Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice
  • Contact

Recherche

2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 03:12
ITW d'Erika Bareigts sur le perron d'Oudinot

Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer

"C'est une nouvelle page d'histoire"

Comment concevez-vous votre nouvelle fonction ?

J'ai toujours dit que je suis une ministre de terrain et je porte depuis très très longtemps cette idée que nous devons faire cette égalité réelle. C'est une belle valeur, une valeur de gauche ! Et puis derrière cela, je pense qu'il y a des atouts, des potentialités sur nos territoires, qu'il faut vraiment libérer afin que nous puissions écrire l'histoire après les soixante-dix ans de départementalisation... Donc c'est un long chemin. Je crois, je suis convaincue que cette libération des potentiels permettra véritablement à faire un pas supplémentaire vers l'émancipation et la dignité de nos peuples ultramarins.

Dans votre discours d'installation, vous avez parlé de votre grand-mère, votre mère et de vous-même sur le plan de l'éducation. Est-ce une question clé pour vous ?

Il n'y a pas d'égalité, pas de dignité sans éducation. L'éducation ouvre les portes ; elle permet d'avoir la mobilité dans le monde, de comprendre ce qui se passe et de prendre sa place. L'éducation n'est pas l'alpha et l'oméga, mais une colonne vertébrale, une condition sine qua non, absolument nécessaire. Elle n'est pas suffisante, il faut travailler sur d'autres aspects aussi, mais nous devons et sur certains territoires faire encore beaucoup plus d'efforts sur l'éducation.

En parlant de l'égalité réelle, vous n'avez pas manqué de citer le CReFOM et son président Patrick Karam, ce que votre prédécesseur se refusait de faire. Est-ce pour réparer une injustice ?

Oh non ! Je ne répare rien du tout ! Je cite tous ceux qui ont travaillé, porté l'idée, contribué, parce que, encore une fois, nous devons travailler collectivement parce que le chemin est ardu, le chemin est long et nous avons besoin de la mobilisation de tous, parce que ce sera pas à pas.

Quel sera votre premier acte ?

Le terrain ! Je suis une femme de terrain parce que l'énergie, la compréhension des choses, c'est sur le terrain. J'irai très rapidement sur le terrain. La concertation, l'ouverture, parler au plus de monde possible, consulter, comprendre aussi, parce que nous avons à fabriquer quelque chose d'assez compliqué. Il faudra donc avoir l'addition des intelligences et bien sûr cette égalité réelle qui nous cheville au corps depuis tant d'années. C'est une nouvelle page d'histoire, c'est une chance d'être là à ce moment-là pour poser les premières pierres.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

Repost 0
2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 03:08
Interview de GPL sur le perron d'Oudinot

George Pau-Langevin, ancienne ministre des Outre-mer

"Je laisse l'outre-mer en bon état et en de bonnes mains"

Dans quel état d'esprit quittez-vous vos fonctions ?

Je pars avec le sentiment du devoir accompli, que durant ces deux ans, nous avons pu avoir des arbitrages satisfaisants pour les outre-mer ; nous avons pu lancer un certain nombre de plans qui devraient améliorer la vie des gens; Nous avons pu faire des avancées significatives à des projets qui nous tiennent à coeur depuis fort longtemps comme la cité des Outre-mer. Nous avons mis sur les rails le projet de loi égalité réelle outre-mer et par conséquent, je suis satisfaite de ce que nous avons pu faire. En Nouvelle-Calédonie, nous avons pu rapprocher les points de vue et avancer d'une manière apaisée vers la consultation, mais aujourd'hui, j'avais vraiment envie de retrouver mes citoyens du XXe arrondissement qui me manquaient et à qui, je crois, je manquais aussi.

Vous avez aussi annoncé, un peu à l'avance, que vous étiez parvenue à maintenir le budget de la mission outre-mer...

Nous avons pu maintenir le budget, pu inscrire dans ce budget les crédits pour la cité des Outre-mer. Entre l'égalité réelle et le budget que nous avons obtenu, il me semble qu'on part en laissant l'outre-mer en bon état et en de bonnes mains.

Que regrettez-vous de ne pas avoir eu le temps de faire ?

Si j'avais eu quelques mois de plus, j'aurai aimé pouvoir poser la première pierre de la cité des Outre-mer, mais la vie est ainsi faite ! Mais, un ministère, ce sont des passages de témoins réguliers. Chacun fait un petit peu sa part de travail. Je considère avoir fait la mienne et je pense que ça va continuer avec Ericka Bareigts. Je ne suis pas inquiète.

