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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 05:47
Buzyn et Vidal devant la commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone

Agnès Buzyn veut un plan chlordécone 4 ambitieux

La commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone a repris lundi à Paris ses auditions avec l'oral de deux ministres. Si la ministre de la Recherche Frédérique Vidal a donné l'occasion à Serge Létchimy d'exprimer non sans véhémence, son ressenti et celui des Antillais touchés "dans leur chair", la ministre de la Santé, apaisante et compatissante,  a confirmé à Justine Bénin la création du fonds pesticide dans le budget 2020 de la Sécurité sociale.

Finis les programmes Karuprostate ou l'introuvable Madisprostate avec "ses problèmes de méthode"... Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des solidarités a expliqué que désormais l'on parlerait de "CaPé-Caraïbes", pour "cancer de la prostate Caraïbe". C'est la nouvelle étude lancée par l'INSERM. Il s'agit d'étudier 250 à 300 cas de cancer inclus annuellement pendant cinq ans, soit à terme, 1500 à 1800 cas "pour, a expliqué Mme Buzyn, éviter les biais d'interprétation". Le but de cette étude est de fixer la valeur toxicologique de la molécule.

L'ANSES, de son côté, travaille à définir la valeur toxique d'imprégnation —résultats attendus pour mars 2020 — et la valeur toxique de référence — résultats attendus en décembre 2020.

Santé publique France procède de son côté à une analyse spatiale pour connaître le nombre de cas dans zones contaminées. "Chez les travailleurs de la banane, a indiqué Mme Buzyn, la mortalité est proche de celle des autres Antillais." Une cohorte des travailleurs a été mise en place. Elle regroupe 13 417 exploitants et ouvriers agricoles en Guadeloupe et en Martinique entre les années 1973 et 1993. Parmi cette population, il y a eu 5692 décès. Une étude pour les années 2000-2015 devrait fournir de nouvelles données bientôt.

Concernant le dépistage du chlordécone dans le sang, la ministre a indiqué que "c'était potentiellement anxiogène" et que "il valait mieux le faire dans un cadre d'étude et de recherche parce que le chlordécone disparaît du sang au bout de six mois. Il faudrait renouveler l'analyse tous les mois !" Elle privilégie donc l'échelon collectif pour connaître les taux moyens. Elle a tout de même indiqué que ce taux moyen était en baisse depuis dix ans. Un organisme indépendant a été consulté sur ce sujet précis et devrait remettre ses conclusions en 2020.

La ministre a enfin évoqué le projet de finances 2020 de la Sécurité sociale qui a inscrit un fonds d'indemnisation pour les maladies professionnelles liées aux pesticides, chlordécone inclus. "Il s'agit, explique Mme Buzyn, de simplifier les procédures de reconnaissance pour les maladies professionnelles et prendre en compte les personnes malades non couvertes.

Un taux moyen de cancer record

C'est aussi pour ces personnes que l'ANSES a reconstitué la cohorte des travailleurs de la banane afin d'identifier les personnes malades avant de mettre à jour le tableau des maladies professionnelles. Agnès Buzyn a néanmoins signalé que l'institut Pasteur de la Guadeloupe pouvait faire cette recherche mais que pour être remboursé, cela dépendait de l'avis de la haute autorité de santé.

Selon la ministre, le taux de cancer moyen pour la période 2010-2014 est de 163,6 cas pour 100 000 personnes en Guadeloupe, 161,1 cas pour 100 000 personnes en Martinique, soit 500 cas par territoire et par an. A titre de comparaison, ce taux moyen pour la France est de 98 cas pour 100 00 personnes en 2012. La ministre a indiqué que le taux moyen de cancer aux Antilles est en baisse par rapport à la période 2004-2009. Elle admet toutefois que c'est un taux record même si d'autres îles de la Caraïbes ou des population afro-américaines ou afro-britanniques ont des taux avoisinant.

Quant au taux de morbidité, une étude doit débuter en 2020. Elle s'appuiera sur le registre des cancers et les données de l'administration et des professionnels de santé.

Par ailleurs, Agnès Buzyn a indiqué que l'élaboration du plan chlordécone 4 se ferait en "co-construction" avec des réunions dans les mairies, en lien avec l'ARS, les associations et les élus.

Interrogée par Serge Létchimy qui s'étonnait que l'on parle d'un "aveuglement collectif," la ministre a dédouané les populations antillaises et reconnu, du bout de la langue et pour les faits passés, la responsabilité de l'Etat.

