Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 09:05

Grand port maritime du Guyane : attention aux dauphins à bosse 

Réunie mercredi dernier l'Autorité environnementale (Ae) a émis deux avis sur le projet stratégique 2014-2018 du grand port maritime de la Guyane. Ses prescriptions visent à faciliter la participation du public et à améliorer la qualité du projet avant la prise de décision.

L’Ae a émis des recommandations sur la question de la maîtrise foncière de la zone arrière portuaire, et demandé que soient précisées les mesures envisagées pour permettre aux habitants de la zone d’habitat spontané adossée à la clôture extérieure du port, de s'installer hors des zones à risques technologiques. Cette population est estimée à 150 personnes dans une cinquantaine d’habitations précaires selon l’agence d’urbanisme et de développement de la Guyane.

L'Ae recommande encore de repenser l’articulation du projet stratégique avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux et le schéma régional climat, air, énergie, ainsi que le suivi de la qualité de l'eau aux abords du port et du chenal (notamment l’impact des dragages quotidiens et des pollutions éventuelles). L'Ae a également recommandé de compléter l’évaluation environnementale avec une analyse des risques accidentels et technologiques, et une analyse des impacts des aménagements, dont projet de circulation des camions de chargement, sur l’écosystème de l’estuaire du Mahury, en particulier sur les espèces protégées.

L'Ae s'est aussi penchée sur le projet des travaux de déroctage dans le port de Dégrad des Cannes. Ils visent à optimiser l’exploitation des infrastructures portuaires et améliorer la sécurité de la navigation sur les 15 km du chenal d’accès du Mahury. Ces travaux, réalisés par forage et minage mécanisé à l’explosif depuis une plate-forme de travail, prévoient notamment l’arasement (sur 1,20 m) d'un dôme rocheux long de 200 m et la suppression de pointes rocheuses dans le chenal de navigation et dans le cercle d’évitage entre les jetées des pétroliers et des minéraliers. L’Ae voudrait voir précisés les impacts de ces tirs d’explosifs sur la faune marine, dont les dauphins à bosse notamment, le niveau d’atténuation attendu du dispositif de double rideau de bulles d’air, et les mesures spécifiques pour atténuer leur effet à proximité des infrastructures portuaires. L'Ae recommande enfin d’informer le public sur la sécurité de ces tirs via les médias et de s’assurer du maintien de la qualité des eaux à moyen terme.

FXG, à Paris 

Partager cet article

Repost0
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 07:53

Sophie Elizéon : "Que l'empathie porte notre audace"

Elizeon Voeux 2Pour ses voeux qu'elle a adressés jeudi soir aux personnalités et associations ultramarines de l'Hexagone, Sophie Elizéon, la déléguée interministérielle à l'égalité des chances des Français des Outre-mer, a d'emblée évoqué la mémoire de la policière municipale de Montrouge Clarissa Jean-Philippe pour défendre la liberté et dire que "les attentats perpétrés la semaine dernière renforcent notre devoir de mémoire, raniment notre engagement à combattre la haine, partout où elle s’exprime". Ce devoir de mémoire qu'elle invoque n'est "pas pour vivre dans et par le passé, mais pour choisir la société dans laquelle nous voulons vivre". Cette société, elle la souhaite "respectueuse, solidaire et libre". Elle la veut encore empreinte de confiance. "Cette confiance, il nous appartient aussi de la susciter, par notre professionnalisme et notre exemplarité (...) C’est de cette manière que nous mettrons à mal les images stéréotypées que nombre de médias véhiculent encore sur nous." Sophie Elizéon a salué le travail des associations ultramarines comme le prix Fet’Kann du CIFORDOM, les ateliers coaching et le forum projeunesse d'Akelio accompagnement pour l'insertion professionnelle, les réseaux d'entrepreneurs Outre-mer network ou Black business union... Revenant encore sur les attentats des 7, 8 et 9 janvier, elle a interpellé l'auditoire : "Comment sommes-nous libres si nous ne permettons pas à d’autres que nous de dire notre histoire et nos préoccupations ?" Elle a précisément cité l'affaire de l'exposition Exhibit B qui mettait en scène des esclaves avec acteurs noirs et que d'aucuns ont voulu faire interdire. Elle en appelle à l'empathie. "L’empathie, celle-là même qui a fait défaut, hier aux esclavagistes, aujourd’hui aux terroristes. Celle-là encore qui nous engage à nous représenter sans jugement ce que pense ou ressent l’autre."

voeux__deleguee__invites.JPGElle formule le voeu que "l’empathie porte notre audace, guide notre action et renforce notre esprit de solidarité". L'audace, c'est le slogan qu'a choisi Sophie Elizéon dès son arrivée à la délégation "pour donner un sens" à ses travaux. Elle la déclinera dès le 24 janvier, avec la journée Entreprendre outre-mer, organisée par le club entreprise de l’ESG Management school. Elle la déclinera encore en février à Paris lors du 1er salon de la gastronomie des outre-mer que la délégation marraine. L'audace s’incarnera aussi durant "la journée de l’audace" prévue vers le mois de juin. En octobre, un colloque sera réuni pour dresser un état des lieux en matière de santé, d’accès aux soins et des pratiques de prévention.

Sophie Elizéon a encore annoncé la mise en œuvre du "projet de sécurisation des parcours de mobilité des jeunes ultramarins" porté par la Fédération des Familles Rurales, et la mise en place dès la rentrée de septembre 2015 d'une permanence d’écoute des jeunes et d’information des familles restées au pays. Elle a encore indiqué qu'un module de préparation à la mobilité serait expérimenté cette année en Guyane et en Martinique, avec le soutien du Pôle emploi.

