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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 05:22
François Baltus-Languedoc, directeur, et Karine Mousseau, président du Comité martiniquais du tourisme

François Baltus-Languedoc, directeur, et Karine Mousseau, président du Comité martiniquais du tourisme

 

La Martinique promeut une destination d'excellence à Top Résa

C'est épaulée de son tout nouveau directeur général, François Baltus-Languedoc, que Karine Mousseau, présidente du Comité martiniquais du tourisme, a présenté mardi au salon mondial du tourisme à Paris, Top résa, les résultats de la saison touristique. Le million de touristes atteint en 2017 continue de progresser. Selon Gaëtan Paderna, directeur marketing et communication du CMT, c'est 4,3 % en plus cette année et 7 % pour le seul tourisme de séjour. Désormais, le message du CMT est simple et clair : "La Martinique est une destination qui se différencie par la qualité de son offre." La campagne lancée l'an dernier avec le spot réalisé par Lucien Jean-Baptiste va donc se poursuivre sur les écrans nationaux mais également dès janvier au Canada et en Belgique avec l'arrivée d'un nouvel opérateur aérien, Air Belgium.

"Pendant les deux prochaines années, indique Karine Mousseau, nous allons utiliser le spiritourisme pour tirer toute l'offre touristique martiniquaise : les hébergeurs et les réceptifs sont au taquet et les loueurs de voiture innovant !" C'est donc une stratégie de différenciation que le CTM met en place "pour une destination d'exception". Si les hôtels nécessitent encore d'être rénovés, le parc de meublés haut de gamme attire 52 % des touristes.  Et comme ceux-ci veulent un touriste "expérientiels", le CMT met le paquet sur le patrimoine, les distilleries, les moulins... "On peut raconter l'histoire de la Martinique avec une bouteille de rhum", vante la président du CTM.

L'excellence, Karine Mousseau la veut sur toute la filière, depuis les compagnies aériennes (Corsair modernise sa flotte avec des A 330 Néo et veut arriver jusqu'à 11 fréquences hebdo en haute saison, Air Caraïbes déploie ses A350...) jusqu'aux loueurs de voitures, à l'instar de "Jo", cette filiale de Jumbo Car (GBH) qui a créé une application pour dématérialiser les démarches de prise en main d'un véhicule. Et pour illustrer cette philosophie de la filière, Karine Mousseau aime à dire : "On se déplace toujours en team Martinique !"

En 2018, le tourisme a rapporté 451 millions d'euros avec une dépense moyenne par touriste et par séjour de 850 euros. C'est là qu'il faut travailler pour augmenter encore cette somme. le Raid des Alizés, les ateliers gastronomiques, l'écomusée de Saint-Pierre, la réouverture du domaine de Fonds Saint-Jacques, l'ouverture de deux nouvelles distilleries (A 1710 et Habitation Lasalle, le défi yoles en février et encore la programmation de la fondation Clément sont là pour y contribuer.

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 06:50
Patrick Chamoiseau, président du festival du documentaire Amazonie Caraïbes

ITW Patrick Chamoiseau, président du jury du premier FIFAC

"Un documentariste est presqu'un philosophe du monde contemporain"

Comment prenez-vous ce rôle de président du jury ?

Je suis heureux qu'on me propose une aventure comme celle-là avec toute l'ambition que l'équipe du FIFAC y met. Les Outre-mer sont une énigme... Tous nos artistes, tous nos penseurs, tous nos écrivains ont été confrontés à une énigme. Cette énigme c'est une sorte de surgissement anthropologique absolument inédit dans l'histoire de l'humanité même si le processus des cultures et des civilisations toujours été fait de carrefours, de rencontres... Mais là, avec le choc de la colonisation, avec sa violence inouïe et tout ce que l'Occident apporte comme lumières, il y a eu des phénomènes qui n'ont pas encore jusqu'à maintenant été suffisamment élucidés. Tous les processus de décolonisation sont fais sur la base de l'Etat-Nation. Le monde colonial avait été divisé en empires par des Etats eux-mêmes verticaux, conflictuels et on a encore tendance à regarder le monde avec ce prisme alors que depuis les années 1950, Glissant le dit, le monde est devenu le tout-monde, une sorte de noeud relationnel. Ce sont des flux relationnels extrêmement puissants, extrêmement constants, qui ont défait les communautés archaïques. cette équation déterminante produit aujourd'hui une réalité mondiale qui est intéressante.

L'outre-mer reste une énigme ?

Quand je disais énigme, ce choc de la colonisation a permis à des cultures et des civilisations de se rencontrer. il y a eu des surgissements dans cette globalité, ces génocides, ces résistances... Quelque chose a surgi et nos pays relèvent de ça. Lorsqu'on dit — je n'aime pas ce pauvre terme — Outre-mer qui a tendance à effacer les réalités des peuples et des Nations qui n'ont pas d'Etat. Ce sont des berceaux de géographie, ce sont des histoires, ce sont des emmêlements, ce sont des réalités anthropologiques qui vont surgir tout au long de la colonisation, mais qui restent une énigme à la fois pour les anciens colonialistes puisqu'ils n'ont pas été décolonisés dans leur tête le plus souvent, et pour nous-mêmes. Si en Martinique et en Guadeloupe, nous avons raté le processus de décolonisation, c'est que pendant longtemps nous avons essayé de nous concevoir comme se concevaient les communautés anciennes, c'est-à-dire l'identité à racine unique, ma langue, mon Dieu, ma peau... Alors que là, on était confrontés à un mélange de langues, de peaux, de dieux... Une situation composite extrêmement changeant, extrêmement mouvant qui était déroutante. On n'avait pas la possibilité comme dans les civilisations classiques de chercher ce qu'il y avait les colonisateurs pour l'opposer aux colonisateurs. Nous étions nés dans la colonisation.

