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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 07:16
Une appli caribéenne : "Oupasav ?!"

Agooloo studios crée l'appli "Oupasav ?!"

Un quizz Antilles sur son smartphone

Julien Jean-Alexis s'est fait remarquer il y deux ans et demi en lançant l'application du jeu, Scooter of love. Les présidents Obama et Hollande, chacun sur son scooter, devaient embarquer des Julie Gaillet et des Beyoncé dans un parcours classique de jeu d’arcades. Cette fois, il revient avec un jeu 100 % caribéen, "Oupasav ?!", réalisé avec son associé et game designer Euthmane et Andrew, l'illustrateur. La musique est signée Frantz Laurac (Ba Pep-La; tiré de l'album Pakala). Le jeu est un QCM à 400 questions classées par thèmes (faune et flore, histoire et géographie, musique et littérature, créole et vie courante). Quatre réponses proposées, une seule est juste. Chaque fois qu'un quizz est fini, on glane des étoiles et le niveau forcit. Pour aller au bout du jeu, il faut avoir répondu 100 % juste à tous les quizz ! C'est chronophage, c'est amusant ! Et ça marche déjà.

Représentés dans le monde digital

"Rien qu'avec le bouche à oreilles, raconte Julien, on en est à 10 000 téléchargements depuis le lancement du jeu la semaine dernière." La conception et la mise en oeuvre ont coûté environ 20 000 euros et les écrans de pub ne rapportent pas beaucoup (le téléchargement est gratuit). "C'était important, explique Julien, de réaliser ce jeu, parce que nous voulons être représentés dans le monde digital et le jeu vidéo. Le monde numérique est un vrai miroir de notre réalité encore trop déformée. Beaucoup de communautés ne sont pas représentées." Alors "Oupasav ?!" est clairement un jeu de culture qui s'adresse aux Antillais. "Nous allons démontrer à nos investisseurs qu'il y a une demande pour ce type de projets." Julien voulait un "game play" le plus simple possible pour toucher tout le monde, pas que les accrocs des jeux vidéo. "Le quizz est apparu comme le plus adapté et le plus accessible..."

Chez Agooloo studios qu'il a créé ll y a trois ans, Julien développe une dizaine de jeux vidéos, certains pour lui (il promet d'autres jeux caribéens avec un "game play" plus complexe : "Ce ne sera pas du quizz, il y aura du scénario"... Mais chut, c'est encore top secret), d'autres plus classiques, pour des clients (là aussi, c'est top secret !).

Pour le télécharger et jouer : www.agooloo.com

FXG, à Paris

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 06:45
Le Medef et la présidentielle

Présidentielle : des patrons exigeants

A l'invitation de Pierre Gattaz, président du Medef, les présidents de sept des neuf Medef outre-mer (Bernard Edouard, Martinique, Didier Fauchard, Réunion, Thierry Galarme, Mayotte, Stéphane Lambert, Guyane, Bruno Blandin, Guadeloupe, Dominique Lefeivre, Nouvelle Calédonie et Roger Hélène, Saint-Pierre-et-Miquelon) ont passé deux jours à Paris. Mardi, c'était avec la Fédération des entreprises d'Outre-mer, à l'occasion des voeux de son président, Jean-Pierre Philibert, et d'une table ronde sur la transition énergétique avec EDF. Mercredi, c'était pour participer au lancement du programme du MEDEF, "France Outre-Mer 2020". La campagne présidentielle entre dans une phase décisive et le Medef souhaite interpeller chaque candidat sur l’importance de nos outre-mer et sur "la nécessité de bâtir un projet de long terme pour le développement de ces territoires".

Tour à tour, chaque patron de Medef local a exposé la situation de son territoire. Particulièrement écouté puis loué, Bruno Blandin a vanté l'expérimentation du "pacte emploi" signé avec Pôle emploi : "700 emplois ont ainsi été créés en Guadeloupe." Un façon pour Pierre Gattaz de dire que le patronat a joué le jeu des contreparties au crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE)...

Le Medef n'a pas nommé son candidat pour la présidentielle, mais il a fixé ses exigences. Le programme outre-mer 2020 insiste sur trois dispositions essentielles : les exonérations de charges sociales, la pérennisation de la défiscalisation et la simplification. Une majorité s'est aussi exprimée en faveur des zones franches globales, voire un statut fiscal spécifique.

Le crédo des patrons d'outre-mer a été clairement exposé par le président Philibert : "Un gouvernement qui ose faire des Outre-mer une priorité, qui impose un ministère régalien, qui impose ses choix à Bercy, qui ose une politique offensive et courageuse, qui ose l'innovation..."

Les patrons d'outre-mer ont eu à chaque fois les honneurs de la ministre des Outre-mer qui s'est fait fort de défendre le bilan du quinquennat avec la baisse du chômage des jeunes de 18,6 % entre 2013 et 2016, la hausse du nombre d'emplois salariés (19 000 créations soit 14 % du chiffre national), le gel de la dégressivité des abattements dans les zones franches d'activité, le déblocage depuis septembre de dix gros dossiers de défiscalisation pour 100 millions d'euros, le préfinancement du crédit d'impôt... La reprenant sur le CICE, Pierre Gattaz lui a clairement signifié son désaccord : "Ca ne suffit pas !"