La déléguée, qui a signé l'an dernier une convention avec le Défenseur des droits, a encore annoncé qu'elle prendrait part à la création de la '"plateforme pour un espace public sans racisme et xénophobie".

Avant de conclure ses voeux, "avec une espérance césairienne, conquise, lucide hors de toute naïveté", Sophie Elizéon a détaillé la manière dont elle a dépensé les 107 000 euros de son budget (renforcés par un abondement de 96 800 euros du ministère des Outre-mer) : "Nous avons soutenu 24 projets qui ont mobilisé 83% de nos crédits."

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 06:00

Meeting à Paris pour la relaxe de Charly Lendo 

salle-de-la-bourse-du-travail.JPGEn prévision du procès de Charly lendo qui doit se tenir à Pointe-à-Pitre le 20 janvier, l'UGTG a dépêché une ambassade à Paris pour gagner à sa cause la solidarité syndicale internationale.

Les syndicalistes en ont profité pour dénoncer la "phraséologie démocratique" de Christiane Taubira.

Lionel Chouro, de l'UEC-UGTG et Maïté Hubert de l'UTT et secrétaire générale adjointe de l'UGTG, étaient à la bourse du travail de Paris hier soir, à l'invitation du Comité international contre la répression et pour la défense des droits syndicaux et politiques (CICR). Autour des deux Guadeloupéens, Jacques Girod de FO, Alain Serre de la CGT, Me Hélène Carerra (qui participa à la défense de Michel Madassamy en 2001), Daniel Gluckstein du Parti des Travailleurs et animateur de l'Entente internationale des travailleurs et des peuples et, en maître de cérémonie, Gérard Bauvert du CICR, qui sera en Guadeloupe mardi prochain pour participer au rassemblement devant le palais de justice pendant le procès en correctionnelle de Charly Lendo, militant de longue date de l'UGTG.

Maite-Hubert-Gerard-Bauvert-Lionnel-Chouro.JPGCe meeting a permis de faire fonctionner la solidarité des militants syndicaux parisiens et de collecter des fonds (des corbeilles ont circulé et se sont remplies d'euros en billets) pour aider à la défense de Charly Lendo, mais également de la centaine de militants syndicaux guadeloupéens qui sont, selon Lionel Chouro, "arrêtés, poursuivis et condamnés à des amendes ou de la prison avec sursis". Lionel Chouro a fait forte impression en rappelant à ce public de militants parisiens comment depuis 1910, 1925, 1931, 1954, 1967, 1987, jusqu'à 2001 et 2009, la classe ouvrière et les syndicalistes guadeloupéens ont fait l'objet  d'une véritable "agression" de la part du pouvoir français. "Parce que nous sommes en pays colonisé, nous n'avons pas droit à la liberté d'expression", a-t-il conclu. Maïté Hubert a resitué le problème dans son actualité : "Ce qui se passe chez nous a pour but de criminaliser l'action syndicale et de diaboliser l'UGTG qui s'est mise debout face au patronat voyou !" Lionel Chouro a témoigné de sa situation dans son entreprise où il a créé une section UGTG : "Je suis poursuivi par un patron béké qui veut me licencier ! Il existe des dizaines de militants licenciés comme ça !" public-UGTG.JPGDevant ce public conquis à la cause, Maïté Hubert a élargi le tableau noir de la Guadeloupe au problème de la distribution de l'eau, "aux mains des multinationales qui ne veulent pas entretenir le réseau", celui de l'essence dont le prix peut baisser de 10 centimes dans l'Hexagone contre un seul au pays. "Les prix de l'essence sont fixés en début d'année par les mêmes patrons véreux !" Le problème du projet du port en eau profonde qui va mettre contribuer à "supprimer des emplois de pêcheurs", celui du CHU, "un scandale sanitaire". "En Guadeloupe, a-t-elle encore révélé au public médusé, les supermarchés ouvrent quasiment tous les dimanches et même la nuit ! Seule l'UGTG ose lever la tête !" Les applaudissements fusent...

Le must a été le rappel des événements de 2009 avec 100 000 personnes dans les rues et la conclusion de deux accords, le Bino et celui du 4 mars 2009, un projet de société. "Le protocole du 4 mars est aujourd'hui ignoré par l'Etat", a conclu Maïté Hubert avant de déclencher une nouvelle salve d'applaudissements prolongés.

Maite Hubert Helene Carerra Gerard Bauvert Lionel Chouro Al"Relaxe pour Charly et rien d'autre !"

Mais le véritable objet du meeting, c'est le procès de Charly Lendo. "Il s'est battu pour la convention collective de l'hôtellerie en Guadeloupe ; voilà pourquoi les patrons en Guadeloupe ont décidé de le faire taire !"

Charly Lendo est poursuivi pour avoir indirectement et involontairement provoqué la mort d'un motard le 21 février 2009 sur un barrage à Saint-François. "En Guadeloupe, la justice est bafouée tous les jours !" L'avocate honoraire, Helène Carerra, se charge de présenter l'affaire : "Il n'y a eu aucune procédure engagée contre lui, aucune information judiciaire n'a été ouverte ! Ce motard roulait à une vitesse excessive (le compteur de la moto est resté bloqué à 18 500 tours) et sans casque ! Un an après les faits, le procureur a imaginé un moyen de disqualifier l'UGTG et permettre la non application de l'accord du 4 mars 2009..."

