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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 09:00

Valls a rencontré les parlementaires d’Outre-mer

Parlementaires et VAllsLe Premier ministre Manuel Valls est allé saluer, mercredi soir, les parlementaires ultramarins réunis à l’invitation de George Pau-Langevin au ministère de l’Outre-mer. Une manière d’abord de remercier personnellement ceux qui étaient là à l’occasion de la session parlementaire, Patient, Serville et Berthelot pour la Guyane, Bareigts pour la Réunion, Desplan et Carabin pour la Guadeloupe. Mais également les Calédoniens et le vieux lion, Gaston Flosse. « Beaucoup Flosse-Valls-GPL.jpgd’entre eux soutiennent le gouvernement, a déclaré Manuel Valls, et au-delà des clivages politiques, les projets qui vont dans le bon sens, notamment ceux liés au développement et à la lutte contre la vie chère. » Manuel Valls a rappelé son calendrier outre-mer avec le déplacement du président à la Réunion, Mayotte et aux Comores fin juillet, le déplacement de sa ministre des Outre-mer en Nouvelle-Calédonie cette été et la réunion sous son égide en septembre ou octobre du comité des signataires de l’accord de Matignon. « C’est l’avenir du territoire qui est engagé. » Sa première visite outre-mer pourrait intervenir fin 2014 ou début 2015. Carabin-Valls.jpgS’Il a parlé de la mobilisation de son gouvernement autour de la jeunesse, pour le quotidien, contre le chômage, le soutien aux entreprises par l’adaptation du CICE, la lutte contre la sécurité, il a voulu saluer les « atouts des outre-mer » par leur présence sur l’ensemble des continents et la qualité de ses parlementaires : « Les Outre-mer montrent une certaine fidélité à l’égard de l’exécutif qu’on ne trouve pas tout à fait dans certains situations hexagonales. » Manuel Valls estime que les choix que George Pau-Langevin a annoncés lors de son déplacement à la Réunion, le 19 juin dernier, sur le CICE, sont clairs : Valls-et-Desplan.jpg« Nous sommes attentifs à la situation dans les outre-mer au niveau des arbitrages budgétaires, à ce que me disent les parlementaires et à ce que me dit la ministre. » Ce passage du Premier ministre intervient alors que le nombre de policiers originaires de la Réunion et mutés à la Réunion a été considérablement revu à la hausse. Il a encore témoigne de la force de lobbying qu’il a pu peser sur le sujet. « C’est une demande à laquelle il faut être très attentifs », a-t-il conclu sur le sujet. Interrogé sur la réponse du gouvernement aux dotations d’amorçage pour les collectivités unique de Guyane et de Martinique, Manuel Valls a estimé qu’il n’était pas temps d’en parler. Les parlementaires se retrouvent ce jeudi au ministère des Outre-mer, sans le Premier ministre, mais avec GPL, pour étudier le CICE avant sa discussion au Parlement, à la rentrée dans le cadre du projet de budget 2015.

FXG, à ParisValls GPL GirardinValls, GPL et GirardinBerthelot-Valls.jpg

Berthelot et VallsValls-et-Serville.jpg

Valls dit : " Gabriel Serville m'a demandé 38 millions d'euros pour Matoury, il les aura pas mais il aura la photo."

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 07:00

Les bananiers investissent dans la patate

Fruidor, premier réseau de murisseries français et propriété de la filière de production de bananes de Guadeloupe et de Martinique depuis fin 2008, a fait l’acquisition au 1er juillet de 100% des parts des Etablissements Gourgues à Birac-sur-Trec, dans le Lot-et-Garonne, une entreprise spécialisée dans la pomme de terre primeur, déjà partenaire de l’activité fruits et légumes de Fruidor. Le nouvel ensemble représentera 100 000 tonnes de fruits et légumes, hors bananes, pour un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros environ. Cette acquisition se place dans le cadre de la stratégie définie par les planteurs actionnaires et leur patron, Eric de Lucy : « développer l’activité Fruidor Terroirs dans les différentes régions françaises en lien étroit avec des producteurs afin d’être en capacité de servir ses clients en fruits et légumes français de qualité. » Avec ce rapprochement la filière banane antillaise montre que la diversification agricole est possible, en tout cas, dans l’Hexagone.

Les Etablissements Gourges en chiffres :

8 millions d’euros de chiffre d’affaires

15 000 tonnes de fruits et légumes dont 7 000 tonnes de pomme de terre primeur

22 salariés 

Fruidor en chiffres:

200 millions d’euros de chiffres d’affaires

160 000 tonnes de bananes

85 000 tonnes de fruits et légumes dans le cadre de l’activité Fruidor Terroirs

9 sites de murisserie

3 sites Terroirs

270 salariés

 

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 09:00

Christiane-Taubira.jpgITW Christiane Taubira, garde des Sceaux, ministre de la Justice

Un rapport sur les problématiques pénitentiaires outre-mer

Qu’est-ce qui caractérisent les problématiques pénitentiaires en outre-mer ?

La situation est catastrophique dans les Outre-mer. Nous avons des taux de surpopulation carcérale qui atteignent 300 % et on a même dans les centres de détention, c’est-à-dire les établissements pour peines, de la surpopulation carcérale alors qu’on évite scrupuleusement, dans l’Hexagone, d’avoir de la surpopulation pour les longues peines. Il y a donc une situation de surpopulation, de vétusté, de retard… Le taux d’aménagement des peines est très faible, à peine 10%, soit moins de la moitié du taux national. Le taux d’illettrisme est plus élevé, l’offre d’activités dans les établissements est très faible. Enfin, il existe peu de coopération avec les ministères de la Santé, l’Emploi, l’Education nationale et du Logement, et nous avons une problématique particulière de coopération régionale avec les pays voisins.

Quelles mesures avez-vous prises depuis que vous êtes garde des Sceaux, ministre de la Justice ?

J’ai pris des dispositions en matière de politique pénale dans quatre territoires, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, la Martinique et la Guadeloupe, comme je l’ai fait pour des territoires de l’Hexagone. J’ai pris des mesures sur l’aménagement des peines en affectant des juges d’application des peines. J’ai renforcé les services pénitentiaires d’insertion et de probation qui assurent le suivi, notamment, en milieu ouvert. J’ai également pris des décisions concernant les établissements pour mineurs.

Où en sommes-nous en matière immobilière ?