Vous partez sans regret ?

Non, mais avec émotion, parce que ce ministère est une belle maison et c'est un beau travail, mais en même temps j'avais l'envie de faire une nouvelle étape.

Qu'est-ce qui va vous manquer le plus ?

Difficile à dire ! Sans doute peut-être ce qui était très sympathique, c'est qu'avec des gens venus d'un peu partout, nous avions constitué une équipe qui était chaleureuse, dynamique, motivée. C'est donc un peu la fin de ce petit cocon qui peut-être va me manquer... Mais la vie, c'est comme ça, quand il faut avancer, il faut passer à autre chose.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Repost 0
1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 05:04
Le président de la Collectivité territoriale de Guyane obtient 500 millions d'euros de prêts garantis par l'Etat

Rodolphe Alexandre est sans doute le dernier élu d'Outre-mer à avoir rencontré GPL. C'était hier après-midi, au moment même où l'Elysée annonçait le départ de la ministre du gouvernement et son remplacement par Ericka Bareigts. Mais la continuité de l'Etat étant une chose sacrée, ce dont le président de la collectivité de Guyane a parlé avec GPL reste d'actualité. Entretien.

"Ces 53 millions seront voués à la relance de l'activité économique"

Quel était l'objet de votre rencontre avec la ministre ?

Nous avons abordé beaucoup de sujets, la délinquance, les migrants, l'hôpital... A la suite de la réunion que j'ai eue avant-hier avec les parlementaires et le président de l'association des maires, David Riché, nous avons abordé la question du pétrole et des décrets qui devraient être signés par Ségolène Royal... Nous avons beaucoup parlé d'énergie, aussi bien sur l'Ouest, le littoral, par rapport à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dont les documents doivent se trouver à l'heure qu'il est sur le bureau de la ministre de l'Environnement et puis, nous avons abordé les questions de l'emprunt...

Qu'en est-il ?

Cet emprunt concerne particulièrement la CTG, car c'est le pôle économique de la Guyane. La première tranche de 53 millions va être débloquée d'ici le mois d'octobre. Nous allons ensuite lancer le principe des 100 millions par an de façon à relancer l'activité économique. ce sont des calculs faits avec l'AFD, la Caisse des dépôts, sous couvert de Bercy. Je rappelle que c'est la première fois, et c'est exceptionnel, que l'Etat apporte sa garantie. Ca nous demande de voir certains éléments fiscaux, par exemple l'octroi de mer qu'on pourrait ou non augmenter d'un point... Ca veut dire aussi qu'on travaille sur la taxe sur les services car il y a de nombreuses activités économiques ou autres qui ne sont pas touchés par l'octroi de mer. Nous pourrions ainsi élargir les recettes. Nous travaillons également sur le tabac, sur les droits de mutation... Autant d'éléments que l'on doit inscrire dans la loi de finance au mois d'octobre.

A quoi vont servir ces premiers 53 millions d'euros ?

Ces 53 millions seront voués à la relance de l'activité économique, les lycées de Saint-Laurent, de Maripa-Soula qui seront les premiers grands chantiers financés. Je viens de signer avec la Caisse des dépôts pour 68 millions de garantie financière avec la SIMKO. C'est plus de 600 logements et deux ans d'activité économique car cela permet immédiatement à la SIMKO de pouvoir engranger d'autres crédits. Ca signifie que le BTP va encore progresser !

Vous deviez aussi parler du RSA...

Le RSA pollue le budget de la CTG, puisque notre RSA est très spécifique. Il pèse 136 millions et en 2017, il pèsera 146 millions. Nous le finançons sur une part propre du budget de la collectivité, c'est la loi, et sur une part en compensation de l'Etat. Notre spécificité fait que le RSA revient à 205 euros par habitant lorsque dans l'Eure ou dans l'Aisne, on est à peine à 89 ou 110 euros. Et en Guadeloupe, c'est 160 euros ! Il faut que l'Etat, avec son dispositif d'ensemble sur la France, 300 millions, mette en place une sorte de préciput qui pourrait nous lettre 30 à 40 millions pour permettre que l'on puisse voter le budget et en même temps de lancer les opérations qui sont liées à l'insertion... Nous avons le soutien du président de l'association des départements sur ce dispositif parce que la Guyane est un cas spécifique ; nous dépassons Mayotte et sommes au-delà de la réalité budgétaire et selon les modes de calculs, c'est la CTG qui abonde à 70 % le RSA.

