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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 06:20

Restitution de l'indemnité versée par Haïti à la France : une QPC examinée ce mardi

C'est ce mardi après-midi que le juge de la mise en état du tribunal de grande instance de Paris doit examiner la question prioritaire de constitutionnalité posée par le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) relative à sa demande de restitution à l'Etat haïtien des sommes qu'il versées à la Caisse des dépôts et consignations à partir de 1825 pour indemniser les anciens propriétaires français d'esclaves à Saint-Domingue.

Préalablement à cette QPC, le juge parisien de la mise en état a déjà eu à se prononcer sur  une demande de restitution à l’Etat haïtien de sommes d’argent (90 milions de francs) qu’il a versées à l’Etat français et détenues à la Caisse des dépôts et consignations non sans que soient procédées une demande d’expertise et une demande de provision. Le juge a eu aussi à se prononcer sur une action en responsabilité tendant à caractériser la responsabilité de l'Etat français pour crime contre l’humanité,

ainsi que celle de la Caisse des dépôts et consignations pour complicité. Le CRAN  a également réclamé réparation (400 000 euros) de son préjudice moral à la Caisse des dépôts et consignations.

L'ordonnance de jugement a été rendue le 25 novembre dernier. Il en ressort que le juge rejette la demande des défenseurs qui souhaitent que le tribunal judiciaire se dessaisisse au profit du tribunal administratif. Il s’est donc déclaré compétent pour statuer sur la demande de réparation du préjudice moral du CRAN. Dans cette décision, il s’appuie notamment sur la loi Taubira du 21 mai 2001, dont beaucoup de commentateurs se plaisaient à affirmer qu'elle n'a qu'une valeur déclarative. Cependant, cette même décision de justice soutient qu’aucune juridiction ne serait compétente pour statuer sur la demande principale du CRAN relative à la restitution de la "rançon" perçue par la CDC, même s'ils proviennent d’un crime contre l’humanité.

Le CRAN a fait appel de cette décision.

FXG, à Paris

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 09:30

Toto Lurel, la parenthèse ministérielle

Lurel-ministre-a-la-Reunion.jpgPascale Poirier a suivi pendant plus d'un an Victorin Lurel alors qu'il était ministre des Outre-mer. Elle en a tiré une chronique des derniers mois de la vie d’un ministre.  Victorin Lurel, ministre des outremer de la présidence Hollande pendant deux ans et homme fort de la gauche guadeloupéenne se dévoile ainsi de manière inédite. Son amour des lettres, son combat contre Total... Mais derrière son job de ministre se cache un autre combat, plus local où plane l'ombre de Lucette Michaux-Chevry et de sa fille, Marie-Luce Penchard... Entre sa Guadeloupe natale et les ors de la République, le film raconte le tiraillement d’un homme entre cœur et raison, combat et abnégation, rengaines locales et enjeu national. A quel prix ? Ministre d’accord mais guadeloupéen d’abord... C'est aussi un éclairage intéresant sur la dernière campagne des municipales à Basse-Terre et Vieux-Habitants.

Production Interscoop, réalisation Pascale Poirier. 52 minutes

Diffusion sur les chaînes 1ère la semaine du 13 décembre

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 07:42

La Guyane intègre le dispositif « Garantie jeunes »

Le dispositif de « garantie jeunes » est ouvert au jeunes de 18-25 ans en situation de précarité, sans emploi et sans formation. Il est entré en vigueur à titre expérimental le 1er octobre 2013 dans dix territoires pilotes. Il a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2015, intégrant au passage la Guyane à compter du 1er avril.

Ce dispositif octroie une allocation aux jeunes qui ne sont ni étudiants, ni salariés et qui ne vivent pas chez leurs parents, dès lors qu'ils s'inscrivent dans le cadre d’un parcours intensif d'accès à l'emploi et à la formation. Les bénéficiaires du dispositif bénéficieront d'un accompagnement via les missions locales en vue d'acquérir des expériences professionnelles ou de formation ou de consolider un projet professionnel, tout en étant assurés d'une garantie de ressources. Pour le moment, le nombre de bénéficiaires potentiels n'a pas été communiqué par le ministère du Travail, mais, selon la députée de Guyane Chantal Berthelot, "compte-tenu du taux de chômage des 18-25 ans en Guyane, on peut facilement imaginer un nombre élevé de jeunes éligibles au dispositif".