"Nos conclusions, a repris le président de la commission d'enquête, mettront en cause la responsabilité de l'Etat."

FXG, à Paris

Frédérique Vidal veut un volet spécifique dans le plan national santé et environnement

L'audition de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche lui a donné l'occasion d'expliquer aux membres de la commission d'enquête comment les financements de la recherche prenaient désormais en compte l'interpluridisciplinarité du sujet chlordécone, y compris jusqu'aux sciences sociales. C'est pour cette raison et "éviter les tuyaux d'orgue" qu'il n'y a pas de "fléchages dédiés des moyens" que regrettent les membres de la commission d'enquête. La ministre a insisté pour dire que l'objectif du gouvernement était de faire en sorte que "les politiques publiques s'appuient sur les résultats de la recherche", ce qui n'a pas toujours été le cas. Le président de la commission lui a fait remarquer qu'elle avait employé les mots "scandale" et "drame". "Oui, c'est un drame, a répondu Mme Vidal, dont pendant longtemps on n'a pas mesuré l'ampleur." Serge Létchimy lui a alors demandé si ce programme de recherche serait inscrit "dans la stratégie prioritaire du gouvernement". La ministre a expliqué qu'elle souhaitait qu'au-delà du plan chlordécone 4, que le futur Programme National Santé Environnement dispose d'un volet spécifique sur le chlordécone, ce qui en fait, a-t-elle assuré "une priorité nationale". C'est en tout cas ce qu'elle entend proposer au Premier ministre et au président de la République. Pour autant, Serge Létchimy n'a pas entendu le terme de "stratégie nationale" et il l'a fait savoir. Quand Mme Vidal lui a fait remarquer qu'il haussait le ton, Serge Létchimy a balayé d'une phrase sa remarque : "Non, c'est de la tristesse... Vous n'avez pas de chlordécone en vous..." Après cet échange, un député LRM de Vendée est intervenu pour arrondir les angles avec la ministre. Serge Létchimy n'avait plus de question.

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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 07:54
Aubert a tourné en Martinique

Jean-Louis Aubert fait le loup de mer en Caraïbe

Jean louis Aubert, l'ex-chanteur du groupe Téléphone, a tourné  son dernier vidéo-clip, "Bien sur“, le week-end du 13 octobre en Martinique. Ce clip est tiré d'un de ses nouveaux titres, déjà sur les ondes, et dont l'action se passe entièrement en mer. Pour les besoins de la mise en scène, Jean-Louis Aubert s'est transformé en vieux loup de mer naviguant sur l'océan à bord d'un vieux monocoque en acier rebaptisé "Refuge" pour les besoins du film. L’artiste et le réalisateur, Frank Vroegop, ont choisi la Martinique, les Trois-Ilets précisément, pour le tournage. Un casting a été organisé sur place pour trouver la jeune femme qui joue dans le clip le rôle de la muse.

L’ensemble des techniciens et du matériel a été pris sur place. Le chef-opérateur, Olivier Tisserand, est un marin connu des Martiniquais pour ses émissions météo très suivies.

Le clip est produit par une société basée dans le Gard, Delapost films, et s’appuie sur la société de production locale basée au Lamentin, Feelgood Movie, de Cyril de Virginy.

FXG, à Paris

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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 05:12
Le retour de l'affaire Green Parrot

Affaire Marie-Jeanne  :  un mauvais feuilleton qui n'en finit pas

Le 22 mars 2018, le procès Marie-Jeanne dépaysé à Paris à la demande du parquet général finissait en fiasco par l'annulation spectaculaire de l'ordonnance de renvoi, annulant ainsi huit années d'instruction. Le parquet de Parais avait été invité très fermement par le tribunal à revoir sa copie, c'est-à-dire à renvoyer l'instruction de l'affaire au magistrat qui l'avait instruite, soit aux juges de Fort-de-France.

Or, à la grande surprise des prévenus et de la partie civile, c'est la vice-présidente en charge de l'instruction au tribunal de grande instance de Paris, Bénédicte de Perthuis, qui a rendu le 27 septembre dernier une ordonnance de requalification et de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris. Alfred Marie-Jeanne est désormais poursuivi pour faux dans un document administratif, usage de faux et prise illégale d'intérêt par un élu public. Sa fille Maguy pour complicité de faux, complicité d'usage de faux et prise illégale d'intérêt et Mark Frampton pour recel de prise illégale d'intérêt.

