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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:34
Le grand frisson

Un thriller dans les cités

"Comme tous les matins de bonheur, je suis étalé dans mon pieu, la main dans mon calbar à m'astiquer la trique." Dès la première ligne et cet hommage à "La recherche du temps perdu" de Marcel Proust, Frankito donne son ton ! C'est "Le grand frisson". Frankito, alias Franck Salin, vient de publier chez Archipel, collection Ecriture, un roman mi-"série noire", mi-"SAS" qui pue le fric, la drogue, les gangs, la violence, le sexe mais respire aussi la jeunesse, le street art, l'amour et Kery James ! Sur fond de cités de la banlieue parisienne, Frankito transporte son lecteur dans la peau d'un adolescent originaire des îles qui se laisse embarquer dans un mauvais trip par amour... Elève au lycée, Bienvenu dit Ben, 16 ans, a toujours su éviter les mauvaises rencontres dans sa banlieue où deux bandes s'affrontent, celle des Mambas noirs et celle des Requins, la cité Zola contre la cité Balzac. Sa rencontre avec Marie-Ange va le projeter au coeur de cette rivalité mortelle que vient perturber l'entrée en scène d'une bande de trafiquants de drogue russes. Marie-Ange, native comme Ben des îles, étudiante en rupture de ban, est tombée dans les pattes d'Igor, froid et lisse comme Poutine, qui veut en faire sa chose. Pour revoir le visage de cette fille mystérieuse et éthérée, qui lui a accordé une danse en boîte de nuit, Ben va connaître le grand frisson.

Après "L'homme, pas Dieu" (2012), prix Carbet des lycéens, le romancier se plaît à laisser encore plus de liberté à sa plume qu'il ne s'était déjà permis auparavant ! Son style est vif, alerte et drôle, avec cette volonté de conduire tranquillement son lecteur dans la tête d'un adolescent noir des cités en 2017.

FXG, à Paris

Le grand frisson, édition Archipel - Ecriture

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:31
Livre Paris - l'inceste

Autour de l'inceste avec Yolen Lossen

Avec "Le jour où ma mémoire s'est réveillée", chez Lharmattan, la psychomotricienne martiniquaise Yolen Lossen aborde un sujet tabou, l'inceste. "C'est un sujet difficile que j'ai pu aborder après avoir entendu beaucoup de témoignages et je me suis rendue compte de la souffrance de ces enfants, que l'inceste était un crime parfait sans cadavre, parce que la vie de l'enfant est détruite." Elle en a conclu que seule la libération de la parole pouvait les aider. C'est pourquoi elle a choisi le roman. Et loin de stigmatiser les Antillais, elle insiste pour rappeler que c'est un thème, hélas, universel. Dans son roman, le père incestueux est un Gardois et la mère martiniquaise. L'histoire se passe dans l'Hexagone et en Martinique. "C'est une histoire française !" Yolen Lossen a été confrontée dans son cercle amical à un tel drame. "Quand la mère m'en a parlé, je ne l'ai pas crue... J'ai écrit ce roman dans un désir de réparation." Sa conclusion est que le violeur est un malade, un déviant sexuel qu'il faut soigner. "Donc, il faut le dénoncer, d'autant que l'enfant n'est souvent pas cru et qu'il a peur de faire du mal à sa mère. Derrière la peur et la honte, l'enfant se demande même s'il n'est pas responsable... Et c'est grave pour un enfant de garder cette culpabilité." Son roman propose donc la libération de la parole. "Il faut qu'il puisse parler à quelqu'un de toute confiance. Dans mon roman, Margot l'héroïne parle à sa mère des attouchements sont elle a été victime et la mère ne la croit pas ; elle la giffle." Pour autant, elle met en garde contre les femmes perverses qui se servent de la parole de l'enfant pour détruire leur ex-mari..." Le problème est donc éminemment complexe d'où l'importance de former les aidants, les travailleurs sociaux qui recueillent la parole de l'enfant. Ce roman, derrière l'angoisse qu'il peut générer, est un livre plein d'espoir car après une telle tragédie, la résilience est possible. "On peut rebondir, si on libère la parole."

