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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 07:51
Un Réunionnais en formation à l'étranger grâce à une opération solidaire

Mobil'Europe ouvre l'Angleterre à un jeune de l'Etang salé

L'association Mobil'Europe mène une nouvelle action en faveur d'un jeune demandeur d'emploi de La Réunion.

Après l'accompagnement de la jeune Morgane Souevamanien, une originaire de l'île installée à Orléans, dans son parcours de formation en Grande-Bretagne lors du 3e trimestre 2019, Philippe Pignolet de Fresne, président de l'association Mobil'Europe annonce qu'une nouvelle "opération solidarité" est en cours. Cette fois, il s'agit d'un jeune homme résident de l’Etang-salé, Pierre-Alexandre Velna. Il a toujours voulu apprendre la langue anglaise et après son bac, il s'est orienté vers une filière littéraire à l'université de Saint-Denis, mais il a dû abandonner ses études pour des raisons logistiques et financières. "Les liaisons entre l'Etang-salé les Hauts et Saint-Denis sont limitées et les revenus du foyer très modestes", expliquait le jeune homme aux bénévoles de l'association quand il leur a expliqué son projet. Car après l'université, Pierre-Alexandre a découvert par le biais de stage les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, une voie dans laquelle il souhaite désormais s'investir.

Bournemouth, England

Malgré son bon niveau d’anglais et sa motivation, Pierre-Alexandre se trouve aujourd'hui dans une impasse faute de qualification, de permis de conduire mais également des conditions économiques de sa commune de l’Etang-salé les Hauts où il ne trouve pas d'offre d'emploi, ni de transports adaptés aux horaires de travail des hôtels-restaurants pour l'essentiel situés à Saint-Pierre. Résultat, Pierre-Alexandre s'est tourné vers la mairie pour être agent d'entretien...

Grâce à Mobil'Europe qui a effectué une collecte de dons auprès des amis et de la famille de Pierre-Alexandre, et avec le concours des Rotary Clubs Tampon les Plaines et Tampon Mahavel, Pierre-Alexandre va pouvoir acquérir une expérience internationale. Il quitte La Réunion le 31 janvier pour l'Angleterre. C'est à Bournemouth que se déroulera sa formation linguistique. Hébergé dans une famille d’accueil, il suivra un mois de cours d’anglais intensif et se familiarisera avec la culture du pays. Il démarrera ensuite une activité professionnelle dans un hôtel-restaurant 4 étoiles du sud-ouest de l'Angleterre pour une durée de 8 mois.

FXG, à Paris

www.mobileurope.org

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 07:20
Les services public en Outre-mer

Accès aux services publics Outre-mer : loin du compte !

Sur 1 383 Maisons de services au public en France, seulement 21 sont situées en Outre-mer. Ceci est une illustration saisissante des déficits d’accès aux services publics dans les territoires d’Outre-mer.

Au Conseil économique, sociale et environnemental, Michele Chay et Sarah Mouhoussoune ont présenté mercredi 29 janvier leur étude sur l'accès aux services publics dans les Outre-Mer. "Quand l’accès au service public est bouché, a déclaré lors du débat Jacques Toubon, le défenseur des droits, les droits ne sont pas effectifs." Ce constat partagé tient à l’insuffisance de moyens des administrations, des coûts de déplacement et de l’inadaptation des procédures. "Lorsque la géographie pose des difficultés, signale l'étude, c’est à l’État de s’organiser pour garantir l’accès au service public."

Le mouvement des gilets jaunes à La Réunion en novembre et décembre 2018 ont fait suite aux soulèvements des Antilles-Guyane et de La Réunion en 2006, 2008 et 2009, de Mayotte en 2011, de Guyane en 2017 et encore de Mayotte au début 2018. "Ces mobilisations populaires sont l’expression du mal-être et des injustices qui perdurent depuis de nombreuses années, a indiqué Michèle Chay, ce que demandent  les ultramarins, c’est l’égalité ni plus ni moins." Or, ces manifestations à répétition n’ont entraîné que des mesures correctives, souvent en urgence et insuffisantes. Pour le CESE, les Outre-mer ont besoin d’un plan de rattrapage global et d’un plan d’investissements qui permettent "une transition vers des modèles de développement humain, durable et soutenable, adaptés à chaque territoire". "Les carences en matière de santé, d’éducation et d'environnement, a souligné Sarah Mouhoussoune, sont des priorités à combler car elles conditionnent l'avenir de nos territoires."