FXG, à Paris

 

 

 

 

 

 

 

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 09:47
"Il a déjà  tes yeux", le dernier film de Lucien Jean-Baptiste - interview côté ciné

"Il a déjà tes yeux" (1h35)

Avec Lucien Jean-Baptiste, Aïssa Maïga , Zabou Breitman, Vincent Elbaz, Marie-Philomène Nga, Delphine Théodore, Bass Dhem et Michel Jonasz.

Le réalisateur et comédien martiniquais a sorti son 4e film, "Il a déjà tes yeux", mercredi dernier dans 400 salles de l'Hexagone et annonce déjà qu'il prépare "La deuxième étoile".

Le pitch

Paul est marié à Sali. Tout irait pour le mieux s’ils arrivaient à avoir un enfant. Jusqu'au jour où Sali reçoit l'appel qu'ils attendent depuis si longtemps : leur dossier d'adoption est approuvé. Il est adorable, il a 6 mois, il s'appelle Benjamin. Il est blond aux yeux bleus et il est blanc. Eux… sont noirs.

"C'est un film sur la liberté de vivre ses rêves"

Après la première séance de mercredi, votre film était déjà tête du box office (100 000 entrées en deux jours)...

Je suis très fier qu'un film martiniquais ait battu les films américains ! Mais je ne suis pas tant fier des entrées, mais fier que le message du film qui défend le vivre ensemble et le respect séduise un nombreux public.

Dans "La première étoile", comme dans "30° couleur", vous aviez un complice déjanté à l'écran avec Edouard Montout, cette fois, vous donnez ce rôle à Vincent Elbaz, pourquoi ?

Elbaz, c'est le "foulosophe", le personnage dans lequel j'ai mis le plus de moi-même, paradoxalement de ma vision globale des choses. René de Obaldia, le doyen de l'académie française, m'a dit : "Quand les hommes comprendront que nous vivons sur une tête d'épingle, ça pourrait ouvrir les yeux de certains..." Le monde est en pleine évolution et ceux qui essaient de dresser des murs et des frontières n'y arriveront pas. C'est la marche du monde. On était tous dans une grotte et on en est tous sortis. A partir de la, il faut aller à la rencontre de l'autre, ne pas avoir peur des différences. Il faut lutter contre ces peurs...

C'est le Tout monde...

Bien sûr, on est complètement là-dedans, le tout, le un, l'universel. C'est ce que je défends. Je suis arrivé en France à l'âge de 6 ans et on m'a fait comprendre que j'étais différent. Mais différent de qui, de quoi ? Elle est où la norme ? Qui impose les codes, qui définit les formats ? Depuis que je suis gamin, mon crédo, c'est que la différence ne doit pas créer l'inégalité es chances. Ce n'est pas parce que tu es Antillais que tu es obligé de travailler à la Poste ou de jouer au football ! C'est un film sur la liberté de vivre ses rêves quelle que soit son origine, son statut social.

Avec ce film, vous ouvrez la porte d'une famille noire en France et l'on se rend compte que ce n'est pas différent que dans d'autres familles...

J'ai toujours joué avec les préjugés, avec les clichés. Je les prends pour les tourner en dérision, car il n'y a rien de plus ridicule que de juger quelqu'un sans le connaître. On regarde l'emballage ! Chaque personnage de mon film, je l'ai nourri d'un point de vue, d'une position par rapport à l'autre. Il y en a qui comprennent la différence, qui essaient de s'adapter, de s'adopter. C'est pour ça que le thème de l'adoption en toile de fond est précieux : aimer, essayer de comprendre des gens qui ne nous ressemblent pas...

Vous faîtes allusion au personnage de Zabou Breitman qui tient le rôle de l'empêcheuse de tourner en rond ?

Le personnage de Zabou, il est comme celui de plein de gens qui, face au changement ont peur. Et les médias, les politiques jouent avec ça en permanence, d'autant qu'on est en période électorale. alors, il faut choisir un camp alors qu'il n'y a pas de camp à choisir... Effectivement, il y a des problèmes, mais essayons de les régler sans y mettre des paramètres de peur. Le problème viendrait de l'autre parce qu'il est Arabe, parce qu'il est Antillais, parce qu'il est Noir ? Non, il faut regarder l'autre de façon plus humaine... C'est ce que j'essaie de raconter parce que ce sont des choses dont j'ai énormément souffert. Il a fallu que je me batte contre ça, contre ces cliches, pour vivre mon rêve et c'est ce que je souhaite au plus grand nombre. On me dira que je suis comme Sisyphe qui pousse son rocher qui retombe tout le temps, c'est pas grave, il faut continuer ! Si ce n'est pas moi, d'autres prendront le relais. J'ai envie que demain, les petits Antillais, s'ils voient ce film, se disent qu'ils peuvent devenir réalisateur.

