Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 19:32
9 et 10 ans de réclusion pour Anne-Diana Clain et son mari Mohamed Amri

Prison ferme pour Anne-Diana Clain et son mari

Dix ans d'emprisonnement avec une période de sûreté des deux tiers de la peine, c'est la sanction proposée par la procureure de la République lors du procès d'Anne-Diana Clain (44 ans) et de son époux Mohamed Amri (60 ans), mardi après-midi. A cette peine globale, le parquet a demandé pour Madame un suivi socio-judiciaire pendant trois ans et pour Monsieur une interdiction définitive de territoire français.

Au deuxième et dernier jour du procès de Mohamed et Anne-Diana pour association de malfaiteurs en vue d'aller commettre une entreprise terroriste, à savoir tenter de passer en Syrie pour rejoindre l'Etat islamique, le représentant du ministère public a estimé, anticipant la défense de Me Desrues (pour Anne-Diana Clain) et Me Dumont de Saint-Priest (pour Mohamed Amri), que pour pouvoir les juger, il fallait "comprendre qui ils sont et pourquoi ils se sont engagés. Mais on ne peut faire abstraction de la famille Clain". Cette famille élargie, c'est bien sûr la communauté religieuse issue du clan d'Artigat, née au lendemain des attentats du 11 septembre. Laurent Fatri, l'ex-mari d'Anne-Diana parle plus volontiers du "clan Clain". Un clan qui a déjà généré par le biais de mariages endogamiques trois générations de djihadistes, soit une petite armée de 50 personnes passées avec armes et bagages, femmes et enfants en Syrie  depuis 2014 et l'avènement de l'EI... Tous ceux qu'Anne-Diana et Mohamed ont tenté de rejoindre en 2016...

Pour le parquet, Mohamed Amri, c'est l'aîné, l'ancien, la figure paternelle qui a tant fait défaut aux frères Clain et à leur soeur. Mohamed, c'est encore la référence solide à nombreuses questions religieuses que se pose la fratrie. L'irruption de Mohmed dans la vie des Clain correspond à leur arrivée à Toulouse, leur conversion à l'islam et la radicalisation de Fabien. Anne-Diana admire ce qui va être le père de ses trois derniers enfants. elle approuve sa vision rigoriste de la religion. "Il s'est engagé dans la cause djihadiste, relate la parquetière, et rêve de vivre dans l'Etat islamique." La procureure moque la défense d'Anne-Diana : "Elle ignore l'implication de ses frères, même après ses quatre ans de prison ? Leur départ, groupé, coordonné l'aurait été sans qu'ils n'y soient associés ?..." Pour le parquet, ce départ en Syrie n'était que le prélude à la commission d'attentats... "Comment croire que votre propre départ soit déconnecté de toute intention terroriste ? Impossible !" Quant au déni d'Anne-Diana d'avoir jamais vu ou presque de vidéos de propagande de l'EI, comment expliquer alors les recherches sur internet qu'elle faisait sur la famille Clain. Anne-Diana et son mari ont parfaitement reconnu la voix de Fabien revendiquer les attentats du 13 novembre, même si Mohamed fait mine de ne pas savoir ce que signifie cette date... "Ils ne faisaient pas attention aux paroles de leur frère ?" Car même si leur projet de voyage a été tardif et avorté, c'est bien cette tentative qui est jugée. C'est un prévu pour être un départ sans retour, clandestin, illégal, avec le soutien des frères Clain sur zone, des moyens de communications cryptés, , des cartes SIM régulièrement changées... Quand ils ont été arrêtés fin juin 2016 à la frontière turco-syrienne, ils ont demandé l'asile politique à la Turquie... Le parquet a demandé leur condamnation à de la prison ferme pour sanctionner la commission de l'infraction, pour protéger la société et pour préparer leur réinsertion... Car le parquet ne croit en rien en la sincérité de Mme qui prétend faire amende honorable, regretter..? "Sa posture de citoyenne repentie est une posture, une stratégie. L'audience s'est poursuivie avec les plaidoiries de la défense à l'issue desquelles, Anne-Diana Clain a déclaré : "Sincèrement, j'ai changé, c'est vrai. Je suis déçue d'avoir brisé la vie de mes enfants"

Le tribunal s'est retiré une paire d'heures pour délibérer. Neuf ans pour Madame dont les deux tiers incompressibles et trois de suivi socio-judiciaire, dix ans pour Monsieur avec une interdiction définitive du territoire français.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 05:27
Anne-Diana Clain, épouse et mère de famille engagée pour Daesh

Procès de la soeur Clain à Paris

Au premier jour de son procès pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste, Anne-Diana Clain témoigne de deux années de recherche spirituelle avant la conversion familiale.

