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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 08:39
Soibahadine Ibrahim Ramadan, président du conseil départemental de Mayotte, Alfred Marie-Jeanne, président de la CTM, Philippe Richert, président de la Région Grand Est et de Régions France, et Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe le 29 mars à Paris

Soibahadine Ibrahim Ramadan, président du conseil départemental de Mayotte, Alfred Marie-Jeanne, président de la CTM, Philippe Richert, président de la Région Grand Est et de Régions France, et Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe le 29 mars à Paris

Les propositions de "Régions France" aux candidats à la présidentielle

Alfred Marie-Jeanne (Martinique), Ary Chalus (Guadeloupe), Rodolphe Alexandre, en audioconférence depuis Cayenne, et Soibahadine Ibrahim Ramadani (Mayotte) étaient hier avec le président Philippe Richert (Grand-Est) au siège parisien de l'association "Régions France". Ils on présenté leurs six propositions aux candidats à l'élection présidentielle "pour redonner des capacités financières aux Régions et collectivités régionales d'Outre-mer".

Le président martiniquais qui a présidé la commission outre-mer, a détaillé les mesures souhaitées à commencer par l'amélioration de leur pouvoir fiscal et financier. Si la dotation globale de fonctionnement (DGF) sera remplacée en 2018 par une rentrée fiscale (TVA,) les chefs d'exécutifs souhaitent la même évolution avec la dotation globale de décentralisation dont le montant est supérieure à celui de la DGF. Ils souhaitent encore pouvoir moduler le taux de l'octroi de mer jusqu'à 5 % contre 2,5 % actuellement (sauf pour la Guyane qui bénéficie déjà du taux à 5 % depuis la loi égalité réelle Outre-mer). Ils veulent aussi étendre cet octroi de mer aux services qui en sont exonérés. "C'est notre proposition phare", a insisté Alfred Marie-Jeanne. Concernant la taxe carbone, ils souaihaitent qu'une partie de celle-ci revienne aux régions. On attend de cette nouvelle taxe 250 millions d'euros d'ici cinq ans. Même si les retombées ne sont pas aussi importantes que pour la taxe carbone, les présidents de régions ultramarines estiment que le tourisme doit aussi générer un retour fiscal, à l'instar de ce qui ce fait en Corse. Enfin, les élus souhaitent plus de transparence sur les prix des carburants.

Selon Ary Chalus, certains candidats se sont déjà inspirés de leurs propositions sur l'octroi de mer, la taxe carbone ou la continuité territoriale, mais, précise-t-il, "ce qui nous intéresse, c'est comment ils comptent mettre en oeuvre ces mesures." L'élu guadeloupéen considère néanmoins que les Outre-mer doivent être considérées comme toutes les autres régions de France, ajoutant non sans humour : "Parle-t-on des Français de Savoie ?" Quant à Alfred Marie-Jeanne, il a prévenu : "En juin, je n'ai plus de fric pour payer le personnel."

FXG, à Paris

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 06:26
Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale de Guyane

Rodolphe Alexandre devait présider le 4e Forum des Régions Ultra-Périphériques qui débute ce jeudi, son homologue Réunionnais le remplace. Avec la crise et l'arrivée, la veille, des ministres de l'Intérieur et des Outre-mer, le président de la CTG est a son poste. Il est toutefois intervenu par audioconférence au siège de Régions France lors de la présentation de leurs propositions aux candidats à la présidentielles. L'occasion d'un entretien.

"Nous sommes accueillis comme des mendiants"

Comment s'inscrit la Guyane dans ces six propositions aux candidats à la présidentielle ?

La dotation globale de fonctionnement est mal été calculée depuis 1981 et nous obère. Nous apprenons aujourd'hui que la base spatiale perd 500 000 euros par jour ; nous, nous sommes sur un budget de 600 millions. Ca signifie que le retour de la base spatiale dont les produits sont exonérés d'octroi de mer, obère notre budget. Quant à la taxe carbone, nous avons le plus grand puits de carbone de France ! Nous sommes encore pénalisés. Se pose clairement la question de l'autonomie de la fiscalité de notre territoire, mais Bercy ne veut pas que nous mettions une taxe sur les services. Résultat, il nous manque un gain de 50 millions. La loi EROM nous prive de 9 millions dès 2017 et, en 2020, de 27 millions. C'est la catastrophe qui explique la situation conjoncturelle actuelle, au delà des dysfonctionnements, des lenteurs dans le système semi-colonial que l'on connaît en Guyane.