FXG, à Paris

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:20
Guy Tirolien au Livre Paris

Année du centenaire de Guy Tirolien

La plupart des gens ne connaissent de Guy Tirolien que "La prière d'un petit enfant nègre", mais peu savent que ce poème est un texte à clés. L'écrivaine Suzanne Dracius qui lui consacrait dimanche une conférence avec Georges Brédent et le slameur Jean-Yves Bertogal, a ainsi expliqué que quand l'auteur Marie-Galantais écrit : "Je ne veux plus aller à leur école", nous sommes sous l'Occupation et il est alors prisonnier en Allemagne. "Contrairement à Senghor avec qui il était prisonnier, Guy Tirolien a refusé d'apprendre l'allemand. Ca veut donc dire l'école des nazis, des fascistes, des obscurantistes et des tyrans ! Il ne s'agit pas de l'école des Blancs." Suzanne Dracius, directrice de collection chez Idem, publie l'ouvrage à deux voix, celle du Guy Tirolien et celle de Michel Tétu : "Guy Tirolien, de Marie-Galante à une poétique afro-antillaise". Dans cet entretien, Guy Tirolien évoque ses souvenirs et notamment le bal de la rue Blomet, Tirolien parle d'abord du "bal nègre", puis très vite, il l'appelle le "bal Blomet". "C'est comme si, poursuit Mme Dracius, la récente polémique qu'il y a eu autour de la réouverture de ce cabaret parisien. Et, pourtant, ce qu'explique Guy Tirolien, c'est negre is beautifull..." Ainsi Tirolien raconte comment les Africains qui venaient au bal Blomet finissaient par parler créole. "Il y avait une fusion qui s'opérait, forcément plus productive que toutes les négations." C'est tellement vrai que c'est le pavillon des "Lettres d'Afrique" qui a mis à l'honneur le poète marie-galantais et que la conférence organisée au pavillon du ministère des Outre-mer est apparue comme un rattrapage in extremis de ce qui semblait être bel et un bien un oubli... Dimanche, le public de la conférence a pu découvrir ou redécouvrir de grandes oeuvres comme le poème "Satchmo" qui rend hommage au jazz. "Tirolien a d'abord utilisé des alexandrins avant de les casser, poursuit Suzanne Dracius, de les rallonger... Il recherchait un rythme, une musique, un jazz qui cassait déjà les standards musicaux..."

Guy Tirolien qui a été administrateur colonial en Afrique, a ouvert aux gens ce continent, mais au-delà, celui des Afro-Américains. C'est sans doute cet aspect là qui différencie profondément Guy Tirolien d'un autre administrateur colonial, René Maran, prix Goncourt 1921. "Guy Tirolien est le lien entre l'Afrique et toutes ses diasporas", conclut Mme Dracius. Le premier à l'avoir compris n'est autre que Léon Gontran Damas qui l'a fait publier.

FXG, à Paris

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 05:49
Nadine Caster pose avec le romancier Jimmy Anjoure-Apourou

Nadine Caster pose avec le romancier Jimmy Anjoure-Apourou

"Toujours et encore plus loin" par Nadine Caster

Elle est bien plus habituée aux meetings d'athlétisme qu'aux salon littéraires et pourtant, samedi au Livre Paris, l'ancienne championne de saut en longueur était comme un poisson dans l'eau ! Et c'est aucoeur du stand des outre-mer qu'elle a répondu aux questions de France-Antilles.

"On écrit quand on a quelque chose à dire !"

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous raconter ?