Anne Diana Clain et son époux en religion, Mohamed Amri, comparaissaient hier après-midi devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Des policiers équipés de gilets pare-balle surveillent l'entrée de la salle ; deux autres la salle et trois autres encagoulés, le box des prévenus. A l'intérieur du box, Mohamed Amri, 59 ans, petit, dégarni, portant une barbe grise et une petite queue de cheval, et Anne Diana, 44 ans, rousse aux longs cheveux ondulés et libres. Elle porte un manteau de laine blanc. Pendant deux heures, la présidente de l'audience va procéder à la lecture du rapport détaillé et du contexte géopolitique pour évoquer la trajectoire du groupe d'Artigat, du nom d'une commune française située dans le département de l'Ariège qui fit le lien avec chacun d'entre eux. Car Anne-Diana est la soeur de Fabien Clain (né en 1979) et de Jean-Michel Clain (né en 1980), alors soupçonnés d'avoir animé et organisé une filière de recrutement et d'acheminement de combattants français en Syrie pour l'Etat islamique. Les complices se retrouvent à la mosquée Bellefontaine ou dans la famille Clain à Toulouse, ils fréquentent une même mosquée à Stains, et un garage auto à Saint-Brice sous forêt. D'Al Qaïda, ils vont se déportés peu à peu sur Al Qaïda en Iraq, Jabat Al Nosra et enfin, le califat de l'Etat islamique.

Que ce soient les frères, la soeur ou le mari, ils sont tous partis en Syrie entre 2014 et 2015. Jean-Michel Clain, sa femme Dorothée Maquere, Fabien  Clain, sa femme, Mylène Foucré sont partis en 2014. En février 2015, Anne-Diana est parti avec Mohamed son mari, son fils Ismaël Fatri  et sa femme Amélie Grondin, et ses trois enfants mineurs nés entre 2002 et 2007. Ses filles aînées Jennifer et Fanny partent aussi avec maris et enfants. Fabien et Jean-Michel Clain deviennent la voix française de la propagande l'Etat islamique. C'est même Fabien qui a revendiqué les attentats du 13 novembre à Paris. Ils vivent à Raqqa dans des conditions dignes d'un "bon combattant" respecté d'Al Bagdadi, le calife de l'EI.

Finalement, seule Diana et son mari ne parviendront pas à entrer en Syrie. Arrêtés par les Turcs et renvoyés en France, ils sont désormais jugés pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste. Fabien et Jean-Michel Clain sont décédés au début de l'année en Syrie. C'est dire si le témoignage d'Anne-Diana était attendu...

FXG, à Paris

Prochaine audience ce mercredi

Le témoignage d'Anne-Diana Clain

Elle a posé son manteau pour prendre la parole et décliner rapidement son histoire : fille d'un militaire, appelé du contingent, en service en France. Elle a 11 mois quand elle arrive à Toulouse où elle va vivre jusqu'à ses 6 ans. Ses parents divorcent rapidement et le père repart à la Réunion. Elle part dans l'Oise avec ses deux frères et sa mère, puis dans les Yvelines avant de se poser à Alençon (Orne). "J'ai fait la primaire, puis le collège jusqu'à la 4e. Après, je suis tombée enceinte." Sa fille Jennifer a 3 ans quand elle décroche un premier job de femme de ménage à l'hôpital psychiatrique d'Alençon. Elle fait un peu fleuriste, rencontre le père de Fanny et Ismaël et s'occupe de ses enfants. Elle vit des allocations, comme sa mère, ajout-t-elle. Son père, elle ne l'a vu que deux fois, à 6 ans puis à 8 ans, avant de devoir attendre la baptême de Fanny en 1996 pour le revoir... Elle ne l'a même pas vu quand elle est allée en colonie de vacances à la Réunion...

Quand elle est tombée enceinte à 15 ans et demi, sa mère ne lui a rien dit. Elle-même avait été fiancée à 14 ans et demi. D'ailleurs, sa mère est repartie vivre quelques années à la Réunion à cette époque. Sa relation avec Laurent Fetri, le père de ses deux derniers ne dure pas. Ils sont alors installés à Toulouse. Pour ne pas perdre sa femme, Laurent se convertit à l'islam. Anne-Diana s'est convertit à l'islam en 1999. "Avec Fabien et Jean-Michel, on cherchait des réponses à ce que nous sommes et nous avons fait deux ans de recherche spirituelle... Nous étions catholiques, pas très pratiquant, baptême, mariage... Maman allait à l'église. On croit en Dieu et ça nous a poussé à rechercher d'abord dans la religion chrétienne avant de nous tourner ailleurs." Elle assure que c'est Mohamed Amri qui leur a porté les réponses. "Jean-Michel, poursuit-elle, avait 16 ans et il nous a suivi. Le porc, dans la Bible m'a mis le doute sur la véracité de cette religion." Après Fabien, ce fut elle, puis ses belle-soeur, Jean-Michel et même Rosane, la mère. Cette conversion de masse provoque le rejet de ses deux frères ce qui accélère le mouvement de la famille à Toulouse.

Elle raconte alors le départ de ses deux filles Jennifer et Fanny, en 2014 pour la Syrie. "J'estimais que la France devenait dangereuse pour moi. Ca allait être de pire en pire pour les Musulmans... Ca a été la motivation pour qu'on parte."

C'est Jean-Michel qui leur a trouvé un mari. Fanny avait 16 ans et demi. "Je regrette aujourd'hui, dit Anne-Diana à la barre, parce que j'ai vu une autre fille à 16 ans qui n'étaient pas prête à être mariée et je n'ai pas vu... Il y a eu une cassure et c'est comme si j'avais donné ma fille... J'ai ressenti que j'avais fait une connerie." Anne-Diana déclare qu'elle ne savait pas, qu'elle "n'était pas au courant avant"... Elle n'a jamais vu de vidéos de l'EI, tout juste sait-elle que c'est son frère qui vante un islam rigoriste... Elle avance pour s'expliquer : "Pour moi, la religion, c'était rigoriste et pas autrement."

