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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 07:15
Charges sociales Outre-mer

Exos de charges : le Sénat réhausse les seuils

Le Sénat a adopté mercredi, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances de la sécurité sociale un amendement des sénateurs de Guyane Karam et Patient proposant de rehausser les seuils de début et de sortie de dégressivité du régime des exonérations de charges sociales patronales.

Ainsi, pour les secteurs dits prioritaires, les exonérations seraient totales jusqu’à 2,2 SMIC puis dégressives jusqu’à 3 SMIC, en lieu et place du barème actuel fixé entre 1,7 et 2,7 SMIC.

Cette avancée fait suite à la réforme des exonérations de charges sociales engagée l’année passée par le gouvernement afin de compenser la suppression du CICE en Outre-mer. En effet, les premières évaluations menées sur l’impact de cette réforme avaient démontré que certains employeurs, en particulier en Guyane, ne bénéficiaient pas d’un niveau d’exonération équivalent à l’année précédente. C’est pourquoi, le gouvernement, qui s’était engagé à réformer à périmètre constant, a concédé, à l’Assemblée nationale, un rehaussement à 2 SMIC du seuil de début de dégressivité, pour un coût non négligeable estimé à 36 millions d’euros. L'amendement a été soutenu par l'ensemble des sénateurs d'Outre-mer. Il appartiendra aux députés de défendre cette avancée lors du retour du PLFSS à l’Assemblée nationale dans la suite du débat parlementaire.

FXG, à Paris

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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 03:05
Le patron de l'UDI aux Antilles

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, est en déplacement aux Antilles.

"Pas d'alliance systématique avec un parti ou un autre"

Quelles sont les raisons de votre déplacement aux Antilles ?

Ce déplacement s'inscrit dans la campagne des municipales pour à la fois soutenir nos candidats sont tête de liste mais également rencontrer ceux qui participent à des listes différentes en fonction des projets et des équipes locales dans lesquels ils peuvent s'inscrire.

Qui sont vos têtes de liste ?

En Guadeloupe, nous avons une tête de liste qui est Jessica Compper pour la commune du Gosier. En Martinique, c'est Philippe Petit à Ducos.

Quelle est votre stratégie pour les listes que l'UDI ne conduira pas ?

Je veux qu'on respecte l'esprit des élections municipales. Ce sont des élections, commune par commune, et donc nos dirigeants comme nos militants discutent commune par commune avec les équipes en place et nouent des alliances en fonction du projet et de la qualité des équipes. Si on partage le projet même si on peut avoir des désaccords par ailleurs sur la politique nationale voire territoriale, on doit pouvoir faire un bout de chemin ensemble. Le principe des municipales est que le maire et son équipe portent un projet qui ne doit pas être dépendant d'autres considérations que la commune. C'est là que les gens vivent, les enfants grandissent, les personnes âgées passent leur retraite... C'est là qu'on développe l'activité économique et chaque ville est différente, chaque projet de ville est différent donc chaque alliance doit pouvoir être différente. Il n'y a pas d'alliance systématique avec un parti ou un autre.

Ces accords sont-ils déjà scellés ou en cours ?

Il y a des accords qui sont très avancés et je vais rencontrer un certains nombres d'élus, de militants qui sont en accord ou proches d'un accord avec les responsables UDI locaux. Nous allons ainsi rencontrer des chefs d'entreprises, des maires, des militants, des responsables politiques même quand ils ne sont pas de grands élus, notamment mais pas seulement, pour voir comment ces partenariats locaux peuvent se construire et comment on peut les habiller.

Aujourd'hui, à Pointe-à-Pitre comme à Fort-de-France, rien n'est scellé. Dans de plus petites communes, les choses sont mieux avancées mais vous comprendrez que je serai mieux à même de faire ces annonces sur place, après avoir vu les équipes.

Vous allez tout de même évoquer la politique outre-mer du gouvernement ?

Mon déplacement concerne les municipales, mais seulement. J'ai été porte-parole de l'UDF sur les sujets d'Outre-mer pendant dix ans et ce sont des sujets qui continuent à m'intéresser. Il y a des combats qui ne doivent cesser d'être menés... Il y a un sujet que j'aurai aimé voir aboutir à l'Assemblée nationale et qui n'a pas abouti parce que le gouvernement a reculé face à sa majorité, c'est la free taxe pour les croisiéristes aux Antilles. C'est un combat que nous allons reprendre au Sénat et j'ai bon espoir qu'on le fasse aboutir. Nous souhaitons même élargir la réflexion au-delà des croisiéristes ! Pourquoi un touriste qui vient passer une semaine à l'hôtel ne bénéficierait pas du duty free...

Etes-vous sensibilisé à la problématique des sargasses ?

Le Premier ministre vient de passer quelques jours sur place pour essayer de faire bouger les choses. C'est un sujet compliqué parce qu'il n'y a pas qu'une seule solution aux sargasses. Il y a d'abord une solution d'activité économique qui nécessite de la coopération régionale pour que, notamment, la déforestation cesse d'alimenter ce phénomène. Il y a des progrès techniques à faire dans la détection et le ramassage et il y a des filières  économiques à inventer pour valoriser ce produit qui aujourd'hui est un handicap et qui, demain, doit être un atout. Ces algues sont valorisables en faisant du bioplastique par exemple. Je pense que la recherche européenne devrait s'en saisir. Pourquoi l'Europe ? Parce que c'est la seule à se préoccuper de l'état de santé de la mer et notamment de l'Atlantique et de la Caraïbe. Il n'y a pas que les sargasses, il y a un deuxième continent de plastique qui est en train de naître dans la Caraïbe. Les sargasses comme le plastique condamnent à terme la zone économiquement. 320 000 tonnes d'ordures plastiques sont rejetées dans la Caraïbe. Le recordman du monde de ce rejet, c'est Trinité et Tobago.

Etes-vous de ceux qui veulent la fin de l'octroi de mer ?

Je suis exaspéré qu'on parle de l'octroi de mer comme un problème depuis trente ans. En 1992, la Cour de justice européenne a dit que ce dispositif n'était pas légal et on en est encore à des dérogations pour prolonger l'autorisation au-delà du 1er janvier 2021. L'octroi de mer permet de financer la solidarité territoriale, mais renchérit le coup de la vie. En revanche, on a une TVA plus basse... Il y a deux solutions soit on change la règle européenne, on supprime l'octroi de mer et on se met à la TVA normale et normalement, ça n'impacte pas le pouvoir d'achat des gens, soit on veut le garder et dans ce cas-là, c'est une renégociation européenne.

