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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 04:53
Annick Girardin a défendu son troisième budget le 5 décembre dernier au Sénat

Annick Girardin a défendu son troisième budget le 5 décembre dernier au Sénat

Le budget de la mission Outre-mer adopté au Sénat

Le budget de la mission Outre-mer a été adopté jeudi 5 décembre après-midi au Sénat après une grosse demi-journée de débats. Avec 2,61 milliards d'euros d'engagement et 2,5 milliards d'euros en crédits de paiement, les sénateurs des groupes CRCE, PS et LR ont regretté une baisse (3,96 % et 6,45 %) tout en admettant que cette réduction était due en partie à des modifications de périmètre.

Le sénateur Lagourgue (Les Indépendants, Réunion) a estimé la baisse réelle de 1,3 % pour les autorisations d'engagement et 3,88 % pour les crédits de paiement. Ce dernier, malgré ses réserves, a indiqué que son groupe voterait le budget. Pas le même son de cloche avec l'ancien ministre PS des Outre-mer, Victorin Lurel qui s'est livré à un inventaire à la Prévert pour dénoncer la suppression lors des précédents budgets la suppression de la TVA NPR, la baisse de la réfaction de l'impôt sur le revenu Outre-mer, la fin des contrats aidés, la surtaxation du rhum, la fermeture de France Ô, de la circonscription européenne des Outre-mer, de la cité des Outre-mer et encore les menaces sur les congés bonifiés et la majoration de vie chère... Il a voté contre. Guillaume Arnell (RDSE, Saint-Martin) a lui aussi livré ses critiques, mais concluant en disant qu'il préférait "voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide", il a indiqué voter les crédits de la mission.

Le sénateur Antoine Karam (LREM, Guyane) a fait une allusion à la loi égalité réelle outre-mer qui a "suscité autant d'espoir qu'elle n'a généré de déception" avant de dire qu'il soutiendrait ce budget. Même chose chez les centristes par la voix du sénateur de Nouvelle-Calédonie, Gérard Poadja. Le président de la délégation sénatoriale Outre-mer, Michel Magras (LR, Saint-Barth) a relevé la formule fétiche de la ministre Annick Girardin, "le réflexe outre-mer", pour dire qu'elle était "un aveu d'absence de culture outre-mer".

Quant à la sénatrice PS martiniquaise, Catherine Conconne, elle a indiqué qu'elle s'abstiendrait, comme "on refuse un héritage". La discussion des amendements, dans cette assemblée où le le groupe LREM est minoritaire, a tourné à l'avantage des sénateurs d'opposition malgré les avis quasi toujours défavorables des commissions. A la fin du mois, quand le texte reviendra en débat à l'Assemblée nationale, tous ces amendements tomberont.

FXG, à Paris

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 12:54
Le Mémorial des noms fait débat

Un conseil d'orientation en charge du mémorial des noms

Le mémorial des noms des affranchis de 1848 doit être, selon Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, "une contribution à la réparation de la France qui a maintenu un système d’exploitation de l’homme par l’homme pendant trois siècles".

Un conseil d’orientation pour le grand projet de mémorial national annoncé par le président de la République à été réuni les 26 novembre et 4 décembre au ministère des Outre-mer. Il doit rendre un rapport au Premier ministre le 15 décembre.

Officiellement, la presse n'a pas été tenue au courant de la création de ce conseil d'orientation, ni de ses réunions, ni de sa composition. Selon l'un de ses membres, c'est un comité informel de personnes à qui le gouvernement a demandé de rendre un rapport qui servira de base au cahier des charges pour ériger ce mémorial qui doit prendre sa place au jardin des Tuileries en 2021. Rappelons que ce projet est une idée défendue depuis de nombreuses années par le Comité de la marche du 23 mai 1998 qui a collecté dans les registres des états-civils les noms donnés aux esclaves affranchis en 1848.

Ce conseil d'orientation s'est donc réuni au ministère des Outre-mer, sous l’autorité du conseiller Afif Lazrak, conseiller en charge des affaires régaliennes et de l'action publique. Il n’a pas assisté pas aux séances, seule une stagiaire du ministère était en charge de l'accueil de ses membres. Ces derniers sont l'écrivain Claude Ribbe, Serge Romana, président de la Fondation esclavage et réconciliation, Marie Josée Alie, retraitée de France Ô et artiste, Philippe Lavil, chanteur, Dominique Taffin, directrice de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, Frédéric Régent, conseiller scientifique dudit conseil, Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation, Claire Andrieu, spécialiste de l’histoire politique de la France contemporaine, de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance, Léonora Miano, écrivaine franco-camerounaise, Carole Bienaimé-Besse, productrice et réalisatrice, membre du CSA depuis 2017, Sonia Chane-Kune, docteure en géographie politique, et un représentant du ministère de la Culture.

