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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 09:19
Egalité réelle Outre-mer : pourquoi Chalus s'est abstenu

L'abstention d'Ary Chalus sur la loi égalité réelle outre-mer

L'abstention d'Ary Chalus lors du vote de la loi égalité réelle outre-mer mardi en a surpris plus d'un dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale dans la mesure où son groupe politique (Radical, républicain, démocrate et progressiste) qui appartient à la majorité présidentielle, l'avait choisi pour être porte-parole lors de l'explication de vote. Il est en effet le seul de son groupe à s'être abstenu. Mais Ary Chalus a eu au moins le mérite de s'expliquer clairement devant la représentation nationale. Tout d'abord, le président de Région regrette que "l’État entende rester au centre de la programmation" et il ajoute : "Il ne faut pas confondre consultation et concertation !"

La loi étant assise sur les plans de convergence, il se demande comment "différencier ou qualifier les avantages de ces nouveaux plans de convergence avec les grands Schémas Directeurs actuels à l’instar du schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation et avec les missions récemment confiées aux établissements publics de coopération intercommunale". Selon lui, cela "semble contradictoire avec le choc de simplification, un temps voulu par le président de la République".

Néanmoins Ary Chalus reconnaît que "des mesures sociales reprennent beaucoup de revendications récurrentes (...) en matière d’accès à la mobilité et de lutte contre l’illettrisme, problèmes prégnants dans nos outre-mer"... S'il admet que "des apports ont été effectués avec l’insertion, en plus des dispositions sociales, de dispositions relatives au désenclavement numérique, en faveur de l’école et de la formation professionnelle", il "déplore le rejet de (son) amendement

(...) pour mettre en place un centre de l’établissement public d’insertion de la défense (EPIDE) en Guadeloupe, afin de permettre l’insertion sociale et professionnelle des jeunes sans diplômes ou sans titres professionnels en voie de marginalisation".

Ary Chalus avait pourtant vu son amendement déjà rejeté en commission car il tombait sous le coup de l'article 40 qui interdit aux parlementaires de créer des dépenses supplémentaires...

La guerre Lurel-Chalus se pursuit

Qu'importe, Ary Chalus estime "difficile de ne pas y voir une manoeuvre opportuniste et précipitée" : "Le calendrier d’un texte affichant une telle ambition intervient quatre ans trop tard ; ce texte aurait dû, dès 2012, accompagner l’élan ultramarin qui a porté le candidat François Hollande à la présidence."

C'est à l'issue de ce développement qu'Ary Chalus a annoncé que le groupe RRDP voterait dans sa grande majorité le projet de loi avant d'ajouter : "Pour ma part, je m’abstiendrai sur ce texte car il est très en deçà de l’attente des citoyens résidant dans les outre-mer." Et c'est là qu'il y a un hic. En effet, dans le texte de son intervention, fourni aux journalistes dans la soirée qui a suivi ce débat, un passage a été retranché. C'est le moment où il dit, sans citer personne, mais sans doute en pensant fortement au rapporteur de la commission des lois, Victorin Lurel : "Car certains ont préféré leur carrière à l'avenir des Outre-mer."

Interrogé sur les raisons du choix d'Ary Chalus, le président du groupe RRDP, Roger-Gérard Schwarznberg, a indiqué pour toute explication : "C'est lui..."

Il semble donc que la guerre locale qui opppose l'ancien et le nouveau président de Région se poursuive dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.

FXG, à Paris

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 09:15

Le budget 2017 met déjà en péril la loi Bareigts

La commission des finances de l'Assemblée nationale a adopté la première partie du projet de loi de finances 2017, mercredi. Et déjà, certaines dispositions votées dans la loi égalité réelle outre-mer sont mises en péril. Ainsi, la rapporteuse, Valérie Rabot ("la bien nommée", selon le mot du président de la FEDOM) a repoussé un amendement sur le fonds d'investissement de proximité des départements d'Outre-mer (FIP DOM) dont l'assiette de collecte a été élargie à l'ensemble de l'Hexagone avec un avantage fiscal de 38 % dans le projet de loi Bareigts. La rapporteuse a expliqué cette décision pour laisser s'achever le débat parlementaire de la loi égalité réelle outre-mer. "Voilà qui laisse augurer de la fin de ce texte", a commenté le président de la FEDOM. En effet, si Ericka Bareigts a indiqué que la loi serait examinée au Sénat en décembre, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a évoqué le mois de janvier, c'est-à-dire après le vote du budget avec le risque que les dispositions de la loi égalité réelle outre-mer ne puissent être mises en oeuvre qu'en 2018 et non dès 2017, après l'adoption du collectif budgétaire. Même chose avec le projet de loi de finances de la sécurité sociale et notamment son article 7 qui porte sur les "cotisations et contributions des employeurs et travailleurs indépendants".

