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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 06:53
Admiral T à l'Accor arena hôtel

Admiral T s'offre Bercy pour ses vingt ans de carrière

L'Accorhotels Arena de Paris Bercy met ses 20300 places à la disposition d'Admital T. Le chanteur guadeloupéen promet le plus gros show de toute sa carrière (20 ans !). Il sera ce 15 avril le premier artiste caribéen francophone à faire Bercy en solo. Pas tout à fait en solo, puisque sur scène, 16 danseurs l'accompagneront au milieu d'effets spéciaux et vidéos...

Le groupe de musiciens est composé de Stevie Landre à la batterie, Amen Viana à la guitare, Mister Francky et Yannick Comsel aux claviers, Dominique Marie-Joseph à la basse, Caroline Loial et Linda Rey aux choeurs, Boris Reine-Adelaide aux percussions , Gaïd Marie-Antoinette, ingénieur du son. Il y aura 12 invités dont les noms ne sont pas dévoilés. En première partie, il annonce trois talents de Guadeloupe, Martinique et Guyane, "pas connus mais très doués"

L'album "Totem" sera offert en exclusivité à tous les détenteurs d'une place de concert.

FXG, à Paris

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 05:19
Emmanuel Macron, samedi 8 avril face aux Ultramarins de l'Hexagone

Emmanuel Macron, samedi 8 avril face aux Ultramarins de l'Hexagone

Macron à la rencontre des Ultramarins d'Ile de France

"J'excuse Ary Chalus qui aurait voulu être avec nous, mais qui est très engagé." Samedi, Emmanuel Macron recevait des ultramarins d'Ile de France à son local de campagne, rue Abbé-Groult, dans le 15e. Le candidat d'En marche ! s'engage à ouvrir des assises d'outre-mer dès son élection. Elles auront trois mois pour mettre en place, dans chaque territoire, la politique d'urgence à mettre en oeuvre la première année, "dans une stratégie quinquennale". Il nommera pour cela un "délégué coordonnateur" à l'Elysée. Une part pour l'outre-mer sera prévue dans le plan d'investissement de 50 milliards qu'il propose nationalement. Il promet une politique de filières, bleue, verte, agricoles, de continuité territoriale et un assouplissement de la gouvernance institutionnelle avec plus d'habilitations, y compris pour la Réunion (suppression de l'amendement Virapoullé). Ce qu'il promet pour la France, la baisse des charges, la suppression du RSI, 12 élèves par classe au CP et au CE1, 10 000 gendarmes et policiers de plus, sera valable en outre-mer. Après une envolée sur "la chance de la France", "la force de l'influence française", "le développement et l'émancipation dans la République", le candidat s'est livré à un échange avec le public où l'on a observé la présence des principales associations ultramarines comme le CReFOM, le Collectifdom, Tjenbé red... Macron a remercié sa déléguée En marche ! des Ultramarins d'Outre-mer, la Martiniquaise Marjolaine Milome-Noiran et le responsable de son programme Outre-mer, Max Dubois.

FXG, à Paris

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 06:10
Sous-ministre des Cocotiers

Bareigts dans le Canard

Elle n'est pas à la page des affaires, mais Odile Benyahia-Kouider se lâche un peu avec Ericka Bareigts en dernière page du Canard enchaîné du 5 avril. Sous le titre "Ericka de conscience", le Canard rappelle "son heure de gloire dans l'hémicycle en criant sa fierté de députée noire face aux propos honteux de Nadine Morano sur la race blanche", avant de préciser "n'est pas Taubira qui veut" et de lui reprocher d'avoir attendu dix jours avant de se rendre à Cayenne. La suite traite surtout de la Guyane et des 500 "gros bras" pour mieux conclure : "Il ne faudrait pas que le conflit s'enlise et provoque un deuxième naufrage de l'Ericka." En page 2, c'est un peu plus saignant, puisque, sous le titre "Il n'y a pas que des fusées en Guyane", le Canard révèle que Bernard Cazeneuve était "fou de rage" lorsqu'il a vu sa ministre des Outre-mer, présenter des excuses aux Guyanais le 31 mars depuis le balcon de la préfecture de Cayenne. "Des excuses calamiteuses, déconnectées de la réalité et qui ouvrent les vannes de la surenchère", se serait étouffé le Premier ministre selon l'hebdomadaire satirique. Pire ! Bareigts ne lui a pas demandé son avis... Mais Fekl non plus n'a pas été épargné non plus, "totalement absent". "Il n'est jamais trop tard pour se faire connaître quand on est une ministre inconnue", ironise Odile Benyahia Kouider, mais, le nec plus ultra, c'est le dessin de Pétillon. Il l'a joliment croquée à côté de Cazeneuve. Celui-ci refuse de laisser une addition de 2,5 milliards à ses successeurs. Ericka suggère : "Même en y joignant des excuses ?"

