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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 07:24
Victorin Lurel, alors ministre des Outre-mer, a fait voter la loi de régulation économique qui permet à l'Autorité de la Concurrence d'intervenir dans des situations de monopoles

Victorin Lurel, alors ministre des Outre-mer, a fait voter la loi de régulation économique qui permet à l'Autorité de la Concurrence d'intervenir dans des situations de monopoles

Des accords d'exclusivité dans les parfums et cosmétiques sanctionnés

L'Autorité de la Concurrence a sanctionné hier à hauteur de 176 000 euros des accords d'importation et de distribution exclusives de parfums et cosmétiques aux Antilles-Guyane et à La Réunion

Saisie en novembre 2017 par les sociétés antillaises Sodex Ody Gombaud Saintonge SARL, Phoenicia SARL, Phoenicia Parfums SARL, l'Autorité de la Concurrence (AdC) a sanctionné ce 8 octobre les sociétés Procter & Gamble, Coty et Chanel ainsi que leurs grossistes-importateurs, Parfumerie d'Outre-mer aux Antilles-Guyane (groupe Roger-Albert) et Sodibel (Etablissements Frédéric Legros) à la Réunion, pour avoir mis en place des accords exclusifs d'importation dans les quatre DROM. Alors que la loi Lurel interdisait tout accord exclusif d'importation à compter de mars 2013, Les groupes Procter & Gamble, Coty et Chanel ainsi que leurs grossistes-importateurs ont maintenu ou mis en place, après l'entrée en vigueur de la loi Lurel, des exclusivités d'importation pour la distribution de parfums et produits cosmétiques en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion.

Pour le groupe Procter & Gamble et son grossiste importateur aux Antilles et en Guyane, Parfumerie d'Outremer, leur accord d'importation exclusive a perduré jusqu'au 25 février 2015 pour des gels douches, après-rasage, eau de toilette, déodorants des marques Puma, Gucci, Montblanc, Rochas et Dolce Gabbana.

Pour le Groupe Coty et son importateur Parfumerie d'Outremer, l'accord d'exclusivité a duré du 26 septembre 2016 au 1er février 2018 pour des gels douches, après-rasage, eau de toilette, déodorants des marques Calvin Klein, Marc Jacobs, Tiffany et Balenciaga.

Pour le groupe Chanel (puis le groupe Coty) et l'importateur grossiste réunionnais Sodibel, l'accord d'exclusivité a duré du 22 mars 2013 au
23 janvier 2014 sur des produits de maquillage de la marque Bourjois.

"Ces pratiques, estime l'AdC, ont entravé le développement de concurrents et pesé sur le pouvoir d'achat des ménages." Les sociétés mises en cause n'ont pas contesté les faits et ont souhaité bénéficier de la procédure de transaction. Ainsi l'AdC a condamné Procter & Gamble à payer une amende 40 000 euros, Coty 32 000 euros, Chanel et Coty (pour les produits Bourjois) 13 000 euros, Parfumerie d'Outremer 68 000 euros et Sodibel 23 000 euros. Total 176 000 euros.

FXG, à Paris

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:06
Philibert et le budget de la MOM

La FEDOM tenait son conseil d'orientation mercredi soir à Paris, avant de recevoir la ministre des Outre-mer. Entretien avec son président, Jean-Pierre Philibert.

"C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses"

On vous a entendu dire du bien du budget de la mission Outre-mer...

J'ai dit que c'était un budget dans lequel il n'y avait pas de surprise désagréable, mais vous savez comme moi que parfois les débats en réservent... Et surtout, il y a des choses que l'on peut améliorer dans ce budget. On  listé un certain nombre de points dans des secteurs comme le logement social pour les plus défavorisés. C'est vrai que le rétablissement de l'allocation accession est plutôt une bonne nouvelle, comme l'extension des périmètre du crédit d'impôt pour la réhabilitation des logements sociaux. Mais, j'ai appris à être prudent et comme disait un grand homme qui nous a quitté il y a peu de temps, c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses, donc c'est à la fin du budget qu'on verra les bonnes comme les mauvaises nouvelles.

Vous avez fait des propositions concernant les délais de paiement, qu'en est-il ?

Je ne sais pas encore puisque le rapport va être rendu très prochainement. C'est un sujet compliqué parce que c'est un ménage à trois : les entreprises, les collectivités locales et l'Etat. L'Etat a donné un certain nombre de signes forts comme la menace de révocation du maire de Pointe-à-Pitre, maintenant, il faudrait des dispositions qui peuvent être contraignantes pour éviter ces dérives que nous connaissons et ça doit se faire avec les collectivités. J'ai proposé que les entreprises, les collectivités et l'Etat, nous nous voyions dès qu'on aura le rapport commandé par la ministre.

La ministre s'est dite ouverte à faire évoluer les exonérations de façon qu'elles ne ciblent plus que les bas salaires. Qu'en est-il ?