FXG, à Paris

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 07:31

Analyse du vote du projet de loi égalité réelle outre-mer

L'analyse du vote de la loi égalité réelle outre-mer qui a eu lieu mardi, à l'issue de trois jours de débat, est riche d'enseignements. En effet, le groupe Les Républicains (y compris les sarkozystes historiques) a voté contre en majorité, malgré le fait que Patrick Karam, alors président du CReFOM et désormais orateur national de Nicolas Sarkozy, ait imposé l'idée de l'égalité réelle. Seuls les députés Jonas Tahuaitu (Polynésie, récent transfuge de l'UDI) et Henri Guaino (qui roule pour sa propre candidature à l'Elysée) ont voté pour. Quant aux abstentionnistes, ils sont tous ou presque juppéistes, à l'exception du député de Saint-Martin, Daniel Gibbs. Ary Chalus (Guadeloupe) est le seul député du groupe RRDP à s'être abstenu quand tous ses collègues ont voté le texte.

L'analyse du vote révèle encore que les Martiniquais Alfred Marie-Jeanne et Jean-Philippe Nilor, le Guyanais Gabriel Serville (par erreur de la part de son mandataire), qui siègent au groupe Gauche démocrate et républicaine, n'ont pas pris part au vote, tandis que Bruno Nestor Azérot a voté pour.

FXG, à Paris

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 08:24
Chalus pose une question à Stéphane Le Foll le 11 octobre à l'Assemblée nationale

Chalus pose une question à Stéphane Le Foll le 11 octobre à l'Assemblée nationale

Chalus interpelle Le Foll sur la banane

Alors que pour sauver le site d'Alstom et et porter son personnel jusqu'à 400 salariés, le gouvernement a annoncé pour 500 millions d'euros de commande, le président de Région Ary Chalus a interpellé hier le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, pour lui demander ce que son gouvernement comptait faire pour aider la Guadeloupe à faire passer sa production de bananes à 100 000 tonnes et permettre ainsi la création de 500 emplois directs, 350 indirects et l'installation de 40 jeunes agriculteurs.

Le ministre de l'Agriculture a d'abord rappelé que le gouvernement avait investi 18 millions d'euros dans le plan banane durable avant d'expliquer que les aides à la banane étaient basées sur des quotas mis en place il y a dix ou quinze ans. "Cela nécessite plus d'aides", a-t-il convenu, sans toucher pour autant aux quotas de la Martinique. Stéphane Le Foll s'est dit prêt à avoir avec l'élu guadeloupéen "une discussion de fond" pour aider au développement de cette production et à la création de ces 890 emplois.

FXG, à Paris

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 08:14
Loi Bareigts

L'Assemblée vote l'égalité réelle outre-mer

L'Assemblée nationale a adopté hier le projet de loi égalité réelle outre-mer par 314 voix contre 140 et 29 abstentions. Le groupe GDR a regretté "l'absence d'engagement financier de l'Etat et l'avenir incertain de ce texte en raison du calendrier électoral", mais a voté pour. Le groupe Socialiste a voté pour "avec entousiasme et foi". Le groupe LR a émis "un vote négatif d'encouragement" (Daniel Gibbs, de Saint-Martin, s'est abstenu). Le groupe UDI a voté pour tout comme la grande majorité du groupe radical, à l'exception d'Ary Chalus (Guadeloupe) qui s'est abstenu, reprochant à certains, sans nommer Victorin Lurel, de "préférer leur carrière à l'avenir des Ultramarins".