FXG, à Paris

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:55
Le stand de l'éditeur guyanais, Ibis rouge, accueille le visiteur avant le stand du ministère des Outre-mer où était fort mal loti l'éditeur Orphie.

Le stand de l'éditeur guyanais, Ibis rouge, accueille le visiteur avant le stand du ministère des Outre-mer où était fort mal loti l'éditeur Orphie.

La librairie des Outre-mer au "Livre Paris"

L'Outre-mer était encore bien présent au salon "Livre Paris" qui s'est déroulé ce week-end. La plupart des éditeurs des Antilles et de la Guyane y ont présenté leurs nombreux auteurs et l'éditeur Ibis rouge a préféré prendre son propre stand indépendant de celui du ministère. Régine Jasor qui tient depuis plus de vingt ans la librairie des Outre-mer au salon, observe que le regard des gens a changé : "Dans les années 1990, les gens nous découvraient par hasard et s'étonnaient qu'on ait des écrivains, des auteurs pour la jeunesse ; ils découvraient que sortis des ouvrages de cuisine, de tourisme, nous réfléchissions, nous avions des essayistes, des romanciers..." Aujourd'hui, si le stand des Outre-mer est un lieu de rendez-vous, de retrouvailles pour les Antillais et les Guyanais de la diaspora, nombreux sont les lecteurs hexagonaux à fréquenter ses rayonnages et ses rencontres avec nos auteurs. Reste que le salon "Livre Paris" est un événement annuel et qu'il manque sans doute un prolongement pour que, d'un salon à l'autre, ce public sache où retrouver ces littératures, ces auteurs qui, une fois le salon achevé, s'évaporent. "Les gens, confirme Régine Jasor, nous demandent où on peut nous trouver. Ils veulent nous voir et c'est le signe que nos littératures sont attirantes." Il y avait naguère un salon intermédiaire, au mois de septembre, au ministère des Outre-mer, un salon du livre d'outre-mer et c'est sans doute ce type de salon et de rencontres intermédiaires qui manquent cruellement aujourd'hui pour pérenniser cette visibilité chèrement conquise.

Reportage FXG, à Paris

Loïc Léry en signature

Le livre de Loïc Léry, ex-membre du gang des Antilais, connaît une deuxième carrière depuis que Jean-Claude Barny l'a porté à l'écran. L'auteur martiniquais était en signature au Livre Paris, accompagné du réalisateur guadeloupéen. Et pour ceux qui n'auraient pas eu encore l'occasion de découvrir cette aventure à la fois politique et banditique, le livre est publié chez Caraïbédition et le DVD du film vient de sortir. (Photo piquée sur le Facebook de Jean-Claude Barny)

Arlette Pujar à l'Agora

Arlette Pujar a eu l'honneur de l'agora installée au coeur du stand du ministère des Outre-mer. La journaliste Marie-Mickaële Manquat l'a longuement interrogée sur son roman, "Vini Vann, la boutique de manuel Yvonne", chez K éditions.

Thierry Dupré présente "La planète Takoo"

Première présence au salon Livre Paris pour le jeune pointois Thierry Dupré. il est venu présenter le premier ouvrage de la maison d'édition qu'il a créée en 2014, Nardar. C'est le volume 1 d'un livre jeunesse intitulé "La planète Takoo - La goutte d'eau". Trois enfants triplés dont un albinos vivent sur un continent désertique avec leur père. Soudain, une énorme goutte d'eau apparaît dans le ciel ; ils vont la suivre...

