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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 08:39

Qui soutient qui ?

François Fillon, en avance d'une primaire, a dévoilé son équipe de campagne le premier. Y figure le sénateur LR, président du conseil régional de la Réunion, Didier Robert, dans le pôle élus. Du côté de la campagne de la primaire du PS, Manuel Valls a recruté le secretaire d'Etat aux Affaires européennes, Harlem Désir, et la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, dans son pôle élus. Le député martiniquais (app. PS) Serge Létchimy et l'ancien ministre guadeloupéen (PS), Victorin Lurel, lui apportent leur soutien.

L'ancienne ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, a rejoint l'équipe de Vincent Peillon. Elle est l'une des porte-paroles et membre du pôle justice et institutions. Viencent Peillon a été rejoints par le député réunionnais, suppléant d'Ericka Bareigts, Philippe Naillet PS (en charge du projet outre-mer)  et de son collègue Jean-Jacques Vlody.

Autre député réunionnais, Patrick Lebreton (PS), a rejoint l'équipe d'Arnaud Montebourg.

Au centre, Emmanuel Macron a su s'attirer le soutien de député app. RRDP et président de Région Guadeloupe, Ary Chalus, et les grâces du président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre. A la Réunion, il a reçu le soutien de Karine Nabenesa, conseillère régionale LPA, la protégée du député maire Modem de Saint-Leu (Réunion), Thierry Robert.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, on ne l'a pas vu s'afficher publiquement avec Elie Domota lors de son passage en Guadeloupe, mais il a participé à une conférence organisée par le Parti communiste guadeloupéen. Il a aussi obtenu, lors de son déplacement à Fort-de-France, le soutien du Parti communiste martiniquais. Enfin Jean-luc Mélenchon ne manque pas de citer son collègue eurodéputé réunionnais Younous Omarjee et bien sûr Aimé Césaire et Paul Vergès.

FXG, à Paris

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:48
TImgad, un film franco-algérien

Timgad le film, ou l'Algérie créole

A l'affiche, depuis ce matin dans l'Hexagone (hélas fort mal distribué — Bodega a eu 9 salles dans l'Hexagone dont une seule à Paris, rien en banlieue !), "Timgad", un film franco-algérien au sujet duquel le quotidien 'L'Humanité' du 21 décembre vante "l'Algérie créole de Fabrice Benchaouche", le réalisateur, on ne peut s'empêcher de penser au Tout-monde d'Edouard Glissant et bien sûr à Franz Fanon à la lecture de ce titre accroché, qui plus est, au-dessus du grand titre sur l'attentat de Berlin... Quel symbole pour ce film où il est question de la décennie noire et du terrorisme islamique en Algérie.  Timgad est un site de ruines romaines dans les Aurès, pas si loin d'Hipone dont le Kabyle saint Augustin fût non seulement l'évêque, mais un Père de l'Eglise. Dans ce village, l'instituteur laïcard, Mokhtar (Sid Ahmed Agoumi qui a débuté dans "Z" de Costa-Gavras), formé à l'aune de la révolution algérienne de Ben Bellah, dispose enfin dans sa classe de onze garçons pour constituer son équipe de foot. Ces onze minimes sont tous nés le même jour, 4 décembre 1996. Et s'il n'y avait eu aussi cette même nuit magique, la naissance de Naïma (photo ci-dessus), interprétée par la jeune actrice algéroise Fella Bennini, 13 ans et un destin de ministre (!), la fille de l'épicier Larbi (Lofti Yahya Jedidi), ils seraient douze dans la Juventus de l'instituteur Mokhtar, sponsorisée par Larbi et sa "pisserie fine".

Roger Le Mer...le et le bataillon de Joinville

Pieds nus, jouant dans la rocaille, les gamins de la Juve, assis au pied de l'arc de triomphe de Trajan, aidés miraculeusement par l'ingénieur des cailloux, Djamel l'archéologue beur (Mounir Margoum, à l'affiche aussi dans Divines), un ancien du bataillon de Joinville avec trézéguier, Henry et Roger Le Merle (!), se battent pour accéder à la grande finale des minimes d'Algérie qui les propulserait au Stade Vélodrome en présence de Zizou ! Pour créer ce monde baigné dans une atmosphère musicale de néo-réalisme poétique italien, à cheval entre Dom Camillo et Pagnol, le montpelliérain Fabrice Benchaouche est allé cherché le musicien Ludovic Beier et le dramaturge Aziz Chouaki. C'est ce dernier, l'auteur de "Les Oranges" et de "L'Etoile d'Alger", qui a dialogué ce scénario avec cet esprit si cher à Edouard Glissant, la créolisation, la sublimation du passé colonial et esclavagiste dans un métissage du monde par rhizomes, les langues, les histoires. Il y a du kabyle, de l'arabe, du français et, foot oblige, de l'italien dans ce film. De toute façon, Mokhtar l'instit' aurait pu aussi bien être interprété par Raimu que par Vittorio Gassman, tant Sid Ahmed Agoumi a compris que ce n'était pas un rôle, mais un personnage qu'on lui offrait.