Jean Girod Hele Carrera16 militants présents sur ce barrage ont été considérés comme responsables de la mort du motard. "En juillet 2012, poursuit l'avocate, 15 ont bénéficié d'un non lieu, sauf Lendo." Jacques Girod de FO a pris le relais : "Le procès de Charly Lendo, c'est une dangereuse mascarade à dénoncer." Alors pour Gérard Bauvert, "la seule solution, c'est le rapport de force". Même son de cloche avec Daniel Gluckstein : "Pas de démocratie sans reconnaissance de la lutte des classes ! L'union sacrée, ce n'est pas la démocratie !" Hier, à la bourse du travail, il n'était pas question de dire "Je suis Charlie", même avec un Y ! Un Antillais dans le public a proposé au début du meeting de faire une minute de silence... Gérard Bauvert lui a sèchement répliqué que l'objet de ce meeting, c'était la relaxe de Charly Lendo et la défense des syndicalistes guadeloupéens et rien d'autre.

FXG, à Paris

 


Syndicat et Taubira

Taubira-domotaIl y a deux ans, à peine Hollande élu, Elie Domota était venu à Paris tenir un meeting au même endroit. Face aux attaques dont l'ancienne militante indépendantiste guyanaise devenue garde des Sceaux faisait l'objet de la part de l'UMP, Domota avait pris sa défense. Cette fois, Gérard Bauvert a tenu un tout autre discours en racontant les échanges que le CICR avait eu avec elle ou avec le cabinet de George Pau-langevin. "Compte tenu de sa politique pénale, Christiane Taubira nous a dit qu'elle n'intervenait pas dans les affaires particulières, en l'occurrence l'affaire Lendo. Gérard Bauvert portraitMais il y a 100 syndicalistes dans son cas !" Et louant le talent de la ministre de la Justice pour la rhétorique, il ajoute : "C'est un maquillage de gens qui se cachent derrière une phraséologie démocratique. Elle se drape d'une image de défenseur des peuples opprimés, mais elle n'a jamais voulu intervenir contre cette chasse effrénée contre les syndicats en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane !" Rappelant que Charly Lendo, comme d'autres syndicalistes, était aussi poursuivi pour avoir refusé de donner son ADN, il a moqué la garde des Sceaux qui aurait proposé de créer un fichier différent de celui des délinquants sexuels pour recueillir l'ADN des syndicalistes...

Partager cet article

Repost0
16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 03:36

Hommage républicain et cérémonie religieuse pour Clarissa

Hier, des hommages ont été rendus aux trois policiers tués lors des attaques terroristes de la semaine dernière à Paris, dont Clarissa Jean-Philippe.

Son corps embarquera vendredi pour la Martinique et sera inhumée lundi à Sainte-Marie.

trois-cercueils.jpgMarie-Louise sa maman, Justine Sonia sa mamie, Marie-Georges sa soeur, Jean-Pierre Labanche son compagnon, Elodie Labil sa "soeur de coeur", mais encore des cousines, Mireille Bartin, Nicaise Dalaize, Fleurine Mirella, Marlène Potiron, et de nombreux amis dont Sandra Citony ou Dellye Delyon, étaient encore avec Clarissa Jean-Philippe, hier, à la préfecture de police de Paris. Hollande-maman-Clarissa.jpgSous leurs yeux, François Hollande a déposé sur chacun des trois cercueils exposés au centre de la cour et recouverts du drapeau français la médaille de chevalier de la légion d'Honneur. Ils étaient deux fonctionnaires de la police nationale et une policière municipale. Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet, les premiers, ont été tués par les deux frères Kouachi le 7 janvier pendant l'attentat contre Charlie Hebdo,Clarissa Jean-Philippe, la troisième, par Amédy Coulibaly, le 8 janvier à Montrouge (92). "Vous pouvez être fière de votre fille. Elle a fait ce que la République attendait d'elle !", a déclaré la ministre des Outre-mer George Pau Langevin hier soir, à l'occasion de la cérémonie religieuse et républicaine qui lui a été consacrée au beffroi de Montrouge. "Nous avons tout fait pour que Clarissa soit traitée comme les autres, il y va de notre insertion dans la République. Mais surtout, insiste la ministre, le sacrifice de Clarissa prend du sens. Elle est un symbole de la mort gratuite et elle représente un espoirs pour le nombreux Antillais !"

GPL-Taubira-et-maire-Montrouge-devant-famille-Clarissa.JPGAu beffroi, hier soir, il y avait près de 2000 personnes. Après l'office religieux présidé par le père Pierre Bourdon, accompagné des pasteurs réformé et évangélique de Montrouge et d'une chorale dirigée par Henri Mandeng, les personnalités politiques se sont succédé à la tribune dressée contre une grande croix de bois et au-dessus des couronnes de fleurs, des photos et de la profession de foi de Clarissa. Son image est celle d'"une jeune fille ultra-marine, heureuse de servir sa ville et son pays", pour citer François Hollande.