"L’égalité réelle, explique la ministre Ericka Bareigts, telle qu’elle est inscrite dans l’article premier du projet de loi est un droit pour les populations des Outre-mer et un objectif prioritaire de la Nation." Pour atteindre cet objectif, la loi met en place des Plans de convergences pour créer "les conditions d’un développement durable, accélérer les efforts en matière d’équipements et d’infrastructures, favoriser l’inclusion dans l’espace régional, compenser les handicaps structurels, valoriser les ressources et les atouts, assurer l’accès de tous à l’éducation, à la formation, à l’emploi, au logement, aux soins, à la culture et aux loisirs, permettre l’égalité femmes/hommes et la lutte contre les discriminations".

Dans chaque territoire, ces plans seront élaborés par l’Etat, les acteurs économiques et sociaux et les collectivités territoriales. Ils seront déclinés en contrats d’une durée maximale de six ans.

Au-delà des deux premiers titres de la loi qui définissent l'égalité réelle outre-mer et le principe des plans de convergence, les onze autres titres déclinent des mesures sociales, économiques, éducatives (voir encadrés) qui marquent concrètement la volonté du gouvernement et des parlementaires de corriger "progressivement les importantes inégalités qui subsistent entre les territoires d'Outre-mer et l'Hexagone".

A l'issue de ce vote, la ministre a "acté la naissance d’un nouveau modèle stratégique de développement, garant de l’épanouissement économique et social de tous les Ultramarins".

FXG, à Paris

Les mesures

Complément familial

Dès avril 2017, 2 400 foyers modestes supplémentaires pourront bénéficier du complément familial. Une personne seule avec trois enfants pourra ainsi prétendre au complément familial majoré jusqu’à 23 000 € de revenus (et non plus 17 000). Les montants seront augmentés de 75% entre 2018 et 2020, soit 72 € à 94 € supplémentaires par mois pour 34 000 familles.

Assurance vieillesse

L’alignement progressif de l’assurance vieillesse pour les parents au foyer (AVPF) va garantir à 5.000 personnes supplémentaires de bénéficier de pensions de retraite améliorées jusqu’à 20%.

Allocations familiales

Les travailleurs indépendants pourront accéder aux prestations familiales sans plus avoir à justifier du paiement des cotisations sociales. Cette condition préalable n’était imposée, depuis 1986, que dans les Outre-mer.

Continuité territoriale

Les Ultramarins partis en étude, en formation ou en stage pourront être aidés pour le retour dans leur collectivité d’origine jusqu’à 5 ans après la fin de leur formation en mobilité. 15.000 jeunes ultramarins seront concernés chaque année.

Par aileurs, un dispositif de formation en mobilité avec garantie d’emploi au retour sera expérimenté.

Enfin, un "passeport pour la mobilité en stage professionnel" financera les titres de transport nécessaires pour un stage prévu par une formation hors du territoire ou quand le tissu économique local n’offre pas le stage recherché.

Coopération régionale

La réallocation du fonds dit FEBECS soutiendra les échanges scolaires et étudiants organisés dans leur environnement régional.

Dépenses de tutorat

La prise en charge des dépenses de tutorat des jeunes en entreprise va être expérimentée pour 18 mois, avec une attention particulière portée aux bénéficiaires de contrats aidés.

Continuité postale

Les tarifs d’affranchissement des lettres de moins de 100 grammes seront alignés sur les tarifs hexagonaux dans les cinq DOM.

Deuil

Une nouvelle aides va contribuer à la prise en charge du voyage pour obsèques et le transport du corps. Cette aide finance notamment le transport de corps pour un décès intervenu au cours ou à la suite d’une évacuation sanitaire entre les outre-mer ou entre les outre mer et l’hexagone.

Fonction publique

Le projet de loi prévoit l’extension de l’application du critère du CIMM (centres d’intérêts matériels et moraux des fonctionnaires ultramarins) et permet d’élever au rang de critère prioritaire de mobilité les attaches à un territoire d’un fonctionnaire d’Etat dans une collectivité ultramarine.

Economie

La réforme de l’aide au fret va permettre de développer les importations en provenance des pays voisins des territoires ultramarins, les échanges inter-DOM et le transport de déchets. A La Réunion, par exemple, seules 1,3% des importations et 7% des exportations sont réalisées dans son environnement régional.

Les grandes et moyennes surfaces à Mayotte et en Guyane devront négocier un tarif de gros maximal à l’égard des petites surfaces de détail. Actuellement, dans ces deux territoires, les gérants des petites boutiques achètent leurs produits en grande surface à un prix déjà élevé.