Nous nous sommes vus en juillet et il y avait une clause de revoyure. Nous avons réglé des problèmes sur la presse, l'aérien et les entreprises. Presse et aérien, j'attends la prochaine réunion dans quinze jours pour qu'on me dise que c'est fait. Sur les entreprises, il faut maintenant impérativement que l'on détermine comment on bouge les fameux seuils. Le gouvernement y est prêt ; on n'est pas tout à fait d'accord sur le curseur... Le gouvernement veut peut être les augmenter, mais moins que nous. On a mis un simulateur en place qui donne des chiffres intéressants. Le gouvernement nous les a demandés et on va pouvoir les confronter avec les chiffres que j'espère l'ACOSS et la Sécurité sociale vont nous communiquer, et que du coup nous trouverons le bon chiffre pour le prochain budget de la Sécurité sociale.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 08:10
Marlène Bernard, Ary Chalus, Willy Rozier et Didier Coffre

Marlène Bernard, Ary Chalus, Willy Rozier et Didier Coffre

Ary Chalus et l'équipe du CTIG promeuvent la Guadeloupe à Top Résa

Avec plus de 2,5 millions de passagers à Pôle Caraïbes l'an dernier, soit une progression de + 5 % depuis 2015, le tourisme en Guadeloupe a encore de beaux jours devant lui ! L'objectif affiché par la Région et le Comité du tourisme (CTIG) est d'arriver 1 million de touristes de séjour. "C'est à portée de main", indiquait mercredi à Paris le président Chalus à l'occasion des 10e rencontres interprofessionnelles du CTIG. La Région ne ménage d'ailleurs pas ses efforts puisque le total des financement touristiques (fonds régionaux et fonds européens) avoisine les 80 millions d'euros. En 2018, la Guadeloupe a donc reçu 1,166 millions de visiteurs dont 735 000 touristes de séjour. Ils ont généré 813 millions de recettes, soit une progression de 7 % en un an et de 14 % en deux ans !

53 % des visiteurs sont des touristes d'agrément, 47 % ont moins de 40 ans, 42 % voyagent seuls et 39 % appartiennent à des catégories socioprofessionnelles supérieures. 69 % des touristes reviennent et le taux de satisfaction est de 98 %.

La durée moyenne du séjour est de 14 jours. Les touristes proviennent essentiellement de l'Hexagone (59 %), de la région (Martinique, Saint-Martin, Guyane), de l'Amérique du Nord (5 %) et de l'Europe (4 %). Des chiffres qui devraient progresser avec l'arrivée de Jet Blue (3 vols hebdo à partir du 1er février) et d'Air Belgium (2 vols hebdo à partir de décembre). Philippe Wilmart, le directeur commercial d'Air Belgium, indique que les ventes marchent bien et que sa compagnie envisage d'ores et déjà de ne pas cesser ses rotations en avril et de les prolonger durant la période d'été.

Globalement, l'offre de sièges d'avion sera renforcée pendant la prochaine saison de 38 000 unités.

Côté hébergement, le Club Med à la Caravelle sera inauguré le 15 novembre en présence de 200 journalistes : 140 nouvelles chambres et un espace "Oasis zen", réservé aux adultes (30 chambres, deux suites et piscine privée). La Toubana aura ses 5 étoiles le 12 octobre (150 clients, 33 bungalows, 12 suites et trois villas). "Chic et trendy !" L'hôtel Saint-Georges (40 chambres, deux suites) à Saint-Claude ouvre le 11 octobre. L'habitation La Manon ouvrira en novembre à Pointe-Noire comme la villa des arts à Saint-François...

Le nouvel axe marketing du CTIG qui lancera une nouvelle campagne de pub sur les écrans nationaux le 1er janvier vise à renforcer l'attractivité de la destination en misant sur l'expérientiel et l'émotionnel, mais également à augmenter la valeur du panier moyen que chaque touriste dépense lors de son séjour.

FXG, à Paris

"Trésors de Guadeloupe", une appli et un livre

Kina Chénard du Département a présenté un beau livre qui recense quelque 40 sites patrimoniaux du Conseil départemental avec des photographies magnifiques de la trace des crêtes, du parc des roches gravées, du fort Fleur d'épée ou de l'habitation Murat... Un itinéraire qui emprunte à la route de l'Esclavage labellisée UNESCO. Et tout ça se retrouve sur une appli dénommée "Les trésors de Guadeloupe".

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 06:01
Scandale sanitaire et environnemental du chlordécone

Commission d'enquête chlordécone

Après les premières auditions en juillet dernier de la commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone, et celles qui sont déroulées aux Antilles en septembre, son président Serge Létchimy et sa rapporteure Justine Bénin en ont mené de nouvelles le 25 septembre dernier. Parmi les personnes entendues, le lanceur d'alerte Eric Godard, qui malgré sa qualité de chargé de mission interministériel chlordécone en Martinique, a eu toutes les eines du monde à se faire entendre, ou celle du chercheur au CNRS, Malcolm Ferdinand, qui a comparé la rapidité de réaction des Etats-Unis après la catastrophe d'Hopewell en 1975, avec la production d'ignorance et d'inaction de la France".