Taubira et Létchimy

Taubira-discours.JPGAprès le maire de Montrouge et la ministre des Outre-mer, applaudie malgré l'ambiance ecclésiale, Christiane Taubira est montée à son tour à la tribune. Symbole fort du moment : la garde des Sceaux a reçu l'assistance du père Bourdon pour ajuster son micro ! Fustigeant "l'absence d'intelligence, la cécité des meurtriers", Christiane Taubira a évoqué une image courageuse de Clarissa : "Les photos la montrent toisant avec un grand mépris cet assassin si lâche." Puis, Mme Taubira s'est fait glissantienne, regrettant leur "incapacité de la relation, leur incapacité de comprendre que chez l'autre, il y a une part de soi, que l'autre est plus précieux que soi et que l'on doit veiller sur lui..." Puis : " Tous les enfants de la République doivent avoir leur chance comme Clarissa." Et enfin plus personnelle : "Clarissa habite nos coeurs, nos esprits... Elle vivra car nous sommes dorénavant si nombreux à la connaître." Déclenchant à son tour une salve d'applaudissements.

ami-Jean-Pierre-Labanche-maman-et-mamie-Clarissa-Rabbin-mon.JPGDans la salle, derrière la famille et les proches de Clarissa, derrière les politiques, les collègues policiers, les amis, les anonymes, la foule... Parmi elle, Jacques Martial, Frédéric Régent, Jenny Hippocrate, Sourya Adèle, Jean-Claude Cadenet, le président de la FEDOM et ceux de nombreuses associations...

Serge Létchimy était au premier rang, assis à côté des ministres, du maire, du préfet des Hauts de Seine, de Patrick Dévedjian, le président du conseil général, de Valérie Pécresse ouis Christian Estrosi. Serge Létchimy était à l'Assemblée nationale dans l'après-midi pour l'hommage aux 17 victimes. Pour la première fois depuis 1914, les députés ont tous chanté la Marseillaise. "J'ai voulu participer à tous les moments de recueillement..." Serge Létchimy est "touché" par la mort de Clarissa : "J'espère que son sacrifice ne sera pas vain...". Il est persuadé qu'un "processus s'est enclenché" avec ces attentats et n'hésite pas à prononcer le terme de "troisième guerre mondiale".

Lundi George Pau-Langevin représentera le gouvernement aux obsèques de Clarissa à Sainte-Marie.

FXG, à ParisLetchimy-devedjian-prefet-92-Maire-Metton-Taubira.JPG

 


Le martyrolgue de Clarissa

Clarissa.jpgClarissa est née à Fort-de-France et est venue très jeune dans l'Hexagone. Elle avait un projet familial et un projet de vie. Elle a été élève de l'école de police de Pantin et a postulé le 15 juillet 2013 à la police municipale de Montrouge. Elle vivait avec son compagnon Jean-Pierre Labanche... Le président de la République a pris le temps d'évoquer le parcours de la victime : "Elle a grandi dans le quartier de Derrière-Morne à Sainte-Marie. Elle aimait son quartier, elle aimait son île, elle aimait la France. Elle voulait servir et elle cherchait comment être utile (...) Elle est impatiente, elle est rayonnante, elle est ardente. Elle a hâte de mettre en pratique, là où on lui dira d’aller, les connaissances qu’elle a acquises à l’école." Le 15 octobre 2013, elle est reçue stagiaire à Montrouge et en février dernier, elle est assermentée par le procureur de la République de Nanterre. Elle devait recevoir son diplôme et sa plaque hier et être titularisée dans les semaines à venir. Jean-luc Metton, le maire de Montrouge l'a fait brigadier de police à titre posthume.

"Sa responsabilité, a encore dit le président de la République, c’était d’assurer la tranquillité publique de sa ville, à la sortie des écoles, sur les voies de circulation, au contact des jeunes, des familles, des commerçants, des passants..." Le 8 janvier, accompagnée d'un collègue policier et de quatre personnels de la voirie, elle assurait la sécurité de la voie publique après un accident de la circulation avenue Pierre-Brossolette, près de la porte de Châtillon. Elle portait son uniforme mais, comme tous les policiers municipaux de Montrouge, elle n'était pas armée. Elle reçu subitement, dans le dos, un projectile de gros calibre.Un fonctionnaire de la voirie, Eric Urban, a été grièvement blessé (ses jours ne sont plus en danger). Son collègue Laurent Jeannel s'est jeté sur Amédy Coulibaly et est parvenu à le faire fuir. Il y avait une école à quelques centaines de mètres... "Elle (la) protégeait par sa présence, a lancé le président. L’enquête le dira. C’est donc en martyr qu’est tombée Clarissa Jean-Philippe." 

Partager cet article

Repost0
14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 15:41

Cap Gémini devait vérifier la sécurité du site de LADOM

« Nous sommes musulmans... Le Coran est notre livre... En Allah, nous croyons... L'islam va dominer... Va te f... Charlie Hebdo. » Grosse suprise lundi soir, vers 21 h 30, pour Jean-Claude Cadenet, directeur général de LADOM (l'agence de l'outre-mer pour la mobilité), tandis qu'il est devant son ordinateur. "J'ai vu d'abord un drapeau noir, après j'ai vu les inscriptions..." A froid, il souffle un peu, rassuré : "Il semble que ce soit un robot qu'ils font tourner avec un paramétrage qui détecte les failles". Ce n'est pas le site de LADOM qui était expressément visé puisqu'un millier de sites en France, d'après l'AFP, dont, témoigne Jean-Claude Cadenet, celui d'un conseil général dans le Sud-Ouest et même de certains services du département d'Etat américain. Les hackers ont signé leur forfait d'un "cyber armée du Moyen-Orient", en anglais. Jean-Claude Cadenet a immédiatement alerté le cabinet de la ministre des Outre-mer, le directeur des services informatiques de LADOM et Cap Gémini, la société qui assure la "tierce maintenance applicative" de son site. "Cap Gémini, poursuit M. Cadenet, devait justement vérifier que notre site était bien sécurisé. C'était sa prorité du début de l'année..." Le site de LADOM est indispensable à la réalisation des missions pour l'emploi et la formation des jeunes ultramarins en mobilité dans l'Hexagone. Les informaticiens de Cap Gémini devaient se rendre ce mercredi à LADOM, mais d'ores et déjà les opérations de réparation ont commencé. "Nous avons fait tout de suite enlever le drapeau noir, mais le site ne sera pas opérationnel avant deux ou trois jours, poursuit M. Cadenet. On va essayer de sauver ce que l'on peut et reconstruire le reste." Dès hier soir, Jean-Claude Cadenet devait fournir un certain nombre d'éléments à la "cellule de veille gouvernementale".

