tourisme. je relativise un petit peu car ça coûtait 2,78 millions d'euros en 2012 et ce n'est pas très significatif, mais ça peut impacter notamment Saint-Martin qui est le territoire qui utilisait le plus l'aide à la rénovation hôtelière."

La diminution du fonds exceptionnel d'investissement (FEI)

"Le président Hollande, dans une promesse très forte faite à l'Outre-mer, s'engageait à apporter 500 millions d'euros au FEI. Dans un souci de logique, on aurait pu espérer 100 millions par an. Or, on a eu les deux premières années 50 millions d'euros ce qui avait provoqué la colère du rapporteur Serge Létchimy. Cette année encore, le FEI diminue puisqu'il n'y a même plus 50 millions mais 40. On est sur un rythme de 230 millions, on est loin des 500."

Le plafond de la défiscalisation de la loi Duflot outre-mer

"Nulle part, le plafond de 18 000 euros pour le Duflot Outre-mer n'est mentionnée. C'est encore une promesse forte du président de la République, confirmée par Mme Pau-Langevin et on cherche en vain dans le budget où ça se passe !"

Les interrogations de la FEDOM

Les crédits d'investissement public

"Après avoir dit que les crédits du FEI n'est pas à la hauteur des promesses, la ministre a annoncé que les crédits d'investissement public allaient augmenter dans le cadre des nouveaux contrats de plan Etat-Région : 180 millions d'euros sur six ans. On ne sait pas si ce sont des autorisations d'engagement ou des crédits de paiement, ce n'est pas tout à fait la même chose. Elle inclut un peu plus de 85 millions du plan très haut débit, mais sur période qui n'est pas précisée. elle additionne le FEI, les nouveaux contrats de plan et le plan très haut débit. Nous savons également compter : si on ajoute les 230 millions du FEI, les 90 millions d'autorisation d'engagement sur les trois ans qui viennent pour les contrats de plan et les 85 millions du très haut débit, on obtient entre 417 et 420 millions. On est loin des 500 millions prévus. Si j'ajoute qu'on nous a quand même piqué l'année dernière au titre des exonérations de charge entre 80 et 90 millions, il me semble qu'on n'est, là aussi, pas dans les clous."

La façon de présenter le budget

"Quand la ministre dit que les moyens consacrés par l'Etat pour la compensation des charges sociales en faveur des entreprises et de leurs salariés auront cru de 20 %, soit près de 200 millions depuis 2012. Ce chiffre positif inclut-il les 90 millions d'exonération supprimés dans le cadre de la loi de finance 2014 ? Je crois que non. La hausse ne serait donc que de 110 millions."

Les plans territoriaux de développement de la BPI

"Les plans territoriaux de développement vont être déployés par la BPI outre-mer et en Polynésie, précise la ministre. A-t-on oublié la Nouvelle-Calédonie ou pas ? Ou est-ce que c'est une faute de frappe ?..."

La ligne budgétaire unique (LBU)

"Le gouvernement a réorienté le financement du logement social qui est très clairement assuré par la défiscalisation pour l'essentiel. La loi de finance prévoit également que tous les les programmes de logements sociaux devaient inclure une ligne de LBU pour quelque 5 %. Cela signifie que la LBU est un peu moins présente dans les programmes de financement. C'est un signe que le gouvernement compte très clairement sur la défisc pour le logement social."

La dégressivité de la baisse  des exonérations de l'impôt sur les sociétés

"Le gel ou le report de la baisse des exonération de l'impôt sur les sociétés ne figure pas au budget. On peut comprendre que, malheureusement, on va commencer en 2015 et ce n'est pas une bonne nouvelle, à baisser les abattements à l'impôt sur les sociétés alors qu'on nous avait annoncé que ce report était une bonne chose."

Le crédit d'impôt pour la transition énergétique

"La majoration du crédit d’impôt pour la transition énergétique et la prise en compte de travaux spécifiquement domiens ne figurent pas dans le projet de loi de finance 2015, mais ils feront l'objet d'une adoption par voie d'amendements gouvernementaux ou parlementaires de la part de Serge Létchimy et Erica Bareigts. 

Les points positifs

- Le dispositif d'aide à la création du premier emploi pour les TPE

- La confirmation de l'augmentation du taux du crédit d'impôt recherche.

- Le maintien du dispositif d'exonération des charges.

- L'augmentation des crédits du SMA de 3 millions d'euros, soit 5,5 %, soit une hausse 18 fois supérieure à celle du budget de ministère des Outre-mer.

- L'engagement de la ministre sur le CICE surrenforcé... Mais

"Comment le ministère va-t-il faire ? La ministre a dit qu'elle en vérifiait la compatibilité avec Bruxelles. Nous aurions souhaité quand même que cette manifestation forte de l'engagement de majorer le CICE outre-mer pour les secteurs les plus exposés soit traduit dans le budget. C n'est pas le cas. Attend-on le feu vert de Bruxelles ? L'a-t-on notifié à Bruxelles ? On ne peut notifier des intentions, ni pré-notifier. Je pense qu'il aurait été plus cohérent de l'inscrire dans le budget et de vérifier ensuite auprès de Bruxelles. Il est fort probable qu'on n'ait pas la réponse de Bruxelles avant l'année prochaine. On pense que ce sera plutôt annoncé en projet de loi de finances rectificative avec au mieux une application au 1er juillet." La FEDOM souhaiterait aussi déplafonner le CICE au-delà de 2,5 SMIC pour arriver à 2,8 ou 3 SMIC pour favoriser aussi l'emploi dans l'encadrement intermédiaire.

 - La TVA non perçue récupérable

"On déduit de la présentation du budget une autre bonne nouvelle, c'est que la TVA NPR est sauvée."