FXG, à Paris

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 07:42

Gilles Camouilly défend le caractère ultramarin de France Ô

Babette Gilles et Helene CamouillyAvec une ligne éditoriale attaquée de toute part, y compris par le président de la République qui déclarait le 21 novembre que France Ô devait être "une véritable chaîne ultramarine", Gilles Camouilly, directeur de l'antenne et des programmes de France Ô, est monté au créneau sur le site Le plus de l'Obs. Il défends l'audience de sa chaîne, "mais pas seulement".

Mesurée depuis septembre 2014, France Ô réalise une part d’audience de 0,6 %. En première partie de soirée, elle réunit 223.000 téléspectateurs en moyenne et cumule 3,9 millions de téléspectateurs par jour. "29 millions de téléspectateurs ont regardé France Ô le mois dernier, précise-t-il. Mais le plus important est de rappeler que l'audience n'est pas, loin s'en faut, le seul objectif d'une chaîne de service public." Ainsi la chaîne mesure aussi la qualité de ses programmes, mais aussi "le respect et la diffusion d'un certain nombre de valeurs communes à notre collectivité, ou le service rendu à travers des rendez-vous d'information, ou encore le soutien à la création audiovisuelle indépendante (fiction, documentaire ...), et bien sûr la promotion de la culture et de la connaissance."

Sa tribune répond en fait à celle de l'écrivain Claude Ribbe et là, Gilles Camouilly se montre incisif : "Si l'audience était le seul critère (...) l'auteur de la tribune à qui nous répondons ici, qui produit et réalise des documentaires pour le service public et France Ô en particulier, il n'aurait plus jamais aucune commande si l'audience réalisée par ses films était le critère de leur évaluation." Vlan ! Mais au-delà de la seule polémique, il se défend d'avoir supprimé "toute référence à l’outremer". Et il aligne les volumes de programmes dédiés à l'Outre-mer : 1.600 heures d'information par an, 1.400 de documentaires, 675 de fiction, 100 de musique, 314 de magazines et 100 pour le sport, "soit un total de plus de 4.000 heures par an".

L'outre-mer, vecteur d'ouverture au monde

Il défend encore la présence de l'histoire sur France Ô : le centenaire d’Aimé Césaire, la journée des patrimoines d’Outre-mer, les 30 ans du Bumidom, l’anniversaire de la mort de Nelson Mandela, les commémorations de l’abolition de l’esclavage, l’anniversaire des accords de Matignon en Nouvelle-Calédonie, la nuit de l’Océanie, le centenaire de la 1ère guerre mondiale ou encore les deux documentaires sur les relations entre les présidents de la République et l’Outre-mer, programme diffusé en 1ère partie de soirée le dimanche 16 novembre dernier.

Il rapelle encore que France Ô ne produit, en interne, que des programmes d’information et de sport, et des magazines culturels. "Comme d'autres chaînes de France Télévisions, France Ô contribue par ailleurs à la post-production de documentaires afin d’aider les auteurs à finaliser leurs projets."

Mais, c'est sur "l'outremer, vecteur d'ouverture" qu'il poursuit son plaidoyer pro domo : "Oui, France Ô a pour vocation d’être l’expression de toutes les cultures, profitant de la position géographique de l’ensemble des Outre-mer pour faire découvrir aux téléspectateurs leurs richesses et la mixité dont elles tirent leurs forces." Pour Gilles Camouilly, les critiques de sa ligne éditoriale mettent "très injustement en cause les collaborateurs de France Ô (...) sans aucun fondement à travers une succession de jugements de valeur et d'affirmations fausses".

FXG, à Paris

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 06:45

L'inauguration de la rue Aimé-Césaire à Marseille est reportée

La voie U236 entre la rue de la Tour Sainte et la rue des Bessons dans le 14e arrondissement de Marseille, choisie pour porter le nom de rue Aimé-Césaire, devait être inaugurée hier à Marseille en présence du sénateur maire Jean-Claude Gaudin, de la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, et de la déléguée interministérielle à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer Sophie Elizéon. Au dernier moment, la ministre a annulé sa venue, entraînant en cascade celle de Sophie Elizéon et l'annulation de la cérémonie. "Elle est reportée vraisemblablement en février", a fait savoir l'adjoint au maire délégué à la circulation, Jean-Luc Ricca. Il faut dire que pour honorer le grand Martiniquais, la mairie de Marseille n'a rien trouvé de mieux qu'une voie sans issue qui s'achève au bout de 150  mètres devant un portail donnant sur une résidence. "Il ne s'agit pas d'une impasse, se défend l'adjoint au maire, car il y a des travaux en cours. La rue n'est pas terminée." Si officiellement la ministre a justifié l'annulation de sa venue pour des questions d'agenda, elle y a casé in extremis, jeudi soir, sa participation à l'événement "Osons la France !", organisé au Grand Palais à Paris pour promouvoir les entreprises françaises innovantes. Son cabinet a néanmoins promis aux associations marseillaises, collectif Centenaire Aimé Césaire et comité Mam'Ega, de revenir ultérieurement dans la cité phocéenne. C'est à la suite des démarches de ces associations entamées depuis 1988 que le conseil munucipal de Marseille a voté le 9 décembre 2013 la délibération créant une rue Aimé-Césaire. L'actuel maire du secteur, le Front national Stéphane Ravier, alors encore simple conseiller municipal, avait voté contre.

