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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 11:04
Marie-Annick Lebeau, la mère de Jérôme, qui comparaissait libre est repartie en prison

Marie-Annick Lebeau, la mère de Jérôme, qui comparaissait libre est repartie en prison

28 ans de prison pour Jérôme Lebeau, 5 dont 4 ferme pour sa mère

Jeudi 5 mars, le jury composé de magistrats professionnels de la cour d'assises spéciale de Paris a reconnu coupables,  Jérôme (25 ans) et Marie-Annick Lebeau (59 ans) des faits d'association de malfaiteurs terroristes et pour le seul Jérôme, de tentative d'homicide volontaire sur des officiers de police en lien avec une entreprise terroriste.  Le fils a été condamné à une peine de réclusion criminelle de 28 ans dont deux tiers de sûrté, la mère, une peine de cinq ans dont quatre ferme.

Pendant les quatre jours qu'ont duré ce procès, défense et accusation ont essayé chacun lors des auditions de témoins et d'experts de convaincre la cour. Me Arab-Tigrine et Me Sieber, les avocates de Jérôme Lebeau, ont essayé de minimiser la gravité des faits, de plaider son immaturité, son renfermement, et de laisser entendre que jamais leur client ne serait passé à l'acte. Me Desrues, l'avocat de Marie-Annick Lebeau, a essayé de minimiser le rôle de sa cliente en plaidant sa faiblesse et son manque de discernement, sa relation fusionnelle avec son fils qu'elle ne voulait décevoir... Mais jeudi matin, le réquisitoire de l'avocate générale a été implacable et c'est elle qui a fait pencher la balance de la justice.

"En l'entraînant dans la radicalisation, a requis la magistrate, la mère a donné à son fils une image positive de lui-même." Car c'est la rupture qu'elle provoque avec le père de ses enfants qui va lui donner l'occasion de recréer un lien avec son fils. "Ce qui est bon pour elle est bon pour lui ! Elle partage la même trajectoire que son fils et ce fils obtient tout ce qu'il veut de sa mère. C'est cela, précise l'avocate générale l'association de malfaiteurs." Ils regardent ensemble les vidéos terrifiantes de propagande de l'Etat islamique. Jérôme adhère à fond à sa vision manichéenne du monde. "Il a été invité à rejoindre l'EI, poursuit la magistrate qui rappelle qu'il s'est engagé le 17 décembre 2015, soit un mois après les attentats de Paris. Il est en contact avec des personnalités comme Rachid Kacim. Il veut partir en Syrie, mais c'est sa mère qui le dissuade car elle ne veut pas se séparer de lui.

"Couple infernal"

Elle lui paye son inscription à un club de tir en mai 2016, sa carabine en juillet, le pistolet automatique en août. Durant tout ce temps, il ne cesse de faire des recherches sur les armes sur Internet. Il achète le fusil à pompe en septembre. "On nous dit qu'il fait de la phobie soviale, invective l'avocate générale, mais il vient régulièrement au stand de tir !" Il monte ensuite son expédition à l'oratoire de Saint-Expédit où il décapite les statues et produit une vidéo. A partir de janvier, sa communication sur Internet devient étrangement imprudente. Il publie une vidéo où il appelle au djihad armé et à tuer les "kouffar", les policiers, les militaires, les homosexuels, les sorciers... Il fait des recherches internet sur les explosifs... Le 30 janvier, c'est sa dernière séance au stand de tir. Le 17 février, il reçoit sur Télégram le testament de Rachid Kacim. En mars, il essaie de faire de l'explosif avec des balles de ping pong. De nouveaux messages imprudent sur Twitter, un réseau non crypté : "Pas d'alliance avec les kouffars !" "C'est comme si, il voulait se faire repérer, explique le ministère public. Quant à Marie-Annick Lebeau, non, elle n'est pas passive, oui, elle a de l'autorité sur son fils, elle est est volontaire, dynamique, intéressée..." Elle finance tout, les armes, les munitions, les cours de tir, elle participe aux deux expéditions contre les lieux de culte... "Dans ce couple infernal, conclut le réquisitoire, aucun ne veut quitter l'autre. La seule façon de mener à bien le combat de Jérôme sans qu'il ne quitte sa mère, c'est de provoquer l'action violente chez eux !" C'est ainsi qu'apparaîtra le compte Twitter du "tueur souriant", celui qui sera repéré le 27 février 2017. Il y aura encore quatre signalements en avril alors qu'il n'y en avait plus eu depuis 2015... Le matin du 27 avril, Jérôme est prêt. Le fusil à pompe est posé à côté de son lit, les cartouches sur l'armoire, elle aussi à côté de son lit. Quand le GIPN débarque à 6 heures, il ne mettra que 12 secondes pour charger son arme, la pointer et tirer sur les deux policiers. "Il accomplit sa mission, explique l'avocate générale, et étant blessé, il fait un pas vers le martyr, c'est pourquoi il sourit..." C'est cette version qui a aboutit à cette lourde condamnation. Jeudi soir, Jérôme Lebeau est retourné à la prison de la Santé et sa mère qui comparaissait libre, a repris le chemin de la prison.

FXG, à Paris

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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 06:18
Marie-Annick Lebeau à la sortie de la salle d'audience mercredi matin

Marie-Annick Lebeau à la sortie de la salle d'audience mercredi matin

La mère et le fils à la barre

Au troisième jour du procès de Marie-Annick et Franck Lebeau, poursuivis pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, la cour d'assises spéciale de Paris a passé la journée d'hier à interroger les accusés.

"En lui donnant tout, je voulais combler le manque de son papa." Comment Marie-Annick Lebeau, sachant son fils radicalisé, l'ayant entendu dire qu'il projetait de commettre un attentat contre des militaires ou des policiers dans l'Hexagone ou encore qu'il comptait partir en Syrie, l'ayant vu brûlé après avoir tenté de fabriqué de l'explosif avec des balles de ping pong, a-t-elle pu lui acheter un pistolet automatique Walter avec un silencieux, un fusil à pompe, des munitions ? Comment a-t-elle pu l'accompagner deux fois détruire des statuettes religieuses et dire à la barre de la cour d'assises spéciale qui luje avec son fils depuis lundi qu'elle "n'a pas vu au-delà de ce qu'il (lui) disait" ?

