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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 05:04

RHAPSODIE-JAZZ--premiere-deJean-Michel Martial qui participe ce vendredi au salon de la Plume noire à Paris avec Suzanne Dracius pour un hommage à Léon-Gontran Damas, a bien voulu jouer le rôle de premier lecteur du roman de Catherine Lepelletier, Rhapsodie jazz pour Damas, paru chez Idem.

« Damas est le grand cri nègre »

jean-michel-martial_5304.jpgComment êtes-vous sorti de cette lecture ?

Je suis sorti en dansant ! J’aime beaucoup Damas et je suis content qu’on parle de lui parce qu’on ne parle pas suffisamment de lui-même à cette période qui est le centenaire de sa naissance. Je trouve qu’on fait peu de cas de son message, de son importance dans la poésie, dans l’honnêteté politique, dans l’engagement, la notion de vérité… Il est exemplaire à plus d’un titre et qu’enfin quelqu’un s’intéresse à lui, qui plus est un nouvel auteur, j’ai trouvé ça très positif.

Le parti pris de Catherine Lepelletier est de passer par le récit, la mémoire d’une vieille dame qui a bien connu Léon Damas. Comment trouvez-vous le procédé pour introduire le poète ?

Ce personnage nous emmène à ce qu’on peut ressentir quand on évoque une personne âgée qu’on aime ; il y a forcément une notion de tendresse, de douceur et aussi de vérité parce qu’on n’imagine mal quelqu’un qui soit âgé menteur (rires)… Catherine Lepelletier nous emmène au regard de quelqu’un qui a déjà tout vécu et qui, à partir de là, se positionne et ne dit que la vérité, qui transmet. C’est transmission qui est intéressante car ce personnage est moins fort que celui de Damas. Et c’est normal parce que Damas est d’une épaisseur peu commune et il reste le personnage principal de ce livre.

jean-michel-martial_5369.jpgLa grande révélation de livre, c’est la farouche opposition entre Damas et Monnerville. Qu’en avez-vous pensé ?

Il faudrait demander à Francis Monnerville, son neveu, ce qu’il en pense… Ce serait un autre point de vue. Ca nous dit quoi par rapport à Monnerville ? C’est quelqu’un qui avait un projet politique, qui pensait qu’il avait un rôle à jouer et que pour cela, il fallait qu’il soit dans les arcanes du pouvoir. Ensuite, c’est le chemin qu’il a utilisé et je n’ai pas de jugement par rapport à cela…

Cela ne met-il pas exergue l’assimilationnisme de l’un et la négritude de l’autre ?

C’est un des moments forts du livre mais mon expérience m’amène à penser que chacun est important à la place qui est la sienne. Monnerville, président du conseil de la République, ça n’existe pas s’il n’a pas fait ce qu’il a fait avant. Et lui, de cette place centrale, il devient ô combien exemplaire pour nombre de générations d’individus d’origine antillaise ou simplement noirs et français ou noirs et africains pour lesquels Monnerville représente une lumière. En même temps, Damas est indispensable pour la compréhension du processus d’aliénation dans lequel tout le monde est enfermé parce qu’il a quand même compris ça trente ans avant les autres. Il a réussi, de par la poésie, à faire passer ses idées qui sont exprimées par Frantz Fanon. Sauf que Damas ne se pose pas en tant que littéraire, il se pose en tant que poète. Or le poète est celui qui ouvre pour le lecteur le chemin de la conscience universelle. C’est pour ça que les poètes sont en prison. La poésie est ce qu’il y a de plus violent au monde comme acte politique. Ca signifie mettre en mouvement à partir de rien. Damas met en mouvement la conscience et la prise de conscience d’un processus à travers le rythme de sa poésie, la puissance de son analyse des sociétés et des hommes. Donc à sa place est nécessaire, maintenant que Damas et Monnerville soient antagonistes pourquoi pas mais finalement on s’en fiche.

jean-michel-martial_5403.jpgL’autre intérêt du livre est de remettre Damas à l’origine de la négritude avec Césaire et Senghor. On l’a souvent oublié…

Ce n’est pas qu’on l’a souvent oublié… Il n’est pas reconnu alors que c’est une poutre maîtresse. Il est essentiel ; il est la négritude… Non, il est le grand cri nègre. Damas est le cri nègre, celui qui est commenté et interprété par les autres. Lui, il est, viscéralement. En ce sens là, il est plus impliqué que les autres dans la négritude.