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 03:56

18 skippers au départ de Rames Guyane le 18 octobre à DakarFlorent-Malouda-thara-Govindin-Michel-Horeau.jpg

Le 18 octobre, ils seront 18, dont deux femmes et un Espagnol, à s'élancer à l'assaut de l'Atlantique au départ de Dakar pour rejoindre Cayenne en solitaire et à la rame. La 4e édition de Rames Guyane avait pourtant bien failli rester à quai quand l'organisateur historique, 54°West, a dû jeter l'éponge après le départ de son principal sponsor, Bouvet, après l'édition 2012. Il s'en est alors fallu d'un cheveu que la course ne soit reprise par une société installée au Canaries. Finalement, trois Guyanais, Olivier Bernard, Thara Govindin et Pierre Verdu ont monté l'association Rames Guyane.org et relancent la machine avec le soutien du co-fondateur de la course, Michel Horeau. "On a du aller chercher les concurrents avec les dents", raconte ce dernier. Et après de multiples hésitations, le lieu et la date du départ sont enfin déterminés : Dakar, le 18 octobre.

A deux semaines du départ,  Rames Guyane.org a présenté, lundi au ministère des Outre-mer, 16 des 18 skippers inscrits, en présence du parrain de la course, Florent Malouda. Le footballeur qui évolue cette année au FC Metz n'a pas vraiment hésité : "J'ai trouvé que ça donnait une très bonne image de la Guyane et que ça faisait parler de notre pays autrement. Le but est que ça devienne un événement populaire !" Il s'est pris au jeu, s'est intéressé au monde nautique et à ces skippers qui soutiennent aussi de belles causes. Il pourrait bien être au départ de la course car son club de foot a une académie du foot à Dakar !

Deux victoires guyanaises sur trois éditions

Olivier-Bernard-et-Florent-Malouda.jpgContrairement aux grandes courses transatlantiques à la  voile, les Guyanais se sont très vite investis et dès la première édition, le plateau accueille trois skippers guyanais (Jean-Pierre Lasalarié, Jean-Pierre Lacroix et Patrick Deixonne). En 2009, ils sont six : Henri-Georges Hidair, Karl Barranco, Patrick Deixonne, Patrick Hoyau (vainqueur), Charles Bergère, Pascal Vaudé. En 2012, les Guyanais sont encore six : Rémy Dupont, Pascal Vaudé (vainqueur), Jean-Manuel Alein, Henri-Georges Hidair, Julien Besson et Pierre Verdu. Cette fois, ils seront toujours six et s'appellent volontiers le "team Guyane". Ils sont, outre le président de Rames Guyane.org, Olivier Bernard, Harry Culas, Olivier Ducap, Jean-Pierre Lasalarié qui fait son retour, Patrice Maciel et Salomé Castillo.

La distance à parcourir est de 4700 km qui nécessiteront environ un million de coups d'aviron ! Avec un départ en octobre, c'est-à-dire en pleine saison des pluies à Dakar, les alizés risquent bien de ne pas être tout à fait établis, et les rameurs devront compter aussi sur le phénomène El Nino !

Le meilleur temps a été établi par le Guyanais Pascal Vaudé, vainqueur en 2012 avec 37 jours, 10 heures, 10 minutes et 26 secondes. Les Guyanais ont remporté deux éditions sur trois.

FXG, à Paris


Le Team Guyane

Harry-Culas.jpgHarry Culas sur Cariacou Boto 3

Infographiste de 41 ans, il vit à Matoury. Fin connaisseur de l'aviron, il a été champion de France, vainqueur de la coupe de France. Mais il ne connaît pas bien l'océan ni la navigation. Son bateau était celui de Patrick Deixonne en 2006 et 2009, puis celui de Julien Besson qui a fini 2e en 2012.

castillo_salome2.jpgSalomé Castillo sur Le Brigandin

Elle a 30 ans, est éducatrice spécialisée et vit à Kourou. Si elle a pas peu de connaissances de la mer, elle ne lâche jamais les buts qu'elle s'est fixés. Son bateau a été celui de Charles Bergère en 2009 et de Rémy Dupont en 2012.

Olivier-bernard.jpgOlivier Bernard sur Ninay 973

A 48 ans, ce gérant de société de Rémire-Monjoly veut connaître "le frisson des skippers, leurs doutes, leurs peurs, leurs joies, en un mot l'aventure". Son bateau est celui que Karl Barranco avait en 2009. Il lui a acheté et l'avait prêté à Pierre Verdu en 2012.

Olivier-Ducap.jpgOlivier Ducap sur Parrainez un enfant

A 43 ans, ce technicien de Kourou connaît bien son bateau, mais n'a pas d'expérience de la haute mer. Il est réputé pour n'avoir aucune patience ! Son bateau est celui avec lequel Henri-Georges Hidair a traversé en 2012.

Jean-Pierre-Lasalarie.jpgJean-Pierre Lasalarié sur Cogit

A 53 ans, l'architecte de Rémire-Montjoly repart sur le bateau qu'il a fait fabriquer par le chantier AVX pour sa transat de 2006. Il repart pour "vivre pleinement sa passion de l'océan, retrouver la nature des choses".

Patrice-Maciel.jpgPatrice Maciel sur Marine et Loisirs

Franco-brésilien, mais Guyanais d'abord, cet éducateur sportif de Kourou mise sur son endurance et sa détermination pour vivre une expérience de très haut niveau, mais aussi pour prendre une revanche sur la vie. Son bateau a participé à toutes les éditions de Rames Guyane. Il appartient à Pacal Vaudé, vainqueur 2012.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 05:49

Martinique ambition jeunesse signe une convention avec la Région pour les étudiants en mobilitéequipe-MAJ-et-elus.jpg

Martinique ambition jeunesse, l'association présidée par Leslie Joséphine-Tally, a signé samedi à Paris une convention avec la Région Martinique. cette association a pour axe majeur la prise en charge des étudiants en mobilité. Mais elle se préoccupe aussi de recrutement, de formation, de logement, d'entreprenariat et d'opportunité à l'international. Leslie-josephine-Tally-Serge-Letchimy-Robin-Pacquit.jpgMAJ a conclu des partenariats avec le cabinet de recrutement Alpha conseil, Forum pro jeunesse, la Maison de la Martinique... MAJ a aussi entrepris de développer avec l'agence de communication Sky partner le projet Martinique Connect dont l'ambition n'est rien de moins que de lutter contre la fuite des cerveaux. Outre le président Létchimy, les élus Yvon Pacquit et Daniel Robin, mais également des jeunes entrepreneurs comme Jean-Marc Nourel (plateforme de crowfunfing Kelizio) ou Magali Pigeon (Caribean tech) étaient également présents auprès des membres de MAJ.