FXG, à Paris

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 17:44

Le patron de la FEDOM contre la baisse des crédits du SMA

La lettre hebdomadaire de la Fédération des entreprises d'Outre-mer (FEDOM), lundi dernier, passait totalement sous silence la réduction du budget d'investissement du SMA de 10 millions, décidée par la majorité UMP du Sénat, vendredi 28 novembre.

Or, la FEDOM est depuis le 29 octobre dernier partenaire du SMA, puisque son président, Jean-Pierre Philibert et le général Loïacono, commandant du RSMA, ont signé une convention les liant. C'est donc avec un peu de retard à l'allumage que la FEDOM a critiqué, hier, la conséquence de l’amendement du sénateur Didier Robert en vue de rétablir le budget consacré à la dotation de continuité territoriale. Si Jean-Pierre Philibert reconnait "l’importance des fonds alloués à la dotation de continuité territoriale", il s’inquiète de ce que leur rétablissement résulte de la baisse des crédits alloués au SMA. "Le SMA, dit-il, est un dispositif unique et exceptionnel, que l’Hexagone devrait importer, et nous devons tous, chefs d’entreprise mais aussi élus, le soutenir et l'aider dans sa mission." Le président de la FEDOM souhaite que l’Assemblée nationale, qui réexaminera le texte en seconde lecture avant la fin du mois, puisse rétablir la dotation consacrée initialement au SMA, et que les élus trouvent une autre alternative pour abonder le budget dédié à la continuité territoriale.

FXG, à Paris

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:18

Slai-FXG.JPGSlaï sort un nouvel album, Double six

Le chanteur guadeloupéen, deux fois disque d'or et une fois double disque d'or sort, trois ans après "Escale", "Double six". Un album réalisé avec Ismaël Maussion,  et Alias LJ, tous les deux arrangeurs, programmateurs et compositeurs. Interview avec le surdoué du zouk love.

"Mon public est une femme de 31, 32 ans"

Le single "Je t'emmène au loin" cartonne déjà sur les plateformes...

Slai-2.JPGJ'ai choisi ce titre par rapport à son potentiel séducteur, mais également parce que j'ai pensé cet album "Double six" comme un véritable voyage. Et ce titre traduit cette vision que je voulais restituer dans l'album. C'est une bonne ouverture...

Double six, c'est une référence aux dominos ?

C'est un clin d'oeil à ce jeu auquel j'ai beaucoup joué, mais Double six également parce que c'est douze tracks sur l'album et c'est mon sixième album ! Double six, c'est une application plurielle 

Dix ans après l'album "Florilège" et le tube "Flamme", quelle est la nouvelle flamme qui vous anime ?

La flamme ne m'a jamais quitté, mais elle se renouvelle, je la nourris de ce tout ce que j'ai écouté ces derniers temps. Des sons nouveaux sont arrivés, notamment avec l'électro... J'ai pris un peu de tout ça pour nourrir ma flamme et l'inspiration qui m'a accompagné durant la création de cet album. J'ai voulu signifier avec un titre comme "So sexy", un featuring avec David Diaz, "Sans toi" ou "L'homme qu'il te faut" que j'ai des ouvertures vers d'autres courants musicaux, d'autres tendances...

Est-ce qu'il y a une recette musicale Slaï ?

Il y a un univers, mais si on veut parler de recette, je propose au menu une fusion. Le zouk est déjà une musique métissée, mais ce métissage se poursuit avec les nouvelles tendances. il s'en nourrit. Dans Double six, je propose toujours du zouk love, mais également du zouk au sens large puis qu'il y a du zouk up tempo. Dans le jargon créole, on dit du zouk chiré ou zouk marteau, il est présent avec le titre "Party". Il y a un autre titre, "Quand tu danses", qui emprunte au carnaval une rythmique et ça donne une fusion de sons très actuels.

Slai-1.JPGEt y a-t-il une recette du parolier Slaï ?

