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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 08:00

Commémoration du départ de l’Aurélie à Pondichéry 

Ceremonie-pondichery.JPGL’association culturelle française « Souvenirs des Indes » et l’ONG indienne « ADER India » ont organisé une cérémonie commémorative le 23 août dernier à Pondichéry à l’occasion du 160e anniversaire du départ des engagés Indiens pour la Guadeloupe. Un mémorial des engagés, à l’initiative des Réunionnais, inauguré en janvier 2010 à l’Université de Pondichéry, a servi de lieu de recueillement. « Les élèves de la pension Bless School, relate la Guadeloupéenne Christelle Gourdine installée depuis quelques années à Pondichéry, ont allumé des lumières, offerts des fleurs aux ancêtres et ont chanté les hymnes nationaux, régionaux et locaux, en présence de Mannar Mannan et G. Bharaty, descendants du célèbre poète Pondichérien Bharatidasan. » Ils ont ensuite partagé le traditionnel Biryani à la pension avec tous les élèves. Quelques chaînes de Télévisions locales ont couvert l’événement. Cette cérémonie voulait commémorer le départ du 1er bateau, l’Aurélie, parti de Pondichéry à l’automne 1854 pour arriver à Pointe à Pitre fin décembre 1854, emmenant à son bord 320 travailleurs indiens dont 15 enfants. L’Aurélie inaugurait ainsi une période qui a duré pendant 35 ans et au cours de laquelle près de 40 000 Indiens sont arrivés en Guadeloupe et 25 000 en Martinique. Ils sont partis des ports de Madras, Pondichéry, Karikal, Yanaon et Calcutta mais venaient de presque toute l’Inde avec une majorité de Tamouls. Venus initialement dans le cadre d’un contrat de 5 ans, certains ont pu repartir, certains ont rempilé mais beaucoup ont dû rester car le coût du rapatriement devait être supporté par l’employeur… Les Indiens ont refait leur vie aux Antilles, loin de chez eux, et leurs descendants sont, d’après Christelle Gourdine « maintenant un souvenir des Indes ». Celle-ci ajoute : « A défaut d’y voir un cadeau, on ne peut nier leur présence bien que leur histoire ne se trouve nulle part dans les livres. Entre 1848 et 1946, se  trouve un grand vide. » C’est pour cela que Souvenirs des Indes a été créée en janvier 2014 pour faire connaître cette histoire en France et en Inde. « Les Indiens, poursuit Christelle, connaissent l’île Maurice, un peu la Réunion, mais ni la Guadeloupe ni la Martinique. Ils apprennent peu à peu l’existence de notre diaspora. Un bon début. » Souvenirs des Indes entend commémorer les engagés Indiens en impliquant les Français et les Indiens pour une meilleure connaissance de l’histoire et un partage des cultures.

FXG, à Paris

Légende photo : Offrande de fleurs aux ancêtres par les étudiants de la Bless School, Christelle Gourdine-Mandjiny, Muruganandam Mandjiny et leurs invités de Pondichéry.

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 07:57

France Ô fait jeu égal avec HD1

 

Ca y est ! Les premières audiences mesurées de France Ô ont été rendues publiques hier. Mardi 2 septembre à 20 h 45, France Ô a réuni près de 190 000 téléspectateurs en diffusant « L’empire du tigre », une fiction française réalisée par Gérard Marx, avec Bernard Giraudeau et Thierry Frémont. « Pour la 2e soirée consécutive, France Ô se place devant l’ensemble des chaînes de la TNT HD. », claironne le communiqué de la station qui précise : « Sur la diffusion des deux épisodes, la chaîne atteint 0,9% de part d’audience en moyenne. » Des chiffres pourtant bien modestes et qui ne concernent qu’un moment de prime time. Qu’en est-il des audiences des concurrentes de la TNT ?