J’ai rapidement pris des décisions de construction en Polynésie, d’extension et de rénovation à Mayotte, en Guadeloupe, en Martinique et également à la Réunion. J’ai pris en compte également la situation de la santé mentale, en ouvrant notamment un service médico-psychologique régional (SMPR) en Guadeloupe, mais c’est une question qui concerne tous les autres territoires de l’Outre-mer et à laquelle nous allons devoir apporter une réponse.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Lien pour consulter le rapport :

http://www.justice.gouv.fr/la-garde-des-sceaux-10016/remise-du-rapport-problematiques-penitentiaires-en-outre-mer-27273.html

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 13:55

36 groupes au carnaval tropical de Paris

Marie-Josee-Gibbon-Roi-junior-Reine-Laetitia-Claude-Vamur.jpgLa 13e édition du carnaval tropical de Paris a vu défiler samedi, entre la place de la Nation et la place Léon-Blum, 36 groupes carnavalesques. Les ensembles se sont succédé régulièrement et sans temps morts devant le jury installé devant la mairie du 11e arrondissement. Après leur arrivée pétaradante, les groupes, introduits par l’animateur Rony Théophile, avaient trois minutes pour présenter leur musique, leurs costumes et leur chorégraphie – l’ensemble devant honorer le thème de cette édition, le cinéma. Et pour marquer le coup, la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy était au premier rang de la tribune d’honneur. Son confrère guadeloupéen, Jean-Claude Barny n’a fait qu’un petit tour au début du défilé, tout comme Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Le déboulé sauvage Choukaj (Ile de France) a ouvert la marche. Sous les drapeaux rouge, noir et de la Guadeloupe façon UPLG, les encenseurs s’égarent aux avant-gardes pour éloigner le mauvais sort.

Choukaj.jpg

Ils étaient suivis du groupe de Pointe-à-Pitre, Nasyon a neg mawon, qui a envoyé près de cent personnes à Paris. Leurs coiffes et costumes bleus représentent la mer, leurs lourdes chaines dorées renvoient à celles de l’esclavage. Derrière eux, les Foyalais de Vibrasyon a mas. Plumes blanches et masque jaune sur la tête, costume africain sur peau cuivrée, ils sont une cinquantaine. Mas mélé (Ile de France) a suivi la consigne avec des costumes rehaussés de pellicule de cinéma et leurs coiffures de caméras factices. Vibrasyon-mas.jpgMi Yo (Ile de France) déboule en blanc et casque colonial. Puis ce sont les Gosériens de Restan la. Ils sont une quarantaine arborant des cabosses de cacao sur la tête. Alizés 78 et Cadencé yo (Ile de France) se sont groupés pour évoquer le peuplement de la Martinique. Bloco-de-Paris-2.jpgHibiscus (Saint-Malo) vient présenter les contes des mille et une nuits. Les 70 Brésiliens du Bloco de Paris s’agitent sur des airs de samba. Tanbou mélé et Difé Kako (Ile de France et Strasbourg) rendent hommage aux films Aladin, Pirates des Caraïbes et Autant en emporte le vent. La chorégraphe Chantal Loïal, mégaphone au poing, vient pousser un cri devant les jurés pour la cause des intermittents du spectacle. Voici les Guyanais de Mayouri Tchô nèg, une quarantaine de carnavaliers coiffés de fruits et vêtus d’orange, vert et violet. Les Capverdiens de Nu bai, vêtus en Egyptiens, fêtent ce 5 juillet les 39 ans de l’indépendance de leur archipel. Suivent les Gwad’M All stars (Ile de France) vite éclipsés par Double-Face venu de la Guadeloupe. Costume sublime, bonne musique et bonne chorégraphie ! Chayé yo (Ile de France) offre une chorégraphie autour des combats de Rocky, puis ce sont les associations boliviennes de France qui présentent leurs costumes traditionnels. Sinnamary.jpgRetour des Guyanais avec le groupe Sinnamary (Ile de France), excellent ambianceur : les touloulous sont là et les danseuses ont des ceintures de bananes. Derrière, ce sont les Golden stars 114 de Trois-Rivières en Guadeloupe. Ils portent le costume qui leur a valu un prix au défilé de Basse-Terre cette année. Siguines (Ile de France), très flashy, présente les acteurs nominés au « festival de kann’ » et l’équipe de tournage (réalisateur, clapman, perchman, cameraman…). Bonne mise en scène. 9-7 degrés (Ile de France) fait un clin d’œil au film Moulin rouge avec ses danseuses en guêpières noir et rouge. Le Brésil revient avec le groupe Amazonia (Ile de France). Dans une ambiance de sambodrôme, Marilyn Monroe sort d’une limousine, escortée par les men in black. Les paparazzis arrivent et c’est le combat, la capoeira !

Gwoup-231-Mq-2.jpgEn vert fluo, portant bakouas et fruits sur la tête, arrivent les carnavaliers martiniquais du Gwoup 231 et leur danseur gymnaste. Puis, ce sont les Bourbonnaises de la Réunion. Le seul groupe qui représente chaque année la Réunion au carnaval de Paris. Les suivent les Vietnamiens. Un peu perdus, ces joueurs de dong venus des hauts-plateaux du Vietnam caressent à peine leurs percussions quand les autres les martèlent ! Les Martiniquais reviennent avec le groupe Ou za konet en rouge, jaune, vert, bleu. La grande tradition du déboulé martiniquais. Etnik 97 (Ile de France), Karaib de Gagny, Malaka sister’s de Vernon, Cap Caribean et Ti mas Paname, Tamarin band, BKB, Karib’K, Rouleau d’or et Karibean mas viennent boucler le défilé des habitués avant le passage des Bouillantais de Ti bwa et les Mouliens de Mas massif.

FXG, à Paris

Photos : Régis Durand de Girard


En images97-degres-2.jpg

9-7 degrésAlizes-70-Cadence-Yo-3.jpg

Alizés 78 Cadencé yoAlizes-78-Cadence-Yo.jpg

Alizés 78 Cadencé yoAmazonia-2.jpgAmazoniaAmazonia-3.jpgAmazoniaAmazonia-1.jpgAmazonia, prix du meilleur groupe de batucada.Anne-Hidalgo-regisseur-Georges-Garnier-Claudy-Siar.jpgAnne Hidalgo, Georges Garnier, régisseur du carnaval, et le producteur et animateur Claudy Siar.Associations-Bolivie-3.jpgAssociations boliviennes de FranceBKB.jpgBKBBloco-de-Paris-1.jpgBloco de ParisBloco-de-Paris-3.jpgBloco de ParisBourbonnaises-de-la-Reunion-2.jpgLes Bourbonnaises de la RéunionCap-Caribean-Ti-mas-Paname.jpgCap caribean et Ti mas PanameChaye-yo.jpgChayé yo, prix du meilleur costume pour les groupes d'Ile de France et grand prix du carnaval tropical de Paris.Double-face-2.jpgDouble face, prix du meilleur costume pour les groupes d'outre-mer.Etnik-97-2.jpgEtnik 97, prix du meilleur groupe à caisse de métropole.Etnik-97.jpgEtnik 97Golden-stars-114-3.jpgGolden stars 114Golden-stars-114-2.jpgGolden stars 114Gwad-M-All-stars.jpgGwad'M all starsGwoup-231-Mq-1.jpgGwoup 231Hibiscus-Saint-Malo.jpgHibiscus d'or, prix du meilleur groupe invité.Karaib-de-Gagny-2.jpgKaraib de GagnyKarib-K.jpgKarib'KKaribean-mas-3.jpgKaribean masKaribean-mas-1.jpgKaribean masMalaka-Sisters.jpgMalaka sister'sMas massif Moule 1Mas Moule massifMas-massif-Moule-2.jpgMas Moule massifMas-mele.jpgMas mélé, prix de la fédération du carnaval tropical de Paris.Mayouri-Tcho-neg.jpgMayouri Tchô nègMi-yo.jpgMi yo