La Juve va en chier, mais elle ira à Marseille. Depuis son prix du public-Midi-Libre au Cinémed de Montpellier en octobre dernier, on a dit au sujet du premier long métrage de Fabrice Benchaouche : "A real feel good movie" et c'est vrai qu'il y a tant d'espoir dans ce film qui révèle une Algérie autre, inédite et inimaginée de ce côté-ci de la Méditerranée, où les filles se mettent du "rozozongle" et les enfants boivent du "gazouze", qu'on a l'impression que c'est l'Algérie qui sauvera le monde de Daesh ! Fabrice Benchaouche  nous rappelle la leçon que l'on peut tirer de "La poétique de la relation" d'Edouard Glissant, sans oublier de rire.

FXG, à Paris

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 06:46
Emmanuel Macron, dans les locaux d'En marche !, le 14 décembre. Photo : FXG

Emmanuel Macron, dans les locaux d'En marche !, le 14 décembre. Photo : FXG

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle de En marche, aux Antilles et en Guyane. Interview.

"La réponse aux problèmes de l'outre-mer n'est pas le budget de l'Outre-mer"

Les Outre-mer fonctionnent avec deux rouages essentiels : la défiscalisation et les exonérations de charges sociales. Avez-vous la même recette ou en avez-vous une différente ?

Je viens aux Antilles et en Guyane, précisément, pour construire quelque chose de différent. Je viens pour échanger et comprendre. Je ne veux pas y aller avec les mêmes recettes et les mêmes méthodes que depuis toujours, parce que si la défiscalisation ou les grands plans marchaient, on n'aurait pas 50 % de chômage des jeunes, ni une situation qui se dégrade à la fois sur le plan économique et sécuritaire. Je veux élaborer avec les territoires d'outre-mer et les Ultramarins un autre projet. Je ne suis pas à la recherche d'une solution magique, ni dans la promesse intenable. On connaît trop les pères Noël qui arrivent avant les élections présidentielles avec des promesses qui durent cinq ans ! Ce que je veux, c'est expliquer ce que je propose pour notre pays et entre autres pour augmenter le salaire net en diminuant dans le même temps les charges des entreprises pour que le travail paie mieux et que l’économie reparte ; c’est aussi construire un projet dans la durée.

Quelle est votre idée du développement outre-mer ?

Il y a des choses sur lesquelles on peut aller vite car elles dépendent largement des pouvoirs publics, comme le BTP et la construction de logements, ou la réduction des délais de paiement qui font tant de mal à nos petites entreprises.

La problématique qu'on connaît dans l’agglomération de Cayenne sur la question du logement, c'est la même que celle des grandes métropoles de l’Hexagone : c'est un problème de délais, de recours multiples, de documents d'urbanisme et de complexité qui font que quand bien même les décisions sont prises et l'argent est là, les projets ne sortent pas suffisamment vite de terre. Je souhaite échanger sur place avec les élus et les professionnels.

Ensuite, je veux qu'on développe beaucoup plus fortement le tourisme. Il faut accroître les investissements dans ce secteur, notamment grâce à l’aide de la Caisse des dépôts. Le tourisme permet de faire entrer dans la vie active des travailleurs peu qualifiés, et il crée des emplois qui sont non délocalisables.

Il y a, en plus de tout cela, de nouvelles activités à développer, le numérique, ce qu’on appelle la « silver economy », c’est-à-dire tout ce qui concerne les séniors, l'économie de la transition énergétique... Nous avons sur tous ces sujets une expertise qui doit nous rendre optimistes pour l’avenir.

Concernant les minerais, il y a un potentiel de développement économique qui doit se réaliser conformément à notre politique et à nos engagements environnementaux, qu’il s’agisse de l’or en Guyane ou du nickel en Nouvelle-Calédonie.

Avez-vous une stratégie pour les outre-mer ?

Oui : qu’on prenne enfin conscience de la chance qu’ils sont pour la France. Car ils permettent la présence de la France sur tous les continents, donnent aux Français une emprise maritime parmi les plus importantes du monde avec de vraies ressources économiques, représentent un espace pour la francophonie et une capacité à négocier avec toutes les organisations régionales de ces zones. Surtout, car les outre-mer sont l’un des piliers de notre richesse culturelle, et l’une des fiertés de notre histoire commune.

Les normes et règlements communautaires ne favorisent pas les DOM...

Vous avez raison : cela ne fait pas sens d’appliquer les mêmes normes sans tenir compte du contexte local ou régional. Le besoin de différenciation est réel. Je souhaite donc que l'on puisse avoir de vraies discussions sur les normes européennes, sur les normes concernant le logement mais aussi sur les protections commerciales et les politiques agricoles parce qu'aujourd'hui notre analyse, c'est que les territoires ultramarins sont perdant-perdant. C’est pour cela que je pense que la réponse aux problèmes de l'outre-mer ce n'est pas seulement le budget de l'Outre-mer, mais l'adaptation des normes et une meilleure prise en compte des réalités ultramarines par les politiques publiques. Des négociations vont par exemple s'ouvrir au niveau européen pour une nouvelle Politique Agricole Commune. A-t-on la volonté de réinsérer les filières ultramarines dans des discussions communautaires, de développer des instruments français spécifiques ? L'Europe protège et peut être un bouclier également pour les outre-mer.