L'expert psychiatre entendu mardi soir a insisté sur la caractère "caméléon" de Mme Lebeau, non pour manipuler, mais pour affabuler... De fait tout au long de son interrogatoire sur les faits, mercredi matin, la mère de Jérôme Lebeau n'a cessé de donner des réponses contradictoires, ayant pour seul souci de plaire à son questionneur, qu'il soit juge ou partie. "Quand doit-on vous croire, madame", a demandé l'avocate générale... Alors qu'elle jurait n'avoir vu qu'une seule vidéo de la propagande de l'Etat islamique, Marie-Annick Lebeau a dû ainsi convenir qu'elle en avait vu bien d'autres, si terrifiantes soient-elles. Elle explique alors qu'il lui était impossible de signaler la radicalisation de son enfant, de s'opposer à lui par peur qu'il cesse de l'aimer... "Je suis désolé a-t-elle conclu à l'adresse des deux policiers blessés lors de l'arrestation de son fils et présents dans la salle, de ne pas avoir vu la gravité de ce qu'il allait faire..." Avec Marie-Annick Lebeau, une femme sous influence émotionnellement faible, et son fils Jérôme, directif et radicalisé, la cour a fort à faire pour se faire une religion...

"Je me voyais comme un guerrier du khalifat"

L'audition de Jérôme a montré que le jeune homme, contrairement à sa mère, a bien compris et le dossier et la stratégie de défense de son conseil. "Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés, à savoir association de malfaiteurs terroristes criminels et double tentative de meurtre du agents de police en relation avec une entreprise terroriste ? "Il faut le détailler, répond-il, car vu comme ça, ça fait peur." Il réfute dans le premier chef le critère aggravant de l'association de malfaiteurs : "J'étais seul." Quant à la tentative d'homicide, il ne reconnaît que des violences volontaires sur des personnes dépositaires de l'autorité publique. Son avocate a présenté ses résultats scolaires depuis qu'il est en prison et il joue le repenti : "Oui, j'ai été radicalisé. La vision que j'avais de la religion pouvait admettre dans son application la violence." Il minimise certains faits, notamment une photo de sa mère portant chèche et hijab : "C'était pour rigoler." S'il reconnaît avoir été un partisan de l'EI, il nie lui avoir fait allégeance. "Je voyais les combattants de Daesh comme des héros à ce moment-là." Il insiste bien pour parler au passé et dire qu'il ne serait jamais passé à l'acte. "Je me voyais comme un guerrier du khalifat car j'étais faible. Ca me donnait confiance." Il dit encore qu'il a eu "la tête prise tous les jours dans leur propagande" qui lui rappelait les jeux vidéos de guerre auxquels il s'adonnait. Il indique encore que malgré l'horreur des vidéos qu'il regardait, "ils se présentaient comme les gentils ; j'ai tout avalé. J'ai dit que je voulais mourir en martyr parce que ça fait partie de la théologie djihadiste mais je voulais vivre..." Quant à sa mère qui disait amen à tout ce qu'il disait quand il défendait Daesh, il tente de la dédouaner : "Des fois, elle s'opposait, elle écoutait mais elle n'entendait pas. Je ne suis pas sûr qu'elle était d'accord..."

Ce jeudi, après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, le verdict devrait tomber dans la soirée.

FXG, à Paris

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 06:49
Thierry V, brigadier-chef du GIPN, blessé par un tir de Jérôme Lebeau lors de son interpellation le 27 avril 2017 à Saint-Benoît

Thierry V, brigadier-chef du GIPN, blessé par un tir de Jérôme Lebeau lors de son interpellation le 27 avril 2017 à Saint-Benoît

L'homicide (in)volontaire en débat

Le procès de Jérôme Lebeau et de sa mère Marie-Annick se poursuit devant la cour d'assises spéciales de Paris. Le jeune homme radicalisé a-t-il tiré sciemment sur les policiers venus l'arrêter ?

Le 27 avril 2017, lorsque le GIPN est intervenu résidences des Fragrances à Saint-Benoît pour interpeller le jeune Jérôme Lebeau, soupçonné d'apologie du djihadisme, ce dernier a-t-il ou non volontairement tiré sur les policiers d'élite ? C'est en grande partie la question qui a occupé la cour d'assises spéciale de Paris, mardi. Car le jeune Réunionnais n'est pas seulement poursuivi  avec sa mère pour participation à un groupement terroriste en vue de commettre un attentat, mais également pour tentative d'homicide volontaire sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Le président de la cour d'assises spéciale a ainsi rappelé les déclarations de l'accusé, trois jours après cette fusillade, lors de sa première garde à vue : "Quand j'ai tiré, c'était pour tuer, sinon j'aurai utilisé des balles en caoutchouc." Plus tard, devant le juge d'instruction, Jérôme Lebeau sert une nouvelle version : "Ce n'était pas pour tuer, mais pas pour plaisanter non plus..."

La cour a donc fait venir un expert en balistique, major de police à l'institut national de la police scientifique. Ce dernier a d'abord indiqué que l'arsenal retrouvé dans l'appartement des Lebeau (une carabine 22LR de survie et un fusil à pompe Mossberg Maverick 88 — et non Mauser comme indiqué par erreur dans notre précédente édition) n'étaient pas des armes de tir récréatif, encore moins avec des balles Brenneke à 20 euros et encore moins avec un silencieux...

"Il voulait tuer"

Deux vidéos de la reconstitution de la fusillade ont été présentées à la cour. Un premier film présente la version du GIPN : Une fois la porte fracturée, le sergent-chef Thierry V. crie "police". Tandis que ses collègues, dont Laurent D, vont sur la gauche, il prend à droite et découvre un couloir avec deux portes fermées. Il appelle ses collègues chargés de défoncer les portes. L'une s'entrouvre alors et laisse apparaître le canon d'un fusil d'où part un coup de feu. Thierry V. riposte. Derrière lui, son collègue Laurent D.  est blessé. Il ne doit sa vie qu'à son bouclier. Thierry V. continue d'avancer vers la porte qui s'est refermée.  Elle s'entrouvre ; nouveau coup de feu. Thierry V. est à 1,40m de Jérôme Lebeau, il ressent un violent coup à l'épaule, il riposte et Jérôme Lebeau s'écroule blessé et laisse tomber son arme que d'un coup de pied le fonctionnaire éloigne avant de réaliser qu'il est lui-même blessé et qu'il ne soit évacué.

La version de Jérôme Lebeau diffère. Il explique qu'il faisait sa prière et qu'il n'a pas entendu crier "police". Il explique encore avoir tiré pour se défendre d'une agression...

Appelé à la barre, Thierry V. assure qu'outre son "police", il n'y a eu aucun échange verbal avec le jeune homme avant la fusillade, qu'il s'est retrouvé face à quelqu'un qui savait ce qu'il faisait. Il précise même que le second tir, celui qui l'a blessé, n'est pas celui d'un homme en panique. "Il voulait tuer, avance calmement le policier. Je n'ai jamais vu une telle détermination dans ma carrière..." Il précise encore que même baignant dans son sang et gisant au sol, Jérôme Lebeau ne s'est pas laissé faire, puis il ajoute : "J'avais l'impression qu'il était content de lui, satisfait, ne montrant même pas le signe d'une douleur." Il conclut sa déposition  : "J'attends qu'il soit condamné pour ses deux tentatives de meurtre sur des fonctionnaires de police."