FXG, à Paris


ITW Serge Letchimy

Letchimy.jpg"Nous sommes en décroissance démographique"

Quelles sont les clauses de cette convention que vous avez signée avec Martinique ambition jeunesse ?

On pourrait dire que c'est une convention classique qui apporte le soutien de la Région pour que les jeunes étudiants en mobilité aient un logement correct, soient suivi sur le plan de la santé, etc... Mais ça va beaucoup plus loin, car l'ambition de ces jeunes dépassent le seul pré-carré du quotidien et de leur bien-être, parce que ces jeunes qui sont formés dans l'Hexagone vont rester en Europe si on ne met pas en place des moyens et une stratégie.

Combien sont-ils à partir et à ne pas revenir au pays ?

Trois sur cinq ne reviennent pas, c'est cela qui est dangereux. Nous devons considérer qu'ils font partie de la Martinique et qu'on a besoin intellectuellement d'eux pour contribuer à notre développement,  à notre enrichissement dans le pays. Nous devons donc préparer la Martinique à les recevoir demain parce que nous sommes en décroissance démographique. C'est moins mille moun par an !

Cette convention n'est donc qu'un premier acte...

C'est une convention pluriannuelle avec un acte 1 et une subvention de 10 000 euros à la clé. Nous ferons ensuite un bilan. Mais il faut que ces jeunes se sentent investis par une mission au-delà de leur seul bien être, faire de la Martinique un espace de rayonnement à travers le monde tout en se valorisant eux-mêmes.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 06:30

Carton plein pour le GMZ

Le zénith dans sa configuration optimale était plein samedi soir à Paris pour le retour du concert événement de cette rentrée, le Grand méchant zouk.scene-GMZ.jpg

"Le GMZ, c'est toujours la même envie et la même joie, lance Jean-Philippe Marthély avant d'entrer en scène. Faut dire que nous sommes habitués !" Pipo.jpgL'ambianceur de Kassav aime ce moment où ses camarades s'effacent pour laisser la relève passer au premier plan le temps d'une chanson. "C'est le GMZ, mais tout le monde croit que c'est Kassav, poursuit-il, alors ça nous donne une responsabilité." C'est ainsi que Jacob a invité des jeunes comme E.Sy Kennenga (il a chanté Lov adan et Comme si), Marvin (Plus fort que tout et Coup de soleil) ou Daly. Dédé Saint-Prix est venu en ami et spectateur. Il a été plusieurs fois sur la scène du GMZ, "un grand rendez-vous et une fête" et, bien sûr, la vitrine des musiques antillaises : "Il y en a parmi nous qui sont dans la lumière et ils en font profiter à ceux qui arrivent. Dede-Saint-Prix-Thierry-Jran-Pierre-et-copain.jpgLe Grand méchant zouk, c'est de la transmission et c'est une grande famille comme les Enfoirés, mais les Enfoirés, c'est toujours les mêmes tout le temps !" Pipo le reprend à la volée : " On ne se considère pas comme des stars mais on doit faire le boulot et être à la disposition du public. Mais, attention ! On n'est pas encore le Buena Vista social club !"

Claude-Vamur.jpgAutre artiste venu en ami, l'ancien batteur de Kassav, Claude Vamur : "Ca fait belle lurette parce que les tous premiers Grand méchant zouk, j'y étais ! Le temps a passé et c'est un peu nostalgique. On a eu notre jeunesse, on a fait ce qui fallait et il faut maintenant que l'émulation continue et il n'y a que nous qui pouvons impulser ça à travers le GMZ et porter le projet de quelques jeunes."

L'honneur des jeunes

Esy-Kennenga-coulisse.jpgLes jeunes en question ont tous à la bouche le mot "honneur" à l'instar d'E. Sy Kennenga : "C'est une première et un honneur pour moi. Mon travail est reconnu par ceux qui sont présents depuis le début dans cette manifestation. C'est une vitrine très importante ! Le GMZ nous montre à nous les jeunes qu'on peut se faire nos propres vitrines puisque justement, on ne nous laisse pas l'occasion de nous exprimer sur les autres scènes de musique française. Alors on doit faire nous-même et le GMZ nous montre que c'est possible." Princess Lover qui a ouvert le bal des invités après l'introduction de Fred Caracas (Sa kay) et le coup d'envoi de Pipo (Sé Dam Bonjou). Princess-Lover.jpgPrincess Lover a ce joli mot : "Le zouk n'a pas d'âge !" Ni de frontière. L'artiste Saaphi en fait une jolie démonstration lorsqu'elle vient chanter du kizomba, accompagnée par un couple de professeurs de danse, Moun et Carole. Catherine Thélamon (Zouké light) et Daly (Delbow) se succèdent sur scène. Daly aussi est ému : " Je continue à faire mon chemin pour que les organisateurs du GMZ restent contents de mon travail et qu'ils puissent encore me réinviter." 

Les valeurs sûres du zouk

Des nouveaux donc, mais aussi les valeurs sûres des musiques antillaises : Ralph Thamar vient chanter mazurka et biguine (Fanm san chans et Fon Laryon) : Ralph-Thamar.jpg"Ce GMZ est une nécessité pour dire bonjour à nos gens !" Chris Obydol et ses deux zoukettes viennent chanter Sové Lanmou, puis, peu avant le final, Maldon. Chris-Obydol-Zouk-machine.jpgUn GMZ sans Zouk machine est-il possible ? "Evidemment, répond Chris Obydol, que le GMZ est possible sans les Zouk machine, mais quand on est là, c'est mieux !" La foule est en délire et saute sur place. Un peu en retrait dans la salle, la ministre des Outre-mer est venue assister au show accompagnée de sa fille. L'arrivée de Marvin sur scène crée de nouvelles vagues humaines. Marvin-portrait.jpgLe jeune artiste qui vient de signer chez Wagram et qui sera en tournée à la fin de l'année aux Antilles, en Guyane et dans l'océan Indien, est lui aussi honoré  d'avoir été invité : " On a encore nos preuves à faire et d'être là, à l'aube de mon Olympia, ça fait quelque chose... Jouer avec ces musiciens, ça peut paraître irréaliste ! Moi, j'ai grandi en Bretagne et j'ai suivi Kassav comme un Breton aurait suivi Kassav ! Alors se retrouver là... Et une fois sur scène, on se rend compte que ce sont juste des musiciens talentueux." Jacob-2.jpgAussi talentueux que les invités qui partagent la scène. Fred Deshaies vient chanter Krim kont la Gwadloup, Riddla vient avec son Tibidon, Luc Léandri avec Isalé ou Jean-Marc Ferdinand qui vient offrir son remake de Dis la réyé de Joby Valente ! Jocelyne Béroard, Pipo et Jacob Desvarieux font quelques interventions personnelles mais le public attend le final avec le morceau anthologique de l'histoire du Zouk, Zouk la, avec un clin d'oeil au remix de Bob Sinclar et la participation de tous les invités du GMZ !