Qu'est-ce que c'est le "système semi-colonial" ?

Colonial, je persiste à le dire. Mitterrand disait qu'en Guyane on tire des fusées sur un fond de bidonville... On nous dit que nous sommes la richesse de la République dans l'Amérique du Sud voire le bassin caribéen et dans les ministères, nous sommes accueillis comme des mendiants, des quémandeurs. Avec une croissance démographique de 4,5 % et les ratios de l'INSEE, comment expliquez-vous que les contrats de plan ne nous apportent que 19 millions pour construire cinq lycées et six collèges avant 2020. En 2030, ce sera 13 lycées et 14 collèges... Le problème, c'est la surdité des gouvernements. Ce n'est que parce que la base spatiale est bloquée depuis une semaine que le gouvernement nous dépêche ses ministres.

Qu'attendez-vous ?

Nous demandons une véritable renégociation avec la collectivité majeure pour que la fiscalité, la cohésion sociale, le rattrapage de l'économie soit faits. En ce qui concerne le plan statutaire, je n'ai jamais écarté l'article 74, 72, 71, voire même sui generis, mais je rappelle que trois fois le gouvernement nous a refusé les habilitations que l'on demandait. Nous pouvons choisir tous les statuts que nous voulons pour nos territoires, c'est une question de prise de responsabilité.

Propos recueillis FXG

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 05:59
Les Vikings au New Morning le 31 mars

A 51 ans, les Vikings remontent sur scène

Après l'annulation du concert qu'ils devaient donner le 10 novembre dernier au Dock Eiffel, les Vikings de la Guadeloupe sont de retour à Paris et, cette fois, dans une salle sans doute plus adaptée, en tout cas plus prestigieuse puisqu'il s'agit du célèbre New Morning, rue des Petites écuries. Fred Aucagos, Guy Jacquet, Camille "Soprann" Hildebert, Ipomèn Léova et Max Séverin vont enfin pouvoir fêter dignement les 50 ans de leur formation. Il y a un an, les cinq artistes ont sorti l'album de leur jubilé et s'étaient produits à Stains, au festival Banlieue bleue.
Puisant tout à la fois dans la biguine soul, le funk, la fusion latino, le jazz, le kompa, la salsa, le calypso, le merengue, le ka, le bèlé, les Vikings en ont fait une musique inédite à la base de la musique moderne antillaise qu'on appelait naguère la pop ou plus simplement encore la musique antillaise. Les standards comme "Assez palé", "Zagalakatéléman", "Claro que si" ou "Tou touni" vont réveiller sans nul doute cinquante ans de souvenirs !
En première partie le tanbouyé Roger Raspail et en after show, la tropical discotheq d'Emile Omar et sa compil "Antilles chéries".
FXG, à Paris
Au New Morning le 31 mars
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 05:34
L'entrée du bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles

L'entrée du bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles

La Commission européenne se permet de choisir ses journalistes

Le 4e forum des Régions Ultrapériphériques se déroule à Bruxelles les 30 et 31 mars.

Une grand-messe pour laquelle l'Europe ne lésine pas à la dépense mais choisit ses journalistes en finançant ou pas leur déplacement et leur hébergement.

"Je dois malheureusement vous informer que la Commission Européenne a décidé de donner la priorité aux médias qui venaient directement des régions ultrapériphériques. Vous êtes évidemment toujours le bienvenu au forum, mais vos frais de déplacement et d’hébergement ne pourront pas être pris en charge." Voilà ce qu'a récemment répondu aude.rabault@mostra.com à la demande d'accréditation du correspondant de France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane et du Journal de l'Île de la Réunion à Paris, pour couvrir la 4e conférence des RUP. En clair, la Commission préfère payer sur fonds publics quatre billets d'avion A/R et autant de nuits d'hôtel nécessaires plutôt que de se conformer au fonctionnement de ces titres qui ont choisi d'avoir un correspondant dans l'Hexagone.

Une mesure de rétorsion ?