Ce mercredi avant les premières plaidoiries de la partie civile, la cour entendra les deux accusés, Jérôme Lebeau et Marie-Annick, sa mère.

FXG, à Paris

Jérôme Lebeau : profil d'un auto-radicalisé par Internet

Avant de revenir sur ces détails balistiques, la cour d'assises spéciale de Paris a longuement évoqué la personnalité de Jérôme Lebeau et les étapes de sa radicalisation. "Il s'est radicalisé sur Internet, indépendamment de toute influence extérieure", a rappelé le président. Un expert de la division nationale antiterroriste (qui a instruit quelque 800 cas de radicalisation) a indiqué que l'accusé s'était montré très perméable à ne propagande qui porte une vision manichéenne du monde et qui s'adresse à un public peu cultivé, habitué pour certains à des jeux vidéo de guerre, qui cherchent la gloire à travers la violence. Jérôme Lebeau, cinq jours avant son interpellation téléchargeait sur la chaîne de l'EI à laquelle il s'est abonné, une vidéo sur la formation des jeunes du khalifat qui exécutent à bout portant des prisonniers. De telles vidéos, la police en a retrouvé 500 dans ses ordinateurs. Jérôme Lebeau a même réalisé lui-même une vidéo appelant au meurtre des militaires et des policiers.

Jérôme Lebeau a donc été une bonne cible de cette propagande, mais il a su aussi faire du prosélytisme avec sa mère... Lundi dernier, celle-ci a donné quelques clés qui expliquent la présence de cette dernière sur le banc des accusés : "J'ai appris la religion avec mon fils." Elle explique d'ailleurs ne jamais avoir mis les pieds à la mosquée, pas plus que son fils très renfermé : "Jérôme n'a pas la force mentale qu'il fallait avoir... Je l'ai tellement protégé, je ne lui ai pas donné l'envie de s'ouvrir au monde." Elle décrit un enfant en difficulté scolaire, "faible, qui ne s'intégrait pas, n'avait pas confiance en lui. "Je l'ai emmené voir des psychologues et des psychiatres... Je l'ai mis en garde contre les mauvaises fréquentations, contre la drogue et il n'a plus eu l'envie de sortir. Je l'ai empêché de voir plus loin..."

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 05:12
Devant la salle Ezratty du palais de justice de Paris où sont jugés Jérôme et Marie-Annick Lebeau

Devant la salle Ezratty du palais de justice de Paris où sont jugés Jérôme et Marie-Annick Lebeau

Une mère et son fils jugés pour leur islamisme radical

Le procès de Jérôme Lebeau (25 ans) et sa mère, Marie-Annick (60 ans), a débuté lundi 2 mars devant la cour d'assises spéciale de Paris pour se conclure jeudi prochain. Le fils et sa mère doivent répondre de leur participation à un groupement ou une entente établie en vue commettre des actes terroristes. Jérôme Lebeau est aussi poursuivi pour tentative d'homicide volontaire sur les forces de l'ordre. 

Tout démarre en mars 2017, lorsque la DGSI repère le compte twitter d'un certain Al Daoud Elkatal (tueur souriant) qui fait l'apologie du terrorisme islamiste. Les investigations des services parviennent à identifier à Saint-Benoît le jeune Jérôme Lebeau ainsi que son compte facebook  sur lequel il  s'est livré deux ans plus tôt à des propos haineux et à l'appel au djihad. Le 27 avril 2017, c'est l'assaut. A 6 heures du matin, la sûreté départementale, le GIPN, la DGSI et les gendarmes débarquent résidence des Fragrances à l'appartement de Marie-Annick Lebeau. Le jeune homme s'est barricadé dans sa chambre et fait feu à l'aide d'un fusil Mauser à pompe sur les fonctionnaires qui répliquent. Deux balles brenneke sont retrouvées écrasées dans les boucliers de deux fonctionnaires. Jérôme Lebeau est atteint d'une balle et évacué au CHU. Sa mère, sa soeur, Valériane et son compagnon Mathieu sont interpellés. Dans l'appartement, on trouve, outre le Mauser, un fusil 22LR, 400 munition (calibre 22 et 12), deux matraques télescopiques, des lunettes commando, un poignard de chasse, un poing américain, des jumelles, l'ensemble dans un sac à dos. Jérôme Lebeau expliquera d'abord cet arsenal par son "délire survivaliste"... On trouve également une soixantaine de balles de ping pong grâce auxquelles le jeune homme entend faire un explosif, du TATP. Les investigations permettent de découvrir quelque 500 vidéo de propagande et de décapitation de l'Etat islamique ainsi que celles d'attentats matériels commis à l'oratoire de Saint-Expedit ainsi qu'à l'oratoire du trou d'eau à Saint-Gilles-les-Bains. L'étude de la messagerie Telegram du jeune Lebeau révèle encore qu'il voulait commettre des attentats contre des policiers ou des militaires en France ainsi que sa volonté de se rendre en Syrie ou en Iraq. "Qu'Allah nous compte parmi ses soldats", écrit-il ainsi à une femme engagée dans le djihadisme en Belgique...

Père absent et relation fusionnelle avec la mère

Le procès va durer jusqu'à jeudi. Sur le banc des parties civiles, les deux fonctionnaires visés par Jérôme Lebeau lors de l'assaut du 27 avril 2017. De l'autre côté, Marie-Annick Lebeau. Chaussures oranges, pantalon noir et chemise à fleurs d'hibiscus rouge, elle comparaît librement après avoir passé près de deux ans en détention provisoire. Elle est poursuivie pour complicité, ayant financé les armes de son fils, assisté aux attentats contre les oratoires et vraisemblablement partagé les idées de son fils. Dans la cage de verre, gardé de près par un gendarme, Jérôme Lebeau. Il est vêtu d'un pantalon de survêtement gris, un gilet de laine noire et d'une chemise grise. Cheveu et barbe courte, il semble serein.

Sa soeur Valériane et son compagnon sont là aussi. La première témoignera ce mardi, le second mercredi.