Comment doivent résonner les termes Caraïbes et Amazonie ?

Ce sont des réalités très énigmatiques d'abord pour nous-mêmes. Je me souviens qu'il y a à peu près quinze ans de ça, Avec Glissant, nous avions ce projet de création d'un musée des arts des Amériques. A partir des arts plastiques, Glissant voulait essayer de deviner quelles étaient les grandes structurations linguistiques, les hybridations, les survivances, les mélanges,  ce qu'il appelle le phénomène de créolisation : Qu'est-ce qui dans cette apparente diversité qui est chaotique, quelle est l'unité secrète ? Qu'est-ce qui s'était produit, qu'est-ce ça avait donné et comment on pouvait trouver dans cette diversité apparente chaotique cette espèce d'unité particulière qu'in ne peut expliquer et concevoir que par la diversité. Cette énigme a été explorée par Césaire, Glissant, toute la littérature des Amériques. C'est véritablement une confrontation à l'énigme anthropologique.

Quel est votre opinion sur le mode d'expression documentaire ?

Le documentaire est un art très particulier. Que se serait-il passé si Césaire au lieu d'écrire "Le cahier d'un retour au pays natal" avait fait un documentaire ?! Le documentaire est un outil de connaissance absolument précieux qui vient s'ajouter à tous les modes de connaissance artistique que nous connaissons... Bien sûr la littérature, la poésie, les arts plastiques nous dessinent l'architecture, non pas civilisationnelle, mais de ce surgissement anthropologique que sont les Amériques. Bien sûr, il y a le cinéma auquel nous avons encore du mal à accéder. Ce sont des industries très lourdes, très coûteuses et nous n'avons pas encore tous les dispositifs socio-culturels qui nous permettraient de stimuler une création populaire. Il nous manque cette vision de nous-mêmes, cet exercice de compréhension de nous-mêmes à partir d'un outil qui est tellement puissant aujourd'hui... L'image, l'audiovisuel, la salle obscure avec l'écran qui s'anime, la vision de grands réalisateurs, de grands documentaristes... C'est presqu'un philosophe du monde contemporain qui capte les choses et voit de l'indicible et devine des forces... Lorsqu'un documentaire est puissant, c'est pratiquement vingt ans de réflexion qui nous sont accordées. Tout ce que j'aimerais, c'est favoriser le développement de cet art et faire en sorte que nous ayons cette vision de nous-mêmes.

Ce n'est pas qu'une question de visibilité de l'Outre-mer dans l'Hexagone...

La question de la visibilité passe d'abord par une existence. Il n'y a pas d'existence souveraine, politique s'il n'y a pas de responsabilité politique : qu'est-ce qu'on montre ? On ne peut pas bâtir une visibilité sur des peuples que sont déresponsabilisés, qui n'ont même pas la possibilité d'explorer la totalité de leur bassin, de leur géographique. La visibilité, c'est véritablement se connaître soi-même, comprendre que lorsqu'on est dans la Caraïbe, on est un Créole américain. On fait partie du surgissement de type civilisationnel qui couvre toutes les Amériques et qu'il y a là une unité particulière qui est très moderne dans la mesure où elle mobilise plusieurs langues, plusieurs imaginaires. Nous ne sommes plus dans constructions des Etats-Nations qu'on essayait d'instaurer, on revient à une situation qui a précédé l'Etat-Nation et qui permet de concevoir des espaces humains sur la base de diversités actives qui se nourrissent, se développent, recomposent sans cesse du nouveau, qui libèrent les individus et qui expriment une conscience du monde très différente que ce qui a pu être porté par l'esprit impérial et l'esprit colonialiste. C'est pour toutes ces raisons que je suis très heureux de visionner, de regarder tous ces documentaires sur une réalité aussi complexe que toute la zone de l'Amazonie et de la Caraïbe. Et si ça peut donner envie à une jeune Guyanaise ou Antillaise d'avoir envie de produire, de prendre la caméra, de prendre son téléphone, de filmer, de s'accorder avec la puissance de l'image, apprendre à se connaître soi-même, à se définir soi-même et commencer à partir de là à concevoir son existence.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 06:46
France TV : FIFO, FIFAC et FIFOI

Un nouveau festival du doc Amazonie Caraïbes

France télévisions lance un nouveau festival international du film Amazonie Caraïbes (FIFAC). Il y a 16 ans, naissait à l'initiative, entre autres, de Wallès Kotra le festival international du film océanien (FIFO), des rencontres destinées à valoriser et promouvoir les productions documentaires de cette région du monde. Aujourd'hui, le même Wallès Kotra, directeur en charge du pôle Outre-mer de France Télévisions, lance un petit frère, le FIFAC dont la première édition aura lieu au camp de la transportation à Saint-Laurent du Maroni en Guyane du 14 au 18 octobre. "Les Outre-mer sont porteurs d'un regard sur le monde", a fait valoir Wallès Kotra lundi 16 septembre lors du lancement médiatique du FIFAC à la Maison de l'Amérique latine. Didier Urbain directeur exécutif de l'association du FIFAC, et Luc de Saint-Sernin, directeur du conseil éditorial, en sont les chevilles ouvrières. Ils bénéficieront aussi du soutien et de la présence  de Catherine Alvaresse, responsable des documentaires à France TV qui a compris que le groupe d'audiovisuel public avait une vraie carte à jouer : "Avec la disparition de France Ô, il est temps pour nous d'enrichir notre offre documentaire, de la penser avec des contenus ultramarins propres..."

Les films projetés au FIFAC, comme au FIFO, devraient donc être vus sur les chaînes du groupe public, dans la nouvelle case doc du jeudi soir sur France 3, sur les nouvelles cases doc des chaînes La 1ère en Outre-mer, mais également "naturellement, assure la responsable Catherine Alvaresse, sur les chaînes France 2 et France 5". Le festival a vocation aussi à se poursuivre hors les murs le reste de l'année avec des projections le reste de l'année dans les départements français d'Amérique, mais également dans les pays de la zone caraïbe et amazonienne.