Dossier FXG, à Paris

Quand le lanceur d'alerte est appelé "l'ayatollah des pesticides"

Eric Godard est arrivé en Martinique en 1998 comme chef du service santé environnement à la DDASS (aujourd'hui l'ARS). Il y a alors un litige sur la qualité de l'eau qui oppose l'Etat à des associations. La direction régionale de l'environnement demande une mission à l'inspection  générale et à l'Agriculture. Sans parler encore de chlordécone, cete mission constate un "usage immodéré des pesticides" et un certain "laxisme des autorités". Le comité de bassin en Martinique est saisi et la DDASS essaie d'améliorer le contrôle des eaux d'alimentation. C'est en septembre 1999 que la molécule chlordécone est trouvée dans trois captages, la source Gradis à Basse-Pointe, la rivière Monsieur à Saint-Joseph et le rivière Capot. "Il y a eu un gros émoi dans la population, raconte Eric Godard, mais aussi une satisfaction car l'Etat reconnaissait la chose." Les découvertes s'enchaînent : après la pollution de l'eau de boisson, on découvre en mars 2002 que les légumes racines (dachines, patates douces et choux caraïbe) sont contaminés. "Il y a encore, poursuit Eric Godard, un gros émoi et j'ai du mener un parcours du combattant pour faire reconnaître la pollution et le danger pour la santé publique." le préfet Cadot consent tout de même à rendre public ces résultats le 1er juillet 2002. "Mais, ajoute M. Godard, sans dire que c'est un souci..." Ce ne sont donc pas les patates douces retrouvées dans un container à Dunkerque en septembre 2002 qui ont révélé le problème. La découverte du chlordécone en Guadeloupe intervient six mois après la Martinique. On découvre du chlordécone dans les sources de la Basse-Terre en 1999 (crise CAPES, des milligrammes et non des microgrammes dans l'estuaire du Grand Carbet, la pollution de la source Neufchâteau au CIRAD), puis dans les légumes racines. Les résultats tombent le 23 avril 2002 : 1/3 des légumes racines sont contaminés. Godard prêche dans le vide l'interdiction des cultures sur les sols contaminés. On ne s'y oriente que depuis peu...

"Le manque d'envie de considérer la population comme adulte"

A partir de là, Eric Godard va connaître toutes sortes de difficultés. Dans le milieu des services déconcentrés de l'Etat, on parle de lui comme d'un "ayatollah des pesticides". Il n'est pas invité aux réunions préfectorales sur le sujet. Eric Godard est tout bonnement, mais sans le dire, écarté... Il quittera la Martinique fin 2002 pour aller en Guyane s'occuper de pollution au mercure.

Eric Godard revient pourtant en Martinique en 2006. Un premier rapport d'information parlementaire est produit et Eric Godard se trouve propulsé chargé de mission interministériel chlordécone. Arrivent alors "Chronique d'un empoisonnement annoncé", le livre de Confiant et Boutrin, et le rapport du Pr Belpomme. Le scandale du chlordécone repart malgré les contrefeux des bananiers. Eric Godard s'attèle alors "un peu seul" au plan chlordécone 1 mais obtient dès 2007 de ramener les limites maximales résiduelles de 200 à 20 microgrammes dans les légumes consommés. Eric Godard indique tout de même qu'il n'a pu "amener l'information à la population" après son rapport 2011, que "le ministère a voulu saborder le programme" : "J'étais bloqué de partout, relate-t-il, sans soutien de l'administration centrale, j'avais peu de liberté pour faire avancer la cause de la santé publique." Pire encore, le ministère de l'Environnement ponctionne 2 millions d'euros sur les crédits du plan chlordécone pour faire des analyses dans les zones périurbaines en Martinique et en Guadeloupe "alors qu'on savait que dans le même temps, les agriculteurs n'avaient pas d'analyses financées..."

Pour autant, Eric Godard ne parle pas de volonté de cacher les choses, mais plutôt d'une volonté de lénifier : "On se heurte à une culture de partage de la connaissance pas très développée dans certains services, un frilosité générale, la peur d'affoler, le manque d'envie de considérer la population comme adulte..." Il ajoute : "La situation s'est dégradée entre 2006 et 2011 par le fait que j'étais écarté de certaines réunions. En Guadeloupe, après 2009, c'était porte fermée. le préfet de Guadeloupe, après 2009, ne souhaitait pas trop parler de chlordécone. Pour lui, ce n'était pas un sujet." En 2014, la préfète Marcelle Pierrot décide même de mettre un terme aux réunions du GREP et du GREFY... En 2016, Eric `Godard doit faire une note au ministre de la Santé pour faire part de ses difficultés et de son impossibilité de communiquer en dehors du programme des jardins familiaux...