Partager cet article

Repost0
20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 09:31
Un an de gilets jaunes

Priscillia Ludosky a présenté, vendredi 15 novembre à Paris, un "Lobby citoyen" apartisan et asyndical, fondé avec quelques autres "gilets jaunes", Nathanaël Ramphft, Cyril Colonval, Faouzi Lellouche, Aurore de Mulder, Thierry Tumsom, Jérôme Rodrigues et Sébastien Hugon. Leur objectif  : "Faire réagir les élus et leur faire comprendre que les citoyens ont leur mot à dire". Priscilla Ludosky est cette Martiniquause installée en Seine-et-Marne qui est à l'origine de la pétition contre la hausse des prix des carburants au printemps 2018. Sa pétition a récolté  le million de signatures et a marqué le lancement des "gilets jaunes" le 17 novembre 2018. Elle était à l'antenne de la "midinale" de la revue Regard vendredi. Nous transcrivons ici ses propos.

FXG

"On attend encore une réponse politique »

Quel bilan du mouvement faîtes-vous un an après ?

Je considère que ça n’est pas normal qu’on soit encore dans la rue au bout d’un an. Il y a eu plein de choses cette année : des manifestations, des actes de désobéissance civile, des assemblées citoyennes, des débats. Un an, c’est énorme, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de mobilisations qui durent autant.

C’est compliqué de se dire qu’il n’y a pas de réponse politique en face de la mobilisation.

Comment expliquez-vous la longévité du mouvement ?

On a la volonté d’avoir une réponse politique. On attend quelque chose qui ne vient pas. Donc on se retrouve à continuer à lutter. On essaie d’évoluer : certains vont aux municipales, d’autres continuent à se mobiliser dans la rue et, avec un groupe, nous, on monte un lobby citoyen.

C'est quoi ce le lobby citoyen ?

On ne part pas d’une feuille blanche donc on part des revendications des gilets jaunes et on va essayer de les porter collectivement plus haut. Il y a quatre volets à nos revendications : la démocratie et les institutions, l’écologie, les services publics et la fiscalité.

Vous vous êtes engagée sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC) et l’aéroport de Paris ?

Le gouvernement n’a fait aucune communication sur le RIC [dans le cadre de la privatisation d’aéroport de Paris]. Le RIC permettrait - à l’initiative des citoyens et pas à l’initiative du gouvernement - d’imposer un véritable référendum.

Qu'avez-vous à dire sur les violences policières ?

J’ai lancé un sondage pour lancer la création d’un organe réellement indépendant à la place de l’IGPN. Il n’y a pas d’impartialité au niveau [des violences policières]. Il serait bien que Christophe Castaner démissionne. Son renvoi serait même très symbolique.

Vous positionnerez-vous pour les élections municipales ?

Il y a des gilets jaunes qui créent des listes de citoyens au niveau local. Pour moi, le vote ne suffit plus. La démocratie par le vote n’est pas de la démocratie. Je ne m’investirai pas dans les élections municipales ; je préfère m’engager pleinement dans le lobby citoyen.

Y a t-il un mort d'ordre pour le 5 décembre ?

Je n’invite pas les gilets jaunes à participer [à la grève du 5 décembre parce que ça n’est pas à moi de leur dire où ils doivent aller. Je trouve dommage qu’il n’y ait pas une seule grande marche pour tout ce qu’on dénonce. Il faudrait quelque chose de global qui englobe tout le monde.

Partager cet article

Repost0
20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 09:26

Les nouveaux seuils d'exonération de charges font pshitt au Sénat

Pour exprimer à Emmanuel Macron son désaccord avec le plan d’urgence renforcé pour l’hôpital qu'il a proposé jeudi dernier, le Sénat a rejeté le jour même à l’unanimité le budget 2020 de la Sécurité sociale. Conséquences : l’ensemble des amendements  soutenus par les sénateurs ultramarins et adoptés en séance publique mardi sont tombés.  L'un de ces amendements déposé par MM. Karam et Patient (LREM Guyane) visait à rehausser les seuils d’entrée pour les exonérations de charges de 2 à 2,2 SMIC - et de sortie de dégressivité – de 2,7 à 3 SMIC - pour les secteurs dits « de compétitivité renforcée ». Une nouvelle lecture du PLFSS 2020 est prévue les 30 novembre et 1er décembre.

Partager cet article

Repost0
18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 08:28
Congrès des maires

