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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 13:37
Photo: Philippe Hillion

Photo: Philippe Hillion

"Time is brain"

Aude Pavilla, chercheure en imagerie médicale, travaille à élaborer avec l'université de Rennes et le CHUM un outil très rapide de diagnostic des accidents vasculaires cérébraux. C'est ce travail qui lui a permis de décrocher le prix Jeunes Talents L'Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science.

"Je travaille sur l'imagerie des accidents vasculaires cérébraux ischémiques." Aude Pavilla, jeune martiniquaise de 32 ans, est post-doctorante au département de neuroradiologie au Centre Hospitalier Universitaire de Martinique à Fort-de-France (en collaboration avec le laboratoire LTSI de Rennes). Elle cherche à mettre au point une nouvelle méthode pour diagnostiquer les accidents vasculaires cérébraux et c'est à ce titre qu'elle a reçu le 8 octobre le prix Jeunes Talents L'Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science, une bourse de recherche d’un montant de 20 000 € à quoi s'ajoute un programme de formation au leadership, complémentaire à son parcours scientifique, à même de lui donner les moyens de briser plus facilement le fameux "plafond de verre".

Aude a fait toute sa scolarité en Martinique, le collège à Sainte-Luce, le lycée à Rivière-Salée avant de faire sa prépa au lycée de Bellevue.

Aude a alors eu le choix entre plusieurs écoles d'ingénieur, mais son attrait pour l'enseignement et la recherche la pousse à s'inscrire dans un magistère de physique fondamentale et appliquée à la fac d'Orsay.

"J'ai toujours été passionnée par les sciences mais j'ai gardé une appétence forte pour l'interface entre la biologie, la médecine et la physique." C'est ainsi qu'elle s'oriente sur l'imagerie médicale. De retour en Martinique, elle trouve un poste de prof pour les classes prépa au lycée Joseph-Gaillard. Forte de sa thèse de doctorat, elle se lance dans un post-doctorat, un travail de recherche avec le laboratoire de traitement du signal et de l'image de l'université de Rennes et le CHUM où se font les inclusions des patients, c'est-à-dire le diagnostic et la prise en charge des AVC. "L'AVC, explique-t-elle, est une vraie problématique de santé publique. Au niveau mondial, c'est la première cause de handicap, la première cause de décès chez la femme, la troisième chez l'homme et, en Martinique comme dans toutes les Antilles, cette pathologie est surreprésentée." C'est aussi une pathologie d'urgence qui exige une véritable course contre la montre et pour ça il faut recourir à l'imagerie par résonnance magnétique (IRM).

Un formidable accélérateur de diagnostic

C'est là qu'Aude intervient : "On s'appuie sur deux images, l'imagerie de diffusion qui permet de voir la lésion et son étendue dans le cerveau, et une imagerie de perfusion qui montre comment les tissus sont irrigués. C'est l'association de ces deux séquences distinctes d'imagerie qui permettent de déterminer la pénombre ischémique, c'est-à-dire quels tissus sont en souffrance." Comme la fenêtre thérapeutique n'est que de quatre heures et demi, l'outil que propose de développer Aude, est un formidable accélérateur de diagnostic. "Notre projet est de développer une  séquence rapide qui va permettre d'évaluer de façon simultanée à la fois l'image de diffusion et celle de perfusion." Pour cela, elle étudie la microvascularisation des tissus, les capillaires, pour en tirer un modèle mathématique qui permet une meilleure caractérisation de l'hétérogénéité de la lésion ischémique. Cela doit aboutir à un gain de temps significatif qui permettrait d'appuyer la décision d'intervention thérapeutique pour le neurologue qui prend la suite du neuroradiologue. Comme le dit Aude, "Time is brain", le temps, c'est du cerveau !

A l'issue de son post-doc, Aude voudrait poursuivre la recherche, mais la réalité insulaire fait qu'il n'y a pas de laboratoire en Martinique pour qu'elle puisse continuer. Elle espère néanmoins poursuivre son travail avec le labo de Rennes et pourquoi pas avec d'autres dans l'arc antillais. C'est là que son prix L'Oréal-UNESCO tombe bien. "Ca représente une bonne opportunité d'avoir des conditions logistiques et organisationnelles pour fonctionner..." Et comme la recherche, c'est ne pas faire ce qui a déjà été fait, ce prix va lui permettre aussi de rester au courant en participant à des congrès et de partager ses résultats au sein de la communauté scientifique.