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 18:41

charlie-presse_0233.jpeg

Partager cet article

Repost0
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 16:47

Les Antillais invités à se joindre à la marche républicaine de dimanche à Paris

Le Comité de la marche du 23 mai 1998 (CM98) appelle la communauté antillaise à se joindre à la marche républicaine d’unité nationale qui aura lieu le dimanche 11 janvier à 15 heures. Son président, le professeur Serge Romana écrit : "Aux difficultés économiques dont nous sentons toutes et tous les effets négatifs, s’est ajouté mercredi 7 janvier l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo qui a fait 12 morts. Cet attentat a visé la liberté de la presse qui est une conquête démocratique fondamentale. Il a été commis « au nom d’Allah » et ses auteurs espèrent favoriser une guerre de religion et susciter des réactions xénophobes dans notre pays. Le CM98 appelle la communauté antillaise à rejeter tout amalgame entre les terroristes islamistes et les musulmans de France ! " Le point de rendez- vous est fixé au métro Jacques Bonsergent à 13 heures, dimanche 11 janvier.

Le CReFOM a lui aussi appelé ses membres à marcher dimanche et leur donne rendez-vous rue du Grand-Prieuré.

Le CIFORDOM, également, invite à participer à la marche aux côtés des organisations de défense des droits de l’homme et de luttes contre tous les racismes (S.O.S Racisme, la  LICRA, la LDH, le MRAP). Il donne rendez-vous à 13h au boulevard Voltaire, entre la place de la République et le croisement de la rue Oberkampf au métro Oberkampf.

Pierre Pastel, président du CEGOM, fait savoir que son association y participera aussi, tout comme Myriam Cotthias annonce que le CNMHE sera aussi présent.

 

Partager cet article

Repost0
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 07:10

Amédy Coulibaly et l'un des frères Kouachi dans le même box que Teddy Valcy

C'était en novembre 2013, au tribunal correctionnel de Paris, le Guadeloupéen Teddy Valcy était jugé avec une dizaine de prévenus pour un projet, d'évasion et projet d'un attentat. Parce que Teddy Valcy est un Guadeloupéen, France Antilles avait alors couvert ce procès. La justice reprochait à cette bande (dont la plupart s'étaient connu en banlieue parisienne et en prison) d'avoir voulu faire évader de la centrale de Clairvaux Smaïn Aït Ali Belkacem, l'artificier de l’attentat du REC en 1995. Dans le box, sous très haute surveillance policière, il y avait entre autres Fouad Bassim, un ami de Smaïn Aït Ali Belkacem, Djamel Beghal, Teddy Valcy, Cherif Kouachi, Amédy Coulibaly et quelques autres hommes. Le parquet reprochait entre autres à Amédy Coulibaly d'être allé voir Djamel Beghal, alors assigné à residence dans le Cantal (pour sa participation à l'élaboration d'un projet d'attentat contre l'ambassade des Etats-Unis à Paris) dans le but d'organiser l'évasion d'Ali Belkacem préalable à la préparation d'un attentat terroriste dont l'objectif n'avait pas été clairement défini à l'audience. Teddy Valcy avait été arrêté chez lui en 2010 en possession d'une kalachnikov, de fumigènes et de cordes, des objets destinés selon la prévention à ce projet d'évasion. Teddy Valcy avait été condamné à 9 ans de prison, mais le tribunal n'ayant pu prouver que son action eût été menée en lien avec une entreprise terroriste, n'avait pu le poursuivre de ce chef de prévention. Chérif Kouachi, "une poussière dans ce procès", d'après un des avocats de la défense, avait bénéficié d'un non lieu et si Amédy Coulibaly (arrêté lui aussi en 2010 et en possession d'une kalahnikov et de 300 cartouches) avait été condamné à cinq années de prison, sa période de détention provisoire lui permettait de sortir dès 2014.

Il reste comme une évidence cruelle que deux des trois protagonistes des tueries de Charlie Hebdo et de Montrouge et des deux prises d'otage qui se sont soldées hier par la mort de sept personnes, étaient encore sous main de justice en novembre 2013.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 05:31

Ursulet-Alex.JPGAlex Ursulet était l'avocat principal de Guy Georges lors de son procès aux assises de Paris au printemps 2001. L'avocat martiniquais s'était adjoint le renfort de sa collaboratrice Frédérique Pons que campe Nathalie Baye. Me Ursulet est allé voir "SK 1", le film de Frédéric Tellier, sorti mercredi 7 janvier en salle. "SK 1" relate la traque et le procès de celui qu'on appela alors "le tueur de l'Est parisien". Le réalisateur a choisi de gommer le personnage de Me Ursulet au profit de Me Pons. Interview du vrai avocat de Guy Georges.

"Un film plus vendable avec un acteur blanc mis en avant, c'est-à-dire Nathalie Baye "

Comment trouvez-vous le traitement que vous réserve le film ?