Les deux réunions des 26 novembre et 4 décembre ont mis au jour les diverses postures des uns et des autres. Il y a ceux qui sont contre un mur des noms et ceux qui sont pour, ceux qui veulent un monument et ceux qui veulent une œuvre d’art, ceux qui veulent voir graver dans la pierre les seuls noms des esclaves affranchis en 1848 et ceux qui veulent y voir les noms des esclavagistes, des abolitionnistes, des esclaves morts pendant la traversée et encore celui des Haïtiens d’avant 1804, ceux qui veulent une place pour les abolitionnistes et ceux qui n’en veulent pas, ceux qui veulent que tous les noms d'esclaves affranchis y figurent et ceux qui sont pour une sélection, ceux qui disent que les lieux offrent assez de place pour tous ces noms et ceux qui disent que c’est impossible... Enfin, il y a ceux qui veulent diriger l’artiste (l'architecte ?) qui sera sélectionné et ceux qui, au contraire, veulent lui laisser champ libre... Tous les scénarios avancés trouvent à chaque fois des opposants souvent tenaces.

"Les descendants d’esclave doivent se sentir riches d’une culture extraordinaire"

Lénora Miano qui a été sollicitée pour apporter son expertise pour ce projet, à sa plus grande surprise d’ailleurs, et pour qui on a mis en place une visio-conférence, s’est livrée une longue critique du projet. Son expertise n'a pas été très bien ressentie. Explication d'un membre du conseil  qui a choisi de garder l'anonymat : "Cette dame est une Africaine qui vient expliquer aux Antillais comment ils doivent vivre leur tragique histoire... C'est tout bonnement hallucinant. Elle vient donc expliquer aux descendants d’esclaves qu’ils ne doivent pas être victimes mais au contraire se sentir riches d’une culture extraordinaire... Imaginez que l'on disent ça aux Juifs en évoquant la Shoah !"

La contribution du président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, Jean-Marc Ayrault, comporte elle aussi une part de risque, puisqu'il explique et présente le projet du mémorial comme "une contribution à  la réparation de la France qui a maintenu un système d’exploitation de l’homme par l’homme pendant trois siècles". Et voilà relancé le débat sur les réparations par Jean-Marc Ayrault en personne et la Fondation sensée animée la politique publique mémorielle de la France en matière d'esclavage. En conclusion de sa note, Jean-Marc Ayrault précise que le mémorial des noms "permettra d’appréhender l’extension territoriale du système esclavagiste (colonies esclavagistes, migration, diaspora...)". Certains voient là la marque d'une "logique décoloniale" qui plaît à certains et horripile les autres.

C'est l'Etat qui financera le projet, car la Fondation dont l'objet est de financer les projets, n'en a pas les moyens.

FXG, à Paris

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 06:49
Mathieu Barre et son conseil, Alex Ursulet, à la sortie de l'IPGN le 3 décembre dernier

Mathieu Barre et son conseil, Alex Ursulet, à la sortie de l'IPGN le 3 décembre dernier

L'IGPN auditionne le jeune Martiniquais tabassé par la police en juillet dernier

Mathieu Barre portant sur son visage les stigmates de son contrôle policier du 13 juillet

"C'est parce que je suis Noir qu'ils m'ont frappé et la question que je me pose : ces violences resteront-elles impunies ?" Victime d'un tabassage en règle par la police, le 13 juillet dernier, alors qu'il sortait d'une boîte de nuit, le Martiniquais Mathieu Barre (23 ans) a été entendu le 3 décembre dernier par l'IGPN qui a ainsi donné suite à sa plainte pour violences policières. Accompagné de son conseil Me Ursulet, le jeune homme a pu, pendant une heure et demi,  raconter les conditions de sa violente interpellation qui lui a valu une fracture maxilo-faciale et une interruption temporaire de travail de 15 jours et, conséquemment, la perte de son emploi d'intérimaire.

Arrivé au "Trust", une discothèque du 8e arrondissement, vers minuit trente, le 13 juillet, avec son beau-frère et des amis, il en est ressorti à 5 heures. Le trottoir était encombré et Mathieu marchait devant les autres, sur la chaussée pour rejoindre leur voiture quand il a entendu quelqu'un crier : "Dégage de là, bouge de là." Il se retourne et voit une voiture roulant au pas, feux allumés. Le passager avant avait sa vitre ouverte, Mathieu lui demande pour quoi il lui parle comme ça, ajoute qu'il y a assez de place pour passer... Le véhicule se porte à sa hauteur. Il y a eu des échanges... "Le passager avant m'a attrapé par les vêtements et m'a attiré vers le véhicule, témoigne-t-il. J'ai tenté de lui faire lâcher prise en repoussant ses mains. Je ne sais plus comment, mais j'ai reçu un coup sur la joue gauche. J'ai été sonné." Quand il reprend connaissance, Mathieu est couché au sol et menotté dans le dos. Il voit alors une voiture de police et des fonctionnaires ; il voit aussi du sang sur ses vêtements. "Pourquoi suis-je menotté, demande Mathieu aux policiers, alors que je viens de me faire agresser ?" Pour toute réponse, Mathieu est conduit au commissariat... Ce n'est qu'en sortant de cellule, le soir à 22 heures que son beau-frère lui explique que ce sont des policiers qui l'ont frappé à la tempe avec une matraque télescopique. Le 25 juillet, Mathieu a été convoqué par la police : "Je me suis expliqué sur les faits. J'ai eu la confirmation que les personnes qui m'avaient frappé étaient des policiers. On ne m'a pas proposé de confrontation. A l'issue, j'ai fait l'objet d'un rappel à la loi."