J'étais encore athlète, je regardais mon parcours derrière moi et je le disais qu'il fallait le raconter. C'était quand même magique ! J'ai commencé à 18 ans et j'ai commencé à faire de belles choses alors que j'étais quasiment en fin de carrière. J'ai été championne de France à 27 ans, j'ai battu le record de France à 28... Vous imaginez, à cet âge-là, on arrête et moi je commençais... Je me suis alors dit que ce serait bien que plus tard je raconte mon histoire aux jeunes pour leur montrer que si j'ai réussi, ils le pourraient aussi.

Comment est venu le déclic ?

En 2012 au salon du livre de la Martinique, j'ai rencontré des auteurs et j'ai décidé de publier mon livre à compte d'auteur... Faut aller chercher les lecteurs ! La fédération en a acheté plus de 300. J'en ai écoulé 2500 exemplaires et il n'en reste que 400. Si je dois rééditer, je ferai la même chose !

Qu'est-ce que vous avez le plus de plaisir à raconter ?

Mon record de France ! Ca faisait plus de vingt ans qu'aucune Française n'avait passé les 6,79 m. J'arrive et paf ! Ca me classe 4e mondiale, c'était extraordinaire pour la Martinique, pour moi, ma famille. Une fierté !

Et la chose la plus désagréable ?

Je me souviens avoir pleuré depuis le stade jusqu'à l'hôtel... J'étais la 4e mondiale, j'avais battu le record de France et je n'ai pas pu aller en finale aux championnats d'Europe. Il y avait du bruit et beaucoup de pression sur le stade et c'était comme si je n'arrivais pas à sauter... C'est avec l'expérience que tu arrives à t'en sortir.

Avez-vous anticipé votre reconversion ?

Moi, j'ai toujours travaillé, à la CTM ! C'est pour ça que je suis restée au pays. Je suis à Paris maintenant, mais c'est pour mon fils qui fait du basket. Je l'accompagne car il n'a que 15 ans et il a besoin de moi. Quand je le vois mettre ses paniers, c'est beau ! Mes parents n'ont pas pu me voir eux.

Avez-vous un autre livre en cours ?

On n'écrit pas pour écrire ! On écrit quand on a quelque chose à dire ! J'attends de voir ce que va faire mon fils, on verra...

Propos recueillis par FXG, à Paris

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 05:10
Bernard Cazeneuve à l'issue de la réunion du 3 avril 2017 sur la question guyanaise

Bernard Cazeneuve à l'issue de la réunion du 3 avril 2017 sur la question guyanaise

Le Premier ministre estime que les négociations n'ont pas échoué

Bernard Cazeneuve promet d'acter le plan d'urgence pour la Guyane au conseil des ministres de ce 5 avril et appelle à lever les barrages.

"La Guyane ne décollera pas sur la base de fausses promesses..." Lundi après-midi, le Premier ministre a répondu à Mickaël Mansé, des 500 frères, qui avait lancé dimanche : "La fusée restera au sol tant que la Guyane ne décollera pas." Malgré l'annonce d'une manisfestation ce mardi à Kourou, près du site de lancement, le Premier ministre a évité de parler d'Ariane tout en appelant à "lever les barrages". II est longuement revenu sur les 11 protocoles d'accord qui ont été signés ce week-end. Il assure que les trois quarts des quatre cents questions qui ont été posées ont trouvé une réponse à court ou moyen terme. Les 25 mesures du plan d'urgence de 1,8 milliards annoncées par les ministres Bareigts et Fekl en Guyane sont "un effort significatif de rattrapage". Bernard Cazeneuve estime que les négociations n'ont pas échoué. Et pour mieux s'en convaincre, il énonce 4,5 millions de trésorerie pour la CTG, un prêt garanti de 53 millions transformé en subvention, 50 millions pour le financement du RSA, 9 millions d'aides débloquées pour l'agriculture et la pêche... 85 millions d'euros pour les hôpitaux, un centre d'hébergement pour les femmes victimes de violences, 50 millions pendant cinq pour les lycées et les collèges, 15 millions pour les écoles, 20 enseignants en langue marternelle, les doublement du pont du Larivot, de la RN1 vers Macouria et de la RN2 vers Matoury. Enfin, il a annoncé la création d'un poste de coordinateur de la sécurité, d'un TGI et d'un centre pénitientiaire à Saint-Laurent, d'une cité judiciaire à Cayenne, de 50 policiers et gendarmes tout de suite, et de 90 l'an prochain.