Je me suis beaucoup penché sur les textes de Serge Gainsbourg, sa faculté qu'il avait de créer des images, de jouer avec les mots. J'ai toujours aimé cette aisance et je m'en suis inspiré dans "Zouk box" ou "Leçons particulières"... Maintenant, j'ai élargi ma lecture. au niveau du texte, on retrouve toujours le thème central qui est l'amour puisque c'est mon socle, mais on y trouve aussi le thème du lâcher prise. Aujourd'hui, avec les smartphones, on a du mal à arrêter de bosser et certains ont la sensation de ne pas en faire assez pour gagner leur vie. C'est ce que je raconte dans le titre "Ce soir" quand je chante "On mérite de s'accorder un moment parce qu'on se le doit à soi-même".

"Ce soir" est justement le deuxième titre que vous sortez en single. C'est le grand retour du zouk lover ?

Ca pourrait être ça... J'ai emprunté à l'électro pas mal de sons, le BPM, la vitesse du son est un peu plus élevée, comme sur l'ensemble de l'album d'ailleurs... Avec "Ce soir", il y a toujours un swing zouk love, mais sur du mid tempo.

Quels sont vos meilleurs souvenirs en studio ?

SLAI-Couv-Double-six.jpgCe sont les moments où parfois on n'a plus rien à donner, on est nerveusement fatigués d'avoir essayé des choses sans résultat et, à ce moment-là, on part dans un délire. C'est l'euphorie de la fin de journée et, finalement, il y a de bons moments, des moments magiques. On est subitement décontractés et ça donne des choses comme le piano de départ de "Ce soir".

Si on additionne le nombre de gens qui vous ont écouté et vu sur le net, ça représente 25 millions. Quel est le profil type de votre public ?

Je dirai que c'est une femme qui a aux alentours de 31, 32 ans, qui aujourd'hui a un enfant, voire deux. C'est une personne qui écoute beaucoup de zouk  mais aussi 50 % d'autres musiques. Elle serait une amoureuse de la culture caribéenne et antillaise, ne va plus trop en club, mais écoute la musique dans les espaces de son quotidien, en voiture...

Et le public masculin ?

Il me dit  : "Quand on invite une fille à danser sur un de tes titres, on n'a pas besoin de parler !"

Propos recueillis par FXG, à Paris

Slaï présentera l'album en concert privé le 12 décembre à l'Aquarium à Paris avec Latina FM

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:07

Gérald Bloncourt et l'Expo Haïti au Grand Palais

AfficheHAITI168 oeuvres, 56 artistes et deux siècles d'histoire... Le Grand Palais accueillie depuis le 19 novembre l'exposition "Haïti, deux siècles de création artistique", jusqu'au 15 février. Gérald Bloncourt est allé la visiter et pousse un coup de gueule.

gerald-bloncourt_8398.jpgA 88 ans, Gérald Bloncourt n'a pas apprécié d'être snobé pour l'inauguration officielle au Grand Palais, à Paris, de l'expostion "Haïti, deux siècles de création artistique". Il y est donc allé avec son épouse, en payant son ticket. Pour voir... "Cette exposition, expliquent Régine Cuzin et Mireille Perodin-Jérôme, commissaires de l’exposition, est un hommage rendu aux artistes haïtiens, à l’histoire de leur pays et à leur culture d’origine." Gérald Bloncourt, peintre, écrivain, poète et photographe, est le dernier survivant du groupe de ceux qui ont créé le Centre d'art haïtien en 1944. "Le Centre d'art est à la base de l'étincelle qui a déclenché l'explosion des fameux peintres du merveilleux", plaide avec véhémence l'octogénaire. Sa colère est renforcée du fait que Mireille Perodin-Jérôme le connaît bien puisqu'elle l'a déjà exposé dans la galerie qu'elle tient avec son époux. "Ce n'est pas pour moi que je râle, dit Bloncourt, mais pour ce et ceux que je représente !"

En Mai 1944, Dewitt Peters l'Américain, Albert Mangonès, auteur de la fameuse sculpture "Le Maron", Geo Ramponneau, Maurice Borno, le RP James Petersen, le sculpteur Daniel Lafontant, Raymond Coupeau et Gérald Bloncourt fondent le Centre d'art. "Dewitt Peters a affirmé que les fameux "Vévé" dans les cimetières étaient des oeuvres d'art." L'équipe du centre d'art a découvert les chefs d'oeuvre dans les temples vaudous. "Ces chefs d'oeuvre étaient faits par de pauvres paysans qui se servaient de pigments, qui n'avaient pas de pinceaux. On leur en donnait ! C'est un peuple d'analphabète et la peinture est une écriture, une façon de s'exprimer et de lutter. C'est un peuple de résistance ! On en a fait des naïfs, mais les peintres du vaudou ne sont pas des peintres naïfs."