Lorsque Frédéric Tellier m'a proposé de participer à la rédaction de son scénario et qu'il m'a indiqué qu'il avait pris comme base de travail "La traque", le livre de Patricia Tourancheau, une journaliste de Libération, j'ai refusé car ce livre offre une vision tronquée de l'affaire. Cette journaliste s'était essuyée les chaussures sur ma robe d'avocat pendant le procès et elle avait très fortement sali la stratégie de défense que j'avais choisi de mettre en place pour Guy Georges.

Vous avez donc choisi de refuser de travailler avec Frédéric Tellier, c'est un peu normal qu'il vous ait zappé...

Oui, mais Frédéric Tellier a vu, comme moi, qu'il ne pouvait pas limiter son film à la traque policière car ça aurait été répétitif. Il s'est donc dit qu'il allait rajouter le procès. Il m'a envoyé un scénario au bout de six mois et j'ai découvert que l'affaire judiciaire était ramenée à la gloire de Frédérique Pons, avec dans son ombre un petit Noir qui balbutie des onomatopées... Dans ces conditions, lui ai-je dit, c'est une oeuvre artistique qui n'a rien à voir avec la réalité. Vous n'appellerez pas ce personnage Guy Georges, ni cet avocat Alex Ursulet. Il a tout de même insisté et j'ai gentiment accepté d'amender le scénario pour amener toutes les scènes du procès près la réalité. Il m'a assuré que l'ensemble serait équilibré, sans fioriture et sans regard artistique. C'était compter sans le deuxième piège dans lequel ce réalisateur est tombé : comme c'est un projet commercial qui a pour but de gagner de l'argent, il a pris une actrice "bankable" et il a détourné la réalité au profit d'une histoire propre à donner un sens à la présence au premier rang de Nathalie Baye dans ce film...

C'est une oeuvre de fiction, mais c'est le procès de Guy Georges. Et l'avocat qui s'est fait craché dessus parce qu'il défendait un salaud, se trouve complètement anihilé...

Il y a un problème qui dépasse le traitement de mon personnage. Dans la réalité, l'avocate générale, la Guadeloupéenne Evelyne Lesieur est noire, l'accusé est noir et l'avocat de Guy Georges est noir. Au procès, la France va découvrir à travers le prisme de cette affaire hors du commun, où pour la première fois un serial killer passe aux assises, une réalité où le soubassement colonial de la France resurgit. Avec à la barre des assises, un avocat général, un avocat de la défense et un accusé qui sont tous noirs, la presse nationale et internationale avaient des choses à décoder. La presse n'en a rien fait. Et très vite, pendant ce procès, on va faire une association malsaine entre l'accusé et son avocat. S'il défend un salaud, c'est un salaud lui-même ! L'avocate générale va essayer de se sortir de ce piège infernal qui lui a été tendu, mais dans ce film, l'avocate générale disparaît. Il ne paraît pas une image d'Evelyne Lesieur, tout juste une silouhette ! Comment peut-on faire un film sur une affaire comme celle-ci en écartant l'accusation ? L'accusation n'existe pas. Je dis que c'est parce qu'elle est noire ! Deuxièmement, l'avocat noir de Guy Georges est flouté symboliquement. Je pense que le calcul a été de se dire que le film serait plus vendable avec un acteur blanc mis en avant, c'est-à-dire Nathalie Baye.

Comment avez-vous néanmoins trouvé votre personnage ?

William Nadylam est un garçon qui a du talent parce que, avec la part qui lui était réservée, il a réussi quand même à donner une forme de densité à son personnage et c'est un exploit d'acteur parce que son personnage n'avait pas cette vocation. C'est parce que William Nadylam a du talent que le personage d'Alex Ursulet apparaît encore un peu à l'écran !

A l'époque du procès, vous aviez développé une stratégie particulière, notamment en refusant toute interview à la presse. Le traitement que fait de vous ce film n'est-il pas un logique retour de bâton ?

Oui, bien sûr ! Mais justement revenons à la stratégie. Quand on voit ce film, on se demande qu'est-ce que c'est que cette défense gnagnan et naïve ? On ne comprend pas ! Frédéric Tellier ne peut pas faire passer à l'écran la stratégie que j'ai mise en place à l'époque ; il veut la faire passer par Frédérique Pons à qui j'ai demandé de prendre le dossier un mois avant l'audience, alors que j'étais en charge de Guy Georges depuis cinq ou six mois. Frédéric Tellier n'a pas la clé de ma stratégie et ne peut donc la transmettre au spectateur. Je n'ai encore révélé à personne cette stratégie, pas même à Frédérique Pons pendant que nous plaidions ! Car j'avais une stratégie de défense et le film passe complètement à côté. Ma stratégie consistait d'abord à créer une frustration dans l'information. La presse l'a très mal pris. Pour elle, je ne jouais pas le jeu ! Mais en ne jouant pas le jeu, j'ai créé volontairement une tension nécessaire et indispensable à la deuxième partie de ma stratégie qui devait aboutir avec la confrontation entre la thèse de l'accusation et celle de la défense...

C'est en ne jouant pas le jeu médiatique que vous avez provoqué l'amalgame entre l'accusé et son défenseur, n'est-ce pas ?