Catherine Lepelletier consacre quelques pages à Pigments, à Black Label, mais plus que son oeuvre, n’est-ce pas l’homme que nous nous fait d’abord découvrir ce livre ?

Tout à fait ! A travers ce roman, le lecteur va découvrir ce personnage et va avoir envie d’aller plus loin. Damas a dit : « Je n’ai pas souffert mais j’ai pris parti. » Lorsqu’il arrive au lycée de Meaux où il a eu pour condisciple Raymond Marcelin, le proviseur lui a dit : « Ah ! Voilà notre petit bagnard… » « Non Monsieur, a-t-il répondu du haut de ses 15 ans, ce sont les Blancs qui sont les bagnards, moi je suis guyanais… » Voilà quelqu’un qui n’est inféodé à aucune autorité !

Ce n’est pas dans le livre…

Les choses qui sont simplement évoquées, qui ne sont pas citées, sont terriblement présentes et ne pas les citer ne les rend que plus présentes. Ca nous dérange et nous oblige à aller chercher et là on nous propose de grandir un tout petit peu…

Peu d’ouvrages sont disponibles sur Damas pour aller plus loin. Damas n’est-il pas un sujet encore vierge ?

Tout est encore à faire !

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 


Jean-Michel Martial et Karine Pédurand dans La loi de Tibi

jean-michel-martial_5434.jpgAu Vingtième théâtre (Paris) les 12 et 13 novembre

« Merci d’être venus mesdames et messieurs, votre agence de voyage vous a dit que les plus beaux enterrements, les plus typiques sont ceux où Tibi officie… Je suis Tibi, vous serez satisfait… » Tibi, un homme simple, incarné par Jean-Michel Martial, qui vit dans un lieu déshérité. Il raconte aux gens le plus incroyable des spectacles : les enterrements et la vie des gens qu’il enterre. Entre chaque enterrement, il raconte aussi sa vie et la loi qu’il a découverte, à l’instar d’Archimède ou d’Euclide… La pièce a été jouée en Martinique en novembre 2011, et Jean-Michel Martial pense que « le moment est venu de la jouer en Guyane et en Guadeloupe ! » A bon entendeur…

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 15:25

Journée internationale des Créoles

 Le Collectif pour le Créole au Bac dans l’Hexagone (CCBH) organise les 27 et 28 octobre à la JOURNÉE INTERNATIONALE DES CRÉOLES sous le parrainage de l’actrice Firmine Richard et de l’écrivain Hector Poullet

A l’initiative des Seychelles et de la Dominique, le 28 octobre est, depuis 1983, la journée internationale célébrant la langue créole et ses cultures. Cette reconnaissance trouve ses premières voix dans les territoires de souche créolophone, depuis la Caraïbe jusqu’à l’Océan indien pour s’étendre de plus en plus vers les pays d’émigration des populations créolophones, comme la France hexagonale, la Grande-Bretagne, le Canada ou encore les États-Unis. Les actions du Collectif pour le Créole au Bac dans l'Hexagone (CCBH) sont marquées par la réussite de plusieurs objectifs atteints depuis sa création en 2005: l'accès aux épreuves obligatoires de créole en hexagone dès la session 2007 du baccalauréat, l'enseignement du créole dans 2 lycées de la région parisienne dès 2008 et l'accès aux épreuves facultatives des créoles guadeloupéen et martiniquais en 2011. A ce jour, plus de 1 200 lycéens de l'hexagone ont pu passer les épreuves de créole au baccalauréat.

Dans la lignée de ses combats, le CCBH organise pour la 3e année consécutive sa manifestation autour d'un panorama de la diversité des langues et cultures créoles de la Caraïbe et de l'océan Indien à l'occasion de la  Journée Internationale des Créoles.