Mini-reine-Aminata-et-Euzhan-Palcy.jpg

La mini reine Aminata et Euzhan PalcyNasyon-a-neg-mawon.jpgNasyon a nèg mawonNu-bai-caboverde.jpgNu bai CaboverdeOu-za-konet.jpgOu za konètReine-mere-Xena.jpgLa reine mère XénaRestan-la.jpgRestan la kilti é tradisyon GwadloupRoulo-dor-Adom-3.jpgRoulo d'or AdomSiguines-3.jpgSiguines, prix de la meilleure chorégraphie.Siguines 2
Siguines et le steadycam de France ÔSinnamary-2.jpgSinnamary, prix du meilleur char.Tamarin-band.jpgTamarin bandTanbou-mele-Dife-kako-2.jpg

Tanbou mélé et Difé kakoTi-bwa-Bouillante.jpgTi bwa de BouillanteVietnam-1.jpgVietnamgendarmes-en-queue-de-defile.jpgLes gendarmes mobiles ferment le défilé...Voitures-balai.jpg... avant le ballet des voitures balai.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 07:01

Le CIFORDOM lance une pétition contre le racisme

Le Centre d’information, formation, recherche et développement pour les originaires d’outre-mer (CIFORDOM) remettra au président de la République, à l’occasion de la fête nationale, la pétition qu’il a lancée mi-juin pour demander au gouvernement de « prendre des mesures radicales et historiques, pour que les lois sur les délits racistes soient appliquées et amplifiées, pour qu’elles aient une véritable valeur dissuasive. » José Pentoscrope et Yves Letourneur, pères de la pétition, estiment que « la résurgence périodique d'un racisme si profondément inscrit dans l'inconscient collectif se traduit par les petites phrases d'hommes politiques stigmatisant les étrangers et les hommes de couleur, mais aussi, sporadiquement, par le déferlement de parti pris racistes et xénophobes de la part d'organisations politiques qui en ont fait désormais leur fonds de commerce ». Les deux hommes ont en tête le tweet de Jean-Sébastien Vialatte, les bananes contre Taubira, mais également le vote pour le Front national. Selon eux, le parti de Marine Le Pen doit être sanctionné lorsque « il continue à entretenir racisme, ostracisme et xénophobie dans notre pays ».

Pour « juguler les dérives dont la société française est aujourd'hui victime », le CIFORDOM exige l’application rigoureuse des lois Pleven de 1972 faisant du racisme un délit, et la publicité des condamnations, l’inéligibilité à vie pour les personnalités politiques se rendant coupables du délit de racisme, des amendes et des peines d'emprisonnement pour délit de racisme sensiblement augmentées et réellement appliquées, l'interdiction, temporaire ou définitive, des publications, journaux, et magazines qui se rendent coupables du délit de racisme, et enfin la mise en place par l'Éducation nationale de moyens nécessaires à ce que « l'instruction des enfants et des adolescents comporte une part substantielle concernant les ravages du racisme ».

FXG, à Paris

La pétition est en ligne sur change.org

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/fran%C3%A7ois-hollande-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-un-veritable-plan-pour-en-finir-avec-le-racisme-3

 

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 07:00

Le nouveau baromètre des Français d’Outre-mer dans l’Hexagone

Elizeon-et-Devaux.jpgLa délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer a communiqué les résultats du deuxième « baromètre des ultramarins de l’Hexagone » réalisé par Opinion Way. Les premiers enseignements de ce sondage montrent que leur état d’esprit est marqué par de la méfiance (32%) et de la lassitude (28%). Mais paradoxalement, ils font preuve d’une capacité à se sentir enthousiastes (23%, +10) et sereins (23 %, + 7). Mais la grande surprise de ce sondage, c’est leur capacité à se projeter en tant que chefs d’entreprise (64%) tandis que 63% des autres Hexagonaux n’ont pas cet état d’esprit. Selon la déléguée Sophie Elizéon, l’information est insuffisante et il manque des figures exemplaires pour incarner cet esprit d’entreprise.

Le sondage révèle encore que les clichés prédominent par rapport à l’idée que les Hexagonaux se font des Outre-mer. Ainsi ils sont environ 90% à ne voir dans les territoires d’outre-mer que de beaux paysages intéressants pour le tourisme et la biodiversité, tandis que les originaires des Outre-mer mettent en avant les ressources naturelles (74%) ou le goût de l’innovation (58% contre 32 %).

Le baromètre se penche bien sûr sur le sentiment de discrimination. 58 % des ultramarins se disent victimes de discrimination quand ils ne sont que 26% chez les non-ultramarins. Alors la France est-elle raciste ou accueillante ? Elle n’est pas perçue comme plus raciste en 2014 qu’en 2013 (55%), mais elle est ressentie comme moins accueillante (55%, en baisse de 4 points) ; à titre de comparaison, 53% des non-ultramarins jugent le pays raciste et 38%, accueillant.

Au vu de ce baromètre, la délégation se sent confortée dans ses axes de travail que sont la valorisation et la promotion de personnalités entreprenantes vis-à-vis de la jeunesse, de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation.

La délégation a, par ailleurs, demandé à l’observatoire des originaires des outremers (ONDOM)  de dresser les premiers indicateurs d’évaluation des actions qu’elle conduit. L’ONDOM a ainsi procédé à une première analyse de la population ultramarine en hexagone. 235 000 personnes sont nées outre-mer et 220 000 personnes sont en descendance directe, selon les chiffres du recensement de 2010. 60% d’entre elles ont entre 18 et 29 ans. C’est donc une population jeune. (pour rappel : en 2008, 44% des ultramarins de l’hexagone avait entre 18 et 29 ans). Un Réunionnais sur sept et un Antillais sur quatre vivent en Hexagone.  2/3 des originaires des Antilles de 18 à 50 ans vivent en Région Ile de France comme 50% des originaires de la Guyane mais 1 sur 5 vit dans une des 4 régions du sud de la France. 72% des originaires de La Réunion vivent en province, 17% des originaires de Mayotte résident en PACA. On est passé d’une migration exclusivement de travail vers une migration tournée vers la formation et les études supérieures.  Ainsi, dans les années 1950, le niveau d’études moyen était le certificat d’études primaires, dans les années 1970, le BEPC et dans les années 1980, le baccalauréat. En 2007 42,7% des originaires des DOM possédaient un niveau de formation du supérieur.