Bernard Esposito consacre un ouvrage au photographe Gérald Bloncourt

Avec "Je n'ai rien à cacher", collection "Graveur de mémoire" chez Lhamattan, Bernard Esposito propose une biographie du photographe haïtien Gérald Bloncourt. Depuis la création du Centre d'art haïtien en 1944 jusqu'à son travail de photographe de la classe ouvrière française, Gérald Bloncourt, 90 ans, a reçu longuement et à plusieurs reprise Bernard Esposito pour lui narrer sa longue vie. Il en sort cet ouvrage qui fait aussi la part belle à quelques unes de ses plus grandes photographies, mais également de ses toiles.

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:53
Livre Paris- ITW Joël des Rosiers, auteur du recueil de poèmes "Chaux" chez Triptyque

Le lauréat poésie du prix Fetkann à l'honneur

Les organisateurs du prix Fetkann-Maryse Condé ont remis à Joël des Rosiers le prix poésie qui lui été décerné en novembre dernier pour son ouvrage "Chaux" publié chez Triptyque. Interview de l'auteur poète et psychiatre haïtien établi au Canada.

"Chaux est l'écriture divine"

Derrière le titre "Chaux", ne se cache-t-il pas une histoire d'enfantement puisque vous commencer avec le terme "iles" sans accent circonflexe, ancien nom médical pour désigner les os qui forment le bassin ?

"Chaux", c'est effectivement cette vision de l'enfantement et le mot "ile" renvoie à ce bassin dont nous venons tous. "Iles" est la première partie, suivie de "Voiles" et enfin de "Batteries".

Alors pourquoi "iles" ?

La chaux a été pour moi une substance minérale, mais aussi une odeur, une mémoire. Nourrisson, j'ai été intoxiqué par la chaux. Les médecins ne savaient pas ce que j'avais, mais mon père a eu l'intuition, que les émanations de chaux étaient responsables de ma détresse. Il a déménagé pour m'en éloigner et nous installer dans une belle maison créole aux Cayes, entourée d'un jardin, d'une roseraie, non loin d'une belle rivière... Cependant, un homme n'échappe pas à son destin. Sur le terrain de cette maison, il y avait un four à chaux. Et ce four a été mon terrain de jeu. J'ignorais encore tout de mon histoire, mais cette odeur de chaux a été ma madeleine de Proust. La chaux a été pour moi un poison et un médicament. Cette idée qu'une épreuve puisse être un enrichissement est à l'origine de ce livre. Pour autant, je n'y raconte pas cette histoire ainsi, c'est recueil de poésies. J'ai abordé les falaises de chaux, de craie dans leur émerveillement. Le mot lui-même est à double sens, il peut-être la chaleur, chaud, chaux... Et cet émerveillement là est lié à une tradition poétique profonde, ancienne autour de la chaux. Aux Antilles, elle est présente chez Saint-John Perse, Aimé Césaire, Edouard Glissant, Fernando Pessoa... La chaux est le mortier de l'humanité, ses sédiments avec ses fossiles. La chaux est en nous et elle crée un cycle éternel. Un mur de chaux est un mur qui s'épaissit. Eteinte d'abord, elle devient vive avec la pluie, se déshydrate et insère tout ce qui s'est déposée sur elle... La chaux, c'est mystérieux et c'est ce mystère que j'ai voulu conter en poésie.

Pourquoi les "Voiles" ?

La chaux nous conduit vers l'enfantement, vers le mystère du féminin. La bassin féminin est notre premier berceau et il est comme le mur de chaux qui s'élargit pour nous accueillir... "Voiles" est à entendre dans les deux sens, la voile de la barque et le voile qui masque plus qu'il ne cache le mystère. Chaux est l'écriture divine puisque dans le livre de Daniel, il y a ce moment extraordinaire où la main coupée de Dieu inscrit sur un mur de chaux trois mots que personne ne comprend. On fait venir le prophète Daniel qui est un poète et qui arrive à les décrypter...

Et pourquoi les "batteries" ?