Rappelons qu'il s'agit de l'affaire dite  Green Parrot, relative à la réhabilitation de l'école Roosevelt Douglas à Portsmouth en Dominique sur des fonds de la Région Martinique après le tremblement de terre du 21 novembre 2004.

"Une affaire abracadabrantesque qui va faire pshitt"

Cette ordonnance de requalification qui ne fait pas moins de trente pages étonne la défense d'Alfred Marie-Jeanne qui a d'ores et déjà interjeté appel devant la chambre de l'instruction de Paris.

L'affaire avait été dépaysée à Paris en août 2016 alors qu'elle était pendante au tribunal de Fort-de-France. "L'orthodoxie judiciaire, explique Me Ursulet, aurait voulu que l'affaire soit renvoyée à la juridiction qui a instruit l'affaire, c'est-à-dire à un juge d'instruction de Fort-de-France. Curieusement, c'est un juge d'instruction parisien qui en a hérité et Alfred Marie-Jeanne n'a appris son existence qu'avec cette ordonnance." Mais ce n'est pas le seul point d'orthodoxie judiciaire que soulève la défense : "Lorsqu'un juge est amené à instruire à nouveau, poursuit l'avocat, il doit entendre les parties civiles et les mis en cause, ce qui n'a jamais été fait." Mais il n'y a pas que ces arguments qui ont motivé l'appel d'Alfred Marie-Jeanne : "Le juge a requalifié les faits tout en défendant le travail de ses collègues du tribunal de Fort-de-France, allant ainsi à l'encontre de la décision du tribunal correctionnel de Paris qui a annulé l'ordonnance de renvoi." Cela augure une nouvelle et âpre bataille procédurale pour laquelle la défense va faire valoir "le caractère iconoclaste de cette procédure qui arrive quinze ans après les faits"... Me Ursulet ajoute en souriant  :  "C'est une affaire abracadabrantesque qui va faire pshitt."

FXG, à Paris

 

 

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 04:29
Le seule et l'unique... Cleeveland alias Tania au théâtre de l'Atelier

Tania, alias Cleeveland, d'instagram à la scène parisienne

Dimanche 13 et lundi 14 octobre, Cleeveland Roumillac, enfant de Cayenne et instagramer fameux (il revendique 154 000 followers), se lancera seul et pour la première fois sur une scène de théâtre à Paris. Les deux dates affichent déjà complet.

Cleeveland (24 ans) a débuté, il y a trois ans, son aventure d'humoriste avec son smartphone sur snapchat. "Je racontais des story que je republiais sur instagram et facebook. Ma première vidéo, c'était en octobre 2016 pour dénoncer les talons tikitok, moches et tout petits..." Cleeveland ne se doutait pas que cette pochade allait changer le cours de sa vie. Après son bac au lycée Melkior-Garré de Cayenne, Cleeveland part à Kourou faire un BTS tourisme. Ca ne lui plaît pas et il s'inscrit en fac à Nanterre en licence de portugais tout en suivant parallèlement une formation de professeur des écoles.

Sa première vidéo a récolté 100 000 like alors il continue d'en réaliser. Il invente alors le personnage de Tania qui va le rendre célèbre avec ses super perruques. "Je l'avais créée pour une soirée et ça a tellement bien marché qu'en 2017 au carnaval de Montpellier, je l'ai ressortie et je l'ai gardée !" Il s'essaie à la scène à Toulouse lors d'un afterwork dédié au stand up, puis à Paris, au salon Vianney avec son compatriote M'Rick, une soirée intitulée "Cleeveland et ses amis". Viennent ensuite la Cigale en mars 2018 pour une scène partagée, le MadGwaya comedy show où son personnage de Tania conquiert le public. Même formule et même succès en Guyane et en Martinique...

En septembre de la même année, Cleeveland intègre l'Education nationale comme professeur des écoles contractuel. Il ne cesse pas pour autant de publier de nouvelles "story" sur son compte instagram et deux mois après la rentrée, l'humoriste martiniquais l'invite à faire sa première partie au  Casino de Paris. Carton ! "On m'a demandé alors de faire un spectacle solo, j'ai dit Ok", raconte-t-il.  En trois jours, les 500 places du théâtre de l'Atelier se sont vendues. Il rajoute une deuxième date, toute aussi vite vendue. "Les gens vont en apprendre un peu plus sur mon personnage de Tania", confie-t-il. Ceux qui ont assisté à la dernière cérémonie des Lind'or à Cayenne ont pu apprécier la force de persuasion de cette femme hystérique et capricieuse qui a obtenu des organisateurs qu'ils lui décernent un Lind'or...