FXG, à Paris

 


En imagesBago-2.jpg,Patrick Saint-Elie, le percuMarvin-2.jpg

MarvinPipo-scene.jpg

PipoFred-Caracas-2.jpg

Fred CaracasJocelyne-Beroard.jpg

Jocelyne BeroardPrincess-lover-2.jpg

Princess LoverSaaphi-2.jpg

SaaphiCatherine-Telamon-et-TJP-.jpg

Catherine Thélamon et Thierry Jean-PierreJacob-Desvarieux.jpg

Jacob DesvarieuxPublic-GMZ-3.jpg

Le publicSection-cuivre-Jacob.jpg

La section cuivre et JacobZouk-machine-2.jpg

Un tiers de Zouk machineSaaphi-scene.jpg

SaaphiGPL-Francois-Pinard.jpgGeorge Pau-Langevin et François PinardX-et-Telamon.jpg

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 05:48

L'alerte du CReFOM sur les ultramarins partis au Djihad

Vergoz-Lurel-Karam-mere-temoin.jpg"Il y a onze Antillais qui sont partis pour une destination inconnue, vraisemblablement faire le djihad, seuls ou avec leur famille, ils venaient des communes de Limeil-Brévannes et de Boissy-Saint-Léger (94) et ils fréquentaient tous la même mosquée. Que s'est-il passé dans cette mosquée ?" Patrick Karam, président du CReFOM, a lancé hier à Paris un appel aux familles antillaises touchées par ce phénomène pour "briser le silence et casser la peur". Pour appuyer son propos, le président de la Coordination Chrétiens d'orient en danger (CHREDO) et du Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (CReFOM) avait amené à ses côté une mère de famille venue, masquée, témoigner de la disparition de son fils de 37 ans, sa belle-fille et leurs trois enfants. La mère se tourne alors vers l'imam de Saint-Denis qui la réconforte mais ne sait l'aider, puis vers l'imam de Limeil-Brévannes, celui qui a marié son fils et que ce dernier considère comme un père. Le religieux aurait refusé à cette mère de donner son nom et ne lui a fourni aucune piste alors que les onze jeunes convertis qui sont partis étaient tous ses ouailles... Tout juste a-t-il concédé qu'il avait déjà exclu une dizaine de jeunes de sa mosquée. En fait de mosquée, il semble que ce ne soit qu'une salle de prière installée chez un particulier dans un immeuble d'habitation, place de la Hêtraie à Limeil-Brévannes.

Les autres parents qui ont vu partir leurs enfants, veillent sur leurs petits enfants qu'ils accompagnent et vont chercher à l'école. Ils sont inquiets, mais aussi silencieux. Trois présidentes d'associations antillaises de la Seine Saint-Denis venues participer fin septembre à la création de l'antenne dionysienne du CReFOM, ont avoué être aussi concernées par le départ au djihad d'un enfant, mais elles refusent de témoigner publiquement par peur.

Aslan-Timol.jpgPrésent lui aussi hier avec les parlementaires ultramarins Vergoz et Lurel, Aslan Timol, délégué de la Grande mosquée de Saint-Denis de la Réunion et membre du Conseil français du culte musulman (CFCM), a mis en garde contre la tentation d'amalgamer musulmans et radicaux, et indiqué que le CFCM allait regarder cette mosquée de près... Mais il a prévenu que "la porte de la radicalisation de l'islam en France ne passait plus par les mosquées mais par Internet". "Dans 95 % des cas, la radicalisation passe par des sites internet basé en Syrie", assure Patrick Karam qui cite les services qu'il a rencontrés avant hier, en l'occurrence, l'unité de coordination de la lutte anti-terroriste (UCLAT) du ministère de l'Intérieur.

"Les recruteurs habiles utilisent l'image du père, la lutte du bien contre le mal, la défense des musulmans, celle des enfants. Les filles, poursuit Patrick Karam, reçoivent des promesses de mariage ou celles qu'elles prendront soin des soldats de Dieu et elles finissent femmes à soldats dans des bordels."

FXG, à Paris


Témoignage

Mere-temoin.jpg"Mon fils s'est converti il y a longtemps, en même temps que d'autres Antillais qu'il fréquentait dans son quartier. Ma belle-fille s'est convertie par amour pour lui et ils se sont mariés devant l'imam de Limeil-Brévannes. Au début, elle allait à la mosquée avec un simple voile puis elle est passée au voile intégral, aux gants pour cacher ses mains... Mes petits enfants ont été pris en main pour apprendre le coran. C'est quand on lui a refusé l'accès à l'école avec son voile qu'elle a choisi de partir en Egypte (alors aux mains des Frères musulmans, NDLR). Ma belle-fille est partie en 2012 avec mes deux petits-enfants. Elle était enceinte du troisième. Mon fils les a rejoint pour l'accouchement. Il me donnait encore de ses nouvelles. Mon fils m'a appelé quand sa fille est née : "L'accouchement s'est bien passé, la gamine te ressemble." Son frère aîné a gardé le lien avec son petit frère jusqu'en juin 2013 puis le fil s'est rompu... Je regarde la télé tous les jours, BFM TV, et j'ai peur de voir mon fils en armes ou même mon petit-fils... Mon fils s'est converti pour être dans la droiture, pas dans la barbarie."