Après la naissance, l'enfantement et la mort, arrive la femme. "Batteries", c'est à la fois les batteries de cuisine, de musique et les batteries militaires qui s'étalent sur les côtes de la Guadeloupe, de Sainte-Rose à Trois-Rivières. a la pointe Batterie, il existe des vestiges de canons et de fortins en chaux qui m'ont beaucoup émus quand je les ai visités. Mon ancêtre, François Rigaud était le bras droit haïtien de Delgrès. Il est venu de Saint-Domingue en 1801 après la guerre du Sud entre Toussaint Louverture et les Rigaudins qui l'avait perdue. Les trois frères Rigaud étaient révolutionnaires, mais hélas pour eux, mulâtres. Le général André Rigaud s'est réfugié dans les îles vierges, Antonin Rigaud à Curaçao et François Rigaud en Guadeloupe porter l'extraordinaire révolution haïtienne. A l'arrivée de Richepance, François Rigaud est parti aux Saintes déguisé en femme et a été rattrapé et pendu sur une de ces batteries... Il a été ensuite inhumé dans la chaux.

C'est donc tout ça ce recueil et ce titre "Chaux" ?

J'ai voulu aussi que ce soit un objet esthétique. Le livre est comme ces falaises de calcaire, blanc, lumineux et recouvert d'un voile de mylar, un matériel fait de chaux. La chaux était utilisée dans l'industrie sucrière pour blanchir le sucre, dans celle du vin pour l'équilibre du ph. Aux Antilles, les arbres étaient peints à la chaux sur une partie du tronc et ces arbres blancs étaient aussi un mystère.

Pourquoi avoir utilisé le médium de la poésie ?

J'étais poète enfant ; j'ai appris à lire et à écrire à 2 ans. Mes cousins adoraient venir à mon anniversaire, car je leur donnais mes cadeaux s'ils me donnaient des livres sans illustration parce que j'étais fasciné par les mots, par le dictionnaire. Je me sis amusé très tôt avec les mots et ça m'a conduit à la rime, la poésie, au souffle puisque j'ai du apprendre à respirer après avoir failli mourir quand on m'a mis bébé dans un cercueil après que je fus étouffé par les vapeurs de chaux... Ce sont les mots qui m'on t réappris à vivre. Je suis devenu médecin et poète en honneur sans doute de vieux rapport entre littérature et médecine depuis Homère, Empédocle, Céline, Fanon jusqu'à Lacan... Ces nombreux médecins écrivains ont su porter ce regard double sur la vie, la mort et qui remettent aux hommes ce don insidieux de leur souffrance .

Propos recueillis par FXG, à Paris

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:49
Jean-Benoît Desnel au Livre Paris

Jean-Benoît Desnel au Livre Paris

Idem réédite l'histoire

L'éditeur Jean-Benoît Desnel (Idem) est venu présenter au salon Livre Paris quelques uns des titres de sa collection "la grande librairie de l'outre-mer français". "Cette collection essaie de défaire le regard condescendant qui existe encore sur nos littératures." Il propose aux lecteurs de les découvrir en rééditant des essayistes de talent en sciences politiques et sciences humaines. Son premier coup a été la réédition d'un texte de Victor Schoelcher, "Le procès de Marie-Galante", suivi par "Le préjugé de race aux Antilles" de Gaston Souquet-Basiège, "L'abolition générale et simultanée de l'esclavage dans les colonies françaises" d'Alexis de Tocqueville, le "Traité sur la tolérance" de Voltaire, "Les colonies françaises de Louis-Henrique Duluc, "Histoire de la Guadeloupe" d'Auguste Lacour, ou encore "Procès politique", d'Henry Sidambarom. Son objectif est de provoquer un débat sur nos problématiques qu'évitent les grandes émissions littéraires comme "la Grande Librairie" de Frédéric Taddéi, en référence au titre de sa collection. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette collection rencontre un certain succès auprès d'un public érudit, d'étudiants spécialisés, mais aussi, souligne l'éditeur, "de gens amoureux d'une Guadeloupe ou d'une Martinique authentiques qui tendent à disparaître". "L'affaire Légitimus et la race noire : un crime politico-judiciaire" de Georges Boussenot s'inscrit dans cette démarche.