Vous avez dit un jour que ce qui comptait, c'était de s'y mettre, le travail...

Je ne sais plus si c'est Malcolm X ou Martin Luther King qui disait que tous les moyens étaient bons. S'il faut faire des quotas, faisons les, ils dureront tant qu'ils dureront. René Char disait : "Ils s'habitueront." Et bien, on s'habituera !

C'est pour ça que vous avez réalisé ce documentaire, "Pourquoi ne nous détestent-ils ?"

On s'étonnait, il y a dix ans, qu'un Noir présente le JT de TF1. Et le lendemain dans un média national, on lisait qu'il s'exprimait dans un français parfait... Ca veut bien dire que l'image qu'on a, toutes ces images post-colonialistes du gentil Noir, le bon sauvage, sont encore là. Il faut déconstruire toute cette pensée. C'est ce qu'ont fait tous nos intellectuels, les Confiant, les Chamoiseau...

Et que vous faîtes au cinéma...

Quand j'ai fait "La première étoile", cette famille d'Antillais qui part au ski, pour résumer, des Noirs à la neige, mais ce n'était pas que ça... C'était l'histoire de ma mère et l'histoire d'un père qui, sans argent, devaient apporter du rêve à leurs enfants. Et là, avec "Il a déjà tes yeux", c'est une histoire d'amour. Ce sont trois personnes qui se rencontrent et qui s'aiment et leur histoire devient impossible à partir du moment où l'enfant est présenté à la famille et à la société. Imaginez un Martiniquais qui présente sa petite amie guadeloupéenne... Ca doit causer dans les foyers, voilà ! Il faut faire tomber toutes ces choses là. On s'amuse avec ça ! Les préjugés sont chez les Blancs, chez les Noirs, ils sont partout ! On a tous des préjugés et moi, j'aimerai qu'on se méfie de nos préjugés, puisque c'est ça qui ne fait pas avancer certaines choses.

Pourquoi avoir choisi un registre plus frontal avec "Pourquoi nous détestent-ils ?" ?

Quand j'ai rencontré Henry de Lesquen (le patron de radio courtoisie, ndlr), j'avais très peur, mais je me suis dit qu'il fallait aussi être dans le frontal, au-delà de la comédie, du cliché et de la rigolade. Là, dans le documentaire, dans le réel, on se rend compte qu'il y a des gens vraiment dangereux, qui balancent des idées vraiment nauséabondes.

C'est lui qui a critiqué l'élection de la Guyanaise Alissia Aylies au titre de Miss France, disant : "Il convient que la demoiselle qui représente la France soit de race caucasoïde."...

Les vrais racistes, on aura du mal à les changer, mais les gens qui sont du bon côté, il faut les rassurer et ceux qui auraient des envies d'aller vers ce que je cois le mauvais chemin, il faut essayer de les aider dans leurs réflexions. Henry de Lesquen me disait : "Vous, je vous garde." Mais au nom de quoi ? Ses fans, ils ne font pas de distinction, puisque pour lui, nous sommes des congoïdes, ils s'en moquent que l'on soit d'origine antillaise, puisqu'on est noirs... Il faut continuer à aider les gens dans leur réflexion et c'est ce que je fais avec mes films. Ma religion, c'est l'éducation !

Et maintenant, quels sont vos projets ?

"La deuxième étoile", avec la même équipe. Toute la petite famille antillaise va aller fêter Noël à la montagne et bonne-maman va vouloir organiser un chanté Nwel. J'aime bien être le gardien de certaines traditions ; dans nos déplacements, on ne doit pas tout perdre ! Je vais faire chanter Noël aux Savoyards et à la France entière !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 07:56
Lamendement d'Antoine Karam pour que la collectivité cesse de payer les prêtres en Guyane n'a pas été adopté malgré un vote à bulletin secret

Lamendement d'Antoine Karam pour que la collectivité cesse de payer les prêtres en Guyane n'a pas été adopté malgré un vote à bulletin secret

Le Sénat vote à l'unanimité la loi Bareigts

La loi égalité réelle outre-mer a été adoptée jeudi en fin d'après-midi.

Le débat a permis aux sénateurs de rétablir un certain nombre de dispositions qui avaient été supprimées en commission.

Après trois jours de débat, la ministre des Outre-mer est parvenue à faire adopter plus d'une dizaine de ses amendements. Ainsi, le small business act (stratégie du bon achat) est à nouveau inscrit dans la loi grâce à l'intervention du président LR de la délégation sénatoriale aux outre-mer. Il permet aux acheteurs publics peuvent réserver jusqu’à un tiers de leurs marchés aux petites et moyennes entreprises locales.

La domiciliation bancaire est désormais considérée comme un critère de discrimination. L'école est obligatoire de 3 à 16 ans (et non plus 18). Le programme d'échanges scolaires dans les bassins géographiques, type Erasmus jeune, financé par le Fonds d'échanges à but éducatif, culturel et sportif (FEBECS),est rétabli.

Le financement des voyages d'Ultramarins de l'Hexagone en cas d'obsèques d'un proche en outre-mer est désormais financé sur l'enveloppe de la continuité territoriale et non plus sur ceux de LADOM.