Une plateforme d'écoute et de signalement

Karam-et-mere-temoin.jpgLes services du ministère de l'Intérieur ont mis en place une plateforme d'écoute et de signalement en avril dernier avec un numéro vert (0800 005 696). Elle a permis d'établir 420 signalements qui donnent lie ensuite à un traitement social et/ou antiterroriste. Les services de renseignement français, de leur côté, ont évalué à 930 le nombre de musulmans français partis faire le djihad et répartis en deux brigades françaises, l'une en Irak, l'autre en Syrie. Le chef de l'UCLAT n'a pas voulu confier au CReFOM de chiffres relatifs aux Antillais, mais il a concédé qu'il y en avait aussi. Le premier attentat suicide de Daesh (Etat islamique) a d'ailleurs été perpétré par un martiniquais de 19 ans, il y a quelques semaines.

En revanche, aucun Réunionnais ou Mahorais n'ont été signalés à la plateforme, mais, selon Patrick Karam, les services secrets pensent qu'il y a eu des départs et, en tous cas, des gens en passe de partir. Les services français cherchent à les identifier pour anticiper leur retour et les éventuels actes terroristes qu'ils pourraient accomplir dans l'Hexagone ou en outre-mer. 230 sont déjà revenus dans 85 départements.


Profils des musulmans d'outre-mer

Aslan Timol a identifié deux types de profils de musulmans ultramarins : les musulmans de souche (Réunionnais et Mahorais) et les convertis (ces derniers représentent 20 % de ceux qui partent combattre). Il observe qu'une première vague de conversions a eu lieu aux Antilles après la révolution iranienne de 1979, puis dans l'Hexagone. "Il existe des poches de populations où beaucoup d'Antillais ont été sensibles à cette démarche de radicalisation." Ainsi, il y a eu l'affaire Willy Brigitte qui a été condamné pour avoir programmé une tentative d'attentat en Australie après s'être converti à l'islam, ou encore le cas de Teddy Valcy, condamné cette année à 9 ans de prison pour complicité de tentative d'évasion de l'artificier de l'attentat du RER Saint-Michel en 1995. Si Teddy Valcy, détenu de droit commun converti en prison, a été reconnu coupable, le tribunal n'a pu retenir le lien avec une entreprise terroriste.


Said-Oujibou.jpgUn plan de déradicalisation

Saïd Oujibou est engagé dans un programme de déradicalisation que le CReFOM veut adapter aux jeunes ultramarins en les inscrivant dans un dispositif national. Ce travail de déradicalisation sera mené avec les mosquées en outre-mer (il y en a 40 à la Réunion, une centaine à Mayotte et 10 aux Antilles), avec les associations ultramarines implantées dans l’Hexagone et avec les élus d'Outre-mer. " Ce plan, explique M. Karam, est un modèle et un exemple pour l’ensemble des Français auxquels nous demandons de suivre cet exemple".


Sophie Elizéon et le CIPD s'engagent aussi pour la prévention des signes de radicalisation des jeunes ultramarins

Le jour même où le CReFOM interpelait l'opinion sur le phénomène djihadiste chez les jeunes ultramarins, la délégation interministérielle à l'égalité des chances des Français des Outre-mer a annoncé qu'elle s'engageait avec le Comité interministériel de prévention de la délinquance (CIPD) en faveur de la prévention et de la détection précoce des signes de radicalisation des plus jeunes. La déléguée interministérielle, Sophie Elizéon fait savoir que dès le mois de juin dernier, un certain nombre de présidents d’association l'ont interpellée sur la possible radicalisation religieuse d'une partie de la jeunesse ultramarine de l'Hexagone. Le Préfet N'Gahane, secrétaire général du CIPD, et Mme Elizéon ont décidé d'ouvrir aux associations ultramarines de l'Hexagone, dès ce mois d'octobre, le "programme de formation à destination des acteurs locaux pour la prise en charge et l'accompagnement des familles et des jeunes". Le CIPD a organisé une dizaine de ces sessions depuis le mois de mai.

FXG, à Paris

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 05:38

"Depwofondis", la nouvelle création de Max Diakok

Max-Diakok-depwofondis.jpgAlors que les publics martiniquais et guadeloupéens pourront découvrir son conte théâtral créé en 2012, "Waka Douvan Jou", en novembre et décembre prochains, la compagnie Boukousou de Max Diakok a donné la première de son nouveau spectacle, "Depwofondis", vendredi 3 octobre, à Clichy-la-Garenne, prémice d'une tournée programmée jusqu'en janvier prochain en Ile de France, en attendant des dates aux Antilles (les conseils général et régional de la Guadeloupe sont coproducteurs).

Avec "Depwofondis", le danseur guadeloupéen poursuit son questionnement de la société contemporaine et ses aliénations et fait dialoguer, entre autres, l'énergie du gwoka et du hip hop dans une optique contemporaine.

"La machine à uniformiser et à déshumaniser n’a de cesse de trouver de nouveaux modes opératoires dans ce « chaos-monde ». Malgré tout, les aspirations au rêve et la singularité parviennent à s’infiltrer dans les interstices du rouage. Les utopies têtues persistent. D’autres naissent..." La pièce, librement inspirée de la "Conférence des Oiseaux "du poète persan Farid Al-Din Attar, interroge le monde et son rapport au temps, et invite au voyage intérieur.

Le chorégraphe sera sur scène avec les danseurs Alexandre Atanga et Loïc Elice. Il convient de signaler l'excellence de l'accompagnement musical avec une bande son composée par Rico Toto et des intérprètes fameux : Jaklin Etienne, Alain Jean Marie, Franck Nicolas et Marc Pandolf.

FXG, à Paris

photo : Willy Vainqueur


La tournée en Ile de France

Vendredi 24 octobre au Théâtre La Belle Etoile à 19 heures - M° Front Populaire, 14 rue Saint-Juste à Saint Denis

Jeudi 6 et vendredi 7 novembre, jeudi 13 et vendredi 14 novembre au Théâtre de Ménilmontant à 19 heures - M° Gambetta, 15 rue du Retrait, Paris 20 (Résa : 01 46 36 98 60)

Mardi 27 janvier 2015 au Vingtième théâtre à 20 heures - M° Ménilmontant, 7 rue des Plâtrières, Paris 20 (Résa : 01 48 65 97 90)

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 19:06

Le bonheur d'Elza de Mariette Monpierre fait un joli succès aux Etats-Unis

Bonheur-Elza-tournee-festival.jpgLe film de la Guadeloupéenne Mariette Monpierre, Le bonheur d'Elza, continue à porter haut et fort les couleurs de la Guadeloupe aux Etats Unis, particulièrement dans les universités. Le film raconte l'histoire d'Elza (Stana Roumillac), une Guadeloupéenne installée Paris, de retour en Guadeloupe pour y retrouver son père (Vincent Byrd-Lesage).