De Légitimus à Lénine

L'objectif de l'éditeur est de mettre ces ouvrages en perspective par rapport au tumulte de l'histoire qui emporte notre vieux monde vers un inconnu, une nouvelle ère historique qu'on n'a pas encore baptisée mais qui assurément pointe son nez depuis le début de ce siècle. "Nous sommes encore pris, explique Jean-Benoît Desnel, dans des considérations mensongères de certaines idées dogmatiques. C'est ce qui a contribué à provoquer le vote des Anglais pour le Brexit, craignant l'invasion de leur pays par des étrangers ou la montée des votes extrêmistes." Idem ne veut se cantonner à un cadre exclusivement antillo-antillais et, dans cet esprit, se prépare à rééditer des textes de Lénine, "avec des regards nuancés" sur la révolution de 1917 d'historiens de la gauche anticolonialiste, des défenseurs du "oui" à Malraux, à l'attachement de la France de Gaulle, et l'influence des révolutions marxistes et des dictatures dans la Caraïbe et l'Amérique latine.

FXG, à Paris

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:45
Hector Poullet, grand épistolaire du samedi, et son éditeur Florent Charbonnier

Hector Poullet, grand épistolaire du samedi, et son éditeur Florent Charbonnier

Dans "Abobo !" chez Caraïbéditions, l'auteur de Capesterre-Belle-Eau prend Glisasnt à rebours : "Des démiurges proposent de s'accepter avec une identité rhizome, avec juste quelques rhizomes pour nourrir leur personnalité à partir de leur environnement quel qu'il soit car, disent ces théoriciens d'une créolisation mondialisante, ce serait dans cet univers d'individus sans racine que se trouverait l'avenir du Tout Monde. Une identité au court flottant en quelque sorte où chaque individu, telle une algue, voguerait au gré des flots de la globalisation. Telle serait la solution à leur quête d'identité..."

"Un peuple ne peut se construire sans légende"

Depuis quand écrivez-vous Hector ?

Depuis le cours préparatoire !

Et vos premières histoires ?

On m'a presque forcé ! J'avais écrit des poèmes et ils ont été publiés sous le nom de quelqu'un d'autre parce qu'on voulait absolument que je les publie !

Sous le nom de qui ?

Celui de Sony Rupaire... C'est une autre personne qui a fait ça en pensant rendre service à Sony. Il pensait que ça ne pouvait être que Sony Rupaire !

Et comment êtes-vous venus à la fiction ?

C'est nouveau ! J'ai proposé à mon éditeur des légendes parce que si nous avons des contes aux Antilles, nous n'avons pas de légendes et un peuple ne peut se construire sans légende. Or, nous en avons, mais les enfants ne les connaissent pas. On leur apprend les légendes grecques, latines, chinoises ou nordiques, mais on ne leur parle pas de ce qui s'est passé dans leur pays. Il y a eu des hommes et des femmes héroïques, des marins, des religieux, des esclaves révoltés... Il y a des tas de choses à leur raconter pour les aider à construire leur identité.

Et là, vous arrivez avec quatre légendes inédites...

La première commence 100 ans avant l'arrivée de Christophe Colomb, avant la guerre entre les Arawaks et les Caraïbes. Elle me vient de deux amis de la Dominique qui l'ont appris d'un cacique Caraïbe. S'ils n'avaient pas été en guerre, ils auraient coulé les caravelles de Christophe Colomb, il ne serait jamais revenu et on en n'aurait jamais entendu parlé ! Pourquoi cette guerre ? C'est toujours pareil, une histoire de femme... Une femme qui a enfanté du Dieu serpent. Et ce serpent a été coupé en mille morceaux devenus mille soldats Caraïbes qui se sont vengés des Arawaks.

La deuxième légende se passe à l'habitation Bois-Debout, à Capesterre-Belle-Eau...

C'est l'histoire de Gaegaba, un esclave venu libérer les autres esclaves. Un homme qui s'était porté esclave volontaire et qui a maudit cette habitation... Et depuis, tous les ans, il y a un drame. Un des propriétaires s'est jeté dans la cuve bouillante de sirop... Récemment encore, un gars est descendu de son tracteur. Le frein, mal mis, a lâché et le tracteur lui est passé dessus...