Les difficultés reviendront encore en 2017 avec la questions de limites maximales résiduelles qui ont été réhaussées par rapport à la norme de 2007. Les médias s'emparent heureusement  de l'affaire et les LMR sont ramenées à une norme raisonnable. Quant à connaître la carte de la contamination des terres, face au refus des préfets, il a fallu l'obtenir après injonction de la commission d'accès aux documents administratifs.

Eric Godard a pris sa retraite en octobre 2018.

Les occasions manquées

Eric Godard  fait la liste des occasions manquées sur le dossier chlordécone. Au fur et à mesure de son récit, les larmes lui sont montées aux yeux notamment lorsqu'il a raconté quand le professeur René Seux, de l'université de Rennes a dit en 1998 à Luc Multigner, lors de l'inauguration de son labo, qu'il avait détecté la chlordécone dès 1991, mais que la DASS lui avait fait dire de rechercher les molécules demandées... En 1991 encore, le service des végétaux enquête sur la banane et il est déjà question de chlordécone à plusieurs reprises avec des signes  "très persistant" ; la DDASS Martinique fait rechercher la molécule par le laboratoire départemental. Pourtant mandaté, l'institut Pasteur ne fait pas les recherches. Il faut attendre 1999 pour qu'on change de laboratoire et qu'on cherche la chlordécone...

Trafic et usage après interdiction

En 2002, 9,4 tonnes de curlone sont découverts à la SICABAM et au GIPAM en Martinique (on en trouvera 4 tonnes en Guadeloupe). Les stocks sont en bon état et la DIREN et la DGCCRF parlent de fraude et de trafic organisé à partir d'Afrique par des planteurs qui ont des intérêts sur ce continent.

Car les ventes se sont poursuivies après l'interdiction de 1993 dans les magasins de bricolage de Joseph Cotrell. C'est alors une filiale des établissements de Lagarrigue, dirigée par Henri Arnould. Selon Yves Hayot, cité par Eric Godard après un entretien en 2009, "Cotrell avait une certaine indépendance vis-à-vis de Lagarrigue." Un ordinateur de Cotrell  est retrouvé ; il présente des fichiers client pour le curlone. Un technicien du CIRAD témoigne encore d'avoir vu des épandages au curlone en 2000 tandis que la DCCRF et la DSDS sont au courant d'épandage au curlone encore en 2002. "Tout ce faisceau de témoignages, explique Eric Godard, montre qu'on a poursuivi l'épandage après 1993." Le parquet a fait une demande d'information en 1997 en Guadeloupe. Il a classé sans suite pour prescription, comme l'a classée sans suite aussi le chef de la protection des végétaux, Alain Chidiac.

Une même catastrophe : deux façons de faire

Malcolm Ferdinand, chercheur au CNRS, a lui aussi été auditionné par la commission d'enquête parlementaire. Cet ingénieur environnement et docteur en philosophe politique a travaillé pendant huit ans sur la question du chlordécone.

Il a comparé les suites données à la catastrophe d'Hopewell en Virginie en 1975 à celles que la France a consacré à ce problème après son interdiction aux Antilles.

Deux jours après la pollution massive de la James River par le chlordécone après l'accident survenu à l'usine Allied Chemical d'Hopewell, le gouverneur de Virginie interdit la vente et l'utilisation du chlordécone, mais ordonne aussi la destruction des stocks. Il faudra 13 ans pour la France (sans parler de destruction des stocks).

Deux jours après, des mesures sont prises pour interdire la pêche.  31 ans pour la France.

Une semaine après, les premières recherches sur le risque cancérogène sont lancées. Il faudra attendre 22 ans pour la France.

Un mois après, sont lancées les recherches sur la contamination des aliments et des eaux. 30  ans pour la France.

Un mois et demi après l'accident commencent les recherches pour dépolluer le site. 20 ans pour la France.

Six mois après, une enquête du Sénat américain est ouverte, complétée six mois plus tard par une enquête de la la chambre des représentants. 27 ans pour la France.

"Les lobbys victorieux"

Dans les deux ans qui suivent la catastrophe, plusieurs actions en justice son menées contre l'usine et contre la mairie. Des pêcheurs et des ouvriers de l'usine sont parties prenantes. en deux ans, la justice est rendue. La mairie et l'usine sont condamnées chacune à payer 30 millions de dollars d'amende (123 millions d'euros actuels). Avec une partie de cette argent, l'Etat de Virginie crée une fondation pour l'environnement toujours active. En France, 42 ans après, la justice reste muette.

Malcolm Ferdinand conclut sa démonstration en dénonçant "la production d'ignorance et d'inaction" qui a fait des lobbys du chlordécone les seuls victorieux de ce drame. Il en tire la conclusion en cinq points : une crise environnementale et sanitaire, une crise étatique avec des failles répétées des services de l'Etat et une inaction malgré les alertes (dont la première est venue des ouvriers agricoles martiniquais dès 1974 par une grève et des revendications explicites d'arrêter l'usage du chlordécone), une crise démocratique  qui révèle que "un petit groupe a réussi à imposer une vie en pays contaminé", une crise de justice ("Le travail de votre commission d'enquête aurait du être fait il y a 47 ans") et enfin une crise sociétale qui révèle "un habité colonial avec une monoculture d'exportation dont les habitants n'ont profité que des violences".