Fort de ces indicateurs, complétés par d’autres plus sociologiques, la délégation privilégie les axes de prévention. Elle entend ainsi faire un suivi du nombre de saisines du Défenseur des droits, un suivi de la perception des Outre-mer et des Ultramarins par la population hexagonale notamment et un suivi du sentiment de discrimination. Il s’agit de corriger le taux d’emploi des Ultramarins dans l’hexagone et notamment des moins diplômés. Connaître leur situation au regard du logement, de leur état de santé, leur accès aux soins. Elle entend encore établir le nombre de chefs d’entreprise ultramarins  ou identifier les Ultramarins dans la création d’entreprises. La délégation souhaite aussi mieux diffuser auprès de son public les actions relevant de la Politique de la Ville.

FXG, à Paris


107 630 euros de budget et 18 associations subventionnées

Sophie-Elizeon.jpgAvec un petit budget dépassant à peine les 100 000 euros, la délégation a soutenu cette année 18 associations pour un montant de 69 823 euros. 54 associations avaient sollicité la délégation. Parmi les associations soutenues, quatorze sont Ile de France, trois en Midi-Pyrénées et une en Rhône-Alpes. Douze se préoccupent de la jeunesse (culture, sport, insertion, formation), deux de santé et trois d’économie sociale et solidaire.

Les associations subventionnées sont l’AERP (réseau d’entraide des étudiants réunionnais en Ile de France), Akelio (jeunesse/insertion/emploi/formation en Ile de France, Rhône-Alpes et Bouches-du-Rhône), Timédia (réalisation de portraits vidéos d’ultramarins audacieux en France hexagonale), Miroir (jeunesse, culture en Ile de France), Difé Kako (culture, Ile de France), Amicale des Guyanais et Antillais de la Région Toulousaine (festival Autrement Outre-mer en Midi-Pyrénées), R'event Production (web-radio associative Ile de France – soutien à une émission régulière de valorisation des ultramarins audacieux), Solidarité DOM-TOM Hérault/CSF (accueil étudiants), Le monde créole (académie de l'art culinaire du monde créole, Ile de France), Black business union (développement réseaux socioprofessionnels et soirée networking, Ile de France), Association Caribou Maoré (accueil étudiants, lycéens, Midi-Pyrénées), Association Couleur Piment Créole (festival tropical de Tarbes et des Pyrénées « Le métissage »), CSMRAA (jeunesse/insertion, Midi-Pyrénées), Accolade (Les foulées d’Ile de France), AJEG (accueil des étudiants guadeloupéens dans l’Hexagone), SIAPO (Jeunesse/prévention, Hexagone), Génération métisse (jeunesse, Hexagone), APIPD (Drépaction), Nos Quartiers ont du Talent (emplois, stages, Ile de France), l’ONDOM (évaluation politiques publiques) et Familles rurales (réseau d'entraide – expérimentation d’accueil en famille pour les primo-arrivants, Pas de Calais).

Selon Sophie Elizéon, un euro investi génère 12,64 euros.

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 07:00

L’outre-mer essaime ses créations au festival off d’Avignon

Georges François Hirsch Sylvie Glissant Greg Germain« La présence des compagnies d’outre-mer au festival off d’Avignon progresse », salue l’agence de promotion et de diffusion des cultures d’Outre-mer (blog.cultures-outre-mer.fr). Pour cette édition 2014, seize troupes font le déplacement (complétées par quatre autres dites ultramarines de l’Hexagone) et confronteront au public avignonnais la singularité de leurs créations. Pour valoriser leur présence au festival, l’équipe de l’agence organise le 16 juillet à 11 heures au conservatoire du Grand Avignon (Salle Jolivet au 3 rue du Général Leclerc) une table ronde autour de la « nouvelle génération de femmes créatrices en scène ».  

Philippe Beheydt et Magali Solignat de la compagnie Aloé Théâtre de Guadeloupe (Touche-moi) , Valérie Goma du théâtre de la Ruche en Guyane (Léon, Léon, Nègres des Amériques), Lolita Monga de Cyclones Production à la Réunion, (Samdi soir pou oublié), Valérie Berger de la compagnie Tétradanse de la Réunion (FEM et Around Lucy), Olivia Duchesne et Laurent Rossini de la compagnie Cris pour habiter Exils de Nouvelle Calédonie (Eileen Shakespeare) et Eva Doumbia de la compagnie franco-ivoirienne La Part du Pauvre (La vie sans fards) débattront autour de ces deux questions : Comment créer loin des grands centres de la création ? Quels enjeux de filiation, de mémoire et d'identité dans la démarche artistique ? Si la Chapelle du Verbe incarné qui accueille depuis plus de quinze ans le Théâtre des Outre-mer en Avignon reste le lieu emblématique de la création ultramarine, d’autres salles accueillent des troupes d’outre-mer comme l’Espace Roseau, le théâtre des Halles, l’Entrepôt, le Rouge-gorge, le Collège de la Salle, le théâtre de l’Arrache-Cœur, le théâtre Bo, le théâtre de l’Albatros et le théâtre Golovine. Cette année, à l’exception de la pièce de la Martiniquaise Véronique Kanor montée par la Scène nationale de la Guadeloupe au théâtre des Halles, le Off n’accueille aucune création de Madinina.

FXG, à Paris


Loin d’Avignonsonge-horizontal.jpg

La Guyane, le Brésil, la Guadeloupe, la Martinique, puis le théâtre de la Villette (du 22 au 27 juillet) accueilleront la troupe de Saint-Laurent du Maroni, KS and Cola pour jouer « Le songe d'une autre nuit », d'après l'œuvre de William Shakespeare et selon une idée originale de Jacques Martial. Riches de leur histoire et de leur culture de tradition orale, les élèves d’Ewlyne Guillaume et Serge Abatucci du théâtre-école Kololampoe incarnent dans ce « Songe » les invisibles agissants, malins, puissants, espiègles. Des jeunes acteurs issus de l’ENSATT de Lyon viennent compléter l’équipe pour constituer le groupe des Athéniens. « Qu’allons-nous apprendre les uns des autres, des uns et des autres, et de nous-mêmes, dans ce Songe de la nuit d’une région du monde où l’été n’appartient pas aux saisons ? », interroge Jacques Martial qui propose de « fermer les yeux sur nos certitudes, c’est le meilleur moyen de nous repérer dans une nuit différente ».