"Face à l'augmentation des agressions contre des Noirs, a indiqué le conseil de Mathieu Barre, et les nombreuses plaintes qui prospèrent, le parquet, semble-t-il, a modifié sa doctrine et poursuit désormais les policiers, c'est rassurant pour l'Etat de droit même si nous savons que la suite ne sera pas facile. C'est le pot de terre contre le pot de fer." Les policiers en cause devraient être entendus à leur tour avant une confrontation avec Mathieu. "Mon client a été gardé en cellule toute une journée sans être placé sous le régime de la garde à vue et sa convocation devant un tribunal correctionnel  s'est curieusement transformée en rappel à la loi, une simple admonestation sans conséquence judiciaire, une simple alternative aux poursuites...  C'est une marche arrière ! C'est un dysfonctionnement qui va peser lourd dans la balance pour montrer qu'une telle violence n'est pas pas dans l'orthodoxie des choses."

Après l'audition par l'IGPN, la semaine dernière, de Kathleen Gervinet, une Schoelcheroise de 25 ans, hôtesse à Roissy et victime, le 28 avril 2018, d'un contrôle de police abusif alors qu'elle se rendait à son travail, Me Ursulet attend encore que la même IGPN entende une autre de ses clientes, Mireille Duval, une infirmière martiniquaise vivant en région parisienne, elle aussi victime d'un contrôle de police abusif alors qu'elle sortait du boulot et ramenait chez elle une collègue...

FXG, à Paris

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 06:24
Buzyn et Girardin préparent le plan chlordécone 4

Au lendemain de la publication du rapport de commission d'enquête parlementaire sur les impacts du chlordécone aux Antilles, Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités et Annick Girardin, ministre des Outre-mer, répondent aux questions de France-Antilles alors qu'elles préparent le plan chlordécone 4.

"Nous lançons le plan chlordécone 4 en concertation avec la population"

Le nouveau plan chlordécone 4 est annoncé "plus ambitieux" que les précédents. De quelle enveloppe financière disposera ce nouveau plan ?

Annick Girardin : Ce nouveau plan est plus ambitieux d’abord par sa méthode d’élaboration. Le plan 4 doit prendre en compte le bilan des précédents plans et les préconisations de la commission d’enquête parlementaire qui vient de rendre son rapport. Pour construire ce plan, nous ne mettrons de côté aucun acteur, ni la population, ni les élus, ni le milieu universitaire. Notre approche, c’est la reconnaissance de la responsabilité, la transparence à toutes les étapes et surtout, bien entendu, la protection des populations.

À ce stade, il est impossible de déterminer l’enveloppe budgétaire : elle dépendra des actions à mener dans le futur plan qu’il nous reste à co-construire. Ce sera l’enjeu principal de 2020. Nous devrons aussi mieux valoriser les actions portées par les collectivités, comme par exemple les actions menées par le Conseil départemental de Guadeloupe dans le cadre des contrôles de la qualité de l’eau pour l’irrigation agricole. Ils ont été multipliés par 4 ces dernières années, ce n’est pas rien ! Les communes seront également mieux associées. La lutte contre la pollution à la chlordécone est l’affaire de tous. Et l’Etat sera évidemment au rendez-vous.

Qui sera en charge de son pilotage ?

Agnès Buzyn : Le plan chlordécone 3 – aujourd’hui en vigueur - est co-piloté au niveau national par les ministères de la Santé et des Outre-mer, sous l’autorité du Premier ministre, et au niveau local par les préfectures. Nous avons entendu les remarques sur un pilotage peut-être trop centralisé et éloigné du terrain. Le gouvernement est déterminé à agir en proximité avec tous ceux concernés par ce plan, car la proximité et la transparence des processus de décision sont essentielles pour rétablir la confiance.

Il est vrai que pour le futur plan chlordécone, nous devrons inventer un nouveau pilotage fortement ancré localement. Nous devons construire un dispositif de coordination et de suivi avec la population, les élus et les professionnels. Face aux inquiétudes, nous voulons que l’écoute et la concertation fondent plus que jamais nos décisions. Nous lançons l’élaboration du plan chlordécone 4, en concertation avec la population. Il est important que chacun puisse s’approprier le futur plan.

L'objectif zéro chlordécone dans l'alimentation affiché dans ce plan est-il réalisable et dans quel délai ?

Agnès Buzyn : C’est une décision forte du président de la République lors de son déplacement aux Antilles en septembre 2018 : nos efforts doivent tendre vers le « zéro chlordécone » dans l’alimentation. Cet objectif peut être atteint si chacun se mobilise : les producteurs, les distributeurs ou encore les particuliers qui produisent ou consomment eux-mêmes leurs denrées. Sans cette mobilisation générale, il est difficile aujourd’hui de se fixer un délai. C’est l’enjeu que nous devons collectivement relever et nous y sommes déterminés.