"Il fallait que je fasse un choix par rapport à l'image de l'Education nationale..."

Cleeveland aime opposer son personnage féminin à son alter ego masculin : "Tania, c'est la plus folle des deux, la plus fêtarde tandis que Cleeveland est plus réservé, plus calme..." Le succès de Tania, c'est qu'elle agit comme une influenceuse qui donne des conseils aux femmes sur leur relation avec les hommes. Tania, c'est d'ailleurs un prénom qu'il est allé chercher dans une telenovela brésilienne. "Tania lance des coups de gueule et tout le monde s'y retrouve", commente Cleeveland. Tania, telle l'inspecteur Colombo qui parle toujours de sa femme sans qu'on ne la voie jamais, parle toujours de Jacques, son mari. C'est un homme volage et plein de défauts, mais Tania est incapable de le quitter... Bref Tania philosophe sur la vie de couple.

Il y a une semaine, des parents d'élèves de m'école où Cleeveland enseigne ont découvert ses vidéos sur les réseaux. Une inspectrice académique l'a convoqué. "Il fallait que je fasse un choix par rapport à l'image de l'Education nationale..." Il a choisi les réseaux sociaux ! C'est dire quelle importance revêtent désormais ces deux dates au théâtre de l'Atelier.

FXG, à Paris

"La seule et l'unique", au théâtre de l'Atelier, Paris 18. Les 13 et 14 octobre à partir de 19 heures.

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 06:51
Photo : Philippe Miljevic

Photo : Philippe Miljevic

Lyza Hery, la nouvelle génération de pastoriens

Lyza Hery fait partie des vingt doctorantes et 15 post-doctorantes récompensées mardi 8 octobre à Paris, par le prix Jeunes Talents L'Oréal-Unesco pour les femmes et la science. Outre une bourse de recherche d’un montant de 15 000 euros, Lyza doit bénéficier d’un programme de formation au leadership, complémentaire à son parcours scientifique.

Lyza Hery est une jeune femme de 28 ans, une Bonbon de Terre-de-Haut par sa mère. Aujourd'hui, elle est chercheure à l'institut Pasteur de la Guadeloupe. Elle est tombée dans la science "naturellement", dit-elle. "J'ai eu la chance d'avoir mes frères comme modèles ; ils ont fait un brillant parcours scientifique et j'ai voulu réaliser le même parcours qu'eux, mais plus spécifiquement dans les sciences naturelles." Grâce à ses professeurs et ses maîtres de stage qui l'ont confortée dans ses choix, après l'agronomie, la biologie marine, elle s'épanouit dans le domaine des sciences de la santé. Aujourd'hui, elle est en 3e année de thèse. Son sujet, c'est l'étude de l'influence des bactéries des gîtes larvaires sur la capacité des moustiques à transmettre des virus en Guadeloupe, mais aussi en Guyane. Il s'agit donc de la lutte biologique anti-vectorielle. "On essaie de trouver des outils novateurs plus respectueux de l'environnement pour pallier aux problèmes des insecticides et à la résistance que les moustiques développent." Aujourd'hui, l'actualité, c'est la bactérie wolbaccia dont on sait qu'elle a des propriétés pour stopper le développement des virus dans l'espèce de moustique aëdes aegypti et pour rendre stérile d'autres espèces. "Moi, j'étudie les bactéries naturelles,  dit-elle. Je ne m'intéresse pas à injecter des bactéries dans le moustique, mais j'essaie plutôt d'étudier celles qui sont naturellement présentes dans le moustique. En fonction de leur gîte larvaire, je cherche à savoir si ces bactéries peuvent influencer la transmission du virus, particulièrement celui de la dengue."

Lyza a d'abord fait deux ans de master à Bordeaux, mais l'envie de revenir dans son archipel a été si forte qu'elle a proposé sa candidature spontanée à l'institut Pasteur  de la Guadeloupe. "Je me suis dit que ce sujet de recherche me permettrait de faire quelque chose de bénéfique pour mon île et plus largement pour la Caraïbe." Entrer à Pasteur ne signifiait pas seulement rentrer en Guadeloupe, mais entrer dans le grand réseau international des instituts Pasteur et instituts associés. "Grâce à ça, j'ai pu développer des collaborations avec l'institut Pasteur de la Guyane et même avec un laboratoire au Canada affilié au réseau pastorien."