Les prochaines auditions

Lundi 14 octobre, la commission d'enquête auditionnera Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, puis Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

Mardi 15 octobre, viendra le tour d'Annick Girardin, ministre des Outre-mer et enfin jeudi 17 octobre, Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 05:58
Santé en Guyane

Le débat au Sénat

C'était une demande pressante du sénateur Antoine Karam (LREM) ce débat sur la santé en Guyane, jeudi après-midi au Sénat. Certes, Agnès Buzyn avait délégué son secrétaire d'Etat, Adrien Taquet, mais les quelques 18 questions des sénateurs , réponses comprises, n'ont pas excédé une heure trente. Pourtant, deux ans après le mouvement social qui avait mis la santé au coeur de la revendication populaire, on parle toujours de vétusté des équipements, de précarité, de 20 à 30 % seulement de couverture sociale, d'un manque de professionnels et d'un important turn over... En gros, l'offre de soin reste déficitaire avec moins de 600 médecins dont 59 % sont généralistes. Alors quand la question du CHU de la Guyane est posée par le sénateur Karam (c'était dans les accords de Guyane), le secrétaire d'Etat se contente de répondre : "Désigner un établissement de santé CHU est une prérogative de l'université et le département de médecine est encore inexistant..." Il préfère dire que le modèle d'avenir est la consolidation du centre hospitalier comme établissement de référence. "Le ministère soutiendra cette démarche." Il ajoute par ailleurs : "La création d'un CHU n'améliorerait en rien la qualité des soins hospitaliers." Adrien Taquet a plutôt insisté sur l'aide fournie par l'Etat aux hôpitaux guyanais : 25 millions pour le CHOG en 2017, le passage sous statut public du centre hospitalier de Kourou et le 20 millions (plus 40 en investissement) pour le centre hospitalier de Cayenne. Quand au coefficient régional dont une mission parlementaire vient de plaider pour son relèvement outre-mer, il a déclaré : "le coefficient régional a été réévalué en 2017, il n'est pas question à ce stade de le réévaluer, comme pour les autres territoires d'Outre-mer."

les finances hospitalières sont plombées par les 4000 évacuations sanitaires annuelles. Elles coûtent ' à 5 millions d'euros. Adrien Taquet rétorque qu'une "plateforme territoriale d'appui est en préparation pour alléger la charge de travail des professionnels. Il soutient la coopération avec les Antilles pour développer l'offre de soins sur place : une équipe martiniquaise de cardiologie vient une fois par mois à Cayenne. De même, s'il reconnaît l'utilité d'avoir ouvert aux médecins non diplômés de l'Union européenne (à savoir les Cubains) l'exercice de leur métier en Guyane, il prône la formation de plus de sages-femmes et d'infirmières. C'est le plan priorité prévention avec l'ouverture de 100 postes d'assistants spécialistes à temps partager (dont 50 dés novembre 2018). Il salue encore la convention passée entre la Guyane et l'assistance publique des hôpitaux de Paris. La sénatrice (CRCE) Laurence Cohen  a trouvé que "les moyens financiers manquaient dans les réponses" du ministre. Quant à Alain Milo, président de la commission des lois, il a terminé avec ces propos qui peuvent étrangement résonner : "L'offre médicale n'est pas si mauvaise au Suriname."

FXG, à Paris

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 05:28
La BEI finance les lycées de la Guadeloupe

La Banque européenne d'investissement prête 90 millions à la Région pour les lycées

En marge du congrès des Régions de France qui se tenait à Bordeaux jusqu'à lundi, le vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Ambroise Fayolle, et le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, ont signé hier une convention de financement pour six projets de construction, rénovation et ou extension d'établissements scolaires avec des mises aux normes climatiques et parasismiques. Il s'agit du lycée de Baimbridge auquel sera adossé un nouveau gymnase, d'un lycée professionnel avec son internat et son gymnase, un internat de la réussite et une centre régional de formation professionnelle. L'ensemble des travaux prévus doit coûter 180 millions. La BEI va y concourir par un prêt à long terme de 90 millions. "C'est une satisfaction, a indiqué le président Chalus, parce que pour ce projet, nous n'avions eu jusqu'alors que 20 millions de l'Etat et 20 millions des fonds européens. Grâce à cette convention, nous allons pouvoir moderniser le lycée de Baimbridge et surtout, nous allons pouvoir reconstruire le lycée Gerty-Archimède de Morne-à-l'Eau." Le président a indiqué qu'en tout la Région devra débourser 500 millions pour la modernisation l'ensemble du parc lycéen. Cette convention qui vient après celle que la BEI vient d'en signer pour la modernisation de l'aéroport, annonce, selon Ambroise Fayolle, le retour de la BEI et ses investissements sur l'archipel.