Et parce qu'il assure que ce ne sont pas de "fausses promesses", Bernard Cazeneuve les fera acter au conseil des ministres de ce mercredi.

FXG, à Paris

Un process administratif lancé au conseil des ministres

"Nous sommes dans le calendrier annoncé par les ministres", indique un conseiller d'Erika Bareigts lorsqu'il évoque le plan d'urgence pour la Guyane au conseil des ministres. Selon lui, le travail réalisé dans "la ferveur des ateliers", le week-end dernier à la préfecture de Cayenne va être entériné dans le lieu où s'exerce par excellence la décision dans la République, le conseil des ministres. Ca ne sera pourtant ni plus ni moins qu'une déclaration voire une communication. "Techniquement, assure le conseiller, la déclaration lancera un process administratif aussi bien pour la modification de normes réglementaires que pour la préparation des lois de finances. La conférence de préparation budgétaire est en cours... C'est cela que le Conseil des ministres va activer." Pour ceux qui auraient encore des doutes.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:18
Soutien à la Guyane

Petit rassemblement de Guyanais aux Invalides

Ils étaient environ 300 personnes environ place Vauban, derrière l'hôtel,des Invalises à Paris, samedi, pour exprimer leur solidarité avec leurs compatriotes guyanais. Deux voitures et quatre fonctionnaires de police en escorte et des slogans : "Nous n'avons pas peur de l'Etat français, c'est eux qui ont peur de nous." La plupart des participants étaient vêtus de tee shirts noir imprimés avec la formule "nou bon ké sa", comme leurs camarades au pays. (photos RDG, à Paris)

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:17
Afro-Fiction

Les Antilles et la Guyane primées au concours Chronofilm-Afro-fiction

Le grand prix du concours Chronofilm-Afro-fiction a été remis samedi à Saint-Ouen (93) à Teddy Albert, un Guadeloupéen établi en Martinique pour son film "Où est le mâle ?" Le film du Guyanais Cédric Simoneau, « La Moitié » a reçu le prix de la photographie. Les candidats avaient reçu les consignes pour leur tournage marathon vendredi 17 et le film était à livrer le dimanche soir suivant.

L’association "Afro-Fiction, S’unir pour s’élever" a été créée pour favoriser le partage de réseaux et compétences entre afro-descendant dans la fiction française, pour valoriser les talents de cette communauté, que ce soit dans la réalisation et l’écriture, mais aussi en proposant des rôles de qualité aux comédiens afro-français, souvent limités dans leurs choix. Il s’agissait de la première Edition de ce concours, il tend à être biannuel.

Parmi les membres du Jury, on note l'excellente comédienne martiniquaise, Anabelle Lengronne, Jean Claude Barny ou encore France Zobda. Par ailleurs, les organisateurs ont reçu le parrainage de Firmine Richard et les soutiens de Eriq Ebouaney, Euzhan Palcy, Philippe Niang, Yann Gael, Alexandre Michelin, Sébastien Onomo…

A l'issue de cette première édition, l'une des organisatrices, Latigone N'Goma a lancé un appel invitant tous les cinéastes afro-descendants à les rejoindre via leur site www.afro-fiction.fr

FXG, à Paris

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:16

L'Etat enclenche la vente de la SIMKO et la SIDR

Bonne nouvelle pour le logement social en Guyane, le gouvernement, dans l'enveloppe du milliard d'engagement qu'il a pris vendredi, acte la cession de 250 000 hectares de terrains à bâtir. Au même moment, des syndicalistes des sociétés immobilières d'Outre-mer (SIDOM) révèlent qu'un courrier à l'attention de Bernard Fontaine, directeur général de la Société immobilière de la Réunion (SIDR), daté du 7 mars et signé des ministre de l'Economie et des Outre-mer, lance le processus de vente des participations de l'Etat dans la SIMKO (Société immobilère de Kourou) et la SIDR (La Réunion). Les deux ministres rappellent que "L'Etat, conjointement avec l'AFD et le CNES (...) cèdent leurs participations à un acteur public professionnel, le Société nationale immobilière (SNI)."