Pendant son temps libre, Aude Pavilla est co-déléguée régionale de l’association « Elles Bougent », une association qui promeut auprès des jeunes filles les nombreux métiers du numérique et de l’industrie, par le biais de témoignages de marraines, afin de susciter des vocations dans ces secteurs qui manquent encore cruellement de talents féminins.

FXG, à Paris

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 13:34
Stéphane Hayot, dirigeant du groupe éponyme

Stéphane Hayot, dirigeant du groupe éponyme

L'Autorité de la Concurrence vient revoir le projet de reprise de Vindémia par Hayot

Le 22 juillet 2019, Groupe Bernard Hayot (GBH) a annoncé avoir signé un accord en vue de l'acquisition de la société Vindémia, qui regroupe les filiales du groupe Casino (Jumbo, Score, Vival…) à La Réunion, Mayotte, Madagascar et Maurice.

Si, à ce jour, aucun dossier de notification de l'opération n'a été présenté à l'Autorité, l'opération devra être étudiée par l'Autorité de la concurrence, au titre du contrôle des concentrations.

Par anticipation, et compte tenu de l'importance de cette opération, qui constitue à ce jour la plus grosse opération de fusion-acquisition, en termes de chiffre d'affaires, jamais examinée par l'Autorité en outremer, l'Autorité se rendra sur place, au début du mois de novembre 2019, afin d'auditionner les opérateurs économiques et les acteurs concernés par cette concentration.

L'Autorité a notamment prévu de rencontrer des représentants de l'Observatoire des Prix des Marges et des Revenus (OPMR), de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Dieccte), de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), ainsi que les principaux concurrents distributeurs et fournisseurs des parties et les représentants d'associations de consommateurs. Elle présentera également, à l'occasion de cette visite, son avis sur l'outre-mer en discutant avec ses interlocuteurs des constats et des propositions qu'elle a identifiés.

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 04:29
Budget de la Collectivité territoriale de Guyane

La CTG toujours en pleines négociations financières avec l'Etat

Le terne de "risque de cessation de paiement" que nous avons employé dans notre article (France-Guyane du 3 octobre 2019) sur le budget du ministère des Outre-mer, concernant les efforts que l'Etat consentirait pour la Guyane, ont fait bondir le président de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG), Rodolphe Alexandre : "Il est impossible de parler de cessation pour une collectivité et en plus nous disposons pour la première fois de 20 millions d'euros de capacité d'autofinancement." C'est d'autant plus notable qu'en 2016, la CTG était négative de 90 millions. En revanche, pour ce qui concerne les 27 millions d'euros d'octroi de mer reversés aux communes qui, selon le ministère, seront désormais pris dans son budget, le président Alexandre signale qu'il y a débat pour qu'à l'instar de la dotation de la Polynésie, ces 27 millions soient alimentés par un prélèvement sur les recettes de l'Etat. "Je vais demander aux parlementaires, poursuit Rodolphe Alexandre, de me soutenir pendant le débat parlementaire." Un autre débat se déroule encore avec Matignon et le MOM : la Cour des comptes estime que la décharge financière de 40 millions pour compenser les dotations de l'Etat est insuffisante eu égard à la démographie (+ 3,2 % par an en Guyane contre 0,04 % dans l'Hexagone) et au retard structurel. Ainsi au titre de la dotation à caractère social, quand la CTG met 9 millions pour la continuité territoriale, l'Etat met 1,4 millions. "Nous mettons 31 millions pour le médico-social, détaille le président. Pour la lutte vectorielle, nous dépensons 6 millions et l'Etat 600 000... Alors que notre PIB par habitant est de 188 euros contre 388 aux Antilles." La CTG est donc encore en pleine négociation avec l'Etat et pas question de ne pas tirer tous les bénéfices de l'Accord de Guyane. "Il y a un vrai débat d'orientation avec les ministères, continue Rodolphe Alexandre, nous ne sommes pas encore victorieux, mais la Cour des comptes a adressé à Matignon un référé qui conforte les analyses de la CTG sur sa situation financière et budgétaire. Nous ne sommes pas endettés." Tant et si bien que la CTG cherche désormais à restructurer son budget pour contracter un emprunt. En ce moment, chaque vendredi, la CTG et les services financiers de l'Etat se rencontrent pour élaborer un protocole d'accord. L'arrivée d'Eric Lombard, le directeur général de la Caisse des dépôts et Consignation, le 14 octobre à Cayenne, est à ce titre de bonne augure.