Pour cette première édition du FIFAC, 13 films sont en compétitions et 9 hors compétition. Le jury sera présidé par l'écrivain Patrick Chamoiseau.

Et comme on dit "jamais deux sans trois", Luc de Sernin a d'ores et déjà annoncé la naissance l'an prochain du festival international du film océanien. Ce FIFOI aura lieu du 14 au 18 septembre à la Réunion.

FXG, à Paris

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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 09:54
Concentration dans la grande distribution en Guyane

La reprise de NDIs et NG Kon Tia par Safo autorisée sous conditions préalables

L'Autorité de la concurrence (AdC) a autorisé vendredi la reprise de la société NDIS et de sa filiale NG Kon Tia, par la société SAFO (groupe Huyghues-Despointes). Mais cette reprise (notifiée à l'AdC le 8 juillet dernier) sera conditionnée à une cession préalable de son activité de grossiste-importateur. L'instruction menée par l'AdC révèle que Sofrigu et NG Kon Tia sont les deux principaux grossistes-importateurs pour les produits frais (yaourts, beurres, crèmes desserts, fruits, légumes…) et surgelés.

Il appartiendra donc à SAFO de céder l'activité de grossiste importateur de NG Kon Tia et de s'assurer que le repreneur sera apte à maintenir une concurrence suffisante. C'est la première fois que l'AdC met en place ce type de mesure portant sur une cession préalable.

SAFO qui exploite en outre les 8 à Huit et Proxi, ne pourra en outre pas exploiter l'hypermarché Super NKT de Cayenne sous la marque Carrefour et devra présenter une totale autonomie commerciale, que cela concerne la politique des prix ou l'offre de produits. SAFO devra donc maintenir une enseigne d'hypermarché indépendante afin de ne pas renforcer la position de SAFO sur les marchés de la distribution en gros de produits alimentaires et non-alimentaires en Guyane.

Dans la zone de chalandise concernée, trois enseignes indépendantes d'hypermarché sont aujourd'hui présentes : Super NKT, Carrefour (groupe GBH) et Hyper U. Le groupe SAFO bénéficiant aujourd'hui d'un contrat d'enseigne avec le groupe Carrefour, l'exploitation du magasin Super NKT sous enseigne Carrefour se serait alors traduite par le passage de trois à deux enseignes concurrentes dans la zone, le consommateur perdant ainsi une alternative pour faire ses achats, dans un marché guyanais déjà très concentré.

FXG, à Paris

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 05:06
Annick Girardin le 27 septembre au ministère des Outre-mer

Annick Girardin le 27 septembre au ministère des Outre-mer

L'Etat dépense plus de 18 milliards en Outre-mer

Les quatre objectifs du budget de l'Outre-mer sont le quotidien des ultramarins, l'accompagnement des territoire dans le politique et volonté de développement, la mise en oeuvre de la conférence logement et le soutien à l'emploi.

Annick Girardin a présenté le budget de la mission Outre-mer, vendredi après un conseil des ministres consacré au projet de loi de finance 2020. Et elle était contente, la ministre. Les mots du président de la République, le 8 juillet dernier ("il n'y aura pas d'économie sur les Outre-mer") ont pesé favorablement dans les arbitrages avec une enveloppe de 2,6 milliards en autorisation d'engagement et 2,5 milliards (2,45 hors exonération de charges) en crédit de paiement. Si les crédits de paiement accusent une diminution de 100 millions, le ministère les explique aisément : 34 millions d'euros sont liées aux prévisions d'exonération de charges par les organismes de sécurité sociale. L'an dernier, elles ont coûté 150 millions d'euros de plus que prévus. Les 66 millions restant proviennent des ajustements des besoins des territoires, comme le dragage du port de Saint-Laurent  (2 millions prévus en 2018, désormais 3) qui n'a pas encore été commencé, comme la construction du groupe scolaire de Goyave en Guadeloupe d'où la Région s'est retirée ou encore comme le projet de la SEM SODIAC pour des logements à la Réunion à hauteur de 17 millions d'euros qu'elle ne peut plus porter en raison de problème de cavalerie budgétaire...

Périmètre budgétaire

Des mesures de périmètre font apparaître encore une baisse de 166 millions d'euros. ce sont des lignes budgétaires qui sortent du budget du MOM, tels la dotation globale d'autonomie de la Polynésie (90 millions) qui sera désormais alimentée par des prélèvements sur les recettes de l'Etat, la réorganisation des services de l'Etat en Guyane (7,2 millions) qui passe aux mains du ministère de l'intérieur comme les 200 000 euros de la 3e année du plan chlordécone qui passe dans les programmes d'action territorialisée du ministère de l'Intérieur. A l'inverse, une mesure rejoint le budget du MOM, ce sont les 27 millions de compensation d'octroi de mer pour la CTG. Ils ne seront plus prélevés sur les recettes de l'Etat, mais dans le budget de la mission Outre-mer. Dans ce dernier cas, il s'agit de sécuriser cette enveloppe pour éviter une cessation de paiement de la CTG...

Pour rappel, indique le MOM, son budget était juste au-dessus de 2 milliards en 2017 contre 2,6 aujourd'hui.

Le document de politique transversale laisse apparaître 18 milliards consacrés aux Outre-mer (sans compter les fonds européens, ceux des collectivités et les dépenses sociales). La ministre a indiqué : "Les dossiers de l'Outre-mer restent sur le haut de la pile."