Logement

Le dispositif de location-accession sociale qui permet aux personnes disposant de faibles ressources de louer leur logement pendant quelques années avant d’endevenir propriétaire, est simplifié.

L'avantage fiscal pour la rénovation des logements sociaux anciens, instauré l'an dernier, est amélioré pour prendre en charge plus d’un tiers du coût total des travaux.

Octroi de mer

Le taux de l’octroi de mer régional pourra être majoré dans la limite d’un taux maximum de 5% (contre 2,5% actuellement) sur délibération des collectivités qui auront signé leur plan de convergence.

Fonds d’investissements de proximité

Les contribuables de l'Hexagone peuvent désormais investir dans les fonds d’investissements de proximité qui s’adressent à des entreprises implantés dans les DOM. Ces investissements bénéficieront d'un taux d’avantage fiscal de 38%.

Ecole

Chaque DOM pourra expérimenter une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans (au lieu de 6 à 16 ans) à compter de la rentrée 2018.

Statistiques

Les études de l’INSEE sont étendus aux Outre-mer.

Mémoriel

Les dates des journées de commémoration de l’esclavage et d’hommage aux victimes de l’esclavage des 10 mai et 23 mai sont désormais inscrites dans la loi.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 06:22
Jacques Toubon, dans ses nouveaux locaux, place Fontenoy à Paris, occupés naguère par le ministre du Tourisme de Jacques Chirac, Léon Bertrand.

Jacques Toubon, dans ses nouveaux locaux, place Fontenoy à Paris, occupés naguère par le ministre du Tourisme de Jacques Chirac, Léon Bertrand.

Un vieux briscard de l'outre-mer chiraquien

"Je connaîs l'Outremer depuis 40 ans", assure Jacques Toubon, l'ancien garde des Sceaux de Jacques Chirac et désormais Défenseur des droits. Depuis son passage comme chef de cabinet du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer dans le gouvernement Couve de Murville en 1968-1969, il a souvent cotoyé les outre-mer. "Je m'occupais déjà du prix de la banane", lâche-t-il goguenard. Conseiller de Chirac à Matignon en 1974, il a vécu de près le référendum aux Comores en 1975. En 1978, il est avec Olivier Stirn quand ce dernier met en marche le plan pour installer les Hmongs en Guyane. "C'était le Brésil français", commente-t-il. Spécialiste de l'histoire de l'immigration (dont il a été le premier président du musée qui lui est dédiée), il rappelle volontiers que pendant la période coloniale, les gens des colonies ne pouvaient pas venir en métropole. "A l'exposition coloniale de 1931, les gens qu'on a fait venir du Cambodge, du Soudan, de Guyane, etc, ont pu le faire de manière totalement exceptionnelle." Il explique ainsi que les indépendances africaines des années 1960 aient donné lieu à un phénomène d'immigration. En 1968, il est frappé qu'il y ait encore, rue Oudinot, "un dossier de l'Outremer, un règlement de l'Outremer, qu'en aucun cas le ministère de la Santé ne puisse être compétent pour la Martinique ou la Polynésie..." Pour autant, il revendique d'être un jacobin montagnard pour qui l'égalité constitue l'alfa et l"oméga.

La loi égalité réelle outre-mer en débat, il la trouve bienvenue sur le plan politique : "Elle porte des mesures de caractère économique, politique... C'est plutôt des questions d'opportunité que des questions de droit..." Mais l'ancien baron du RPR devenu président d'une autorité indépendante, n'est pas naïf : "Une fois qu'elle sera votée, il faudra la mettre en oeuvre et il y aura, entretemps, les élections..." Même s'il pense que le texte sera voté de façon quasi unanime, et que l'ioutre-mer ne sera pas une question pour l'alternance.

FXG, à Paris

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 06:21
Le Défenseur des droits en Guyane

Jacques Toubon, Défenseur des droits, est en Guyane du 11 au 14 octobre. Entretien

"Mêmes droits fondamentaux, mêmes services publics"

Pourquoi ce déplacement ?