Vous allez assister à la conférence des ambassadeurs, qu'en attendez-vous ?

Ce n'est pas ma première rencontre avec les ambassadeurs. Nous avons pris l'initiative par un partenariat avec l'Etat de consolider nos relations sur les questions de coopération transfrontalière, transnationale ou encore de rivage. Nous avons mis en place une annexe à Paramaribo où notre fonctionnaire se trouve dans les locaux mêmes de l'ambassade de France. Nous avons lancé également le bac d'Albina, le raccordement téléphonique avec le Brésil. La coopération a vraiment commencé chez nous, d'autant que nous gérons sur les fonds européens le fonds du programme opérationnel Amazonie, à peu près 24 millions. La question, maintenant, c'est d'aller plus loin, c'est-à-dire d'aller sur des conventions à caractère industriel par exemple, de rentrer dans la Caraïbe, d'où notre demande au CARICOM qui a bien avancé et le secrétaire général du CARICOM devrait venir en Guyane. Nous avons aussi de Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères l'autorisation d'entrer en contact avec la commission économique pour l'Amérique latine et la Caraïbe, c'est une très belle avancée. Nous ne sommes plus dans un litige ou une confrontation, mais dans un partenariat très fort pour m'intérêt de nos pays et du territoire qui est le seul territoire ultrapériphérique en Amérique du Sud.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Repost 0
1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 04:32
Erick Bareigts, première femme réunionnaise ministre des Outre-mer

ITW Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer

"On va faire des pas sur ce chemin de l'égalité réelle"

Est-ce que vous auriez pensé que le poste de secrétaire d'Etat à l'égalité réelle serait une simple marche dans votre parcours politique ?

Je suis heureuse et fière parce que je suis la première femme réunionnaise à être ministre de la République, c'est une première. C'est la fierté pour moi et puis aussi les Réunionnais. Mais c'est un engagement ! Je le dis toujours que c'est un engagement de longue haleine... Ca fait trente ans d'engagement politique, le passage du militantisme dans les rues de Saint-Denis et voilà, j'arrive aujourd'hui rue Oudinot. C'est un parcours.

Avez-vous été surprise ?

Oui oui, au fond, j'ai été surprise, oui bien sûr...

Mardi matin, nous assistions à la conférence de presse de rentrée de la ministre des Outre-mer, alors George Pau-Langevin qui nous a dessiné ce qui devrait être votre programme pour les mois à venir. Vous sentez-vous prête ?

J'ai travaillé avec Victorin Lurel qui a été un ministre important dans ce quinquennat et qui était rapporteur de la loi égalité réelle outre-mer, j'ai travaillé en tant que députée avec George Pau-Langevin, donc je me place dans la continuité de l'action gouvernementale et je salue l'action de mes prédécesseurs. Donc oui, on va continuer avec l'enrichissement que les débats parlementaires vont apporter et moi, je veux être dans l'ouverture, le contact, l'écoute des élus bien sûr, mais aussi de la société civile... On va enrichir ce débat sur l'égalité réelle outre-mer que je vais porter et ce n'est pas une mince affaire parce qu'on le sait, les inégalités sont fortes et encore plus dans mon territoire. Il n'y a pas de formule magique non plus, donc on doit agréger les forces vives, les énergies, les volontés pour trouver le plus de solutions possibles, de pistes en tout cas, donc on a un gros travail devant nous qui s'annonce, mais j'ai l'énergie, l'envie, la conviction... J'ai envie d'avancer ; tous ceux qui sont autour de moi sont aussi dans cette envie et on va faire des pas sur ce chemin de l'égalité réelle. Il en restera encore à faire après mais l'important, c'est d'en faire le plus possible, d'engranger et ça revient à ce gouvernement de gauche qui porte des valeurs d'égalité d'engager ce combat. Je l'engage avec fierté, avec détermination, avec volonté, dans la proximité et surtout collectivement, avec un travail que je veux collectif, très large et collectif.

Vous allez devoir défendre aussi le budget de la mission outre-mer, ce n'est pas une mince affaire non plus...