Vous faites aussi du vyé neg une légende...

C'est l'histoire d'un Congo venu sous contrat après l'abolition. Il s'appelait Télesfort, ce qui voulait dire "t'es le fort". Au lieu d'être libéré au bout de trois ans, le propriétaire lui présente sa facture et lui demande de renouveler son contrat. Il s'enfuit vivre dans les bois, sur les hauteurs de Capesterre, trainant une mauvaise réputation de vyé neg. A sa mort, il arrive au ciel, il est mal vu. il arrive en enfer, il est mal vu... Belzebuth le renvoie sur la terre. Il explose sur la soufrière en tombant et est entré dans toute personne vivant en Guadeloupe. C'est pourquoi, blanc ou noir, on a tous un vyé neg en nous...

La dernière histoire est-elle réellement une légende ?

Elle commence dans les années 30 et raconte l'histoire d'une petite négresse de Marie-Galante qui apprend à lire difficilement et qui finira par enseigner le français aux petits Parisiens... Un parcours légendaire !

Vous préparez autre chose ?

La suite de mes recueils "Tomblokoto" et "Blogodo" sur les onomatopées.

Pooo ! Et ça vient d'où "pooo" ?

Ca vient sûrement ou des Caraïbes ou des Africains puisque ce n'est pas français.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:42
Dominique Rivière et Ernestine Ronai, co-rapporteurs de l'avis sur les violences faites aux femmes dans les Outre-mer

Dominique Rivière et Ernestine Ronai, co-rapporteurs de l'avis sur les violences faites aux femmes dans les Outre-mer

Un avis sur les violences faites aux femmes outre-mer au palais d'Iéna

La délégation outre-mer du Conseil économique, social et environnemental a fait adopter (159 pour et une abstention) un avis pour "combattre les violences faites dans les outre-mer". Il se veut le pendant de celui rendu en 2014 pour l'Hexagone. Dominique Rivière, représentant de la Réunion en est le co-rapporteur : "Les stéréotypes sexistes sont le premier facteur qui expliquent ces violences." Ernestine Ronai, co-rapporteure confirme : "L'autorité naturelle de l'homme, chef de famille, chef de clan, est une représentation archaïque qui perdure..." Aucune enquête globale n'a jamais été faite. Seules des enquêtes hétéroclites et étalées dans le temps ont permis de dresser un vague bilan. Huit fois plus de violences sexuelles et sept fois plus de violences physiques en Polynésie que dans l'Hexagone en 2003, deux fois plus de violences sexuelles à la Réunion en 2011...

Le CESE propose de créer des observatoires de ces violences comme il existe à la Réunion, une meilleure formation des professionnels (police, gendarmerie, magistrats, médecins, urgentistes), une sensibilisation des jeunes, le renforcement du planning familial là où il existe et son installation à Mayotte et enfin des campagnes de communication d'ampleur. Pour les victimes, le CESE préconise des logements sociaux, des locaux d'urgence pour les mettre à l'abri, "particulièrement les prostituées, les migrantes et les sans domicile fixe", a précisé Ernestine Ronai. La dernière préconisation concerne les moyens financiers car le budget du ministère des droits des femmes est le plus petit. "C'est un enjeu de société, re car ces violences coûtent à la France 3,6 milliards par an" Par ailleurs, il n'y a pas de déléguée au droit des femmes en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, à Saint-Martin et le poste de la Guadeloupe va être vacant pendant dix-huit mois sans remplaçant possible.

Les conseillers veulent faire connaître leur avis, lui donner une vie, du suivi.

"Les gouvernements passent, conclut Mme Ronai, les acteurs restent, les violences aussi..."

FXG, à Paris

Une Saint-barthe présidente de la délégation outre-mer

La Saint-barthe, Inès Boucheau-Choisy a été élue à la tête de la délégation Outre-mer du Conseil économique, social et environnemental. Elle succède à Christian Vernaudon. Le Polynésien a laissé la présidence mais reste conseiller. En revanche, le président du groupe Outre-mer ne change pas ; c'est l'ancien sénateur de Guyane, Jean-Etienne Antoinette.

