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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 05:49

Méthode et calendrier des assises de l'Outre-mer

Les assises sont présentées rue Oudinot comme "un nouveau temps d'expression, d'identification de projets, de solutions concrètes, adaptées aux particularités de chaque territoire et aux souhaits de ses habitants". Elles seront organisées "selon une forme adaptée et respectueuse de la demande des habitants". Annick Girardin les ouvrira au tout début du mois d'octobre. Pendant quatre à six semaines, se réuniront les ateliers nationaux et locaux sur chacun des sujets qui auront été déterminés dans les territoires. L'objectif du ministère sera d'aller chercher les gens là où ils sont, d'adapter les modes de consultation pour qu'ils participent de manière concrète à ces assises, pour que prennent la parole ceux qui ne la prennent pas habituellement et que l'exercice ne se cantonne pas seulement à quelque chose d'institutionnel.

Lors de sa venue en Guyane, si elle se confirme, Emmanuel Macron constatera le lancement des assises et l'avancement du travail des ateliers qui auront été engagés depuis le début du mois d'octobre sous l'égide des préfets. De la mi-novembre à la fin décembre, la population sera consultée sur les projets et les propositions qui auront été portées dans le cadre de ces ateliers. Au premier trimestre 2018, les résultats de cette consultation seront exploités. Les ateliers seront ensuite à nouveau réunis localement pour clore le débat des assises qui seront achevées en juillet 2018, en tout cas avant la préparation du budget 2019.

FXG, à Paris

Assises et budget 2018

"Le budget 2018 ne trahira pas les engagements pris concernant le rôle des assises", assure le ministère des Outre-mer. L'avenir du CICE outre-mer ne sera donc pas décidé avant la clôture des assises de l'outre-mer. Ce sera un sujet de discussion qui sera menée dans le cadre d'un atelier de ces assises au niveau national. "L'avenir du CICE Outre-mer, conclut le ministère, ne sera pas préempté par la loi de finances 2018."

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 03:56
Il y a sept ans, Patrick Saint-Eloi

L'hommage de la télé à Patrick Saint-Eloi

Ce week-end, France Télévisions a rendu hommage à un monument du patrimoine musical antillais, Patrick Saint-Éloi, créateur du zouk love.

Sous la direction musicale de Jacob Desvarieux, les amis de Patrick Saint-Eloi ont revisité son répertoire dans une émission spéciale animée par Elisabeth Tchoungui.

L'émission a été enregistrée mercredi 6 septembre, au Réservoir, une salle parisienne à l'ambiance feutrée, soit sept ans après la disparition du chanteur. Ses amis de Kassav ont pris les opérations en main. Jean-Philippe Marthély alias Pipo ne veut pas entendre parler d'"ami", mais plutôt de "frère". "On a eu l'occasion de travailler pendant vingt ans et quelque !" Pipo n'oubliera jamais leur première rencontre lors d'une tournée avec Kassav à la Réunion. "Il me demande où je vais dormir. Je lui dis que je cherche un hôtel. Il m'a invité à partager son logement... C'est la première fois qu'on se voyait..." Par la suite, Pipo et PSE ont partagé plusieurs appartements, ont composé ensemble... "C'était la folie de la jeunesse et c'est devenu familial, fraternel !" Pipo a chanté plusieurs titre de PSE, mais il se refuse à dire lequel il préfère : "C'est comme ses enfants ! Patrick en a trois et j'aime les trois !" Georges Décimus n'aime pas parler des disparus, mais il veut bien évoquer les raisons de cet hommage : "C'était le moment parce que tout le monde, les gens qui ont connu Patrick, sont disponibles et prêts pour bien travailler. Et pour moi qui l'aie connu depuis l'enfance, je suis fier de participer à cet hommage." Marie-Céline Chroné, l'une des choristes historiques de Kassav, n'aurait manqué pour rien au monde ce rendez-vous : "Je trouve ça formidable et il était temps qu'on le fasse !" Elle n'a pas oublié l'Olympia de PSE. "C'était un grand moment parce que c'était le jour de son anniversaire." Elle se souvient d'un artiste "très gentil, très agréable, très patient"... "Il ne parlait pas beaucoup, mais il était très sérieux dans son travail. Il savait ce qu'il voulait, il savait où il allait."