L'étude propose 20 pistes de réflexion qu'il s'agisse d'une meilleure intégration des besoins des Outre-mer aux politiques publiques, de sortir d'une logique d'urgence et de réaction face aux crises, de mettre en place une véritable "clause d'impact Outre-mer" dans le processus législatif qui ne se limiterait pas à l'analyse juridique mais qui intègrerait aussi les impacts sociaux, économiques et environnementaux. Encore faudrait-il disposer d’indicateurs "fiables et exhaustifs" permettant des comparaisons dans le temps et dans l’espace...

Décrochage scolaire

Concrètement, le CESE appelle à adapter les effectifs de sécurité et de justice en complément des Maisons de services au public, à investir dans la couverture réseau numérique et dans l'accompagnement des usagers, à renforcer le vivier des cadres administratifs ultramarins par la création de filières post-bac préparant aux écoles d’administration et d'un Institut de préparation à l’administration générale (IPAG) dans chaque territoire. Dans cet esprit, il soutient le dispositif de formation des "cadres d’avenir pour Mayotte" dont il préconise la généralisation aux autres territoires.

Pêle-mêle, le CESE voudrait que la Protection maternelle et infantile comme le maillage territorial des centres hospitaliers, des centres de santé et dispensaires soient reforcés. Le CESE insiste enfin sur le décrochage scolaire. Si 10,1% des élèves quittent l'école avant 16 ans en France hexagonale, le chiffre s'élève à 12,8 % à la Guadeloupe, 15,8% à la Martinique, 26,9 % en Guyane. L'État devrait donc donner les moyens nécessaires pour atteindre un maximum de 24 élèves par classe tout en tenant compte des réalités bilinguales.

Toutes ces recommandations ressemblent pour beaucoup à l'esprit de la loi égalité réelle réelle Outre-mer adoptée en 2017. La signature des premiers Contrats de convergence en juillet dernier est déjà "une inflexion positive vers une meilleure prise en compte des besoins des territoires", à condition qu'ils soient évalués à mi-parcours à travers "une large participation des populations ultramarines concernées".

FXG, à Paris

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 11:11
Les représentants des CGOSH ddes Outre-mer étaient auditionnés le 23 janvier 2020 à la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale

Les représentants des CGOSH ddes Outre-mer étaient auditionnés le 23 janvier 2020 à la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale

Menace sur les oeuvres sociales en Outre-mer

Les députés de la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale ont procédé, jeudi, à l'audition de représentants des Comités de gestion des œuvres sociales hospitalières (CGOSH) de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et de Saint-Pierre-et-Miquelon. Les parlementaires ont été alertés d'une sérieuse menace qui pèse sur les moyens d'existence et l'autonomie de ces comités de gestion. Si l'alerte est venue de la Guadeloupe où la directrice de l'Agence régionale de santé a purement et simplement demandé aux services hospitaliers de ne plus payer leurs parts de cotisations aux CGOSH en raison d'une absence d'agrément en bonne et due forme. La bonne blague ! Le fonctionnement des CGOSH qui est régi par une circulaire de 1966 n'en prévoyait pas et, depuis, 1998, les demandes d'agréments faites par l'ensemble des CGOSH d'Outre-mer ont été nombreuses et toutes sont restées sans réponse. En réalité les échanges sont réels et fréquents entre les CGOSH d'Outre-mer et la Direction générale des organismes sociaux du ministère de la Santé, mais ce dernier leur demande d'attendre l'examen de la loi de refondation de l'action sociale pour régler ce problème juridique. Camille Bonne, directeur du Comité de gestion des œuvres hospitalière de La Réunion (COGHOR), explique que les comités de gestion en Outre-mer sont principalement financés par une cotisation de 1,5 % de la masse salariale des hospitaliers, hors médecins. Leurs prestations sont des aides, des prêts remboursables, des services d'hôtellerie et de restauration, l'organisation d'activités culturelles, sportives et des voyages pour leurs membres. Leur conseil d'administration est composé de bénévoles issus pour moitié de la Fédération syndicale hospitalière, et pour l'autre, de représentants des personnels. Il y a un CGOSH dans chacun des départements d'Outre-mer à l'exception pour l'heure de Mayotte. Ils ont 50 ans d'âge moyen, 80 employés et ils gèrent 18 millions d'euros pour une population de 31 500 personnels hospitaliers et 88 900 ayant-droits. Il a été sans cesse rappelé que ce défaut d'agrément des CGOSH d'Outre-mer était un serpent de mer. Il a fait l'objet dans cette même assemblée, dix ans plus tôt, de deux questions au gouvernement, l'une de Huguette Bello, l'autre d'une députée nommée Annick Girardin. Les députés, comme les représentants des CGOSH voient dans ces attaques une volonté délibérée de le faire disparaître, à tout le moins de le mettre sous la coupe de la métropole. A l'inverse du fameux principe de différenciation cher au président de la République. "C'est le mépris de cinquante ans d'imagination collective", a commenté Olivier Serva, le président de la délégation Outre-mer en répétant la formule du Martiniquais Yvon Pacquit.

Solidaires, les cinq CGOSH d'outre-mer ont obtenu des parlementaires l'adoption à l'unanimité d'une motion adressée à la ministre de la Santé pour qu'elle annule la décision unilatérale de l'ARS contre les CGOSH d'Outre-mer.

FXG, à Paris

 

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 09:44
Un joueur de foot fait la mule

18 mois de prison pour le joueur de la Gauloise

Le jeune Ruddy , incarcéré à Fresnes depuis dimanche, a été condamné mardi 28 janvier par le tribunal de Créteil à une peine de dix-huit mois de prison assortie du maintien en détention et d'une amende douanière de 7000 euros.

Interpellé vendredi matin à Orly, à sa descente d'avion, Ruddy a été trouvé en possession de 2,3 kilos de cocaïne dans sa valise. Hier, face à ses juges, le jeune homme a plaidé la gentillesse et la naïveté. Il a expliqué que dans sa section, en Guadeloupe, beaucoup savaient qu'il devait se rendre dans sa famille en région parisienne et c'est ainsi qu'une de ses connaissances lui a demandé de transporter un paquet. Le jour du départ, c'est une femme d'une cinquantaine d'années qui lui a remis ce qu'il dit avoir pris pour des biscuits. Après tout, a expliqué Me Sukeyna Elachguer, son avocate, sa valise contenait déjà du poisson, de la viande et du rhum pour sa famille... A l'arrivée à Orly, quelqu'un devait l'attendre et récupérer les "biscuits". Pas de chance, ce furent les douaniers.

Pour le procureur qui a requis dix huit mois ferme et les douanes qui ont demandé une amende 71500 euros, valeur estimée de la cocaïne, Ruddy a agi en toute connaissance de cause et la personne qui lui a confié la marchandise avait confiance en lui et que si aucune récompense financière n'était apparue dans le dossier, le prévenu devait attendre une compensation à un moment ou un autre.

Le tribunal a rappelé que Ruddy n'avait jamais été mêlé à aucune affaire de transport de stupéfiants, mais qu'il avait eu une fois affaire à la justice pour une affaire de moeurs et pris six mois de sursis. Par ailleurs, le jeune homme a des diplômés, un emploi, et est aussi pompier volontaire et footballeur — une tradition familiale.