En Guyane à Mana, du 3 au 5 juillet, à Saint-Laurent du 10 au 12 juillet, au Brésil au théâtre de Macapa, à Fort-de-France  à l’Atrium, à Basse-Terre à l’Artchipel.

 


Programme des pièces au festival d'Avignon (classement par DOM)

 Guyane

Leon-leon-Jean-Fleury.JPGCompagnie du théâtre de la Ruche

Léon, Léon, Nègres des Amériques, à la Chapelle du Verbe Incarné, à 13h15.

Ecrit et mis en scène par Valérie Goma. Dgiz (musicien contrebassiste et slameur remarquable) et Roland Zeliam figurent la rencontre improbable du sud de l’Amérique du Nord avec le nord de l’Amérique du Sud en langue nègre. Quand l’assimilation à la française rencontre la ségrégation à l’américaine, les paroles se lient et se délient en une création musicale et théâtrale singulière.

Photo : Jean Fleury


Guadeloupe

Boesman-et-Lena.JPGCompagnie Grace Art Théâtre

Boesman et Lena, à la Chapelle du Verbe Incarné à 14h50.

Un texte d’Athol Fugard adapté et mis en scène par Philippe Adrien avec Nathalie Vairac, Tadié Tuene, Filip Calodat ou Christian Julien.

Cette pièce met en lumière une des nombreuses conséquences de l’apartheid en Afrique du Sud : l’errance des hommes et des femmes. Sur fond de violences verbales et physiques, Boesman et Lena forment un couple de couleur, s’égarant de bidonville en bidonville. Un vieil homme croise leur chemin et permet à Lena de s’ouvrir. Son histoire avec Boesman prend alors une autre tournure…

Photo : Nordy Turlepin 

Compagnie Aloé théâtre

Touche-moi, à l’Espace Roseau à 14 heures.

Ecrit par et avec Charlotte Boimare et Magali Solignat, mis en scène

Par Philippe Beheydt.

Venue vivre en Guadeloupe, pour casser les schémas très anciens qui la lient autant à sa mère qu’à ses complexes, Rosa, une jeune pianiste de 30 ans, attend son élève. Les minutes s’envolent et Rosa plonge en elle-même, nous entrainant dans ses remises en question et son manque de confiance en soi, dans les méandres des relations mère fille. Le petit cirque de Rosa raconte, en tourbillons joyeux, le parcours d’une jeune fille devenant femme.

Artchipel - Scène nationale de Guadeloupe

Le temps suspendu de Thuram, au Théâtre des Halles à 11 heures.

Une pièce de Véronique Kanor, mise en scène et scénographiée par Alain Timár avec Dominik Bernard et Ricky Tribord.

Lilian Thuram est kidnappé. On le retrouve ligoté, prisonnier d’un mystérieux Eugène. S’installe alors un huis-clos entre les deux personnages. Dans l’espace confiné  d’un débarras, le temps se suspend. Les deux personnages vont s’affronter dans un jeu de la vérité. Qui en sortira vainqueur ?

 Compagnie Siyaj

L’Épreuve de Virjilan, au Collège de la Salle à 21h15

Texte et mise en scène de Gilbert Laumord et Daniel Marcelin avec

Gilbert Laumord, Miracson Saint Val, Jocelyn Ménard (musicien). Un dialogue entre Haïti et la Guadeloupe sur la tradition orale caribéenne : contes et chants vaudous et léwòz. La soufrière alias Vyè madanm la (La Vieille Dame) déesse du feu, fatiguée et usée par le pouvoir cherche un digne successeur...

 Compagnie Sauterelles à nageoires

Dix grains de sable empilés, au collège de la Salle à 10h15.

Une pièce de Montserrat Castay et Etienne Castay, mise en scène et avec Montserrat Castay.

Le personnage principal est un magicien nommé Maklou, aux prises avec ses concurrents dans un Moyen-Orient mystérieux. Il est ambitieux et espiègle. Pour se démarquer des autres, il se lance dans le projet fou de fabriquer un objet parfait. La mise en scène fait la part belle au conte, à la magie et aux marionnettes tout en laissant une large place à la participation du public.

Compagnie Savann

Un archipel de solitudes, au Collège de la Salle à 22 heures.

Un texte de Frantz Succab, mis en scène par José Jernidier avec Harry Baltus, Dominik Bernard et Joël Jernidier.

Trois frères, PAT et TIK, toujours restés en Guadeloupe, et le dernier frère DOLOR, parti vivre de l’autre côté de l’océan, ne se sont pas revus depuis l’enterrement de leur mère. Cela fait cinq ans. Chacun tente de justifier les raisons de ce long silence. Mémoire mosaïque, en archipel de solitudes, en puzzle. Quel lourd secret taisent-ils ? Chacun semble dialoguer avec le pays qu’il s’invente. Plus rien ne sera comme avant.

Compagnie 2L PROD

Ça va décoiffer, au Théâtre Bo à 16heures.

Ecrit par Laurence Joseph et Laurent Tanguy avec Laurence Joseph.

Dans un tonitruant one-woman-show, Laurence Joseph joue Ernestine, une mamie antillaise de 83 ans, haute en couleur, qui raconte avec verve ses aventures et ses passions tout en distillant des conseils à qui veut les entendre ! Autour d’elle, une galerie de personnages déjantés prend vie, portée par une comédienne caméléon à l’humour plus que contagieux.

 Compagnie 2L PROD

Domino, au Théâtre Bo à 17h15.

Ecrit par et avec Laurence Joseph et Laurent Tanguy

Il est blanc, elle est noire, il est de métropole et elle est antillaise. C’est ce qu’on appelle un couple Domino. La pièce joue sur les différences culturelles et donne lieu à des situations particulièrement cocasses et hilarantes !

Compagnie 2L PROD

En roue libre, au Théâtre Bo à 12h20

Ecrit par Gérard Lefort, Laurence Joseph et Laurent Tanguy, avec Gérard Lefort.

Assis dans son fauteuil roulant, Gérard Lefort passe en revue, de manière humoristique la réalité des personnes handicapées sans langue de bois. De l’énergie, des pointes d’humour, des situations ensoleillées par son regard, voici ce que vous allez découvrir...

Compagnie Les mots des femmes d’ici et d’ailleurs

Photo-La-faute-a-la-vie-Jean-Pierre-Listoir.jpgLa faute à la vie, à La Chapelle du Verbe Incarné, du 19 au 27 juillet à 20h05. Un texte de Maryse Condé, mis en scène par Joël Jernidier, avec Firmine Richard et Simone Paulin.