Je vais prendre le pouls de l'ensemble du territoire. Une partie de ma délégation ira sur le fleuve Maroni, tandis que j'irai du côté du Brésil, à Saint-Georges, j'irai sur le pont fantôme, enfin sur le pont pour l'instant en panne... Sur les questions scolaires, d'Etat civil, agricoles, il y a un phénomène de concentration à Cayenne, un tropisme pour le littoral et la capitale administrative... Cette année, nous avons eu 20 % d'activité en plus une centaine de réclamations et une cinquantaine de demandes d'information. 80 % des demandent relèvent des services sociaux. Ce n'est pas différent de ce que l'on constate en métropole.

Il y a des problèmes d'aide juridictionnelle des difficultés pour porter plainte, des problème d'accès aux soins...

Ici sont réunis, tous les problèmes de la France avec un petit truc particulier : l'éloignement, la démographie, le climat, l'histoire, la culture... L'exemple de mauvais fonctionnement de service public, c'est le blocage qui a eu lieu pour les procédures d'asile, la fermeture du guichet d'accueil des demandeurs.

Sept délégués pour 60 000 demandes d'asile, est-ce suffisant ?

Mes délégués n'ont pas mission de recevoir tous les demandeurs d'asile. Mais si le guichet est fermé, on ne peut entrer dans la procédure... Il a été rouvert depuis et je dois le visiter.

Le centre de préaccueil de la Croix-Rouge n'a été réouvert que temporairement et pour traiter les seuls dossiers renvoyés par le tribunal administratif. Il semble qu'on va le rouvrir spécialement pour vous...

Je ne vais pas déposer un dossier pour l'instant (rires) ! C'est une question qui relève du ministre l'Intérieur, c'est à lui qu'il revient de rouvrir le guichet. 18 cas ont été débloqués... A Lyon, le délai d'attente est de 4 mois et les gens restent dans la rue en attendant... C'est comme si vous fermez le guichet en Guyane. Mais j'ai une position fondamentale : le droit d'asile doit être ouvert dans les conditions de la loi, des textes européens et des conventions internationales, en Guyane comme sur l'ensemble du territoire de la République. Mon objectif, c'est l'égalité d'accès au droit.

C'est difficile ici, particulièrement pour le droit au logement opposable (DALO)...

Dans les Hauts-de-Seine ou dans l'Essonne, le DALO est extrêmement difficile. En Ile de France, 60 % des personnes qui ont obtenu un logement par le DALO n'ont pas satisfaction. Pour autant, on ne va pas partir battu et laisser mettre en place un service public un peu raboté. Non, mêmes droits fondamentaux, mêmes services publics.

Que dire des rondes de la PAF devant la passerelle d'accès aux urgences de l'hôpital de Cayenne ?

Une personne malade n'est pas un étranger malade, mais un malade étranger qu'on doit d'abord traiter comme un malade. Ce n'est pas un étranger qui arrive à l'hôpital ! Mais nous ne sommes ni juge, ni assistante sociale, nous voulons rétablir l'effectivité du droit pour tous, l'application de la loi républicaine partout.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 04:11
Louise Joseph au 90 quai de Jemmapes le 15 septembre dernier

Louise Joseph au 90 quai de Jemmapes le 15 septembre dernier

Louisy Joseph a été chargée de trouver son talent en Guadeloupe

"C'est troublant de voir autant de bagages et si peu de place pour le vivre"

Vous aussi avez débuté par un casting... Ca vous a fait quoi d'être celle qui décide cette fois ?

Preuve d'humilité... On se rend compte de ce que tous les candidats engagent en montant sur scène ou en proposant leur univers, c'est assez troublant, j'ai envie de les rassurer, de leur dire qu'ils sont à leur place. Quand ils se déplacent pour faire tut ça, c'est qu'il y a vraiment une raison qu'ils doivent vérifier eux-mêmes. Toute cette instabilité de ça fait, de voir une caméra une première fois pour certains, de devoir chanter une ou deux fois sa chanson devant des membres de leur famille... Il y a quelque chose de très bouleversant. C'est peut-être un passage à autre chose pour eux ou alors une conviction, qu'ils sont vraiment à leur place.

Est-ce difficile de sortir un candidat ?