Les audiences des prime time de la semaine du 25 au 31 août (qui ne donnent pas encore les chiffres de France Ô) attestent de la petite performance de « la chaîne des Outre-mer et de l’ouverture sur le monde » : elle fait jeu égal avec HD1, dépasse 6ter (0,7 %), Numéro 23 (0,5 %) et se fait battre par RMC Découverte (1,1 %) ou D17 (1,3 %).

Ce qu’il est notable de constater, c’est que le chiffre avancé de 190 000 téléspectateurs renvoie à l’audience de la radio des Antillais d’Île de France, Tropiques FM qui, d’après le Médiamétrie officiel, affichait un même nombre d’auditeurs avant les grandes vacances. L’audience de France Ô, désormais mesurée, sera extrêmement surveillée par Gilles Camouilly, son directeur d’antenne, qui appuie sa ligne éditoriale sur l’Outre-mer et l’Ouverte sur le monde quand d’autres, notamment à l’Elysée et chez nombre de nos parlementaires, voudraient y voir dominer seuls les Outre-mer français.

 

FXG, à Paris

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 08:21

Les chocolats « Bamboula » et « Négro » débaptisés

A Auxerre, il n’y aurait plus depuis hier de friandises chocolatées dénommées « bamboula » et « Négro ». En deux jours, ce qui semblait s’annoncer telle une nouvelle affaire Guerlain, est retombé comme un soufflé. Selon la déléguée interministérielle Sophie Elizéon, la préfecture de l’Yonne a conduit une médiation qui a abouti au retrait des produits tendancieux. L’artisan-chocolatier a donc retiré dès mardi 2 septembre les « Négros » et les « Bamboulas » de la vente. Il a surtout décidé de modifier le conditionnement et le nom de ces spécialités. Selon deux associations militantes montées au créneau sur cette affaire, le CRAN et Sortir du colonialisme, « les artisans ont reconnu avoir commis deux fautes : premièrement, en mettant en vente des chocolats racistes, et deuxièmement, en affirmant qu'il s'agissait de rendre hommage aux Africains ». Les chocolatiers d’Auxerre ont indiqué, rapporte le CRAN et SDC, « leur souhait de travailler avec les associations afin de sortir de cette histoire par le haut en faisant oeuvre de pédagogie ».

Le Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (CRéFOM), pour sa part, n’a pas souhaité en rester-là et une plainte a été déposée, mercredi par une de ses associations membre, le Collectifdom. « Nous avons fait faire des constats d’huissier, explique Patrick Karam, mais dans la mesure où ces friandises sont des traditions locales, nous voulons aller au-delà des retraits annoncés et obtenir que la justice interdise l’utilisation de tels mots. »