Les Outre-mer bien présents au 102e congrès des maires

Le 102e congrès des maires de France ouvrira ses portes le 18 novembre avec la journée des maires d'Outre-mer qui se tiendra cette fois au palais de la Mutualité à Paris. La tradition, instaurée par Jacques Chirac, alors maire de Paris, qui consistait à recevoir nos élus dans la somptueuse salle des fêtes de l'hôtel de ville de Paris, est révolue même si une réception sera tout de même donnée en leur honneur le 18 au soir par Anne Hidalgo en ses salons, après la clôture des travaux à la Mutu par Annick Girardin. Pour autant, cela ne signifie pas que les problématiques des édiles ultramarins seront ignorées de leurs collègues de l'Hexagone. En effet, la suite du congrès, du 19 au 21 à la porte de Versailles, où sont attendus tour à tour le président de la République, le Premier ministre et une flopée de ministres, se déroulera sous la forme d'une vingtaine de forums pour aborder des thèmes d’actualité tels que la place des femmes dans les politiques publiques, le vieillissement de la population, le maillage hospitalier, les dépôts sauvages et comportements inciviques, la lutte contre l’habitat indigne, l’économie sociale et solidaire, ou encore l’accompagnement numérique des citoyens... Cette fois, l'organisateur du congrès, l'association des maires de France, a fait attention à ce que, dans nombre de ces forums, participent des élus des Outre-mer. Gabriele Louis-Carabin, maire du Moule (971), participera ainsi au forum sur l'urbanisme après la loi Elan. Celui sur le vieillissement de la population sera introduit par le démographe martiniquais Claude-Valentin Marie et nourri des interventions de Philipson Franckfort, maire de Morne-à-l’Eau (971), et de Marie Garon, adjointe au maire de Schoelcher (972). Ferdy Louisy, maire de Goyave (971) participera au forum sur la transition écologique. Le forum sur la fiscalité et les dotations en outre-mer sera co-présidé par le maire de Fort-de-France (972) Didier Laguerre, avec les interventions de Saïd Omar Oili, président de l’asssociation des maires de Mayotte, Marie-Laure Phinera-Horth, maire de Cayenne(973), Yves Ferrières, adjoint au maire de Sainte Marie (974), vice-président de la communauté intercommunale du nord de La Réunion (CINOR), et les deux parlementaires en mission sur le sujet des finances locales, Georges Patient, sénateur de Guyane, et Jean-René Cazeneuve, député du Gers. A cette occasion, L’AMF dévoilera une analyse financière des communes et des intercommunalités de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Réunion. Didier Laguerre participera encore au forum sur le partage des ressources publiques après la suppression de la taxe d’habitation. Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni (973) participera au forum sur l'habitat indigne.

Enfin, le forum sur les les impacts des nuisances environnementales sera co-présidé par Jean-Claude Pioche, président de l'association des maires de Guadeloupe, en présence de Gilbert Eustache, maire du Diamant (972) et de Raymond Occolier, maire du Vauclin (972), pour parler des sargasses, de David Riché, président de l’association des maires de Guyane et maire de Roura (973), Eddie Lecourieux, maire du Mont-Dore (Nouvelle-Calédonie) et Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières (Québec) pour parler des pollutions minières et industrielles.

Les débats en plénières seront diffusés sur Public Sénat.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 13:37
102e Congrès des maires

Les maires d'Outre-mer ont la parole

Cette fois, les maires d'Outre-mer n'ont pas parlé dans le vide ! Pour la première fois depuis de nombreuses années, la ministre des Outre-mer a assisté à l'intégralité des débats tenus lundi, lors de la "journée des maires d'Outre-mer" au palais de la Mutualité à Paris, préambule au 102e congrès des maires de France. Habituellement, les maires parlent entre eux et, à l'issue, le ministre en titre vient donner sa parole pour clôturer les débats. Cette fois, Annick Girardin était au côté du président de l'association des maires de France, François Baroin, pour les entendre. Le premier à parler a été Maurice Bonté, de l'association des maires de la Martinique. Il a lancé un cri d'alerte sur les impacts du changement climatique sur les petits pays insulaires de la Caraïbe, mettnt en garde contre une "modification permanente des conditions climatiques dans la zone intertropicale". Parce que l'urgence des buts va au-delà de l'accord de Paris, son deuxième cri d'alerte a été pour les moyens financiers qu'il faut pour agir. Il a plaidé pour le maintien de l'octroi de mer avec une révision des seuils pour une durée de dix ans.

"Le maire est un peu dépouillé..."

Stéphane Fouassin, de l'association des maires de la Réunion, s'est soudain distingué en critiquant la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), un des outils de la stratégie de lutte contre l’artificialisation des terres agricoles. "La CDPENAF, a-t-il déclaré, donne des avis conformes sans retour pour nos élus contrairement à nos collègues de la métropole qui gardent la liberté de dire s'ils suivent ou non son avis... Est-ce une dépendance à l'Etat colonial, une relation unilatérale ?" Salué par des applaudissements, le Réunionnais a conclu en rappelant au gouvernement son refus de compenser la perte de la taxe d'habitation par dégrèvement. Il a ensuite lâché tout de go la perte de 45 000 emplois aidés, fiancés à 80 %, représentant 400 millions d'euros, pour 12 000 nouveaux contrats aidés, financés à 50 %, et ne rapportant plus que 70 millions... Il a conclu son intervention ainsi : "Laissez l'eau aux communes, pas aux intercommunalités !" Saïd Omar Oili, maires de Dzaoudzi (Mayotte) a déclaré qu'une retraite à 250 euros était "inadmissible", refusant de devoir attendre 2036 pour que cette égalité soit établie. Jean-Claude Pioche (maire de la Désirade, Guadeloupe) est venu parler de différenciation, de "décentralisation à la carte", d'adaptation des communes et surtout d'autonomie financière. David Riché (association des maires de Guyane) a plaidé pour remettre le maire au coeur de la République : "Le maire que je suis est un peu dépouillé de l'eau, de l'assainissement, des déchets, de la voirie, du PLU qui ont été transférés... Même les cimetières peuvent passer aux interco ! Il ne reste bientôt plus grand chose à se mettre sous la dent..." Déplorant les retards structurels qu'il attribue à l'éloignement et au passé colonial et l'esclavage), il a lancé : "Vaut mieux éviter de faire un AVC à l'hôpital de Cayenne en ce moment !" Il a enfin déclenché l'hilarité de la salle, sauf du premier rang (celui des officiels) lorsqu'il a moqué la formule : "Les Outre-mer sont une chance pour la France" Enfin, laissant entendre son souhait de voir enfin éclore le projet de la Montagne d'Or, il a conclu : "Il faut redonner le pouvoir aux élus."