On va le défendre parce que c'est un budget qui est maintenu et dans la conjoncture actuelle, c'est bien, c'est un bon travail de maintenir un budget et puis après on enchaîne sur la loi égalité réelle outre-mer. Là aussi, on va défendre nos points de vue, nos mesures... On est dans l'action, dans la continuité comme vous m'avez trouvé il y a quelques semaines au secrétariat d'Etat pour l'égalité réelle, avec autant de détermination.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Repost 0
1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 04:29
Le 31 août, George Pau-Langevin passe la main à Ericka Bareigts

Le 31 août, George Pau-Langevin passe la main à Ericka Bareigts

Bareigts remplace GPL

"Mme George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, a également souhaité mettre un terme à ses fonctions ministérielles pour des raisons personnelles. Le président l’a remerciée pour la politique qu’elle a menée pour les Outre-mer depuis avril 2014 et sur proposition du Premier ministre, il a nommé Mme Ericka Bareigts, pour la remplacer." A la fin d'un communiqué de presse émanant de l'Elysée et annonçant la démission d'Emmanuel Macron et son remplacement par Michel Sapin, ces quelques lignes ont agité le landernau ultramarin de Paris ! Il faut dire qu'hier matin encore, GPL recevait la presse d'Outre-mer au grand complet pour annoncer son programme de rentrée jusqu'au mois de février... Rien ne laissait présager de cette issue quoique GPL ait fait lors de cette rencontre une allusion à ses électeurs du XXe arrondissement qui lui auraient fait part de son désir de la voir revenir à son poste de députée de Paris. Elle a même ajouté ingénument que ces mêmes électeurs se sentaient un peu abandonnés depuis qu'elle était ministre des Outre-mer (plus que quand elle avait été nommée ministre de la Réussite éducative...) Il y a quelques mois, GPL que nous interrogions sur ses ambitions ministérielles, nous avait indiqué son souhait de rejoindre, avant la fin de la mandature, l'Assemblée nationale, mais rien n'était encore fixé. C'est la démission d'Emmanuel Macron qui a précipité les choses pour la rue Oudinot. Matignon a préféré faire d'une pierre deux coups. "La solution Ericka Bareigts, indique une source à Matignon, était la plus naturelle. Elle a beaucoup travaillé sur le projet de loi égalité réelle outre-mer et c'est une élue d'outre-mer qui a beaucoup bossé... C'était dans l'air et ils ont relancé la balle." En nommant Ericka Bareigts à la succession de GPL, Manuel Valls peut s'enorgueillir de nommer la première ministre des Outre-mer réunionnaise. Après Penchard, Lurel et Pau-Langevin, Oudinot se déguadeloupéanise pour se réunionniser ! Une première puisque la seule ministre réunionnaise fut Margie Sudre, nommée en son temps à la francophonie.

Au cabinet d'Ericka Bareigts, hier en fin d'après-midi, c'était un peu le "branle-bas de combat" pour reprendre les termes de son conseiller presse. A Oudinot, personne, GPL comprise, ne répondait déjà plus au téléphone. Et alors même que nous nous y trouvions encore à 16 heures hier, rien ne laissait imaginer que les déménageurs étaient prêts à intervenir. Simplement, un petit sourire du personnel permanent aurait dû nous mettre la puce à l'oreille quand à la sortie du ministère, nous leur avons lâché : "Les ministres passent et nous, on reste." On ne croyait pas si bien dire !

FXG, à Paris

Repost 0
16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 05:41
Vol 708, Panama-Martinique, la carte postale tant redoutée, par Nathalie Nancy-Cissé

Vol 708, Panama-Martinique, la carte postale tant redoutée, par Nathalie Nancy-Cissé

Nathalie Nancy Cissé, auteur de "Vol 708, Panama-Martinique, la carte postale tant redoutée" aux éditions Les Passionnés de bouquins.

"Apprendre que son proche a hurlé en voyant la montagne arriver, c'est insupportable !"

Pourquoi avoir choisi le crash de Maracaïbo pour sujet de votre livre ?

Il y a onze ans, le 16 août 2005, j'ai perdu mes parents dans ce crash aérien alors que je me trouvais à Lyon où je suis née et où je vis. Dans ce livre, je raconte l'annonce du crash telle que je l'ai vécue, ressentie, et les dix ans qui ont suivi. Ces dix ans, c'est tout ce qui se passe pour une famille de victimes, dix ans de deuil... C'est un vrai deuil qui a mis dix ans à se faire et je n'ai pu le faire que grâce à l'écriture de ce livre.

Comment aviez-vous réagi à l'annonce du crash ?

On n'y croit pas ! Ce n'est pas possible parce que ça n'arrive que dans les films catastrophe... Et ce n'est pas possible non plus parce que je travaille dans l'aérien. Je suis agent de trafic et je fais partir des avions tous les jours...

Quand vous allez travailler, y pensez-vous toujours ?