FXG, à Paris

880 millions pour les Conditions de vie outre-mer

Le premier poste de cette mission concerne le quotidien des gens. Le fonds exceptionnel d'investissement est reconduit à 110 millions d'euros (40 en 2018) pour financer des projets comme les équipements sportifs, la sécurisation antisismique des écoles, les ports, etc...). Concrètement et par exemple, c'est le FEI qui a permis de donner l'accès à l'électricité à 300 familles à Camopi en Guyane.

Pour la mobilité, l'enveloppe est de 42 millions d'euros pour l'ide à la continuité territoriale et 24 millions pour la formation professionnelle en mobilité.

Enfin, les contrats de convergence et de transformation (3 milliards sur quatre ans) connaissent dès 2020 une progression de 10 à 11 millions d'euros.

Logement

Dans ces 880 millions, 215 millions sont consacrés à la ligne budgétaire unique qui sert à subventionner le logement social.

L'objectif reste de construire ou rénover 10 000 logement par an, avec une réalisation de 8 000 l'an dernier. La LBU représentait 226 millions d'euros en 2019 en autorisation d'engagement. Quant aux crédits de paiement, ils sont fixés à 190 millions contre 196 précédemment. A noter que la deuxième vague du produit de cession des Société immobilières d'Outre-mer va abonder cette année la LBU à hauteur de 10 ou 12 millions sur 37,5 millions que l'Etat s'engage à rétrocéder au MOM sur trois ans.

Le rétablissement du dispositif location-accession, spécifique à l'Outre-mer, sera abondé en 2020 par le ministère du Logement à hauteur de 2 à 3 millions.

Des mesures fiscales devraient encore mobiliser 12 millions d'euros pour étendre le crédit d'impôt logement à la démolition-reconstruction.

Par ailleurs, Action logement va débloquer 1,5 milliard pour les Outre-mer sous forme de prêts aux bailleurs sociaux. Ceux-ci bénéficieront du soutien de l'AFD qui apportera 7 millions (+ 4 par rapport à l'an passé) pour assurer la maîtrise d'ouvrage.

37 postes pour SMA

La course à l'objectif numérique du SMA 6000 est terminée. La Cour des comptes l'a sévèrement jugé. Ainsi, 37 équivalent temps plein (sur les 227 prévus sur 5 ans) sont recrutés en 2020 afin de renforcer l'encadrement et améliorer le suivi des volontaires dans le temps. Un effort sera fait vers les métiers maritimes et un psychologue devrait rejoindre le SMA en Guyane.

L'aide aux entreprises

1,470 milliards sont consacrés aux exonérations de charges. Les paramètres pourraient bouger fin d'élargir le point de sortie et ne pas seulement prioriser les bas salaires. un rendez-vous avec les sociopro est prévu en octobre.

Quant aux outils d'aide aux entreprises, ils représentent 24 millions. Le MOM mettra 10 millions (contre 7,5 l'an passé) pour bonifier les prêts de développement de la BPI. 2 millions seront consacrés au micro-crédit et 4 millions pour des appels à projet (innovation et environnement)

L'appui aux collectivités

Il s'agit d'ingénierie et d'accompagnement pour les montages de dossier. Neuf personnels de catégorie A (3 en Guyane, 6 à Mayotte), des spécialistes de l'équipement et un avec un profil plus social), animeront une plateforme d'ingénierie dans les deux préfectures dès le 1er janvier prochain.

Enfin, sur le budget du ministère de la cohésion sociale, 17 millions, au lieu de 6, viendront abonder les budgets des communes. « Une chose qui me tient à cœur, a déclaré Sébastien Lecornu, cet argent sera priorisé sur les communes les plus fragiles. Toutes les communes seront gagnantes. Mais celles qui ont le plus de difficultés obtiendront davantage. C'est logique et c'est juste. » Ainsi pour la commune de Cayenne, la dotation de péréquation avait progressé de 450 000 € en 2019, le montant sera équivalent en 2020. Pour Saint-Laurent, la dotation de péréquation était stable en 2019. En 2020, l'article déposé en PLF donnerait une hausse significative. A Saint-Georges, la dotation de péréquation avait progressé de 16 000 € en 2019. En 2020, l'article déposé en PLF donnerait une progression au moins triple. Enfin à Camopi, la dotation de péréquation avait progressé de 7 000 € en 2019. En 2020, l'article déposé en PLF donnerait une progression multipliée par 5.

Les frais de fonctionnement du cabinet de la ministre

Pour fonctionner le cabinet de la ministre des Outre-mer dispose de 2,1 millions dont 150 000 euros pour les frais de représentation de la ministre.

Le lapin des parlementaires

La ministre a invité les parlementaires à venir prendre un café au ministère avant sa conférence de présentation pour leur donner la primeur de son budget. Aucun n'est venu et l'un d'eux, David Lorion s'en est expliqué dans un mail à Mme Girardin  : "Chaque année, nous sommes mis devant le fait accompli lors de la présentation du budget de l'Outre-mer. Tout d'abord, une invitation est envoyée spécifiquement à la Presse omettant les parlementaires. Puis la veille, un mail du Cabinet du MOM nous invite à venir le consulter une demi-heure avant la conférence de Presse. Est-il plus prioritaire pour le Ministère d’informer la presse sur le contenu du budget que la représentation nationale ? Je suis outré par ces techniques marketing de communication qui consistent à squeezer les élus."

Réponse (partielle) de la ministre : "Je m'étonne que cette initiative suscite une telle réaction... Dont acte !"

Le budget de la mission Outre-mer sera examiné en commission par l'Assemblée nationale le 28 octobre, puis en séance plénière le 6 novembre et ensuite au Sénat.

 

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28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 05:03
Chirac au Luxembourg en 2006 (photo : Régis Durand de Girard)

Chirac au Luxembourg en 2006 (photo : Régis Durand de Girard)

Jacques Chirac et les Antilles

"J'aime beaucoup les Antilles", m'avait dit Jacques Chirac à l'issue d'un point presse à l'Elysée en 2006, avant de s'en aller serrer des pognes dans la salle des fêtes.