Que pensez-vous de l'émergence d'un vote RN aux Antilles ?

C'est le signe de l'exaspération des Antillais face à un niveau de vie qui reste très inférieur à ce qu'il pourrait être, à une succession de dirigeants politiques qui n'ont pas réussi et aussi à un vrai malentendus : s'il y a bien un parti politique qui n'a aucune chance d'apporter quoi que ce soit aux Antilles, c'est bien un parti politique qui prône à la fois la discrimination raciale et l'enfermement sur soi-même. Y a-t-il un Guadeloupéen ou un Martiniquais qui peut penser que l'isolement de la France est une façon de rayonner ? La France n'a plus de vision de la place des Antilles et la Guyane dans la communauté nationale. Il se trouve que je pense que ce sont de formidables porte-avions de la qualité française en direction de l'ensemble du monde américain. Vous êtes aux portes des Amériques et vous devriez être la première vitrine de la qualité française, en recherche, produits, alimentation... Mais il n'y a pas de stratégie parce qu'on n'a pas fixé la place des Antilles et de la Guyane alors qu'on le fait pour la Réunion... C'est très regrettable, car c'est une présence française qui pourrait être très attractive. Or, la sur-taxation dont ces territoires font l'objet vient de percuter avec des micro-Etats qui n'ont pas de taxe... Ca ne concerne pas que le tourisme, la canne ou la banane...

Depuis l'arrivée au pouvoir de Macron, la France est gouvernée au centre. Comment fait l'UDI pour faire valoir son identité face aux MODEM et LREM ?

Nous sommes l'original et pas la copie. Ca donne une colonne vertébrale qui permet de rester authentique. Dans la politique du président Macron, il y a des éléments que nous réclamions depuis des années, la réforme des retraites par exemple...Mais il y a des erreurs comme la hausse de la CSG qui ne pénalise que les travailleurs et le retraités... Je préfèrerai un dispositif de TVA qui permette de taxer les produits qui rentrent dans le pays pour que la protection sociale ne pèse pas que sur le travail des Français. La TVA sociale permettrait de produire moins cher en France que ça ne l'est aujourd'hui.

Quelle est la vision de l'UDI sur la gouvernance locale des Antilles ?

Le débat indépendantiste est un faux débat. Il suffit de regarder les îles autour, la protection sociale, le niveau de vie... L'UDI est un parti  qui porte profondément l'idée du droit à la différenciation, c'est-à-dire que les règles du jeu, les compétences, l'organisation des taxes ne doivent pas être les mêmes partout. Pour le moment, on est encore trop dans un système d'uniformité avec une culture trop centralisatrice. Dans le monde moderne, il faut s'adapter rapidement et précisément. Les enjeux en Guadeloupe et en Martinique ne sont pas les mêmes donc les compétences, les moyens, la capacité à légiférer devraient être différents, en tout cas différents de ce qui se passe pour la Creuse ou la Corse. Ca c'est difficile à faire comprendre à Paris et difficile à faire partager localement. Il y a un double besoin : celui de plus d'autonomie et responsabilité et parallèlement, le besoin de rester dans la République pour bénéficier de la solidarité nationale... Le SMA existe parce que la France est là et en même temps on peut critiquer la gestion centralisée et nationale du scandale du chlordécone. Pardon, mais c'est un sujet qui n'existe pas dans la Creuse. Le chlordécone à Paris, c'est un des dossiers. Ici, c'est prioritaire. On a besoin d'une totale transparence et cette transparence serait mieux conduite localement qu'à Paris.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 08:00
La cour intérieur de l'hôtel de la Marine (en travaux) qui doit accueillir le siège de la Fondation.

La cour intérieur de l'hôtel de la Marine (en travaux) qui doit accueillir le siège de la Fondation.

La fondation sur les fonts baptismaux

La mission de préfiguration présidée par Jean-Marc Ayrault va disparaître pour laisser la place à la Fondation pour la mémoire de l’esclavage qu’elle était chargée de créer.

Les statuts ayant finalement été déposés en juillet dernier, le Conseil d'Etat a avalisé la nouvelle Fondation pour la mémoire de l'esclavage au début du mois d'octobre.

Le conseil d’administration de la nouvelle Fondation est convoqué rue Oudinot ce 13 novembre pour une réunion de « passage de témoin qui marquera la transition entre les deux structures », selon la lettre de convocation adressée aux dix administrateurs par Jean-Marc Ayrault. Ces derniers sont répartis ainsi : Les "membres fondateurs", André Yché, président de CDC-Habitat (dont les filiales des SIDOM ont mis 400 000 euros), Franck Dondainas, président de Quartus solidaires, Didier Laguerre, maire de Fort-de-France et Olivier Chateau, maire-adjoint de Nantes (le mandat de ces deux derniers est de deux ans) ; un représentant des mécènes et donateurs (désigné pour quatre ans), Bruno Arcadipane, président de Groupe Action Logement, dit "grand mécène" ; le collège des partenaires institutionnels compte trois membres, Fabrice Boudjaaba (CNRS), Marie Trellu-Kane, (Conseil économique, social et environnemental) et Georges Brédent, président du Mémorial ACTe ; le collège des associations mémorielles, deux membres désignés pour deux ans, Yvon Chotard, administrateur de l'association des Anneaux de la Mémoire (Nantes), et Emmanuel Gordien, président du Comité Marche du 23 Mai 1998 (CM 98) A ceux-ci s'ajoute un commissaire du gouvernement sans voix délibérative. Les dix administrateurs doivent encore coopter cinq personnalités qualifiées, ce qu'ils feront lors de leur séance inaugurale.

Sur les dix membres désignés, les acteurs mémoriels compétents sur le sujet ne sont pas nombreux... Quant à la collectivité représentant l'Outre-mer et siégeant de droit parmi les fondateurs, ça a failli ne pas être Fort-de-France : un premier tour de scrutin a mis à égalité le Conseil régional de la Guadeloupe et la ville de Fort-de-France. Il n'y a pas eu de second tour, mais un tirage au sort pour les départager.