L'édition 2012est articulée autour de deux axes :

- Mise en place d’une bibliothèque temporaire d’une cinquantaine d’ouvrages en créole à la bibliothèque Aimé-Césaire (Paris 14e).

- 2 jours d’échanges animés par des artistes de hautes renommés, au centre Marc Sangnier et au théâtre 14, avec en clôture la non moins traditionnelle dictée créole du collectif.

Programme : http://www.creoleaubacdanslhexagone.org/wp-content/uploads/2012/09/Programme3sept_-LAJOUNEN-KREYOL-2012_.pdf

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 15:08

Martin  Luther King et Mumia Abou-Jamal au parloir

La-derniere-scene-flyer_recto.jpgL’auteur dramaturge Alain Foix aime les rencontres, rares ou incongrues, mais toujours porteuses de sens. On se souvient du huis-clos qui mettait face à face Angela Davis et Gerty Archimède, dans « Pas de prison pour le vent », de la rencontre plus classique des chevaliers Saint-George et d’Eon ou celle audacieuse de Shylock et Othello, le Juif et le Nègre, dans « Le ciel est vide »… Ce coup-ci, Alain Foix s’attèle à la mémoire douloureuse noire américaine en mettant face à face Martin Luther King, assassiné en 1968, et Mumia Abou-Jamal, dans le couloir de la mort depuis 1981, dans « La dernière scène ». Cette nouvelle création qu’Alain Foix met en scène lui-même sera à l’affiche du théâtre de l’Albatros pendant le festival d’Avignon.

Sur scène deux comédiens, mais trois personnages. Mariann Mathéus est Coretta, l’épouse du pasteur. Assane Timbo est à la fois Mumia Abou-Jamal et Martin Luther King. « Joyeux Martin Luther King day ! », lance Mumia Abou-Jamal tandis que Coretta regrette son mari parti avec son rêve et laissant les orphelins les armes à la main. « Maintenant, ils s’entassent  par centaine dans les couloirs de la mort. » Luther King fait face à son héritier, à moins que ce ne soit celui de Malcolm X, un « né sous X »… Car Mumia a été black panther qui sait que « un noir n’a aucun droit qu’aucun blanc ne soit tenu de respecter… » marin-coretta-aboujamal_7617.jpgMais Luther King est non-violent, bon et chrétien. Devant un piano, il dit à son épouse : « Les aveugles ne voient pas les couleurs, c’est peut-être pour ça qu’ils jouent si bien… » On passe de la cellule de Mumia à la chambre 306 du Loren Motel à Memphis, le jour de l’assassinat de MLK : « la mort derrière la vitre… » Et c’est 1980, l’arrestation d’un taxi driver noir. Lui aussi passe la vitre, du taxi. Il raconte l’irracontable, le mensonge policier… « Ils me condamnent à mort parce que j’ai tué Faulkner, un flic, pas l’écrivain, c’est pire… » Et depuis trente ans, Mumia bouffe de la télé. « Zappez ! », hurle le prisonnier… MLK a eu un rêve mais Mumia sait que la terre promise n’est pas là haut. Elle est là « derrière la vitre ». La dernière scène s’achève sur un la. « Une note bleue », tempère Coretta.

Alain Foix aborde ici un thème qu’il a plusieurs fois rencontré, celui de l’altérité, notamment dans Noir (édition Galaade), mais aussi avec Toussaint Louverture (Gallimard) et même Vénus et Adam (Galaade). Parfois didactique voire pédagogique, son texte (qui sort en juillet chez Galaade) a l’avantage de mettre en lumière la face sombre de l’Amérique. Il a puisé dans l’œuvre de Martin Luther King (dont il sort une biographie en octobre chez Folio), mais aussi dans celle de Mumia Abou-Jamal qui a écrit huit livres en prison.

La pièce était à l’affiche du théâtre de l’Albatros du 8 au 28 juillet puis le 19 octobre au Canal 93 de Bobigny, où une rue Mumia-Abou-Jamal a été inaugurée.