FXG, à Paris

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 05:25
Flavia Serve, du CGT Paris et Alex Bathilde, directeur du Comité guyanais du tourisme

Flavia Serve, du CGT Paris et Alex Bathilde, directeur du Comité guyanais du tourisme

La Guyane promeut ses atouts à Top Résa

Le Comité du tourisme de la Guyane se bat pour promouvoir la destination en participant cette année encore au salon mondial du tourisme à Paris, Top Résa. Sept exposants sont venus présenter leurs nouveautés comme T'air Nature Guyane, un réceptif qui propose du sur mesure et des auto-tours, ou  le "chocotourisme" cher à Félicio Rodriguez qui a déjà lancé ce concept en Côte d'Ivoire et que va commercialiser le réceptif Guyane Evasion avec les cacaoculteurs Angénieux Dupra à Saint-Laurent ou Olivier Dumett à Regina sur le haut Approuague. L'idée étant d'attirer plus de visiteurs... Ils ne sont encore que 110 000 mais avec une petite progression, entre 2015 et 2018,  de 2 à 3 % pour le tourisme d'agrément. "Le segment des familles avec des préadolescents ou des adolescents a progressé", indique Sonya Cippe du CTG Paris. Un public qui se retrouve dans la tendance "biodiversité, nature". "Les incendies au Brésil ont provoqué un focus sur la Guyane et les gens, poursuit Mme Cippe, viennent nous en parler et veulent savoir comment découvrir la forêt." Un tour opérateur (TO), "De voyage en voyage", est d'ailleurs venu les voir car il est positionné sur cette clientèle de niche qui a déjà beaucoup voyagé et qui veut répondre à "l'appel de la forêt". La plupart sont des individuels et quelques uns seulement passent par des TO.

Une autre manne de touristes pourrait venir du Guyana grâce à ses clients américains attirés par la base spatiale et les îles du Salut. "Ils sont venus et nous les avons reçus, raconte Alex Bathilde, directeur du CTG, mais se pose la question de la connectivité. La compagnie aérienne du Guyana peut venir si les conditions sont optimales." Les normes poseraient donc un problème...

Alors que le CTG dispose à nouveau de fonds (280 000 euros pour trois ans) pour son observatoire du tourisme, le schéma touristique de 2013 doit être révisé. Il faut refaire la signalisation touristique, organiser des modules de formation, développer des projets structurant à plus grande échelle afin de faire émerger un ou deux produits d'appel phare bien structurés comme les marais de Kaw. Quant à vouloir visiter la case de Dreyfus à l'île du Diable, voire celle de Papillon, ou encore prendre connaissance de l'histoire de Malmanoury, le village qui a laissé la place à la base spatiale... Il faudra encore attendre pour cela que la Guyane digère son histoire.

FXG, à Paris

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 05:22
François Baltus-Languedoc, directeur, et Karine Mousseau, président du Comité martiniquais du tourisme

François Baltus-Languedoc, directeur, et Karine Mousseau, président du Comité martiniquais du tourisme

 

La Martinique promeut une destination d'excellence à Top Résa

C'est épaulée de son tout nouveau directeur général, François Baltus-Languedoc, que Karine Mousseau, présidente du Comité martiniquais du tourisme, a présenté mardi au salon mondial du tourisme à Paris, Top résa, les résultats de la saison touristique. Le million de touristes atteint en 2017 continue de progresser. Selon Gaëtan Paderna, directeur marketing et communication du CMT, c'est 4,3 % en plus cette année et 7 % pour le seul tourisme de séjour. Désormais, le message du CMT est simple et clair : "La Martinique est une destination qui se différencie par la qualité de son offre." La campagne lancée l'an dernier avec le spot réalisé par Lucien Jean-Baptiste va donc se poursuivre sur les écrans nationaux mais également dès janvier au Canada et en Belgique avec l'arrivée d'un nouvel opérateur aérien, Air Belgium.

"Pendant les deux prochaines années, indique Karine Mousseau, nous allons utiliser le spiritourisme pour tirer toute l'offre touristique martiniquaise : les hébergeurs et les réceptifs sont au taquet et les loueurs de voiture innovant !" C'est donc une stratégie de différenciation que le CTM met en place "pour une destination d'exception". Si les hôtels nécessitent encore d'être rénovés, le parc de meublés haut de gamme attire 52 % des touristes.  Et comme ceux-ci veulent un touriste "expérientiels", le CMT met le paquet sur le patrimoine, les distilleries, les moulins... "On peut raconter l'histoire de la Martinique avec une bouteille de rhum", vante la président du CTM.

L'excellence, Karine Mousseau la veut sur toute la filière, depuis les compagnies aériennes (Corsair modernise sa flotte avec des A 330 Néo et veut arriver jusqu'à 11 fréquences hebdo en haute saison, Air Caraïbes déploie ses A350...) jusqu'aux loueurs de voitures, à l'instar de "Jo", cette filiale de Jumbo Car (GBH) qui a créé une application pour dématérialiser les démarches de prise en main d'un véhicule. Et pour illustrer cette philosophie de la filière, Karine Mousseau aime à dire : "On se déplace toujours en team Martinique !"