Enfin, la surtaxation des rhums des DOM a été supprimée...

Autres acquits, la participation des entreprises de fret aux négociations sur les prix, pour lutter contre la vie chère, des mesures de lutte contre les marchés de dégagement, pour protéger les producteurs locaux, celles sur le foncier et les

titres de propriété à Mayotte, l’extension du fonds d’appui aux politiques d’insertion à Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon, l’accélération de la convergence des prestations familiales à Mayotte ou la  réforme de l’octroi de mer en Guyane et à Mayotte.

Le BTP reste exclu des zones franches

En revanche, l'amendement gouvernemental visant à supprimer la conditionnalité pour les travailleurs indépendants d'être à jour du paiement de leurs charges sociales pour toucher les allocations familiales a été rejeté, à une voix près.

Les sénateurs ne sont pas revenus sur l'exclusion du BTP des avantages fiscaux prévus par la LODEOM pour les zones franches d'activité, aucun amendement n'ayant été déposé à ces fins.

Par ailleurs, en marge de ce débat, la ministre des Outre-mer a fait savoir que des contacts étaient en cours avec les principales compagnies aériennes desservant les outre-mer dans le but de préparer un rapport sur la formation des prix des billets d'avion.

Une commission mixte paritaire de députés et de sénateurs se réunira le 6 février pour essayer de trouver un accord sur le texte voté par le Sénat. En cas d'échec, le projet de loi reviendra devant les députés en mars pour son adoption définitive.

FXG, à Paris

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 07:18
"il a déjà tes yeux" - Lucien Jean-Baptiste conditionne son exploitation aux Antilles aux respects des règles du CNC

Lucien Jean-Baptiste remet en cause le système d'exploitation des films aux Antilles et en Guyane

"Si nous ne trouvons pas une solution, je m'engage à ce que les Antillais voient mon film gratuitement"

"Il a déjà tes yeux" sera-t-il projeté aux Antilles et en Guyane ?

Le film doit sortir aux Antilles et s'il sort, ça veut dire que les conditions auront été réunies. Martinique, Guadeloupe et Guyane sont trois départements français. Quand un film rentre en exploitation dans les départements français quels qu'ils soient, les patrons de salles partagent les recettes avec les distributeurs, 50-50. Sur ces sommes est reversée la taxe spéciale audiovisuelle (TSA) qui sert à financer le cinéma, tous les films. A ce jour aux Antilles, on applique une législation internationale, la vente à l'étranger. Pourquoi ? Avant, il n'y avait quasiment pas de salles de cinéma aux Antilles et on vendait les films à un prix forfaitaire ; l'exploitant n'avait aucune obligation légale de donner le nombre d'entrées. Il était dispensé d'avoir une "billetterie CNC" et faisait ce qu'il voulait. Depuis, des multiplex ont été construits et aujourd'hui les Antillais et les Guyanais sont des consommateurs de cinéma supérieurs à la moyenne nationale. Mais les exploitants antillais ont continué à acheter les films pour une poignée de pain sans divulguer leurs recettes. Ca veut dire que les entrées réalisées aux Antilles n'alimentent pas le fonds de soutien à la création, l'avance sur recettes...

De quelle manière êtes-vous impacté par ce système ?

Quand Dany Boon qui est Ch'ti fait un film, il sait qu'il va mieux marcher dans sa région natale. Quand je dis à un producteur que je veux faire un film antillais, il se demande ce que lui rapportent les Antilles. Un forfait, un forfait ridicule... Donc, ils n'ont rien à faire sur ces territoires. Si simplement la loi française s'appliquait aux Antilles et en Guyane, les producteurs seraient ravis de faire des films antillais et ça donnerait l'opportunité à de jeunes réalisateurs de l'outre-mer de présenter des projets à des producteurs qui auraient déjà une garantie de faire des entrées en outre-mer.

L'enjeu, c'est de créer une filière de création antillaise, guyanaise ?

Marcel Pagnol a réussi à créer un cinéma marseillais qui devienne universel ! C'est mon rêve aussi ! Mais si je veux faire un tel cinéma, si les Antillais me suivent et que les entrées ne sont pas comptabilisées, aucun producteur ne me suivra ! C'est à cause d'un tel système que nos réalisateurs Euzhan Palcy, Guy Deslauriers n'ont pu avoir la carrière qu'ils méritaient !

Pourtant depuis janvier 2016, la loi impose aux exploitants de salle dans les DOM d'appliquer la TSA...

Pour avoir une billetterie CNC, il faut juste acheter un logiciel. Le groupe Elisé a déclaré qu'il n'avait pas pu se procurer ce logiciel... Aujourd'hui, je suis incapable de vous dire combien j'ai fait d'entrées avec tous mes films. "La première étoile" a fait 2 millions d'entrées en France et a été vendue 25 000 euros", "30° couleur" qui a fait 140 000 entrées, 80 000 euros et "Dieu merci", 135 000 entrées, 30 000 euros. Il est hors de question qu'avec "Il a déjà tes yeux", je ne sache rien une fois de plus ! Je veux que les spectateurs antillais comptent en France ! L'argent que nous mettons dans le ticket de cinéma doit compter ! Si aujourd'hui, certains disent qu'il y a trop de Noirs dont des Antillais dans le football, j'aimerais que demain on puisse dire qu'il y a trop d'acteurs antillais ! Mais ça passe par l'application de la TSA.