Jacob Desvarieux qui n'a jamais oublié le jour où Georges Décimus est venu lui présenter le jeune PSE, raconte : "Patrick Saint Eloi, c'est l'histoire du mec qui était debout tout à côté de moi sur scène pendant vingt ans ! J'ai entendu qu'il y a des gens qui croient qu'il est mort, alors on fait une émission de télé pour bien montrer qu'il n'est pas mort ! Parce qu'un mec qui est mort, c'est un mec qui n'a laissé aucune trace ! Ca veut dire qu'on ne peut plus parler de lui, parce qu'il n'a rien fait, ni chef d'oeuvre, ni d'enfant ! Or, Patrick Saint-Eloi en l'occurrence, il a fait des enfants, des chefs d'oeuvre. Je ne vais pas le comparer à Michel-Ange, mais enfin... Quand même !

Ses textes, son amour et son grand coeur

Samedi soir sur les 1ères en Guyane, Martinique et Guadeloupe) et dimanche soir sur France Ô, sa famille, notamment Fabiola, et les meilleurs artistes de la Caraïbe et d’Afrique invités par le groupe Kassav, ont repris ses titres emblématiques. Tanya Saint-Val en duplex du MACTe et en duo avec Thierry Cham, Esy Kennenga, Marijosé Alie, Richard Cavé, David Tayorault, Fally Ipupa, Kalash, Lycinaïs Jean, D. Daly, les groupes de gwo ka Koseika et les Frères Geoffroy ont tous répondu présents pour participer à cette soirée musicale dédiée au crooner guadeloupéen.

Thierry Cham qui a partagé plusieurs scènes avec PSE, en Martinique et en Guadeloupe, se souvient de sa première fois, en 1994, à la Plantation, à Basse-Terre. "Je suis allé lui parler et il me dit  qu'il aimait beaucoup Coup de Foudre, ma dernière chanson... Il a commencé à la fredonner puis il m'a invité à venir chanter West Indies avec lui." Thierry regrette que PSE n'ait tourné que très peu de clips : "Il n'y a pas eu suffisamment d'images autour de lui, mais en termes de sons et de musique, il a laissé beaucoup de choses !" "Il reste ses textes, son amour et son grand coeur", résume Pipo. "Patrick, ajoute Tony Chasseur, a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire de la musique des Antilles des trente dernières années donc cet hommage est obligatoirement un heureux événement et chacun s'attache à marquer le mieux possible les sentiments que nous avons encore pour Patrick." "Il a laissé, complète le pianiste Patrick Marie-Joseph, une façon de chanter, de se positionner, une forme d'élégance... Il a laissé aussi des mélodies très faciles à retenir et des textes sublimes."

Lilian Thuram, Victorin Lurel, José Da Silva (président de Sony Afrique) et d’autres personnalités ont témoigné à cœur ouvert. Ses fans aussi ont participé à cet hommage à travers des vidéos postées sur la page facebook officielle de Patrick Saint-Éloi.

Pour le prince du zouk love, Jacob Desvarieux avait promis une grand-messe comme on en a rarement vu et il s'y connaît ! "J'ai tenu le rôle d'un cardinal dans une série et j'ai appris le pater noster en italien et en chantant !"

FXG, à Paris

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 07:08
Victor Hugues, Marseillais et "le Robespierre des Antilles"

Victor Hugues, la bio

Le premier ouvrage du Guadeloupéen et descendant de corsaire, Michel Rodigneaux, "La Guerre de course en Guadeloupe" (L'Harmattan 2006) s'intéressait à l'économie corsaire de l'archipel au temps de la Révolution et évoquait nécessairement la figure controversée de Victor Hugues. Cette fois, il a décidé d'aller au bout de son sujet en consacrant à l'abolitionniste de 1794 une biographie exhaustive, "Victor Hugues, L'ambition d'entrer dans l'Histoire, 1762-1826", fruit de six années de recherche.

Né à Marseille et mort à Cayenne, Victor Hugues est connu pour être celui qui a aboli l'esclavage en Guadeloupe et celui qui l'a rétabli en Guyane. "Prophète de Robespierre" plus que "Robespierre des Antilles", ce "Rastignac de 1789" a servi, à l'instar de son protecteur Talleyrand, la Révolution, l'Empire et la Restauration. Mousse à 10 ans, capitaine à 24, il a exercé pendant vingt ans les métiers de marin, négociant et contrebandier à Saint-Domingue sous l'Ancien-Régime. Assoiffé de gloire et d'argent, il a été un "mercenaire doublé d’un politique". Effrayé par les révoltes des esclaves à Saint-Domingue, il regagne Paris pour plaider la cause des colons et tombe sous le charme de Robespierre. Dès lors, il se met au service de la Convention et de la Terreur au point de devenir accusateur public au tribunal révolutionnaire de Rochefort, puis de Brest.