FXG, à Paris

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 07:24
Victorin Lurel, alors ministre des Outre-mer, a fait voter la loi de régulation économique qui permet à l'Autorité de la Concurrence d'intervenir dans des situations de monopoles

Victorin Lurel, alors ministre des Outre-mer, a fait voter la loi de régulation économique qui permet à l'Autorité de la Concurrence d'intervenir dans des situations de monopoles

Des accords d'exclusivité dans les parfums et cosmétiques sanctionnés

L'Autorité de la Concurrence a sanctionné hier à hauteur de 176 000 euros des accords d'importation et de distribution exclusives de parfums et cosmétiques aux Antilles-Guyane et à La Réunion

Saisie en novembre 2017 par les sociétés antillaises Sodex Ody Gombaud Saintonge SARL, Phoenicia SARL, Phoenicia Parfums SARL, l'Autorité de la Concurrence (AdC) a sanctionné ce 8 octobre les sociétés Procter & Gamble, Coty et Chanel ainsi que leurs grossistes-importateurs, Parfumerie d'Outre-mer aux Antilles-Guyane (groupe Roger-Albert) et Sodibel (Etablissements Frédéric Legros) à la Réunion, pour avoir mis en place des accords exclusifs d'importation dans les quatre DROM. Alors que la loi Lurel interdisait tout accord exclusif d'importation à compter de mars 2013, Les groupes Procter & Gamble, Coty et Chanel ainsi que leurs grossistes-importateurs ont maintenu ou mis en place, après l'entrée en vigueur de la loi Lurel, des exclusivités d'importation pour la distribution de parfums et produits cosmétiques en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion.

Pour le groupe Procter & Gamble et son grossiste importateur aux Antilles et en Guyane, Parfumerie d'Outremer, leur accord d'importation exclusive a perduré jusqu'au 25 février 2015 pour des gels douches, après-rasage, eau de toilette, déodorants des marques Puma, Gucci, Montblanc, Rochas et Dolce Gabbana.

Pour le Groupe Coty et son importateur Parfumerie d'Outremer, l'accord d'exclusivité a duré du 26 septembre 2016 au 1er février 2018 pour des gels douches, après-rasage, eau de toilette, déodorants des marques Calvin Klein, Marc Jacobs, Tiffany et Balenciaga.

Pour le groupe Chanel (puis le groupe Coty) et l'importateur grossiste réunionnais Sodibel, l'accord d'exclusivité a duré du 22 mars 2013 au
23 janvier 2014 sur des produits de maquillage de la marque Bourjois.

"Ces pratiques, estime l'AdC, ont entravé le développement de concurrents et pesé sur le pouvoir d'achat des ménages." Les sociétés mises en cause n'ont pas contesté les faits et ont souhaité bénéficier de la procédure de transaction. Ainsi l'AdC a condamné Procter & Gamble à payer une amende 40 000 euros, Coty 32 000 euros, Chanel et Coty (pour les produits Bourjois) 13 000 euros, Parfumerie d'Outremer 68 000 euros et Sodibel 23 000 euros. Total 176 000 euros.

FXG, à Paris

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:06
Philibert et le budget de la MOM

La FEDOM tenait son conseil d'orientation mercredi soir à Paris, avant de recevoir la ministre des Outre-mer. Entretien avec son président, Jean-Pierre Philibert.

"C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses"

On vous a entendu dire du bien du budget de la mission Outre-mer...

J'ai dit que c'était un budget dans lequel il n'y avait pas de surprise désagréable, mais vous savez comme moi que parfois les débats en réservent... Et surtout, il y a des choses que l'on peut améliorer dans ce budget. On  listé un certain nombre de points dans des secteurs comme le logement social pour les plus défavorisés. C'est vrai que le rétablissement de l'allocation accession est plutôt une bonne nouvelle, comme l'extension des périmètre du crédit d'impôt pour la réhabilitation des logements sociaux. Mais, j'ai appris à être prudent et comme disait un grand homme qui nous a quitté il y a peu de temps, c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses, donc c'est à la fin du budget qu'on verra les bonnes comme les mauvaises nouvelles.

Vous avez fait des propositions concernant les délais de paiement, qu'en est-il ?

Je ne sais pas encore puisque le rapport va être rendu très prochainement. C'est un sujet compliqué parce que c'est un ménage à trois : les entreprises, les collectivités locales et l'Etat. L'Etat a donné un certain nombre de signes forts comme la menace de révocation du maire de Pointe-à-Pitre, maintenant, il faudrait des dispositions qui peuvent être contraignantes pour éviter ces dérives que nous connaissons et ça doit se faire avec les collectivités. J'ai proposé que les entreprises, les collectivités et l'Etat, nous nous voyions dès qu'on aura le rapport commandé par la ministre.