FXG (agence de presse GHM)

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 11:06

Face à Faces

Faces, une chorégraphie et mise en scène de Maguy Marin en collaboration avec Denis Mariotte au Théâtre de la Ville jusqu’au 21 octobre.

maguy-marin_5445.jpg

© Jean-Pierre Maurin

Le Festival d'Automne propose ce spectacle dans le cadre d’une monographie consacrée à Maguy Marin.

Au fond de la scène, face à la salle, un vaste miroir réfléchit l’image du public. Le noir se fait dans la salle, le plateau est éclairé et les 28 danseurs du ballet de l’opéra de Lyon entrent un à un et se figent en fixant leur regard vers les spectateurs. La scène, silencieuse, dure… Quelques raclements de gorge se font entendre, semblant même créer une forme de dialogue d’ennui dans la salle. Le public est jeune, scolaire, accompagné de professeurs, d’agents de médiation culturelle et d’abonnés à Télérama ou aux Inrock. Les danseurs sont toujours immobiles, le noir se fait en même temps qu’une déferlante sonore (création de Denis Mariotte), très dense, bouscule l’écoute et l’espace. Cette « musique concrète » accompagne dans un hyper ralenti une alternance de pénombre et de clair-obscur qui permet un enchaînement d’images arrêtées sur des acteurs figés, qui vont représenter tous les tableaux de cette chorégraphie. Il s’agit selon l’auteur qui cite volontiers l’ouvrage « Masse et puissance » d’Elias Canetti, de mettre en scène « les natures de la métamorphose des masses humaines » et de montrer ainsi ce que l’homme en foule est capable, du meilleur comme du pire. La foule portant lunettes de soleil et chapeau va ainsi se commuer en foule de croisés, de croyants, de consommateurs, de footballeurs, mais aussi en foule de morts dans les charniers… C’est comme si des enfants jouaient à « 1,2, 3 Soleil » pour dévoiler à chaque temps d’arrêt un de ces tableaux, étape singulière de la nature de la métamorphose de la masse humaine. Voilà pour le procédé qui se déroule avec une régularité exemplaire tout au long de l’heure que dure ce ballet contemporain.

g_ThV12MaguyMarinFaces03.jpg                                                                   © Jean-Pierre Maurin

Ca ne prend pas vraiment dans la salle (applaudissements mous et départs au moment des saluts). Les spectateurs qui sont venus là ont répondu à la convocation de leurs éducateurs soucieux de leur faire partager la proposition du Théâtre de la Ville, une grande salle subventionnée par la ville de Paris, dirigée par le metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota, par ailleurs directeur du festival d’automne. Ces dernières minutes  du spectacle nous questionnent sur les enjeux des politiques culturelles avec leur généreuse envie de partage (Frédéric Mitterrand parlait volontiers de « culture pour tous » en bon héritier de Jean Vilar) et leur difficulté manifeste à transmettre au public. Sans doute eût-il été intéressant de déplacer ce programme artistique dans une salle de banlieue et d’inviter les spectateurs à incarner eux-mêmes, à la place des danseurs de l’opéra de Lyon, ces figures humaines agrégées en masse. Le spectacle est un jeu. Plutôt que d’y convoquer la jeunesse, les médiateurs culturels devraient s’attacher à cultiver son désir.

Augustin De Coulondres

Programmation «Portrait Maguy Marin» dans le cadre du Festival d'Automne 2012
du 16 oct. au 27 oct. 2012, théatre de la Bastille, Création 2012.
du 13 nov. au 15 nov. 2012, Le Centquatre, Cap au pire.
du 16 nov. au 17 nov. 2012, Le Centquatre, May B.
du 20 nov. au 1 déc. 2012, théâtre du Rond-Point, May B.
du 22 nov. au 27 nov. 2012, théâtre de la Cité Internationale, Ca quand même et Prises/Reprises.
du 29 nov. Au 1er déc. 2012, théâtre National de Chaillot, Cendrillon.
du 6 déc. au 8 déc. 2012, maison des Arts de Créteil, Cendrillon.
du 13 déc. au 15 déc. 2012, théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Cendrillon
— le 3 déc. 2012, La Cinémathèque française, Maguy Marin: retour sur Umwett.