Pressentant la chute de Robespierre qui lui aurait été fatale, il revient aux Antilles pour reprendre la Guadeloupe aux Anglais, abolir l'esclavage, enrôler une bonne partie des nouveaux libres dans l'armée et la marine et remettre les autres au travail forcé dans les plantations. « J’ai été envoyé ici (Guadeloupe, ndlr), avouera-t-il, pour détruire l’esclavage et je l’ai détruit ; qu’on m’envoie l’ordre de le rétablir et je le rétablirai. »

A l'origine de l'US Navy

Victor Hugues fit de la Guadeloupe une sorte de république corsaire quasi indépendante « dont il était le conquérant, le fondateur et le chef ». Le monde doit à son action militaire en mer la création par le président des Etats-Unis John Quincy Adams d'une ébauche de l'US Navy (juillet 1797) et, le vote, l'année suivante, par le Congrès du projet de loi créant une armée de métier. Les élus américains croyaient à l'imminence d'un débarquement de Victor Hugues en Virginie et en Caroline du Sud pour y libérer les esclaves et provoquer une guerre civile aussi violente qu’à Saint-Domingue. Cela vaudra à Victor Hugues son rappel à Paris par le Directoire, soucieux de préserver son alliance avec les Etats-Unis. Taxé de tyran pour son comportement en Guadeloupe, il est blanchi devant la cour de révision et obtient de repartir en Guyane comme agent du directoire, puis commissaire du Consulat avant d'y rétablir l'esclavage. Louis XVIII le nommera ensuite commissaire à la démarcation des limites entre la Guyane française et le Brésil. C'est à Cayenne qu'il s'éteint en 1826, largement haï.

Cette biographie sort ce sulfureux personnage du manichéisme dans lequel l'historiographie, la littérature et la mémoire l'ont enfermé pour éclairer ses comportements contradictoires. Michel Rodigneaux le résume en substance ainsi : « Victor Hugues n'a pas vu dans le décret de pluviôse l’application d’un symbole des Lumières, mais une arme politique et stratégique pour déloger les Britanniques dans la Caraïbe. » Sans jamais obtenir que son nom ne soit gravé sur les murs de l'arc de Triomphe.

L'ouvrage de Michel Rodigneaux est en lice pour le prix du livre d'histoire des outre-mer qui sera remis le 18 novembre.

FXG, à Paris

"Victor Hugues, L'ambition d'entrer dans l'Histoire, 1762-1826", L'Harmattan, mai 2017, 614 pages, 37,05 euros

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 06:44
Edouard Philippe entouré d'une dizaine de ses ministres le 11 septembre à Matignon

Edouard Philippe entouré d'une dizaine de ses ministres le 11 septembre à Matignon

Le Premier ministre mouche ceux qui s'improvisent experts en gestion de crise

"Ce qui se jour à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, ça n'est pas simplement le rétablissement de conditions normales de vie, c'est beaucoup plus que cela, c'est la capacité d'une Nation, la France, d'être à la hauteur d'un événement qui touche chaque Français." Le Premier ministre Edouard Philippe s'est exprimé hier après-midi à Matignon, entouré d'une dizaine de ses ministres ainsi que de représentants d'EDF, Véolia, Orange, de l'Agence française de développement, de la Caisse des dépôts et de la fédération française de l'assurance, à l'isssue d'une réunion dont l'objet était la reconstruction de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sur le long terme, et à quelques heures du décollage du président de la République attendu dès ce matin en Guadeloupe, puis dans les deux îles sinistrées.

Cette réunion que le Premier ministre a qualifiée de comité interministériel sera de nouveau réunie en début de semaine prochaine. Un délégué interministériel sera d'ailleurs nommé au prochain conseil des ministres.

Edouard Philippe a pris près de vingt minutes pour rappeler en détail l'action de l'Etat et de son gouvernement pour les sinistrés des deux îles. "Les agents de l'Etat vont rester sur place", a-t-il ainsi assuré. Le Premier ministre a encore expliqué que des experts accompagneraient le président de la République : experts en logement, experts en bâtiment hospitalier, experts en bâtiment scolaire...

A la fin de son long exposé, Edouard Philippe est revenu sans les citer sur ceux qui demandent une commission d'enquête parlementaire : "La mobilisation des services de l'Etat a permis le rétablissement de l'ordre public et le début d'une réorganisation des services publics. Tous ceux qui s'improvisent experts en gestion de crise ou en logistique exceptionnelle pour faire naître des polémiques qui me semblent aussi inutiles que contre-productives ne rendent service ni aux populations locales, ni à ceux qui essaient par leur travail, par leur engagement, par la qualité professionnelle de ce qu'ils proposent, de leur venir en secours et de leur permettre de revivre plus sereinement."