FXG, à Paris

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 07:00
"Je n'ai jamais été petit"
couv.jpgSous ce titre publié aux Editions du Moment, Florent Piétrus revient sur son histoire et son enfance mouvementée avec la perte de sa maman à l'âge de 10 ans, l'abandon par son père, l'éducation à la dure en Guadeloupe par sa grand-mère dans un milieu extrêmement modeste... Ce n'est pas pour autant Les misérables de Victor Hugo, mais une belle histoire de champion ! Ici, les vestiaires et les coulisses de l'équipe de France n'ont plus (trop) de secrets. On apprend comment Florent a vécu l'éviction de son petit frère Mickaël, ses relations avec Boris Diaw et Tony Parker, et quelques anecdotes sur la vie de ce groupe champion d'Europe 2013. Une histoire émouvante, touchante et un parcours assez incroyable, le tout composé par une autre équipe, celle du champion et d'un journaliste.
16-juin-2014-3700.JPGLe premier, triple champion de France de Pro A, Florent Piétrus, est le vice-capitaine de l'équipe de France, champion d'Europe 2013, qui a également décroché le bronze en 2005 et l'argent en 2011. Actuellement au SLUC Nancy Basket, il est l'un des athlètes les plus capés du sport français. 
Le second, Romain Schué, est journaliste sportif, sans doute pas assez grand, lui, pour jouer au basket, ce qui ne l'empêche pas d'être un grand journaliste ! Après avoir débuté sa carrière au service des sports de Radio France internationale, travaillé pour le groupe Hersant Média et actuellement l'agence locale de presse, il suit depuis plusieurs années l'équipe de France de basket.
Le pitch
22 septembre 2013, l'émotion est à son comble. Tony Parker et Florent Piétrus tombent dans les bras l'un de l'autre. Avec leurs coéquipiers, ils viennent de décrocher la première médaille d'or de l'histoire du basket français. Champions d'Europe ! Avant-dernier d'une famille de sept enfants, Florent n'a pourtant pas été épargné par le destin. À dix ans, sa mère décède d'un cancer. Abandonné par son père, il est élevé à la dure par sa grand-mère, parfois à coups de bâtons ! Mais le basket va changer sa vie. Grâce à des qualités athlétiques exceptionnelles, le jeune prodige de 2,01m impressionne le club de Pau-Orthez et s'installe en métropole à quinze ans. Seul, un peu perdu dans une région inconnue, le gamin de Sainte-Anne est en proie au doute. Jusqu'à l'arrivée de son petit frère Mickaël, l'année suivante, qu'il prend sous son aile. Rapidement, tous deux deviennent les stars du championnat de France. Avec leur ami Boris Diaw, futur capitaine des Bleus, ils dominent la Pro A. Agents mal intentionnés, erreurs de jeunesse, départ manqué pour la NBA... Florent va galérer mais n'abandonnera jamais. Au fil d'un récit émouvant, on découvre cet immense champion sous un jour inattendu. Le guerrier infatigable des parquets est aussi, à 33 ans, un être sensible et généreux, soucieux de transmettre un message d'espoir aux nouvelles générations : d'un manque ou d'une souffrance, l'on peut faire une force, pour peu qu'on le décide.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 07:00

Nouvelles incertitudes sur la mise en place des collectivités uniques

« Un travail et une réflexion pour sécuriser constitutionnellement le calendrier des élections cantonales et régionales » sont au coeur de la réflexion gouvernementale selon l’AFP qui cite un proche de Manuel Valls à Matignon. Pourtant, il y a quelques mois, François Hollande avait annoncé que les élections cantonales et régionales étaient reportées de mars à décembre 2015 en raison de la discussion de la réforme territoriale en cours. Cette fois, on apprend  que les élections départementales et régionales pourraient finalement se tenir avant l’été 2015. Le gouvernement a fait machine arrière pour éviter une censure du Conseil constitutionnel. Les sages de la rue Montpensier pourraient remettre en cause l’allongement de 21 mois du mandat des conseillers généraux élus en 2008 ! Il conviendrait donc que ces élections cantonales aient lieu au plus tard en juin 2015. Mais comme par ailleurs, le gouvernement souhaite la concomitance des élections régionales et cantonales, se pose alors la question des élections régionales alors même que le gouvernement entend réduire le nombre des Régions dans l’Hexagone  de 22 à 13.
Avancer la date des élections régionales implique d’avancer la date de création des 13 nouvelles régions, actuellement prévue au 1er janvier 2016. « Si l’on doit avancer la date des élections ce qui semble probable, il convient de créer des régions à une date antérieure », assure-t-on Matignon. Le principe républicain est qu’une année pleine s’écoule entre une modification de scrutin et l’élection, mais en l’occurrence, soutient Matignon, « le mode de scrutin n’est pas modifié en l’espèce ».

En tout état de cause, cela aura des conséquences sur la mise en place des nouvelles collectivités uniques en Martinique et en Guyane. Là, le report annoncé pour décembre 2015 avait été plutôt bien accueilli eu égard aux complexes travaux de fusion des administrations. Il se pourrait que cette nouvelle donne ne les oblige à mettre le turbo pour être prêts entre mars et juin 2015, dans la mesure où le gouvernement a toujours voulu aligner la date de ces scrutins particuliers sur le calendrier national.