Non ! Je ne pense pas qu'on puisse travailler dans ces conditions là. Je ne laisse pas de place au hasard dans mon travail, mais je réfléchis à deux fois pour être sûre que tout est bien fait parce que j'ai vraiment conscience, à mon niveau dans la chaîne de sûreté des avions, d'avoir des vies entre mes mains.

Quand vous êtes-vous attelée à ce travail d'écriture ?

L'année dernière, quand il y a eu le crash de la German wings... Autant, quand il y a eu le crash de mes parents, je n'avais pas regardé la télé, autant pour ce crash là, j'ai regardé les infos en boucle. Et je le suis rendue compte que les médias ont fait du sensationnel, ont raconté des choses, probablement beaucoup de vérités évidemment, mais je me disais que je n'aurai pas voulu entendre ça du crash de mes parents. Je comprenais que les gens aient besoin de savoir, mais pour une famille de victimes, apprendre que son proche a vu la mort venir, que son proche a souffert, que son proche a hurlé en voyant la montagne arriver, c'est insupportable ! J'ai regardé sur Internet et je me suis rendue compte qu'il n'y avait rien pour aider les gens à supporter ça, à vivre la suite, parler, dire son ressenti, si ce ne sont les associations de familles de victimes. Ces associations se battent au niveau juridique pour connaître la vérité, mais il n'y a rien qui aide d'un point de vue psychologique. Il y a eu le crash de Charm el Cheikh ; l'association est désormais dissoute, parce que le non lieu a été prononcé. Mais du coup, c'est terminé aussi pour les familles de victimes... Une fois la tempête médiatique passée, il n'y a plus rien et un nouveau crash fait oublier le précédent.

Qu'auriez-vous souhaité ?

Je ne peux pas m'imaginer que la société se souvienne de chaque crash et de chaque famille touchée, mais il faut qu'il y ait une possibilité à tout un chacun de parler, de raconter et de le faire librement... En général, les gens n'en parlent pas parce que c'est trop douloureux... Alors moi qui écris un livre, quand on me demandait sur quoi j'écrivais, il y avait un blanc, un mal être qui se créait...

Les gens croient que vous restez bloquée alors que vous ne voulez que témoigner ?

Exactement ! Et de m'entendre dire au quotidien : "Je suis désolé pour toi... Qu'est-ce que ça a dû être dur..." Je n'ai plus envie d'entendre ça ! C'est évident que ça a été dur ! J'ai juste envie de raconter qui était mes parents, comment ça s'est passé, tout ce qu'on a vécu, tout le côté médiatique qu'il y a derrière... Je consacre un passage important dans mon livre à la cellule de crise avec le Quai d'Orsay. Ce qu'on en raconte aux téléspectateurs n'est pas du tout ce que j'ai vécu. Soit, c'est parce que je n'étais pas sur place et les cellules d'urgence étaient en Martinique. Il n'y avait rien en métropole ! Et on s'est retrouvé isolés. Par la suite aussi... Toutes les commémorations se sont faites en Martinique, un peu à Paris, mais à Lyon, rien ! Je n'ai même pas été avertie de l'inauguration de la stèle aux victimes du crash au cimetière du Père Lachaise à Paris... Je ne l'ai appris qu'après !

Avez-vous tendu la main en vain ?

J'avais demandé à l'église à côté de chez moi si l'on pouvait faire une messe, on m'a répondu non, pourquoi, qu'on ne savait pas faire... Pour eux, ça ne rimait à rien et j'ai trouvé ça hyper violent parce que nous n'étions pas nombreux en métropole et encore moins à Lyon... Je me suis retrouvée seule avec ma famille et j'ai vécu ce deuil, ces dix ans de deuil un peu de mon côté, isolée... C'est pour cela que j'ai eu besoin d'écrire, pour évacuer, pour faire mon deuil... J'ai commencé par le titre, j'ai mis le point final et je n'y ai plus retouché.

Que retenez-vous de cette expérience ?

On n'oublie pas... Jamais.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Le pitch

Nathalie Nacy-Cissé se réjouissait déjà à l'idée de recevoir une carte postale idyllique de la part de ses parents partis au Panama, lorsque les médias annoncent un accident d'avion, celui de son père et de sa mère... Dans cet ouvrage, elle revisite les différentes étapes liées au crash : la prise de conscience, les réactions de l'entourage, le suivi psychologique, les cellules de crise, l'enquête... Un témoignage poignant.