Me Elachguer estime que son client a été très naïf avant de demander si une telle peine serait utile.... Avec Ruddy, c'était la 5e mule que le tribunal de Créteil jugeait mardi dont une Martiniquaise et deux autres en provenance de Cayenne... C'est sûr que le profil du jeune footballeur de la Gauloise était bien différent de ces dernières, mais cela n'a pas réussi à infléchir la décision du tribunal.

FXG, à Créteil

 

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 06:01
le délégué interministériel Maël Disa, lors de sa présentation au ministère des Outre-mer, le 15 janvier 2020

le délégué interministériel Maël Disa, lors de sa présentation au ministère des Outre-mer, le 15 janvier 2020

Un délégué sur la mobilité et les réseaux sociaux

Maël Disa, dans un post publié sur sa page facebook, se dit "honoré de la confiance que (lui) accordent le président de la République, le Premier ministre et la ministre des Outre-mer en lui confiant le pilotage de la Délégation dans sa nouvelle mouture". D'emblée, le nouveau délégué estime que la responsabilité qui lui revient est "d’apporter un nouveau souffle à cette Délégation" dont il prend le soin de saluer tous ses prédécesseurs.

L'homme dit suivre "attentivement les travaux de la Délégation interministérielle depuis sa création en 2007" ; il lui reconnait "son rôle fondamental, notamment dans la lutte contre les iniquités et en faveur de la promotion et de la valorisation des Outre-mer Français".

S'il entend préserver les acquis obtenus "vaillamment", il compte aussi "investir des champs innovants" dont le champ économique et la visibilité des Outre-mer à l’étranger.  Deux domaines qui ne lui sont pas inconnus, assure-t-il.

Avec les trois experts, Joëlle Monlouis, Catherine Jean-Joseph, Ferdinand Melin-Soucramanien qui l'accompagnent, il souhaite apporter son concours au gouvernement pour "la définition des politiques de l’État destinées à assurer la visibilité ainsi que des perspectives meilleures pour nos compatriotes sur le territoire national, en Outre-mer et à l’étranger".

Alors même qu'un flot de critiques est déversé sur sa nomination, il assure : "Il ne s’agit pas d’une nomination politique mais d’une nomination sur la base du projet proposé." Son projet qu'il a défendu lors des entretiens qu'il a eus avec notamment la ministre des Outre-mer au mois de décembre, est celui d’une "Délégation au service des ultramarins, de projets concrets, en lien avec le tissu associatif, les partenaires publics et privés, élargis à l’étranger". Evacuant les critiques qui concernent intrinsèquement la délégation, à savoir son côté people ou des faiblesses opérationnelles, il souhaite "pour notre jeunesse et nos adultes en mobilité une Délégation repensée et opérationnelle et c’est ce choix qu’a fait le Gouvernement". Il devrait donc être un acteur central pour tous les ultramarins qui souhaitent étudier ou se former dans l'Hexagone. On sait que la ministre des Outre-mer a longuement hésité ces derniers mois avant d'y renoncer à une éventuelle fusion de L'agence de mobilité des Outre-mer (Ladom) et de la délégation. "Je le réaffirme, écrit Maël Disa, il est essentiel d’inscrire notre destin dans un collectif, dans lequel la transmission entre génération sera au cœur de notre action !"

Enfin, Maël Disa, "que certains n’attendaient peut-être pas", conclut son message par une invitation "à toutes celles et tous ceux qui sont dubitatifs à nous juger sur nos résultats et rien que sur cela, à se concentrer sur l’essentiel et à ne pas sombrer dans les luttes stériles qui n’aboutiront à rien." Et à le suivre sur les réseaux sociaux.

FXG, à Paris

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 07:44
Jostte Manin et Olivier Serva (archives)

Jostte Manin et Olivier Serva (archives)

Les députés évaluent la loi qui a créé l'Université des Antilles au bord de l'explosion

Josette Manin (PS) et Danièle Hérin (LREM) ont présenté leur rapport d'évaluation de la loi créant l'université des Antilles devant la commission des affaires culturelles et éducation de l'Assemblée nationale et la délégation Outre-mer. En raison des pressions dont a été soumise leur mission (déplacement en Guadeloupe reporté deux fois), le député guadeloupéen (Modem) a été nommé rapporteur pour avis. Ce sont donc deux rapports qui ont été approuvés hier par les députés. Il a été préalablement décidé que ces députés n'auraient pas à se prononcer sur la répartition des moyens entre les deux pôles de l'UA.