 

FXG, à Paris

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 08:00

La préfecture de l’Yonne saisie pour des gâteaux nommés « Bamboula » et « Négro » 

 

Chcolaterie-Feret.jpgSophie Elizéon, déléguée interministérielle à l’égalité des chances des français des Outre-mer, a fait savoir, mardi après-midi, qu’elle avait saisi la Préfecture de l'Yonne lundi au sujet de la chocolaterie Grégory Féret à Auxerre. Cet établissement offre à la vente « le Bamboula », biscuit chocolaté, et « le Négro », pain d'épices chocolaté fourré, ainsi qu’en atteste son site : http://www.chocolaterie-feret-auxerre.fr/presentation. « Soucieux de satisfaire les papilles des gourmets et des gourmands, Grégory se rattache aux spécialités d'antan avec le « Bamboula et le Négro », vieilles recettes auxerroises qui se transmettent de génération en génération », peut-on lire.

Dès mardi matin, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN), présidé par le Martiniquais Louis-Georges Tin, et l’association Sortir du colonialisme (SDC) montaient au créneau. Selon ces derniers, aux protestations publiées sur la page Facebook de la maison, la chocolaterie a répliqué en dénonçant ceux qui n'ont « aucune connaissance de l'histoire de France » et précisé que « Négro » était un « hommage rendu aux Sénégalais blessés pendant la première guerre ». Ils ajoutent que « les auteurs du Bamboula ont désiré rendre hommage aux cultures que les Africains nous ont apporté en France ».  « Les Noirs de France se seraient bien passés d'un pareil hommage, a répliqué Louis-Georges Tin. Est-ce que la maison Féret a l'intention de vendre aussi des nougats "Ratons", en hommage aux Algériens de France ? Et pourquoi pas des bonbons "Youpin", en hommage aux Juifs déportés ? » Gisèle Felhendler, de SDC, y voit un « revival de l'imagerie coloniale la plus nauséabonde ». « Après la banane, déclare-t-elle, voici maintenant le retour du Y'a bon chocolat. L'exotisation, l'orientalisme et le paternalisme patriotique font de ces confiseries un parfait exemple de négrophobie culinaire ».

Plusieurs affaires similaires ont déjà défrayé la chronique. Au début des années 1990, la biscuiterie nantaise Saint-Michel a du retirer de la vente ses biscuits « Bamboula ». En 2006, il y a eu le retour avorté de « Ya’bon Banania" et, plus récemment l’affaire de la marque de champagne « Code noir » ou encore du bracelet « Esclave » de Mango.

A Auxerre, hier, les services préfectoraux ont vérifié l'information, indique la délégation interministérielle qui ajoute que « le dossier est désormais en cours d'instruction par les autorités compétentes sur place. »

 

FXG, à Paris

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 05:14

Des commissions et des agences de la biodiversité dans les tuyaux de la loi Royal

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, en déplacement en Martinique le week-end dernier, a annoncé dimanche, lors de sa visite du domaine d'Emeraude au Morne-Rouge, que deux amendements présentés par le député SRC et président PPM de la Région Martinique, Serge Letchimy, ont été intégrés au texte de la loi sur la biodiversité qui doit venir en discussion à l’Assemblée nationale à partir du 1er octobre. Le premier amendement vise à la création d'une commission régionale de la biodiversité dans chaque territoire d'outre-mer, le second la création d'une agence de la biodiversité par bassin d’outre-mer.