Qu'allez-vous faire pendant cette visite ?

Je vais aller au contact, comprendre, rencontrer la population, les professionnels, les écouter et construire. Mon deuxième objectif est de prendre quelques engagements clairs en particulier en matière de sécurité. En Guadeloupe, on a vu la criminalité augmenter très fortement ces derniers mois... Là-dessus, je donnerai de la visibilité, en prenant des engagements dans la durée.

Il ne s'agit pas de promettre des choses mirobolantes, mais d’expliquer clairement ce que je propose.

En général, Paris envoie un ou deux escadrons de gendarmerie...

Ce que demandent les populations comme leurs élus, c'est que l'on renforce les forces permanentes. J'ai pris sur le sujet des forces de sécurité, gendarme et police, des engagements d'embauches, stables dans le temps avec une loi quinquennale. J'irai expliquer la part que les territoires d'Outre-mer prennent dans cet engagement. C’est d’ailleurs un sujet récurrent de mobilisation pour Ary Chalus qui m’en a beaucoup parlé.

Avez-vous déjà des soutiens sur place ?

On a déjà des soutiens et j'ai eu beaucoup d’échanges. Je connais très bien le président Chalus et le président Alexandre. J'irai voir aussi le président Marie-Jeanne sur son territoire, même si nous avons moins échangé. J'ai un groupe de travail qui, depuis plusieurs mois, élabore des réflexions, mais je veux pouvoir échanger, consolider sur place.

L'histoire est encore brûlante aux Antilles et en Guyane, François Fillon s'est récemment brûlé les doigts avec la colonisation...

J'irai au Mémorial ACTe en Guadeloupe. Nous avons des mémoires à réconcilier. La reconnaissance de l'histoire du commerce triangulaire, de la traite et de ce qui a profondément meurtri ces territoires de la République est nécessaire. Ca ne peut pas être le déni. Je ne suis ni dans la négation de ce qu'a été la colonisation comme peut l’être la droite, ni dans la culpabilisation postcoloniale comme on peut l'entendre à gauche et à l'extrême gauche. Le bilan de la colonisation est un bilan négatif simplement par le fait qu'il n'a pas été conforme avec notre tradition, nos valeurs et ce que nous portons des droits de l'Homme. La République est indivisible, mais pour l'être elle doit être réconciliée. La reconnaissance n'est pas de la repentance. Il s'agit de donner la juste place à toutes les histoires. La force de notre République, c'est sa capacité à construire la complexité de notre histoire. Les historiens comme Frédéric Régent ont permis de redonner une place dans l'historiographe française aux mémoires et aux histoires ultramarines. Le miroitement de ces histoires, la reconnaissance des crimes rendent une dignité à toutes les mémoires. Nous avons des dettes mémorielles mais on ne répare jamais le passé, pas plus qu’on ne monétise la souffrance de ses ancêtres.

Fallait-il départementaliser Mayotte ? Etes-vous pour la rétrocéder aux Comores ?

Mayotte est sans doute le territoire ultramarin qui a le plus de défis, sécuritaires, migratoires... On a départementalisé Mayotte sans lui donner les moyens d'être un département inscrit dans cette géographie à part. Je crois à la libre disposition de chacun et je suis démocrate, mais nous ferons un travail avec les Mahorais pour évaluer les conséquences de cette évolution.

C'est une question pendante à l'Organisation de l'Unité Africaine...

Elle ne m'a pas échappée. La réponse n'est pas simple et je ne l'ai pas aujourd'hui. Ce territoire a une histoire très particulière dans la République. Le seul endroit où l'on reconnaît un droit coutumier d'inspiration musulmane. Il y a une histoire qu'on ne peut balayer d'un coup, il y a une pression géopolitique, migratoire, culturelle et économique. Le statu quo n'est, en tout cas, pas tenable.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:30
Photo Stéphane Burlot

Photo Stéphane Burlot

Jean-Luc Mélenchon en Martinique et en Guadeloupe du 16 au 20 décembre. A l’occasion de ce déplacement, le candidat de la France insoumise publiera « Les Outre-mer, notre chance », un document de travail programmatique qui sera ouvert à commentaires et contributions via la plateforme jlm20107.fr

"Je n'ai jamais accepté le terme de régions ultrapériphériques"

Comment estimez-vous la manière dont la France gère ses outre-mer ?