Ouverture du siège à la mi-2020

Au final Nantes a trois représentants (Jean-Marc Ayrault, la ville et les Anneaux de la mémoire), comme les Antilles (Fort-de-France, le MACTe et le CM98). Nul doute que les villes de Bordeaux, le Havre, la Rochelle, les 25 sites du pôle abolitionniste de l'Est, l'océan Indien et la Guyane feront au moins partiellement partie des cinq personnalités cooptées...

Après le déjeuner des dix administrateurs au Grand Bistro de Breteuil, les personnalités cooptées (et rudement vite avisées et convoquées) rejoindront leurs pairs pour la séance plénière de la Fondation au salon Delgrès du ministère des Outre-mer.

Le programme débutera par l'élection du bureau (celle du président n'est pas mentionnée dans la convocation), puis se poursuivra par le vote des délégations au président et au bureau, le vote du budget 2019, l'approbation du règlement intérieur, l'avis sur le recrutement et la rémunération du directeur, la désignation du président du Conseil Scientifique, auquel sera donné mandat pour proposer une composition au dit Conseil, le mandat donné au président de la Fondation pour proposer une composition au Conseil d’orientation, la convention de partenariat entre l’Etat et la Fondation et enfin l'établissement de l'agenda fin 2019-début 2020.

Quant au sège de la Fondation, l'hôtel de la marine, il est encore en travaux jusqu'en juin 2020.

FXG, à Paris

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 13:03
Une députée martiniquaise et polynésienne

Une députée martinico-polynésienne vice présidente de la délégation aux Outre-mer

Stéphanie Atger, députée LREM de l'Essonne a été élue vice-présidente de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale mardi 5 novembre. Elle rejoint ainsi la cohorte des 7 vice-présidents qui entourent Olivier Serva (LREM), le président. Martiniquaise par sa mère et Polynésienne par son père, Stéphanie Atger est originaire de la Seine-Saint-Denis, où elle a été adjointe au maire de Pierrefitte-sur-Seine de 2001 à 2008. Elle a également été membre du cabinet du président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis et directrice de cabinet du maire PS des Ulis, avant de devenir députée en 2017. Elle est cadre contractuel de la fonction publique, directrice du Service citoyen, associatif et événementiel à la mairie des Ulis. Elle est aussi  écrivain public.

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 06:15
Budget de la mission Outre-mer : débat autour de la baisse des crédits de paiement

Budget de l'Outre-mer : premier passage au Parlement

La discussion générale autour du budget de la mission Outre-mer, mercredi après-midi dans l'hémicycle du palais Bourbon a été  l'occasion de faire la revue des troupes et de leur positionnement vis-à-vis de la politique outre-mer du président Macron et de son gouvernement.

Sans surprise les rapporteurs des commissions parlementaires ont donné leur avis favorable à l'adoption du 3e budget d'Annick Girardin. "Un budget stable", selon le rapporteur de la commission des affaires économiques, Max Mathiasin (Modem Guadeloupe) qui note +2 % en autorisation d'engagement (2,61 milliards d'euros) et -0,7 % en crédit de paiement (2,5 milliards d'euros). Le rapporteur de la commission des lois Philippe Dunoyer (UDI Nouvelle-Calédonie) a fait observer, à l'unisson de la ministre, que l'enveloppe de la mission Outre-mer ne représentait que 12 % des dépenses de l'Etat pour l'Outre-mer, soit 22,05 milliards.

David Lorion (LR Réunion) a conditionné l'avis de son groupe à la réponse que la ministre ferait à à ses questions sur la baisse des crédits de paiement (100 millions en moins), l'insuffisance du crédit d'impôt et l'absence de l'agence nationale de l'habitat pour le logement en outre-mer ou encore la baisse du soutien aux exonérations de charge (1,51 milliard l'an dernier contre 1,57 cette année) qu'il a chiffré à -2,3 % pour les entreprises. Justine Bénin (Modem Guadeloupe) a apporté le plein de soutien de son groupe. Pour le groupe PS, Hélène Vainqueur-Christophe (Guadeloupe) a regretté le recul budgétaire pour le logement qu'elle a estimée, depuis le début du quinquennat, à - 15 % en autorisation d'engagement et - 18 % en crédit de paiement. Elle annonce "52 millions en moins sur le logement sociale et une enveloppe divisée par deux pour l'habitat insalubre"... Enfin, non contente de noter une ligne budgétaire unique qui a perdu 30 millions, elle observe que 7 millions pris dans cette LBU vont financer les besoins d'ingénierie des bailleurs sociaux.

80 % des salaires exonérés de charges

Nicole Sanquer, (UDI, Polynésie) est venue à son tour donner l'avis favorable de son groupe. Le groupe Liberté et territoire, dont le seul représentant ultramarin, Sébastien Brial (Wallis-et Futuna), est entre la vie et la mort, a réservé son soutien en fonction du débat, tout en parlant de "budget des ambiguïtés". "Où est la fraternité ?", s'est exclamé le porte-parole du groupe LFI. Jean-Hugues Ratenon a regretté lui aussi la baisse du budget pour le logement. Manuela Kéclard-Mondésir (GDR Martinique) a indiqué que son groupe réservait son vote selon l'accueil qui serait fait à leurs amendements. Lénaïck Adam (LREM Guyane) a indiqué que son groupe voterait ce budget.

Après ce tour de table, la ministre a insisté pour dire que "ce budget est le plus gros que l'Outre-mer n'ait jamais eu en autorisation de paiement". Elle s'est ensuite félicitée d'une nouvelle baisse des exonérations de charges sociales à hauteur de 36 millions d'euros : "Il y a zéro charges jusqu'à 2 SMIC. 80 % des salaires sont exonérés !" Enfin, pour faire écho aux mots du chef de l'Etat, Annick Girardin a indiqué que les crédits des plans de convergence et de transformation (2019-2022) étaient faits "pour changer le quotidien". La ministre a encore salué la réforme de la péréquation pour les dotations aux communes qui se solde par un plus de 17 millions d'euros dès cette année (85 sur cinq ans). Enfin, répondant à une question d'Huguette Bello (GDR, Réunion), la ministre a choisi ses mots : "Quant à ce qui est fait pour la Réunion, c'est sans doute le plus gros effort !"