FXG, à Paris

La situation sanitaire

Les hôpitaux ont souffert, mais leur fonctionnement est rétabli, de même que leur approvisionnement en eau, nourriture et médicaments. A Saint-Martin, un bloc opératoire et un bloc obstétrique sont opérationnels.

L'appareillage, ce mardi matin à Toulon, du bâtiment de projection et de commandement, Tonnerre, apportera à Saint-Martin plus de lits d'hospitalisation que n'en avait le Centre hospitalier de Marigot avant le 'ouragan.

Deux experts épidémiologistes sont sur place pour la prévention des maladies tropicales. Enfin, aux cinq médecins urgentistes pré-positionnés avant l'arrivée d'Irma, s'ajoutent vingt supplémentaires.

La situation scolaire

Le ministre de l'Education nationale accompagne le président dans son déplacement. Sur les 21 écoles de l'île, trois sont endommagées et 18 sont à reconstruire. Même chose avec les collèges... "Mais la rentrée doit avoir lieu", a insisté le Premier ministre qui a annoncé que le bâchage avait commencé et que des tentes  gonflables et climatisées permettraient la scolarisation normale des enfants d'ici la Toussaint.

L'eau potable

Les usines, les citernes et les réseaux sont endommagés. L'usine de Saint-Martin sera réârée et une usine mobile de désalinisation sera acheminée depuis Madrid. Des citermes sont progressivement positionnées "dans des conditions permettant d'éviter toute violence", selon Edouard Philippe.

La distribution d'eau en bouteille est aujourd'hui décentralisée.

Le Premier ministre prévoit un retour à la normale dans les trois mois.

Electricité

Sur les 24 000 clients EDF, 3500 sont réalimentés. Mais l'incertitude sur l'état des réseaux d'EDF reste grande. 50 gros groupes électrogènes sont déjà en Guadeloupe et vont progressivement être acheminés dans les îles du Nord.

Télécom

Bonne nouvelle, a souligné le Premier ministre : "Les câbles sous-marins sont intacts, mais ce n'et pas le cas des réseaux de téléphonie fixe et mobile. 16 antennes relais et site sur 17 à Saint-Martin sont hors service, dix sur onze à Saint-Barthélemy. Tous les poteaux et deux répartiteurs sur quatre sont hors service.

Les opérateurs installent un site provisoire pour le réseau mobile et développent un réseau wifi local en se servant des 400 box qui fonctionnent encore sur les 10 000 existantes.

"Le rétablissement du réseau fixe sera très long", a souligné Edouard Philippe.

Accès au fuel

Trois stations services sur les neuf que compte Saint-Martin sont détruites. Trois sont endommagées mais distribuent 20 litres de carburant par personne. Une station a été réquisitionnée pour les besoins des services de l'Etat.

Les départs des îles

"L'Etat a pris en charge de façon prioritaire les évacuations des personnes les plus fragiles et en particulier celles des malades qui ne pouvaient pas être pris en charge sur place." Ceux qui veulent rejoindre la Guadeloupe ou l'Hexagone doivent prendre patience jusqu'à ce que les liaisons aériennes et maritimes soient pleinement rétablies, "sans doute progressivement cette semaine". Dès lors leurs capacités seront de l'ordre de 2000 à 2500 personnes par jour.

La collectivité de Saint-Martin centralisera les demandes et dressera les listes des partants. "La solidarité de l'Etat et de la collectivité territoriale sera mise en oeuvre pour la prise en charge du transport et de l'accueil de ces personnes", a précisé Edouard Philippe.

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 06:52
Le nouveau polar de Loïc Léry

"La roche empoisonnée", le polar sur le crack de Loïc Léry

L'auteur du "Gang des Antillais", Loïc Léry vient de publier dans la collection Polar de Caraïbéditions, "La roche empoisonnée", un roman vif, rapide et violent. L'aventure qu'il fait vivre à ses deux héros, Angéla la capresse et Madjumbé le rasta, est une sorte de parabole d'un Martinique aux mains d'un capitalisme sauvage où l'humain n'a plus de place, si ce n'est pendant les quelques jours du règne de Vaval... Une Martinique où l'esclavage des ancêtres a laissé place à l'esclavage de la jeunesse avec  la drogue, le crack, cette roche empoisonnée...