Jacques Chirac est le Premier ministre qui a nommé Lucette Michaux-Chevry à son gouvernement en 1986. Ces deux personnalités ont eu une relation amicale si forte qu'Henri Hazaël-Massieux leur prêta même une relation intime dans son ouvrage à peine romancé, "Chabine Miroir", paru en 2006 chez Cap Bear.

C'est Henri Michaux, son mari, qui a présente Lucette Michaux-Chevry à Jacques Chirac en 1973. "Mon mari a rencontré Chirac chez le Dr Hélène au Gosier, avec Marlène Captant et tous ses amis qui étaient autour de Chirac avec Foccart et Amédée Valeau..." Chirac est sympathique ; son mari l'invite dans leur belle maison de Gourbeyre. Chirac arrive ; il y a du fruit à pain, il y a Foccart... Et Chirac dit : "Je reste à manger chez vous !" "Il aimait la bringue, se souvient Lucette, il buvait bien, il buvait de la bière, il aimait le piment, il aimait le boudin, il aimait les marinades... C'est comme ça que j'ai connu Chirac et je ne suis pas entrée au parti ! J'ai fait mon parti et je n'ai payé mes cotisations au RPR qu'en 1988 quand Chirac a perdu en face de Mitterrand."

Chirac, maire de Paris, recevait de nombreux chefs d'Etat et leur proposait systématiquement du rhum de la Martinique ! "Lui-même, il faisait le punch", relate Alex Ursulet qui était le premier fédéral du RPR en 1995. A Matignon, Chirac avait nommé Bernard Pons, ministre de l'Outre-mer et ce sont eux qui ont développé la défiscalisation ; ils voulaient faire des Antilles françaises, "la Suisse de la Caraïbes"... C'est encore Chirac qui après l'arrestation de Luc Reinette en 1987 a lancé l'idée d'un "grand pardon"...

Me Ursulet aime à dire que Chirac était "notre ami, l'ami de la Martinique". Sa connaissance intime de l'histoire des Antilles et des hommes l'a rapproché de l'Outre-mer. "Ce qui m'impressionnait, poursuit Me Ursulet, c'est sa simplicité et son humanité. Je me souviens d'un périple après un cyclone ; nous allions dans le nord de la Martinique. Il a fait arrêter le convoi alors que nous passions devant un centre pour autistes. La visite n'était pas prévue. Il est allé voir les enfants autistes, s'est agenouillé devant eux pour leur parler... Tout le monde a eu les larmes aux yeux parce qu'il avait cette faculté de transmettre son humanité aux plus souffrants."

Le premier geste du président Chirac en 1995 a été d'aligner le SMIC outre-mer avec le SMIC de l'Hexagone, au grand dam des patrons antillais ! C'est ce qu'on a appelé l'égalité sociale. Jacques Chirac a eu des relations fortes avec des gens comme les Martiniquais Emile Maurice ou Michel Renard, mais pas seulement... Chirac président continuait de cultiver ses relations antillaises, comme Prudence dans son petit restaurant à Anse-Bertrand. Chirac lui a demandé une fois de venir cuisiner à l'Elysée.  "Chirac, raconte encore Lucette, appelait aussi Violetta, Mme Minos, Mme Pita... Qui savait que Chirac appelait parfois Mme Pita pour avoir des informations. Son fils même ne le savait pas ! Et à la Réunion, c'était pareil. Vergès était très bien avec Chirac ! Il l'appelait tout le temps ! Oui, il l'appelait ! Vergès a aidé Chirac. Il empêchait les nuits rouges du Chaudron... Il a arrêté ça ! Chirac avait du monde !"

En 1995, Chirac n'a pas rappelé Lucette au gouvernement à cause de ses affaires politico-financières... Jacques lui avait pourtant promis la Coopération, jure-t-elle.

En 2002, c'est un Guyanais que Jacques Chirac appelle au gouvernement, c'est Léon Bertrand qui va être son ministre du Tourisme. Jacques Chirac lui dira en 2007 : "Tu as été un bon ministre Léon..."

Peu avant, lors d'une virée ministérielle d'une autre chiraquienne, Michèle Alliot-Marie, Lucette avait eu ce mot pour son ami au sujet des présidentielle de 2007 : "J'ai conseillé à Jacques de ne pas y aller..."

Avec la mort de Jacques Chirac, "c'est, estime Alex Ursulet, une page particulière de la relation entre les Antilles et la France qui se tourne". Son ancien camarade André Rougé qui fut délégué général à l'animation de l'association des amis de Jacques Chirac, passé depuis au RN, dit de lui qu'il était "le dernier président attaché à l'Outre-mer".

FXG, à Paris

Bernard Pons, ancien ministre de l'Outre-mer et ancien président de l'association des amis de Jacques Chirac

"Chaque fois qu'il m'accompagnait outre-mer, je sentais qu'il prenait un plaisir immense à découvrir la vraie vie"