La ministre s'est dite ouverte à faire évoluer les exonérations de façon qu'elles ne ciblent plus que les bas salaires. Qu'en est-il ?

Nous nous sommes vus en juillet et il y avait une clause de revoyure. Nous avons réglé des problèmes sur la presse, l'aérien et les entreprises. Presse et aérien, j'attends la prochaine réunion dans quinze jours pour qu'on me dise que c'est fait. Sur les entreprises, il faut maintenant impérativement que l'on détermine comment on bouge les fameux seuils. Le gouvernement y est prêt ; on n'est pas tout à fait d'accord sur le curseur... Le gouvernement veut peut être les augmenter, mais moins que nous. On a mis un simulateur en place qui donne des chiffres intéressants. Le gouvernement nous les a demandés et on va pouvoir les confronter avec les chiffres que j'espère l'ACOSS et la Sécurité sociale vont nous communiquer, et que du coup nous trouverons le bon chiffre pour le prochain budget de la Sécurité sociale.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 08:10
Marlène Bernard, Ary Chalus, Willy Rozier et Didier Coffre

Marlène Bernard, Ary Chalus, Willy Rozier et Didier Coffre

Ary Chalus et l'équipe du CTIG promeuvent la Guadeloupe à Top Résa

Avec plus de 2,5 millions de passagers à Pôle Caraïbes l'an dernier, soit une progression de + 5 % depuis 2015, le tourisme en Guadeloupe a encore de beaux jours devant lui ! L'objectif affiché par la Région et le Comité du tourisme (CTIG) est d'arriver 1 million de touristes de séjour. "C'est à portée de main", indiquait mercredi à Paris le président Chalus à l'occasion des 10e rencontres interprofessionnelles du CTIG. La Région ne ménage d'ailleurs pas ses efforts puisque le total des financement touristiques (fonds régionaux et fonds européens) avoisine les 80 millions d'euros. En 2018, la Guadeloupe a donc reçu 1,166 millions de visiteurs dont 735 000 touristes de séjour. Ils ont généré 813 millions de recettes, soit une progression de 7 % en un an et de 14 % en deux ans !

53 % des visiteurs sont des touristes d'agrément, 47 % ont moins de 40 ans, 42 % voyagent seuls et 39 % appartiennent à des catégories socioprofessionnelles supérieures. 69 % des touristes reviennent et le taux de satisfaction est de 98 %.

La durée moyenne du séjour est de 14 jours. Les touristes proviennent essentiellement de l'Hexagone (59 %), de la région (Martinique, Saint-Martin, Guyane), de l'Amérique du Nord (5 %) et de l'Europe (4 %). Des chiffres qui devraient progresser avec l'arrivée de Jet Blue (3 vols hebdo à partir du 1er février) et d'Air Belgium (2 vols hebdo à partir de décembre). Philippe Wilmart, le directeur commercial d'Air Belgium, indique que les ventes marchent bien et que sa compagnie envisage d'ores et déjà de ne pas cesser ses rotations en avril et de les prolonger durant la période d'été.

Globalement, l'offre de sièges d'avion sera renforcée pendant la prochaine saison de 38 000 unités.

Côté hébergement, le Club Med à la Caravelle sera inauguré le 15 novembre en présence de 200 journalistes : 140 nouvelles chambres et un espace "Oasis zen", réservé aux adultes (30 chambres, deux suites et piscine privée). La Toubana aura ses 5 étoiles le 12 octobre (150 clients, 33 bungalows, 12 suites et trois villas). "Chic et trendy !" L'hôtel Saint-Georges (40 chambres, deux suites) à Saint-Claude ouvre le 11 octobre. L'habitation La Manon ouvrira en novembre à Pointe-Noire comme la villa des arts à Saint-François...

Le nouvel axe marketing du CTIG qui lancera une nouvelle campagne de pub sur les écrans nationaux le 1er janvier vise à renforcer l'attractivité de la destination en misant sur l'expérientiel et l'émotionnel, mais également à augmenter la valeur du panier moyen que chaque touriste dépense lors de son séjour.

FXG, à Paris

"Trésors de Guadeloupe", une appli et un livre

Kina Chénard du Département a présenté un beau livre qui recense quelque 40 sites patrimoniaux du Conseil départemental avec des photographies magnifiques de la trace des crêtes, du parc des roches gravées, du fort Fleur d'épée ou de l'habitation Murat... Un itinéraire qui emprunte à la route de l'Esclavage labellisée UNESCO. Et tout ça se retrouve sur une appli dénommée "Les trésors de Guadeloupe".