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 05:39

La défisc dans le colimateur

Le débat sur la défiscalisation outre-mer devrait faire l’objet d’attaques de députés métropolitains de tous bords. Les ultramarins devront se mobiliser pour préserver la décision du gouvernement de renforcer exceptionnellement le dispositif en 2013.

Le Président de la FEDOM, Jean-Pierre Philibert, a été auditionné par Serge Létchimy (apparenté PS Martinique), rapporteur pour avis sur le projet de loi de finances pour 2013, avant de rencontrer cette semaine Gilles Carrez, président UMP de la commission des finances de l’Assemblée nationale et un certain nombre de collaborateurs de cabinets ministériels dont Stéphane Grauvogel à Matignon. Si le projet de loi, tel que l’a présenté Victorin Lurel, se présente plutôt bien (hausse de 5 % et maintien de la niche fiscale outre-mer), des vautours tournent déjà autour de la défisc… L’examen du texte (la défiscalisation se trouve dans le corpus des articles dits non rattachés) a débuté en commission le 15 octobre. Les députés peuvent déposer leurs amendements jusqu'au 26 octobre et le débat en séance plénière aura lieu le 30 octobre. C’est là que tous les parlementaires ultramarins doivent se mobiliser (à l’appel du conseiller spécial du ministre des outre-mer chargé des relations avec le Parlement) pour faire front commun face aux détracteurs de la défisc. Marie-Luce Penchard, avisée parce qu’ancienne ministre de l’Outre-mer, lance un avertissement : « Notre ministre aura besoin de soutien car Jérôme Cahuzac (le ministre du Budget, NDLR) n'a pas dit son dernier mot ! Ce n'est pas un ami de l'outre mer et il veut tuer la défiscalisation. Je suis bien placée pour le dire après avoir été auditionnée par lui à deux reprises en sa qualité de président de la commission des finances… » Et déjà, les premières attaques se dessinent : le rapporteur général du Budget, Christian Eckert (PS), aurait, selon la FEDOM, suggéré  un rabot à 18 000 € et 2% au lieu de 18 000 € et 4 %. « Si l’on touche à ce plafond, indique Jean-Pierre Philibert, le risque existe que les investisseurs se détournent d’opérations à risque et arbitrent en faveur d’autres investissements plus sûrs et fiscalement plus rentables. » Reste, tout de même, que le Premier ministre et le président de la République se sont engagés à ne pas remettre en cause le dispositif de défiscalisation. Lurel devrait pouvoir compter sur leur loyauté, cette année au moins.

FXG (agence de presse GHM)

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 05:39

La comptable de l’UAG devant la Cour des comptes

Pour une créance remontant a 2005, l’actuelle comptable de l’UAG a dû s’expliquer devant la cour des Comptes.

L’audience a fait état de la grande détresse du service comptable de l’université.

Micheline Hugues, agent comptable de l’université Antilles Guyane comparaissait, mardi 16 octobre, devant la cour des Comptes à Paris. En février dernier, le parquet général a mis en cause la tenue des comptes de l’université mettant sur la sellette deux comptables, Aline Grimbert en poste entre 2005 et 2008 et son successeur, Micheline Hugues toujours en fonction. On leur reproche de ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour recouvrer une créance de la Région Martinique de 18 503,30 €. Il s’agit du reliquat d’une subvention de 46 000 € destinée à organiser une journée de formation de coopération interuniversitaire au cours de l’année 2005. En prenant son poste en 2009, Micheline Hugues a bien pris soin d’émettre des réserves sur la gestion d’Aline Grimbert quant à cette créance car toutes les pièces générales des comptes de l’année 2005 ont été détruites. Elle présente en revanche une preuve que la Région Martinique a opéré un premier versement de 24 000. L’avocat général, qui demande a la cour de reconnaître la responsabilité de Mmes Grimbert et  Hugues sur leurs fonds personnels, estime que la première a été « impuissante à fournir la preuve qu’elle avait répondu à ses obligations, rendant la créance irrécouvrable » et que la seconde « ne pouvait considérer le recouvrement compromis ».