 

FXG, à Paris

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 07:00

Tony Chasseur lance une souscription Mizikopéyi

Tony-Chasseur-2.jpgPour réaliser et sortir le premier album en concert de Mizikopéyi, capté lors de la tournée de mars 2014, Tony Chasseur lance une souscription sous forme de pré-achat du DVD. « Mes possibilités ne me permettent plus d'assumer seul ce type de projet », indique l’artiste qui a choisi de se tourner vers son public. pour participer à cette aventure musicale, il suffit d’expédier sa participation (20 euros l’unité) à l’adresse suivante : Antoine Chasseur – 20 rue Erik Satie 94400 Vitry sur Seine. Le DVD sera transmis au participant à son adresse durant le mois de novembre 2014, avant la sortie publique de l’album.

Le premier big band de l’histoire de la musique antillaise est né en 2006. Depuis, Mizikopéyi rassemble vingt musiciens dont quatorze cuivres (Thierry Vaton au piano, Thierry Fanfant à la basse, Jean-Philippe Fanfant à la batterie, Patrick Boston à la guitare, "Bago" Balthazar aux percussions), et propose « des arrangements d’une sophistication et d’une opulence que l’on n’avait jamais connues dans la musique antillaise », selon Bertrand Dicale (http://www.rfimusique.com/actu-musique/musiques-monde/album/20111020-mizikopeyi-le-reve-grand-format-tony-chasseur). L’orchestre a sorti deux albums : De racines et d’influences, paru fin 2008, et Ka wouvè zel-li, en 2011.

 

FXG, à Paris

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 07:00

La fête Sakti Karli en région parisienneFete-Karli-3.jpg

Le pavillon de Philippe Andamaye, originaire de Bras-Panon à la Réunion, et retraité de La Poste, ne dépareille pas de celui de ses voisins dans le quartier de la gare RER d’Essonne-Robinson (91). Mais ce dimanche 24 août, s’y déroule une cérémonie plutôt atypique pour ce coin reculé de la banlieue parisienne. C’est la fête religieuse de Sakti Karli. Une centaine de personnes se sont donné rendez-vous chez Philippe. Ils viennent de la region parisienne, mais aussi de province, de Lyon, de Rouen… Certains ont apporté un cabri, d’autres un coq pour honorer une promesse faite à la divinité Karli.

Fete-Karli-4.jpgParvati, la mère de Ganesh, dit la mythologie hindoue, s’est réincarnée en Karli pour détruire Shiva, car la force de Karli est de détruire tout ce qui est mauvais…

Chaque année, depuis 22 ans, entre juillet et août, Philippe Andamaye organise cette fête en l’honneur de Karli. Devant le temple de ses ancêtres qu’il a érigé lui-même (avec les 13 statues fabriquées par Julien Banor de la Ravine-Creuse à Saint-André et les apports théologiques de Viville Vinguétama de Commune-Carron à Sainte-Suzanne) dans la cour de sa maison, Philippe Andamaye, assisté d’amis et de familiers, procède au sacrifice rituel d’animaux. Cette fois, ce ne sont pas moins de quinze cabris et de cinquante-trois coqs qui vont être passés au fil du sabre. Chaque sacrifice est une offrande au Dieu. Philippe Andamaye pratique un culte ancestral qu’il est le seul à realiser dans l’Hexagone, ici dans la chapelle Karli de Corbeil-Essonne. Fete-Karli-10.jpgIl y avait bien naguère un temple Maryéméné à Lyon, mais l’officiant a pris sa retraite et est retourné à la Réunion. “En dehors du temple familial de Philippe, explique Virginius Luçay, un originaire de Sainte-Marie établi à Sucy-en-Brie, on peut pratiquer au temple maryémène de la rue Perdonnet à Paris, à celui de Shiva au Pont-du-Bourget ou à celui de Ganesh, rue Philippe de Girard, à Paris… Mais Philippe est le seul dans l’Hexagone à pratiquer ce rituel avec les sacrifices.” Tour à tour, Philippe est habité par ses ancêtres : il boit alors du rhum, fume, mais quand Karli entre en lui, alors il boit le sang de la bête, la bouche sur la jugulaire tranchée, avant de porter le sang sur la personne qui a offert le sacrifice. Fete-Karli-8.jpg“Il est alors la bête et la divinité”, résume Virginius. Le public assiste au ballet des préparateurs qui amènent un à un les cabris, leur versent de l’eau, du citron sur la tête, passent une flamme, de l’encens avant que n’ait lieu l’holocauste. La cérémonie dure près de six heures… Pendant ce temps, derrière la maison se sont organisés les ateliers : dépeçage, découpe, cuisine. Au menu : massalé de cabri, civet de coq, bouillon Larson, corée…