Si la SIMKO n'est pas précisément citée dans ce courrier, indique une source syndicale, "le Centre national d'études spatiales qui est associé au processus de désengagement de l'Etat n'est actionnaire que d'une seule SIDOM, celle de Kourou".

Pour la SIDR, le courrier détaille le plan. Dans un premier temps la SNI acquiert les 4460 parts détenues en propre par l'AFD et une partie des parts (4040) détenues par l'AFD pour le compte de l'Etat. La SNI détiendra ainsi 8500 parts, soit 34 % du capital. L'Etat conserve 19,3 % qu'il cèdera au bout de cinq ans à la SNI. L'Etat s'engage à reverser les produits de ces cessions de parts au soutien de la politique du logement social en outre-mer.

La SIDR devra réunir son conseil d'administration pour agréer ce projet avant la fin juin.

FXG, à Paris

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 07:29
Fillon face aux ultramarins de Paris

Fillon avec les Ultramarins d'Ile de France

François Fillon a tenu un meeting avec les Ultramarins de la Région parisienne, mercredi soir, dans son QG de campagne à Paris. Un succès. Entre 250 et 400 personnes, selon l'organisation ou la presse. Les présidents de grandes associations ultramarines dont Jenny Hippocrate de l'APIPD, Théo Sulpice et ses Polynésiens, Valentin Chambon des "Jeunes Réunionnais", René Silo, ancien de la FFF pour l'Outre-mer, Babette de Rozières, cheffe de cuisine médiatique et candidate LR aux législatives à Paris... Des Parlementaires aussi à commencer par le Saint-barth Michel Magras, Eric Doligé, Phlippe Houillon...

Samia Badat-Karam a d'abord présenté le bilan de l'action pour les outre-mer du tandem Sarkozy Fillon de 2007 à 2012. Valerie Pécresse, présidente d ela Région Ile de France y est allée aussi de son petit mot pour citer l'action de son vice-président chargé des associations, de la jeunesse et des sports, Patrick Karam. Enfin, le héraut du programme de la droite et du centre est venu présenté son programme pour les outre-mer. "Il a volontairement évité la polémique, analyse l'organisatrice, en prenant ses distances avec les déclarations de François Baroin sur la Guyane qui n'ont pas été bien perçues sur place."

François Fillon a annoncé trois mesures pour les Ultramarins de l'Hexagone : la drépanocytose, grande cause nationale, des contrats de mobilité pour les fonctionnaires ultramarins qui veulent rentrer au pays et enfin, un renforcement de la délégation interministérielle à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, rappelant que c'est lui qui y avait nommé Patrick Karam en 2007.

Le meeting s'est conclu par une séance de serre-mains et de selfies.

FXG, à Paris

Ses propositions pour l'Outre-mer

"Je ne veux pas agir dans 10 ou 20 ans comme nous le propose la loi égalité réelle." Fillon est un pilote de course automobile, il veut donc aller vite. Il promet des des moyens supplémentaires pour les forces de sécurité et pour la justice, des places de prison supplémentaires et une politique pénale ferme. "Je veux refaire de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité, à Mayotte et en Guyane, a-t-il asséné. L’accès à la nationalité y sera conditionné par le séjour régulier des parents."

Contre le chômage, il veut donner les moyens aux entreprises ultramarines en s'appuyant sur la croissance bleue, les énergies renouvelables, la valorisation touristique du patrimoine naturel notamment. Il promet de s'attaquer aux normes pour faire des Outre-mer les échelons avancés du « Made in France » dans leur environnement régional.