Repost 0
16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 05:00
Il y a 11 ans, le crash de Maracaïbo

Nathalie Nancy Cissé, auteur de "Vol 708, Panama-Martinique, la carte postale tant redoutée", aux éditions Les Passionnés de bouquins.

"Apprendre que son proche a hurlé en voyant la montagne arriver, c'est insupportable !"

Pourquoi avoir choisi le crash de Maracaïbo pour sujet de votre livre ?

Il y a onze ans, le 16 août 2005, j'ai perdu mes parents dans ce crash aérien alors que je me trouvais à Lyon où je suis née et où je vis. Dans ce livre, je raconte l'annonce du crash telle que je l'ai vécue, ressentie, et les dix ans qui ont suivi. Ces dix ans, c'est tout ce qui se passe pour une famille de victimes, dix ans de deuil... C'est un vrai deuil qui a mis dix ans à se faire et je n'ai pu le faire que grâce à l'écriture de ce livre.

Comment aviez-vous réagi à l'annonce du crash ?

On n'y croit pas ! Ce n'est pas possible parce que ça n'arrive que dans les films catastrophe... Et ce n'est pas possible non plus parce que je travaille dans l'aérien. Je suis agent de trafic et je fais partir des avions tous les jours...

Quand vous allez travailler, y pensez-vous toujours ?

Non ! Je ne pense pas qu'on puisse travailler dans ces conditions là. Je ne laisse pas de place au hasard dans mon travail, mais je réfléchis à deux fois pour être sûre que tout est bien fait parce que j'ai vraiment conscience, à mon niveau dans la chaîne de sûreté des avions, d'avoir des vies entre mes mains.

Quand vous êtes-vous attelée à ce travail d'écriture ?

L'année dernière, quand il y a eu le crash de la German wings... Autant, quand il y a eu le crash de mes parents, je n'avais pas regardé la télé, autant pour ce crash là, j'ai regardé les infos en boucle. Et je le suis rendue compte que les médias ont fait du sensationnel, ont raconté des choses, probablement beaucoup de vérités évidemment, mais je me disais que je n'aurai pas voulu entendre ça du crash de mes parents. Je comprenais que les gens aient besoin de savoir, mais pour une famille de victimes, apprendre que son proche a vu la mort venir, que son proche a souffert, que son proche a hurlé en voyant la montagne arriver, c'est insupportable ! J'ai regardé sur Internet et je me suis rendue compte qu'il n'y avait rien pour aider les gens à supporter ça, à vivre la suite, parler, dire son ressenti, si ce ne sont les associations de familles de victimes. Ces associations se battent au niveau juridique pour connaître la vérité, mais il n'y a rien qui aide d'un point de vue psychologique. Il y a eu le crash de Charm el Cheikh ; l'association est désormais dissoute, parce que le non lieu a été prononcé. Mais du coup, c'est terminé aussi pour les familles de victimes... Une fois la tempête médiatique passée, il n'y a plus rien et un nouveau crash fait oublier le précédent.

Qu'auriez-vous souhaité ?

Je ne peux pas m'imaginer que la société se souvienne de chaque crash et de chaque famille touchée, mais il faut qu'il y ait une possibilité à tout un chacun de parler, de raconter et de le faire librement... En général, les gens n'en parlent pas parce que c'est trop douloureux... Alors moi qui écris un livre, quand on me demandait sur quoi j'écrivais, il y avait un blanc, un mal être qui se créait...

Les gens croient que vous restez bloquée alors que vous ne voulez que témoigner ?

Exactement ! Et de m'entendre dire au quotidien : "Je suis désolé pour toi... Qu'est-ce que ça a dû être dur..." Je n'ai plus envie d'entendre ça ! C'est évident que ça a été dur ! J'ai juste envie de raconter qui était mes parents, comment ça s'est passé, tout ce qu'on a vécu, tout le côté médiatique qu'il y a derrière... Je consacre un passage important dans mon livre à la cellule de crise avec le Quai d'Orsay. Ce qu'on en raconte aux téléspectateurs n'est pas du tout ce que j'ai vécu. Soit, c'est parce que je n'étais pas sur place et les cellules d'urgence étaient en Martinique. Il n'y avait rien en métropole ! Et on s'est retrouvé isolés. Par la suite aussi... Toutes les commémorations se sont faites en Martinique, un peu à Paris, mais à Lyon, rien ! Je n'ai même pas été avertie de l'inauguration de la stèle aux victimes du crash au cimetière du Père Lachaise à Paris... Je ne l'ai appris qu'après !