L'esprit des "Cinq Glorieuses"

vue-EXPOSITION-Haiti-au-Grand-Palais.jpgAu Grand Palais, Gérald Bloncourt admet avoir retrouvé des peintres qu'il a lui-même accueillis au Centre d'art, mais il reproche aux deux commissaires d'avoir passé sous silence le rôle du Centre d'art. "Il y a une bibliothèque à l'entrée de l'expo et il n'y a pas un livre, juste une affichette pour lancer un appel à dons pour reconstruire le Centre d'art qui a été détruit après le séisme. C'est tout ce qu'il y a, je trouve ça scandaleux !" Il a encore sous la main le premier numéro du journal du Centre d'art, Studio N°3. "On a fait venir le grand peintre Philomé Obin et tout l'école du Cap. On les a exposés, les amateurs sont arrivés, les collectionneurs américains... Ca a explosé. Les galeries se sont montées et ils ont gagné des millions sur la tête de ces pauvres types à qui on achetait un tableau 1 US$ et qu'ils revendaient des milliers de dollars après... Aucune allusion n'est faite à la misère, à l'exploitation de tous ces peintres." Mais la la protestation de Bloncourt est peut-être d'abord politique : "On  veut faire oublier que le Centre d'art était un lieu révolutionnaire qui a reçu l'empreinte d'André Breton et de Pierre Mabille ! On balaie le travail qui a été fait par cette avant-garde de 1946 et des cinq glorieuses. On a quand même déchouké Lescot !" L'insurrection populaire du 7 janvier 1946 qui dura cinq jours s'acheva avec la fuite du président. Bloncourt était alors avec René Depestre et Jacques Stephen Alexis un des principaux leaders. Une junte militaire a fait rapidement un coup d'Etat aidé par les Etats-Unis. La répression a commencé. "J'ai eu le triste privilège d'être le premier expulsé", témoigne Bloncourt.

gerald-bloncourt_8384.jpgLe contentieux est donc ancien entre Bloncourt et l'Etat haïtien. Or, l'exposition du Grand Palais est organisée par la Réunion des musées nationaux sous le haut patronage de François Hollande et de Michel Martelly. Bloncourt a une mauvaise opinion du président actuel d'Haïti : "C'est un ancien macoute qui voulait donner des obsèques nationales au dictateur poursuivi pour crimes contre l'humanité. Il réinstaure le Duvaliérisme."

FXG, à Paris


L'exposition

Robert-Saint-Brice-expo.jpgL'exposition parcourt des temps forts de l’histoire de l’art haïtien, en proposant "un regard au-delà des stéréotypes de la peinture naïve, transcendant la vision magico-religieuse et exotique". Autour de sept sections, dont un tête-à-tête avec Jean-Michel Basquiat et Hervé Télémaque, la scénographie laisse une large place aux artistes contemporains de toutes générations vivant en Haïti (Mario Benjamin, Sébastien Jean, André Eugène, Frantz Jacques dit Guyodo, Céleur Jean-Hérard, Dubréus Lhérisson, Patrick Vilaire, Barbara Prézeau-Stephenson, Pascale Monnin...), en France (Hervé Télémaque, Elodie Barthélemy), en Allemagne (Jean-Ulrick Désert), en Finlande (Sasha Huber), aux États-Unis (Edouard Duval-Carrié, Vladimir Cybil Charlier), au Canada (Marie-Hélène Cauvin, Manuel Mathieu). À l’extérieur du Grand Palais, les visiteurs sont accueillis par une sculpture lumineuse d’Edouard Duval-Carrié.

equipe-centre-art-1944.jpgContrairement à ce qu'affirme Gérald Bloncourt, la documentation de l'exposition n'ignore pas le Centre d'art, pas plus qu'elle n'ignore les premières académies de peinture créées par les dirigeants de la première République noire et animées pour la plupart par des peintres européens qui donnent naissance à l'art du portrait (Colbert Lochard, Séjour Legros, Edouard Goldman). Cette tradition sera ensuite réintérprétée sous forme de satire. Sur le Centre d'art, les commissaires indiquent : "En 1944, le Centre d’art de Port-au-Prince devient le lieu emblématique de la vie artistique haïtienne. Avec une rare puissance évocatrice, les artistes populaires font irruption dans la ville et forcent à la reconnaissance de leurs sensibilités (Hector Hyppolite, Philomé Obin, Préfète Duffaut, Wilson Bigaud, Robert Saint-Brice...)." Elles évoquent même la suite puisqu'elles parlent d'un "nouvel élan créatif avec l’ouverture du Foyer des arts plastiques, puis de la galerie Brochette" et citent même certains des amis de Bloncourt parmi lesquels Lucien Price, présent sur la photo prise au Centre d'art en mai 1944.