J'ai pris le risque mesuré et calculé que tous les avocats qui défendent de grandes causes prennent, à l'instar d'Isorni avec Pétain. Et là, il y a eu une association entre la réalité de Guy Georges et mon image puisqu'il s'agit de deux métis qui sont face à face. Consciemment et indirectement, il y a eu cet effet induit. Ca ne se serait sans doute pas produit si j'avais joué le jeu, mais je ne pouvais le jouer puisque ça participait de ma stratégie de défense. Celle-ci était très claire, élaborée d'un commun accord entre le client et son avocat, et elle a marché à merveille. Sans cette stratégie, jamais il n'y aurait eu cette tension qui a fait que l'inhumanité des uns, c'est-à-dire des accusateurs, est apparue, et l'humanité de celui qui était au fond du trou, dans cette arène, tel un monstre, est apparue également. In fine, la décision de la cour d'assises a été, somme toute, raisonnable puisque l'on condamne aujourd'hui à 25 ans de prison des trafiquants de stupéfiants alors que Guy georges, accusé d'avoir violé et tué huit jeunes femmes, n'a eu que 22 ans de prison.

Le film passe-t'il à côté de son sujet ?

Ce réalisateur a manqué de maturité professionnelle, de recul, de vision, de souffle et d'audace - en ayant peur de confier le rôle de l'avocat de SK 1 à un acteur noir. Il s'est enfermé dans une vision, le nez sur le guidon, avec un sujet qu'il évite : comment une société fait-elle pour engendrer à la fois un monstre pareil, un avocat général de talent et un avocat qui accepte de défendre le monstre. Et ces trois là sont noirs... Tellier est resté stupéfait de cela et pour se protéger de cette réalité, il a choisi de ne pas la montrer. Il truque et il tronque. Il avance une image gentillette de la défense alors que la réalité a été celle d'une défense qui ne défendait pas du bout des lèvres...

Votre critique n'est-elle pas une crise d'égo de l'avocat que vous êtes et qu'on a gommé ?

Je n'en suis pas là, je suis avocat depuis 35 ans ! Quinze ans après le procès de Guy Georges, je n'attends ni argent ni gloire de cette affaire. Sinon, j'aurais accepté de collaborer avec le réalisateur ; j'aurai déjà publié un livre. Or, ce livre existe depuis des années et je ne l'ai pas sorti parce que le métier que je fais est une mission noble que je n'entends pas voir fouler aux pieds par la moindre entreprise commercialiste. Après cette farce cinématographique, le moment venu, j'expliquerai tout dans un livre qui sortira en juin et qui s'appelle "L'indéfendable".

Votre critique ne relève-t-elle pas non plus d'une attitude victimaire ?

Certainement pas, mais j'ai moi-même tendu la perche en demandant à mon ancienne épouse Frédérique Pons de défendre Guy Georges avec moi. Elle représentait à l'époque l'establishment en tant que fille d'un ministre et sa présence était de nature à troubler un peu le jeu, ce qui servait ma stratégie. Et nos relations faisaient que j'avais toute confiance en elle. Le film est à sa gloire et j'en suis très heureux pour elle, mais quand je vois le résultat, je me dis que je n'aurais pas, moi, participé à cette aventure qui consiste à gommer celui qui est à l'origine de son entrée dans ce dossier.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 07:03

Vers une annulation des élections municipales à Saint-Pierre

Raphael-Martine-3e-et-ses-soutiens.JPGIl y avait foule au palais Royal, mercredi à 14 heures (heure de Paris),  pour écouter Nathalie Escaut, rapporteur public au Conseil d'Etat, faire lecture de ses recommandations aux magistrats de la haute juridiction administrative jugeant en dernier recours le déroulement des élections municipales du 23 mars dernier à Saint-Pierre. D'un côté, il y avait Raphaël Martine, le maire RDM (contesté) de Saint-Pierre, escorté par une dizaine de soutiens dont le conseiller municipal et vice-président de CAP Nord, Louis-Edouard Viraye, de l'autre, Me Thomas Dumont, avocat de Christian Rapha (DVD), Eliane Cesto et François-Jean Canevy (PPM), lors de la procédure devant le tribunal administratif de Fort-de-France, et deux colisitiers de M. Rapha, Carine Alexandre et Michel Almandin. Le rapporteur Mathieu Hérondard a d'abord rappelé les trois requêtes en appel présentées par Christian Rapha, Eliane Cesto et François-Jean Canevy contre le jugement du tribunal administratif de Fort-de-France qui avait conclu le 27 juin dernier à la validité du scrutin du 23 mars dernier à Saint-Pierre. Le tribunal administratif avait alors été saisi par les mêmes personnes mais également par le préfet qui avait déféré l'élection devant la juridiction administrative foyalaise, sans succès.

Carine-Alexandre-et-Michel-Almandin.JPGCette fois, le rapporteur public a clairement évoqué une "atteinte à la sincérité du scrutin" et proposé l'annulation du jugement du tribunal administratif et celle de l'élection de la liste conduite par Raphaël Martine.