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 06:01
Scandale sanitaire et environnemental du chlordécone

Commission d'enquête chlordécone

Après les premières auditions en juillet dernier de la commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone, et celles qui sont déroulées aux Antilles en septembre, son président Serge Létchimy et sa rapporteure Justine Bénin en ont mené de nouvelles le 25 septembre dernier. Parmi les personnes entendues, le lanceur d'alerte Eric Godard, qui malgré sa qualité de chargé de mission interministériel chlordécone en Martinique, a eu toutes les eines du monde à se faire entendre, ou celle du chercheur au CNRS, Malcolm Ferdinand, qui a comparé la rapidité de réaction des Etats-Unis après la catastrophe d'Hopewell en 1975, avec la production d'ignorance et d'inaction de la France".

Dossier FXG, à Paris

Quand le lanceur d'alerte est appelé "l'ayatollah des pesticides"

Eric Godard est arrivé en Martinique en 1998 comme chef du service santé environnement à la DDASS (aujourd'hui l'ARS). Il y a alors un litige sur la qualité de l'eau qui oppose l'Etat à des associations. La direction régionale de l'environnement demande une mission à l'inspection  générale et à l'Agriculture. Sans parler encore de chlordécone, cete mission constate un "usage immodéré des pesticides" et un certain "laxisme des autorités". Le comité de bassin en Martinique est saisi et la DDASS essaie d'améliorer le contrôle des eaux d'alimentation. C'est en septembre 1999 que la molécule chlordécone est trouvée dans trois captages, la source Gradis à Basse-Pointe, la rivière Monsieur à Saint-Joseph et le rivière Capot. "Il y a eu un gros émoi dans la population, raconte Eric Godard, mais aussi une satisfaction car l'Etat reconnaissait la chose." Les découvertes s'enchaînent : après la pollution de l'eau de boisson, on découvre en mars 2002 que les légumes racines (dachines, patates douces et choux caraïbe) sont contaminés. "Il y a encore, poursuit Eric Godard, un gros émoi et j'ai du mener un parcours du combattant pour faire reconnaître la pollution et le danger pour la santé publique." le préfet Cadot consent tout de même à rendre public ces résultats le 1er juillet 2002. "Mais, ajoute M. Godard, sans dire que c'est un souci..." Ce ne sont donc pas les patates douces retrouvées dans un container à Dunkerque en septembre 2002 qui ont révélé le problème. La découverte du chlordécone en Guadeloupe intervient six mois après la Martinique. On découvre du chlordécone dans les sources de la Basse-Terre en 1999 (crise CAPES, des milligrammes et non des microgrammes dans l'estuaire du Grand Carbet, la pollution de la source Neufchâteau au CIRAD), puis dans les légumes racines. Les résultats tombent le 23 avril 2002 : 1/3 des légumes racines sont contaminés. Godard prêche dans le vide l'interdiction des cultures sur les sols contaminés. On ne s'y oriente que depuis peu...

"Le manque d'envie de considérer la population comme adulte"

A partir de là, Eric Godard va connaître toutes sortes de difficultés. Dans le milieu des services déconcentrés de l'Etat, on parle de lui comme d'un "ayatollah des pesticides". Il n'est pas invité aux réunions préfectorales sur le sujet. Eric Godard est tout bonnement, mais sans le dire, écarté... Il quittera la Martinique fin 2002 pour aller en Guyane s'occuper de pollution au mercure.

Eric Godard revient pourtant en Martinique en 2006. Un premier rapport d'information parlementaire est produit et Eric Godard se trouve propulsé chargé de mission interministériel chlordécone. Arrivent alors "Chronique d'un empoisonnement annoncé", le livre de Confiant et Boutrin, et le rapport du Pr Belpomme. Le scandale du chlordécone repart malgré les contrefeux des bananiers. Eric Godard s'attèle alors "un peu seul" au plan chlordécone 1 mais obtient dès 2007 de ramener les limites maximales résiduelles de 200 à 20 microgrammes dans les légumes consommés. Eric Godard indique tout de même qu'il n'a pu "amener l'information à la population" après son rapport 2011, que "le ministère a voulu saborder le programme" : "J'étais bloqué de partout, relate-t-il, sans soutien de l'administration centrale, j'avais peu de liberté pour faire avancer la cause de la santé publique." Pire encore, le ministère de l'Environnement ponctionne 2 millions d'euros sur les crédits du plan chlordécone pour faire des analyses dans les zones périurbaines en Martinique et en Guadeloupe "alors qu'on savait que dans le même temps, les agriculteurs n'avaient pas d'analyses financées..."