"Des hommes super puissants qui veulent récupérer cette magnifique île, m’ont donné comme mission de répandre le crack dans tout le pays pour anéantir la jeunesse, la rendre ababa, droguée (...) Avec une jeunesse sans idéal, sans meneur et avec une gueule de drogué (...) qui ne pense pas, mes hommes ont la main mise beaucoup plus facilement sur le pays." C'est la profession de foi du méchant qui fricote avec la bonne société qui se délecte dans des partouzes au Cap Est... La vision que Léry offre de la société martiniquaise ce sont "ses dirigeants qui traficotent à droite, qui traficotent à gauche, au centre, qui pataugent dans un manger-cochon sans réelle conviction, incapables d’accrocher le peuple à une base bien déterminée." La violence du texte de Loïc Léry n'a d'égale que celle de cette société, celle de "ces juges traficoteurs, ces flics achetés, ces maires qui mettent la main dans la caisse du peuple, ces ministres qui ne pensent qu’à leur gueule, ces présidents qui caressent la bombe atomique, qui vendent des armes à qui les veut, à des amis du jour mais terroristes ennemis demain, qui vendent la mort à tout bout de champ pour demain nous dire que la jeunesse est violente".

Un bon polar ne vaut pas tant par la qualité de son intrigue que par le portrait social qu'il dresse. Entre le penchant d'un Raphaël Confiant pour la populace et la prose d'un Chester Himes qui dénonçait la propension de la communauté noire à se réfugier dans la croyance religieuse aveugle ou dans la voie de l'illégalité, Loïc Léry signe de fait un roman politique en plaçant l'amour au coeur de sa réflexion.

FXG, à Paris

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 05:49
Annick Girardin s'est adressée aux référents outre-mer le 6 septembre

Annick Girardin s'est adressée aux référents outre-mer le 6 septembre

Girardin veut un réflexe outre-mer dans tous les ministères

Pour assurer son travail de coordination ministérielle, la ministre des Outre-mer a réuni mercredi à Paris les référents outre-mer de chaque cabinet ministériel.

"La politique des outre-mer n'est pas le monopole d'Oudinot", a déclaré mercredi, avant de s'envoler pour la Guadeloupe, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, qui s'adressait à un aéropage de membres des cabinets ministériels. La particularité de ce public est que chacun est au sein de son cabinet le référent outre-mer. C'était une une promesse du candidat Macron et Annick Girardin la met en oeuvre avec "l'ambition de créer un réflexe outre-mer dans tous les ministères". "Ca existait au sein des administrations, mais pas au niveau gouvernemental", assure la ministre. Mme Girardin veut s'appuyer sur ces référents au sein de chaque ministère parce qu'elle veut des solutions adaptées mais en cohérence avec le travail gouvernemental. Ainsi la stratégie nationale prévention santé inclura les Outre-mer de même que le plan logement outre-mer sera intégré dans la stratégie nationale du logement qui sera dévoilée prochainement.

"Inclure l'outre-mer dans le national"

"L'action publique ne va plus traiter au rabais les outre-mer. Nous avons besoin d'outils qui soient pensés en amont et avant qu'une loi ou des normes soient mises en application", insiste la ministre. Ainsi, elle a veillé à ce que les ordonnances de la loi travail tiennent compte des particularités ultramarines et, notamment, de la représentativité syndicale locale. "Il faut inclure l'outre-mer dans le national", plaide celle qui estime que "le travail en silo n'est pas bon". Elle annonce (mais ce n'est pas une nouveauté) que tous les ministres sont appelés à se déplacer outre-mer comme l'ont déjà fait Laura Flessel (Guadeloupe et Martinique), Jean-Michel Blanquer (Réunion) ou encore Sébastien Lecornu (Wallis et Futuna). Elle indique par ailleurs que ces référents outre-mer pourront être amenés à l'accompagner lors de ses déplacements ministériels dans les territoires.

Annick Girardin a annoncé à ses référents outre-mer un rendez-vous de travail, rue Oudinot, tous les trois mois.

FXG, à Paris

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 05:30
Greg Germain, président de l'agence de promotion et de diffusion des cultures d'Outre-mer, sur son vélo rue des Lices en juillet dernier à Avignon

Greg Germain, président de l'agence de promotion et de diffusion des cultures d'Outre-mer, sur son vélo rue des Lices en juillet dernier à Avignon

La mesure  63 du Conseil interministériel de l'Outre-mer convoqué après les événements  de 2009 en Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion, et les états généraux qui s'en sont suivi, a créé l'agence de promotion et de diffusion des cultures d'outre-mer. Installée à la fin du quinquennat Sarkozy, sous la tutelle des ministères de la Culture et des Outre-mer, elle n'a réellement commencé son travail qu'en 2013, au début du quinquennat de François Hollande. A l'heure où l'on reparle de la création de la cité des Outre-mer, l'avenir de l'agence est remis en cause.