La député Hérin a rappelé que l'UA était née en 2015 d'une loi, et non d'un décret comme les autres universités françaises. Aujourd'hui, elle serait au bord de la scission. Josette Manin a rapporté "un manque de dialogue, de considération", notamment par le pôle martiniquais qui reproche à l'administration basée en Guadeloupe de ne pas lui accorder de moyens pour ses nouvelles formations... Au tableau des personnalités et du jeu de ces acteurs, s'ajoute un contexte fortement marqué par l'affaire du CEREGMIA qui "a empoisonné durablement l'UAG, martèle Josette Manin, l'empoisonne encore et pour longtemps".

Mais c'est la répartition des moyens le vrai problème. En raison des démographies spécifiques de chaque île, en 2018, la dotation du pôle Guadeloupe a été élevé de 60 à 66 %. "Insuffisant !", ont râlé les Guadeloupéens. "Partialité, opacité, données biaisées", ont protesté les Martiniquais. Voilà pourquoi, l'université est au bord de l'explosion. Même le président actuel l'a déclaré : "S'il faut une scission, scission il y aura !" Pourtant, de part et d'autre, personne ne veut de la scission. Il est impératif de maintenir unie cette université dans la Caraïbe. Elle n'affiche déjà que 12 000 étudiants face aux 50 000 de Trinidad ou Barbade. La conclusion des deux rapporteurs est que l'UA est dans une impasse juridique, seule université crée par la loi, seule avec deux pôles... Il existe bien un ordonnance qui autorise aux universités pour expérimenter un nouveau type de gouvernance, mais l'UA en est exclue. Il faudrait tout de même régler ce problème avant les prochaines élections à l'UA.

Avant de présenter son rapport, Max Mathiasin a parlé des "diatribes", de sa collègue Josette Manin lorsqu'elle "accuse le pôle Guadeloupe de tous les maux". Mais il est d'accord avec elle pour pointer les dysfonctionnements, notamment pour les modalités d'élection du président et de sa liste. Quant à la répartition des moyens, il propose que ce soient les recteurs de Guadeloupe et de Martinique qui sont aussi chanceliers de l'université, qui effectuent ce contrôle. "L'Université des Antilles, a-t-il conclu avant la discussion et le vote, pour éviter la scission doit être basée sur l'unité, l'équité et la complémentarité."

FXG, à Paris

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 05:31
L'or rouge, d'Isabelle Richard

Un conte fantastique sur l’esclavage et l’amour

L’Or rouge est le premier opus d’une trilogie signée Isabelle Richard (photo) et publiée chez Maïa éditions. Ce roman, à cheval entre histoire et fantastique, nous transporte sur les traces d’Adam, fils d’esclave, né à Trinité en Martinique. Son enfance est rythmée des lentes agonies des martyrs de ceux que l’on traite comme des bêtes, mais aussi bercée par l’amour de sa mère et son amitié interdite avec Hélène, la fille du maître de l’habitation. Cet homme tourmenté porte en lui les prémices de l’abolitionnisme. Et alors que l’on s’attend à tomber dans la mièvrerie d’un amour que l’époque condamne, l’auteur nous emmène sur la piste d’un Nosferatu tropical… Adam est devenu un vampire en errance, de siècle en siècle, pour un long apprentissage de sa qualité nouvelle de monstre. Sa rencontre avec Guillaume, médecin, frappé du même mal, et qui a appris à dominer ses pulsions, va le pousser à retrouver sa condition humaine. Mais la quête du vampire n’est-elle pas toujours l’Amour ? « Le mythe du vampire, explique Isabelle Richard, n'est pas seulement une métaphore de l'amour, le vampire est un être monstrueux qui vide l'autre de sa substance vitale, le déshumanise, en fait sa proie, son jouet, sa chose avec cruauté et perversité, à l'image des esclavagistes et de la plupart des blancs d'alors. »