FXG, à Paris

La réponse de Girardin

"Vous êtes le premier relais des colères mais aussi des attentes des citoyens, a répondu ma ministre. Etre en première ligne, cela veut dire être sous le feu des critiques, mais cela signifie aussi être le porte-voix des aspirations. Dans la perspective des prochaines municipales de mars 2020, nous avons une responsabilité commune : remettre les citoyens au cœur de l’action publique. C'est-à-dire aussi du beurre dans les épinards. La ministre a évoqué le Fonds exceptionnel d'investissement (110 millions d'euros) qui doit financer l'électrification de villages à Camopi en Guyane, la construction de la maison de l’artisanat et de la famille de la commune de Chirongui à Mayotte, la construction d’un groupe scolaire à Goyave en Guadeloupe, le désenclavement de quartiers dans la commune de Morne-Vert en Martinique ou encore la construction d’une école élémentaire dans la commune de La Possession à La Réunion. Elle a évoqué les efforts faits pour la sécurité des citoyens (371 postes supplémentaires de la Police de sécurité du quotidien (PSQ) déployés outre-mer), le doublement du fonds Associations à 3 millions d’euros par an, l'emploi qui s'améliore, le chômage qui baisse, le micro-crédit, les crèches, l'école... Mais surtout, Annick Girardin leur a dit :  "Le président de la République a tenu à inviter l’ensemble des maires d’outre-mer mercredi à L’Elysée."

Partager cet article

Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 06:21
Fondation pour la mémoire de l'esclavage - Acte 1

La Fondation pour la mémoire de l'esclavage sur les fonts baptismaux

Exit le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, voici désormais la Fondation pour la mémoire de l'esclavage. Un décret a enterré le premier et un conseil d'administration inaugural a porté l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault à la présidence de la seconde.

Mercredi matin, les dix membres fondateurs (André Yché, président de CDC-Habitat, Franck Dondainas, président de Quartus solidaires, Didier Laguerre, maire de Fort-de-France, Olivier Chateau, maire-adjoint de Nantes, Bruno Arcadipane, président de Groupe Action Logement, Fabrice Boudjaaba (CNRS), Marie Trellu-Kane, (Conseil économique, social et environnemental), Georges Brédent, président du Mémorial ACTe, Yvon Chotard, administrateur de l'association des Anneaux de la Mémoire (Nantes) et Emmanuel Gordien, président du CM 98) se sont réunis sous la présidence de Jean-Marc Ayrault, jusqu'alors président de la mission de préfiguration, lequel leur a remis les curriculum vitae de cinq personnes destinées à rejoindre le conseil d'administration de la Fondation en tant qu'administrateurs experts. Ensuite, les dix membres fondateurs se sont réunis à huis clos et ont coopté (9 voix pour et une abstention) ces cinq personnes. Il s'agit de Fanny Augustin (journaliste réalisatrice), Fanny Glissant (productrice et réalisatrice), Mémona Hintermann Afféjée (journaliste, ancien membre du CSA), Laurence Lascary (productrice) et de Jean-Marc Ayrault.

L'après-midi, le premier conseil d'administration de la Fondation a élu Jean-Marc Ayrault président, Georges Brédent, premier vice-président, et Didier Laguerre, deuxième vice-président. Pour expliquer l'absence d'historiens au sein du conseil, le représentant du CNRS a indiqué qu'ils auraient toute leur place au sein du conseil scientifique où siègeront les anciens présidents du CNMHE et auquel reviendra le rôle d'élaborer les contenus. Il sera présidé par Romuald Fonkoua, un profil littéraire, et non un historien.

Nomination d'une directrice "sans appel à candidatures, ni fiche de poste"

Le CA a ensuite procédé à la nomination de Dominique Taffin, directrice des archives départementales de la Martinique comme directrice, et de Pierre-Yves Bocquet (jusqu'alors administrateur de la mission de préfiguration) comme directeur-adjoint.

A noter que sur ce point, Daniel Dalin, président du CReFOM, a saisi par un courrier Jean-Marc Ayrault et le Premier ministre pour regretter que cette nomination soit faite sans fiche de poste, ni appel à candidatures. Daniel Dalin s'est aussi plaint de l'absence du CReFOM au sein du conseil d'administration. Jean-Marc Ayrault lui aurait indiqué que les statuts ne le permettaient pas et que, par ailleurs, le CReFOM aurait une place au conseil d'orientation.

Un conseil des territoires doit aussi être adjoint à la Fondation où sont en principe attendus les opérateurs de mémoire dont seuls deux représentants siègent au CA.

Le premier événement organisé par la Fondation sera une réitération des ateliers de la Fondation, tels qu'ils se sont déjà tenus en novembre 2018. Ce sera en février 2020, l'occasion de célébrer la première abolition du 4 février 1794 avec l'édition d'un timbre figurant la Marianne noire.