Avez-vous tendu la main en vain ?

J'avais demandé à l'église à côté de chez moi si l'on pouvait faire une messe, on m'a répondu non, pourquoi, qu'on ne savait pas faire... Pour eux, ça ne rimait à rien et j'ai trouvé ça hyper violent parce que nous n'étions pas nombreux en métropole et encore moins à Lyon... Je me suis retrouvée seule avec ma famille et j'ai vécu ce deuil, ces dix ans de deuil un peu de mon côté, isolée... C'est pour cela que j'ai eu besoin d'écrire, pour évacuer, pour faire mon deuil... J'ai commencé par le titre, j'ai mis le point final et je n'y ai plus retouché.

Que retenez-vous de cette expérience ?

On n'oublie pas... Jamais.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Le pitch

 

Nathalie Nacy-Cissé se réjouissait déjà à l'idée de recevoir une carte postale idyllique de la part de ses parents partis au Panama, lorsque les médias annoncent un accident d'avion, celui de son père et de sa mère... Dans cet ouvrage, elle revisite les différentes étapes liées au crash : la prise de conscience, les réactions de l'entourage, le suivi psychologique, les cellules de crise, l'enquête...

Un témoignage poignant.

 

Repost 0
12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 06:55

Un Martiniquais de 49 ans, atteint par le virus du zika, est venu la semaine dernière consulter des spécialistes à l'hôpital Lariboisière (Paris 10) à la suite de problèmes de vision. Il est le premier cas de zika diagnostiqué avec une atteinte de la rétine. Sa vision de nuit s'en trouve fortement diminuée, de même, il est sensible au trop de lumière. Il est rentré lundi à Fort-de-France où il doit faire l'objet d'un suivi particulier.

Repost 0
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 11:19
Egalité réelle outre-mer

Le projet de loi égalité réelle outre-mer a été présenté au conseil des ministres du 3 août par GPL et Ericka Bareigts. Entretien avec la ministre des Outre-mer.

George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer

"Je ne conçois pas une loi de cette importance sans consulter les personnes concernées"

L’Egalite réelle outre-mer, c'est pour quand officiellement ?

L’égalité réelle, c’est une ambition de long terme pour nos Outre-mer. Il s’agit d’un processus qui se construit dans le temps, avec un horizon de 10 à 20 ans selon les territoires pour achever la convergence dans les domaines qui sont les plus importants pour nos concitoyens : l’éducation, la santé, le logement, les infrastructures, l’emploi, la compétitivité des entreprises.

Cette démarche passe non seulement par une logique de rattrapage mais surtout par la promotion de nouveaux modèles de développement pour chacun des territoires, qui permettent de valoriser leurs atouts et leurs richesses pour en faire des pôles de rayonnement dans leur environnement régional. En cela, elle questionne notre conception du développement qui a trop longtemps consisté à chercher seulement à combler les besoins de nos régions sans s’intéresser à leurs potentialités. Cette ambition se traduira dans l’élaboration des plans de convergence.

Depuis le début du quinquennat, nous travaillons à la mise en œuvre de politiques publiques en faveur de l’égalité réelle sans qu’elles aient été présentées comme telles. Je pense notamment au plan logement Outre-mer, au plan jeunesse Outre-mer, au plan sécurité Outre-mer etc. Le projet de loi vient donner un horizon commun à toutes nos initiatives, en permettre une appropriation plus large par les citoyens et en favoriser l’amplification.

Quand les plans de convergence seront-ils fixés pour chaque territoire ?

Les plans de convergence, c’est la rencontre des volontés de l’Etat et celles de chacune des principales collectivités pour déterminer la trajectoire vers l’égalité réelle qui sera propre à un territoire, une population, un environnement économique et social donné. Les plans de convergence seront donc élaborés suite à l’adoption de la loi suivant un calendrier fixé avec les élus des différents territoires. Un travail pédagogique sera réalisé en amont de leur élaboration pour expliquer précisément en quoi ils consistent, ce qu’ils contiennent et comment ils s’articulent avec les autres documents de planification à l’échelle locale.

Une autre étape préalable à l’élaboration formelle de ces plans consistera en la définition des indicateurs de l’égalité réelle pour que la société civile et les socio-professionnels puissent décider de la manière de mesurer les progrès réalisés en matière de développement au regard de leurs préoccupations et de leurs priorités.

Comment seront-ils établis ? Les citoyens auront ils leur mot à dire ?