Le lecteur, comme l’auteur, pensent bien évidemment au zonbi qui a perdu toute forme d'humanité, comme une projection de l’esclavagiste. « Là où certains sont mués par l'amour et la bienveillance, poursuit Isabelle Richard, d'autres le sont par leurs propres intérêts, le mal. Que leur importe alors de détruire ceux qu'ils croisent, et ce qu'ils leur infligent, ils prennent jusqu'à la vie pour servir leurs vils instincts. »  Au fil des pages, ses vampires se révèlent pour la plupart des êtres bienveillants, et les vrais monstres sont les hommes. Isabelle Richard a vu « Racines » d'après le livre de Alex Haley, elle a souffert avec Kounta Kinté, le héros, et puis elle a eu un aïeul que l'on surnommait le « sauvage », et qui était probablement noir... « D'où venait-il ? Qui était-il ? Je n'en sais rien, avoue Isabelle Richard. J'ai imaginé plein de choses sur lui et ça m'a surtout donné la certitude que le racisme n'est pas quelque chose de rationnel car on est un mélange de plein de pays, d'histoires, de cultures. »

« L’Or rouge » n’est pourtant pas un roman contre l'esclavage, c'est un roman fantastique, une histoire d'amour qui défie l'Histoire et le temps, une histoire d'amour compliquée voire impossible pour dire que les sentiments ne meurent jamais vraiment lorsque l'on a aimé éperdument. Même la mort ne peut anéantir l'amour, c’est le message subliminal de ce premier roman.

FXG, à Paris

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 11:56
Serge Létcimy (archives)

Serge Létcimy (archives)

Létchimy interpelle rudement Castaner sur les violences policières

L'intervention du député Serge Létchimy (app. PS), mardi à l'Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement a soulevé une petite agitation dans l'hémicycle du palais Bourbon. Dans son adresse au ministre de l'Intérieur, le député de la Martinique l'a interrogé sur "la doctrine de maintien de l’ordre, les conditions d’usage de certains équipements, la possibilité pour la presse d’exercer son métier, (sa) capacité à assurer la sécurité des biens et des personnes et à garantir le droit fondamental à manifester." Il lui signifié "que les instructions données par (son) ministère à l’occasion des manifestations qui ne cessent d’émailler le pays, ont été non seulement interrogées, mais aussi contestées".

Tout en saluant "l’engagement sans faille de nos forces de l’ordre", Serge Létchimy estime que depuis la prise de fonction de Christophe Castaner, "les incidents, les accidents et les comportements manifestement contraires à la déontologie ont été nombreux (...) et le nombre des personnes blessées – parfois très grièvement – considérable et, pour tout dire, inquiétant".

Le député a certes observé que des procédures judiciaires étaient en cours, entendu les appels à l’éthique et à la déontologie formulés par le président de la République," mais ce qui fait l’honneur de la République, monsieur le ministre, c’est que la hiérarchie prenne sa part de responsabilité." Reprenant au mot le président de la République pendant l’affaire Benalla, lorsqu'il exprimait son refus de la République des fusibles, Serge Létchimy conspue "la République sans fusible, la République des lampistes – une République arrogante".

"Comment, conclut le député, le gouvernement envisage-t-il d’écouter et d’entendre autrement le peuple ?"

53 000. C'est le chiffre qu'a balancé le ministre de l'Intérieur pour lui répondre. "53 000 manifestations (...) c’est que la France a connu l’année dernière." Il a donc, depuis le 17 novembre 2018, "envoyé policiers et gendarmes partout, notamment sur les ronds-points, pour sécuriser les manifestations". Ce qui a fait hurler sur les bancs des groupes PS et FI.