Il promet surtout de la lisibilité et de la stabilité avec des aides de l’Etat sur 10 ans, la création d’un statut « entreprise franche outre-mer », l'objectif de 150 000 logements sur la période. Politique de continuité territoriale, santé, éducation, plan massif de lutte contre l’illettrisme et des mesures supplémentaires pour l’insertion des jeunes...

François Fillon n'a pas omis le sujet de la mémoire : "L’histoire des Outre-mer consolide le vivre ensemble et valorise la mémoire des victimes de l’esclavage."

Son programme pour l’Outre-mer comporte aussi des mesures spécifiques pour chaque collectivité. Il a bien évidemment abordé la Guyane : "Je demanderai au ministre en charge des Outre-mer de se rendre en Guyane pour renouer le dialogue et je signerai un Pacte d’avenir qui soit à la hauteur..."

François Fillon a conclu en donnant rendez-vous à son public dans un mois.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 06:15
M'Hamed Kaki et les crimes coloniaux

M'Hamed Kaki, animateur de l'association nationale Les oranges, organise à Nanterre, le 29 mars, un colloque intitulé "crimes coloniaux", avec ce sous-titre : "Comment lutter contre les violences racistes aujourd'hui ?". Rencontre avec un Français héritier de l'immigration coloniale.

"Discriminés de tous pays, regroupez-vous !"

La date de votre colloque n'est pas anodine, c'est l'anniversaire des massacres commis à Madagascar il y a 70 ans...

En trois jours l'armée française a massacré 100 000 personnes, des civils, des paysans qui se sont révoltés contre l'injustice. Il y a cinquante ans, la police a massacré en Guadeloupe. Les crimes coloniaux impliquent la question de leur reconnaissance, comme pour l'esclavage... L'esclavage est lié au système de domination coloniale. C'est la même répression.

Vous insistez sur la reconnaissance, pourquoi ?

La reconnaissance par l'Etat français de l'ensemble des crimes coloniaux est liée à l'accès aux archives, à l'accès à un lieu mémoriel dans lequel seraient présentés ces crimes coloniaux, mais également les hommes et les femmes qui ont été très courageux dont bien évidemment Fernand Yveton et Frantz Fanon.

N'existe-t-il pas déjà le musée de l'immigration ?

C'est une avancée, mais il n'est pas co-construit. Il est fait sans les Français héritiers de l'immigration coloniale, sans les acteurs de l'histoire de l'esclavage. Nous ne sommes jamais consultés pour dire quel type de lieu et comment pourrait être ce lieu. Nous demandons à la puissance publique de réfléchir avec nous sur ce lieu mémoriel des crimes de la France.

Même la caution de Benjamin Stora ne vous suffit pas ?

Elle ne nous suffit pas et ça nous paraît un peu lisse parce qu'elle ne porte pas la "totalité", pour citer le sociologue algérien Abdelmayek Sayad. La totalité, c'est rassembler les notions d'émigrés/immigrés. Si je prends l'exemple des Antillais avec le Bumidon, on voit bien comment on a construit, formaté les choses. C'est un parti pris puisqu'on n'a pas développé les Antilles de l'intérieur, on a préféré les laisser sous perfusion, les mettre dans des situations de dépendance. Dès le départ, c'est une stratégie et c'est ça le poison colonial. D'une certaine manière, les Antilles restent une  colonie puisque les injustices aujourd'hui sont flagrantes et que la question de la dépendance est toujours là. La question de la totalité de l'histoire est celle que nous souhaiterions aborder dans un lieu mémoriel et ce détour socio-historique nous permettrait d'aborder les questions actuelles.

Vous dîtes que le colonialisme et la colonisation ne sont pas terminés, pourquoi ?