 


Bloncourt, le photographe de la classe ouvrière française

gerald-bloncourt_8452.jpgSon père, un Guadeloupéen, est venu faire la guerre de 14 en France. Son grand-oncle, Melville Bloncourt, député de la Guadeloupe, héros de la commune de Paris, a été condamné à mort par Thiers. Son frère, Tony, a été fusillé par les nazis au mont Valérien en 1942. "On descend du comte de Moyencourt qui était un corsaire du roi au XVIIe siècle, qui s'est mis à son compte et est devenu pirate. Il vivait avec une fille Caraïbe qui portait un nom français, Leblond. Noble, il ne pouvait lui donner son nom, alors il a pris Moyencourt et Leblond pour faire Bloncourt." Gérald Bloncourt est né le 4 novembre 1926 à Bainet (Haïti). Il a été au petit séminaire puis au collège Martial à Port-au-Prince, avant de devenir linotypiste. Exilé à 20 ans, il n'est revenu en Haïti qu'à 60. Entretemps, Gérald Bloncourt est devenu photographe à l'Huma, puis Avant-garde, Vie ouvrière et pas mal de presse syndicale. On l'a appelé le photographe de la classe ouvrière française. Deux fois dans les années 1980, il a occupé l'ambassade d'Haïti, "revolver en main", et il fait partie de ceux qui ont créé dès 1988 le comité pour juger Duvallier. Il vient de publier "Mémoire d'un révolutionnaire" chez Mémoire d'encrier.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 06:05

David-Ranseau.JPGDavid Ranseau, originaire de Fort-de-France et Sainte-Marie, est le N°2 du cirque Phénix qui donne à Paris le spectacle Circafrica.

Le cirque Phénix à Paris propose le premier spectacle de cirque africain

C'est la deuxième fois que le cirque Phénix donne un spectacle de cirque africain. Comment avez-vous eu cette idée ?

En 2002, nous faisions une tournée de Montréal à Chicago. On s'est arrêté à New York et on a été invités à voir le Universal circus, un cirque communautaire qu'on appelle aussi le "Black circus", un cirque fait par les Noirs, pour les Noirs comme on peut trouver dans les spectacles américains. On a été littéralement subjugués par ce qu'on a vu, à la fois par une ambiance très Motown avec des touches de hip hop, de rap, de voguing... C'était vraiment une ambiance très musicale. Les numéros n'étaient pas de grande qualité acrobatique, mais il y avait quelque chose de particulier qui nous a séduits et on s'est dit que si ça fonctionnait à New York, on devait pouvoir le faire à Paris. On a mis énormément de temps à le monter pour pouvoir trouver des numéros dignes avec la qualité acrobatique 

Le cirque n'appartient pourtant pas à la culture africaine, comment avez-vous fait pour amener le cirque en Afrique et l'Afrique au cirque ?

On s'est rendu compte que le patrimoine acrobatique chinois marchait  sur un principe simple : une histoire acrobatique, des mythes, des légendes et un patrimoine millénaire. Si vous regardez, ce qui est valable pour la Chine est parfaitement valable pour l'Afrique. Pourquoi ne pas bâtir une école acrobatique africaine, pourquoi ne pas bâtir du spectacle africain sur les mêmes préceptes. C'est vraiment comme ça que cette histoire est née et je vous avoue que j'ai un petit eu poussé pour qu'elle vienne au jour !Circafrica-1.jpg

Et c'est là que vous avez rencontré Winston Ruddell ?

Winston est né au Zimbabwé, a grandi en Tanzanie et aujourd'hui il est Allemand ! C'est le directeur de l'école de cirque de Tanzanie. C'était un artiste de rue qui a toujours nourri l'espoir de monter un jour son école. Il a réussi à la monter. C'est resté très anecdotique jusqu'à ce qu'on arrive à travailler ensemble. On a mis en place un programme qui a permis à l'école de se développer et on a pu proposer des spectacles avec lui partout dans le monde.

Ce sont les élèves sortis de cette école qui font Circafrica ?