Avant d'en arriver à ces conclusions, Nathalie Escaut a rappelé dans quelles circonstances s'étaient déroulées les opérations de dépouillement dans le bureau de vote n°1 de Saint-Pierre. Ce dépouillement a abouti au résultat suivant : 198 voix pour Raphaël Martine, 127 pour Christian Rapha et 0 pour Eliane Cesto. Deux vidéos de 7 et 10 minutes montrant la fin des opérations de dépouillement ont été versées au dossier. Il en ressort que les bulletins au nom de la liste Martine n'étaient pas montrés au public ni aux autres scrutateurs, puis ils étaient mis face cachée sur la table. Il ressort encore que seuls les bulletins de la liste Rapha étaient montrés au public. Détail d'importance, les bulletins de la liste Rapha étaient imprimés en bleu et ceux des listes Cesto et Martine en noir, facilitant ainsi la confusion. Après le décompte, les bulletins ont été déchirés et mis à la corbeille. Le préfet et les deux têtes de liste ont soulevé ce lièvre devant le tribunal administratif, mais les juges foyalais n'ont pas suivi estimant qu'entre l'évacuation de la salle de la corbeille aux bulletins déchirés et sa restitution aux gendarmes, elle avait échappé un moment à tout contrôle. Par ailleurs, ils ont constaté que le procès verbal signé par le président du bureau de vote et sa secrétaire ne mentionnait pas de réclamation et qu'il y avait suffisamment de gens pour contrôler les scrutateurs. Or, il y a eu une contestation de la part d'un représentant de la liste Cesto et les gendarmes ont été appelés vers 19 h 45 ce 23 mars au bureau n°1.

Le rapporteur public a donc proposé une autre lecture, d'abord en constatant que la liste Cesto avait eu des voix dans tous les autres bureaux de vote de la commune et son score de 0 voix était une aberration statistique. Ensuite, les gendarmes qui ont récupéré les 330 bulletins déchirés correspondant aux 330 votes ont retrouvé 56 morceaux représentant 27 bulletins au nom de Cesto. L'addition de ces 27 bulletins aux 173 de la liste Martine donne quasiment le résultat proclamé pour la liste Martine. Autre élément ayant contribué à réorienté l'avis du rapporteur public : huit électeurs sont venus dire à la gendarmerie qu'ils avaient voté Cesto et quatre autres ont fourni des attestations dans ce sens. Le rapporteur conclut qu'il y a eu "absence de surveillance permanente des scrutateurs", que l'avance de la liste Martine dans ce bureau n'étant que de 15 voix, il y a bien eu "atteinte à la sincérité du scrutin". Nathalie Escaut a parlé d'irrégularité, mais aussi d'"absence de preuve de fraude mise en oeuvre par le candidat", ce qui explique qu'elle n'a pas demandé de peine d'inéligibilité pour M. Martine. Si le Conseil d'Etat valide l'avis du rapporteur public (d'ici une semaine à dix jours), les élections municipales devront donc être rejouées à Saint-Pierre.

FXG, à Paris


lls ont dit

Raphaël Martine, maire RDM de Saint-Pierre

"Le rapporteur a souligné qu'il n'y avait pas eu de fraude mais des irrégularités. Moi, je conteste bien évidemment cette lecture dans la mesure où aucun élément nouveau ne vient infirmer la décision en première instance du tribunal administratif. Nous restons donc mobilisés et confiants quant à la décision que prendra le Conseil d'Etat incessamment sous peu. J'espère que la juridiction ira dans notre sens pour confirmer notre élection du 23 mars 2014 et faire en sorte qu'il n'y ait pas de doute sur la sincérité du scrutin. Si le conseil d'Etat devait délibérer autrement, nous restons mobilisés et j'en appelle à la population pierrotine pour que, de manière franche et démocratique, nous puissions démontrer notre bonne foi et, surtout, de manière définitive, que nous sommes les vainqueurs."


Me Thomas Dumont, avocat de Christian Rapha et Eliane Cesto devant le tribunal administratif

"C'est un immense soulagement de voir que la détermination avec laquelle nous avons dénoncé ce qui s'est passé autour du dépouillement porte ses fruits puisque Mme le rapporteur public a proposé de suivre intégralement notre argumentation. Oui, la rapporteur public considère que quelque soit le chemin tortueux de la corbeille, les opérations de dépouillement ne se sont pas déroulées conformément au droit électoral et donc la censure est inéluctable. Le fait que la rapporteur parle d'irrégularité et non de fraude est, paradoxalement, une bonne chose : il y a un doute parce que cette corbeille s'est retrouvée un moment hors contrôle. Si elle s'en était tenue de manière très ferme à la fraude, M. Martine aurait pu continuer comme il le fait depuis le départ à crier au complot alors que là, il n'y a aucun complot ! C'est le simple droit qui s'applique. M. Martine et son équipe n'ont pas fait le travail correctement pour surveiller les opérations électorales. Les électeurs et les colistiers tant de Mme Cesto que de M. Rapha n'ont pas pu surveiller correctement le résultat du dépouillement. Il n'y a pas de complot, juste une mauvaise application du droit électoral par le maire sortant."


Carine Alexandre, colistière de Christian Rapha

"Il faudra refaire ces élections. Moi qui étais dans le bureau n°1, en tant que déléguée suppléante, je peux dire que nous n'avons pas été assez vigilants sur le dépouillement. Les bulletins devaient être présentés sur la table et ça n'a pas été fait. C'était de main à main entre les colistiers de M. Martine. C'était la première fois que je participais à un dépouillement, j'ai pêché par manque d'expérience. Si le Conseil d'Etat ordonne de nouvelles élections, je serais scrutatrice, j'exercerais toute ma vigilance et veillerais à ce que les bulletins soient présentés sur la table pour que tout le monde voit !"


Michel Almandin, colisitier de Christian Rapha

"A Fort-de-France, il y a eu une lecture du droit et ici, il y a une autre lecture. C'est celle-ci la vérité ! Nous avons bon espoir que le jugement sera l'annulation des élections. Saint-Pierre gagnera et la liste d'ouverture qu'a montée Christian Rapha gagnera aussi." 

Partager cet article

Repost0

Articles Récents