Alors projection ou pas ?

Au moment où je vous parle, je ne sais pas. C'est un bras de fer... La négociation est en cours. Le CNC, les ministères de la Culture et des Outre-mer sont montés au créneau. Mes producteurs ont mis 5 millions sur mon film et ils veulent connaître les remontées réelles aux Antilles. Si nous n'arrivons pas à trouver une solution, je me débrouillerai pour que les Martiniquais, les Guadeloupéens et les Guyanais voient mon film gratuitement ! Je m'y engage.

propos recueillis par FXG, à Paris

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 09:09
Viktor Lazlo

ITW Viktor Lazlo

"Chanter en Martinique, c'est la récompense"

Viktor Lazlo donnait un récital intitulé "Trois femmes : Ella, Sarah, Billie", à Tropiques Atrium le 13 janvier. Il s'agit d'Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Billie Holliday, trois chanteuses noires américaines dont la martinico-grenadienne se sent proche.

Pourquoi avoir choisi ces femmes ?

A force de chanter ce répertoire de jazz du XXe siècle, je n'avais pas envie d'en sortir et il était assez aisé de sortir une corrélation entre ces trois chanteuses et je me suis amusée à trouver des similitudes, des différences et des chansons communes.

Vous avez écrit un livre sur Billie Holliday (My name is Billie Holliday, Albin Michel 2012), est-cela qui a été votre porte d'entrée ?

Forcément, vous rencontrez tous les contemporains de Billie Holliday quand vous travaillez aussi profondément un sujet. Ces trois femmes ont eu chacune une carrière fulgurante et très importante, mais en réalité, elles ont subi toutes les trois les mêmes écueils. Elles se sont toutes les trois retrouvées dans la même situation à une époque où il valait mieux ne pas être noire ni femme dans l'Amérique ségrégationniste.

Qu'est-ce qui caractérise votre relation avec chacune d'elles ?

La relation la plus profonde que j'ai, c'est évidemment avec Billie Holliday puisque c'est elle que j'ai cotoyée le plus longtemps, depuis 2009, quand j'ai commencé à travailler le spectacle "My name is Billie Holliday". Pour elle, ce qui me vient à l'esprit, c'est le mot "résistance", même si elle a fini par succomber à ses démons — quoique ce ne sont pas ses démons qui ont eu raison d'elle, c'est le monde dans lequel elle est née et a vécu et dont elle n'a pas su sortir faute d'avoir les armes nécessaires. Pour Ella Fitzgerald, c'est la longévité. Sarah Vaughan est une femme issue de la petite bourgeoisie, avec des parents très croyants et un environnement familial plus solide que celui d'Ella ou de Billie, mais ça ne l'a pas empêché de quelque fois d'être attirée par certain paradis peu recommandable... A croire qu'être chanteuse à cette époque, c'était vraiment très compliqué. C'était associé au gutter, au caniveau, d'une certaine manière. Toutes les trois pensaient d'abord devenir danseuses parce que c'était sans doute plus respectable que chanteuses.

Vous êtes aussi noire et chanteuse. Vous identifiez-vous à elles ?

Je me sens très proche de ces femmes parce qu'elles ont lutté pour trouver leur place. Il y a une sérieuse et très forte résonnance avec la femme en général et jusqu'à aujourd'hui. Ces trois femmes résument à elles seules, cette insupportable et continuelle question de la place de la femme dans la société. Il est temps que les femmes n'aient plus à trouver leur place ; il est temps que la femme soit une évidence dans les sociétés.

La musique, le chant, l'art sont votre moyen pour prendre cette place ?

Je la prends comme je peux. J'aurai beaucoup aimé être une femme politique, non pas dans le sens réducteur auquel la politique nous renvoie aujourd'hui, mais politique dans son sens littéral. J'aurai aimé avoir le courage de mener ouvertement ces combats...

Vous les menez au travers de ce spectacle...

C'est un récital avec un désir de réinterpréter ces chansons, de ne pas les livrer telles qu'on les connaît. J'ai voulu une formation resserrée autour du piano de Michel Bisceglia, les guitares d' Olivier Louvel, avec une section rythmique limitée à la contrebasse de Gilles Coquard. Cette formation nous oblige à une grande pureté des arrangements. On le tourne depuis sa création en 2015 au théâtre Hebertot à Paris.

C'était votre deuxième fois en Martinique...