Deux femmes racontent leurs fragments de vie. On en sourit ou on en pleure. Elles sont liées c’est sûr. Mais à quoi ? L’amitié ou la rivalité ? Qui est l’homme qui manque à toutes les deux ? Pas aisé de se rappeler les souffrances et d’en prendre distance. Tendre et cruel, sucré et salé à la fois, c’est comme la vie. « La faute à la vie » nous ramène aux méandres de nos mémoires, de nos envies et de nos désillusions.

Rencontre avec Maryse Condé le 23 juillet à l’issue de la représentation.

Photo : Jean-Pierre Listoir

Quai des arts

ph_V.jpgDuel d’ombres, au Théâtre de l’Albatros à 12h30.

Texte et mise en scène d’Alain Foix, avec Vincent Byrd Le Sage, Philippe Dormoy, Morgane Le Corre et Angélique Ballue.

Duel d’ombres raconte en alexandrins la rencontre entre le chevalier d’Eon et le chevalier de Saint-George avant leur fameux duel londonien. Le Noir se confronte à celui qui a une autre identité sexuelle. Le chabin et le travesti. Ni Noir, ni blanc, ni homme, ni femme… Chacun est aux yeux de l’autre une apparence… Jeux de marivaudages, jeux de mots chargés de sens, dialogue léger abordant les profondeurs d’une réflexion sur la différence, « un monde où la surface est profonde… » « Ce sont des personnages majeurs, dit Alain Foix, qui ne sont ni l’ombre de Mozart, ni, dans le cas de Toussaint Louverture celle de Napoléon 1er. » Le texte est empreint d’une légèreté apparente, « très créole et qui cache une mélancolie, une désespérance », prévient l’auteur qui rêvait depuis longtemps d’écrire une comédie. Saint-George, le XVIIIe siècle, les lumières… Voltaire, qu’il faudrait faire taire, « une drôle de lumière sur la traite négrière », « un Mozart noir comme il se dit d’un chocolat blanc, mais en pire », même en alexandrins !

trio_corrige029.jpgLa pièce relate ce jeu de dupés pas dupes. Soudain, entre deux mesure du concerto en la mineur de Saint-George, au paroxysme de l’action, un cri. Un cri créole. Le juron prend une étrange résonance dans cet aristocrate salon londonien… Les masques tombent… « Un esprit sain dans un corps sain », lance le chevalier d’Eon. « Un esprit sain dans un corsage », rétorque Saint-George affranchi !

 

Difekako_NBEO-7-web.jpgDifé Kako

Noir de boue et d’obus, au Théâtre Golovine à 18 h 40 les jours impairs.

Une chorégraphie de Chantal Loïal, avec Louise Crivellaro, Mariama Diedhiou, Alseye N’Dao, Julie Sicher.

Ce spectacle mettant en scène une rencontre pendant la guerre 14-18 qui n’a peut-être pas eu lieu entre les cultures d’Afrique, des Antilles - Guyane et d’Europe, où danse et musique s’imposent comme seules échappatoires ; un autre regard sur la force noire durant la guerre de 14-18.

Photo : Denis Guichot 

O vous frères humains, au Théâtre des Halles à 16 heures.

Mise en scène d’Alain Timar. Texte d’Albert Cohen, avec Paul Camus, Gilbert Laumord, Issam Rachyq-Ahrad.

O vous frères humains fut publié en 1972 alors qu’Albert Cohen atteint l’âge de 77 ans. Il y confie un souvenir qui le hanta toute sa vie : un enfant de dix ans découvre, un jour du mois d’août, la haine et le rejet dans les paroles et le regard d’un camelot, occupé à vendre dans une rue de Marseille, des bâtons de détacheur : cet enfant juif, c’était lui...

Trois acteurs, « hurluberlus grandioses », éperdus d’amour et de désir, témoignent de cette toujours brûlante actualité : trois êtres, trois pays, à jamais bercés ou secoués mais imprégnés par la même culture française. Ces « étrangers d’ici » apportent par leur origine et leur différence, par leur présence et leur voix, leur âme aussi, la dimension universelle, d’ailleurs inhérente au récit, sans apitoiement, sans lamentation.


La Réunion

Centre dramatique de l’océan Indien / Cie Cyclones Production 

Katerpilar (dyptique), à L’Entrepôt à 19h45.

 Samdi soir pou oublié, d’après Daewoo de François Bon, adaptation et mise en scène Lolita Monga, avec Cécile Fontaine, Cécile Hoarau et Manuela Zéziquel

Parole des ouvrières licenciées. Le samedi soir, pour oublier, elles vont au dancing : leur force de vivre se traduit dans la danse.

Elles disent l’usine, jettent leurs mots. La fierté les tient, le sentiment d’avoir été digne. On est dans l’intimité de chacune et dans la chaleur du groupe sans qui elles sombreraient. Une humanité se dégage. La pudeur, mêlée à la rage.

Mésyé Dijoux

Un texte de Sully Andoche, mis en scène de Luc Rosello avec Nicolas Givran et Loran Hoarau.

Île de La Réunion, campagne électorale de 1966, ou comment la vie ordinaire de Monsieur Dijoux, gardien de la caserne des pompiers et factotum du Maire, a croisé le fabuleux destin de Michel Debré, grand serviteur de l’État. Un fragment de mémoire insulaire, ironique et joyeux.

FEM-Credits-Valerie-Bosc.jpgCompagnie Tétradanse

FEM / Around Lucy, à la Chapelle du Verbe Incarné à 12h05.

Un spectacle de Valérie Berger avec en alternance Valérie Berger, Sandrine Ebrard, Myriam Soulanges, Céline Amato.

FEM convie trois femmes sur le plateau. Elles avancent masquées. Portant capuche ou voile, les corps revendiquent ou subissent le tissu qui les couvre. Pieds vissés au sol, les danseuses explorent l’impermanence des états sensoriels des corps confrontés à toutes formes de discrimination.

Double inversé de FEM, Around Lucy est une pièce qui dévoile les corps dans un spectaculaire retour à l’instinct. Geste primitif, épuré, élémentaire. Tout se vit et se crée dans l’instant.

Photo : Valérie Bosc


Nouvelle-Calédonie

Compagnie de l’Archipel et Troupe Lyrique du Conservatoire de Musique et de Danse de Nouvelle-Calédonie

Pas sur la bouche, au Rouge Gorge à 12 h 25.

Une opérette de Maurice Yvain et André Barde, mise en scène de Florence Montana avec

S. Torres de Mingo, H. Davy, M. A. Bothorel, D. Jea, M. Vollmer, F. Paulin, M. Soulard, S. Nicolettos, F. Montana, M.H. Wiplier, M. Vignoud, J. Marchand, S. Renier.