Les débats se sont poursuivis mercredi soir pour voter les amendements et les articles de ce budget.

FXG, à Paris

Une évolution de la délégation des Français d'Outre-mer

Annick Girardin a évoqué pour la première fois publiquement le départ de Jean-Marc Mormeck de son poste de délégué à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer pour la Région Ile-de-France. Sans prendre ombrage de cette désertion, la ministre a remercié M. Mormeck pour son engagement pendant trois ans à son poste. Quant à un éventuel successeur, la ministre a plutôt parlé d'une révision du périmètre de cette délégation qui prendrait pour nom "délégation interministérielle à la visibilité des Outre-mer et à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer" et qui ne serait plus rattachée à Matignon, mais au ministère des Outre-mer.

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 18:52
Budget 2020 de l'Outre-mer

Le budget de l'Outre-mer examiné à l'Assemblée aujourd'hui

C'est ce mercredi que l'Assemblée nationale examine en séance le budget 2020 de la mission Outre-mer. En jeu : 2,6 milliards d'euros en autorisation d'engagement et 2,5 milliards (2,45 hors exonération de charges) en crédit de paiement. Des crédits de paiement en baisse de 100 millions d'euros. Hier, la ministre des Outre-mer a pu exercer ses arguments face aux député de la délégation Outre-mer. Si la ministre a répété à l'instar du président Macron lors de son déplacement à la Réunion qu'il n'y aurait pas de remise en cause de l'octroi de mer, elle a parlé d'"ajustements possibles que nous proposerons à Bruxelles".

Elle a répété aussi l'effort de l'Etat pour l'agriculture avec la poursuite de l'enveloppe de 40 millions d'euros pour la canne et l'amélioration de l'enveloppe pour la diversification agricole qui passe à 45 millions contre 40 jusqu'alors.

David Lorion (LR Réunion) lui a reproché une baisse de la ligne budgétaire unique (pour le logement social) de 30 millions à 215 millions. "Nous nous sommes fixés de ne pas descendre en-dessous de 200", a rétorqué la ministre. Elle a indiqué encore que le nouveau dispositif d'allocation accession était doté d'un fonds de 11,5 millions d'euros, soit une aide de 33 000 euros par ménages. Revenant sur la baisse de ses crédits de paiement, Annick Girardin a déclaré que "en matière de logement, nous avons 1,6 milliards en autorisation d'engagement dont 600 millions n'appelleront jamais les crédits de paiement". Elle a cité pour exemple le projet immobilier avorté du Quadrilatère océan à la Réunion, programmé pendant deux ans pour rien...

La ministre a tout de même rappelé qu'une partie du produit de la vente des sociétés immobilières d'Outre-mer à CDC-Habitat, soit 18,5 millions d'euros, viendrait abonder son budget.

Serge Létchimy (App PS Martinique) s'est plaint aussi de la baisse des crédits de paiement. La ministre lui a rappelé que l'extension du crédit d'impôt à la réhabilitation et la rénovation du parc locatif social hors zone ANRU représentait 6 millions d'euros. Et pour revenir à la baisse de ses crédits de paiement, comme ce sera sans nul doute une grande part du débat, la ministre a déclaré : "On est arrivé au plafond de nos capacités à consommer nos crédits de paiement." Elle s'est proposée de lancer un audit sur ce sujet.

FXG, à Paris

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 05:15
Affaire Michaux-Chevry/Madinécouty

Les auditions fort instructives de l'affaire LMC/Madinécouty

Une juge d'instruction de Basse-Terre a rendu il y a quelques semaines l'ordonnance qui renvoie Mme Michaux-Chevry devant un tribunal correctionnel dans l'affaire Madinecouty, du nom de l'ex-directeur général des services de la communauté d'agglos du Grand-Sud Caraïbe (CAGSC). Dans ce dossier, la juge a mis en examen LMC, Georges Chazelas, René-Claude Monrose et Fred Madinécouty pour avoir de 2010 à 2017 détourné des fonds publics, participé à une entente avec les entreprises attributaires de marchés public, avec les associations "Basse-Terre une passion" et "Basse-Terre aviron-club", des élus et fonctionnaires de la CAGSC... Il s'agit de détournement de fonds publics, d'escroquerie, trafic d'influence, complicité d'escroquerie en bande organisée, recel de fonds provenant d'abus de biens sociaux...

Le dossier d'instruction couvre des milliers de pages qui si elles n'ont pas toutes retenu l'attention du juge, gagnent à être connues.

Dossier FXG, à Paris

France-Antilles a pu consulter quelques-uns de procès verbaux d'audition qui relatent quelques pépites qu'auraient levées les enquêteurs de la DIPJ. D'une part, il semble que les associations "Basse-Terre une passion" et "Basse-Terre Aviron-club" dont le potomitan n'aurait été autre que René-Claude Monrose dit Ticlo, 3e adjoint au maire de Basse-Terre, auraient servi à payer d'autres prestations que celles prévues par leurs statuts. D'autre part, les entreprises qui soumissionnaient des marchés publics auraient sponsorisé généreusement ces associations. "C'est elle, déclare à la PJ René-Claude Monrose en parlant de LMC, qui décide de tout et de savoir si l'association travaille pour la communauté ou non."

Depuis 2009, les deux associations auraient reçu de la CAGSC, de la mairie de Basse-Terre et d'entreprises 336 600 euros et débité en espèces 308 600 euros. L'enquête de police établit une similitude dans le fonctionnement des deux associations : décaisser des espèces, une fois des chèques ou des virements entrés.