La première fois que je suis venue me produire en solo en Martinique — c'était en 2013 alors que je chante depuis 1987 —, c'était grâce à la Scène nationale. Et là, je dis chapeau et merci ! J'étais très émue... Je ne m'attendais pas à cet accueil. C'est comme si tous les gens qui étaient dans la salle étaient ma grand-mère, comme s'ils étaient tous de ma famille et c'était la première fois que je les rencontrais alors que je vais en Martinique depuis que je suis toute petite... Alors évidemment, j'étais morte de trouille à l'idée d'y retourner. Je sais que mon chemin n'est pas fini, mais il y a quelque chose de l'idée de l'achèvement dans le fait de venir chanter en Martinique. Pour moi, c'est une récompense, c'est la récompense !

Quels liens avez-vous gardé avec La Grenade d'où votre mère est originaire ?

Je n'ai jamais chanté là-bas et personne ne m'y connait ! Mes parents y retournent chaque année et l'été prochain, on se retrouvera là-bas. Grenade revient dans mon paysage idéal... Ma mère en est partie en 1958 pour aller à Londres, mais le départ de toute ma famille a eu lieu à partir de 1984. A l'issue du coup d'Etat qui a renversé Maurice Bishop qui était le cousin de ma mère, les Etats-Unis se sont sentis coupables de quelque chose et tous les Grenadiens qui le voulaient ont eu des cartes vertes et des permis de travail... Aujourd'hui, toute ma famille grenadienne vit à New York.

Vous êtes vraiment une caribéenne...

C'est vraiment ce qu'Edouard Glissant appelait le Tout-monde et vous ne pouvez pas savoir à quel point, plus je vieillis, ça me remonte de partout. D'ailleurs, mon prochain texte est explosé entre l'Afrique, la Caraïbe, la France, la Pologne tant je me sens des ramifications partout. Il est urgent de continuer à marteler et à poser les tragédies de notre humanité sur papier ou à les transmettre oralement, parce que ces choses là sont en train de mourir. Ca va encore plus vite pour l'esclavage que pour la Shoah plus récente, mais on est en train d'effacer progressivement les événements liés au commerce triangulaire. Ca me révulse, ça me dégoute quand on parle de colonisation comme François Fillon en a parlé. Je trouve que c'est un vulgaire crachat à la tête de tous les pays colonisés. Mon prochain texte expose, dans une saga universelle, une histoire du Tout-monde avec l'esclavage et la Shoah, les choses face à face pour essayer de faire réfléchir les gens. C'est un roman épique qui montre qu'on peut posséder dans son ADN toutes les erreurs de l'humanité. Le titre sera sans doute "Des deux côtés du monde" et sortira prochainement chez Grasset.

Et côté comédie, où en êtes-vous ?

Il est dit que je suis comédienne parce que j'ai accepté des rôles dans des films et des séries à une époque où je devais nourrir mon fils, mais à partir du moment où il a pris son envol, je n'ai pas éprouvé le besoin de continuer à l'exception des propositions vraiment intéressantes qu'on me ferait et ça n'est pas arrivé !

Propos recueillis par FXG, à Paris

Crédit photos : Vanessa Filho

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 11:00
Seuls assis, Michel Magras et Michel Fontaine, tous les deux LR, n'ont pas voté l'amendement relatif aux allocations familiales des indépendants, contrairement à Didier Roberts

Seuls assis, Michel Magras et Michel Fontaine, tous les deux LR, n'ont pas voté l'amendement relatif aux allocations familiales des indépendants, contrairement à Didier Roberts

Ericka Bareigts et Didier Robert au Sénat

Le débat en cours au Sénat sur l'égalité réelle outre-mer a été l'occasion d'un passe d'armes entre la ministre des Outre-mer et le président de Région.

Le violent réquisitoire de Didier Robert, mardi au Sénat, contre le projet de loi égalité réelle outre-mer, a donné lieu à une réponse vive d'Ericka Bareigts à la fin de la discussion générale. La ministre s'est d'abord montrée ironique quant à la présence de son compatriote sur les bancs du palais du Luxembourg : "Certains de vos collègues m’ont fait remarquer qu’ils étaient ravis de vous connaitre enfin à cette occasion."

Puis elle lui a répondu sur le fond, refusant tout idée d'assimilation dans son texte ou encore "d’indigence de la loi". Quant à ce que Didier Robert a dit sur le budget de l'Outre-mer, "à la diète", la ministre s'est honorée des "2 milliards d’euros de budget qui n’ont jamais été atteint sous l’ancienne mandature", avant de lui renvoyer "les promesses de certains candidats à supprimer 500 000 fonctionnaires et économiser 100 milliards". Et quand le sénateur et président de Région lui balance : "Je préfère la liberté à l’égalité", elle rétorque : "Bien sûr, la liberté, ça coutera moins cher que l’égalité. Moi, je veux les deux."