Dans cette opérette comique, l’époque des « années folles » est décrite à la manière d’une farce où chacun des personnages illustre les mentalités à bousculer. Gilberte a épousé Georges Valandray avec lequel elle vit parfaitement heureuse. Toutefois, elle lui a caché un premier mariage dont seule sa tante, vieille fille, connaît le secret...

Compagnie Cris pour habiter Exils

Eileen Shakespeare, à l’Espace Roseau à 10 h 45

Un texte de Fabrice Melquiot, mis en scène par Laurent Rossini avec  Olivia Duchesne.

À Stratford, Eileen Shakespeare, sœur de William, est décidée à tous les sacrifices pour changer sa vie. Mariée de force à un négociant en laine alors qu’elle brûle de devenir actrice et auteure, elle refuse et rejette les conventions sociales et la domination des hommes, et part pour Londres emboîter le pas à son illustre frère. Un Londres à l’époque élisabéthaine dans lequel « les femmes n’existent pas » et sont encore moins actrices.

Le-Berceau-Des-Esprits-JUSTINE-COLLOMB.jpgCompagnie de Danse Contemporaine de Nouvelle-Calédonie

Le Berceau des esprits, à la Chapelle du Verbe Incarné à 21 h 50.

Un spectacle de Sthan Kabar-Louët avec Tanguy Ricaud, Charlory Thomson, Tuaï Machoro, Julie Fortin, Tania Alaverdov, Sthan Kabar-Louet

Le Berceau des esprits s’inscrit dans le prolongement de A l’Aube de la Nouvelle Lune, traitant de la naissance du monde dans la cosmologie kanak, et de Figure In !, réalisé en écho à l’exposition « Kanak, l’art est une parole », qui témoigne du cheminement de ce peuple.

Le Berceau des esprits met l’accent sur un trait important de la culture kanak, « le verbe », et la force de la parole dans les sociétés orales océaniennes.

Photo : Justine Collomb 

Compagnie Art’Scénic

L’Avare, au Théâtre de l’Arrache-Cœur à 22 heures

D’après Molière, mise en scène Nathalie Doussy avec Chantal Baillou, Bertrand Cuenca, Nathalie Doussy, Mariella Lablaude, Patrice Lablaude,  Françoise Lemoine, Julie Lemoine, Lionel Moulin, Mathieu Sacquépée

Quand Molière rencontre Bollywood... Dans l’Inde contemporaine, la question de la dot, du respect dû au père, de l’amour interdit est encore d’actualité et fait d’ailleurs partie des thèmes classiques du cinéma de Bollywood. L’Avare n’est pas une farce, mais une comédie. En replaçant la pièce dans un autre pays, on peut traiter avec sincérité et émotion le texte.

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 18:00

Première visite officielle de la ministre des Outre-mer en Guyane

Pour sa première visite officielle en tant que ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin qui arrive cet après-midi va rester trois jours et ira jusqu’à Awala Yalimapo, à l’embouchure du Maroni.

George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer arrive ce 3 juillet après-midi à l’aéroport de Cayenne-Félix-Eboué, où elle sera accueillie par le préfet Eric Spitz, et Gabriel Serville, député-maire PSG de Matoury. Après une cérémonie militaire au monument aux morts de la place du Coq, la ministre sera au rectorat pour signer une « convention départementale de partenariat relative aux violences en lien avec le milieu scolaire ». Le soir, elle sera l’hôte d’un dîner républicain à la résidence préfectorale.

Vendredi, après une visite de la commune du sénateur honoraire Georges Othily (Gauche moderne), Iracoubo, où George Pau-Langevin sera accueillie par la maire, Cornélie Sellali Bois-Blanc, une proche de Marie-Laure Phinéra-Horth, la maire de Cayenne, c’est Saint-Laurent du Maroni qui accueillera la caravane ministérielle. Le programme officiel indique qu’elle y sera accueillie par Didier Bernard, le sous-préfet, et non par son maire, l'ancien ministre chiraquien Léon Bertrand (UMP), occupé par son procès à Fort-de-France.

La ministre posera la première pierre du centre hospitalier de l'ouest guyanais avant de prononcer un discours. Puis, direction la ZAC Saint-Maurice et présentation du projet (4000 logements et de nombreux équipements publics dont le pôle médico-social du conseil général sur les 262 hectares de la Société mixte du Nord-Ouest guyanais). 

Peu après midi, à l’embarcadère de Saint-Laurent, on présentera à GPL le projet du bac international, puis ce sera un point sur les actions de coopération avec le Suriname.

Vers 16 heures, la ministre sera à Awala Yalimapo (aucun ministre ne s'est jamais rendu jusque là de mémoire d'homme !). Elle y signera, avec le maire Jean-Paul Fereira, la convention ville d'art et d'histoire avant de prononcer un discours.

De retour à Cayenne samedi, GPL visitera le marché d’intérêt régional avant d’échanger avec les acteurs de la filière pêche. Puis ce sera un petit bain de foule au marché de Cayenne, suivi de l’inauguration du pôle mère-enfant du centre hospitalier André-Rosemond où elle s’exprimera encore.

Le déjeuner, avec "le monde de l’économie", sera l’occasion de revenir sur les mesures pour l’Outre-mer du pacte de responsabilité annoncées à la Réunion le 19 juin.

Avant d’embarquer pour Paris par le vol de 17 h 45, la GPL se rendra à la base aérienne pour se rendre compte par elle-même des dispositifs de sécurité.

FXG, à Paris

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 17:00

GPL ministre des OM profil fxgITW George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer

« Il appartient aux élus Guyanais de demander l'extension de la loi de 1905 »

C’est votre premier déplacement en Guyane en tant que ministre des Outre-mer, une région qui connaît plus de difficultés que les Antilles ou la Réunion, quelle est votre priorité ici ?

Je suis en Guyane pour proposer un calendrier et une méthodologie pour la construction du pacte d’avenir, produit de la concertation de l’ensemble des acteurs, qui engagera la Guyane dans une nouvelle ère, d’ici 2025.

Ma visite est par ailleurs organisée autour des enjeux et des préoccupations des Guyanaises et des Guyanais : en matière de santé, l’inauguration du pôle mère-enfant du centre hospitalier de Cayenne et la pose de la première pierre du centre hospitalier de l’ouest, en matière d’éducation avec ma visite au rectorat et l'intérêt porté à la prévention des violences scolaires, et bien entendu  en matière d’économie et de lutte contre le chômage, des échanges avec les grands acteurs économiques de la région. Une visite à la hauteur des enjeux de mon ministère : garantir aux territoires d’Outre-mer qu’ils sont au cœur des préoccupations et de l’action du gouvernement du Premier ministre, Manuel Valls.

Votre programme consacre deux séquences à l’éducation. Qu’est-ce qui vous préoccupe ?