Le processus continue autour de la Syrie, de l'Iraq avec des stratégies de guerre civile, de diabolisation... Et avec une nouveauté, la mise en oeuvre du concept d'islamophobie. Il vise une population pour faire une diversion qui semblerait épargner les non musulmans. C'est une duperie totale ! Ce sont les métèques qui sont visés, tous les métèques dans l'intention fascisante d'une partie de la police... Il y a toujours sous-jacent un processus d'ethnicisation des rapports sociaux. Tous les Français héritiers de l'immigration coloniale et du système esclavagiste souffrent de la relégation sociale dans des quartiers, des départements, des zones où il n'y a aucun champ du possible pour nos enfants. C'est ça une des manières actuelles de reproduire, c'est la ségrégation spatiale, sociale...

C'est le lien que vous faîtes entre cette histoire et ce qui s'est passé à Aulnay-sous-Bois ?

Ce qui s'est passé à Aulnay, ce qui se passe en Seine-Saint-Denis, est le fruit de cette ségrégation, de cette discrimination... La majorité des faiseurs d'opinion et des conseillers du prince oublient complètement cette dimension sociale et ethnicisent les rapports sociaux. C'est le communautarisme, la religion leur grille de lecture. Certains intellectuels perpétuent par leurs violences verbales la disqualification. Au-delà de la violence policière, comme dirait Bourdieu, il y a la violence symbolique et c'est celle-là la plus grande des violences. Quand tous les jours, on vous montre du doigt parce que vous êtes black, arabe, parce qu'on vous dit que vous n'êtes rien, un néant, c'est ça qui est violent pour nos enfants et qui empêche toute perspective de développement d'un être humain, d'un Français tout court quand tout contribue à dire en fait qu'ils ne sont pas français... La violence policière n'est que l'une de ces expressions là, elle est portée par les faiseurs d'opinion qui nous assènent tous les jours des violences symboliques. Discriminés de tous pays, regroupez-vous !

Tous concernés ?

La stratégie est de nous renvoyer en permanence au communautarisme quand nous parlons de justice et d'histoire ! De même qu'aujourd'hui, laïcité est employé quand on veut exprimer le racisme et l'islamophobie. Derrière ça, on cherche à nous atomiser dans des causes différentes, des guerres de mémoires... Il y a simplement un concept général qui s'appelle "crimes coloniaux et esclavage", et c'est ce que nous voulons rappeler à l'occasion des 70 ans du massacre malgache et des 50 ans de mai 1967 en Guadeloupe. J'ai écrit une pièce de théâtre sur le massacre du 17 octobre 1961 qui s'appelle "La pomme et les boutons". Par le théâtre, par des voies pédagogiques, on peut sensibiliser jeunes et moins jeunes à l'histoire.

Vous avez du apprécier la déclaration de Macron sur la colonisation, crime contre l'humanité...

Nous allons prochainement interroger les candidats sur cette question coloniale. Macron s'est déjà positionné, après on verra le maçon au pied du mur. Mais c'est déjà pas mal ! Je trouve assez courageux d'avoir dit ce qu'il a dit. C'est dommage que ça vienne de lui et non pas de nos pseudos amis de gauche.

Pourquoi la gauche ne vous suit-elle pas ?

Parce qu'elle est mouillée jusqu'au cou. Dans toute l'histoire, elle a été aux manettes, du côté du manche et elle ne s'en est pas privé pour cogner très fort sur les indigènes, les gens sans statut... Les pouvoirs spéciaux en 1956, l'Irak en 1991, c'est la gauche. Le  27 février 1983, le Premier ministre écrit dans Le Monde sur les grévistes maghrébins de la CGT de Boulogne-Billancourt. : "Ces gens-là n'ont rien à voir avec les réalités sociales françaises, ce sont des gens qui sont manipulés par l'islamisme international." Voilà le début du déplacement de la question sociale à la question ethnique, cultuelle. On a donné à une revendication sociale une dimension religieuse.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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