Reconnue d’utilité publique, la Fondation pour la mémoire de l'esclavage a pour mission de "témoigner de la reconnaissance que ce passé occupe dans l’histoire de France comme dans l’histoire du monde".

FXG, à Paris

A peine née, déjà critiquée

Un faire-part de naissance, amer ou ironique, c'est selon, circule déjà sur les réseaux sociaux : "M. Fondation Jean Jaurès et Mme Fondation Terra-Nova sont heureux de vous annoncer la naissance de leur fille Fondation Mémoire de l’Esclavage". Ce "faire-part" ajoute au nom de la Fondation les termes "diversité, minorités visibles, jeunes des banlieues et repentance" et moque la liste des cadeaux de naissance : "compte à la Caisse des dépôts, intégrale des discours de Christiane Taubira, CD de rappeurs afro, livre Un féminisme décolonial, dédicacé par l’auteur, scolarité et stages au Mémorial de Nantes..." Il moque encore "la marraine", Anne Hidalgo, maire de Paris, et "le parrain, M. Mémorial Acte qui s’est déjà réjoui des nombreuses allocations familiales que versera l’Etat pour accompagner la jeune pousse".

La mémoire de l'esclavage reste donc un sujet brûlant qui ne serait pas parvenu à s'extraire des clivages politiques actuels.

Partager cet article

Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 05:18
Photo : Les sénateurs Jean-François Rapin (LR Pas de Calais), Abdallah Hassani (LREM Mayotte), Guillaume Arnell (RDSE Saint-Martin), etMichel Magras (LR Saint-Barthélemy).

Photo : Les sénateurs Jean-François Rapin (LR Pas de Calais), Abdallah Hassani (LREM Mayotte), Guillaume Arnell (RDSE Saint-Martin), etMichel Magras (LR Saint-Barthélemy).

Reconstruction et résilience après une catastrophe naturelle

En attendant le premier semestre 2020 et le projet de loi gouvernement sur les risques naturels en Outre-mer, la délégation Outre-mer du Sénat a adopté hier matin son second rapport sur les risques naturels majeurs. Après le passage du cyclone IRMA, les sénateurs se sont d'abord penchés sur la prévention des risques et la gestion de l'urgence dont les conclusions ont fait l'objet d'un premier rapport en 2018. Cette fois, ils se sont intéressés à la reconstruction et à la résilience des territoires. Ils formulent ainsi une quarantaine de propositions réunies autour de quatre axes : le pilotage et le suivi institutionnel de la reconstruction qui doit être efficace et durable, qui doit anticiper l'évolution des risques naturels avec une politique de prévention des risques sur le long terme.

Pour permettre une reconstruction rapide (Saint-Martin n'est reconstruit qu'à 49 % deux ans après Irma contre 87 % pour SAint-Barth), il faut que non seulement la solidarité nationale s'exerce face à la non-assurance (50 % de couverture assurantielle contre 96 % dans l'Hexagone), mais que les collectivités disposent de financement des actions de sortie de crise. Sur ce point, les sénateurs demandent le déplafonnement du fonds Barnier et du fonds vert et un accès plus facile. Pour mémoire le fonds Barnier a mobilisé pour la France depuis 1995 un peu moins de 2 milliards dont 207 millions pour les Outre-mer. Le gouvernement, indique le sénateur Arnell (RDSE SAint-Martin) reste muet sur cette demande...

Le rapport sénatorial recommande aussi un pilotage efficient institutionnel, clair et efficace. A demi-mot, les sénateurs ont critiqué la position dominante et castratrice du préfet délégué à la reconstruction de Saint-Martin face à la collectivité territoriale. Ils notent au passage que ce poste de délégué n'existe plus depuis le mois d'avril alors qu'il a été en exercice durant six ans après le cyclone Hugo.

Pour faciliter la reconstruction, les sénateurs proposent de fluidifier les processus en permettant des dérogations aux règles habituelles des marchés par exemple ou en autorisant l'élimination des déchets par le feu. De même pour assurer une reconstruction durable, ils sont favorables à la diffusion de guides de bonnes pratiques qui tiennent aussi compte des savoirs ancestraux, comme les toits à quatre pentes de Saint-Barth qui ont mieux résisté que les toits modernes à deux pentes...Autre aspect : les sénateurs préconisent  de veiller aussi à la reconstruction sanitaire et sociale des populations, car une catastrophe peut être un "amplificateur de difficultés sociales préexistantes".

Pour dynamiser la résilience des Outre-mer face aux risques naturels, ils proposent de mieux évaluer le changement climatique et ses conséquences. Ainsi la Caisse centrale de réassurance (CCR) et Météo France anticipent sur une augmentation, non des phénomènes cycloniques, mais de leur intensité. Depuis 1990, selon la CCR, le taux de sinistralité est de 13,6 % du volume des cotisations depuis Irma (contre 3,6 % sans Irma).

L'aménagement du territoire doit lui aussi être revu à l'aune de ces risques (habitat insalubre, zone des cinquante pas) tout comme les réseaux qui doivent être sécurisés, c'est-à-dire bien souvent enfouis. Les schémas d'aménagement envisagent des réseaux résilients pour 2030.