Parmi les invités, Annick Paros, de l’antenne parisienne du conseil general, Gilbert Aquilimeba de l’association ARTE-Réunion, et des anonymes, copains, collègues ou voisins de Philippe. “Ca fait quarante ans que je suis là, raconte Yoland, originaire de Saint-Denis et installé à Oissel (76), et j’aurai jamais cru voir ça ici !” Virginius Luçay, technicien en acoustique et par ailleurs marcheur sur le feu au temple Dropadi au Chaudron, explique aux ignorants la legende de Parvati et de Karli. Fete-Karli-Nael-Jovien-Gerard-Grondin.jpgUn grand blanc originaire de Saint-André et de Salazie explique qu’il s’appelle Expedit à cause de sa naissance périlleuse : “J’aurai dû y rester car ma mere devait absolument survivre parce qu’il y avait onze autres enfants derrière !” Un jeune homme se présentant comme un Taminladou les rejoint et suscite le respect de ses comparses : “Tu es un vrai Hindou d’Inde !”. Mais déjà, le 53e coq a été sacrifié. Sosthène, un collègue de Philippe, a passé une blouse grise siglée La Poste pour nettoyer le lieu du sacrifice où vont être dressées les tables du banquet. Sur les quinze cabris sacrifiés, seuls deux ou trois ont été cuisinés ; les autres ont été partagés selon les offrandes de chacun. Presque tous se retrouveront le week-end prochain au quartier de La chapelle, à Paris, au temple de Ganesh, pour le Cavali.

FXG, à Corbeil-Essonne


Interview : Philippe Andamaye, organisateur de la fête Sakti Karli

Fete-Karli-Philippe-Andamaye.jpg"On n'a rien à cacher"

Comment est née cette cérémonie à Corbeil-Essonne ?

Ca a commencé par une promesse personnelle. J’étais à la Réunion, au chômage et j’avais promis à la divinité que si un jour je trouvais un petit coin, un petit toit à moi, je lui abandonnerai une partie de ce qu’elle m’aurait donné. Mais quand j’ai voulu honorer ma promesse, mes arrières grands-parents ont dit que ce n’était pas le moment et qu’ils me donneraient l’autorisation le moment venu. C’est venu cinq ans après. Avec mon père, on a mis tout ça en place. A sa mort en 2001, j’ai continué tout seul, avec ma famille et c’est resté familial.

On dit que vous pratiquez un rite ancestral, qu’est ce que ça veut dire ?

Nous pratiquons ce que nos grands-parents nous ont laissé. On ne va rien chercher en Inde ou à l’île Maurice. Je n’ai pas connu mes ancêtres, mais aujourd’hui, ce sont eux qui nous guident. On est nés, on a eu ça en heritage et on ne doit rien modifier contrairement à ce qui se passe souvent à la Réunion.

Etes-vous le seul à pratiquer le sacrifice rituel ?

Non, non ! Il y a encore des petites chapelles qui, à la Réunion, le font toujours traditionnellement, mais il n’y en a pas beaucoup, car les gens modifient les rites. Moi, je reste dans ce que j’ai appris et meme si je ne connais pas le fin fond des choses, je fais tel qu’on le demande pour chaque divinité, chaque autel, chaque ancêtre. Et on ne sait pas comment, mais beaucoup de gens nous apportent la preuve que le culte apporte un peu plus de joie de vivre, avec une maladie guérie, un train de vie amélioré…

Au-delà  de l’aspect religieux, la cérémonie a un rôle social pour ceux d’entre vous qui sont installés dans l’Hexagone ?