Basse-Terre une passion

Rodrigue, un artisan de Trois-Rivières, raconte comment, en octobre 2015, René-Claude Monrose lui demande de mettre à disposition son camion pour nettoyer Basse-Terre. "Il m'a précisé que je serai payé par une association..." Avec trois jeunes (employés de la CAGSC aux espaces verts), recrutés par Ticlo, ils font la tournée de ramassage des déchets blancs (appareils ménagers). Rodrigue a du attendre trois mois avant de pouvoir les payer, dès lors que Ticlo lui verse 700 euros en liquide pour chacun. Rodrigue serait parvenu à sa faire payer sur factures 2000 euros par mois par la CAGSC Les travaux de nettoyage s'arrêtent à la mi-décembre 2015, juste après les régionales, et reprennent mi-janvier jusqu'à fin février 2016. "En fait, raconte Rodrigue, le travail était fait pour la campagne des régionales et parfois il (Ticlo, ndlr) me demandait même de déposer dans leur local de Petit-Paris des chaises qui avaient servi à des manifestations.". L'association Basse-Terre une passion aurait reçu, avouera Ticlo, 10 ou 11 000 euros pour cette mission qui a duré trois mois. Il déclare : "J'avais une autorisation écrite de la présidente." Quant à la ville de Basse-Terre, elle vote le 12 novembre 2015 une subvention de 8000 euros pour Basse-Terre une passion. René-Claude Montrose y participe en tant qu'adjoint au maire alors qu'il reconnaît "porter cette association" et se faire payer par elle des instruments de musique et du matériel de son... "C'était pour créer une chorale qui n'a jamais vu le jour", justifie l'adjoint au maire qui ajoute que ces instruments lui profitaient à lui ainsi qu'aux membres de sa famille.

Entre 2008 et 2016, les comptes de l'association auraient été débités de 279 000 euros d'espèces. "C'était, poursuit Ticlo, pour payer les employés du ramassage, puis toutes les manifestations organisées par l'association, les dépenses consenties au profit de certaines personnes et des dépenses personnelles que j'ai pu faire."

Concernant Basse-Terre aviron-club, les sommes débités s'élèveraient à 29 600 euros entre 2010 et 2015. Mêmes explications pour les justifier.

Madinécouty "entre le marteau et l'enclume"

Fred Madinécouty explique que "beaucoup de dépenses sont engagées par LMC ou à sa demande, beaucoup de promesses sont faites et ne sont pas honorées". Ainsi après les régionales, quand les prestataires auraient réclamé leurs sous, Fred Madinécouty n'aurait pu y faire face. Ce serait le cas des frais de sonorisation, des frais de transport, des frais de sécurité et des frais de réception sur l'esplanade du port de Basse-Terre (On parle d'une ardoise de 12 000 euros)... Il raconte encore qu'un élu de Capesterre aurait reçu de LMC un chèque de 40 000 euros sous forme de prêt personnel... "Lors des campagnes électorales, poursuit-il, LMC promettait des embauches, des aides financières, matérielles (billets d'avion, par exemple)", mais il déplore qu'elle ne respecte pas ses engagements : "Je me retrouvais entre le marteau et l'enclume." Au point qu'il se serait retrouvé un jour retenu en otage et enfermé dans une maison par cinq voyous recrutés par un responsable d'entreprise qui avait fourni des objets publicitaires lors de la campagne régionale de 2004. Il y en aurait eu pour 25 000 euros ! "J'ai appelé LMC, raconte-t-il, qui m'a répondu : va à ta banque et demande-leur de te faire un prêt de 25 000 euros."

Lors de sa 4e audition, Fred Madinécouty donne quelques explications sur ses dépenses personnelles prises en charges par les associations : "Les actions menées dans le cadre du sponsoring des associations revêt d'abord un caractère d'aide à ces structures pour mener des actions et dans un deuxième temps pour régler des dépenses dont j'ai hérité du fait de mon implication dans les campagnes électorales." Ceci explique un peu mieux le rôle dévolu aux associations auxquelles, indique Fred Madinécouty, "on demande, Lucette Michaux-Chevry et moi, de régler les dépenses liées aux activités à caractère électoral." Son récit est précis : "Beaucoup d'actions ont été engagées lors des dernières élections municipales et régionales, élection municipales de Basse-Terre en 2014 et pour la campagne d'Ary Chalus. (...) Ces actions se traduisaient par des réceptions, le financement de jeunes pour assurer la sécurité pendant la campagne, des frais de sonorisation, etc..."

"Un système qui a toujours existé..."

Quand la police demande à Fred Madinécouty comment et par qui a été mis en place ce système et qui était au courant, il répond : "C'est un système qui a toujours existé pour soutenir les campagnes qu'elles soient municipales ou régionales."

Fred Madinécouty raconte comment "lors des campagnes électorales, des sommes importantes (auraient) été distribuées en espèce par LMC aux élus, des personnes responsables de terrain, agents de la CAGSC pour mettre en place et organiser différentes actions qui partent de l'achat de cartons, de colle jusqu'à la présence d'équipes dans les bureaux de vote"

Parmi les personnes au courant de ces pratiques, la police aurait identifié LMC, les présidents des associations, Marie-Luce Penchard et Pascal Averne, le DGS de la mairie de Basse-Terre. Témoignage de Fred Madinécouty : "Marie-Luce Penchard et Pascal Averne, responsable du financement de la campagne pour la circonscription de Basse-Terre, m'ont demandé de mettre en place un dispositif de campagne, c'est-à-dire installation d'une permanence, équipe de distribution de tracts, équipe de collage, équipe d'affichage, équipe de sécurité, équipe sono par secteur et organiser les réceptions notamment pour le meeting du port. J'avais connaissance d'un budget de 5 600 euros et je pensais qu'il s'agissait du budget attribué à la commune de Basse-Terre pour le premier tour. J'ignorais qu'il s'agissait du montant global alloué pour les deux tours et attribué pour toutes les communes comprises entre Vieux-Habitants et Trois-Rivières. Une fois la campagne terminée, il a fallu régler les différents prestataires ou fournisseurs. J'ai donc contacté Marie-Luce Penchard pour lui exposer mes difficultés. Elle m'a répondu qu'il fallait que je prenne contact avec Pascal Averne. C'est à ce moment qu'il m'a appris que le plafond avait été largement dépassé et qu'il fallait essayer de trouver des sponsors. Il arrivait également que les associations soient sollicitées directement pendant le temps des campagnes."

Il précise encore au sujet des personnes recrutées pendant les campagnes : "Celles-ci ont été embauchées par la communauté spécialement pour les élections. Beaucoup d'entre elles n'ont pas vu leur contrat renouvelé. Bien souvent, il s'agissait de jeunes défavorisés. Certains sont venus me trouver pour me demander des explications sur la non-reconduction de leur contrat."