L'examen de la personnalité de Marie-Annick Lebeau, hier, a fait valoir une personnalité "caméléon qui s'adapte aux attentes des autres". Le père de ses deux enfants, non reconnus, Daniel Dufour, aujourd'hui retraité du Conseil général, avait une autre famille qu'il n'a jamais voulu quitter. C'est grâce à lui toutefois que Marie-Annick a été embauchée comme standardiste au Conseil général et qu'elle a pu bénéficier de son logement social aux Fragrances. Ce n'est qu'en 2013, qu'elle cesse de le voir après lui avoir posé en vain un ultimatum. C'est précisément à cette époque que Marie-Annick, enfermée dans une "bulle" et dans une relation fusionnelle avec son fils, se convertit à l'islam, suivant ainsi ses choix...

Demain, la cour se penchera sur la personnalité de l'accusé et sur les faits...

FXG, à Paris

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 06:39
Dominique Annichiarico, l'Italien de Martinique

L'avocat des stars qui a tourné le dos au petit Domé de Foyal

Dominique Annichiarico est le fils du patron de l'ancien bazar de la rue Lamartine à Fort-de-France ("les établissements Victor Annicchiarico"). Représentant de ces Italiens installés aux Antilles au début du XXe siècle, Dominique Annicchiarico, est aujourd'hui octogénaire et tient toujours son cabinet d'avocat rue Pierre-et-Marie-Curie à Paris 5e. Gaulliste de gauche dans le sillage de René Capitant, il a été délégué général à l'Outre-mer de la ville de Paris sous le mandat de Jean Tibéri.

Grand entretien

FXG lors de l'entretien avec Dominique Annichiarico en janvier 2018

Comment la famille Annicchiarico s'est-elle retrouvée à la Martinique au début du XXe siècle ?

Mon grand-père a quitté l'Italie pour aller au Salvador ou au Nicaragua parce qu'il y avait des cousins. Il s'est rendu compte que c'étaient des pays arriérés sur le plan économique et qu'il n'aurait aucune chance d'y réussir. Il rentrait en Europe quand il a fait escale en Martinique. Et mon grand-père a été surpris de voir le niveau culturel par rapport au San Salvador. Mais il a aussi vu que les perspectives économiques, du fait du lien très étroit de la Martinique avec la métropole, étaient prometteuses. Le pays était encore une colonie et il a eu l'idée d'installer son commerce, un bazar qui a marché très fort. Mon père était l'ainé de la famille et mon grand-père lui a donné la responsabilité de ce commerce à l'angle de la rue Lamartine et de la rue de la République, face à l'école Perrinont.

Vous souvenez-vous de la Martinique an tan Wobè ?

C'était une époque un peu curieuse du fait que nous étions dans une espèce de blocus. Nous n'avions que du ravitaillement local, mais j'étais enfant et cette situation ne présentait pas pour moi de grand intérêt... On m'a fait apprendre "Maréchal nous voilà" à l'école Perrinont et chaque matin, quand on rentrait en classe, il y avait le lever des couleurs... Comme j'étais l'étranger, je ne comprenais pas pourquoi on ne m'appelait pas. Je ressentais ça très mal...

Qui fréquentiez-vous alors ?

Parmi mes copains de classe que j'ai retrouvés ensuite au lycée Schoelcher, il y avait Camille Darsière, Louisor, Georges Vaton, Jean Pavilla, les frères Claude... Une des premières chansons que j'ai apprise, c'est l'Internationale parce que Césaire qui était à l'époque communiste, faisait ses manifestations dans la cour de l'école et ça se terminait toujours par l'Internationale. Par la suite, j'ai eu Aristide Maugée comme professeur de français, latin et grec au lycée et Mesnil comme prof de philo... J'ai aussi très bien connu Frantz Fanon parce que la maison où je suis né était à deux maisons chez lui. Frantz Fanon m'appelait par mon petit nom. Je me souviens quand il est revenu de la guerre en 1945 ou 46, il jouait au football dans la cour de mon école et quand parfois le ballon atterrissait dans le magasin de mon père, c'était lui qui était chargé d'aller le récupérer...

A quoi s'intéressait le lycéen Annicchiarico ?

Nous n'étions pas très versés dans la politique. Ce n'est venu que plus tard, quand je suis entré à l'institut Vizioz... J'ai étudié en même temps que Georges Dorion, Emmanuel Ursulet, Victor Joachim... J'étais pion avec Emmanuel Ursulet au lycée Schoelcher... Je me souviens très bien quand Nasser a pris le canal de Suez en juillet 1956 et qu'il y a eu cette tentative franco-anglaise à laquelle les Américains ont dit stop. Je faisais alors de la politique avec Camille Petit...

Pourquoi avez-vous quitté la Martinique ?

Je voulais me perfectionner et parachever mes études de droit... Le bâtonnier de la Martinique, Me Théolade, m'a envoyé chez son cousin guyanais, Hector Rivierez, avocat et sénateur de l'Oubangui-Chari. J'étais domicilié chez lui quand j'ai prêté serment. Puis, je suis allé m'inscrire à la conférence du stage. Je suis entré dans la bibliothèque pour écouter les candidats présenter leur sujet, j'ai été pris de panique et j'ai fui... La marche était trop haute ! J'ai dû travailler et à force de travail, j'ai fini par être admis... Parmi les douze secrétaires, le premier d'entre eux s'appelait Jacques Vergès. Mourad Oussedik (l'un des avocats du FLN, ndlr) m'a alors proposé de plaider en Algérie, j'ai accepté et c'était parfois difficile parce que le climat était très particulier. Je me souviens, à Sétif, il y avait toujours deux inspecteurs qui me suivaient...

Certains mettent en cause le fait que vous ayez défendu des fellaghas...

J'ai plaidé pour un fellagha qui était sensé avoir jeté une grenade dans un Prisunic de Constantine. Le tribunal était quasiment vide à part quelques membres de la famille de mon client et les 9 juges militaires avec leur président civil. Le commissaire du gouvernement, un Breton, se drapait dans le drapeau tricolore, criait... Ca résonnait ! Il demandait la peine de mort. Je plaidais mezza vocce. C'était un fellagha qui n'avait pas d'instruction militaire, qui ne connaissait pas le maniement des armes. Aucun de nos meilleurs lanceurs de grenade n'avait réussi à placer son projectile et cet ignorant de l'art militaire y était soi-disant parvenu ? J'achevai ma plaidoirie : "Vous, nouveaux juges qui rendez la justice, comme disait Malraux, vous voilà investis du manteau des Dieux !". Ils vont délibérer. Ca dure trois heures... Enfin, ils sortent. Le type est acquitté. On partait d'une peine de mort, on avait un acquittement avec le même dossier ! Ca a été un coup terrible pour moi et mon regard sur la justice... La justice est une approximation.

Vous êtes devenu par la suite l'avocat  des vedettes, comment est-ce arrivé ?