Il nous faut poursuivre nos efforts, par exemple, sur le programme JAFA mis en œuvre par les Agences Régionales de Santé, ou encore les contrôles des denrées alimentaires qui ont été renforcés. Vous le savez, un travail important doit aussi se poursuivre pour lutter contre les produits informels les plus contaminés (comme les cultures sensibles issues de sols contaminés ou les élevages ne respectant pas les recommandations de bonnes pratiques).

Les préfets sont d’ores et déjà fortement mobilisés sur le zéro chlordécone dans l’alimentation. Cet objectif, majeur en matière de prévention, sera également au cœur du plan chlordécone 4.

Quels sont les principaux objectifs du plan chlordécone 4 en termes de recherche pour la santé publique et pour l'environnement ?

Agnès Buzy : Il y a des objectifs que nous considérons comme prioritaires. C’est notamment le cas de la dépollution des sols pour laquelle un appel à projets a été lancé, et plus largement l’impact de ce pesticide sur les écosystèmes et sur notre santé. Nous avons demandé au comité scientifique chlordécone de prioriser les sujets de recherche suite au colloque d’octobre 2018.

Le sujet de la chlordécone doit être intégré dans les problématiques de santé publique plus larges telles que les perturbateurs endocriniens par exemple.

A ma demande, l’InCA vient d’annoncer un programme de recherche, sur cinq ans, pour répondre à la question du lien, et de la part attribuable, entre l’exposition à la chlordécone et le risque de survenue du cancer de la prostate dans les Antilles. Les grandes études telles que Timoun, KP-Caraïbes, Kannari II, EAT Antilles… seront également soutenues.

Enfin, il sera aussi important de mettre en place des programmes de recherche clinique, et des réflexions sont d’ores et déjà en cours avec les hospitaliers locaux, les universitaires et les ARS.

Que prévoit le plan chlordécone 4 pour permettre aux populations contaminées de bénéficier d'un suivi sanitaire ?

Agnès Buzyn : Je sais combien un suivi sanitaire est attendu par de nombreuses personnes qui s’interrogent sur les diagnostics ou dépistages qui doivent être mis en place pour détecter ou prévenir la survenue d’éventuelles maladies liées à une exposition à la chlordécone. C’est pourquoi nous avons voulu que la feuille de route 2019-2020 prévoit un accompagnement renforcé des populations plus vulnérables, que sont les femmes enceintes, en âge de procréer et les jeunes enfants, dans le cadre d’un programme spécifique de prévention, d’ores et déjà mis en œuvre en Guadeloupe et en Martinique sous l’égide des ARS. Ces actions seront bien évidemment poursuivies.

J’ai également demandé à la Haute Autorité de Santé (HAS) d’évaluer la pertinence de doser, de façon individuelle, la chlordécone dans le sang et, le cas échéant, d’un remboursement par l’assurance maladie. Ces travaux seront menés en 2020.

Le plan chlordécone a permis d’instaurer aux Antilles trois dispositifs essentiels de surveillance et de suivi sanitaire de la population : les registres antillais des cancers, le registre des malformations congénitales des Antilles (REMALAN) et le dispositif de toxicovigilance des Antilles (DTV-A).

Enfin, comme nous nous y étions engagés, plusieurs chantiers sont en cours pour améliorer l’indemnisation des professionnels exposés à la chlordécone avec une amélioration du dispositif des tableaux de maladies professionnelles ou encore la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes de maladies professionnelles liées aux pesticides.

Ce plan fera-t-il une place aux victimes ? Est-il prévu de définir un statut de victime du chlordécone à l'instar des victimes de retombées radioactives en Polynésie française suite aux essais nucléaires ?

Agnès Buzyn : Je comprends combien la question de la reconnaissance du statut de « victime de la chlordécone » est importante pour toutes les personnes concernées. C’est un sujet très complexe. Pour l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, cela est effectivement très encadré et pour être qualifié de « victime directe », il faut répondre à des conditions spécifiques d’exposition, c’est-à-dire de date, de lieu et de maladie. Nous n’avons aujourd’hui pas suffisamment d’éléments scientifiques et d’expertise pour un tel dispositif pour la chlordécone. Mais nous sommes déterminés à mettre en œuvre un système d’indemnisation des victimes de maladies professionnelles agricoles liées à l’exposition aux produits phytosanitaires.

Existe-t-il ou existera-t-il un fonds d'indemnisation des victimes ? Qui sera éligible à ce fonds : les personnes contaminées physiquement, les pêcheurs, éleveurs et maraîchers ayant subi des dommages économiques sur leurs productions, les agriculteurs ayant subi une pollution de leurs terres ?

Agnès Buzyn : Comme je m’y étais engagée, le projet de loi de financement de la sécurité sociale prévoit, pour 2020, un fonds qui pourra indemniser les victimes de maladies professionnelles agricoles, les exploitants agricoles retraités avant 2002 ou encore les enfants dont la pathologie est directement liée à l'exposition professionnelle de l'un de leurs parents pendant la période prénatale.