Après deux décennies, on est au bout d'un modèle économique. Les Outre-mer sont considérés comme des espèces de hubs commerciaux avec des marchandises de l'Union européenne à destination de la population locale et éventuellement du territoire le plus proche... Comme ce système ne marche pas, on a voulu croire qu'en faisant de la défiscalisation et de la décharge de cotisations sociales, on allait stimuler comme ça une production locale. Tous ceux qui croyaient que cette politique pouvait fonctionner doivent se rendre à l'évidence que ça ne fonctionne pas. Mais, curieusement, tous se réclament de la continuité de ce type de méthode et même de son amplification, aussi bien pour Mme Le Pen qui l'a récemment déclaré, que M. Fillon et naturellement que tous les socialistes.

Ils demandent une base pour leurs yachts de plaisance et de leur livrer des bananes. Moi je vous demande de livrer à la métropole et au continent qui nous entoure les ingénieurs spécialisés dans les techniques qui ont à voir avec l’économie de la mer parce que c'est le futur de la France.

Encore faut-il pouvoir les former...

Il faudrait que dans lycées professionnels, il y ait des filières depuis le CAP jusqu'au BTS qui permettent d'arriver à la licence professionnelle au moins. Les îliens sont précisément ceux qui sont dans la situation de pouvoir expérimenter. Toutes les îles devraient, avec leurs assemblées locales, prendre la décision de parvenir à l'autonomie énergétique. Pas comme un voeu pieux, mais avec un calendrier et de la visibilité pour les entreprises locales qui feraient des investissements. Il serait d'ailleurs préférable que l'Etat et les collectivités investissent directement plutôt que de faire des dispenses fiscales ou sociales qui au bout du compte sont prises en charge par le budget de l'Etat au profit de très peu de monde.

Votre projet, c'est quoi ?

Les départements et territoires d'Outre-mer peuvent avoir un avenir autre et endogène. Il y a un modèle de développement économique possible et il faut partir des nécessités fondamentales des territoires : l'approvisionnement énergétique, la souveraineté alimentaire. Vous ne pouvez pas avoir d'économie locale si vous n'êtes pas capable de produire votre énergie d'une manière non polluante. Il y a de l'industrie autour de l'économie de la mer, beaucoup d'industries. Le développement d'un type industriel et technologique de haut rang sur cette base n'est pas une utopie.

Et que fait-on avec l'agriculture ?

La souveraineté alimentaire, je sais bien que ça n'est pas toujours possible à 100%.  Mais je demande simplement qu'on interroge à quel point elle n'est pas possible. Il y a une planification nécessaire pour le retour à l'agriculture vivrière. Si ça ne produit pas ipso facto la souveraineté alimentaire, ça peut permettre néanmoins un abaissement du niveau des prix de l'alimentation et une élévation de sa qualité. C'est quand même un problème important qui se pose dans les îles. Il ne faut pas simplement changer la manière de produire et d'échanger, mais aussi la manière de consommer. Là aussi, on a atteint une limite. Le meilleur moyen de nous nourrir, c'est de revenir à une agriculture vivrière et c'est le plus facile à faire. Là aussi, il faut un haut niveau de culture et de formation d'autant que les sols ont été dévastés par le passé par l'utilisation massive et irresponsable de pesticides et autres intrants chimiques. Cette transition nécessite donc elle aussi de la formation qualifiante.

Et le tourisme ?

Tant mieux qu'il y ait du tourisme. Mais on ne peut pas construire un mode de développement uniquement sur ce registre. Il y a le positionnement géographique des outre-mer, on parle des ambassadeurs de la France mais pourquoi faire ? La France doit s'impliquer dans les zones régionales de coopération. Je n'ai jamais accepté le therme de « régions ultrapériphériques » parce que cela suppose que le centre est l'Europe et son proche voisinage. Mais la France est présente sur les cinq continents. J'estime que les Caraïbes ont à voir avec l'ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), elles ont à voir avec des mécanismes de coopération économique et militaire extrêmement denses qu'il faut construire avec nos voisins.

L'Europe est un frein aux échanges, avec ses normes...

Les décisions qui ont été prises pour l'Europe ne l'ont jamais été en tenant compte de la situation particulière de la France et de ses outre-mer. Je suis pour la désobéissance aux normes absurdes proposées par Bruxelles. Il faut que nous sortions des traités... De toute façon, si le TAFTA, le CETA sont appliqués, il n'y a plus d'Europe ! L'essentiel de son marché serait intégré dans une zone beaucoup plus grande, soumise à ses arbitrages qui n'ont plus rien à voir avec les directives et les lois européennes. Ce sera le cas avec les tribunaux d'arbitrage prévus par ces traités. De toute façon, que l'on m'apprécie ou pas la question de l'organisation de l'Europe va se poser. C'est tellement vrai que les cinq présidents (Commission européenne, BCE, Europarlement, Conseil de gouvernement et Eurogroupe, ndlr)) ont prévu en 2017 de faire une proposition de traité. Vous observerez que tout ça est très discret parce qu'ils n'ont qu'une peur, c'est que les gens s'en emparent...

Qu'attendez-vous des Ultramarins ?