Oui, mais c'est aussi faire preuve d'honnêteté parfois de leur dire la vérité. Le casting, c'est très ingrat. On est sûr de soi, on arrive avec plein de convictions et on repart avec plein de doutes. Je l'ai vérifié déjà plusieurs fois. Je pense que c'est quelque chose avec lequel on doit cohabiter. Les convictions qu'on a quand on chante dans sa chambre, à pleine voix... C'est ça en fait que j'ai envie de voir, quelqu'un qui m'invite presque dans sa chambre et qui est convaincu de ce qu'il fait. Il ne doit pas changer sa nature pour se déplacer et montrer qui il est autrement, ailleurs... Ils savent faire tout ce qu'ils nous proposent et c'est difficile de se présenter à un casting, j'étais là pour ça.

Quelle approche de la Guadeloupe avez-vous eue ?

Je suis Martiniquaise et je connais la Guadeloupe, mais là j'y suis allée sous un autre angle, j'ai été chez des gens, j'ai vérifié le haut et le bas de la Guadeloupe !

J'ai été un peu bouleversée par ce que je découvrais... J'avais l'impression de connaître tout et quand je me suis retrouvée au marché des esclaves à Petit-Canal, j'ai été troublée. J'en apprends autant sur ma propre histoire que sur le candidat dans ces moments-là...

Comment vous y êtes-vous prises pour chercher les talents ?

Il y a des gens sur place qu'on appelle des fixeurs, qui nous dirigent un petit peu vers les candidats. Mais j'avais en vie de surprise. Les gens avaient entendu parler de nous, ils savent que vous dormez à tel hôtel et c'est ce qui s'est passé pour une des candidates... Ca m'a vraiment troublé parce qu'on s'est ouverts à des personnes qui n'étaient pas prévues !

Qu'avez-vous entendu comme musique ?

De tout, tout ce qui fait la culture guadeloupéenne musicale... Autant américain avec du hip hop, de la trap, parce qu'ils écoutent beaucoup ça... Il y a une vraie culture guadeloupéenne aussi, typique, quelque chose que j'avais envie d'entendre... Je suis très contente de comprendre le créole pour avoir pu bien les entendre, connaître aussi quelles valeurs ils portent au texte, à l'émotion qu'ils donnent dans le créole.

Dîtes-nous deux mots sur votre perle rare...

Le candidat parfait ! Il faut qu'il soit culturellement empreint de la Guadeloupe, qu'il soit moderne dans sa proposition musicale, qu'on entende tout cela en fait ! Il faut qu'on sache qu'il vienne de là et que j'ai envie de chanter avec lui.

Fait-il partie de la nouvelle scène créole ?

J'en suis convaincue. Il a une espèce de justesse... C'est un candidat qui a déjà fait beaucoup de chemin seul et ça s'entend. A l'âge qu'il a et chanter comme il chante, ça donne l'impression qu'il a voyagé toute sa vie pour essayer de trouver qui il est à travers sa musique. Bien sûr, il a un autre job à côté ; ce n'est pas sa profession. C'est troublant de voir autant de bagages et si peu de place pour le vivre. C'est ce que je lui apporte, la visibilité surtout ; donner de la lumière à un artiste qui va lui même se chercher avant de se présenter aux gens. Il est humble et juste.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 04:04
Princesse Erica, le 15 septembre 2016 au 90 quai de Jemapes, Paris

Princesse Erica, le 15 septembre 2016 au 90 quai de Jemapes, Paris

Princesse Erica a été envoyée trouver son talent en Guyane

"La musique bushi, elle crache !"

Qu'est-ce que vous ressentez quand vous faites un casting ?

Je me mets à la place de la personne. Qu'est-ce que j'aurais aimé qu'on me dise, si j'avais été une jeune fille qui arrive et qui se fait castée pour se faire connaître ? C'est comme ça que je l'ai pris ! En général, dans de tels programmes, les gens arrivent et font le show, c'est bien. Mais en face de toi, tu te retrouves avec des gens, des gens qui ont envie, qui ne viennent pas là pour toi et moi, je ne viens pas pour faire le show, je suis là pour les reconnaître. J'ai l'oreille, je suis musicienne, je connais très bien la musique ! Non seulement je reconnais s'il y a de la musicalité en toi, mais laquelle, si elle convient ou pas, mais j'ai d'abord de la bienveillance.

Elle vous a manqué la bienveillance ?