L'institut Pasteur de la Guadeloupe, elle le connaissait déjà pour s'y être fait vacciner contre la fièvre jaune. Et puis le travail historique de l'institut Pasteur sur la lutte anti-vectorielle (l'anophèle et le paludisme ont été éradiqués en 1967) et plus récemment sur l'antibio-résistance ou la recherche du chlordécone dans les eaux et les aliments ne lui étaient pas inconnus.

Le moustique, "un sujet primordial pour les îles"

A Pasteur, c'est le sujet moustique qui lui a été proposé. "Je me suis reconnue dans ce sujet parce que c'est un problématique qui me concerne même si au départ ce n'était pas mon domaine puisqu'au début mon parcours était axée sur la santé, la biochimie, la biologie cellulaire et tout ce qui touche au cancer. Travailler sur les insectes vecteurs de maladies infectieuses, qu'il s'agisse des moustiques, des tiques, ça reste des problématiques très actuelles qui ne cesseront jamais d'évoluer et c'est un sujet primordial pour les îles." Si Lyza n'a jamais été atteinte de quelque maladie infectieuse, elle se souvient en revanche de sa maman terrassée par le chikungunya. "Ca m'a encore plus motivé de savoir que n'importe qui pouvait être infecté et c'est d'autant plus important qu'on ne connaît pas encore de vaccin réellement efficace. Alors entrer à l'institut Pasteur, c'est une chance parce que ce n'est pas dans toutes les îles qu'il y a des laboratoire d'entomologie médicale."

Après sa thèse, Lyza aimerait poursuivre son travail au sein du réseau pastorien. "Pour l'instant, je suis sur ma thèse que je soutiendrai l'année prochaine, mais j'aimerai continuer dans ce domaine avec celle qui dirige le laboratoire d'entomologie médicale, Anubis Véga-Rua, et poursuivre ce même sujet de recherche."

FXG, à Paris

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 05:42
Photo : R. Dijoux

Photo : R. Dijoux

"Mon terrain de jeu, c'est le monde !"

Noellie Gay vient de soutenir sa thèse en épidémiologie à l'école doctorale de la Réunion. Elle fait partie des vingt doctorantes et 15 post-doctorantes récompensées mardi 8 octobre à Paris, par le prix Jeunes Talents L'Oréal-Unesco pour les femmes et la science.

Outre une bourse de recherche d’un montant de 15 000 euros, Noëllie doit bénéficier d’un programme de formation au leadership, complémentaire à son parcours scientifique.

"Je m'intéresse aux bactéries qui résistent aux antibiotiques et à la manière dont elles se transmettent à l'homme, notamment au travers de l'environnement et son contact avec les animaux." Le modèle de Noëllie, c'est escherichia coli, une bactérie que nous avons tous dans le tube digestif. "Elles ne sont pas méchantes, mais certaines d'entre elles portent des gènes de résistance à une grande famille d'antiobiotiques, les bétalactamines comme l'amoxicilline ou la pénicilline." Avec sa bourse de doctorat, elle est partie dans l'océan Indien où elle est accueillie par le CIRAD de la Réunion.

Noëllie a grandi en Mauritanie et en Côte d'Ivoire et très rapidement, elle s'est intéressée à la faune sauvage, à la nature, au vivant. A l'âge de 10 ans, elle rentre en France, à Alès, mais comme on la juge pas assez forte en maths et en sciences, elle est orientée sur un bac économie suivie d'une prépa HEC. "J'en avais juste ras le bol ; je voulais étudier les sciences du vivant ! J'ai tout plaquer pour aller étudier la biologie à la fac." Elle commence ses premiers stages, au Québec, en Thaïlande et en Guyane. "En Guyane, j'étais à l'institut Pasteur, ça a été une révélation pour moi. Le fait de faire du terrain, d'être dans la forêt amazonienne, de travailler avec des chercheurs... Ca a été très stimulant pour moi." En travaillant sur la faune sauvage, elle découvre la manière dont les virus, les bactéries peuvent se transmettre à l'homme. Ce n'est que plus tard qu'elle va s'intéresser à la résistance bactérienne aux antibiotiques. Entretemps, elle s'implique dans la gestion concrète d'épidémies. "J'ai surveillé des maladies émergentes comme le zika, le chikungunya, dans le temps et l'espace pour les contrôler..." Elle travaille même sur l'épidémie de choléra en Haïti.