Les allocations familiales des indépendants prises en étau

Les députés de gauche ont voté la suppression de la conditionnalitéLeur controverse a connu un prolongement dans la soirée de mardi au moment de l'examen de l'amendement gouvernemental visant à supprimer la conditionnalité pour les travailleurs indépendants d'être à jour du paiement de leurs charges sociales pour toucher les allocations familiales. Après un vote à main levé, le président de séance, dubitatif sur le résultat du scrutin, a lâché discrètement "merde", avant de demander aux sénateurs de se lever pour réexprimer leur vote. Et quoique le sénateur LR de Saint-Barth et président de la délégation Outre-mer, Michel Magras, et le sénateur réunionnais Michel Fontaine aient soutenu l'amendement du gouvernement à l'inverse de leurs collègues de groupe et de Didier Robert, la conditionnalité a été maintenue, à une voix près. Ce qui a fait dire à l'entourage de la ministre que cette mesure "injuste" et "illégale" avait été maintenue grâce à la voix de Didier Robert. Vrai ou pas, ce dernier était tout sourire !

FXG, à Paris

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:00
Serge Romana s'est installé devant le Sénat vendredi 13 janvier pour protester contre la suppression de la date nationale du 23 mai

Serge Romana s'est installé devant le Sénat vendredi 13 janvier pour protester contre la suppression de la date nationale du 23 mai

La crise des dates de commémoration de l'esclavage prend fin

Le débat opposant les dates commémoratives des 10 et 23 mai a repris au CNMHE  à l'occasion de l'examen de la loi égalité réelle outre-mer.

Serge Romana, président du CM98, a mis fin à sa grève de la faim mercredi soir quand les sénateurs ont rétabli le 23 mai.

Serge Romana, le président du comité de la marche du 23 mai 1998 (CM98), aura fait six jour de grève de la faim. Il s'était installé devant le Sénat pour dénoncer l'amendement du sénateur PS de la Guadeloupe, Félix Desplan, qui a fait radier du calendrier des commémorations officielles la date du 23 mai, " journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial". Cette date a été instaurée en 2008 par une circulaire de François Fillon, alors Premier ministre ; l'Assemblée nationale l'a officialisée en octobre dernier. Elle vient s'ajouter à la date du 10 mai, instaurée en 2006, "journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition", ainsi que, depuis 1981, aux cinq dates locales qui, dans les départements d'outre-mer, célèbrent l'abolition.

C'est le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclave qui a été chargé en 2004 par le président Chirac de déterminer une date pour une journée nationale. En 2005, Maryse Condé, première présidente du CNMHE a refusé de prendre en compte la date du 23 mai au profit de celle du 10 mai, provoquant la démission de l'un de ses membres, Serge Romana. Depuis, les relations entre le CNMHE, rassemblant des historiens et des acteurs de la mémoire, et le CM98, la plus importante association de descendants d'esclaves, sont exécrables. A tel point qu'en 2015, le CM98 et le CNMHE ont prévu, chacun de leur côté, de créer des fondations rivales. Pour mettre fin à cette brouille, en août 2016, au terme du mandat de la présidente Myriam Cottias, qui s'est toujours inscrite dans la continuité du choix de Maryse Condé, lui a succédé l'historien guadeloupéen, Frédéric Régent. A charge pour lui d'apaiser les choses et parvenir à la fusion des deux projets de fondation.

Bataille interne au CNMHE

C'est ainsi qu'un amendement, soutenu par le président Régent, a été ajouté en octobre dernier dans la loi égalité réelle outre-mer pour instaurer officiellement les 10 et 23 mai. Il s'en est suivi une nouvelle chikaya au sein du CNMHE. Marie-France Astegiani-Merrain, présidente de l'association des Descendants d'esclaves noirs et leurs amis (ADEN94) a déclaré que cette disposition "impose la vision d'une République d'identités antagoniques, de mémoires ségréguées pour les blancs le 10 mai, et les noirs le 23 mai."

Au Sénat, la semaine dernière, Félix Desplan (photo) a expliqué que la date du 23 mai "sacralise une vision victimaire et porte à faire croire aux descendants d'esclaves que leurs ancêtres étaient totalement soumis alors qu'ils n'ont cessé de lutter"... Par ailleurs, réagissant à la grève de la faim de Serge Romana, le sénateur a indiqué que ce dernier "assouvissait son vieux rêve" en "transformant la manifestation annuelle du CM98 en une manifestation nationale".

Et tandis que le président Régent doit plus que jamais agir avec tact pour réconcilier son organisme avec le CM98, la directrice du CNMHE, sortant de sa réserve, utilise ces jours-ci son compte facebook pour crier "stop à la manipulation", moquer Serge Romana qui "fait grève le jour et dort à l'hôtel la nuit", avant de relayer les arguments du sénateur Desplan ainsi que ceux de l'ancienne présidente Myriam Cottias. Celle-ci juge "dangereux d'entériner par un décret, l’opposition, entre abolitionnistes et victimes" et redoute que "la République française valide une opposition implicite entre Blancs et Noirs, (...) une vision racialisée de l’histoire de France..."
Finalement, mercredi soir, le sénateurs ont rétabli la date du 23 mai au calendrier officiel des commémorations.