Derrière cette réponse, se cache en fait une mesure de rétorsion pour ne pas oser le mot censure. En effet, en septembre 2014, un article a eu l'heur de déplaire à la Commission. Voici ce qui, en complément d'une pleine page consacrée au 3e forum des RUP, a fâché les technocrates bruxellois : "Quand un confrère de Mayotte, en conférence de presse, a interrogé un haut fonctionnaire sur les orientations de la pêche qui vont à l'inverse des besoins des Outre-mer, ce dernier a répondu que la question était trop technique. Quand Manuel Barroso a accordé quelques instants à la presse, il a lui aussi préféré y mettre rapidement fin pour préférer poser pour une photo de groupe avec les présidents des RUP. Et enfin, quand la conférence de presse donnée par le haut fonctionnaire de la Commission devenait intéressante, l'organisation y a mis fin considérant qu'il était temps de manger... Tout ça donnait une drôle d'ambiance et presque envie de devenir eurosceptique !" On comprend dès lors qu'ils préfèrent payer les frais à des journalistes moins ingrats !

FXG, à Paris

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 03:56
Mes Charrière-Bournazel, Chabert et Ursulet dans le bureau de la première présidente du TGI de Paris, le 7 mars dernier

Mes Charrière-Bournazel, Chabert et Ursulet dans le bureau de la première présidente du TGI de Paris, le 7 mars dernier

Affaire Green Parrot : Alfred Marie-Jeanne marque un point à Paris

Le 7 mars dernier, la présidente de la première chambre civile du pôle 1 du tribunal de grande instance de Paris était saisie d'une demande d'inscription de faux déposée par Me Charrière-Bournazel et Me Ursulet, les avocats d'Alfred Marie-Jeanne et sa fille. Mardi 28 mars, la magistrate a rendu sa décision en présence du président de la collectivité territoriale de Martinique, et jugé recevable leur demande, rejetant les exceptions de nullité déposées par l'avocat du procureur Corbeau, Me Chabert. Pour autant, elle a décidé de sursoir à statuer afin de laisser le juge pénal instruire la plainte pour faux déposée contre l'ancien procureur de Fort-de-France.

"Le juge d'instruction, a déclaré Me Ursulet. a désormais les coudées franches pour mettre en examen Eric Corbeau ou lui donner le statut de témoin assisté et nous allons pouvoir demander tous les actes pour établir la vérité."

Cette décision du TGI de Paris était une étape indispensable, selon Me Ursulet, pour la défense des intérêts de son client dans le dossier Green Parrot. En effet, la pièce dénoncée comme un faux par les avocats du président de la Collectivité, est une requête du parquet à la police judiciaire de Fort-de-France. Par cette requête, le procureur demande à la PJ d'enquêter sur une éventuelle prise illégale d'intérêts dans le dossier de reconstruction d'une école en Dominique sur fonds publics de la Région, par Alfred-Marie Jeanne, alors président de Région, sa fille et son gendre architecte. Le courrier, signé du procureur de la République, est daté du 20 avril 2010. Un tampon atteste sa réception par le service de police le 21 mars 2010. Or, un autre exemplaire de cette lettre, cotée elle aussi au dossier, présente une autre date de réception, manuscrite cette fois, le 19 mars 2010.

Il peut être utile de rappeler que le 21 mars 2010 est la date du second tour du scrutin des régionales qui voit Létchimy sortir devant Marie-Jeanne.

Si à l'issue de cette instruction judiciaire menée à la demande du président Marie-Jeanne, le faux devait être avéré, c'est tout le dossier Green parrot qui s'effondrerait car son premier acte juridique n'est autre que cette requête du procureur, vieille de sept ans.

FXG, à Paris

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 07:39
Bareigts en Guyane avec Fekl

Ericka Bareigts arrive avec Fekl

Ericka Bareigts arrive comme l'avait annoncé Bernard Cazeneuve avec son collègue de l"Intérieur.

Ils vont parler avec "ceux qui veulent exprimer des demandes pour compléter un travail largement engagé depuis 2013 avec un document qui aurait dû être finalisé pour novembre 2016 qui n'a pu être signé". Ericka Bareigts souhaite aussi rencontrer des personnes qu'elle "puisse voir". D'autant qu'elle veut "conclure rapidement" le travail entamé par la mission interministérielle de haut niveau du préfet Cordet.