En 2018, le tourisme a rapporté 451 millions d'euros avec une dépense moyenne par touriste et par séjour de 850 euros. C'est là qu'il faut travailler pour augmenter encore cette somme. le Raid des Alizés, les ateliers gastronomiques, l'écomusée de Saint-Pierre, la réouverture du domaine de Fonds Saint-Jacques, l'ouverture de deux nouvelles distilleries (A 1710 et Habitation Lasalle, le défi yoles en février et encore la programmation de la fondation Clément sont là pour y contribuer.

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 06:50
Patrick Chamoiseau, président du festival du documentaire Amazonie Caraïbes

ITW Patrick Chamoiseau, président du jury du premier FIFAC

"Un documentariste est presqu'un philosophe du monde contemporain"

Comment prenez-vous ce rôle de président du jury ?

Je suis heureux qu'on me propose une aventure comme celle-là avec toute l'ambition que l'équipe du FIFAC y met. Les Outre-mer sont une énigme... Tous nos artistes, tous nos penseurs, tous nos écrivains ont été confrontés à une énigme. Cette énigme c'est une sorte de surgissement anthropologique absolument inédit dans l'histoire de l'humanité même si le processus des cultures et des civilisations toujours été fait de carrefours, de rencontres... Mais là, avec le choc de la colonisation, avec sa violence inouïe et tout ce que l'Occident apporte comme lumières, il y a eu des phénomènes qui n'ont pas encore jusqu'à maintenant été suffisamment élucidés. Tous les processus de décolonisation sont fais sur la base de l'Etat-Nation. Le monde colonial avait été divisé en empires par des Etats eux-mêmes verticaux, conflictuels et on a encore tendance à regarder le monde avec ce prisme alors que depuis les années 1950, Glissant le dit, le monde est devenu le tout-monde, une sorte de noeud relationnel. Ce sont des flux relationnels extrêmement puissants, extrêmement constants, qui ont défait les communautés archaïques. cette équation déterminante produit aujourd'hui une réalité mondiale qui est intéressante.

L'outre-mer reste une énigme ?

Quand je disais énigme, ce choc de la colonisation a permis à des cultures et des civilisations de se rencontrer. il y a eu des surgissements dans cette globalité, ces génocides, ces résistances... Quelque chose a surgi et nos pays relèvent de ça. Lorsqu'on dit — je n'aime pas ce pauvre terme — Outre-mer qui a tendance à effacer les réalités des peuples et des Nations qui n'ont pas d'Etat. Ce sont des berceaux de géographie, ce sont des histoires, ce sont des emmêlements, ce sont des réalités anthropologiques qui vont surgir tout au long de la colonisation, mais qui restent une énigme à la fois pour les anciens colonialistes puisqu'ils n'ont pas été décolonisés dans leur tête le plus souvent, et pour nous-mêmes. Si en Martinique et en Guadeloupe, nous avons raté le processus de décolonisation, c'est que pendant longtemps nous avons essayé de nous concevoir comme se concevaient les communautés anciennes, c'est-à-dire l'identité à racine unique, ma langue, mon Dieu, ma peau... Alors que là, on était confrontés à un mélange de langues, de peaux, de dieux... Une situation composite extrêmement changeant, extrêmement mouvant qui était déroutante. On n'avait pas la possibilité comme dans les civilisations classiques de chercher ce qu'il y avait les colonisateurs pour l'opposer aux colonisateurs. Nous étions nés dans la colonisation.

Comment doivent résonner les termes Caraïbes et Amazonie ?

Ce sont des réalités très énigmatiques d'abord pour nous-mêmes. Je me souviens qu'il y a à peu près quinze ans de ça, Avec Glissant, nous avions ce projet de création d'un musée des arts des Amériques. A partir des arts plastiques, Glissant voulait essayer de deviner quelles étaient les grandes structurations linguistiques, les hybridations, les survivances, les mélanges,  ce qu'il appelle le phénomène de créolisation : Qu'est-ce qui dans cette apparente diversité qui est chaotique, quelle est l'unité secrète ? Qu'est-ce qui s'était produit, qu'est-ce ça avait donné et comment on pouvait trouver dans cette diversité apparente chaotique cette espèce d'unité particulière qu'in ne peut expliquer et concevoir que par la diversité. Cette énigme a été explorée par Césaire, Glissant, toute la littérature des Amériques. C'est véritablement une confrontation à l'énigme anthropologique.

Quel est votre opinion sur le mode d'expression documentaire ?