Entretien

"L'Hexagone, c'est aussi chez nous !"

Quels ont été les financements de l'agence de promotion et de diffusion des cultures d'outre-mer ?

500 000 par an... Enfin, au départ, c'était 1 million, c'est devenu 750 000, puis 500 000 à ma prise de fonction après le changement de gouvernement.

Pour quel bilan ?

Notre intention était de disposer de ce financement pour pouvoir diffuser les oeuvres d'outre-mer, participer à des salons, au Off, à Babel med, au Sunny side of the doc... avec seulement deux personnes, une chargée de mission et le directeur, Daniel Carcel. Nous avons monté également un site Internet pour recenser les créateurs et les créations en outre-mer. Nous avons décidé de pénétrer les réseaux de diffusion. Et j'ai eu la surprise de m'entendre dire : pas de diffusion. Un site, ok, promotion si vous voulez... Mais, comment faire sans financement pour inciter à la diffusion, payer quelques voyages ? Je ne peux pas demander à un théâtre à Stains, Bordeaux ou Avignon, de faire venir un spectacle d'outre-mer pour jouer pendant un mois sans les aider à le faire !

L'agence n'a jamais pu subventionner une seule compagnie ?

Jamais pu. Comme je vous l’ai dit nous n'en avions quasiment pas le droit...

Pas une fois, vous n'avez pu payer un billet d'avion à un artiste ?

Une fois seulement. Parce que le gwoka était inscrit au patrimoine de l'UNESCO, l'agence a fait venir quelqu'un qui pouvait parler savamment de ça, mais sans y être vraiment autorisée...

L'association que vous présidez est chargée de préfigurer l'agence en fait...

On m'a demandé de bâtir un EPCC, un établissement public de coopération culturelle. Je devais réaliser ce que l'Etat n'a jamais réalisé : faire s'assoir autour d'une même table des territoires et départements aussi divers allant de la Nouvelle-Calédonie en passant par St-Pierre et Miquelon, la Polynésie française ou la Guadeloupe... Où personne ne veut mettre de l'argent pour personne ! Au premier conseil d'administration, j'ai prévenu qu'un EPCC serait difficile à monter et j'ai proposé de faire une grand-messe avec les ministres et les présidents des collectivités d'outre-mer pour que le lancement de l'Agence soit médiatisé dans les journaux culturels en France et en outre-mer. On m'a fait valoir que le projet d'EPCC n'était pas assez avancé… Deux fois à deux années de distance.

La ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, a alors demandé un audit de l'agence ?

Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage ! Une mission d'inspection est venue en 2016. Elle a trouvé que nous buvions trop de café ! Ses conclusions comportent trois recommandations : soit supprimer l'agence, soit l'intégrer à cette cité des outre-mer qui doit voir le jour, soit la laisser travailler et effectivement faire de la diffusion comme nous le souhaitions, à budget égal, en réduisant les frais fixes de l’Agence et que 2 ou 300 000 euros soient fléchés pour aider les artistes et les compagnies.

Et c'est là la cité des Outre-mer pointe le bout de son nez ?

Oui, et je trouve ça formidable parce que cette agence doit y être intégrée. J'ai des collaborateurs qui travaillent depuis bientôt quatre ans et qui ont une expertise et je demande ce qui est prévu. Le ministère de la Culture nous dit en plein conseil d'administration qu'ils ne feront pas de cette cité des Outre-mer car il ne voit pas ou est la culture là-dedans... On me demande d'arrêter l'agence. Et puis j'apprends que Barbara Jean-Elie, ex-conseillère culturelle de George Pau-Langevin est chargée de mission pour cette Cité des Outre-mer. Je suis en colère, parce que, quelque part, le ministère des Outre-mer n’a rien fait pour véritablement faire exister l’Agence. Pensait-il que cela ferait de l'ombre à cette cité des Outre-mer ? Je ne comprends pas qu'on jette 2 millions d'euros d’argent public comme ça… Pourquoi ? Des choses se construisaient, les réseaux de diffusion commençaient à se mettre en place pour le spectacle vivant, le cinéma et l'audiovisuel, la littérature et les arts plastiques, etc ! Que se passera-t-il pour nos créateurs entre aujourd'hui et la naissance effective de la cité, cette Arlésienne problématique ?

La ministre actuelle semble avoir gelé le dossier cité des Outre-mer...

Madame Girardin m’a dit vouloir regarder tout ça de plus près. Nous en avons parlé quand elle est venue à Avignon et je lui ai fait part de mon étonnement de voir le ministère de la Culture en dehors du conseil d'administration de la cité, de même que l'agence...