"C'est une grande vague de tristesse et un grand choc parce que Chirac et moi, c'est 55 ans de vie politique commune. Pendant 55 ans, j'ai accompagné sa carrière et son ascension politique. On n'a pas toujours été d'accord... Heureusement ! Mais on a toujours été dans le même sens, c'est-à-dire dans le sens que nous avait indiqué le général de Gaulle. Chirac avait à mes yeux deux qualités essentielles, c'était un grand humaniste et c'était un pacifiste, mais un pacifiste vigilant. Ces deux qualités l'ont emporté sur toutes les autres. Il aimait l'humanité, il aimait les hommes et il l'a montré à tous les niveaux... Il aimait beaucoup et particulièrement l'Outre-mer. Il avait une attirance et une sensibilité pour les hommes et les femmes d'Outre-mer. Il a été un des premiers à dénoncer l'esclavage, à le fustiger et l'un des premiers à rendre hommage à ceux qui en avaient été victimes par une commémoration annuelle. Mais en dehors de ça, chaque fois qu'il m'accompagnait outre-mer, je sentais qu'il prenait un plaisir immense à découvrir la vraie vie, la culture locale, les traditions... Je me souviens de son plaisir en découvrant les paysages de la Guadeloupe, la diversité de la Martinique, la gastronomie de la Réunion... Chirac s'identifiait pratiquement à toute la France et il s'identifiait aussi bien aux collectivités françaises les plus éloignées qu'à la commune la plus proche, Paris. La deuxième force de Chirac, c'est qu'il a dénoncé le premier la fracture sociale qui encore aujourd'hui se manifeste, quelque fois douloureusement. Et puis, il a tenu tête aux Américains quand ils ont voulu nous emmener dans la guerre contre l'Iraq. Il a parlé haut et fort aux Israëliens quand ceux-ci exagéraient. Il a parlé clair et net aux Palestiniens et à Arafat dans certaines circonstances. Pour moi, il a balayé un grand secteur de ce que doit faire un président de la République. Enfin, il a montré de la fermeté mais aussi de bonté, beaucoup de connaissance de la vie de nos concitoyens quelle que soit leur situation. J'ai perdu un grand ami et la France a perdu un grand président."

 

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 07:12
Laurenn Marc, Lionel Cyrille, Marie Garon et Agathe Gestin

Laurenn Marc, Lionel Cyrille, Marie Garon et Agathe Gestin

L'Ohana clubs de Schoelcher distingué à Paris

Lionel Cyrille et Laurenn Marc, respectivement président et trésorière de l'association Ohana Clubs de Schoelcher, ont reçu le 1er prix "autonomie et grand âge" des "Villes amies des aînés". La cérémonie s'est déroulé le 23 septembre dernier à Paris lors du 2e congrès des âges et du vieillissement. En présence de la conseillère municipale de Schoelcher, Marie Garon, les deux lauréats ont reçu leur prix, doté de 3000 euros, des mains d'Agathe Gestin, responsable des programmes personnes âgées de la fondation de France.

Ce prix vient récompenser le travail de cette association née en janvier 2018. "Notre action, explique Lionel Cyrille, a consisté à mettre en place des clubs pour des groupe de 5 à 6 séniors qu'on fédère autour de quelque chose qui les anime. Cela peut être de la couture, des jeux de société... Nous mettons une logistique à leur disposition pour qu'ils puissent passer du bon temps, se rencontrer, se créer un réseau social." L'originalité d'Ohana Clubs est que ces rendez-vous sont itinérants entre Schoelcher et Fort-de-France ; ils se déroulent au domicile d'une des personnes âgées de chaque groupe. "Notre ambition, poursuit Lionel, est de nous étendre sur tout le territoire de la Martinique." Jusqu'à présent, l'association est soutenue par la ville de Schoelcher qui a mis sa plateforme associative d'aide aux séniors, mais les deux lauréats frappent à toutes les portes pour expliquer leur démarche. "Notre but, explique Laurenn Marc, coordinatrice des projets, est de créer une communauté de grands séniors qui, à terme, devienne indépendante de nous-mêmes." Ohana ne fait pas un travail d'animation, mais un travail de facilitation et de logistique. "On vient les chercher, explique encore Laurenn, on les amène chez l'un d'eux où on a tout mis en place, à manger, à boire, pour que se rencontrer ne soit pas un fardeau pour eux."

Le plus difficile dans leur entreprise a été le recrutement parce que par définition, les personnes cibles sont souvent isolées et souvent rétives à l'idée d'aller dans un "club de vieux". Heureusement, le bouche à oreille fonctionne bien et ce sont souvent les enfants des séniors, les aidants qui sont les meilleurs vecteurs. Les CCAS jouent aussi leur rôle en leur adressant des personnes qu'ils ont repérées comme étant isolées, également des kinés, des médecins...

Ce prix tombe bien car Ohana Clubs veut développer en 2020 le projet "Sylver Geek" qui est de la médiation numérique pour lutter contre l'illéctronisme et apprendre aux séniors à maîtriser l'outil numérique.

Que ce soit pour Lionel comme pour Laurenn, leur envie est née de leur propre relation avec leurs grands-parents. Lionel a eu un choc émotionnel d'apprendre que son grand-père amputé d'une jambe, alors que lui-même étudiait dans l'Hexagone, a été amputé de la deuxième avant de développer un Alzheimer. "Quand je suis rentré, il ne me reconnaissait plus... J'ai cette rage contre cette maladie et j'ai envie de me battre pour les grands-parents, envie de mettre en place des choses qui facilitent leur vie et permettent qu'ils restent intégrés dans notre société." Laurenn s'est rendu compte que de petites choses qu'elle pouvait faire pouvaient faciliter le quotidien de sa grand-mère. "Il est arrivé, raconte-t-elle, que ma grand-mère attende toute une matinée pour pouvoir faire sa couture qu'elle sait toujours faire toute seule, à condition que quelqu'un soit là pour enfiler le fils dans le chas de l'aiguille..." De là est né ce concept de facilitateur et de créateur de lien social.

FXG, à Paris

ohanaclubs@gmail.com

0696319117

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 04:19
Delgrès a conquis le public de la fête de l'Huma

Delgrès rend hommage à Delgrès

Delgrès, c’est le nom d’un groupe de musique de blues rock français chantant en créole. Ces trois musiciens, Pascal Danaë, leader, guitariste, auteur, chanteur et compositeur, Baptiste Brondy, batteur, et Rafgee, le maitre du tuba et du sousaphone ont été la révélation 2019 de la scène Zebrock à la fête de l'Huma, avec leur son authentique et décapant qui a passionné la foule.