D’après l’expertise collective de l’Inserm de 2013, si les expositions professionnelles aux pesticides ont relevé de fortes présomptions de lien de causalité concernant certaines pathologies rencontrées dans les populations agricoles les plus exposées, l’état actuel de la littérature scientifique ne permet pas d’établir de telles associations s’agissant des expositions environnementales. Concernant les dommages économiques liés à la pollution par la chlordécone, il existe des mesures d’accompagnement des professionnels prévues dans le plan chlordécone 3 et le plan 4 en prévoira également.

Concernant les personnes malades suite à leur contamination par le chlordécone, avez-vous pu faire évoluer la liste des maladies professionnelles dans le cadre du régime général des accidents du travail et maladies professionnelles ainsi que du régime agricole ?

Agnès Buzyn : En 2018, le gouvernement a souhaité engager des travaux en vue de l’actualisation des tableaux de maladies professionnelles, et notamment de la création d’un tableau spécifique à la chlordécone et au cancer de la prostate. A cette fin, le gouvernement a saisi l’Inserm d’une demande d’actualisation de son expertise collective de 2013 sur les effets sur la santé des pesticides, avec une priorisation du sujet chlordécone.

Les tableaux de maladies professionnelles sont élaborés et révisés par des instances composées en particulier des partenaires sociaux. Les travaux de ces commissions s’appuient sur une expertise scientifique indépendante confiée à l’Anses qui a été saisie en 2018, et devrait rendre ses travaux sur la chlordécone mi-2020.

Les travaux sur l’évolution des tableaux de maladies professionnelles liées à l’exposition aux pesticides sont donc en cours, avec une priorisation sur les expositions à la chlordécone.

La commission d'enquête parlementaire conclut à la responsabilité principale de l'Etat et à l'exigence de réparations. Faut-il une loi d'orientation et de programmation sur quinze ans avec le pilotage d'un délégué interministériel dédié comme le proposent les parlementaires ?

Annick Girardin : Je l’avais dit et je le répète : sur la chlordécone, la responsabilité de l'État est engagée. Pour cette raison, comme l’a rappelé la ministre de la Santé, le gouvernement va créer un fonds d’indemnisation des victimes professionnelles des produits phytosanitaires, dont la chlordécone.

Je tiens aussi à rappeler que les acteurs professionnels touchés par la pollution ont été accompagnés au cours des premiers plans chlordécone. Cela représente 11 millions d’euros pour les pêcheurs et 15 millions d’euros pour les agriculteurs. Avec ma collègue Agnès Buzyn, nous veillerons à ce que le plan chlordécone 4 contienne, comme c’était le cas pour le plan 3, un accompagnement des acteurs professionnels subissant des retombées économiques négatives liées à cette pollution environnementale.

Mais je ne pense pas qu’une loi d’orientation et de programmation sur 15 ans soit indispensable. Les engagements pluriannuels, nous les avons sur la durée de chaque plan. A chaque période, nous pouvons faire évoluer les priorités et les budgets, en fonction de l’évolution des recherches et des échanges que nous avons avec les acteurs et les populations. En termes de pilotage, la discussion est ouverte. Je considère qu’il est essentiel que la direction générale de la santé reste au cœur du dispositif, au regard des enjeux de santé publique.

Concernant les premiers responsables de cette pollution, à savoir les importateurs, les lobbys agricoles et les planteurs de bananes, les parlementaires proposent de leur appliquer le principe du pollueur payeur. Etes-vous d'accord ?

Annick Girardin : Lorsque le chlordécone a été autorisé, dans les années 1970, les professionnels de la banane étaient satisfaits : cela permettait de régler à peu de frais le problème du charançon du bananier qui menaçait de détruire les cultures. L’objectif était d’abord de préserver les emplois des Martiniquais et des Guadeloupéens. À l’époque, de nombreux élus ont soutenu cette démarche ou ne s’y sont pas opposés ! Nous devons poser toutes les cartes sur la table. Nous allons bien évidemment discuter avec tous les acteurs concernés par cette pollution.

Comme je l’ai rappelé lors de mon audition devant la commission d’enquête, la responsabilité de l’Etat est engagée. Le premier devoir de l’État, c’est la protection des populations. Mais cela n’exonère pas les fabricants de ce pesticide, ceux qui l’ont importé, les exploitants agricoles qui l’ont utilisé, certains socioprofessionnels et élus de d’époque.

Plus globalement le rapport des parlementaires dénonce le système exclusif de monoculture d'exportation comme une des raisons du scandale chlordécone. Soutenez-vous leur demande de réorienter davantage le POSEI sur les cultures vivrières et de diversification ?

Annick Girardin : Au cours du 20e siècle, l’histoire de la banane se mêle étroitement à celle des Antilles. Sa culture a été développée dans les années 30 car, contrairement aux arbres producteurs de café et de cacao, le bananier peut à nouveau être productif seulement un an après le passage d’un cyclone violent.