Des koudmen bénévoles ou au noir

Fabrice et son beau-frère Sébastien, entendus comme témoins, auraient effectué des travaux de peinture sur la grande barrière qui se trouve devant la maison de LMC à Gourbeyre. Les deux hommes auraient réalisé gratuitement ce chantier de deux semaines pour "rendre service à la présidente". Sébastien travaille alors depuis cinq ans à la CASBT. Fabrice pense qu'il aurait peut-être à la clé un emploi lui aussi. "Par la suite, raconte-t-il, j'ai été sollicité pour me rendre dans différents bureaux de vote pour aider à annoncer les tendances durant les élections régionales. De plus je me rendais à la permanence de M. Chalus où je devais rassembler les affiches et les remettre à d'autres personnes pour qu'elles puissent les coller. Pour cela, j'ai eu un contrat d'un mois payé environ 1000 euros. Ce contrat n'a pas été reconduit après l'élection d'Ary Chalus. (...) Nous étions de très nombreux jeunes. Je ne pourrais pas vous dire combien. Les élus nous promettaient de nous faire travailler, donc nous étions tous volontaires pour les soutenir."

Le témoignage de son beau-frère concorde : "Il est arrivé qu'on nous demande de coller des affiches politiques dans la ville pour la campagne d'Ary Chalus et pour Marie-Luce Penchard, ou tenir la permanence de leur bureau politique à chacun. On reste au bureau, on reçoit les gens qui veulent savoir à quelle heure sont les conférences, on fait des photocopies de tracts et on les distribue. Nous avons fait cela en 2015 pour les élections régionales. (...) Moi j'ouvrais le bureau à 6 heures pour le nettoyer, je restais jusque vers 16 heures, heure à laquelle commençaient les meetings, et après on allait dans les meetings, on montait les banderoles."

Les marchés publics

Lors d'une discussion téléphonique interceptée, René-Claude Monrose explique à Rodrigue que le marché de la plateforme de Bisdary est déjà attribué alors que les plis ne sont pas encore ouverts. Interrogé par la police, il charge Georges Chazelas, le responsable de la procédure des marchés publics à la CAGSC... Fred Madinécouty explique un peu mieux ce fonctionnement. C'est une écoute téléphonique dans laquelle Fred Madincéouty parle à un entrepreneur : "2 millions... Il ne faut pas dire que tu penses que c'est trop gros et dire ils ne vont jamais me donner le marché. Voilà ce que tu dois dire à Michaux, tu t'assois avec Michaux, tu sais Michaux ne va jamais rien te demander... Il faut dire : présidente, voici le montant. Si j'ai ça, vous avez tant." Il explique alors aux enquêteurs : "Oui, c'était pour un marché qui devait être lancé, mis ça ne s'est pas fait... C'est certainement un mauvais conseil que j'ai donné..."

René-Claude Monrose a témoigné du nombre de sommes (de 1000 à 5000 euros) versées par des entreprises à l'association Basse-Terre Une passion, des entreprises sponsors qui auraient toutes soumissionné sur des marché publics de la CAGSC... C'est Fred Madinécouty qui aurait fait l'intermédiaire. Quant à l'association Basse-Terre Aviron-Club, elle aurait reçu quelque 30 000 euros de trois entreprises. "Si une manifestation d'aviron peut coûter 5000 euros, admet René-Claude Monrose, pour les chapiteaux et la sono, le reste des dépenses sont de type alimentaire, entretien de véhicules, voyages..." Il finit par lâcher : "L'argent n'a pas servi que pour les associations."

Au terme de son instruction à charge et à décharge, la juge d'instruction a abandonné les poursuites relatives au financement des campagnes électorales. Rien à voir donc avec les convocations vendredi dernier par la DIPJ de Marie-Luce Penchard, Pascal Averne et Ary Chalus.

Les dépenses personnelles de Marie-Lucille Breslau

Marie-Lucile Breslau savait-elle que Fred Madinécouty avait un compte client chez Ruillier ? Les écoutes de la ligne de Fed Madinécouty montrent que Mme Breslau ne cesse de le solliciter pour la prise en charge de ses achats personnels ou professionnels : "J'ai un reliquat là (...) Je voudrais que tu fasses le reliquat pour moi..." Mais aussi : "N'oublie pas pour moi, pour le loyer..." Ou bien "J'ai besoin que tu trouves un 1000 euros pour moi..." Et encore : "Bon, j'ai besoin d'un petit truc pour me dépanner parce qu'il manque 2000 euros pour solder le bateau..." Madinécouty ne dément pas et s'explique : "J'ai eu par le biais d'un sponsoring aux associations à prendre en charge une partie de ses dépenses. Concernant l'argent, je passe par une des associations pour lui donner un coup de main, mais le plus souvent les présidents refusaient en me répondant qu'ils la connaissaient, qu'elle était vorace. Pour le bateau, son fils avait acheté un bateau et elle voulait que je lui trouve cette somme pour solder l'acquisition de ce dernier." La justice n'a pas choisi de donner suite à cet aspect de l'enquête..

La défense de LMC

Lucette Michaux-Chevry explique d'abord dans un mémoire en défense adressé au juge d'instruction  dans quelles conditions elle a recruté Fred Madinécouty en 1986 alors qu'elle était menacée par les bombes des indépendantistes. Elle le considère comme un proche qui gère ses affaires courantes, sa maison et dispose de chèques en blanc présignés. Employé communal, puis agent régional, Fred Madinécouty devient le directeur de la communauté d'agglos et donne toute satisfaction. C'est à partir de 2015 que LMC l'aurait trouvé de plus en plus distant et préoccupé. Ce sont des lettres anonymes qui l'auraient contrainte à opérer des contrôles, mais surtout des lettres du trésorier payeur en 2016 qui déclenchent de sa part des contrôles approfondis et systématiques sur l'activité et les attributions de Fred Madinécouty. Dès lors, LMC semble s'insurger contre la méthode de son ancien homme de confiance qui "cherche à diluer ses responsabilités en faisant peser le soupçon et la faute sur un élu"...