Face aux critiques qui viennent de tous bords lui reprocher son action, la ministre des Outre-mer rappelle quelques chiffres, à commencer par ceux concernant la sécurité : "L'ensemble des forces de sécurité de la Guyane avait été réduite de 16 % à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, en quatre ans, ce pourcentage est à + 27 %." Elle indique encore que l'Etat a garanti un emprunt de 50 millions d'euros qui déclenchent un supplément de 25 millions de la Commission européenne, que le contrat de plan Etat-région est passé de 100 à 180 millions, que la répartition de la ligne budgétaire unique pour le logement social a été revue à la hausse pour la Guyane. Enfin, en réponse à la critique de Patrick Karam dans le Figaro à paraître ce mardi sur la rétrocession de 27 millions de l'octroi de mer aux communes guyanaise est compensée dans la loi de finances avec 9 millions chaque année pendant trois ans. Elle signale encore que "jamais la commande publique n'a été aussi forte". Si elle reconnaît que tout cela reste insuffisant, elle veut parler de "réels progrès". Enfin, pour revenir au Pacte d'avenir, elle regrette que sa non-signature n'a pas permis "d'engranger" les progrès qu'il comportait. Enfin, à ceux qui l'accusent de n'être pas venue plus tôt au risque d'un embrasement de tous les outre-mer en évoquant le spectre de 2009, elle rappelle qu'Yves Jégo avait mis deux mois avant de se déplacer outre-mer quand elle n'est confrontée à cette crise que depuis huit jours.

FXG, à Paris

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 06:02
Ernestine Bocage, Francine Condé-Salazar et la vice-présidente culture de la CTG au Livre Paris vendredi 24 mars 2017

Ernestine Bocage, Francine Condé-Salazar et la vice-présidente culture de la CTG au Livre Paris vendredi 24 mars 2017

L'étrange actualité du roman guyanais "Atipa" d'Alfred Parépou

Ernestine Bocage et Francine Condé-Salazar sont venues vendredi dernier au salon Livre Paris faire la promotion du premier ouvrage écrit en créole guyanais, "Atipa" d'Alfred Parépou, publié trois fois depuis 1885 et republié cette fois chez Lharmattan avec la CTG.

"Entre le titre, Atipa, le pseudonyme, Parépou, la faune et la flore, il y a un message subliminal", avertit Francine Condé-Salazar qui lui a consacré une biographie.

De son vrai nom Athénodore Météran, l'auteur retrace la vie, la sociologie, les ressources de la Guyane dans la deuxième partie du XIXe siècle. Il est petit-fils d'une esclave et fils d'une mère affranchie. Il retrace ces années où la Guyane passe du régime de l'esclavage à celui de la colonie jusqu'à l'établissement de la IIIe République où Athénodore Météran va jouer un rôle politique. "Il a 7 ans à l'abolition de l'escalavage, raconte Francine Condé-Salazar, et il a été éduqué par les pères de Ploërmel qui sont venus préparer les hommes à la liberté." Très brillant, Athénodore va travailler au ministère de la Marine, militer comme républicain radical avant de devenir orpailleur. Pour Ernestine Bocage, son parcours, sa vie ne sont pas assez connus des Guyanais, c'est pourquoi la CTG a organisé une année Atipa et financé la réédition de l'ouvrage.

Au moment où la Guyane s'embrase

Malgré le terme "roman", porté en sous-titre, "Atipa" n'en est pas un. "Il l'a peut-être qualifié ainsi par ruse, explique Ernestine Bocage, pour occulter le véritable contenu de l'ouvrage. Il a certainement risqué sa vie, car en présentant la Guyane et Cayenne, il fait une critique sévère de la situation politique..." A l'époque, la Guyane est en mutation avec l'installation du bagne, la découverte de l'or, l'abandon des abattis, l'élargissement de la société pluriethnique avec l'arrivée d'immigrés... "Il y a une sorte de chaos social que l'on retrouve dans son livre, poursuit Mme Bocage, mais également dans tous les discours des hommes politiques, cela a agit comme un déclencheur chez Athénodore Météran qui a voulu inscrire la Guyane dans l'universel et donner à la langue créole toute sa portée." Pour autant, l'auteur inscrit son discours dans la IIIe République et son héros, Atipa, connaît aussi bien la France que la Guyane. "Il a une vision de la Guyane et du Guyanais idéal, conclut Ernestine Bocage, qui reste d'actualité." Au moment où la Guyane s'embrase...