Elle manque beaucoup ! A notre époque, il y a un espèce de truc bashing perpétuel... Le cynisme, le second degré, moi ça me fait chier mortel (elle s'excuse en souriant, ndlr)... Moi, j'ai été très maltraitée dans ce milieu discographique et je pensais énormément à tout ce qui m'avait manqué quand je castais les gens. Un chasseur de tête les avait déjà castés... J'écoutais leur petite voix qui me disait de les prendre bien sûr, mais de les écouter. Je les ai écoutés. En chacun, j'ai écouté des choses qui étaient bonnes !

Connaissiez-vous la Guyane ?

Je ne connaissais pas, mais j'ai une histoire avec la Guyane depuis longtemps. J'ai vécu avec un Guyanais qui est décédait et qui s'appelait Roger Jadfar. Par ailleurs, mon meilleur ami, qui vit à Paris, est aussi Guyanais et organise des concerts en Guyane. Ca fait longtemps que je devais y aller et ça ne s'est pas fait. Quand la production m'a proposé Guadeloupe ou Guyane, j'ai dit Guyane ! C'est un vrai climat équatorial ! J'ai fait le vaccin de la fièvre jaune ; j'avais l'impression de partir en Afrique et j'ai eu l'impression d'arriver en Afrique, chez moi au Cameroun, tranquille ! Surprise, mon meilleur ami était sur place !

Comment avez-vous fait pour aller trouver des talents dans tout le pays ?

Jérémie Prophet, du Sas Prod, notre chasseur de sons nous a fait un petit panel artistique guyanais. On a été voir des Bushis, des Saramacas, on est allés à Kaw, on a été partout. Ce n'est pas pour autant que l'éventail musical a été élargi. Un candidat de Maripasoula nous a chanté d'une voix d'ange un truc magnifique, du jazz ! Chez les Bushis, la tradition et leur culture sont très fortes. Ce sont les plus Africains des Guyanais, et des Africains rebelles, des esclaves insoumis. Il y a toute une histoire qui fait que leur musique, elle crache ! Au tambour, on a vu Mayo de Ko... Je comprenais le tambour, c'était évident.

Qu'est-ce qui a déterminé votre choix ?

J'ai eu deux favoris. Mon candidat, je l'ai vu en avant-dernier... J'avais déjà fait un choix et j'étais sûre que rien n'allait altérer ce choix. Et quand je rencontre le talent que j'ai choisi en définitive, avant même qu'il n'ouvre la bouche, je savais que c'était ça ! De visu, de posture, de positionnement... Quelque chose s'est passé, peut-être aussi l'environnement... Et tout était en phase, sa voix, sa façon de se présenter, sa chanson... Je suis restée ouverte aux autres, mais ils n'ont pas réussi, ni celui qui avait été mon premier choix.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 04:01
Music Explorer sur France Ô

Princesse Ericka et Louisy Joseph, les nouvelles casteuses de Music Explorer

Pour sa troisième saison le télécrochet de France Ô, Music explorer, revient avec deux nouvelles marraines aux cotés d'Icare et Marco Prince, Louisy Joseph et Princesse Erica. "Ce sont des femmes de tête, touchantes, confie la productrice Catherine Camborde (Outside film/TéléParis), elles ont été emballées, investies avec une vraie sincérité." La production a chargé chacun d'une mission dans un territoire dans le monde pour y repérer un chanteur. "Ce sont des artistes pas des musiciens qu'elles sont allés trouver..." Princesse Erica a vu les Hmongs à Cacao, a fait de la pirogue à Saint-Laurent. Louisy est allée en Guadeloupe retrouver des amis dans une fête et se perdre dans les Grands fonds. Pendant ce temps qu'Icare attirait 70 candidats à son premier son casting en Nouvelle-Calédonie, Marco Prince, sur les traces de sa grand-mère paternelle, découvrait qu'il n'y a pas d'écoles de musique au Togo. Dix jours de tournage, une vingtaine de castings à chaque fois. "Pour ce road trip musical, explique la productrice, on a remonté le versant "explorer" pour rentrer très modestement et très humblement dans la vie des gens." pris des réalisateurs de documentaires. On voulait plus de doc, plus de découverte." Diffusée à raison de deux épisodes à la suite (le mardi à 22h30, les 11, 18 et 25 octobre), l'émission se conclut à Paris avec la révélation des quatre vainqueurs lors de la soirée prime (1er novembre, 20 h 40).

A la fin, le grand gagnant signe avec un label !

FXG, à Paris

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