Ca permet à ceux qui viennent d’économiser un billet d’avion pour aller fêter le divinité au pays ! On peut le faire là puisqu’on n’a rien modifié. Et les plus jeunes n’ont pas connu ça et avec moi, ils voient comment on faisait avant.

Et vos voisins ? Ils prennent ça comment ?

Mes voisins sont arrivés après moi. Les seuls qui étaient là avant moi, ce sont la rue et la gare RER. Mes voisns, meme s’ils ne viennent pas, savent à peu près ce que je fais. On en parle… On n’a rien à cacher ! A la Réunion, ça se passe comme ça, pourquoi on le cacherait ici ? Nous sommes ouverts à tout le monde. Certains viennent par croyance, pour prier et se recueillir, d’autres viennent comme on va à un baptême ou un mariage, pour manger, discuter, boire un coup…

Propos recueillis par FXG

 

 


En imagesFete-Karli-1.jpg

L'attente de l'offrandeFete-Karli-15.jpg

Préparation d'un coqFete-Karli-7.jpg

Retour d'offrande

Fete-Karli-12.jpg

Nouveau cabri sacrifiéFete-Karli-16.jpg

Tête de coq, nature morteFete-Karli-Eric-Jovien.jpg

Eric Jovien préposé à l'émasculationFete-Karli-Jean-Claude-Grajelin-Gilbert-Aquilimeba.jpg

Jean-Claude Grajelin et Gilbert AquimilébaFete-Karli-Annick-Paros.jpg

Annick ParosFete-Karli-Maurice-Amillard.jpg

Maurice Amillard

Fete Karli Taminladou Marie Virginius Gaspard Expedit YolanLe Taminladou, Marie de Maurice, Virginius Luçay, Marie, Gaspard le Sénégalais, Expédit et Yoland

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 08:00

GPL détaille sa feuille de route

GPL.JPGDans la nouvelle étape qui s’annonce pour le gouvernement Valls 2, George Pau-Langevin est à l’aise. Les arbitrages budgétaires rendus en juillet sont « plutôt favorables », selon la ministre (son budget est annoncé en hausse de 7 % sur trois ans dont + 0,3 % dès 2015), Aujourd’hui, le ministère des Outre-mer est concentré sur le pacte de responsabilité et sa déclinaison outre-mer avec un CICE acté à 9 %, soit 50 % de mieux pour les entreprises d’Outre-mer par rapport à ce qu’il sera dans l’Hexagone. Et comme le président de la République l’a indiqué lors de son déplacement récent à la Réunion, la discussion reste ouverte pour voir comment aller plus loin dans certains secteurs comme le BTP ou le tourisme, par exemple. Une ouverture qui fait écho aux demandes des socioprofessionnels sans pour autant les satisfaire quand il demandent un CICE à 19 % dans le tourisme. « Leur raisonnement pouvait sembler séduisant, précise la ministre, mais certains ont craint un effet reconventionnel en métropole et qu’il y ait là aussi des tris à faire alors que l’idée de départ du CICE était que ça soit simple. » Une concertation devrait néanmoins s’engager rapidement pour étudier les secteurs économiques qui pourraient bénéficier d’aides supplémentaires.

George Pau-Langevin est consciente que le secteur du BTP devrait mieux se porter, c’est pourquoi un plan logement devrait être lancé dès le mois de septembre. Et si la défiscalisation au logement social a été préservée, le ministère étudie avec attention l’expérimentation lancée dans la commune guadeloupéenne de Lamentin avec un prêt à taux zéro.