FXG, à Paris

Marie-Georges Thébia "décalée" au Livre Paris

"Je suis complètement défaite... Les choses étaient prévues depuis longtemps et il fallait honorer les rendez-vous auprès des libraires, mais je me sens complètement décalée, hors de propos, dans une bulle de littérature évanescente... Je suis effarée par les images qui me sont envoyées tous les jours via whatsapp. J'ai envie de rentrer. Faut-il être au salon du livre pour montrer qu'on peut représenter la littérature guyanaise ? C'est un moyen pour faire parler de nous autrement que par l'actualité, mais c'est la cinquième dimension ! Je me suis posée la question de savoir si je devais venir ou pas. J'ai toujours refusé de m'engager pour une personne, mais pour ce qui est en train de se passer, c'est différent. Nous sommes à un carrefour de notre histoire. Les choses ont toujours réellement commencé à bouger à chaque fois que la rue a été en révolution. La seule chose que je réprouve, ce sont les débordements. Attention à la manipulation ! Nous devons être conscients, vigilants, inscrits dans une solidarité et une résistance, mais attention aux débordements !"

La vie bidim d'Ambrosia Nelson, édition Lharmattan

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 05:56
Patrick Karam et la crise en Guyane

Patrick Karam redoute un embrasement des outre-­mer

Patrick Karam, ancien délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer et ancien président du CReFOM, dans une tribune dans le Figaro, fait un parallèle entre la crise guyanaise et celle de 2009 pour mettre en garde contre un embrasement de tous les outre-mer. Interview.

"L'obstination du gouvernement annonce un embrasement généralisé"

Quel lien faites-vous entre la crise sociale de 2009 et celle de la Guyane aujourd'hui ?

En 2009, le gouvernement n'avait pas su prendre à temps la mesure de la crise et il avait dû envoyer en urgence le secrétaire d'Etat à l'outre-mer négocier avec les grévistes pour éviter un bain de sang. Le président Sarkozy avait dû ensuite s'investir personnellement en lançant des états généraux des outre-­mer qui avait accouchés de mesures importantes, puis leur avait donné une visibilité en faisant de 2011 l'année des outre-­mer. Le mouvement social de 2009 et les revendications du LKP avaient commencé en 2008 en Guyane sur la question de la cherté de l'essence avant de faire tâche d'huile.

Vous pensez que le gouvernement aurait pu l'éviter en 2009 ?

Tout aurait pu être évité. Le refus du gouvernement d'écouter élus et sociprofessionnels guyanais sur la cherté de l'essence, avait conduit à la paralysie de la Guyane par la rue et à une baisse des prix qui allait bien au-delà de la revendication initiale. Le LKP en avait tiré les conséquences et engagé un mouvement social inédit par sa forme et son ampleur et agrégé tous les mécontentements qui avaient conduit à une prise de pouvoir par la rue et un discrédit de la classe politique guadeloupéenne. D'autres territoires ultramarins avaient suivi le mouvement.

Et aujourd'hui ?

Le scénario semble se répéter en Guyane avec la circonstance aggravante de l'union sacrée du territoire autour d'un ensemble hétéroclite de revendications portées par des acteurs qui ont débordé le pouvoir politique local, contraint désormais au suivisme sous la pression sociale. L'obstination du gouvernement, comme en 2009, à refuser d'ouvrir les négociations en Guyane même au niveau ministériel malgré les revendications répétées et désormais agrégées de tous les élus guyanais, des 37 syndicats réunis autour de l'Union des Travailleurs Guyanais, des agriculteurs, des pécheurs, des multiples collectifs citoyens, et à la différence de 2009, avec le soutien de tout le patronat, annonce un embrasement généralisé et des risques de métastases dans les autres territoires ultramarins.

Quel impact ont eu selon vous les tergiversations autour de la signature du Pacte d'avenir pour la Guyane ?

Le président de la CTG a refusé de signer le Pacte d'avenir en raison des dizaines de millions d'euros dont a été privée la Guyane par le vote du collectif budgétaire rectificatif de 2016 sur l'octroi de mer. Cela a laissé pensé que le gouvernement donnait d'une main avec le Pacte d'avenir ce qu'il reprenait de l'autre. Le coup de force pacifique du Collectif des 500 Frères qui s'est créé pour dénoncer l'insécurité pendant la conférence internationale de la convention de Carthagène à laquelle participait la ministre Royal a signé le départ d'une prise de conscience. En raison de l'impuissance des élus, la rue s'est dit qu'elle devait imprimer des combats et les gagner en étant peu regardant sur les méthodes. Avec quatre fois plus d'homicides qu'à Marseille, la Guyane se rapproche de ses voisins brésiliens et guyaniens et dépasse le Surinane en termes de taux d'homicides par habitants.