Le service culturel de l'Ambassade de France, en partenariat avec le French American Cultural Exchange, a sélectionné ce film avec 18 autres pour son programme Tournées Film Festival. Ce programme a pour but de faire découvrir au public americain les meilleurs films contemporains du cinéma français. Toute l'année dernière, Mariette Monpierre a présenté son film et donné des conferences dans les facultés. Les rencontres avec les étudiants sont organisées autour des thèmes sociaux inspirés du film. La réalisatrice intervient avec deux professeurs guadeloupéens installés aux Etats-Unis, Alix Pierre (du Spelman College) et Nadege Dufort (de l'East Tennessee State University) pour parler du Voyage d'Elza comme "archetype curatif pancaribeen du sankofa" ou comme "métaphore de la fiction sérielle". Par ailleurs, ces conférences donnent aussi l'occasion d'une présentation de la Guadeloupe car le film est l'occasion pour les professeurs de parler de la France d'outre-mer.   

Cette année encore, l'opération continue. "Apres les projections, le public américain exprime toujours son désir de vouloir acheter un billet pour découvrir la Guadeloupe", se félicité la réalisatrice guadeloupéenne qui prépare déjà son prochain long métrage.

FXG, à Paris


Le Bonheur d'Elza primé ou nominé dans les festivals

Fespaco-Award-copy.jpgLe Bonheur d'Elza a remporté le prix Paul Robeson, décerné au Meilleur Film de la Diaspora, au Fespaco 2013 a Ouagadougou, Burkina Faso.

Liste des autres prix remportés:

Winner Best Picture, Greater Cleveland Urban Film Festival

Winner Paul Robeson Award, Best Picture of the Diaspora, FESPACO, Africa

Winner Best Narrative Feature, Roxbury International Film Festival

Winner Best First Feature Special Jury Recognition, Pan African Film Festival, L.A.

Winner BAFTA Festival Choice and Festival Programmers’ Awards, PAFF, L.A. 

Runner up Best International Feature, San Francisco Black Film Festival

Nominated for Best Picture and Best Screenplay, American Black Film Festival

Nominated for Best Picture, UrbanWorld Film Festival

Nominated for Best Picture, BronzeLense Festival

Nominated for Best Diaspora Feature, 2012 Africa Movie Academy Awards (AMAA) 

Nominated for Best Picture, French Afro-Caribbean Arts Awards

Nominated for Best Foreign Picture and Best Film and Best Film at Black Reel Awards 

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 05:11

Les programmes opérationnels 2014-2020 se négocient à Bruxelles

Entree-Commission-euro.jpgPendant deux jours, la Commission européenne a accueilli le 3e forum des RUP tandis que se finalisent les négociations des programmes opérationnels européens.

La négociation des programmes opérationnels européens 2014-2020 est en phase de validation actuellement à Bruxelles où se déroule, depuis mardi, le 3e forum des Régions ultrapériphériques de l'Europe (RUP). Depuis le mois de février, les réunions s'enchaînent pour tenter de mettre en adéquation les plans d'actions présentés par chacune des RUP et la politique européenne. L'enjeu est d'arracher des ajustements réglementaires sur la base du droit dérogatoire donné aux RUP par l'article 349 du traité européen, une flexibilité qui leur permettrait de bénéficier pleinement de l'effet levier de ces fonds européens. L'enveloppe des programmes opérationnels est en hausse pour les DOM, avec ce plus que c'est chaque Région qui en est désormais l'autorité de gestion et non plus les préfets. Autre nouveauté, il y a deux ans, la Commission a demandé aux RUP de proposer des plans d'action en amont des programmes opérationnels.

Lurel-a-Brussels.jpgVictorin Lurel, en tant que président de la conférence des présidents des RUP, a insisté sur la nécessaire flexibilité du cadre européen. Ainsi, la politique européenne ne favorise pas la coopération régionale car les règles édictées par Bruxelles ne s'appliquent qu'à la coopération entre régions européennes quand nos voisins sont des pays ACP. C'est la même chose pour la politique de la pêche fixée dans un cadre européen contraint alors que nos territoires ont besoin de plus de souplesse pour mieux accompagner les acteurs économiques.Problème aussi avec la prorogation de l'octroi de mer. "Nous plaidons, explique Didier Robert, président de la Région Réunion, pour une révolution fiscale parce que l'octroi de mer est un outil précieux à l'accompagnement et au développement des entreprises, or Bruxelles et Paris considèrent que ce n'est qu'un outil fiscal..." Et la liste des crispations s'allonge avec les quotas sucriers : "Est-ce que l'Europe va faire droit à la demande de revalorisation qui a été formulée par le président de la République ?" L'équipe régionale regrette encore que les RUP soient exclus du programme Horizon 2020 sur la recherche. "On a essayé de faire entrer le concept de tropicalité, en vain", confie le cabinet de Didier Robert.

Didier-Robert-tribune-Brussels.jpgLes RUP ont toutefois obtenu quelques succès, à commencer par la mobilité avec le dispositif Erasmus + qui va permettre de multiplier le nombre de bénéficiaires de ce programme européen dédié aux étudiant, mais désormais élargi aux jeunes entrepreneurs et jeunes sportifs.

A Bruxelles, hier, le forum des RUP était l'occasion de faire un point sur les négociations en cours et de donner de la visibilité aux territoires au moment où tous les lobbys agissent auprès de la Commission européenne quand Manuel Barroso va passer la main à Jean-Claude Junker.