Enfin, il s'agit d'amplifier les politiques de préparation et de prévention. Cela ramène aux moyens, à une meilleure couverture assurantielle qu'il faut encourager par des campagnes de communication et une surveillance des tarifs proposés par les assureurs outre-mer. Guillaume Arnell a rappelé le cas de Groupama qui avait préféré quitter Saint-Martin après le passage de Maryline en 1995... Il faut aussi renforcé la culture du risque pour les populations concernées en encourageant les actions d'éducation et la formation des élus. Et comme ces politiques de prévention doivent se faire dans la durée, il convient de pérenniser  la délégation interministérielle aux risques majeurs Outre-mer. C'est un peu tout cela que les sénateurs aimeraient retrouvé dans le projet de loi gouvernemental à venir.

FXG, à Paris

 

 

Partager cet article

Repost0
16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 07:15
Charges sociales Outre-mer

Exos de charges : le Sénat réhausse les seuils

Le Sénat a adopté mercredi, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances de la sécurité sociale un amendement des sénateurs de Guyane Karam et Patient proposant de rehausser les seuils de début et de sortie de dégressivité du régime des exonérations de charges sociales patronales.

Ainsi, pour les secteurs dits prioritaires, les exonérations seraient totales jusqu’à 2,2 SMIC puis dégressives jusqu’à 3 SMIC, en lieu et place du barème actuel fixé entre 1,7 et 2,7 SMIC.

Cette avancée fait suite à la réforme des exonérations de charges sociales engagée l’année passée par le gouvernement afin de compenser la suppression du CICE en Outre-mer. En effet, les premières évaluations menées sur l’impact de cette réforme avaient démontré que certains employeurs, en particulier en Guyane, ne bénéficiaient pas d’un niveau d’exonération équivalent à l’année précédente. C’est pourquoi, le gouvernement, qui s’était engagé à réformer à périmètre constant, a concédé, à l’Assemblée nationale, un rehaussement à 2 SMIC du seuil de début de dégressivité, pour un coût non négligeable estimé à 36 millions d’euros. L'amendement a été soutenu par l'ensemble des sénateurs d'Outre-mer. Il appartiendra aux députés de défendre cette avancée lors du retour du PLFSS à l’Assemblée nationale dans la suite du débat parlementaire.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 03:05
Le patron de l'UDI aux Antilles

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, est en déplacement aux Antilles.

"Pas d'alliance systématique avec un parti ou un autre"

Quelles sont les raisons de votre déplacement aux Antilles ?

Ce déplacement s'inscrit dans la campagne des municipales pour à la fois soutenir nos candidats sont tête de liste mais également rencontrer ceux qui participent à des listes différentes en fonction des projets et des équipes locales dans lesquels ils peuvent s'inscrire.

Qui sont vos têtes de liste ?

En Guadeloupe, nous avons une tête de liste qui est Jessica Compper pour la commune du Gosier. En Martinique, c'est Philippe Petit à Ducos.

Quelle est votre stratégie pour les listes que l'UDI ne conduira pas ?

Je veux qu'on respecte l'esprit des élections municipales. Ce sont des élections, commune par commune, et donc nos dirigeants comme nos militants discutent commune par commune avec les équipes en place et nouent des alliances en fonction du projet et de la qualité des équipes. Si on partage le projet même si on peut avoir des désaccords par ailleurs sur la politique nationale voire territoriale, on doit pouvoir faire un bout de chemin ensemble. Le principe des municipales est que le maire et son équipe portent un projet qui ne doit pas être dépendant d'autres considérations que la commune. C'est là que les gens vivent, les enfants grandissent, les personnes âgées passent leur retraite... C'est là qu'on développe l'activité économique et chaque ville est différente, chaque projet de ville est différent donc chaque alliance doit pouvoir être différente. Il n'y a pas d'alliance systématique avec un parti ou un autre.

Ces accords sont-ils déjà scellés ou en cours ?

Il y a des accords qui sont très avancés et je vais rencontrer un certains nombres d'élus, de militants qui sont en accord ou proches d'un accord avec les responsables UDI locaux. Nous allons ainsi rencontrer des chefs d'entreprises, des maires, des militants, des responsables politiques même quand ils ne sont pas de grands élus, notamment mais pas seulement, pour voir comment ces partenariats locaux peuvent se construire et comment on peut les habiller.

Aujourd'hui, à Pointe-à-Pitre comme à Fort-de-France, rien n'est scellé. Dans de plus petites communes, les choses sont mieux avancées mais vous comprendrez que je serai mieux à même de faire ces annonces sur place, après avoir vu les équipes.

Vous allez tout de même évoquer la politique outre-mer du gouvernement ?

Mon déplacement concerne les municipales, mais seulement. J'ai été porte-parole de l'UDF sur les sujets d'Outre-mer pendant dix ans et ce sont des sujets qui continuent à m'intéresser. Il y a des combats qui ne doivent cesser d'être menés... Il y a un sujet que j'aurai aimé voir aboutir à l'Assemblée nationale et qui n'a pas abouti parce que le gouvernement a reculé face à sa majorité, c'est la free taxe pour les croisiéristes aux Antilles. C'est un combat que nous allons reprendre au Sénat et j'ai bon espoir qu'on le fasse aboutir. Nous souhaitons même élargir la réflexion au-delà des croisiéristes ! Pourquoi un touriste qui vient passer une semaine à l'hôtel ne bénéficierait pas du duty free...

Etes-vous sensibilisé à la problématique des sargasses ?