Les plans de convergence ne pourront pas politiquement être conçus sans une consultation des acteurs de la société civile. L’ambition est bien d’associer le plus possible nos concitoyens à cette démarche car je crois que leur adhésion à un projet de territoire partagé est une condition de succès pour le développement de nos Outre-mer. Ce sont eux qui mettront en mouvement nos territoires et qui construiront au quotidien les solutions de la convergence. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai tenu à organiser une consultation participative.

Pourquoi une consultation participative ? En quoi va-t-elle consister ?

C’est une démarche inédite : Nous allons consulter l’ensemble des territoires (11 territoires, 2,75 millions d’ultramarins, sans compter les ultramarins de l’hexagone qui sont bien sûr également concernés), sur un même sujet et au même moment. A part pour une élection, aucune consultation n’aura sollicité les populations d’outre-mer de la sorte.

Je ne concevais pas une loi de cette importance, inscrite dans la durée (à vocation « programmatique ») sans consulter les personnes concernées.

L’égalité réelle c’est l’affaire de tous. Les associations, les parlementaires, les élus, les entrepreneurs, les étudiants, les retraités doivent s’approprier le sujet et contribuer à son cheminement. Cette campagne va permettre d’intégrer la multiplicité des outre-mer dans une loi qui va défendre l’unité de la Nation. L’objectif de cette consultation est de favoriser l'émergence d'une définition collective de l’égalité réelle Outre-Mer, de définir les critères qui permettront d’apprécier si l’égalité réelle entre l’Hexagone et les territoires ultramarins progressent dans le sens souhaité. Comment conçoivent-ils l’égalité réelle ? Qui en sont les acteurs, Quels en sont les objectifs et quelles réalisations peuvent y contribuer ? Quelles sont leurs propositions pour assurer cette égalité réelle ?

Quelles sont les principales mesures économiques et sociales des titres 2 et 3 ? cela peut-il encore évoluer ?

Les principales mesures sociales concernent en premier lieu Mayotte compte-tenu des écarts avec l’Hexagone en termes de prestations servies sur le territoire mahorais. Nous avons engagé une démarche de convergence dans le cadre de Mayotte 2025. Avec le projet de loi, nous accélérons le calendrier et allons plus loin dans cette logique. Nous engageons également avec ce texte la structuration du système de retraite à Mayotte.

Concernant les mesures économiques, elles s’attachent à promouvoir l’égalité réelle en matière d’accès aux opportunités économiques et à l’initiative entrepreneuriale. Certaines concernent la continuité territoriale pour favoriser les mobilités entre les territoires ultramarins et l’Hexagone dans le cadre d’un parcours de formation. Le développement des compétences constitue le fondement même de l’égalité réelle car il permet aux citoyens d’accéder à des nouvelles opportunités économiques et de mobiliser pleinement l’ensemble de leurs droits. D’autres mesures favorisent le renforcement de la concurrence pour initier une diminution des prix et accroître le pouvoir d’achat de nos concitoyens.

C'est tout ?

Je l’ai rappelé devant le CESE, la démarche d’égalité réelle est un processus qui se construit dans le temps. Elle ne se décrète pas d’un claquement de doigts. Ainsi, il serait utopique de penser que nous réglerons une fois pour toutes par une loi cette question. Au contraire, conformément aux engagements du Premier ministre, le projet de loi qui a été présenté au conseil des Ministres est d’abord une loi de programmation qui définit des principes, une méthodologie et des outils pour initier cette démarche de long terme. Ce n’est que la première pierre d’une longue construction. Il ne s’agit par conséquent pas de faire un catalogue exhaustif de mesures économiques et sociales ; elles seront enrichies très rapidement par les éléments inscrits dans les plans de convergence.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Repost 0
3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 08:01

Alain Hoareau échoue dans sa lutte contre le Parc

Le Conseil d'Etat a rejeté jeudi 28 juillet la requête d'Alain Hoareau. Ce dernier demandait au magistrat administratif d'annuler pour excès de pouvoir la charte du parc national de la Réunion. En cause entre autres, "l'inclusion dans le périmètre du parc de terrains appartenant à des personnes privées, ainsi que la délimitation du coeur du parc, notamment les terrains de l'îlet Saint-Ange dans le lit de la rivière des Galets". Par ailleurs, M. Horeau conteste la charte qui serait incomplète. Le Conseil d'Etat estime au contraire que les "enjeux liés à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO du bien "pitons, cirques et remparts de l'île de la Réunion" sont suffisamment explicités".

FXG, à Paris

Repost 0

Articles Récents