Les rats indicateurs de la circulation des bactéries antibio-résistantes

Photo : R. Dijoux

Comme Noëllie voulait continuer de travailler dans les îles, elle a proposé son projet de recherche pour sa thèse à l'agence régionale de santé de l'océan Indien. Tous les indices indiquaient une problématique sanitaire liée à la résistance bactérienne substantielle à Madagascar. "On ne peut pas étudier ce sujet, explique-t-elle, sans considérer l'environnement dans lequel évoluent les personnes. Tout n'est pas lié à la prise d'antibiotiques et l'hospitalisation. Dans les pays comme Madagascar, pays à faibles revenus, il y a d'autres enjeux ailleurs, notamment pour les communautés de fermiers, l'acquisition de bactéries résistantes est en lien avec les contacts aves les animaux d'élevage car on utilise pour eux de grandes quantités d'antibiotiques." Ses recherches ont permis d'identifier des leviers qui pourraient permettre de contrôler cette problématique d'antibio-résistance. "Si on arrive, poursuit-elle, à trouver les voies majeures de transmission, on peut les couper." Elle a donc étudié l'ADN de ces bactéries, les a comparées pour émettre des hypothèses sur ces voies de transmission. Ce travail, elle l'a fait à l'institut Pasteur d'Antananarivo.

L'ARS de l'océan Indien a aussi financé un de ses projets à Mayotte et à la Réunion. "J'ai travaillé sur les rats et les rongeurs comme indicateurs de la circulation des bactéries antibio-résistantes dans l'environnement." Maintenant qu'elle est docteur, Noëllie entend rester dans l'épidémiologie. Maintenant, comme elle dit : " Je souhaite continuer à développer mes projets de recherche sur la résistance bactérienne aux antibiotiques." Elle discute avec des équipes notamment à Maurice et en Asie. "Mon terrain de jeu, c'est le monde ! « Je vais continuer à travailler dur ! J'ai un parcours atypique et je vais continuer à prendre des chemins créatifs et innovants."

FXG, à Paris

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 05:33
Mormeck en catimini

Il n'y a plus de délégué à la délégation interministérielle à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer

Il  n'y a plus personne ou presque à la délégation interministérielle des Français d'Outre-mer. En tout cas, on ne trouve plus de trace de son titulaire, Jean-Marc Mormeck, et pour cause, on apprend dans une publication du site 94citoyens.com du 17 septembre que le septuple champion de boxe est désormais le "tout nouveau conseiller" de la présidente de la Région Ile-de-France, "en charge des quartiers prioritaires". Et Jean-Marc Mormeck était effectivement sur le terrain avec Valérie Pécresse, le 16 septembre à Bois-L'Abbé et à Champigny-sur-Marne. Il est vrai qu'une réflexion sur la fusion de la délégation avec LADOM est dans les tuyaux. Il est vrai encore que Jean-Marc Mormeck avait demandé en vain que soit ajoutée à ses prérogatives la banlieue... C'était sans compter l'activisme de la présidente de la Région Ile-de-France et surtout de son vice-président Patrick Karam, celui qui fut le premier délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer et surtout l'ami de Jean-Marc Mormeck. Ce dernier a fini par signer un contrat qui fait de lui le conseiller de Mme Pécresse.

Le Premier ministre, proche de Valérie Pécresse, savait-il que Jean-Marc Mormeck était son conseiller banlieue lorsqu'il l'a reçu à Matignon, le 18 septembre, comme membre du comité interministériel de l'outre-mer, deux jours seulement après sa visite publique et médiatique aux côtés de Valérie Pécresse dans le Val de Marne ? Le 21 septembre, Jean-Marc Mormeck assurait encore son job de délégué interministériel au ministère des Outre-mer pour le Forum étudiants d'Outre-mer en présence des ministres Frédérique Vidal, Guillaume Attal et Annick Girardin... On aurait pu penser que le 26 septembre, Jean-Marc Mormeck, allait profiter de son rendez-vous avec la ministre des Outre-mer pour officialiser son départ ou à tout le moins faire monter les enchères. Mais non, rien. Qui plus est, celui qui était son directeur de cabinet, Nicolas Mazières, il a été nommé par arrêté du 30 septembre dernier conseiller chargé des relations avec le Parlement et les élus auprès du ministre du Logement, Julien Denormandie.