Le Premier ministre vient de passer quelques jours sur place pour essayer de faire bouger les choses. C'est un sujet compliqué parce qu'il n'y a pas qu'une seule solution aux sargasses. Il y a d'abord une solution d'activité économique qui nécessite de la coopération régionale pour que, notamment, la déforestation cesse d'alimenter ce phénomène. Il y a des progrès techniques à faire dans la détection et le ramassage et il y a des filières  économiques à inventer pour valoriser ce produit qui aujourd'hui est un handicap et qui, demain, doit être un atout. Ces algues sont valorisables en faisant du bioplastique par exemple. Je pense que la recherche européenne devrait s'en saisir. Pourquoi l'Europe ? Parce que c'est la seule à se préoccuper de l'état de santé de la mer et notamment de l'Atlantique et de la Caraïbe. Il n'y a pas que les sargasses, il y a un deuxième continent de plastique qui est en train de naître dans la Caraïbe. Les sargasses comme le plastique condamnent à terme la zone économiquement. 320 000 tonnes d'ordures plastiques sont rejetées dans la Caraïbe. Le recordman du monde de ce rejet, c'est Trinité et Tobago.

Etes-vous de ceux qui veulent la fin de l'octroi de mer ?

Je suis exaspéré qu'on parle de l'octroi de mer comme un problème depuis trente ans. En 1992, la Cour de justice européenne a dit que ce dispositif n'était pas légal et on en est encore à des dérogations pour prolonger l'autorisation au-delà du 1er janvier 2021. L'octroi de mer permet de financer la solidarité territoriale, mais renchérit le coup de la vie. En revanche, on a une TVA plus basse... Il y a deux solutions soit on change la règle européenne, on supprime l'octroi de mer et on se met à la TVA normale et normalement, ça n'impacte pas le pouvoir d'achat des gens, soit on veut le garder et dans ce cas-là, c'est une renégociation européenne.

Que pensez-vous de l'émergence d'un vote RN aux Antilles ?

C'est le signe de l'exaspération des Antillais face à un niveau de vie qui reste très inférieur à ce qu'il pourrait être, à une succession de dirigeants politiques qui n'ont pas réussi et aussi à un vrai malentendus : s'il y a bien un parti politique qui n'a aucune chance d'apporter quoi que ce soit aux Antilles, c'est bien un parti politique qui prône à la fois la discrimination raciale et l'enfermement sur soi-même. Y a-t-il un Guadeloupéen ou un Martiniquais qui peut penser que l'isolement de la France est une façon de rayonner ? La France n'a plus de vision de la place des Antilles et la Guyane dans la communauté nationale. Il se trouve que je pense que ce sont de formidables porte-avions de la qualité française en direction de l'ensemble du monde américain. Vous êtes aux portes des Amériques et vous devriez être la première vitrine de la qualité française, en recherche, produits, alimentation... Mais il n'y a pas de stratégie parce qu'on n'a pas fixé la place des Antilles et de la Guyane alors qu'on le fait pour la Réunion... C'est très regrettable, car c'est une présence française qui pourrait être très attractive. Or, la sur-taxation dont ces territoires font l'objet vient de percuter avec des micro-Etats qui n'ont pas de taxe... Ca ne concerne pas que le tourisme, la canne ou la banane...

Depuis l'arrivée au pouvoir de Macron, la France est gouvernée au centre. Comment fait l'UDI pour faire valoir son identité face aux MODEM et LREM ?

Nous sommes l'original et pas la copie. Ca donne une colonne vertébrale qui permet de rester authentique. Dans la politique du président Macron, il y a des éléments que nous réclamions depuis des années, la réforme des retraites par exemple...Mais il y a des erreurs comme la hausse de la CSG qui ne pénalise que les travailleurs et le retraités... Je préfèrerai un dispositif de TVA qui permette de taxer les produits qui rentrent dans le pays pour que la protection sociale ne pèse pas que sur le travail des Français. La TVA sociale permettrait de produire moins cher en France que ça ne l'est aujourd'hui.

Quelle est la vision de l'UDI sur la gouvernance locale des Antilles ?

Le débat indépendantiste est un faux débat. Il suffit de regarder les îles autour, la protection sociale, le niveau de vie... L'UDI est un parti  qui porte profondément l'idée du droit à la différenciation, c'est-à-dire que les règles du jeu, les compétences, l'organisation des taxes ne doivent pas être les mêmes partout. Pour le moment, on est encore trop dans un système d'uniformité avec une culture trop centralisatrice. Dans le monde moderne, il faut s'adapter rapidement et précisément. Les enjeux en Guadeloupe et en Martinique ne sont pas les mêmes donc les compétences, les moyens, la capacité à légiférer devraient être différents, en tout cas différents de ce qui se passe pour la Creuse ou la Corse. Ca c'est difficile à faire comprendre à Paris et difficile à faire partager localement. Il y a un double besoin : celui de plus d'autonomie et responsabilité et parallèlement, le besoin de rester dans la République pour bénéficier de la solidarité nationale... Le SMA existe parce que la France est là et en même temps on peut critiquer la gestion centralisée et nationale du scandale du chlordécone. Pardon, mais c'est un sujet qui n'existe pas dans la Creuse. Le chlordécone à Paris, c'est un des dossiers. Ici, c'est prioritaire. On a besoin d'une totale transparence et cette transparence serait mieux conduite localement qu'à Paris.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0

Articles Récents