FXG, à Paris

Rétablissement de la date commémorative du 23 mai

C'est à la fin de la séance de mercredi après-midi que l'article 20A sur les dates mémorielles des 10 et 23 mai, est revenu en discussion. Comme le sénateur PS de la Guadeloupe, Félix Desplan, avait obtenu la suppression de cet article en commission, plusieurs amendements ont été proposé pour le rétablir, l'un du sénateur martiniquais Serge Larcher pour les socialistes, un autre par le sénateur de Saint-Martin, Guillaume Arnell pour les radicaux et centristes et un troisième par la sénatrice Aline Archimbaud pour les écologistes. Guillaume Arnell a voulu apaiser la crise en indiquant au sujet de la grève de la faim entamé vendredi dernier par Serge Romana, le président du CM98, que ce moyen ne pouvait être qu'un "ultime recours" et que l'on n'en était pas là puisque le travail parlementaire est encore loin d'être achevé avec la commission mixte paritaire à venir et un éventuel retour du texte devant les députés. Il s'est toutefois montré sévère avec l'action de Serge Romana : "Le Parlement ne peut travailler sous pression, alors que nous comprenons le sens de la démarche."

La commission des lois et la ministre des Outre-mer s'en sont remis au choix des sénateurs. Félix Desplan a pris la parole : "Deux, trois, quatre commémorations, cela ne fait pas sérieux... Je confirme ici ma position. Finalement, ce sont finalement les amendements de Guillaume Arnell et de Serge Larcher qui ont été adoptés, rétablissant ainsi l'article de loi qui fixe officiellement la date du 10 mai, comme "journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition", et celle du 23 mai comme "journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial".

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 06:59
Didier Robert au Sénat le 17 janvier

Didier Robert au Sénat le 17 janvier

Didier Robert pas dupe de l'égalité réelle

Lors du premier jour de débat autour de la loi égalité réelle outre-mer au Sénat, la discussion générale a été l'occasion pour les parlementaires de s'exprimer sur le projet de loi Bareigts. Si Gélita Hoareau (PCR) a annoncé son intention de voter le texte, "nonobstant (certaines) réserves", son collègue LR, Didier Robert s'est livré à un sévère réquisitoire. Celui-ci a évoqué "un ovni législatif inadapté aux aspiration des ultramarins." Selon lui, tous n'aspirent pas "à l'assimilation parfaite", à l'instar des Antilles ou de la Guyane. Comme pour mieux prendre le contre-pied d'Ericka Bareigts qui, la veille, lors de ses voeux, avait cité Braudel ("la France se nomme diversité") pour vanter la France de trois océans, il a repris la même citation pour refuser cette égalité réelle. Il a toutefois exprimé son accord sur "plus d'égalité" concernant l'accès à l'école, aux programmes télé, aux concours, avant d'ajouter : "Nous ne sommes pas dupes." Et plutôt que de demander plus d'égalité, il a plaidé pour "plus de liberté pour les acteurs privés et les collectivités locales".

FXG, à Paris

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 06:29
Hollande et les Outre-mer

Hollande aux voeux de la ministre des Outre-mer

Le chef de l'Etat est venu lundi à l'improviste, comme l'an passé, quand George Pau-Langevin était la locataire d'Oudinot, car François Hollande a compris comme l'avait compris le président Chirac que les outre-mer sont légitimistes et, surtout, que rue Oudinot, il n'y a jamais BFM, France 2 ou TF1...

Auparavant, la ministre Ericka Bareigts a tenu un vrai discours de général en campagne (elle appartient à l'équipe de campagne de Valls) :"Nous sommes le monde !"Et la Réunionnaise (qui n'est pas niçoise) a parlé d'une belle année 2016 avec la coupe Davis et un dispositif de télé-échographie en Guadeloupe, le palmarès de sportifs ultramarins aux JO de Rio, la Réunion labellisée "french tech" et pour finir une miss France guyanaise ! Elle est revenue sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy pour moquer son idée du développement endogène. "Je n'y ai jamais cru !" Puis elle a vanté l'égalité réelle en parlant de façon un peu incongrue de 'l'égalité électrique" pour les zones non interconnectées pour mieux souligner le retour de la présence de l'Etat pendant le quinquennat du président Hollande avec "un budget fort", le recul du chômage outre-mer et "la création d'emplois marchands". Après quelques mots sur Mayotte et sa départementalisation "impréparée" en 2011, les crise aux Antilles et à la Réunion en 2009 et 201, Ericka Bareigts a rappelé que le quinquennat de François Hollande s'était ouvert avec la loi Lurel dite loi vie chère pour s'achever avec la loi égalité réelle outre-mer. "Nous ne quémandons pas !" a-t-elle asséné tout comme : "Nous ne sommes pas un bout de la France !". Enfin, voulant mettre un terme aux prétentions de Marine Le Pen, elle a évoqué l'obscurantisme rejetant que l'idée de la France puisse se résumer à "une religion" ou aux ethnies "gauloises". Elle a cité l'historien Fernand Braudel : "La France se nomme diversité" pour conclure son discours.

Alors que les petits fours, le champagne et le rhum étaient servis aux convives, le président de la République est arrivé. Sa seule déclaration a été laconique :"Je soutiens la loi égalité réelle outre-mer." Puis il est allé serré des pinces, à la façon d'un autre Correzien, Jacques Chirac.

FXG, à Paris

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