Officiellement, Mormeck est toujours délégué interministériel mais on ne l'a plus vu à la délégation depuis le 30 septembre. Sollicité par nos soins, il ne s'est pas donné la peine de répondre pour confirmer ou infirmer son départ de la délégation. C'est le site Acteurs publics qui nous a confirmé la nouvelle ! Jean-Marc Mormeck aura donc préféré quitter le "nouveau monde" quasi "en loucedé" pour rejoindre l'ancien monde, via la majorité LR du conseil régional d'Ile-de-France. Un comble pour la Macronie, un beau trophée pour Patrick Karam et Valérie Pécresse.

FXG, à Paris

Une nouvelle préfecture pour Sophie Elizéon

La Réunionnaise Sophie Elizéon a été, elle aussi, déléguée interministérielle à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer. Elle avait succédé à Claudy Siar a début du quinquennat de François Hollande, avant d'être nommée préfète déléguée à la cohésion sociale dans le Nord. Au dernier conseil des ministres, celle qui était depuis préfète du territoire de Belfort a été nommé préfète de l'Aude, un fort joli département quoiqu'un peu venteux sur son versant maritime.

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 13:17
Les projets du Premier ministre de déboisement en Guyane contrariés au conseil d'Etat

L'Etat condamné pour non respect de la protection de l'environnement

Le Premier ministre dans un décret du 3 avril 2018 a tenté d'augmenter les seuils de 0,5 à 5 ha pour permettre de déboiser sans évaluation environnementale systématique la forêt domaniale guyanaise. A noter que ce décret  faisait de la Guyane une exception française dans le code de l'environnement. Les associations France nature environnement et Guyane nature environnement ont donc saisi le Conseil d'Etat pour lui demander d'annuler ce décret pour excès de pouvoir. L'affaire est venue au palais Royal (siège du Conseil d'Etat) le 27 septembre dernier et c'est le 9 octobre que la décision a été rendue, donnant partiellement gain de cause aux deux associations. Celles-ci n'ont pas obtenu l'annulation de la partie du décret qui propose de réhausser les seuils de 0,5 à 20 hectares pour ce qui est du défrichement en zone agricole sans évaluation environnementale dans la mesure où elles ont en principe déjà fait l'objet d'une telle évaluation lors de la mise en place du plan local d'urbanisme (PLU) ou du schéma d'aménagement régional (SAR). Le principe de non-régression de la protection de l'environnement n'ayant pas été mis en cause.

En revanche, elles ont eu gain de cause pour ce qui concerne les projets de déboisement en vue de la reconversion des sols portant sur une superficie totale de moins de 5 hectares dans les autres zones, soit celles qui ne sont pas classées en zones agricoles par un document d'urbanisme ayant fait lui-même l'objet d'une évaluation environnementale (PLU ou SAR). Quand une telle exemption était alors  limitée aux projets n'excédant pas 0,5 ha, et que l'Etat veut la porter à 5 hectares, le Conseil d'Etat estime que cette modification est "susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement eu égard à la biodiversité remarquable qu'abrite la forêt guyanaise". Il y a donc en ce cas "une atteinte au principe de non régression de la protection de l'environnement". En conséquence, le Conseil d'Etat annule cette partie du décret relatif aux zones non classées et condamne l'Etat à payer à chacune des deux associations pour leurs dépens 1000 euros.

FXG, à Paris

 

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 07:32

Deux délégations parlementaires attendues en Guyane

Yael Braun-Pivet (LRM, Yvelines), présidente de la commission des lois, son vice-président, Philippe Gosselin (LR, Manche), Bruno Studer (LRM, Bas-Rhin), président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, et Maud Petit (MoDem, Val-de-Marne), membre de cette commission, seront en Guyane du lundi 14 au vendredi 18 octobre. 

La délégation de la commission des lois entend, à l'occasion d'entretiens et de visites de terrain avec l’ensemble des acteurs locaux concernés (politiques, administrations d’État et associations), appréhender les problématiques liées à l’organisation territoriale, la lutte contre la délinquance, la gestion des flux migratoires et le fonctionnement de la justice.

La délégation de la commission des affaires culturelles et de l’éducation s’attachera pour sa part aux modalités de mise en œuvre des réformes éducatives récentes (obligation d’instruction à 3 ans, dédoublement des classes) ainsi qu’aux conditions de déroulement de la rentrée scolaire dans les réseaux d’éducation prioritaire. Elle rencontrera des représentants de l’Éducation nationale et des représentants de syndicats d’enseignants, personnels de direction et parents d’élèves. A son programme des visites d'établissements scolaires de tous niveaux ainsi que de l’institut de formation et d’accès aux sports de Cayenne.