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:34
Le grand frisson

Un thriller dans les cités

"Comme tous les matins de bonheur, je suis étalé dans mon pieu, la main dans mon calbar à m'astiquer la trique." Dès la première ligne et cet hommage à "La recherche du temps perdu" de Marcel Proust, Frankito donne son ton ! C'est "Le grand frisson". Frankito, alias Franck Salin, vient de publier chez Archipel, collection Ecriture, un roman mi-"série noire", mi-"SAS" qui pue le fric, la drogue, les gangs, la violence, le sexe mais respire aussi la jeunesse, le street art, l'amour et Kery James ! Sur fond de cités de la banlieue parisienne, Frankito transporte son lecteur dans la peau d'un adolescent originaire des îles qui se laisse embarquer dans un mauvais trip par amour... Elève au lycée, Bienvenu dit Ben, 16 ans, a toujours su éviter les mauvaises rencontres dans sa banlieue où deux bandes s'affrontent, celle des Mambas noirs et celle des Requins, la cité Zola contre la cité Balzac. Sa rencontre avec Marie-Ange va le projeter au coeur de cette rivalité mortelle que vient perturber l'entrée en scène d'une bande de trafiquants de drogue russes. Marie-Ange, native comme Ben des îles, étudiante en rupture de ban, est tombée dans les pattes d'Igor, froid et lisse comme Poutine, qui veut en faire sa chose. Pour revoir le visage de cette fille mystérieuse et éthérée, qui lui a accordé une danse en boîte de nuit, Ben va connaître le grand frisson.

Après "L'homme, pas Dieu" (2012), prix Carbet des lycéens, le romancier se plaît à laisser encore plus de liberté à sa plume qu'il ne s'était déjà permis auparavant ! Son style est vif, alerte et drôle, avec cette volonté de conduire tranquillement son lecteur dans la tête d'un adolescent noir des cités en 2017.

FXG, à Paris

Le grand frisson, édition Archipel - Ecriture

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:31
Livre Paris - l'inceste

Autour de l'inceste avec Yolen Lossen

Avec "Le jour où ma mémoire s'est réveillée", chez Lharmattan, la psychomotricienne martiniquaise Yolen Lossen aborde un sujet tabou, l'inceste. "C'est un sujet difficile que j'ai pu aborder après avoir entendu beaucoup de témoignages et je me suis rendue compte de la souffrance de ces enfants, que l'inceste était un crime parfait sans cadavre, parce que la vie de l'enfant est détruite." Elle en a conclu que seule la libération de la parole pouvait les aider. C'est pourquoi elle a choisi le roman. Et loin de stigmatiser les Antillais, elle insiste pour rappeler que c'est un thème, hélas, universel. Dans son roman, le père incestueux est un Gardois et la mère martiniquaise. L'histoire se passe dans l'Hexagone et en Martinique. "C'est une histoire française !" Yolen Lossen a été confrontée dans son cercle amical à un tel drame. "Quand la mère m'en a parlé, je ne l'ai pas crue... J'ai écrit ce roman dans un désir de réparation." Sa conclusion est que le violeur est un malade, un déviant sexuel qu'il faut soigner. "Donc, il faut le dénoncer, d'autant que l'enfant n'est souvent pas cru et qu'il a peur de faire du mal à sa mère. Derrière la peur et la honte, l'enfant se demande même s'il n'est pas responsable... Et c'est grave pour un enfant de garder cette culpabilité." Son roman propose donc la libération de la parole. "Il faut qu'il puisse parler à quelqu'un de toute confiance. Dans mon roman, Margot l'héroïne parle à sa mère des attouchements sont elle a été victime et la mère ne la croit pas ; elle la giffle." Pour autant, elle met en garde contre les femmes perverses qui se servent de la parole de l'enfant pour détruire leur ex-mari..." Le problème est donc éminemment complexe d'où l'importance de former les aidants, les travailleurs sociaux qui recueillent la parole de l'enfant. Ce roman, derrière l'angoisse qu'il peut générer, est un livre plein d'espoir car après une telle tragédie, la résilience est possible. "On peut rebondir, si on libère la parole."

FXG, à Paris

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Published by fxg
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