Pour autant, Eric Godard ne parle pas de volonté de cacher les choses, mais plutôt d'une volonté de lénifier : "On se heurte à une culture de partage de la connaissance pas très développée dans certains services, un frilosité générale, la peur d'affoler, le manque d'envie de considérer la population comme adulte..." Il ajoute : "La situation s'est dégradée entre 2006 et 2011 par le fait que j'étais écarté de certaines réunions. En Guadeloupe, après 2009, c'était porte fermée. le préfet de Guadeloupe, après 2009, ne souhaitait pas trop parler de chlordécone. Pour lui, ce n'était pas un sujet." En 2014, la préfète Marcelle Pierrot décide même de mettre un terme aux réunions du GREP et du GREFY... En 2016, Eric `Godard doit faire une note au ministre de la Santé pour faire part de ses difficultés et de son impossibilité de communiquer en dehors du programme des jardins familiaux...

Les difficultés reviendront encore en 2017 avec la questions de limites maximales résiduelles qui ont été réhaussées par rapport à la norme de 2007. Les médias s'emparent heureusement  de l'affaire et les LMR sont ramenées à une norme raisonnable. Quant à connaître la carte de la contamination des terres, face au refus des préfets, il a fallu l'obtenir après injonction de la commission d'accès aux documents administratifs.

Eric Godard a pris sa retraite en octobre 2018.

Les occasions manquées

Eric Godard  fait la liste des occasions manquées sur le dossier chlordécone. Au fur et à mesure de son récit, les larmes lui sont montées aux yeux notamment lorsqu'il a raconté quand le professeur René Seux, de l'université de Rennes a dit en 1998 à Luc Multigner, lors de l'inauguration de son labo, qu'il avait détecté la chlordécone dès 1991, mais que la DASS lui avait fait dire de rechercher les molécules demandées... En 1991 encore, le service des végétaux enquête sur la banane et il est déjà question de chlordécone à plusieurs reprises avec des signes  "très persistant" ; la DDASS Martinique fait rechercher la molécule par le laboratoire départemental. Pourtant mandaté, l'institut Pasteur ne fait pas les recherches. Il faut attendre 1999 pour qu'on change de laboratoire et qu'on cherche la chlordécone...

Trafic et usage après interdiction

En 2002, 9,4 tonnes de curlone sont découverts à la SICABAM et au GIPAM en Martinique (on en trouvera 4 tonnes en Guadeloupe). Les stocks sont en bon état et la DIREN et la DGCCRF parlent de fraude et de trafic organisé à partir d'Afrique par des planteurs qui ont des intérêts sur ce continent.

Car les ventes se sont poursuivies après l'interdiction de 1993 dans les magasins de bricolage de Joseph Cotrell. C'est alors une filiale des établissements de Lagarrigue, dirigée par Henri Arnould. Selon Yves Hayot, cité par Eric Godard après un entretien en 2009, "Cotrell avait une certaine indépendance vis-à-vis de Lagarrigue." Un ordinateur de Cotrell  est retrouvé ; il présente des fichiers client pour le curlone. Un technicien du CIRAD témoigne encore d'avoir vu des épandages au curlone en 2000 tandis que la DCCRF et la DSDS sont au courant d'épandage au curlone encore en 2002. "Tout ce faisceau de témoignages, explique Eric Godard, montre qu'on a poursuivi l'épandage après 1993." Le parquet a fait une demande d'information en 1997 en Guadeloupe. Il a classé sans suite pour prescription, comme l'a classée sans suite aussi le chef de la protection des végétaux, Alain Chidiac.

Une même catastrophe : deux façons de faire

Malcolm Ferdinand, chercheur au CNRS, a lui aussi été auditionné par la commission d'enquête parlementaire. Cet ingénieur environnement et docteur en philosophe politique a travaillé pendant huit ans sur la question du chlordécone.

Il a comparé les suites données à la catastrophe d'Hopewell en Virginie en 1975 à celles que la France a consacré à ce problème après son interdiction aux Antilles.

Deux jours après la pollution massive de la James River par le chlordécone après l'accident survenu à l'usine Allied Chemical d'Hopewell, le gouverneur de Virginie interdit la vente et l'utilisation du chlordécone, mais ordonne aussi la destruction des stocks. Il faudra 13 ans pour la France (sans parler de destruction des stocks).

Deux jours après, des mesures sont prises pour interdire la pêche.  31 ans pour la France.

Une semaine après, les premières recherches sur le risque cancérogène sont lancées. Il faudra attendre 22 ans pour la France.

Un mois après, sont lancées les recherches sur la contamination des aliments et des eaux. 30  ans pour la France.