La comptable fait face aux juges lorsqu’elle est invitée à s’expliquer. « Mon poste en Guadeloupe signifiait mon retour au pays après 36 ans passés dans l’Hexagone. « En arrivant, plaide-t-elle, j’ai constaté qu’il y avait beaucoup de créances difficiles a recouvrer… » Elle évoque alors ses conditions de travail avec de gros problèmes d’archivage (des mites) et un manque cruel de cadres dans son équipe. « Je devais recevoir une remontée des dépenses, je n’ai jamais eu aucune pièce », dit-elle après avoir expliqué n’avoir obtenu de la Région Martinique que le 21 mai 2012 un état récapitulatif des factures de l’UAG.

Suicide d’un comptable en 2001

Le ton, sobre et terne, habituel du prétoire de la cour des Comptes, a subitement pris un tour plus émotionnel. « Je me pose la question, lance Micheline Hugues, du devenir même de ma fonction alors que mon service est sous doté… » L’histoire du service comptable de l’UAG plaide en sa faveur lorsque l’on se souvient de la lettre laissée au président de l’université par un ancien comptable, Luc Lelarge, le 15 septembre 2001, avant qu’on ne retrouve son corps flottant au pied des falaises de l’Anse-Bertrand. Il écrivait notamment ceci : « J’ai décidé de quitter ce monde. Je ne ferai de reproche à personne dans l’université des Antilles et de la Guyane, mais que chacun comprenne que le travail qui m’a été demandé depuis le 1er septembre dernier n’était pas humain (...) Je n’ai pas eu le temps de faire de réserves à l’encontre de mon prédécesseur, il sortira vierge de la situation que j’ai trouvée dans les états de soldes en comptabilité. » Avant que l’audience ne s’achève, Micheline Hugues a imploré les magistrats une dernière fois : « Pour une créance de 2005, j’ai fait suffisamment de démarches. Je vous demande votre clémence. » Le président a annoncé que la cour rendrait sa décision dans six semaines.

FXG (agence de presse GHM)

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 04:52

Catherine Lepelletier revisite la vie de Léon-Gontran Damas

lepelletier.jpgCatherine Lepelletier, journaliste de la télévision publique d’outre-mer, est désormais docteur en littérature comparée et enseigne à l’UAG ; elle sort chez Idem son premier roman consacré à Léon-Gontran Damas : Rhapsodie jazz pour Damas. Roman… Pas vraiment. Il s’agit plutôt d’un témoignage que l’auteur a mis en page dans une forme de récit. Mamoune, 89 ans, est la nièce à la mode de Bretagne de Léon Damas. L’auteur, déguisée sous les traits d’une infirmière dispensant des soins à domicile, va faire parler Mamoune pour révéler quelques pans de la personnalité et de l’histoire du 3e père de la négritude. Nous voilà dans les années 1930 avec Robert Desnos au bal nègre de la rue Blomet, chez les sœurs Nardal à Clamart avec Césaire et Senghor. Bon, c’est succint et seul Desnos qui a préfacé le recueil de poèmes, Pigments, fait l’objet de quelques pages intéressantes. Mais le plus saignant dans cet ouvrage, le plus riche, et qui rétablit les regards, ce sont les moments consacrés à la bataille électorale de Cayenne vers 1947-1948 et le combat contre Monnerville et « les Gwo tchap guyanais, avides d’assimilation qui n’avaient aucune idée de ce qu’était vraiment la bourgeoisie mais qui n’avaient qu’une envie celle de lui ressembler ». Catherine Lepelletier tord le cou au mythe de Ti Momo en rappelant comment René Maran a agi auprès d’Henri Torrès pour qu’un avocat guyanais soit du procès des 14 Guyanais à Nantes : « Monnerville remercia Torrès à sa façon (…) Monnerville se flattait à lui seul d’assurer la défense des inculpés de Guyane… » Car Damas et Monnerville sont des opposants. Le premier, en étant l’un des pères de la négritude, ne peut être proche d’un défenseur de l’assimilation voire de l’acculturation des peuples des vieilles colonies… C’est un nègre fondamental contre un gwo tchap, un neg maron contre un mulâtre assimilé.