Les Outre-mer ont un investissement particulier dans la prochaine élection présidentielle. On peut penser que la métropole a une profondeur de résistance qui permettrait d'encaisser encore d'autres chocs libéraux, mais les outre-mer français non ! C'est maintenant que se joue de manière assez définitive notre avenir.

Les Antilles ont largement voté Hollande en 2012. Comment allez-vous les convaincre de vous choisir ?

M. Hollande leur avait que son ennemi était la finance et qu'il allait renégocier le traité européen. Les gens se sont dits en toute bonne fois que François Hollande allait le faire et ils ont fait un vote digne, conscient et maintenant, de la même manière, ils font un bilan. Il ne faut jamais sous-estimer l'intelligence populaire. Ils ont à choisir dans l'élection qui vient entre deux logiques, celle de la cohérence que j'incarne et celle de gens comme M. Fillon ou M. Macron qui sont la prolongation du libéralisme et de la mise sous tutelle des DOM et des TOM pour lesquels ils n'ont aucune espèce d'idée sinon de continuer à les considérer comme des lieux où l'on fait de l'engraissement fiscal.

Vous êtes un un Français d'Europe. Comment vous adressez aux Ultramarins ?

Je suis un homme qui vient d'un métissage profond entre les deux rives de la Méditerranée et je suis passionné par tout ce qui s'est passé sur le continent qui est en face de vous et peut-être que parmi tous les candidats à la présidentielle, je suis le seul qui le connaît réellement d'un bout à l'autre. De même les Caraïbes sont loin d'être des inconnues pour moi compte tenu de tous mes passages dans  ce secteur, soit à titre privé soit à titre officiel. Vous le savez tous, ici, je suis chez moi.

Que pensez-vous de Mayotte ? Devrait-on la rétrocéder aux Comores ?

Jamais ! Je suis profondément ému par l'idée que les Mahorais aient choisi d'être Français. Je me souviens des manifestations à Anjouan... Si les Mahorais veulent retourner aux Comores, ce n'est pas moi qui m'y opposerai. Mais si on me demande mon avis, je ne vois pas pourquoi on le ferait.

Avec vous, la France resterait-elle dans le commandement intégré de l'OTAN ?

Non ! Nous n'avons aucune raison d'être dans les fourgons des Etats-Unis d'Amérique parce que l'OTAN, c'est juste l'armée des E-U étendue. Les achats d'armement se font d'une manière qui n'envisage jamais l'indépendance de notre patrie. Ca a assez duré ! On passe à un autre modèle, d'abord d'indépendance nationale, et ensuite de nouvelles coopérations. Nous avons plus à voir avec les BRIC qu'avec l'OTAN. Je serai le constructeur au nom de la France d'une vraie alliance altermondialiste qui corresponde à notre vision du monde, aux peuples qui veulent protéger leur souveraineté.

La colonisation est un sujet qui touche aux Antilles. François Fillon l'a éprouvé... Quel est votre regard sur notre histoire ?

L'histoire n'est pas une matière froide. Je suis un universaliste, je ne trie pas entre les Français et nous n'allons pas reproduire perpétuellement les guerres de nos ancêtres. Il n'y a rien de légitime dans la colonisation et pourtant je suis un enfant de pieds noirs, pauvres certes, mais de pieds noirs quand même. Je n'ai jamais accepté que l'on oublie que la colonisation était un acte de violence. Maintenant, je me méfie du fait de le ressasser. J'ai dit une fois très solennellement, quand on m'a demandé où j'irai en premier une fois élu, que j'irai à Alger et que je leur dirai : "Maintenant, la guerre est finie, on s'aime." C'est quand même un petit miracle, entre Français des Antilles, de la métropole, globalement, ça fonctionne bien, il y a un sentiment affectueux d'appartenance. Je trouve injuste que la population d'origine maghrébine soit continuellement montrée du doigt dans notre pays. Ca ne correspond pas à l'amour de la patrie qu'on ressent de la part des très nombreux Français qui en sont membres.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:07

Hit Lokal Awards 2017 : la playlist officielle

L’association Hit Lokal présente à l’occasion de leu 5ème édition, les hits de l’année (les meileurs artistes et musiciens des DOM) réunis sur la playlist officielle, une compilation des plus gros titres de l’année 2016 : Bamby, T Kimp Gee, Euridee's, Poplane, Princess Lover, Sorrow, Yoan, Pix’l, Nesly, T-Matt, Maxxy Dready, Mikl ou Encore Admiral T. La playlist est disponible depuis le 13 décembre à l’écoute et en téléchargement légal sur Deezer et Spotify. Elle sera mise à jour tous les mardis pendant la période des votes (10 décembre-10 janvier). A partir du 10 janvier et jusqu’à la cérémonie - le 24 février-, c’est l’ensemble des artistes nominés qui seront regroupés dans la liste de diffusion.
Pour accéder à la playlist et voter :

https://streaming.lnk.to/Hit_Lokal

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 06:08

FO Pénitentiaire exige des excuses du contrôleur général des lieux privatifs de liberté

Deux lignes discrètes dans le rapport publié le 14 décembre par la CGLPL, Adelibe Hazan, sur la situation à la prison de Fresnes où travaillent de nombreux Ultramarins, a mis les syndicats hors d'eux. Deux lignes où elle critique l'usage du créole entre les surveillants pénitentiaires domiens. La CGLPL écrit : « La langue créole est fréquemment utilisée pour les échanges professionnels entre surveillants, ce qui limite le contrôle hiérarchique et donne aux personnes détenues un sentiment d'incompréhension des décisions qui les concernent."