La filière banane, au même titre que d’autres filières agricoles comme la canne, le sucre ou le rhum, bénéficie désormais de l’appui de l’Union européenne grâce au Programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité (POSEI). Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, cette filière antillaise est en concurrence sur le marché français avec des produits issus de pays étrangers qui sont autorisés à utiliser des modes de production désormais interdits aux Antilles, comme l’épandage aérien par exemple. Pourtant, les producteurs antillais savent se renouveler : la banane antillaise biologique sera bientôt commercialisée ! Et elle sera respectueuse de l’environnement, du climat, de la biodiversité et surtout de la santé des consommateurs.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 10:39
Un nouvel élan à la politique du logement en outre-mer

Plan logement Outre-mer

Ca fait deux ans qu'Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et Julien Denormandie, ministre du Logement nous assurent qu'ils travaillent dessus d'arrache-pied. eh bien, c'est fait, les deux ministres ont signé hier avec leurs nombreux partenaires le plan logement Outre-mer*. "L'ancien plan, a expliqué Mme Girardin,n'était pas assez dynamique et les acteurs ne se le sont pas appropriés. Aujourd'hui, nous sommes au rendez-vous." Le sujet est brûlant puisque 80 % des personnes vivant Outre-mer sont éligibles au logement social et 70 % au logement très social. La ministre a rappelé l'insuffisance de la consommation des crédits de paiement de la ligne budgétaire unique sachant que 13 % de l'habitat est insalubre...

Pour donner un nouvel élan à la politique du logement en outre-mer, le Plan logement outre-mer 2019-2022 regroupe 77 mesures autour de 4 axes :  mieux connaître et mieux planifier pour mieux construire ; adapter l’offre aux besoins des territoires ; maîtriser les coûts de construction et de réhabilitation ; et enfin accompagner les collectivités territoriales en matière de foncier et d’aménagement.

Un des grands points de ce plan est le rétablissement de l'allocation accession qu'il y a deux ans, Julien Denormandie avait rayée d'un trait de plume. La LBU a été annoncée comme ne pouvant jamais être en-dessous de 200 millions d'euros dont 23 réservés à la résorption de l'habitat insalubre. A cela s'ajoutent 7 millions en frais d'ingénierie pour le montage des dossiers et des crédits d'impôts pour la réhabilitation du parc social (il n'est plus réservé aux bâtis en zone ANRU, mais en zone politique de la Ville), et 12 millions pour le crédit d'impôts aux opération de démolition et reconstruction.

Par ailleurs, le plan logement entérine la modification du rôle de la CDPNAF dont l'avis n'est plus obligatoirement conforme mais simple.

Il s'agit donc maintenant de faire sortir des logements de terre, et des logements anti-sismiques, anti-cycloniques... A Mayotte, le gouvernement vante ses maisons modulaires à 80 000 euros clés en main, à la Réunion, il vante le retour de Bourbon bois et des ses maisons à 800 euros le m2 et encore l'opération d'intérêt national en Guyane qui va faire sortir de terre une ville amazonienne durable dans l'Ouest...

La ministre annonce la mobilisation de tous les acteurs sous l'égide des préfets.

FXG, à Paris

Les signataires

Le plan logement outre-mer a été signé avec l’ensemble des partenaires suivants : l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), l’Agence Française de Développement (AFD), Action Logement, l’Agence Nationale de l'Habitat (ANAH), l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), CDC Banque des territoires, CDC Habitat, la Fédération des entreprises d'outre-mer (FEDOM), la Fédération des entreprises publiques locales (EPL), la Fédération française du bâtiment (FFB), la Fédération solidaires pour l’habitat (SOLIHA), l’Union sociale pour l’habitat (USH), l’Union sociale pour l’habitat outre-mer (USHOM), l’agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL).

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 10:18
Bientôt un mur des noms aux Tuileries...

Le mur des noms se prépare

L'historien guadeloupéen Frédéric Régent a été nommé conseiller scientifique en charge de l'érection du mur des noms en 2021. Cette mission lui a été confiée par le Premier ministre. Il s'agit pour l'ancien président du Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage de coordonner la rédaction du cahier des charges pour donner à l'artiste qui sera retenu l'orientation qu'il devra donner à son oeuvre. Cette oeuvre doit selon les initiateurs du projet, le CM98, rendre hommage aux ancêtres déportés et réduits en esclavages. Cette création originale qui devra prendre place en 2021 au jardin des Tuileries  à Paris doit faire l'objet d'un concours. A noter que ce projet n'est pas piloté par la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, mais par l'Etat financeur lui-même.

FXG, à Paris

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 19:23
Sur la photo, l'expert indépendant Victor Madrigal-Borloz est au centre ; à sa droite, Céline Faure, Moïse Manoel et Steven Kuzan ; à sa gauche, Pedro Paradiso Solitle, Président d'ILGALAC, Alice Ochsenbein, adjointe de l'expert indépendant et Thibault Boucher (ex-membre du cabinet d'Ericka Bareigts à l'Outre-mer).