RHAPSODIE-JAZZ--premiere-de.jpgLe récit s’égare souvent dans la vie banale de la vieille Mamoune et Catherine Lepelletier doit aller chercher le renfort d’autres survivantes comme Man Piero à Cayenne ou la dernière épouse de Damas à Rio. Mais peu de mots réussissent à ranimer l’âme du poète amoureux du jazz. Damas n’affleure qu’à peine des limbes des souvenirs de Mamoune. Malgré son titre splendide, Rhapsodie jazz, Catherine Lepelletier ne parvient pas à faire entendre la petite musique poétique de Ti Léon, ce qu’Ernest Pépin appelle sa fulgurance.

FXG (agence de presse GHM)

Rhapsodie jazz pour Damas, éditions Idem

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 06:50

La phrase

« L’UMP ne peut se réduire à un discours clivant et diviseur », a déclaré dans Le Parisien du 16 octobre, Patrick Karam, élu régional UMP d’Ile de France, qui prend parti pour la candidature de François Fillon à la tête de l’UMP. Il déplore les propos de Jean-François Cope sur le pain au chocolat et le Ramadan...

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 05:59

La vie au fil des temps de Charles-Henri Maricel-Baltus

Un roman d’anticipation politico-philosophique sur la Guadeloupe.

livre-Maricel.jpgGuadeloupe 2032. La crise est mondiale et la métropole a bien du mal à continuer d’ « assister » ses dépendances antillaises où la nature reste difficile, alternant sécheresse et inondations, où les hommes sont toujours partagés entre séparatistes et départementalistes, où la France est à la fois trop présente et trop indifférente… La délinquance suit son cours, bon train. Comme le racisme. Les Haïtiens restent des moins que rien, les Dominicaines restent des putes, les rastas des drogués, les métropolitains tellement à part qu’ils en sont absents et les Blancs péyi sont des fin de race… Voilà la Guadeloupe que propose Charles-Henri Maricel-Baltus pour installer les personnages de son dernier roman, troisième épisode d’une trilogie qui met en scène son héros, Taali, cette fois au soir de sa vie. Roman ? Il s’agit plutôt d’un conte politico-philosophique qui expose bien les contradictions contemporaines de l’archipel : « Depuis la départementalisation, nous vivons un rêve occidental qui est en train de virer au cauchemar. Il a fallu, hier, les secousses du tremblement de terre et, aujourd’hui, les gifles du cyclone pour nous éveiller en sursaut, même si beaucoup continuent à camper sur leur petit nuage. C’est, sans doute, notre ultime chance de nous lever et de nous mettre en marche sur la voie de notre propre destin. » Voilà l’enjeu de cette fiction, de cette anticipation politique que propose l’auteur. Sa réflexion repose sur la non-violence qu’il installe au coeur de la philosophie de Taali. Son héros est installé du côté de Pointe-Noire, à Kolbo, une section accrochée aux flancs de la Belle-Hôtesse, au nord de la route de la Traversée. Kolbo, c’est l’utopie réalisée, c’est la Guadeloupe sauvée… L’auteur s’interroge à la fois sur le salut de la Guadeloupe et sur celui de l’homme, sur sa foi. Il résoud les deux. Avec un referendum, revanche de la consultation populaire du 7 décembre 2003, la Guadeloupe devient un Etat-associé à la France ; il évacue ainsi la question sempiternelle du largage. Avec cette sentence bien sentie, « ni Dieux, ni hommes, la vie nous sommes », il évacue la soumission à un irrationnel déiste pour ancrer la seule religion qui vaille selon lui, celle du respect de la vie. Au développement durable, il oppose donc simplement la vie durable. C’est utopique mais tout l’art de son livre est de faire penser qu’avec sa petite taille, la Guadeloupe pourrait pourtant être ce laboratoire des possibles.