"Faux et archi-faux, dénonce SNP Outre-mer FO, c’est un vieux serpent de mer qui est véhiculé depuis trente ans dans les esprits, depuis l'époque de l'arrivée importante de personnels pénitentiaires ultramarins à la maison d'arrêt de Paris, la Santé, Trente ans après, on nous ressort les mêmes ficelles, ça suffit !"

Alors, puisque la contrôleuse des prisons a décidé de parler de l'outre-mer, le syndicat sort son répertoire : "Pourquoi ne parlez des discriminations administratives dans les droits à congés bonifiés des ultramarins ? Ce qui se passe dans la gestion de ce dossier est inhumain et intolérable." Le SNP-Outre-mer FO parle même de "traite négrière administrative" des Ultramarins.

"Pourquoi ne parlez vous pas de l'accueil des élèves ultramarins dans cette administration. Un jeune guyanais crevait de froid comme un chien devant les portes de la maison d'arrêt d'Epinal, que dire des évaluations stigmatisantes dont ils sont affublés pour redoubler ou être licenciés ?"

Le syndicat veut rappeller à Mme Hazan la situation d'un surceillant guadeloupéen relégué dans les sous-sols parce que le chef de détention ne supportait pas sa coiffure... Il évoque encore l'absence de programmes immobiliers pénitienoiaires dans les Outre-mer.

"L’histoire Pénitentiaire, écrit FO, s'écrit avec le sang du bleu", lors des évasions et mutineries. "Il n’y avait ni Céoles, ni Gaulois mais tout simplement des bleus..."

Le SNP FO menace de saisir SOS Racisme, le MRAP, le CRAN si Mme Hazan ne s'excuse pas publiquement.

FXG, à Paris

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 07:00
Erik Pedurand aux sources d'Eugène Mona

Erik Pédurand donnait un concert à Paris le 19 novembre dernier, l'occasion de présenter son dernier opus, "Tribute to Mona". Il sera au casino de la Batelière le 26 décembre, puis le 10 février à l'Artchipel à Basse-Terre.

Erik vit depuis trois ans à Detroit où il donne des cours à l'alliance française quand il n'est pas aux Antilles ou à Paris avec ses musiciens, The Keeys. Interview.

"Il y a quelque chose de subversif en Mona"

Est-ce facile de créer loin de vos racines antillaises ?

Pas simple du tout et c'est pour ça que je suis toujours resté en lien avec mon pays et je m'y suis rendu dès que j'en avais l'occasion ! C'est comme ça que je suis arrivé à développer mon projet en lien avec ma culture et mes racines, que je suis allé chercher Mona au fond de son morne en Martinique. C'est un projet hybride et c'est une orientation que je vais prendre pour les années qui viennent. Je vais chercher des choses avec lesquelles je n'ai pratiquement pas grandi. Dans les années 1990, la musique traditionnelle est pratiquement absente des radios. Les intellectuels étaient très proches de leurs racines, mais pas le reste de la population. Aujourd'hui, ça tourne un peu et j'ai envie de faire partie de ceux qui viennent diffuser ces racines.

Pourquoi Eugène Mona ?

Il y a quelque chose de particulièrement subversif en Mona. Il fait partie de ces artistes qui sont morts incompris. Il a connu quelques succès commerciaux vers la fin de sa carrière, mais ce n'était pas exactement le coeur de son art. Guy Conquète est proche de lui et je pense d'ailleurs à faire quelque chose avec lui. Leur époque, les années 70, début des années 1980, est marquée par une forme de colère noire. Nous sommes après le mouvement des droits civiques au Etats-Unis, c'est l'apparition du GLA en Guadeloupe, Aimé Césaire est toujours là... Tout ça crée un climat social et intellectuel qui fait que ces musiques ont pu germer. Les morceaux de Mona que j'ai choisis ont cette énergie là. J'aime le personnage de Mona, il a un côté gauche, brut. Il n'y a pas nécessairement de raffinement, mais il est toujours ancré. Je trouve ça particulièrement intéressant.

Pourquoi avoir choisi Bwa brilé ?