Les deux délégations participeront à plusieurs séquences communes, à la collectivité territoriale, au régiment du service militaire adapté et au centre pénitentiaire de Remire-Montjoly.

FXG à Paris

 

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 13:50
Forum Mobil'Jeunes

La Région Ile-de-France accompagne les étudiants d'Outre-mer

Préparer les étudiants ultramarins avant leur départ pour l’Ile-de-France, les accompagner pendant leurs premières années d’études, c’est le programme du Forum Mobil‘ Jeunes lancé par le Conseil régional d’Ile-de-France, samedi 5 octobre, en présence de Didier Robert.

"Les taux d’échec à l’entrée dans les études supérieures en métropole sont très élevés pour les étudiants des Outre-mer." Pour justifier cette estimation, Patrick Karam, vice-président de la Région Ile-de-France, précise que 90 % des jeunes Mahorais décrocheraient dès la première année... Comment garantir aux jeunes ultramarins arrivés dans l’hexagone, la réussite de leurs études ? C'est une préoccupation dont s’est saisie la Région Ile-de-France.

Bien sûr, LADOM et le ministère des Outre-mer organisent avec succès depuis plusieurs années le Campus Outre-mer, puis le Forum des étudiants des Outre-mer. Mais le Conseil régional francilien a décidé d’aller plus loin dans l’accueil et l’accompagnement de ces jeunes "déracinés et sans réseaux" en lançant "Mobil’  Jeunes", samedi 5 octobre. Valérie Pécresse et Patrick Karam étaient aux cotés de Marie Richard présidente du Centre d’Information et de la Documentation pour la Jeunesse (CIDJ), de Didier Robert, président de la Région Réunion, et Mohamed Sidi, vice-président du département de Mayotte, pour ouvrir ce forum dédié à l’accueil des étudiants des Outre-mer. Des ateliers pratiques et des stands de la RATP, des juristes, des conseillers du CIDJ, des associations ultramarines sont venus présenter les outils à la disposition des jeunes pour faciliter leur vie d’étudiant.

C’est "un service d’accompagnement renforcé et à la carte qui leur est dédié", se réjouit Patrick Karam, architecte de ce dispositif. Le Conseil régional a voté en mai dernier une subvention de 150 000 euros pour garantir la pleine réussite des  parcours scolaires, universitaires et d’insertion des jeunes ultramarins. Avec cette dotation, le CIDJ assurera la préparation au départ des étudiants avec l’aide bienveillante des centres régionaux d’Information jeunesse (CRIJ) et centre d’information jeunesse (CIJ) d’Outre-mer. Ferroudja Kaci, responsable du développement des services au public au CIDJ, ajoute qu’en complémentarité des entretiens individualisés, des ateliers et un espace de coworking et post-coworking se tiendra une fois par  mois dans ses murs pour conseiller ce public fragilisé par l’éloignement familial et l’isolement social.

Mobil’Jeunes étendue à toutes les régions ?

Mouna originaire de la Réunion et étudiante en prépa d’école d’ingénieur, adhère à ce Forum Mobil’ Jeune : "Se retrouver entre jeunes avec la même culture pour faire connaissance, c’est une bonne chose. Depuis que je suis arrivée je n'ai pas rencontré de Réunionnais..." Lamianthy, étudiante venue de Mayotte en licence de chimie-biologie, vit dans l’Hexagone depuis deux ans. elle se sent un peu "seule".

Memona Hintermann grand reporter et ancienne membre du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), a lancé une exorde aux acteurs du Mobil’Jeunes : "Avec votre volonté politique, il faut l’étendre à d’autres régions comme les Hauts-de-France, Rhône Alpes... Ca nous permettrait de nous sentir Français !" Didier Robert a abondé : "Cette volonté de travailler ensemble en cohérence pour nos territoires est essentielle pour l’avenir de la jeunesse ultramarine." Le président de la Réunion est sans doute le mieux placé pour encourager le gouvernement à faire participer les collectivités de l’Hexagone dans ce vaste  programme lancé par Valérie Pécresse et Patrick Karam, puisque le chef de l’Etat sera  en visite sur ses terres dès le 23 octobre.

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