On regrettera la qualité du travail de l’éditeur qui a laissé de trop nombreuses fautes et qui a collé à ce roman une affreuse couverture qui lui donne des allures de publication religieuse. Ce qu’il n’est pas.

FXG (agence de presse GHM)

La vie au fil des temps, éditions Nestor

 


L'auteur

Maricel-Baltus.jpgCharles-Henri Maricel-Baltus  est un cadre retraité d'EDF qui a suivi une formation de technicien supérieur en électrotechnique. Il a enseigné les mathématiques avant d'entrer à EDF. Son parcours d'écrivain est lié à ses interrogations précoces sur le sens de la vie et sur l'identité. Il a d'abord publié un recueil de poèmes avant d'écrire son premier roman, "Face à la mort" réédité en 2012 sous le titre de "D'une vie à l'autre". Cette histoire qui reflète son questionnement plonge dans la société guadeloupéenne des années soixante en empruntant tantôt le réel, tantôt l'imaginaire. Plutôt bien accueilli, les premières critiques ont cependant très vite montré que si le livre abordait, par le biais de la culture antillaise, les grandes questions de l'humanité, il laissait le lecteur sur sa faim. Il a répondu à cette critique par une trilogie avec 2 autres romans, "La vie en face" et "La vie au fil des temps". 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 04:26

L’eurodéputé vert Bicep accuse Lurel de « chantage à la banane »

Le député européen, élu en Ile de France, Jean-Jacob Bicep, en charge par ailleurs des Outre-mer au sein du parti EELV, s’est fendu d’une lettre ouverte au ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, après que celui-ci a annoncé son intention de déposer un recours contre les décisions des tribunaux administratifs de Fort-de-France et Pointe-à-Pitre de suspendre l’épandage aérien de banole sur les bananeraies des Antilles françaises. « Nous sommes tous deux fils de la Guadeloupe. Je ne peux donc croire que le sort de la population Guadeloupéenne vous indiffère… » Jean-Jacob Biscep considère « la position constante » du ministre comme, « au minimum une capitulation, au pire une trahison de la mission qui est la vôtre ». Il l’accuse donc de faire du « chantage à la banane » et lui lance : « Que ferez-vous quand nous serons face à une catastrophe sanitaire ? » L’eurodéputé lui rappelle qu’en 1993, « on arguait des intérêts économiques pour justifier l’injustifiable : l’empoisonnement programmé de populations qui mesurent seulement aujourd’hui les conséquences terribles d’une telle volonté ». M. Bicep lui demande : « Les pesticides ne sont pas moins cruels au soleil ? Comment passer sous silence les risques de l’utilisation des pesticides en question pour la santé publique ? » La question est maladroite puisque le banole n’est pas un pesticide mais un adjuvant, un fixatif ajouté à la bouillie fongicide pour qu’elle adhère aux feuilles de bananiers. C’est ce produit qui n’a pas fait l’objet d’études spécifiques de la part des autorités sanitaires compétentes. Qu’importe, à l’instar des juges administratifs, Jean-Jacob estime que la situation demanderait « un grand débat mené dans la sincérité pour que les positions de chacun soient connues. Mais la tenue d’un tel débat semble vous indisposer. Êtes-vous à ce point persuadé d’être le seul dépositaire de la sagesse pour ne souffrir d'aucune contradiction ? » Le député européen ne doute pas que le ministre ait succombé au puissant lobbying bananier. Il lui écrit : « Je vois bien les intérêts que vous défendez… » Et pour répondre au ministre qui déclarait la semaine dernière : « Je n’ai ni l’âme, ni le visage d’un empoisonneur », M. Bicep cite Césaire : « Prends garde architecte, car tu es bâtisseur de pestilence. » Et il n’hésite pas, imitant le groupe de musique Soft à parler de « crime contre la Guadeloupe ». Pour l’heure, les préfets de Guadeloupe et Martinique devraient signer un nouvel arrêté autorisant l’épandage de la bouillie fongicide sans banole en attendant l’examen des appels interjetés par l’Etat et les bananiers.

FXG (agence de presse GHM)

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