C'est un morceau connu qui parle du labeur et on a voulu retourner complètement ce qu'on sait de la musique de Mona et ce à quoi qu'on s'attend. On a voulu éclairer sa musique par un autre regard, le mien et celui des musiciens. On a dit de Mona qu'il était mystique et il y a beaucoup de choses étranges chez Mona, parfois dérangeantes. Je crois que ça émane d'une forme de frustration qui l'empêche d'exprimer à 100 % l'étendue de son imagination, de son inspiration...  A quel point il est transcendé, à quel point il a envie que la cause noire avance, que la Martinique soit vivante, debout, indépendante. C'est cette effervescence des années 1970 que je trouve magique et que j'ai voulu capturer parce que ça ressemble aussi à notre époque. Il y a beaucoup de nationalisme, en tout cas, de gens qui se séparent, une grosse conscience noire qui resurgit avec le mouvement Black lives matter. A Paris, il y a de plus en plus d'Antillais conscients de leur communauté... C'est une ambiance. Bwa brilé, c'est cette évidence...

Et Angoulous sé lamo ?

C'est le côté nihiliste de Mona ! Dans une Martinique très ancrée dans les valeurs catholiques, encore dans des valeurs conservatrices, je trouve génial qu'il écrive des choses comme ça : "Nous ne sommes que des corps, que des cadavres... Nous allons mourir demain..." C'est un etat d'esprit dans le monde, les punks contre Thatcher, mais aussi Féla Kouty dont j'ai repris "Ti milo", parce que c'est de l'afro beat, parce que c'est une musique dissidente...

Quel lien faites-vous entre vos deux précédents albums, "Chayé ko" et "Ecole créole" ?

Il y a une constante dans ma façon de travailler : je fonctionne avec un groupe de musiciens, un groupe de compositeurs. Je ne sis pas seul, jamais seul depuis le début. J'ai toujours recruté des compositeurs en force qui maîtrisent leur instrument. Ralph Lavital, Gwenaël Ladeux, Mathieu Edouard ou Wendy Milton sont des virtuoses, ils ont le talent de l'écriture et ils s'entendent entre eux. Depuis quatre ans que je travaille avec eux, je me positionne comme chef d'orchestre et je viens avec une proposition d'écriture. A partir de là, je ne me pose pas de limite. Mais en dehors de ça, il n'y a pas nécessairement de lien évident entre l'un ou l'autre album. Ce que j'ai voulu faire avec cet album, c'est un pont entre musique traditionnelle et musique urbaine, à la fois afro-américaine, hip hop et électro avec un socle traditionnel.

Où avez-vous réalisé cet album ?

Entre la Martinique et Paris.

Jamais à Detroit ?

Non, pas encore... Mais j'aimerai bien construire une autre histoire à Detroit. C'est à la fois la ville du rock et celle de l'électro. Ca fait longtemps que la Motown n'est plus là. Tout le monde est parti à Chicago ou New York, mais sont restés les white trash et les Noirs pauvres qui travaillent avec leur petite console. Il y a un mouvement underground électro avec des trucs très sales, inécoutables, et quelques trucs de très bonne qualité.

Comment est-ce de vivre à Detroit ?

Detroit est la ville de l'échec capitaliste américain, mais je m'y trouve plutôt bien. Au début, il s'agissait pour d'un besoin de vivre autre chose, découvrir de nouveaux horizons et puis je me laissé prendre au jeu, je me suis senti proche de la communauté afro-américaine et j'ai commencé à m'engager dans des causes un peu politiques. Detroit ne sent pas la joie de vivre, mais beaucoup de choses se révèlent en moi. Je me sens beaucoup français à l'étranger que je ne l'étais à Paris. Je découvre ma culture française, ma culture antillaise, je découvre qui je suis et qu'il y a des choses de possible. Je vis une sorte de panafricanisme, de rencontres avec les afro-américains, les Antillais, les autres cultures noires du monde.

Est-ce que Detroit un environnement propice à votre création ?

C'est un environnement post-industriel. Une ville qui a des allures de fin de monde, un peu apocalyptique. Il y avait une forte activité depuis le début du XXe siècle jusque dans les années 60 où on a commencé à délocaliser. Il y a eu une crise économique et s'en sont suivies quelques crises sociales. L'une des crises qui a vraiment sonné le glas de cette ville de Detroit, c'est la crise raciale. Après les émeutes, les gens se sont séparés. Les Blancs sont partis très loin autour de la Detroit Metropolitan area et dans la ville ne sont restés que les Noirs. Les Noirs n'ont pas de capital aux Etats-Unis et la ville est restée en décrépitude pendant trente ans. Ce n'est que depuis 2011, qu'on assiste à un réveil de la ville et ça m'inspire vraiment de voir cette ville renaître. Rien n'est pareil d'une semaine à l'autre.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 06:41

Muriel Icaré-Nourel et Sylvio Létard inéligibles pour un an

Saisi par la Commission de comptes de campagnes et financements politiques, le Conseil d'Etat a déclaré, hier, Muriel Icaré-Nourel inéligible aux fonctions de conseiller à l'assemblée de Guyane pour un an. Muriel Icaré-Nourel, membre du parti radical et de l'UDI, conseillère régionale de 1998 à 2010, et ancienne conseillère municipale de Remire-Monjoly, avait pris en décembre 2015 la tête d'une liste "L'union Guyane" qui a recueilli 573 voix, soit 1,59 % des suffrages au premier tour des élections à l'Assemblée de Guyane. La CNCCFP reproche à la candidate d'avoir inscrit dans son compte de campagne la somme de 13 207 euros directement réglés par elle, soit 70 % du montant des dépenses et 10 % de leur plafond. Le Conseil d'Etat a par ailleurs estimé "caractérisé" ce manquement à la règle et validé le non remboursement forfaitaire des frais de campagne de la candidate. Et comme ce manquement est non seulement "caractérisé", mais encore "délibéré", le conseil d'Etat a décidé de prononcer l'inéligibilité.