Quel est l'avenir de l'agence ?

J'attends une lettre formelle qui me dise de la dissoudre, car pour l'heure, ce ne sont que des conversations. J'ai convoqué un conseil d'administration pour le 12 septembre ; il sera suivi immédiatement d'une assemblée générale et là, peut-être aurons-nous une lettre signée conjointement des ministres de la Culture et des Outre-mer...

Si vous fermez, à qui devront s'adresser les artistes une fois l'agence dissoute ?

Le  ministère de la Culture leur répondra ce qu'il répond habituellement et renverra sur ses services déconcentrés. Les deux ministères ont pourtant trouvé que cette Agence était nécessaire, il y à quatre ans… Rien n’a changé depuis. C'est encore une mauvaise manière faite à l'Outre-mer. Nous voulons nous développer dans nos territoires, dans nos bassins, c’est nécessaire mais aussi dans l'Hexagone, après tout, c'est aussi chez nous !

Propos recueillis par FXG, à Avignon

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 05:51
Irma à la Une

Irma dans la presse nationale

Hormis Les Echos, pas un quotidien vendredi matin qui n'ouvrait sa Une sur le phénomène Irma aux Antilles. Le Parisien et Aujourd'hui en France ont choisi le poids des mots : "Désolation", "des îles en ruine" et "tout simplement apocalyptique" !  "Dévastation" s'étale à la Une du Monde tandis que Le Figaro choisit la "catastrophe humanitaire". Libération titre "le désastre". Et tous quotidiens confondus, L'Humanité comprise, ils ont choisi le choc des photos. Le reportage de Libération (deux pages) est saisissant d'angoisse : "Il y a des voiliers dans le cimetière de Marigot (...) Les vents n'ont pas épargné les morts." En vis-à-vis, un papier revient sur le statut des deux collectivités d'outre-mer de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, indépendantes de la Guadeloupe depuis la réforme constitutionnelle de 2007 et qu'un chercheur consulté considère comme des "paradis fiscaux dotés d'un statut de zone franche". Le Monde consacre deux pages à l'événement et joue une autre carte iconographique en choisissant une photo de Gustavia, chef-lieu de Saint-Barth, qui paraît nettement moins dévastée que Saint-Martin. Et l'on apprend de Saint-Martin, par le biais d'une universitaire et experte, que "sa vulnérabilité était connue".

Le Figaro consacre trois pages à Irma et aux "deux îles françaises ravagées à 95 %". Seule la Une de l'Humanité échappe au catastrophisme dans sa titraille et son traitement (deux pages) pour préférer une mise en perspective du phénomène météorologique par rapport au changement climatique : "Meurtrière impréparation." Et cette sentence : "Devant les menaces liées au réchauffement climatique, il est urgent de tout repenser." Le Figaro considère aussi cet aspect du problème. Il évoque d'abord le président Macron qui, depuis Athènes où il est en déplacement, a visé sans le citer le président Trump qui a choisi de sortir de l'accord de Paris (COP 21). Le Figaro donne ensuite la parole à un climatologue qui déclare : "Chaque degré supplémentaire donne plus d'énergie aux cyclones."

Enfin, alors que le gratuit CNews matin estime le montant des dégâts à "plusieurs milliards d'euros", le Figaro et le Parisien sont plus précis et tablent sur 300 millions d'euros de dégâts pour les habitations, "sans compter les infrastructures routières et les ponts".

Vendredi matin, Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, recevait des représentants de la presse quotidienne régionale dont France-Antilles. Il a indiqué qu'il s'était déjà rapproché de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en vue de la reconstruction de l'hôpital de Saint-Martin. Interrogé sur l'impact de cette catastrophe sur le budget de la France, il a déclaré ne pas être capable de l'estimer pour l'heure avant d'ajouter : "Ca coûtera peut-être (une somme, ndlr) à la hauteur du plan Guyane." Soit environ 3 milliards.

FXG, à Paris

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 06:11

Budget de l'Outre-mer : ça s'agite en coulisse

La préparation des lois de finances 2018 et notamment du budget de la mission Outre-mer préoccupe d'ores et déjà nos parlementaires et les lobbyistes de la Fédération des entreprises d'outre-mer ou du Medef en attendant la communication du Conseil des ministres prévue fin septembre. Les députés ont déjà nommé les rapporteurs pour avis. A la commission des lois, c'est Huguette Bello (GDR, Réunion), à celle des affaires économiques, c'est Serge Létchimy (Nouvelle gauche, Martinique) et à celle des finances, c'est Olivier Serva (LRM, Guadeloupe).