La Guyane, par la jeunesse de sa population, par son dynamisme démographique et par les contraintes spécifiques de son territoire, a besoin en matière d'éducation d'un effort soutenu des pouvoirs publics au sens large. L'Etat doit s'engager et il le fait, mais cet effort doit être partagé par les collectivités locales avec lesquelles nous voulons travailler dans la durée pour satisfaire notre ambition commune : permettre au plus grand nombre de jeunes d'acquérir les savoirs et les formations leur permettant de contribuer au développement de la Guyane dans les années à venir. C'est tout le sens de l'engagement pris par l'Etat de créer dès la rentrée 2014 une université de plein exercice pour la Guyane. Il sera tenu avec la signature prochaine du décret. C'est aussi le sens de nos efforts déployés en faveur de l'école partout sur le territoire national et en Guyane tout particulièrement. Cela implique notamment de poursuivre les constructions scolaires, de rechercher les voies de développer la restauration scolaire, en particulier dans les petites communes, ou encore de lutter contre les violences à l'intérieur et aux abords des établissements. Je viens à la rencontre de l'ensemble des acteurs pour écouter, pour évaluer les actions déjà entreprises et, surtout, pour montrer que l'Etat ne se résout à aucune fatalité et qu'il veut agir dans la durée.

La Guyane est secouée par la décision du Conseil général de ne plus payer les prêtres qu’il a en charge depuis la départementalisation. La France, Etat laïc de par sa Constitution, a laissé s’installer une situation que l’on pensait réserver à l’Alsace et à la Moselle et dont les fondements remontent à une ordonnance de Charles X. Quel est le point de vue du gouvernement sur ce dossier ?

Ce sont les élus locaux qui ont demandé, en 1911, que la loi de 1905 ne soit pas étendue à la Guyane, alors qu'elle était étendue aux Antilles et à La Réunion. Le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel ont estimé, depuis, que ce type de dispositions particulières n'est pas incompatible avec le principe de laïcité, parce que préexistant à la Constitution de 1958 et n'ayant pas été modifié depuis. Il n'est pas envisagé par le Gouvernement d'étendre à la Guyane le régime concordataire régissant l'Alsace et la Moselle. En revanche, il appartient aux élus Guyanais, s'ils le souhaitent, de demander à l'Etat l'extension de la loi de 1905. Faute de quoi, dans l’état actuel du droit, conformément à la législation en vigueur, c'est au Conseil général, et, dans le futur, à la collectivité unique, qu'il revient d'assumer la charge de la rémunération des prêtres catholiques.

Vous allez poser la première pierre du centre hospitalier de l'ouest guyanais. Peut-on dire que l’accès aux soins est satisfaisant dans cette partie de la Guyane ?

La pose de la première pierre du futur centre hospitalier de l’Ouest  guyanais est l’illustration de la nécessaire prise en compte par les pouvoirs publics des besoins et des attentes des populations. Elle s’inscrit avant tout dans une démarche d’anticipation des efforts d’investissements que la démographie guyanaise rend indispensable. C’est un défi majeur que mon prédécesseur, Victorin Lurel, avait lui-même pris à bras le corps. Entre 2002 à 2012, ces sujets n’ont pas suffisamment avancé, nous avons aujourd’hui le devoir de progresser, et vite : le centre hospitalier de l’Ouest  guyanais ouvrira ses portes au plus tard en 2017. De plus, l’inauguration lors de ma visite du pôle femme-enfant, unité de pointe au niveau technologique, à Cayenne, est là encore une preuve de notre engagement au service d’un renforcement des moyens.

Vous vous rendrez aussi à Iracoubo et Awala Yalimapo où aucun ministre des Outre-mer ne s’est jamais rendu… Pourquoi ce choix ?

C’est un réel plaisir pour moi de pouvoir me rendre à Iracoubo, commune riche d’un patrimoine culturel et naturel si puissant.  J’y féliciterai notamment Cornélie Sellali Bois-Blanc pour son élection en mars dernier et pour sa valorisation de la place de la femme sur la scène politique guyanaise !

Awala Yalimapo a été, en décembre 2013, labellisée par la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, pays d’arts et d’histoires, un label qui permet de préserver le patrimoine, de l’enrichir et de permettre sa diffusion aux publics les plus larges, en impliquant les habitants et de renforcer le traits d’union transfrontalier sur les deux rives du fleuve !

Justement, où en sont nos relations avec le Surinam, notre voisin ?

Le renforcement de la coopération transfrontalière avec le Surinam sera le thème d’une des séquences que j’ai souhaité dès mon arrivée dans l’ouest guyanais. Et pour cause, le renforcement des flux d’échanges est une donnée fondamentale dans une économie ouverte ! Les échanges ne sont pas seulement économiques, d’une rive à l’autre du fleuve Maroni, ils sont également humains ! Ils se nourrissent d’une communauté d’intérêts et sont amenés à se développer considérablement. Ma préoccupation est que nous sachions accompagner et maitriser ce développement afin que le territoire en retire le maximum de bénéfice. C’est tout le sens de la politique de coopération régionale que nous mettons en œuvre avec nos partenaires étrangers, y compris dans sa vocation à défendre nos intérêts, comme par exemple ceux pour la lutte contre la pêche illégale.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 10:49
Cauwet à la Maelle galerie
couverture-fonctions-picturalesThierry Cauwet expose encore ce mois de juillet ses oeuveres à la Maëlle Galerie, rue Ramponneau à Belleville (Paris). Son travail questionne depuis 1978 le corps présenté ou représenté, le temps, l’espace, mais aussi des sujets aussi concernant que la politique. Au travers d’une multitude de techniques mixte et de médiums, il investit la photographie, la vidéo, la peinture, l’estampe, le vitrail et les images numériques.Son travail sur les couches, découpes, transparences, palimpstestes offrent une manière multiple de poser son regard sur son travail.
Nourri par les voyages, en artiste-nomade Thierry Cauwet affine son œuvre et son discours au gré des lieux dans lesquels il s’installe à l’instar de l’Italie, de la Réunion ou encore de la Martinique. Certaines rencontres seront fondamentales pour l’artiste. Très vite remarqué par Catherine Millet, il sera soutenu grâce à la parution de nombreux articles dans le magazine Artpress.  Depuis, Thierry Cauwet ne cesse de multiplier les biennales comme celle de Venise ou encore de Sao Paulo. Il est régulièrement présenté dans les principales foires d'art contemporain comme Slick ou encore la Fiac. Ses oeuvres ont rapidement rejoint les collections publiques Fracs, Bibliothèque Nationale etc... et les musées comme le Centre Georges Pompidou, le Musée national d'Art moderne, le Musée de la carte à jouer, etc...

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