J'ai été collaborateur du cabinet d'avocat de Jean-Pierre Le Mée, qui avait une clientèle extraordinaire, les plus grosses vedettes de l'époque, Brigitte Bardot, Roger Vadim, Catherine Deneuve, Henri Salvador... Je me souviens avoir eu un procès pour la chanson "Maladie d'amour"... Salvador soutenait que c'était une chanson du folklore. Léona Gabriel-Soïme affirmait qu'elle en était l'auteur. Grâce à des attestations de musiciens martiniquais dont un qui s'appelait Cordémy qui avait pu fournir un enregistrement de 1925, on a pu faire une transaction...

Avez-vous plaidé en Martinique ?

Ma première affaire en Martinique concernait le champion de boxe Théo Nollet. Il était devenu presque aveugle à la suite de ses combats. Je plaidais contre la fédération française de boxe et René Floriot, le grand ténor pénaliste français ! J'ai alors appris, stupéfait, qu'un boxeur pouvait monter sur le ring même s'il n'avait que 1/10 à l'un de ses yeux ! Hallucinant ! C'est à partir de cette affaire Nollet que la fédération a modifié son règlement... Par la suite, je me suis occupée de l'affaire François Pavilla, le champion de boxe de France et d'Europe. Il devait être opéré d'un décollement de la rétine alors qu'il devait combattre le fils de Cerdan. Il a été opéré au mois d'août et il est décédé sur la table d'opération. J'ai fini par comprendre qu'il était mort étouffé parce qu'on lui avait  donné trop d'anesthésiques. A l'époque, il n' y avait pas d'obligation pour les anesthésistes d'indiquer la nature, les quantités et l'heure... La compagnie d'assurance a indemnisé l'épouse du boxeur au civil.

Vous prétendez avoir défendu Marny...

J'ai été l'avocat de Marny tout à fait au début. Quand il a été arrêté, les gendarmes lui avaient tiré dessus, à Sainte-Thérèse. Il a été opéré et envoyé par avion militaire en métropole. A l'époque, c'est le jeune fils Hersant qui m'a pris en photo à la prison de la Santé où j'allais voir Marny. Il était considéré si dangereux qu'on ne le sortait pas. Le juge d'instruction, M. Diemer, venait avec sa greffière dans une salle de la Santé. Marny était hyper nerveux et on ne lui ôtait pas les menottes et deux gardes mobiles armés de fusil restaient. Il a menacé Diemer de le foutre par la fenêtre ! On était obligé de le calmer en lui parlant créole... J'ai été loin avec Marny, mais il n'a pas adhéré à mon système de défense. C'est un secrétaire de la conférence de ma promotion, Mario Stasi qui a repris le dossier. Marny a fait un tel cirque à l'audience que le président Perez a été obligé de le faire sortir. Même en prison, ça a continué puisqu'il a éborgné un gardien...

En dehors de votre cabinet d'avocat, vous avez fait de la politique...

J'ai beaucoup fait de politique dans le 5e arrondissement parisien avec René Capitant qui avait créé l'union démocratique du travail, les gaullistes de gauche, avec Léo Hamon et Pierre Billotte... J'ai d'abord été au cabinet du général Billotte quand il était à l'Outre-mer. J'avais fait sa campagne quand il s'est présenté en 1967 comme député à Créteil. Et quand de Gaulle l'a appelé à Oudinot, je l'ai suivi.

Donc au moment des événements de mai 1967 à la Guadeloupe, vous êtes à l'Outre-mer. Vous souvenez-vous de ces moments ?

Je m'en souviens d'autant mieux que j'ai été l'avocat d'un  garçon qui s'appelle Yvon Solange Coudrieu et qui a perdu sa jambe dans cette histoire. Il a reçu une balle dum-dum... Je suis allé plaider et j'ai fait évoluer la jurisprudence au niveau de l'appréciation du préjudice corporel...

Pendant ces événements, au ministère, qu'avez-vous su des événements de mai 67 à la Guadeloupe ?

Nous n'étions pas tellement au fait... Nous avons été impressionnés par ces événements, mais on ne les avait pas vu venir...

Comment vous êtes-vous retrouvé à prendre la succession de Jean-José Clément comme délégué à l'Outre-mer à l'hôtel de ville de Paris ?

Quand Jacques Chirac a été élu président de la République, Jean Tibéri lui a succédé à la mairie de Paris. Depuis 1968, j'étais intime des Tibéri et Jean Tibéri avait été le suppléant de René Capitant... Pendant la campagne électoral, après mai 1968, Capitant devait faire une conférence rue Monge, dans une école, mais une foule de gauchistes l'empêchaient de prendre la parole. On avait beau essayé de chanter la Marseillaise, les mecs étaient là, tenaient la salle... Capitant était bloqué au fond. Il fallait le sortir de là. Aidé de deux gars pour me couvrir, je suis allé le chercher. Je l'ai attrapé par la veste, tiré en marche arrière. Les types gueulaient ! En arrivant à la porte, un gars me balance un coup de poing sur les lunettes. J'avais le visage en sang et Xavière Tibéri me dit : "C'est rien, c'est rien..." J'ai gardé une petite cicatrice. Quand Jean Tibéri est devenu maire, je lui ai demandé de me nommer à la place de Jean-José Clément. J'avais un journal et une association, l'ARICOM, et chaque année, on faisait une grande exposition des peintres et sculpteurs d'outre-mer. Nous organisions aussi des séances pour faire connaître les grands noms des Antilles comme Jenny Alpha, Al Lirvat... Avec Greg Germain, on a fait quelque chose sur la poésie de Gontran-Damas. Puis George Pau-Langevin m'a succédé.

Quel est votre rapport à la Martinique aujourd'hui ?

Je me sens plus Martiniquais que Français, c'est paradoxal... Je crois que le tissu de la vie est fait dans l'enfance. Tout le reste est par surcroît. Ce qui est extraordinaire, c'est que l'enseignement que nous avons reçu au lycée Schoelcher était fantastique. Je suis capable de vous réciter quantité de vers appris à l'école... "Ô cruel souvenir de ma gloire passée..." Et ça, c'est l'enseignement du lycée Schoelcher ! La Martinique est dans mon coeur.

Propos recueillis par FXG, à Paris

La photo d'archive

Avec Pierre Billotte et le général de Gaulle en 1960 ou 1961, manifestation au ministère des DOM. "Comme j'étais alors très lié au secrétaire du RPF, Camille Petit, avant qu'il ne soit député, et comme je travaillais beaucoup avec lui, j'avais été convié à cette manifestation."