Les changements attendus sont la suppression des cotisations sociales maladie (0,75%) et chômage (2,4%) et la hausse de la CSG de 1,7 points,  la suppression du RSI, la baisse de l’impôt sur les sociétés, la suppression de la taxe d’habitation, le remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune par un impôt limité aux biens immobiliers, une taxe unique sur les revenus de capitaux mobiliers, et la transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) par des exonérations de charges sociales patronales au 1er janvier 2019. Sur ce dernier point, au Medef comme à la Fedom, on redoute que le gouvernement ne vienne donner un coup de rabot dans l'enveloppe globale de ces exonérations de charges qui représentent un milliard d'euros et qui a perdu ces dernières années près de 200 millions d'euros.

La ministre des Outre-mer faisait savoir en juillet dernier que l'enveloppe globale de la mission outre-mer devrait être la même qu'en 2017. Reste que la mesure  annoncée fin août par le Premier ministre et visant à préserver les contrats aidés en outre-mer n'a toujours pas trouvé de réponse comptable pas plus que les services de Matignon n'ont répondu à la presse. Sans doute faut-il mieux préciser la question  : "A quelle hauteur, le gouvernement entend-il préserver les contrats aidées en outre-mer ?"

FXG, à Paris

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 06:06
Jean-Pierre Philibert rue Oudinot le 5 septembre

Jean-Pierre Philibert rue Oudinot le 5 septembre

Girardin à la Fedom : "L'économie sera au coeur des assises de l'Outre-mer."

Après le Medef, vendredi dernier, c'est au tour de la Fedom d'être reçue au ministère des Outre-mer. Jean-Pierre Philibert a pu s'entretenir pendant une heure et demi, mardi matin, avec Annick Girardin de retour de Mayotte. Celle-ci a déroulé à son hôte le calendrier des assises de l'Outre-mer qu'elle devrait lancer la dernière semaine de septembre, à son retour de Guyane. "C'est un calendrier que je trouve un peu long, a regretté Jean-Pierre Philibert, car je considère que le diagnostic est connu, mais le gouvernement estime nécessaire de redonner la parole à la société civile et qu'il est bon aussi de temps en temps de se poser... J'attends de voir. C'est arbitré et on aura le résultat des courses à la fin de l'été prochain."

Le gros de leur échange a porté sur les conditions de sortie du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) qui, rappelons-le, est majoré en outre-mer. Le gouvernement souhaite annoncer dans la loi de finances de la Sécurité sociale la sortie du CICE effective au 1er janvier 2019. "Nous avons dit à la ministre, qui partage ce sentiment je crois, que nous avons besoin de temps pour identifier clairement les chiffres du CICE, car une certain nombre de très petites entreprises n'en bénéficient pas alors qu'elles bénéficieront des exonérations." Pas question donc pour la Fedom de se faire d'ores et déjà imposer un chiffre par Bercy. "Nous avons besoin du bon montant à mettre en exonérations car, ironise le patron de la Fedom, à cette période de l'année, le gouvernement est généralement saisi par la fièvre du rabot ! A force d'être raboté alors que l'on parle de niche, on finit par tondre le chien !" La ministre et les socio-professionnels se sont apparemment donnés un peu de temps pour trouver "un outil performant". L'urgence vis-à-vis de la loi de finances de la sécurité sociale, c'est le maintien du CICE majoré de 3 % pendant l'année 2018 avant sa suppression en 2019... "Le remplacement du CICE, explique M. Philibert, ne figurera pas dans ce projet de loi de finances de la Sécu, ce ne sera pas plus un sujet territorial pour les assises, mais un sujet national et nous pensons que la ministre voudra dissocier ce débat que nous aurons avec elle, des assises de l'outre-mer."

Jean-Pierre Philibert a demandé un régime dérogatoire pour les grands ports maritimes suite à l'injonction européenne de supprimer l'impôt sur les sociétés. Et s'il a évoqué la situation du BTP ou l'hospitalisation privée et l'offre de soins dans l'océan Indien, il n'a pas jugé utile de ressortir tout le catalogue des propositions de la Fedom, telles les zones franches globales d'activité, dès lors qu'il a bien entendu la ministre lui dire : "L'économie sera au coeur des discussions des assises de l'Outre-mer."

Pour l'heure le patron de la Fedom souhaite qu'une bonne collaboration s'instaure entre le ministère et les milieux économiques. Prochaine étape pour la Fedom, rencontrer rapidement Thierry Bert, le coordinateur des assises de l'Outre-mer.

FXG, à Paris

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