FXG, à Bruxelles

 


José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

Barroso.jpg"Nous avons garantis aux RUP des instruments spécifiques. Je suis personnellement très attaché à l'idée des RUP. Je suis portugais, j'ai été Premier ministre du Portugal qui a deux régions périphériques, les Açores et Madère, donc je comprends très bien la spécificité de nos régions qui ont des coûts accrus à cause de leur distance, leur nature parfois dispersée, des problèmes de connectivité. Je suis donc satisfait car nous avons pu maintenir, voire renforcer le cadre de soutien aux RUP. Je sais bien que le Luxembourg n'est pas une RUP, mais je connais bien Jean-Claude Junker et je suis persuadé qu'il va conserver son appui aux RUP parce qu'il comprend que c'est une façon de renforcer la cohésion en Europe."

 


Octroi de mer

Les exécutifs régionaux de Guadeloupe, Martinique, de Guyane, Réunion et de Mayotte ont adopté une position commune pour la défense de l’octroi de mer et l’allongement de sa durée d’application pour au moins quinze ans. Ils rappellent l’impact positif de la taxation différenciée entre les importations et les productions locales équivalentes pour stimuler l’investissement, la création de valeur ajoutée locale et l’emploi, ainsi que pour soutenir l’entrepreneuriat régional. Ils vont jusqu'à prédire la disparition de certaines filières industrielles et artisanales, avec les emplois associés, "si certaines productions ne pouvaient bénéficier d’un différentiel de taxation proportionné".

Le dossier de l'octroi de mer devrait être bouclé au plus tard le 15 novembre pour être opérationnel au mois de janvier. 

 


ITW Victorin Lurel, président de Région

" La Commission ne veut pas entendre parler de droit dérogatoire "

Etes-vous satisfait de la prise en compte de vos plans d'action dans les programmes opérationnels ?

En termes de montant, sur l'enveloppe, on est satisfait, mais nous discutons pour que ça ne soit pas trop rigide. J'ai eu des problèmes pour continuer à financer les routes, des lycées, des aéroports... La difficulté est de faire admettre que l'article 349 du traité européen qui liste six natures de handicap doit donner lieu à des dérogations permanentes. Et lorsqu'on parle de dérogation permanente, c'est un casus belli à Bruxelles. La Commission ne veut pas entendre parler de droit dérogatoire et préfère un droit qui s'applique à tous avec quelques adaptations à la marge. On s'épuise à faire aboutir  cette idée... Tôt ou tard, ça passera par des contentieux devant la cour de justice de l'Union européenne.

Que négociez-vous particulièrement ici ?

On attend la répartition du FEAMP (fonds pêche). Pour le moment, je n'en suis pas satisfait... J'attends de voir la répartition de l'enveloppe nationale et l'enveloppe régionale, j'attends de voir ce qu'on pourra faire sur le renouvellement de la flotte et la remotorisation, mais c'est une belle avancée que nous soyons désormais l'autorité de gestion à la place des préfectures. Nous avons obtenu un Erasmus +, j'aimerai un Erasmus + Caraibe...

La politique de coopération régionale semble être le parent pauvre de ces programmes opérationnels...

L'articulation Fed/Feder doit être réglée pour nous permettre une meilleure coopération notamment avec l'organisation des Etats de la Caraïbe orientale.

La question des normes européennes n'est-elle pas un obstacle à cette politique de grand voisinage ?

Si on arrivait à s'émanciper des normes européennes, on pourrait avoir des intrants venant de la Caraïbe. Ca nous ferait largement avancer, par exemple, sur les carburants. C'est possible, mais compliqué à obtenir...

 


Rodolphe-Alexandre-tribune-Brussels.jpgITW Rodolphe Alexandre, président de la Région Guyane

"Nous ne sommes ni les Canaries, ni Madère"

Qu'est-ce qui ne va pas dans ces programmes opérationnels pour la Guyane ?

Notre spécificité n'est pas suffisamment prise en compte. Nous ne sommes ni les Canaries, ni Madère, nous sommes une RUP du continent sud-américain dans le bassin amazonien avec nos spécificités relevant de notre croissance démographique, la porosité de nos frontières et le retard structurel. L'enveloppe qui nous est accordée, même si elle est en augmentation, est encore insuffisante !

Vous réclamez de la flexibilité, qu'est-ce à dire ?

Sur la stratégie agricole, avec le PDR, le POSEI, le FEADER, nous avons une hausse, mais elle ne répond pas à la stratégie qu'on a mise en place pour l'horizon 2030 qui vise les 50 % d'autosatisfaction ! Nous n'arrivons pas à mettre en place l'usine de transformation pour la pêche. La règlementation par rapport aux codifications européennes n'est pas adaptée, or nous avons besoin d'un cadre qui nous permette la création d'emplois, la relance des micro-entreprises, pour qu'on devienne un pôle d'exportation vers la Caraïbe.

Y a-t-il des points de satisfaction ?

Le FEADER a augmenté de 44 % et avec le PDR, on est à 112 millions. LE FSE est à 56 millions... Mais le problème est que nous sommes la seule région de France à être en divergence à cause de notre croisssance démographique et de l'immigration.


Drôle d'ambiance

Pdts-RUP-avec-Barroso.jpgCe 3e forum a été l'occasion de voir de près nos institutions européennes et celles-ci, notamment la Commission, organisatrice du forum, semblait soucieuses de rencontrer les représentants de nos territoires puisqu'elle n'a pas compté à la dépense pour faire venir par avion ou Thalys 1ère classe, et héberger en 4 étoiles les délégations des outre-mer européens. 450 personnes dans la salle de conférence, des débats menés au chronomètre, au point que le président de la Région Guyane, à qui l'on demandait de faire court, a du rappeler qu'il venait de faire 10 heures de voyage pour parler... Il s'en est d'ailleurs pris à "un forum de parole plutôt qu'à un forum des actes". Quand un confrère de Mayotte, en conférence de presse, a interrogé un haut fonctionnaire sur les orientations de la pêche qui vont à l'inverse des besoins des Outre-mer, ce dernier a répondu que la question était trop technique. Quand Manuel Barroso a accordé quelques instants à la presse, il a lui aussi préféré y mettre rapidement fin pour préférer poser une photo de groupe avec les président des RUP. Et enfin, quand la conférence de presse donnée par le haut fonctionnaire de la Commission en compagnie du président de la conférence des RUP, M. Lurel, devenait intéressante, l'organisation y a mis fin considérant qu'il était temps de manger...