Bio express

Né en 1933 à Fort-de-France

Novembre 1956 : départ pour Paris

Janvier 1957 : serment d'avocat

1967 : cabinet du général Billotte

1986 et 1993 : cabinet de Lucette Micahux-Chevry

1995 : délégué général à l'Outre-mer de la Ville de Paris

2017 : célèbre ses 60 ans de barreau

Portrait

"Ô cruel souvenir de ma vie rêvée"

Quand Dominique Annicchiarico quitte la Martinique en novembre 1956, il est encore pion au lycée Schoelcher. Il s'arrange alors avec son camarade de promotion de l'institut Vizioz, Emmanuel Ursulet, qui accepte de reprendre ses heures de service et de lui garder sa place au chaud... En fait le jeune Annicchiarico mettra des années avant de revenir au pays, fier et auréolé de sa gloire parisienne. "J'ai eu une jeunesse mouvementée jusqu'à ce que je convainque mon père de m'acheter un appartement pour y installer mon cabinet dans le 5e arrondissement de Paris et je suis resté dans le 5e jusqu'à aujourd'hui."

A la Martinique, quand on apprend qu'il plaide pour le FLN en Algérie, un journal satirique prétend qu'il est un avocat communiste ! Que nenni ! Car s'il se plaît à rappeler les affaires qu'il a plaidées en Algérie pendant la guerre, Dominique Annicchiarico est surtout réputé pour avoir été le collaborateur de Me Le Mée, l'avocat des stars. Il en a gardé la robe d'avocat de Paul Meurice dans le film "La vérité" d'Henri-Georges Clouzot !

A la mort de son père, il hérite du bazar de la rue Lamartine, "les établissements Victor Annicchiarico", qu'il s'empresse de démolir. C'est alors qu'il découvre l'ampleur de la fortune paternelle. Une fortune telle qu'elle lui permettra des années plus tard, lors d'une vente aux enchères à Drouot, d'acquérir le manuscrit de Tombeau du soleil, un original qu'Aimé Césaire avait envoyé à André Breton, le pape du surréalisme en 1945 ! Me Annicchiarrico aime à rappeler qu'il a défendu Marny la panthère noire avec Me Valère et le bâtonnier Ursulet, ou encore les boxeurs martiniquais Nollet et Pavilla, mais il n'a pour autant pas eu la carrière qu'il rêvait d'avoir. La politique ne l'a pas éloigné du droit (il n'a jamais cessé d'exercer son métier d'avocat même lorsqu'il était membre des cabinets ministériels du général Pierre Billote ou de Lucette Michaux-Chevry), mais elle ne lui a pas apporté tout ce qu'il en attendait. Gaulliste, il n'a pas connu son heure de gloire avec Jacques Chirac, mais avec le controversé Jean Tibéri.

A soir de sa vie, Dominique Annicchiarico cultive un jardin secret ; il écrit de la poésie. Son poème "Déchirures" exprime bien cette faille qu'il y a dans son coeur, entre le petit Domé de Foyal et l'avocat parisien qui a tourné le dos à ce petit garçon et trop longtemps à la Martinique... Une faille qu'il s'attache à combler depuis sa rencontre avec Aimé Césaire en 1996. "Autodestruction ou reconstruction des souvenirs de mon île par le phrasé césairien qui soulève la montagne avec sa foi de poète", écrit-il dans la préface de la réédition de Tombeau de soleil...

FXG

Photo avec Césaire en 1996 : "Faut-il toujours être celui qui calcule l'étiage de la colère en parlant de Saint-John Perse ?", demande alors l'avocat au poète.

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 18:28
Parmi les élus GDR, les ultramarins Serville, Brotherson, Bello, et Kéclard-Mondésir

Parmi les élus GDR, les ultramarins Serville, Brotherson, Bello, et Kéclard-Mondésir

La motion référendaire du groupe GDR mise en échec

Ca ne s'était pas vu depuis 2013, un groupe politique de l'Assemblée nationale, en l'occurrence la gauche démocrate et républicaine (GDR), a déposé lundi 17 février, une motion référendaire sur la réforme des retraites. "Je me fonde sur l’article 11 de la Constitution et sur l’article 122 du règlement intérieur, pour déposer une motion tendant à proposer au Président de la République de soumettre au référendum le projet de loi instituant un système universel de retraite", a déclaré le chef de file des GDR, André Chassagne (PCF). 60 signataires ont signé la motion pour qu'elle puisse être légalement reçue par le président de l'Assemblée (il s'agit des députés des groupes GDR, SOC et FI ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LT et parmi les députés non inscrits dont Jeanine Dubié et François-Michel Lambert.)

Au sein du groupe GDR qui regroupe en outre plusieurs élus d'Outre-mer, c'est Huguette Bello qui a pris la parole pour défendre la motion : "Nous avons besoin d’entendre le peuple lui-même, sa voix venue de loin, sa musique véridique... Lorsque la musique est belle, tous les hommes sont égaux."

Malgré cette partition joliment tournée, la majorité présidentielle de l'Assemblée nationale a rejeté la motion par 160 voix contre et 70 pour.

FXG

 

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 16:11
Renforts de flics en Martinique

Cazelles n'arrive pas seul

Stanislas Cazelles, jusqu'alors conseiller outre-mer du président de la République et désormais nouveau préfet de Martinique, n'arrive pas seul. Les ministres de l'Intérieur et des Outre-mer ont annoncé ce 13 février "l’envoi de moyens supplémentaires pour assurer la pleine sécurité de la Martinique", à savoir dès le mois de mars, "quatre officiers de police judiciaire et quatre personnels déjà habilités au sein de la BAC (qui) viendront développer les capacités spécifiques de la police nationale permettant de faire face à cette utilisation croissante des armes sur ce territoire".

Les ministres précisent que ces importants renforts viennent en complément d'une hausse des effectifs de police de 49 personnes et de gendarmerie de 10 personnes depuis 2016. Et précisément combien depuis mai 2017 ?

FXG, à Paris

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 12:26
Aimé Nouma

Aimé Nouma

Le slameur Aimé Nouma a composé un titre fort éloquent intitulé "14-18, aux morts de la grande guerre" mis en clip par lui-même et Jean-Paul Miotto. Interview.

"C'est un devoir d'honorer ces soldats alors qu'ils étaient eux-mêmes asservis"

Qu'est-ce qui vous a donné envie de composer un titre sur la guerre de 14 ?

C'est un film qui raconte cette guerre dans son ensemble et non en particulier mais je pense néanmoins que ce devoir de mémoire pourrait être encore mieux observé. Il s'agit de comprendre et ainsi pouvoir expliquer un peu mieux les tenants et aboutissants du conflit en une période où l'on se demande si quelque chose de tel ordre pourrait recommencer. Étant slameur, je voulais raconter cela de manière attractive, surtout pour les scolaires. Je me rappelle qu'on nous avait projeté "Les sentiers de le gloire "de Kubrick au collège mais que cela ne m'avait pas intéressé.