Les élus écartés de toute gestion

Les procédures des marchés ? "Seul le DGS s'intéressait aux résultats des décisions de la commission d'appel d'offres." Les accusations de sponsoring association ? "C'est Madinécouty qui a utilisé ce procédé pour faire payer sa taxe d'habitation"... Plus globalement, LMC rappelle que la CASGC a eu recours à un cabinet de conseil financier et juridique afin de bénéficier de la meilleure sécurisation de ses services. Elle observe que "ce cabinet n'a jamais dans un aucun rapport d'exécution annuel réalisé avec les services financiers de la collectivité, fait la moindre observation permettant à l'exécutif d'être informé". Elle rétorque en outre que son DGS avait une délégation de signature lui permettant d'engager financièrement la communauté à hauteur de 30 000 euros et que "usant de cette confiance, il a instauré une organisation en s'octroyant des pouvoirs exorbitants" et en "écartant systématiquement les élus communautaires de toute gestion, traitant directement avec les services extérieurs, prenant les pleins pouvoirs"...

Selon LMC, "le prétendu rôle de relais financier que Fred Madinécouty a attribué à l'association dans (son) action politique" ne résiste pas à l'examen.

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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 09:12
Swimrun

Un camp d'entrainement au swin-run au Diamant

Le swin-run est une discipline sportive  née en Suède qui se pratique par équipe de deux et qui allie la course et la nage sur une distance de 75 km. Le journaliste du Midi-Libre Laurent François et Nicolas Remires, le 5e de cette discipline aux derniers championnats du monde, organisent toute cette semaine au Diamant un "camp d'entraînement" dédiée à cette discipline. "Nous venons avec des spécialistes de cette discipline, mais également des amateurs, explique Laurent François, des Séudois, des Anglais et des Français de l'Hexagone, mais nous avons passé un partenariat localement avec l'enseigne Intersport de Fort-de-France et nous allons accueillir les athlètes locaux qui seront intéressés par le wwin-run." Les deux swin-runers sont déjà venus en Martinique en juin dernier pour y effectuer des repérages, mais ils comptent surtout, après ce premier stage, revenir en 2020 pour organiser chez nous un événement plus conséquent, une compétition,  autour de ce sport.

FXG, à Paris

contact : nicolas@envolcoatching.net

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 02:00
Décès de Roland-Pierre Charles

Roland Pierre-Charles est monté au filao

Roland Pierre-Charles et sa chevelure solaire, celui qui se proclamait "le Chaben fondamental" et encore "l'importateur de l'accordéon aux Antilles", est décédé vendredi à Paris, a-t-on appris par un proche de sa famille.

Photo Régis Durand de Girard

Fils d'un maire de Saint-Pierre et frère de Philippe Pierre-Charles, figure du K5F en 2009, si Roland s'était porté une fois candidat aux cantonales en 1991 à Foyal, c'est la musique qu'il avait choisie comme terre d'élection. Né en 1948, Roland a passé une partie de son enfance à Paris jusqu'en 1962 année où il rentre en Martinique. Il fait ses premières armes musicales à la Jeunesse étudiante chrétienne où il croise Bibi Louison, Paulo Rosine, les frères Bernard, les frères Misaine, Marceau Jobello, Christian Coco, Monique Carbaza, Louise Saint-Aimé... Tous sont réunis autour de l’abbé David… "La JEC était alors un conservatoire de musique informel où l’enseignement était empirique", témoignait-il en 2011 pour France-Antilles.  Il joue dans l’orchestre Wacha. RPC est bassiste, Serge Rémion guitariste, Guy Ferdinand et Alain Laurencine, violonistes… Le swing de l’après-guerre est encore à la mode mais c’est la musique latino qui domine avant que le kompas des Haïtiens ne vienne le séduire. « Webert Sicot est venu se produire dans un dancing à Kerlys. Il faisait de la cadence rempa. 4 trompettes, 4 saxos ! Ils ont mis une vraie claque aux orchestres locaux qui ronronnaient… » Surtout, ils ont l’accordéon… Roland n’a que 16 ans et décide de s’en acheter un alors qu’il joue avec les Djoubaps. Ils jouent  au Manoir, à la Plantation, à l'Abricot Palace. Les DJoubaps s'enrichissent des musiciens de l’orchestre de la MJC de Trinité : Maurice Marie-Louise et Marcel Ravenet au chant, Jean Beneto et Daniel Ravaud aux trompettes, Alex Cayol, dit Sousoutte, au piano. Les DJoubaps deviennent les Gentlemen, une formule réduite avec Jeannot Guyoule à la guitare, le policier Victor Thermé au saxo, Paulo Albin qui vient chanter de temps en temps et RPC. « Nous n’avions pas de nom mais ça marchait bien... Un jour, témoignait encore Roland, quelqu’un, par autodérision et en référence à Eddie Palmieri, a lancé un nom : la Perfecta. C’était un trait d’humour ! » ils jouent à l'Escale au Robert. Le succès arrive. Ils commencent à jouer professionnellement. Ca dure un temps avant les embrouilles... En 1976, RPC est à Cuba et joue avec l’orchestre de l’hôtel Jagua à Santa-Clara. « Ils m’ont appelé Gringo… » Les Cubains sont surpris de voir ce « gringo » venu d’une île inconnue qui sait jouer leur musique. A la fin du concert, les 16 musiciens se lèvent pour saluer leur hôte ! RPC part ensuite aux Etats-Unis avec Simon Jurad avec lequel il a monté Operation 78. « On explose tout ce qui existe ! On est pro et on a du matos ! » L’opération 78 s’achève vers 1982. RPC entame alors des tournées internationales avec Bonbon tropical, avec Son Caribe qui balance son tube mondial, Colegiana, qu’il accompagne à l’accordéon et au piano… Il devient arrangeur, enseigne la musique assistée par ordinateur, enregistre Ritm’O Salsa en 1987, travaille avec Eugène Mona sur son dernier album, Blan mangé, en 1994. Ce sont encore les Duos du soleil avec Béroard et Thamar, ou encore l’aventure des Beaux gosses avec Jean-Claude Naimro et Patrick Marie-Joseph. RPC a participé à quelque 200 albums.