Un mois et demi après l'accident commencent les recherches pour dépolluer le site. 20 ans pour la France.

Six mois après, une enquête du Sénat américain est ouverte, complétée six mois plus tard par une enquête de la la chambre des représentants. 27 ans pour la France.

"Les lobbys victorieux"

Dans les deux ans qui suivent la catastrophe, plusieurs actions en justice son menées contre l'usine et contre la mairie. Des pêcheurs et des ouvriers de l'usine sont parties prenantes. en deux ans, la justice est rendue. La mairie et l'usine sont condamnées chacune à payer 30 millions de dollars d'amende (123 millions d'euros actuels). Avec une partie de cette argent, l'Etat de Virginie crée une fondation pour l'environnement toujours active. En France, 42 ans après, la justice reste muette.

Malcolm Ferdinand conclut sa démonstration en dénonçant "la production d'ignorance et d'inaction" qui a fait des lobbys du chlordécone les seuls victorieux de ce drame. Il en tire la conclusion en cinq points : une crise environnementale et sanitaire, une crise étatique avec des failles répétées des services de l'Etat et une inaction malgré les alertes (dont la première est venue des ouvriers agricoles martiniquais dès 1974 par une grève et des revendications explicites d'arrêter l'usage du chlordécone), une crise démocratique  qui révèle que "un petit groupe a réussi à imposer une vie en pays contaminé", une crise de justice ("Le travail de votre commission d'enquête aurait du être fait il y a 47 ans") et enfin une crise sociétale qui révèle "un habité colonial avec une monoculture d'exportation dont les habitants n'ont profité que des violences".

Les prochaines auditions

Lundi 14 octobre, la commission d'enquête auditionnera Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, puis Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

Mardi 15 octobre, viendra le tour d'Annick Girardin, ministre des Outre-mer et enfin jeudi 17 octobre, Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 05:58
Santé en Guyane

Le débat au Sénat

C'était une demande pressante du sénateur Antoine Karam (LREM) ce débat sur la santé en Guyane, jeudi après-midi au Sénat. Certes, Agnès Buzyn avait délégué son secrétaire d'Etat, Adrien Taquet, mais les quelques 18 questions des sénateurs , réponses comprises, n'ont pas excédé une heure trente. Pourtant, deux ans après le mouvement social qui avait mis la santé au coeur de la revendication populaire, on parle toujours de vétusté des équipements, de précarité, de 20 à 30 % seulement de couverture sociale, d'un manque de professionnels et d'un important turn over... En gros, l'offre de soin reste déficitaire avec moins de 600 médecins dont 59 % sont généralistes. Alors quand la question du CHU de la Guyane est posée par le sénateur Karam (c'était dans les accords de Guyane), le secrétaire d'Etat se contente de répondre : "Désigner un établissement de santé CHU est une prérogative de l'université et le département de médecine est encore inexistant..." Il préfère dire que le modèle d'avenir est la consolidation du centre hospitalier comme établissement de référence. "Le ministère soutiendra cette démarche." Il ajoute par ailleurs : "La création d'un CHU n'améliorerait en rien la qualité des soins hospitaliers." Adrien Taquet a plutôt insisté sur l'aide fournie par l'Etat aux hôpitaux guyanais : 25 millions pour le CHOG en 2017, le passage sous statut public du centre hospitalier de Kourou et le 20 millions (plus 40 en investissement) pour le centre hospitalier de Cayenne. Quand au coefficient régional dont une mission parlementaire vient de plaider pour son relèvement outre-mer, il a déclaré : "le coefficient régional a été réévalué en 2017, il n'est pas question à ce stade de le réévaluer, comme pour les autres territoires d'Outre-mer."

les finances hospitalières sont plombées par les 4000 évacuations sanitaires annuelles. Elles coûtent ' à 5 millions d'euros. Adrien Taquet rétorque qu'une "plateforme territoriale d'appui est en préparation pour alléger la charge de travail des professionnels. Il soutient la coopération avec les Antilles pour développer l'offre de soins sur place : une équipe martiniquaise de cardiologie vient une fois par mois à Cayenne. De même, s'il reconnaît l'utilité d'avoir ouvert aux médecins non diplômés de l'Union européenne (à savoir les Cubains) l'exercice de leur métier en Guyane, il prône la formation de plus de sages-femmes et d'infirmières. C'est le plan priorité prévention avec l'ouverture de 100 postes d'assistants spécialistes à temps partager (dont 50 dés novembre 2018). Il salue encore la convention passée entre la Guyane et l'assistance publique des hôpitaux de Paris. La sénatrice (CRCE) Laurence Cohen  a trouvé que "les moyens financiers manquaient dans les réponses" du ministre. Quant à Alain Milo, président de la commission des lois, il a terminé avec ces propos qui peuvent étrangement résonner : "L'offre médicale n'est pas si mauvaise au Suriname."