Estimez-vous que cette "force noire", comme l'a appelée son concepteur le futur général Mangin en 1910, a été suffisamment reconnue lors des célébrations du centenaire de la guerre de 14-18 ?

Je suis d'origine africaine et même si le Cameroun était allemand à l'époque, je pense qu'il est de mon devoir et celui de tous, d'honorer ces soldats venus d'ailleurs et ayant versé leur sang pour la liberté des peuples, alors qu'ils étaient eux-mêmes asservis.

Quels retours avez-vous eu de ce clip, si tant est que vous ayez pu obtenir un peu de visibilité ?

Je n'ai pas encore eu les retours escomptés, à savoir  l'intérêt des professeurs d'histoire qui trouveraient en ce film un outil pédagogique susceptible de les aider à sensibiliser les collégiens et autres.

Propos recueillis par FXG

Projection du court-métrage "14-18, aux morts de la grande guerre" d'Aimé Nouma et Jean-Paul Miotto en première partie du "1917" de Sam Mendès du 12 au 25 février au cinéma Etoile Cosmos, 22 avenue de la Résistance, 77500 Chelles

https://www.facebook.com/events/640080679868282/?event_time_id=640080703201613

 

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 10:17
Serva énerve Létchimy

Létchimy recadre l'égo de Serva

"Je suis le premier Guadeloupéen, patron de tous les députés ultramarins, c'est-à-dire des 27 députés ultramarins sur les onze territoires..." Ca, c'est Olivier Serva, président de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale qui s'exprime en campagne pour les municipales aux Abymes tout en se vantant d'avoir le 06 de Macron et d'échanger des whatsapp avec lui, mais c'est également le même qui répète peu ou prou la même chose en réunion de la délégation Outre-mer : "N'hésitez pas à faire appel à moi pour obtenir des rendez vous dans un ministère... Pourquoi ? Parce que je suis membre de la délégation aux outre-mer et membre de la majorité et il se pourrait que les téléphones se décrochent plus rapidement avec moi qu'avec d'autres..." Et là, c'était sans doute le mot de trop qui a fait réagir son collègue et non subalterne, le député martiniquais Serge Létchimy : "Tu sais que les parlementaires sont librement choisis par le peuple et qu'à ce titre là, les parlementaires ne dépendent de personne. Ils ne dépendent que du peuple..." Il l'a ensuite taclé quant à sa prétention à être le "premier patron guadeloupéen de tous les parlementaires d'Outre-mer" : "Je n'ai pas de patron et il n'y a pas de relation hiérarchique entre les parlementaires et le patron de la délégation... Le seul patron de moi-même, c'est l'esprit de Césaire et moi-même !"

On savait Serva ambitieux, jusqu'à rêver ouvertement de la rue Oudinot, on sait aussi à présent à quel point il s'aime.

FXG, à Paris

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 14:02
Maël Disa et ses missions

Le nouveau délégué interministériel à l'égalité des chances de Français d'Outre-mer et à la visibilité des Outre-mer (DIECV), Maël Disa s'explique sur ses missions.

"Je veux créer un esprit de diaspora ultramarine"

La première partie de votre mission, l'égalité des chances, reste inchangée par rapport au décret de 2007, que reste-t-il à faire ?

En 13 ans, pas mal de sujets ont été traités même si certains n'ont pas été finalisés. Dans ce périmètre, reste le gros sujet de la continuité territoriale pour que les gens qui sont en mobilité, étudiants, en formation professionnelle, pour le sport ou la culture, puissent venir dans l'Hexagone et y vivre dans des conditions correctes. Reste aussi la question du logement étudiant qui n'est pas réglé comme celui des billets d'avion.

Concernant la discrimination au logement, une loi a pourtant été votée. Pourquoi le problème perdure-t-il ?

La loi, c'est bien, mais c'est avant tout un problème d'offre et de demande. Quand vous avez cinquante dossiers pour un logement, forcément, le propriétaire fait son choix et c'est difficile de prouver qu'il a fait son choix par discrimination envers les Ultramarins... Pour les étudiants, il suffit de pré-réserver un certain nombre de logements par an, 15 000 si l'on prend comme base le nombre de billets d'avion payés par L'agence de mobilité outre-mer (LADOM). Ca passe par des conventions avec les CROUS, les CNOUS, les bailleurs sociaux...

De telles conventions ont été déjà signées...

Les Régions, notamment, ont un certain nombre de chambres réservées à la Cité universitaire internationale de Paris, mais on a de plus en plus de gens qui partent... Il faut remettre tout ça à plat et travailler en synergie avec LADOM, dans le cadre de sa réforme, et les autres opérateurs.

Il reste le problème des billets d'avion...

Comme par hasard, pendant la saison haute, tous les billets sont très chers...

N'est-ce pas dû à la loi du marché et au yield management ?

Oui, mais peut-être y a-t-il un jeu des acteurs privés ou parapublics qui s'entendraient... Il faut voir si c'est ça ou si c'est vraiment le marché qui fluctue. Il y a aussi le sujet funéraire... Tout ça, ce sont des sujets qui ont été réglés mais qui n'ont pas été pérennisés. Mes prédécesseurs ont obtenu des acquis, mais en 13 ans, il y a eu de la déperdition et il y a eu des changements de gouvernance.

Votre nouveau périmètre inclut la visibilité, c'est quoi ?

Nous sommes souvent des territoires d'expérimentation, des laboratoires. En matière d'écologie, la première centrale géothermique, c'est aux Antilles. On est souvent des territoires innovants dans différents domaines, sauf que personne ne le sait. Au moment où l'on parle de plus de visibilité dans les médias, où France Ô va être supprimé pour favoriser une visibilité générale et non communautariste, c'est le moment de mettre en lumière des initiatives publiques ou privées, associatives ou entrepreneuriales des Ultramarins qu'ils soient chez nous, dans l'Hexagone ou à l'étranger.

Comment nous montrer ?

On doit être capable de construire un vivier de nos forces vives car on ne connaît pas très bien la communauté ultramarine. Or, les Ultramarins  qui ont quitté leur territoire ont toujours cette fibre de vouloir y contribuer. Tout récemment, le groupe AG2R la Mondiale à nommé un Ultramarin, Joël Destom, comme directeur en Ile de France. Le plus gros fonds d'investissement en France dans l'énergie, Méridiam, est présidé par un Martiniquais, Thierry Déau... Eux aussi veulent contribuer, même s'ils n'ont pas forcément le temps de prendre des initiatives, ils sont prêts à soutenir. Il faut qu'on se connaisse plus et la délégation va jouer ce rôle pour constituer un vivier de leaders ultramarins. Ca peut aussi changer la perception des gens qui ne veulent pas louer à des Ultramarins...