RPC était encore l'accordéoniste de Coeur de chauffe, le groupe antillais du clarinettiste des Haricots rouges, son compatriote Gérard Tarquin. Ensemble ils ont enregistré une version classique d'Angela des Saïan Supa Crew... En 2008, il est compilé sur un album dédié à l’accordéon, Tribal musette. On le retrouve aux côtés de Marcel Azzola, Olivia Ruiz, Sanseverino, Daniel Colin ou Patrick Artero…

musicologue

Ces dernières années, RPC jouait de temps en temps au Bab Ilo à Paris avec son camarade Jean-Claude Montredon, il donnait aussi des conférences sur la musique antillaise. Il refusait le terme « biguine-jazz » : « Une posture intellectuelle, disait-il, parce que la biguine, c’est le jazz ! » S’il reconnaît à Marius Cultier d’avoir introduit « à bon escient et très finement quelques notes de jazz, des harmonies modernes », il regrette que certains se soient engouffrés dans le créneau et ne fassent plus qu’un « sabir musical avec une syntaxe de biguine et un vocabulaire états-uniens de pseudo-jazz... » Il s'appuyait pour démontrer cela sur un vieux 33 tours : « Jazz and hot dance in Martinique. 1929-1950. » "Ce ne sont que des biguines, se plaisait-il à expliquer, le jazz a commencé en créole martiniquais… » Il le fait remonter à la révolution haïtienne et l’indépendance de 1804 avec une marche militaire : « Coupé tet, brilé kay… Grenadiers, à l’assaut ! » ou avec "O zanana", une chanson populaire haïtienne issue de la Martinique. « Ces musiques sont créoles, métisses et majoritairement blanches dans leur conception syntaxique, comme la langue créole. Nous n’avons aucun complexe à avoir vis-à-vis du jazz. »

Roland Pierre-Charles était anticonformiste et provocateur, mais cette fois il a bien eu son dernier mot.

France-Antilles présente ses condoléances à sa famille.

FXG, à Paris

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 05:59
Obsèques de Jean-Michel Martial

RIP Jean-Michel Martial, comédien populaire et belle âme

Six jours après le décès du comédien Jean-Michel Martial, une cérémonie religieuse s'est tenue mercredi matin à l'église Saint-Roch rue du faubourg saint-Honoré à Paris. Alexis Michalik, le metteur en scène d'Edmond, la pièce aux cinq Molières dans laquelle Jean-Michel Martial a tenu, y compris pendant sa chimiothérapie, le rôle d'Honoré, a pris la parole : "Il y a peu d'acteurs qui fédèrent à ce point une empathie parce qu'il avait cette douceur profonde...". Jacques, son frère, a lu avec son talent d'acteur (lui aussi !) une "parole du Seigneur" sur la Jérusalem céleste.

Dans la foule, il y avait Victorin Lurel, Daniel Maximin, Alex Descas, Jacob Desvarieux, Luc Saint-Eloy, Babette de Rozières, l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayraud, Patrick Karam, Firmine Richard, Greg Germain, Alain Maline, Odile Vuillemin, Agnès Soral, Thomas Solivéres ou encore Nadège Beausson-Diagne... Mais c'est la présence de l'ancien président de la République François Hollande qui a frappé l'assistance.

A l'issue de cette messe, une seconde cérémonie, bouddhiste celle-ci, s'est tenue au crématorium du Père-Lachaise où le corps de Jean-Michel Martial a été incinéré selon sa volonté. Ses restes seront expédiés en Guadeloupe et déposés le 1er novembre dans le caveau familial.

Le soir des obsèques, le Créfom organisait une soirée hommage dans l'enceinte du conseil régional d'Ile de France.

FXG, à Paris

Photos : Alfred Jocksan

Ils ont dit

François Hollande ancien président de la République

"Jean-Michel Martial était d'abord un ami qui m'a accompagné pendant des années lorsque j'étais moi-même Premier secrétaire du PS, candidat, puis président. Il a toujours été à mes côtés lors de mes principaux déplacements en Outre-mer. Ensuite, c'était un acteur qui aimait la culture tout en sachant que la culture ultramarine devait être à chaque fois davantage représentée. Il portait des valeurs liées à son parcours, mais aussi à la France universelle telle qu'il l'aimait, c'est pourquoi j'ai pensé que la France à travers ma présidence puisse lui rendre hommage aujourd'hui.

Jean-Michel était porteur d'un message qui va très au-delà de nos territoires. Donc, il est très important aujourd'hui, au moment où l'on procède à ce dernier moment de rencontre avec lui, parce qu'il restera parmi nous, que nous puissions relayer son message. C'était un comédien apprécié des Français, de ses collègues de travail, un comédien qui lui-même défendait une conception artistique. C'était un comédien populaire qui lui-même n'a jamais oublié d'où il venait ni ce qu'il avait à faire pour porter son engagement."

Victorin Lurel

"Jean-Michel est venu me trouver un jour à Basse-Terre alors que j'étais président du conseil régional. Il voulait que je l''aide à éditer les grands oeuvres théâtrales de la Caraïbe. Il me parlait lentement, doucement, avec un sourire avenant... Et en dix minutes, il m'a convaincu que c'était une belle opération qu'il entreprenait. IL a pu mettre en scène quelques pièces. J'espère que d'autres pourront accompagner cette oeuvre après son grand départ. Il pratiquait l'art de la sobriété. Il encaissait les mauvaisetés, quelque fois les méchancetés avec une placidité, une tranquillité, un sourire désarmant. C'est un exemple ! C'est l'un des meilleurs parmi nous et ce n'est pas exagéré."

Lilian Thuram

"C'était une personne fantastique, d'une très grande bienveillance, très grande humilité, très grande gentillesse... Ca me paraît évident d'être là comme je pense pour la plupart des gens qui sont là."

Euzhan Palcy

"J'ai appris s mort alors que j'enterrais ma mère... Ca a été un double choc.  Les mots qui reviennent sur les lèvres sont sa beauté, sa bonté... C'était une belle âme, un véritable artiste et un perfectionniste, quelqu'un qui ne se contentait pas de la médiocrité. Il avait compris très tôt que l'art ne supporte pas la médiocrité. Il allait le plus loin possible dans ce qu'il faisait, pour bien faire... C'est extraordinaire de voir cette foule multicolore l'accompagner à sa dernière demeure..."

Patrick Karam

"Jean-Michel est devenu un pilier du CReFOM. Il était loyal et moi qui suis un bulldozer, il m'apprenait à temporiser, à calmer le jeu quand j'étais président du CReFOM et c'est tout naturellement que j'ai pensé que celui qui me succèderait serait Jean-Michel Martial et c'est devenu un ami."

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