Sylvio Létard, quant à lui, avait recueilli 174 voix (0,48 % des suffrages exprimés au premier tour de l'élection territoriale à la tête de la liste "Pour une nouvelle vision de la Guyane française : un statut ambitieux et cohérent". Celui-ci n'a pas fait présenter son compte de campagne par un expert-comptable alors qu'il a bénéficié de 1275 euros de dons. Le conseil d'Etat le prive du remboursement forfaitaire de sa campagne et le rend inéligible pour un an.

FXG, à Paris

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 07:16
Les rapporteurs de la loi égalité réelle outre-mer au Sénat

Les rapporteurs de la loi égalité réelle outre-mer au Sénat

La loi égalité réelle outre-mer revient au Sénat

Le projet de loi d'Ericka Bareigts sur l"égalité réelle outre-mer est revenu mardi matin au Sénat devant la commission des lois, préalable à son examen public.  Ce projet de loi vise à améliorer la vie de 3 millions d'ultramarins sur la base de plans de convergence, "des outils adaptés à la diversité des territoires, selon la ministre, et permettant leur émancipation économique tout en préservant la solidarité nationale". Ainsi le projet poursuit l'harmonisation des prestations sociales entamée en 1996 (allocations familiales pour les indépendants, allocations vieillesse des personne au foyer), la lutte contre la vie chère et la création d'un small business act qui réserve un tiers des marchés publics aux PME locales ou l'élargissement de l'aide au fret pour les échanges régionaux et les transports de déchets pour leur valorisation. Concernant l'éducation, le projet de loi propose d'expérimenter pour 5 ans l'école obligatoire de 3 à 18 ans et, sur l'habitat social, la suppression de l'agrément fiscal.

D'emblée, les sénateurs de l'opposition gouvernementale ont fait part de leurs doutes sur la nécessité de garder deux dates commémoratives de l'histoire de l'esclavage (10 et 23 mai). Le sénateur Magras (LR Saint-Barth) a fait part de son opposition au principe d'égalité réelle en rappelant que "les territoires tirent leurs forces et leurs richesses de leurs différences" en rappelant les dégâts causés par le traitement égalitaire de l'Europe aux Outre-mer... Chantal Desseyne (LR), de la commission des affaires sociiales a bien noté l'extension des allocations familiales aux travailleurs indépendants qui ne sont pas à jour de leurs cotisations sociales, mais elle a posé la question de leur recouvrement quand seuls 50 % de ces charges sont payés outre-mer... La même a posé la question de la cotisation sociale sur les rhums, "30 fois inférieure à la métropole avec une bouteille à 6 ou 7 euros". Elle ajoute : "Cette préoccupation majeure de santé publique doit d'appliquer à l'ensemble du territoire..." Vivette Lopez (LR), rapporteur de la commission des affaires culturelles a mis en garde contre le pouvoir de saisine du CSA par l'office des langues régionales ou encore la tenue d'un état civil bilingue. Georges Patient (PS Guyane) a regretté que ce projet de loi ne vienne corriger le traitement des communes avec l'inégalité des dotations ou encore l'exclusion de la seule CCI de Guyane pour tenir le registre du commerce... Gélita Hoarau (PCR) a demandé pourquoi ne pas en profiter pour faire sauter les 40 % de vie chère... "Supprimer les 40 %, a répondu la ministre, c'est enlever 2 % du PIB à la Réunion."

Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a confirmé mardi après-midi dans sa déclaration de politique générale devant les députés que la loi égalité réelle outre-mer serait examinée début 2017 au Sénat et adoptée définitivement d’ici la fin du quinquennat.

FXG, à Paris

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 05:09

Air Caraïbe défiscalise un ATR

Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer, a annoncé les agréments obtenus par  Air Caraïbes et Air Tahiti dans leurs dossiers de défiscalisation. Il s'agit, a ajouté le cabinet de la ministre, d'un ATR pour Air Tahiti, et d'un ATR pour Air Caraïbes. Dans les deux cas, ces appareils sont destinés au transport domestique ou "court-courrier". Ces décisions ont été données car "elles participent au renforcement de la connectivité aérienne dans les territoires d’Outre-mer, indispensables au développement des échanges économiques et humains." Le seul gros porteur destiné au long courrier ayant été récemment défiscalisé était un Airbus d'air Caraïbes destiné à relier la Guyane à Orly.
FXG, à Paris

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