Sur la photo, l'expert indépendant Victor Madrigal-Borloz est au centre ; à sa droite, Céline Faure, Moïse Manoel et Steven Kuzan ; à sa gauche, Pedro Paradiso Solitle, Président d'ILGALAC, Alice Ochsenbein, adjointe de l'expert indépendant et Thibault Boucher (ex-membre du cabinet d'Ericka Bareigts à l'Outre-mer).

Les LGBT d'Outre-mer proches de l'ILGALAC

Steven Kuzan (délégué territorial du Refuge Guyane), Celine Faure (présidente de Kap Caraïbe, Martinique), Moise Manoel (doctorant à l’université des Antilles et militant au sein de Gay Attitude en Guyane) ont participé le 20 novembre dernier à Bogota (Colombie) à la conférence régionale Amérique latine/Caraïbe de lutte contre l'homophobie et la transphobie. C'est la première fois que des Ultramarins sont invités par l'Association Internationale des Gays, Lesbiennes, Bi et Trans en Amérique Latine et Caraïbe (ILGALAC). Les trois militants ont notamment rencontré Victor Madrigal-Borloz, l'expert indépendant de l'ONU sur l'Orientation sexuelle et l'identité de genre qui est le plus haut fonctionnaire international en charge des questions LGBTI. L’objectif de cette réunion était d'établir des liens avec les Outre-Mer français car l’Ilgalac n’en disposait pas jusque-là. "Il y a beaucoup d’enjeux communs comme la lutte contre l’homophobie et la transphobie dans l’espace caribéen, explique Thibault Boucher, membre de la délégation française, la lutte contre le VIH, les réfugiés haïtiens qui fuient l’homophobie en Haïti et viennent en Guyane..." 

Il s'agit encore de permettre aux Ultramarins de rencontrer l’expert indépendant de l’ONU et qu’il leur présente ses actions et ses moyens de les aider (les militants peuvent transmettre des éléments sur leurs territoires pour qu’ils soient intégrés aux rapports thématiques ou même dénoncer des violations de droits fondamentaux par l’Etat).

A terme, il s'agirait de pouvoir organiser une session francophone Outre-mer/Haïti de cette conférence, voire envisager des coopérations entre militants ultramarins et haïtiens pour venir en aide aux victimes de l'homophobie.

FXG, à Paris 

 

 

 

 

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 12:46
Affaire de faux dans le dossier Green Parrot

Alfred Marie-Jeanne, de la Cour de cassation à la Cour européenne des droits de l'Homme

"La Cour de cassation a refusé de casser un arrêt de la cour d'appel qui avait estimé normal qu'un juge d'instruction, sans s'être donné la peine d'instruire, ait déclaré ne pas avoir lieu à informer. Cette absence de motif justifie la saisine de la la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg." L'ancien bâtonnier de Paris, Christian Charrière-Bournazel a ainsi commenté le rejet du pourvoi en cassation d'Alfred Marie-Jeanne et sa fille Maguy, rendu le 20 novembre dernier. Le président de la CTM et sa fille soutiennent, selon l'arrêt attaqué, que "Claude Bellenger, procureur de la République de Fort-de-France, a commis un faux en écriture publique en mentionnant dans la réquisition d'enquête qu'il a adressée à la direction interrégionale de la police judiciaire, la date du 19 avril 2010 alors qu'il est établi par le tampon apposé sur ladite réquisition que celle-ci a été réceptionnée par sa destinataire le 21 mars 2010". C'est l'enquête sur le dossier Green Parrot... AMJ et sa fille arguent que ce document, volontairement antidaté, remet en cause la date de prescription. Ils portent plainte au pénal  pour faux et usage (et au civil pour inscription de faux). Le juge d'instruction rend en juin 2017 une ordonnance de refus d'informer. L'appel confirme la décision du juge en juillet 2018. La semaine dernière, c'est la chambre criminelle de la Cour de cassation, dont Claude Bellenger est l'un des conseillers, en exercice, qui a mis un terme au parcours français de cette procédure. Me Alex Ursulet qui a d'ores et déjà saisi la CEDH pour Alfred Marie-Jeanne, estime qu'il s'agit du même "déni de justice" que dans affaire Guedir, du nom de cet homme victime de violences policières et de l'incurie judiciaire : "J'ai fait condamner la France devant la Cour européenne des droits de l'Homme pour le même aveuglement, la même arrogance, le même mépris." La France avait dû lâcher 6,5 millions d'euros...