Nous avons fait le premier Circafrica en 2012 avec eux. Il y a des Ethyopiens, des Guinéens, des Ghanéens, des Ivoiriens, des Congolais... Il y a vraiment de tout, sauf les Sud-Africains qui viennent d'une autre école.

Que raconte Circafrica ?

Circafrica-2.jpgCircafrica 1 racontait l'histoire de José, le seul artiste blanc du spectacle. Il est Sud-Afriain. José était un aviateur qui, suite à une avarie de son appareil, se retrouve plongé dans la savane et il découvre un univers a priori hostile. Il se rend compte que sans l'aide des autochtones, il ne peut pas assurer sa survie. Il y a une touche didactique sur l'universalité. On voulait montrer qu'effectivement, ensemble on réussissait et que seul, on n'était rien. C'était le script du spectacle initial.

Et le script de Circafrica N°2 ?

José est en Amérique, chargé des rencontres qu'il a pu faire, des cultures qu'il a découvertes, de celle qui l'habite et il décide de revenir en Afrique pour célébrer ses retrouvailles avec ses amis africains. Circafrica 2, c'est le retour en Afrique de José notre explorateur 

Circafrica-3.jpgQu'attendez-vous pour proposer un tel spectacle aux Antilles et en Guyane ?

Comment vous dire ? C'est le rêve qu'on nourrit depuis 2012 ! A Paris, le spectacle fonctionne très bien. On est à plus de 450 000 places vendues ; il va y avoir la tournée en France et dans le monde ! A titre personnel, pour moi la boucle sera bouclée quand on aura pu faire ce spectacle aux Antilles. On le fait en Afrique puisque Circafrica est le spectacle officiel de l'Union africaine pour célébrer la première journée mondiale de la culture africaine. Ce sera le 23 janvier à Lomé. Mais pour revenir aux Antilles, en 2012, Jacob Desvarieux, le leader de Kassav, est venu voir le spectacle. Il m'a dit : "Il faut absolument que tu viennes faire ça aux Antilles !" Nous sommes partis ensemble en Martinique, on a pris des contacts, on a visité des salles. C'est en cours, on y travaille. Je profite de l'occasion pour lancer un appel et dire que toutes les bonnes volontés susceptibles de nous aider, de nous soutenir pour faire venir Circafrica aux Antilles sont les bienvenues. Nous sommes à leur écoute. Les Antilles sont vraiment notre objectif principal désormais.

Et si des Antillais voulaient entrer dans votre école de cirque ?

Bien sûr ! nous sommes à la tête de l'académie Fratellini, la plus grande école de cirque en Europe. Alain Pachery, le metteur en scène du spectacle, est le président de l'académie qui délivre un diplôme bac + 4 aujourd'hui. C'est un vrai cursus. Les enfants y entrent soit en école de loisir, soit après le bac.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Circafrica-4.jpg

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 08:30

Michel-Vergoz-2.JPGVendredi soir au Sénat, après l'adoption de l'amendement du sénateur UMP Didier Robert (le transfert de 10 millions d'euros de l'enveloppe du SMA à celle de la continuité territoriale), le sénateur PS Michel Vergoz a pris la parole pour clamer sa frustration et sa honte. Interview. 

" La continuité territoriale est un slogan de campagne "

Alors que tous les sénateurs présents semblaient ne pas vouloir soutenir l'amendement Robert, il est tout de même passé. Que s'est-il passé ?

Effectivement, la quasi totalité des sénateurs physiquement présents dans l'hémicycle, toutes tendances confondues, Michel Fontaine compris, se sont exprimés contre l'amendement anti SMA de Didier Robert. Dès lors, nous pensions qu'avec sagesse le rapporteur pour avis retirerait son amendement. Le président lui a d'ailleurs demandé, mais Didier Robert lui a répondu : "Je n'ai pas d'autre choix que de le maintenir." Et là, on a bien compris qu'on allait vers un passage en force.

C'est quoi un passage en force au Sénat ?

C'est faire voter non pas seulement les gens qui sont dans l'hémicycle, mais faire voter par paquets de petits cartons les groupes politiques. C'est un vote bloqué dont les résultats sont connus d'avance. La majorité au Sénat étant de droite, Didier Robert enlève sur son amendement anti-SMA la majorité du Sénat.

Didier Robert n'a pas parlé d'amendement anti-SMA mais d'un amendement pour la continuité territoriale...