"Nous sommes confrontés à des violences, a lancé le ministre. Si la police et la gendarmerie sont les seules légitimes à utiliser la force, le corollaire de cette légitimité, c’est l’exemplarité, la proportionnalité et, en effet, la déontologie (...) il peut y avoir des erreurs, voire des fautes. Elles font l’objet d’instructions – judiciaires le plus souvent, administratives dans tous les cas – et de sanctions."

Il se porte garant de l'éthique des forces de sécurité intérieure et conclut en priant Serge Létchimy de ne pas les caricaturer.

FXG, à Paris

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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 06:40
Expo du Fabriqué en France à l'Elysée

Boullanger à l'Elysée

"Pour nous, c'est une belle vitrine !" La pâte de piment végétarien de Délices de Guyane, l'entreprise de Bernard Boullanger, faisait partie des 120 produits de la Grande Exposition du Fabriqué en France, à l’Elysée, le week-end dernier. Pour être sélectionnés, il fallait démontrer qu'il y avait plus de 95 % de produits français dans tous les composants du produit fini proposé. "Comme on n'utilise que des produits guyanais, explique l'entrepreneur, on était à 100 %." Dans les salons du palais présidentiel, il a pu avoir un contact direct avec le ministre de l'Industrie et sa secrétaire d'Etat, la ministre de l'Outre-mer et le président : "On a pu parler de nos produits..." Bernard Boullanger a aussi évoqué les difficultés de la boutique parisienne des Délices de Guyane, "et de sa "volonté d'aller de l'avant...  Même si ça va très vite, on ne peut pas 'étaler".

10 000 visiteurs visiteurs ont vu son piment végétarien, bien agencé sur une table au sein du pôle agroalimentaire. "L'important, c'est la visibilité que ça nous donne." Lundi, le show room s'est poursuivi à Versailles, au sommet "Choose France". Cette troisième édition, qui a vocation à promouvoir l’attractivité économique de la France à l’international, a mis l’accent sur la valorisation des territoires français et l’innovation technologique et environnementale. Bernard Boullanger devait rentrer à Cayenne, il ne s'y est donc pas rendu, mais ses produits, oui.

L'Elysée concluait la séquence mardi par une réception de 500 chefs d'entreprises de tailles intermédiaires (ETI), invités à écouter un discours du président de la République et participer à des tables rondes avec des ministres. "Une entreprise moyenne, explique le patron de Délices de Guyane, ça fait 250 personnes, on n'est pas là-dedans !"

FXG, à Paris

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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 07:43
Les algorithmes de Parcoursup en question

Une QPC pour connaître les algorithmes de Parcoursup à la Réunion

L'Union des étudiants de France (UNEF) a remporté la semaine dernière une manche importante dans le bras de fer que la centrale étudiante dispute avec l'université de la Réunion (comme avec celle de Corse) afin que cette dernière révèle les procédés algorithmiques qu'elle utilise dans le cadre du traitement des candidatures d'entrée en licence via la plateforme "Parcoursup" ainsi que les codes sources. L'Université avait d'abord ignoré la demande du syndicat. Celui-ci s'est donc retourné devant le tribunal administratif qui, en juin dernier, a rejeté sa requête. L'affaire s'est retrouvée le 10 janvier dernier au conseil d'Etat, sous la forme d'une "question prioritaire de constitutionnalité" (QPC). En effet, le code de l'Education prévoit, pour la plateforme nationale Parcoursup le droit à la communication de son code source, de son cahier des charges et de l'algorithme du traitement qu'elle utilise. Par ailleurs, les étudiants, doivent, s'ils le désirent, avoir accès aux critères et modalités d'examen de leurs candidatures ainsi que les motifs pédagogiques qui justifient la décision prise. En l'absence de ces conditions, le dispositif porte atteinte au droit d'accès aux documents administratifs ainsi qu'au droit au recours prévus respectivement par les articles 15 et 16 de la Déclaration des droits de l'Homme. Pour ces raisons, le Conseil d'Etat, dans sa séance du 15 janvier dernier, a décidé de renvoyer cette QPC devant le Conseil constitutionnel.

FXG, à Paris

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