Tête d'affiche de la scène Zebrock, samedi dernier à la Courneuve, ils ont électrisé le public avec leur musique Nouvelle-Orléans pimentée à la sauce antillaise, façon lewoz. Impressionnante révélation qui a provoqué un engouement et un enthousiasme inattendu. « Depuis tout petit, j'ai toujours entendu parler de la fête de l'Humanité, raconte en coulisse le chanteur avant de monter en scène, alors participer à cette fête, voir qu’elle est toujours là et voir autant de gens se réunir encore aujourd’hui autour de ces valeurs, ça fait plaisir d’y participer. » Sur la scène baignée par le soleil couchant, le trio a enchaîné ses titres qui évoquent la lutte et la liberté. Pascal Danaë aime expliquer ses chansons sur scène. Dès le début il annonce : « Delgrès 1802, combattant de la liberté, mort plutôt que de laisser Napoléon rétablir l’esclavage à la Guadeloupe. » et il balance « Mo Jodi », titre éponyme de leur premuer album en attendant un second en préparation. La foule est en liesse. « Nous sommes là, poursuit le chanteur, pour apporter et provoquer quelque chose chez les gens et qu’ils aient envie de s’ouvrir encore plus ! »

"Notre parrain dans le ciel"

En coulisse, il raconte le trio Delgrès : « Rien qu’à nous voir... Baptiste est Nantais avec son histoire, moi guadeloupéen né en région parisienne, je connais assez peu la Guadeloupe. Rafgee est né à Paris et a été conçu en Guadeloupe ! On est là ensemble pour proposer et partager quelque chose avec les gens, passer un bon moment et se sentir bien. » Les premières notes sont sorties en 2015, suivies en 2016 d’une série de concerts à travers la France et le monde. En 2018, ils sortent leur premier album. « J’ai connu mon pays la Guadeloupe très tard dans ma vie et j’ai eu envie de rendre hommage à Delgrès. Il est notre parrain dans le ciel. Maintenant, il faut l’assumer et il nous inspire beaucoup... » Leur musique souffle un vent de liberté, du blues rock en créole, avec tous  les éléments d’une musicalité généreuse et ouverte, rassembleuse et prolifique, faite d'improvisation et de fougue. Baptiste, le breton, est un ancien du groupe « Rivière Noire ».

À la batterie, il explose, l’impact est direct, explosif. Il a rencontré Pascal à Paris en 2011, avant de faire cause commune : « La musique a bien marché entre nous, tout de suite et les liens amicaux sont venus de plus en plus importants. » Pour Rafgee, un simple coup de fil a suffi. Lui, le tueur qui balance avec son sousaphone un son de fanfare NewOrleans qui fait la ligne de basse. Un coup de fil et il s’est embarqué dans l’aventure et depuis ça file comme le vent ! « Mon instrument n’est pas commun sur le blues, mais c’est un instrument qu’on rencontre beaucoup dans la musique traditionnelle. C’est un instrument qui joue la basse et qui a une puissance, le son porte ! »

Le blues des champs de coton et le lewoz des champs de canne

"Le sousaphone, explique Pascal, ça représente le lien avec la Louisiane, avec la Nouvelle-Orléans, avec les fanfares de la Caraïbes... » Désormais bien rodés après trois ans de scène, leur alchimie fonctionne et donne du plaisir. Ils aiment le swing les consonances et les dissonance, le traditionnel et l'avant-garde. Ils utilisent à merveille le vieux procédé bluesy avec des enchainements harmoniques chaloupant les accords... Leur message communautaire n'est pas communautaire, mais universel. 

« Les droits de l’homme, la liberté sont des choses universelles défendues par plein de gens dans le monde, rappelle Pascal, nous on met juste un coup de projecteur sur Louis Delgrès. » Et sur les ressemblances entre la Louisiane et les Antilles, entre le blues des champs de coton et le lewoz des champs de canne. Et quand ils jouent leur tube "Monsieur le président", dans la féérie de la fête de l'Huma, Pascal Danaë prévient : "Si ou pa fé attention, le gilets jaunes reviendront..."

Alfred Jocksan et FXG, à la Courneuve

Photos AJ

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 10:10
Forum étudiants Outre-mer

Le  « réseau favori des étudiants »

Le forum des étudiants Outre-mer qui s'est déroulé samedi après-midi au ministère des Outre-mer est désormais le rendez–vous incontournable de la rentrée pour tous ceux qui viennent d’arriver dans l’Hexagone et qui ne disposent d’aucun contact, d'aucun tuyau pour accéder à un ensemble d'informations. C'est l'occasion de se constituer un réseau de professionnels, d’experts du monde de l’entreprise, associatif ou institutionnel pour la réussite de leur vie étudiante et leur insertion professionnelle. Depuis la reprise en main en 2018 du Forum par le ministère des Outre-mer qui a demandé à la délégation interministérielle de Jean-Marc Mormeck de l'organiser, les étudiants y sont de retour en masse. Plus d’une soixantaine d’exposants étaient là pour accompagner les étudiants dans leur recherche d’emploi, les conseiller sur le choix d’une formation, trouver un logement, une bourse, un club de sport etc. Des conférences et des ateliers pratiques ont été animés par l'animateur de télévision, le Réunionnais Sébastien Folin qui est venu animer chaque stand, et Loïc Iscayes, co-fondateur de Jeunesse Outre-mer.

Un plateau TV  de « Réseau Média Jeune »,  dispositif  soutenu par Jean- Marc Mormeck, a permis de stimuler, valoriser et renforcer le lien social entre les jeunes engagés ultramarins. Des interviews, des recueils de témoignages des étudiants se sont succédé toute l’après-midi sur le  plateau.