En quoi le gouvernement se tromperait-il ?

En refusant toute discussion au niveau ministériel, le gouvernement prend le risque d'être accusé de mettre en œuvre la théorie du chaos et de la violence pour discréditer le mouvement social et éviter l'engrenage des revendications dans les autres territoires ultramarins et même dans l'Hexagone. Pourtant, ce mouvement, comme en 2009, a le mérite de mettre en lumière le profond malaise des sociétés ultramarines lié à l‘échec de la départementalisation.

Vous proposez une solution ?

Il faut des ministres responsables qui répondent à la demande unanime des acteurs guyanais et se rendent sur place pour trouver une sortie honorable avant qu'ils ne soient contraints à le faire avec un prix politique plus lourd en raison d'une situation détériorée par les débordements violents et le risque d'embrasement généralisée en cas de bavures des forces de l'ordre. Il faut ensuite considérer la légitimité des demandes de remise à plat du système. Les DOM souffrent de chômage, de vie chère et de pauvreté, et d’injustice aussi. Le temps est venu de tourner la page et de changer de perspective.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 05:15
Jean-Marc Mormeck avec la directrice générale de l'Union des groupements d'achat public, Isabelle Deleruelle, et le préfet, directeur de Radom, Florus Nestar

Jean-Marc Mormeck avec la directrice générale de l'Union des groupements d'achat public, Isabelle Deleruelle, et le préfet, directeur de Radom, Florus Nestar

Jean-Marc Mormeck fait le bilan de son année à la délégation

Un an après son installation, alors que le réalisateur Stéphane Brossard lui consacre un documentaire pour Canal +, Jean-Marc Mormeck se projette au-delà des élections.

Nommé il y a un an à la tête de la délégation interministérielle à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer (après Patrick Karam, Claudy Siar et Sophie Eliséon), le sextuple champion du monde de boxe, Jean-Marc Mormeck, a présenté mercredi soir au ministère des Outre-mer son bilan. "J'ai pris deux mois pour écouter les jeunes, les associations, a-t-il expliqué, pour savoir ce que je pouvais faire pour les aider." Et l'ancien boxeur, pragmatique, a résumé cela en une formule : "J'ai démarché les sociétés, les entreprises pour leur trouver des stages, des boulots, des formations." Il a ainsi parrainé l'opération d'Impact Partenaires et 100 000 entrepreneurs, "Entreprendre dans les quartiers". Il a lancé la plateforme "Egalité-Emploi" avec 17 grandes entreprises et commencé à étezndre cette plateforme en outre-mer en commençant par la Réunion. Cette plateforme a permis d'accompagner une centaine de jeunes dans leurs démarches, d'en impliquer 1000 autres lors du premier forum Egalité-emploi. Le prochain aura lieu le 10 juin.

Convention OMN UGAP

Mardi soir, le délégué a complété son action par un nouvel acte, la signature d'une convention pluriannuelle d'objectifs visant à favoriser l'accès à la commande publique des entreprises innovantes ultramarines ou originaires des quartiers "politique de la ville". La convention lie sous son égide l'Union des groupements d'achat public (UGAP) et le réseau Outre-mer Network en vue d'ouvrir ce pan des marchés publics aux entreprises porteuses d’innovation dont le siège se situe en outre-mer ou dont le siège se situe en France Hexagonale mais qui ont alors été fondées ou cofondées par des Français d’outre-mer ou originaires des quartiers éligibles à la politique de la ville.

Si l'emploi a été l'un des moteurs de l'action de Jean-Marc Mormeck, il a consacré 50 % de son petit budget au soutien aux associations, il s'est attaqué à la persistante question des refus de caution bancaire au motif d'une domiciliation outre-mer et s'est même autorisé de rappler la loi aux employeurs publics autour des congés bonifiés et des intérêts matériels et moraux des ressortissants d'outre-mer dans le déroulement de leur carrière "chaque fois que nécessaire".