Le documentaire est un art très particulier. Que se serait-il passé si Césaire au lieu d'écrire "Le cahier d'un retour au pays natal" avait fait un documentaire ?! Le documentaire est un outil de connaissance absolument précieux qui vient s'ajouter à tous les modes de connaissance artistique que nous connaissons... Bien sûr la littérature, la poésie, les arts plastiques nous dessinent l'architecture, non pas civilisationnelle, mais de ce surgissement anthropologique que sont les Amériques. Bien sûr, il y a le cinéma auquel nous avons encore du mal à accéder. Ce sont des industries très lourdes, très coûteuses et nous n'avons pas encore tous les dispositifs socio-culturels qui nous permettraient de stimuler une création populaire. Il nous manque cette vision de nous-mêmes, cet exercice de compréhension de nous-mêmes à partir d'un outil qui est tellement puissant aujourd'hui... L'image, l'audiovisuel, la salle obscure avec l'écran qui s'anime, la vision de grands réalisateurs, de grands documentaristes... C'est presqu'un philosophe du monde contemporain qui capte les choses et voit de l'indicible et devine des forces... Lorsqu'un documentaire est puissant, c'est pratiquement vingt ans de réflexion qui nous sont accordées. Tout ce que j'aimerais, c'est favoriser le développement de cet art et faire en sorte que nous ayons cette vision de nous-mêmes.

Ce n'est pas qu'une question de visibilité de l'Outre-mer dans l'Hexagone...

La question de la visibilité passe d'abord par une existence. Il n'y a pas d'existence souveraine, politique s'il n'y a pas de responsabilité politique : qu'est-ce qu'on montre ? On ne peut pas bâtir une visibilité sur des peuples que sont déresponsabilisés, qui n'ont même pas la possibilité d'explorer la totalité de leur bassin, de leur géographique. La visibilité, c'est véritablement se connaître soi-même, comprendre que lorsqu'on est dans la Caraïbe, on est un Créole américain. On fait partie du surgissement de type civilisationnel qui couvre toutes les Amériques et qu'il y a là une unité particulière qui est très moderne dans la mesure où elle mobilise plusieurs langues, plusieurs imaginaires. Nous ne sommes plus dans constructions des Etats-Nations qu'on essayait d'instaurer, on revient à une situation qui a précédé l'Etat-Nation et qui permet de concevoir des espaces humains sur la base de diversités actives qui se nourrissent, se développent, recomposent sans cesse du nouveau, qui libèrent les individus et qui expriment une conscience du monde très différente que ce qui a pu être porté par l'esprit impérial et l'esprit colonialiste. C'est pour toutes ces raisons que je suis très heureux de visionner, de regarder tous ces documentaires sur une réalité aussi complexe que toute la zone de l'Amazonie et de la Caraïbe. Et si ça peut donner envie à une jeune Guyanaise ou Antillaise d'avoir envie de produire, de prendre la caméra, de prendre son téléphone, de filmer, de s'accorder avec la puissance de l'image, apprendre à se connaître soi-même, à se définir soi-même et commencer à partir de là à concevoir son existence.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 06:46
France TV : FIFO, FIFAC et FIFOI

Un nouveau festival du doc Amazonie Caraïbes

France télévisions lance un nouveau festival international du film Amazonie Caraïbes (FIFAC). Il y a 16 ans, naissait à l'initiative, entre autres, de Wallès Kotra le festival international du film océanien (FIFO), des rencontres destinées à valoriser et promouvoir les productions documentaires de cette région du monde. Aujourd'hui, le même Wallès Kotra, directeur en charge du pôle Outre-mer de France Télévisions, lance un petit frère, le FIFAC dont la première édition aura lieu au camp de la transportation à Saint-Laurent du Maroni en Guyane du 14 au 18 octobre. "Les Outre-mer sont porteurs d'un regard sur le monde", a fait valoir Wallès Kotra lundi 16 septembre lors du lancement médiatique du FIFAC à la Maison de l'Amérique latine. Didier Urbain directeur exécutif de l'association du FIFAC, et Luc de Saint-Sernin, directeur du conseil éditorial, en sont les chevilles ouvrières. Ils bénéficieront aussi du soutien et de la présence  de Catherine Alvaresse, responsable des documentaires à France TV qui a compris que le groupe d'audiovisuel public avait une vraie carte à jouer : "Avec la disparition de France Ô, il est temps pour nous d'enrichir notre offre documentaire, de la penser avec des contenus ultramarins propres..."

Les films projetés au FIFAC, comme au FIFO, devraient donc être vus sur les chaînes du groupe public, dans la nouvelle case doc du jeudi soir sur France 3, sur les nouvelles cases doc des chaînes La 1ère en Outre-mer, mais également "naturellement, assure la responsable Catherine Alvaresse, sur les chaînes France 2 et France 5". Le festival a vocation aussi à se poursuivre hors les murs le reste de l'année avec des projections le reste de l'année dans les départements français d'Amérique, mais également dans les pays de la zone caraïbe et amazonienne.

Pour cette première édition du FIFAC, 13 films sont en compétitions et 9 hors compétition. Le jury sera présidé par l'écrivain Patrick Chamoiseau.

Et comme on dit "jamais deux sans trois", Luc de Sernin a d'ores et déjà annoncé la naissance l'an prochain du festival international du film océanien. Ce FIFOI aura lieu du 14 au 18 septembre à la Réunion.

FXG, à Paris

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