FXG, à Paris

 

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 06:20
Expulsions et destructions d'habitat informel en Guyane

Mal-logement : les ONG interpellent Annick Girardin

Une lettre ouverte vient d'être adressée à la ministre des Outre-mer en déplacement en Guyane. Signée par Collectif Migrants Outre-Mer, Médecins du Monde, Ligue des droits de l’Homme-section de Cayenne, la Cimade, Collectif Haïti de France, Gisti, Entraides, VIVA, RESF, Sud Education, Fédération Droit Au Logement- Guyane, Association des parents d’élèves de St Georges, cette adresse déplore la destruction de quartiers prévue dans les mois qui viennent, à commencer par celle, le 2 décembre, où quelque 200 familles seront expulsées de leur logement et verront leurs habitations détruites au quartier Mahury-Manguiers à Rémire-Montjoly. ou les dernières en date, comme à la fin septembre, quand environ 700 personnes ont été évacuées du quartier Leblond-La Mâtine à Cayenne, sur arrêté préfectoral. "Alors qu’aucune enquête sociale n’a été mise en œuvre pour les accompagner vers une solution de relogement, écrivent les signataires, le Préfet de Guyane a accordé le concours de la force publique (...). Ces femmes, hommes et enfants attendent dans l’angoisse une proposition de relogement." Seule, une dizaine de familles ("et encore, seulement de manière provisoire") auraient été relogées.

Face à une crise majeure du logement et l’accroissement de la population, 40% des nouvelles habitations construites en Guyane sont réalisés sans autorisation d’urbanisme. "La saturation du parc social, indiquent les signataires, ne peut pas permettre le relogement des personnes qui pourraient y prétendre." Cette politique d’expulsions ou d’évacuations sans "solutions dignes et pérennes de relogement pour les personnes concernées (...) mène à (leur) sur-précarisation en multipliant les lieux de vie indignes" favorables à la déscolarisation des enfants, ou à l'interruption de suivi pour des personnes atteintes de maladies chroniques ou en situation de handicap...

Ils en appellent donc à la ministre pour rétablir leur garantie et lui demande de s'enquérir de l’agenda préfectoral sur cette question et d'organiser une concertation interministérielle (logement, santé, justice et éducation) afin de "mieux déterminer les conditions d’application de la loi ELAN dans les Outre-mer".

La lettre a été adressée également à Marc Del Grande, préfet de Guyane, Rodolphe Alexandre, président de la CTG, Clara De Bort, directrice de l’ARS Guyane, et au Défenseur des droits

FXG, à Paris

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 08:09

 

L'IGPN enquête après la plainte pour violence policière d'une Martiniquaise

Kathleen Gervinet, 25 ans, native de Schoelcher, exerce la profession d'hôtesse à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle. Elle a été contrôlée par un équipage police alors qu'elle se rendait à son travail le samedi 28 avril 2018. A la suite des circonstances de ce contrôle, Mme Gervinet a mandaté Me Ursulet pour déposer une plainte en son nom pour violences volontaires commises par un policier au cours d'un contrôle routier. A la suite de cette plainte, Mme Gervinet a été entendue à l'IGPN le 15 novembre dernier. 

Elle a réitéré ses déclarations, à savoir qu'elle a fait l'objet d'un contrôle de police abusif, à 4h30 du matin, alors qu'elle se rendait à son travail, pour avoir klaxonné une fois afin de marquer sa présence au véhicule de police arrêté devant elle, et dont l'un des occupants discutait avec quelqu'un une voiture arrêtée à gauche (la voie d'accès au parking de son travail lui était ainsi inaccessible). "C'est quoi votre problème ?", lui a demandé le policier conducteur du véhicule. Il était accompagné de deux collègues et lui a rendu ses papiers en les lançant dans la voiture où ils sont tombés au sol. Le policier l'a verbalisée notamment pour défaut de triangle. Elle n'a d'abord pas compris le terme technique employé par le policier pour qualifier le triangle puis, quand elle a compris ce dont il était question, elle a indiqué qu'elle l'avait dans sa boîte à gants. Le policier l'a néanmoins verbalisée. 

Dûment renseigné sur l'identité de Mme Gervinet, ce même policier a néanmoins tiré sur le badge professionnel qu'elle portait autour du cou afin de tenter de le lire. Puis les policiers ont mis un terme au contrôle mais ils ont suivi Mme Gervinet et l'ont verbalisée 10 minutes plus tard pour défaut de clignotant... Avant de déposer plainte, Mme Gervinet avait déposé une main courante qui a provoqué une enquête administrative interne. 

Il en résulterait que les policiers ont indiqué que Mme Gervinet aurait refusé de déplacer son véhicule pour qu'il soit procédé au contrôle, qu'elle aurait dans un premier temps refusé de donner ses papiers et qu'elle les aurait menacés en leur disant qu'ils ignoraient combien de personnes avaient été trainées devant la justice par sa mère. Mme Gervinet a démenti l'ensemble de ses allégations. Elle indique avoir obtempéré, et précise n'avoir pas évoqué sa mère, qui exerce la profession de secrétaire médicale. 

Elle a ajouté qu'elle avait hésité à déposer plainte, mais qu'étant stressée chaque jour en allant au travail à cause de cette histoire, elle avait décidé d'agir. En effet, ce policier est venu quelques jours plus tard sur son lieu de travail où il a interrogé une de ses collègues pour glaner des renseignements sur Mme Gervinet. L'IGPN devrait maintenant entrer en contact avec cette collègue à Roissy pour l'interroger également...

FXG, à Paris

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