Jean-Marc Mormeck a aussi agi contre les discriminations : parrainage de la DILCRAH, partenariat "Stop discri" avec le Défenseur des droits. Il est aussi intervenu dans de nombreuses écoles pour sensibiliser les jeunes à la lutte contre les stéréotypes.

Mardi soir, la soirée s'est poursuivie avec la projection en avant-première d'un documentaire de 70 minutes que le réalisateur Stéphane Broussard à consacré au délégué Mormeck et que diffusera Canal +, "Du ring au ministère".

FXG, à Paris

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 04:36
Ils étaient quelque 300 Guyanais réunis au Blanc-Mesnil samedi

Ils étaient quelque 300 Guyanais réunis au Blanc-Mesnil samedi

Les Guyanais d'Ile de France préparent un rassemblement à Paris

Faisant écho à la tension grandissante au pays, les Guyanais d'Ile de France ont décidé de marquer leur solidarité en appelant à un rassemblement dans un lieu symbolique à Paris le 1er ou le 7 avril.

Samedi au Blanc-Mesnil (93), répondant à l'appel de l'association culturelle Sinnamary, quelque 300 Guyanais établis en région parisienne se sont rassemblés pour créer un collectif des associations guyanaises d'Ile de France. Pas de porte-parole, ni de leader, mais des personnalités et un mot d'ordre, "Guyané lévé pou péyi la". Parmi les personnalités appelées à la tribune, le maire de Sinnamary, Jean-Claude Madeleine, la chanteuse Sylviane Cédia, l'avocat Raoul Briolin ou encore les militants associatifs, Didier Philips, Cynthia Saint-Cyr ou Xavier Laurent chargé de modérer les débats. Dans le public, une majorité d'étudiants, le président du Collectifdom, Daniel Dalin, celui du CReFOM 93, José Althey et encore la vice-présidente de la CTG, Rolande Chalco-Lefait.

La réunion, débutée à 11 heures pour finir à 23 heures, a d'abord été une séance d'explication de la situation en Guyane. "Les élus vont-ils continuer à se faire humilier par l'Etat ?" Beaucoup de questions ont été posées, sur la compétence des "500 frères", sur la motivation des jeunes à rentrer au pays après leur formation, sur les perspectives de la Guyane dans vingt ans ou encore la réouverture du débat article 73 et article 74... Jean-Claude Madeleine tenait l'assistance au courant de l'assemblée générale extraordinaire des maires réunis à Kourou au même moment. Le maire de Sinnamary a souligné la légitimité des "500 frères", sans leur reconnaître aucune compétence, quand Me Briolin précisait : "Les 500 frères ont montré leurs capacités, mais ils ne sont pas compétents juridiquement. "Les 500 frères ont débloqué les choses, a reconnu l'élu, mais ce n'est plus seulement les 500 frères aujourd'hui, toute la Guyane est mobilisée !" Le maire de Sinnamary a encore déclaré : "L'article 74 passerait à 110 % aujourd'hui ! On fait du bruit dans la rue, mais beaucoup de choses que nous demandons ne sont pas permises dans le cadre de l'article 73."

"Merci aux 500 frères"

"On prends notre pays en main, a lancé la syndicaliste Josyane Beausoleil, on est tous compétents ! Merci aux 500 frères ! Qu'on le veuille ou non, tout passera par eux ! Même si le CMCK reste ouvert, on s'en fout ! Ils ont lancé le mouvement, on leur dit merci !" "Les 500 frères, a repris Michel Stanislas, ont mené la danse, relayés par d'autres collectifs, soyons solidaires !" "L'avenir du pays est engagé", s'est écriée Cynthia Saint-Cyr. "On réécrit l'histoire", a renchéri Michel Stanislas.

A l'issue de grand débat, une proposition pour un rassemblement de tous les collectifs de Guyanais de l'Hexagone (à Paris comme en province) a été adoptée par tous les présents. Elle est annoncée pour le samedi 1er avril ou le suivant. Plusieurs lieux ont été évoqués, allant des Champs Elysées au Trocadéro en passant par la place de la République. Reste à régler les problèmes administratifs d'autorisation. Une pétition a été lancée. Une motion ou une résolution y sera annexée avant d'être remise au gouvernement.

FXG, au Blanc-Mesnil

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