Vous dîtes qu'ils font que les Outre-mer aient une vraie diaspora...

J'ai vécu ça aux Etats-Unis avec la diaspora indienne. J'étais en Californie où les patrons de Google, Fedex, Microsoft ou Amex sont des Indiens. Ils ne vivent pas en Inde, n'iront jamais, ni eux, ni leurs enfants, mais ils n'embauchent que des Indiens. En Inde, ils sont devenus une école à former des ingénieurs informatiques et ils sont devenus les leaders mondiaux. Nous, il faut qu'on arrive à faire de même, à garder le lien.

Quel est ce liant  qui permettrait aux Outre-mer d'être plus unis ?

C'est le problème... On a eu tendance à prendre le volet mémoriel, sauf que ce sujet parle essentiellement aux Antillais. Les Réunionnais ou les Mahorais n'ont pas le même mémoire, et encore moins le Pacifique. C'est un sujet important, grave mais qui a souvent obéré le reste. Les territoires ont un socle commun, mais ils sont tous différents et il faut trouver ce liant qui permet de parler à tout le monde en même temps.  Si on reste séparés par bassin, on reste trop petit pour avoir des rapports de force. Je ne sais pas si le liant, c'est la gastronomie ou autre chose, mais il faut trouver un vecteur commun qui permette de nous réunir. C'est vrai que la plupart des délégués ont été des Guadeloupéens ; je ne sais pas si c'est un sujet guadeloupéen, je pense qu'ils ont essayé de prendre des gens influents à Paris... Moi, je suis citoyen du monde... Ca sera important pour nous de faire en sorte que certaines initiatives qui ont été prises dans le bassin Atlantique soient étendues dans les autres bassins. Il y a des entreprises présentes dans tous les DOM, mais elles sont segmentées. Elles ne font pas de transfert de personnels ; on reste en silo. Le rôle de la délégation est de créer cet esprit de diaspora ultramarine. A chaque fois que nous ferons quelque chose, on aura en tête de le faire dans les trois bassins. C'est la règle. On s'inspire de ce qui marche bien dans un bassin et on l'emmène dans l'autre.

 

La diaspora ultramarine est un peu minée par la prééminence des Antillais, notamment en Ile de France. Les Réunionnais, par exemple, se demandent parfois ce qu'un délégué comme vous peut faire pour eux. Qu'avez-vous à leur dire ?

La délégation  a vocation à travailler  avec tout le monde. Il faut dire aussi que les associations antillaises sont très actives, notamment en Ile de France et c'est vrai que la plupart des délégués ont été des Guadeloupéens ; je ne sais pas si c'est un sujet guadeloupéen, je pense qu'ils ont essayé de prendre des gens influents à Paris... Moi, je suis citoyen du monde...

Vous parliez d'indianité, ça concerne aussi la Réunion...

C'est un vecteur de rapprochement. Ca sera important pour nous de faire en sorte que certaines initiatives qui ont été prises dans le bassin Atlantique soient étendues dans les autres bassins. Il y a des entreprises présentes dans tous les DOM, mais elles sont segmentées. Elles ne font pas de transfert de personnels ; on reste en silo. Le rôle de la délégation est de créer cet esprit de diaspora ultramarine. A chaque fois que nous ferons quelque chose, on aura en tête de le faire dans les trois bassins. C'est la règle. On s'inspire de ce qui marche bien dans un bassin et on l'emmène dans l'autre.

Qu'est ce que le réseau culture Outre-mer ?

Il est venu à la suite de la fameuse cité des Outre-mer lancé sous le précédent quinquennat. L'idée, c'est de pouvoir aller vers toutes les scènes nationales pour que tous les Ultramarins puissent s'y exprimer.

C'était le travail de feue l'agence de promotion et de diffusion des cultures d'Outre-mer. Aurez-vous des moyens pour cela ?

Catherine Jean-Joseph est missionnée pour préconiser ce qu'il faut mettre en place pour que ces réseaux culturels outre-mer soient opérationnels et que l'on soit vus partout et pas seulement dans un bunker qui nous serait réservé. A France Ô, vos confrères m'ont expliqué que depuis quelque temps, il existe un quotidien de six minutes d'information sur France 3, à 11 h 34. Ils font 300 000 téléspectateurs sachant que sur France Ô, on est à 5 ou 10 000... Il faut aller au-delà de ce six minutes, mais je préfère qu'on soit vus par 300 000 personnes de partout tous les jours que par une poignée d'Ultramarins.

Comment, allons-nous pouvoir mesurer ces progrès ?

On verra le nombre d'artistes qui se produisent, les facilités qui leur seront faites. Nous mesurerons l'impact de toutes nos actions. Nous allons pouvoir taper à la porte de tous les ministères dans ma mesure où nous avons vocation à être un guichet et moi, en tant qu'entrepreneur, j'ai appris à lever de l'argent et je connais du monde. L'argent existe même s'il est rare, après il faut faire les dossiers. Nous allons travailler à cet accompagnement, agréer un opérateur associatif ou plus qui auront pour fonction d'aider les parties prenantes à faire les dossiers. Tout le monde y aura accès parce que nous voulons que tout le monde soit visible.

L'Outre-mer fournit des champions à la France, mais c'est dur pour les sportifs ultramarins. Que comptez-vous faire ?

Dans le sport de haut niveau, il faut du talent mais aussi un peu de moyens. Pour les JO 2024, nous voulons agir au niveau de l'encadrement. Si nos sportifs sont bons, c'est qu'ils sont bien encadrés. Autant nos sportifs arrivent à percer, autant nos encadrants ne se retrouvent nulle part dans les organigrammes de la gouvernance du sport. Pour 2024, nous voulons avoir des encadrants qui intègrent ces instances et prennent part aux décisions. Enfin, dans le cas du football par exemple, certains joueurs intègrent des centres de formations où ils sont noyés dans la masse. Certains y arrivent, d'autres non et ceux-là mériteraient d'être aidés pour candidater dans d'autres ligues qui sont dans leurs bassins.

Qu'est-ce que cette chaire d'Outre-mer que vous entendez créer à Sciences-Po avec Ferdinand Mélin-Soucramanien ?

Nous voulons un programme d'enseignement à Sciences-po qui va permettre à tous les étudiants d'en savoir beaucoup sur les Outre-mer et leur histoire, sans que ce soit dans un ghetto. Ca ne fera pas tout, mais ce sera un bon premier pas, même si c'est symbolique... Il faudra que ce soit décliné partout ; il y a d'autres écoles. Il faut inculquer un réflexe outre-mer.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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