Le dossier de l’octroi de mer devrait aussi connaître son épilogue, en principe, à la fin de l’année 2014, même si les calendriers européen et parlementaire font pencher davantage pour 2015. Quoi qu’il en soit, en juillet, Bruxelles a rendu un arbitrage positif sur l’octroi de mer et la Commission européenne doit régler la question avant décembre. Puis ce sera au parlement européen de se prononcer avant le parlement national.

L’Outre-mer et Bercy

« On a toujours eu aux Outre-mer des relations un peu compliquées avec Bercy - c’est son rôle ! Mais, cette année notamment, nous avons gagné beaucoup d’arbitrages. Le Président et Manuel Valls sont conscients de ce que les outre-mer ont besoin et qu’il convient d’être moins pointilleux. » Actuellement, c’est la TVA non perçue récupérable qui est dans le collimateur, cette spécificité ultramarine qui consiste pour les entreprises à récupérer une TVA qu’elles n’ont pas perçue n’est pas du tout du goût de Bercy, comme de Bruxelles. George Pau-langevin n’a pas démenti que cette aide était menacée, elle a eu cette formule cocasse : « A la limite, il faudrait l’appeler autrement… »

La ministre évite de se prononcer sur la ligne économique gouvernementale incarnée désormais par l’ancien banquier Emmanuel Macron : « Je ne suis pas une économiste assez performante pour me permettre de contredire des gens bien plus compétents que moi sur le sujet. J’ai le sentiment que, sur ma partie outre-mer, le fait qu’on dise aux entreprises qu’on allait les aider à assumer leurs charges est quelque chose qui est plutôt bien passé. Mais nous devons faire attention, pour ne pas ruiner cette politique, à ce qu’on obtienne des contreparties en termes d’emplois. Pour l’heure, c’est un peu flou… » La ministre souhaite qu’un effort particulier soit porté sur la question de l’emploi local.

Du point de vue institutionnel, hors le dossier calédonien qui entre dans une phase pré-référendaire cruciale, le ministère devra retoiletter les statuts des collectivités de Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre et Miquelon et accompagner la fusion des collectivités en Guyane et Martinique. La question de la dotation d’amorçage réclamée par les élus de Guyane et de Martinique ne semble pas résonner rue Oudinot qui rappelle que « théoriquement, ces fusions ont pour but de faire des économies ». Le report des élections territoriales en décembre 2015 leur donne, dit-on au ministère, un délai supplémentaire intéressant dans la mesure où la fusion des administrations n’est pas encore prête. C’est moins vrai en Martinique où la présidente du Conseil général n’est pas sûre de tenir les délais, qu’en Guyane où le président de Région affirme lui ne pas être encore prêt.

L’ombre de l’ancien ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, semble être désormais lointaine de la rue Oudinot et si George Pau-langevin poursuit le travail de son prédécesseur sur les sujets économiques, elle devrait prendre désormais du temps pour des sujets qui lui tiennent à coeur comme les questions éducatives et sociales, essentielles à ses yeux pour le sort de la jeunesse dans les territoires.

FXG, à Paris


En Martinique avec Ségolène Royal 

Dans l’immédiat, George Pau-Langevin s’apprête à se rendre en Martinique ce week-end, avec sa collègue de l’Ecologie, Ségolène Royal. Un déplacement, en amont du projet de loi sur la transition énergétique, dans des territoires très dépendants des très chères énergies fossiles. Les deux ministres s’intéresseront donc de près aux énergies alternatives (éoliennes, géothermie, centrales bagasse et biomasse, énergie thermique des mers…) et à certains projets innovants qui connaissent des freins administratifs. C’est le cas de la centrale biomasse du Tampon à la Réunion qui a du mal à obtenir l’accord de la Commission de régulation de l’énergie, comme celui de la géothermie en Dominique. « Mme Royal viendra se sensibiliser à ces questions énergétique dans nos territoires, car on a besoin d’une volonté politique qui puisse aider à lever les obstacles administratifs », indique Mme Pau-Langevin.

 

 

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