Michel-Vergoz.JPGCa n'a échappé à personne que c'est bien 10 millions d'euros qu'il enlève aux moyens mobilisés dans ce budget pour le SMA pour les mettre sur sa prétendue continuité territoriale. Et quand on sait que le régiment du service militaire adapté est l'outil de référence en outre-mer - qui commence à faire des envieux dans l'Hexagone - pour la formation et l'insertion professionnelle de nos jeunes, nous disons : Danger ! Et pour faire quoi ? rétablir l'enveloppe de 50 millions d'euros pour la prétendue continuité territoriale. Tout le monde peut comprendre que même  avec 50 millions d'euros, on ne fait en rien dans les outre-mer une continuité territoriale vers l'Hexagone ! La continuité territoriale est un slogan de campagne. Elle l'était déjà en 2002 du temps du président Chirac et qui le redeviendra avec Didier Robert qui compte resservir ce slogan pour sa campagne électorale des régionales de 2015.

Pour vous, ce n'est qu'une manoeuvre électoraliste ?

Combien de ceux qui se sont rendus à la manifestation de Didier Robert sur le thème de la continuité électorale, il y a un mois de cela, ont déjà voyagé sur ce dispositif ? Fort peu ! De continuité territoriale, il n'en a jamais existé, surtout à 50 millions d'euros. Pour la Corse, c'est 180 millions alors qu'elle est cinquante fois plus proche de l'Hexagone que nous et qu'elle a cinquante fois plus de moyens, 600 euros contre 11 euros. Didier Robert lui-même pourrait nous parler de continuité territoriale avec les agriculteurs, les planteurs de letchis, de mangue et d'ananas qui sont venus lui demander la continuité territoriale pour exporter sur les marchés national et européen la production fruitière de l'île. Cessons de déformer les mots, les vider de leur sens premier.

Quand vous avez repris la parole après le vote, vous avez paru déçu et ému...

J'ai ressenti de la frustration et même de la honte. Je ne pense pas qu'à Paris, on prenne très au sérieux de voir un territoire de la République s'élever pour de prétendus voyages pour tous alors que des jeunes se sentent inutiles chaque matin et que la gangrène qu'est le chômage ronge le pays et déstructure la société. Je ne pensais pas que l'entêtement d'un homme pouvait être aussi rigide que cela.

Mais n'est-ce pas le jeu de l'opposition politique ?

Je comprends toutes oppositions et, par essence, l'opposition est saine en démocratie. Mais il y a des sujets sur lesquels on ne plaisante jamais et il y a d'autres sujets sur lesquels nous devons faire des efforts les uns et les autres, quelles que soient nos sensibilités, pour trouver des plus petits dénominateurs communs. Sur l'aide à la mobilité et à la formation, aucune posture politicienne ne doit être acceptée.

Le sénateur et président de la délégation outre-mer du Sénat, Michel Magras (UMP) a proposé de mettre la question de la continuité territoriale à l'étude...

Je suis plus préoccupé du logement, de l'emploi, du traitement des déchets, l'eau, l'aménagement du territoire, notre classement au patrimoine mondial de l'UNESCO... Les sujets de débat ne manquent pas. Le sujet de la continuité territoriale n'est pas prioritaire. Mais je suis prêt à participer à tout échange responsable lorsque le sujet reviendra sur la table, pas comme un sujet de diversion, stérile, polémique et électoraliste. De toute façon, l'Assemblée nationale rétablira les moyens du SMA.

Vendredi, ce n'était donc qu'un psychodrame sans lendemain ?

Un psychodrame qui révèle des postures on ne peut plus politiciennes et électoralistes.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Le Sénat réduit l'intérêt du dispositif Pinel outre-mer

Albeyric de Montgolfier, rapporteur UMP de la commission des affaires sociales, a fait adopter le 21 novembre dernier un amendement qui aménuise de façon sensible l'intérêt du Pinel outre-mer dans son application outre-mer.

Son amendement modifie les taux de réduction d’impôt du dispositif Pinel applicables en outre-mer. Le taux jusqu'alors retenu de 23 % pour un bail de six ans aboutit à un taux annuel de réduction de 3,8 % contre 3,2 % pour un engagement de neuf ans. "Ce taux pourrait donc conduire logiquement les investisseurs à privilégier un engagement sur une durée de location de six ans plutôt que de neuf ans." C'est ainsi qu'il a proposé de retenir un taux de réduction d’impôt de 20 % plutôt que de 23 % pour six ans et de porter à 3 % le taux de réduction annuel pour les trois années supplémentaires éventuelles, afin de redonner sa cohérence au dispositif proposé.

Dans la mesure où, à l'Assemblée nationale, les députés ont porté le plafond défiscalisable du Pinel outre-mer de 10 à 18 000 euros, cette mesure a été jugée inutile et pénalisante par le gouvernement. 

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