Tout ça donnait une drôle d'ambiance et presque envie de devenir eurosceptique !

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 05:56

Le paradoxe patronal autour d'un CICE différencié en Outre-mer

Le CICE qui consiste à abaisser le coût du travail par un crédit d'impôt équivalent à une baisse des charges sociales patronales de 9 % (7,5% d'abord, puis 9 % à terme en outre-mer) est un véritable instrument d'orientation économique dont les Outre-mer semblent ne pas savoir se saisir. Pourtant, la FEDOM défend l'idée d'un CICE avec des taux différenciés et majorés sur les secteurs exposés. La réponse apportée par la ministre des Outre-mer, jeudi dernier au colloque sur le tourisme outre-mer, a d'ailleurs été favorable à CICE "super renforcé" selon les secteurs, même si elle a pris quelques précautions vis-à-vis de Bruxelles et de Bercy. Le principal obstacle à un CICE différencié vient en fait du Medef. La récente volte face de Michèle Montantin, présidente du Medef Guadeloupe, qui a rejoint, tardivement, le point de vue du Medef Martinique en acceptant un CICE tourisme à 18 %, ne tarit pas le problème. Yann Monplaisir du Medef Martinique a son explication : "C'est la grande distribution qui pèse le plus lourd dans nos instances." Yann de Prince, le patron du Medef Réunion l'admet puisqu'il se dit personnellement pour un CICE différencié et majoré dans le tourisme tout en concédant que le Medef Réunion, dominé lui aussi par la grande distribution n'en veut pas. Evidemment, il est facile d'admettre que des entreprises à qui on propose un CICE à 9 % ne veulent pas d'un retour à 6 %. Cela veut dire que la grande distribution, mais également les banques, les assurances ou même La Poste qui se portent bien vont bénéficier d'une aide, non pas inutile, mais qui, à coup sûr, n'enclencherait pas de baisse des prix, ni ne favoriserait l'emploi, mais plutôt leurs marges... Selon des sources patronales martiniquaises, Bernard Hayot ne serait pas opposé à un CICE différencié. Il a participé à la mise en place de groupes de réflexion pour un projet économique qui ont conclu pour dire qu'un surcroît de développement viendrait du tourisme...

Ce qui reste le plus troublant, c'est le désintérêt que semblent avoir pour ce sujet les parlementaires ultramarins. Ce n'est pas pour rien que Yann de Prince a demandé aux parlementaires présents de lever la main jeudi dernier au colloque de la FEDOM où seuls le co-organisateur Daniel Gibbs (UMP - Saint-Martin) et, sur la fin, le député martiniquais apparenté PS, Serge Létchimy, étaient là. Bien sûr, le rapport Fruteau sur le pacte de responsabilité, penche pour cette solution. Cela veut-il dire que cette question fera l'objet d'un débat digne de ce nom lors de l'exament du budget ? Pas sûr. Le groupe UMP, via Jean-François Copé et Christian Jacob, a été destinataire d'une note à ce sujet. Quant au groupe socialiste qui a montré, avec la loi Lurel sur la vie chère, qu'il pouvait se montrer offensif vis-à-vis de la grande distribution ou des carburants, il semble faire profil bas sur le sujet. Dans ces conditions, on voit mal des députés UMP s'emparer d'une question sur laquelle seule la ministre PS des Outre-mer a montré son tropisme...

FXG, à Paris

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 05:52

Le Comité martiniquais du tourisme mise sur la qualité

Stand-Martinique-Top-Resa.jpgLa Martinique se bat et se défend sur le front du tourisme ! Les chiffres de la fréquentation de la destination pour l'année 2013 qui ont été présentés jeudi dernier à Paris sont encourageants mais restent insuffisants. Le nombre total de visiteurs atteint les 646 760 contre 641 000 en 2011 (et 620 000 en 2010). Pour autant le nombre de touristes de séjours semble moins important que l'an passé puisque le Comité martiniquais du tourisme (CMT) en annonce 455 911 pour la période allant de novembre 2013 à avril 2014, soit une hausse revendiquée de 17,6 %. Mais les chiffres donnés par le CMT l'an dernier donnaient 487 760 touristes de séjour en 2012, 498 000 en 2011 et 478 000 en 2011. Par ailleurs le chiffre des recettes financières donné par le CMT, à 295 millions d'euros en 2013, atteignait 309 millions d'euros en 2011. L'objectif à l'horizon 2020 a été fixé à 624 millions d'euros de recettes. A titre de comparaison, la voisine guadeloupéenne a annoncé 505 millions d'euros de recettes touristiques en 2013.

Certains indicateurs sont positifs, en témoigne l'élection de Karine Roy-Camille comme manager de l'année par le magazine Tourmag. Ainsi la croisière connaît-elle une vraie embellie avec une progression de +62 % pour la période de janvier à juillet 2014 et quelque 57 000 croisiéristes en départ ou en arrivée à Fort-de-France. Même le tourisme d'affaires apporte sa contribution à hauteur de 6, 4 % en 2013, soit 33 000 personnes.

L'objectif à l'horizon 2020 est de parvenir au million de touristes. Pour élargir son audience, le CMT veut encore travailler son identité et motiver la population. Pour différencier son offre, le CMT veut renforcer sa marque (trop proche de celle de la Guadeloupe aux yeux du grand public et, surtout, inexistante à l'international) et veut miser sur la qualité. "La Martinique ne sera pas compétitive par le prix, a indiqué le président de Région, Serge Létchimy, mais par la qualité de l'accueil de sa population, la qualité de l'hébergement, la propreté, la sécurité..."

La marque Martinique se décline sous le thème des cinq sens : nature, nautisme, histoire, culture et saveurs. "Vos cinq sens en émoi", promet Karine Roy-Camille ! La politique de labellisation et de montée en gamme de l'offre hôtelière se poursuit. 21 établissements ont décroché le label Qualité tourisme, 99 celui de Clévacances et 4 celui de tourisme et handicap.

Notons qu'en 2013, 24 % des voyageurs se sont rendus à l'hôtel, 7,6 % en village vacances, 32,9 % en location et 29,7 dans la famille ou chez des amis.

FXG, à Paris

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