FXG, à Paris

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 05:28
La BEI finance les lycées de la Guadeloupe

La Banque européenne d'investissement prête 90 millions à la Région pour les lycées

En marge du congrès des Régions de France qui se tenait à Bordeaux jusqu'à lundi, le vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Ambroise Fayolle, et le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, ont signé hier une convention de financement pour six projets de construction, rénovation et ou extension d'établissements scolaires avec des mises aux normes climatiques et parasismiques. Il s'agit du lycée de Baimbridge auquel sera adossé un nouveau gymnase, d'un lycée professionnel avec son internat et son gymnase, un internat de la réussite et une centre régional de formation professionnelle. L'ensemble des travaux prévus doit coûter 180 millions. La BEI va y concourir par un prêt à long terme de 90 millions. "C'est une satisfaction, a indiqué le président Chalus, parce que pour ce projet, nous n'avions eu jusqu'alors que 20 millions de l'Etat et 20 millions des fonds européens. Grâce à cette convention, nous allons pouvoir moderniser le lycée de Baimbridge et surtout, nous allons pouvoir reconstruire le lycée Gerty-Archimède de Morne-à-l'Eau." Le président a indiqué qu'en tout la Région devra débourser 500 millions pour la modernisation l'ensemble du parc lycéen. Cette convention qui vient après celle que la BEI vient d'en signer pour la modernisation de l'aéroport, annonce, selon Ambroise Fayolle, le retour de la BEI et ses investissements sur l'archipel.

FXG, à Paris

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 05:25
Flavia Serve, du CGT Paris et Alex Bathilde, directeur du Comité guyanais du tourisme

Flavia Serve, du CGT Paris et Alex Bathilde, directeur du Comité guyanais du tourisme

La Guyane promeut ses atouts à Top Résa

Le Comité du tourisme de la Guyane se bat pour promouvoir la destination en participant cette année encore au salon mondial du tourisme à Paris, Top Résa. Sept exposants sont venus présenter leurs nouveautés comme T'air Nature Guyane, un réceptif qui propose du sur mesure et des auto-tours, ou  le "chocotourisme" cher à Félicio Rodriguez qui a déjà lancé ce concept en Côte d'Ivoire et que va commercialiser le réceptif Guyane Evasion avec les cacaoculteurs Angénieux Dupra à Saint-Laurent ou Olivier Dumett à Regina sur le haut Approuague. L'idée étant d'attirer plus de visiteurs... Ils ne sont encore que 110 000 mais avec une petite progression, entre 2015 et 2018,  de 2 à 3 % pour le tourisme d'agrément. "Le segment des familles avec des préadolescents ou des adolescents a progressé", indique Sonya Cippe du CTG Paris. Un public qui se retrouve dans la tendance "biodiversité, nature". "Les incendies au Brésil ont provoqué un focus sur la Guyane et les gens, poursuit Mme Cippe, viennent nous en parler et veulent savoir comment découvrir la forêt." Un tour opérateur (TO), "De voyage en voyage", est d'ailleurs venu les voir car il est positionné sur cette clientèle de niche qui a déjà beaucoup voyagé et qui veut répondre à "l'appel de la forêt". La plupart sont des individuels et quelques uns seulement passent par des TO.

Une autre manne de touristes pourrait venir du Guyana grâce à ses clients américains attirés par la base spatiale et les îles du Salut. "Ils sont venus et nous les avons reçus, raconte Alex Bathilde, directeur du CTG, mais se pose la question de la connectivité. La compagnie aérienne du Guyana peut venir si les conditions sont optimales." Les normes poseraient donc un problème...

Alors que le CTG dispose à nouveau de fonds (280 000 euros pour trois ans) pour son observatoire du tourisme, le schéma touristique de 2013 doit être révisé. Il faut refaire la signalisation touristique, organiser des modules de formation, développer des projets structurant à plus grande échelle afin de faire émerger un ou deux produits d'appel phare bien structurés comme les marais de Kaw. Quant à vouloir visiter la case de Dreyfus à l'île du Diable, voire celle de Papillon, ou encore prendre connaissance de l'histoire de Malmanoury, le village qui a laissé la place à la base spatiale... Il faudra encore attendre pour cela que la Guyane digère son histoire.

FXG, à Paris

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