La ministre est venue avec sa collègue de l'Enseignement supérieur, le délégué interministériel Toulemet chargé des banlieues, le directeur de Ladom et Jean-Marc Mormeck. Si l'an dernier, Annick Girardin était accompagnée de la ministre de l'Enseignement supérieur, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, sollicité, n'a pu donner suite.

FXG, à Paris

L’UNEF publie son étude sur l’évolution du coût de la vie étudiante

Le coût de la vie étudiante varie fortement en fonction du lieu d’étude et de vie des étudiants. Ainsi, entre Paris (ville la plus chère) et Limoges (ville la moins chère), l’écart du coût de la vie est de 539,58 euros par mois. Si le coût de la vie étudiante augmente nationalement de 2,83%, en fonction des villes les augmentations sont parfois encore plus élevées. Cette hausse constante du coût de la vie conduit de plus en plus d’étudiants à se salarier pour assumer leurs dépenses quotidiennes. Près d’un étudiant sur deux est salarié durant l’année pour financer ses études.

L’autre ressource des étudiants, hors salariat et aides sociales, réside dans la dépendance familiale qui, en raison de l’augmentation du coût de la vie pour l’ensemble de la population, conduit à renforcer les inégalités sociales et de réussite dans l’enseignement supérieur.

Les disparités dans l’accès au logement pour les étudiants sont très importantes. L’écart du loyer mensuel moyen entre la ville universitaire la plus chère (Paris avec 873 euros) et la ville la moins chère (Le Mans avec 340 euros) est de 533 euros par mois.

Avec 3,86% d’augmentation des loyers au niveau national, la rentrée 2019 est celle de l’explosion des coûts des logements tandis que les aides au logement (APL) sont gelées. Les dépenses en logement des étudiants deviennent de plus en plus importantes. Tandis que l'UNEF préconise de généraliser l’encadrement des loyers à toutes les villes universitaires. Le gouvernement l'annonce pour janvier 2020 tout comme l’indexation des APL sur l’indice de révision des loyers et l'annulation du changement de mode de calcul des APL.

L'UNEF demande encore un plan d'urgence de refonte des aides sociales, notamment une revalorisation de 20% des bourses, l’ouverture du système de bourses à 100 000 étudiants supplémentaires et la mise en place d’un complément de bourse de 100€ par échelon de bourse pour les étudiants des DROM.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé en août une hausse de 1,1 % des bourses sur critères sociaux pour les étudiants. Un geste de 46 millions d'euros, que les syndicats trouvent insuffisant.

Autre annonce, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, a déclaré le 8 septembre dernier sur France 3 vouloir adapter la prime d'activité aux étudiants salariés qui gagnent moins de 80 % du SMC, le seuil pour être éligible à la prime pour l'emploi. "Quand vous êtes un étudiant et que vous travaillez à 80%, a-t-il déclaré, vous mettez quand même sérieusement en danger vos études. Donc j'ai demandé qu'on regarde dans quelle mesure on peut l'adapter pour ces étudiants. Si ça leur permet de travailler un peu moins pour davantage réussir leurs études ce sera très positif."

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 10:07
Mission flash sur les CHU de la Guadeloupe et de la Réunion

"Il faut réévaluer les coefficients géographiques"

Les députés David Lorion (LR, Réunion) et Olivier Serva (LREM, Guadeloupe) ont présenté mercredi matin à l'Assemblée nationale leur rapport sur la situation des CHU de la Guadeloupe et de La Réunion. Leur conclusion est qu'il faut augmenter leur coefficient géographique. Celui-ci a connu une réévaluation entre 2006 et 2018, mais elle ne permet pas de compenser les surcoûts liés à la surrémunération des personnels, aux coûts de transport et à l'octroi de mer. Ainsi selon Olivier Serva, il faudrait que le coefficient géographique de la Guadeloupe qui est actuellement à 1,27 (1,31 à la Réunion, 1,29 en Guyane) passe à 1,35.

L'incendie de 2017 a été le révélateur et le catalyseur des problèmes avec la crise débutée au mois d'août et qui ne s'est achevée que mardi soir. La dette fournisseur du CHU est de 50 millions. Il y a des ruptures d'approvisionnement pour la morphine, les couches, le doliprane... Le président de la République a débloqué 20 millions d'euros pour résoudre une partie du problème, mais c'est insuffisant. Les députés proposent que l'indemnité liée à l'assurance incendie (30 à 40 millions d'euros) soit versée directement dans les comptes du CHU. La ministre de la Santé semble y être favorable et ce pourrait être effectif avant la fin de l'année.

Le problème des équipements obsolètes devrait lui aussi trouver une solution. L'enveloppe destinée à ce poste existe pour le futur CHU attendu en 2024 ou 2025. Cette enveloppe sera débloquée avant la fin de l'année puisque le ministère de la Santé s'y est dit favorable.

Il existe encore le problème de la tarification liée à l'acte. Cela a généré un travail à la chaîne qui a fait perdre la notion de qualité de soins. Il faut donc modifier ce système de tarification en le mâtinant d'un critère horaire.

De même, les missions d'intérêt général, si elles existent pour ce qui concerne le diabète et l'hypertension, ne tiennent pas compte des maladies virales tropicales ou des maladies chroniques.

Le comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (COPERMO) pour le CHU de la Guadeloupe doit se tenir en mars prochain, après que l'ARS et le CHU auront déterminé les conditions de retour à l'équilibre qui passe par une bonne gestion des stocks. Les députés proposent que soit, à cette occasion, mis en place un contrat de convergence santé avec les collectivités locales pour sanctuariser jusqu'en 2025 ces conditions de retour à l'équilibre.

Enfin, le CHU a une masse salariale élevée. Il y a  3500 agents et 1100 seraient en trop. Qui plus est, ce sont des personnels non soignant (techniques et administratifs). Le député Serva préconise qu'avec la Région, ils soient formés pour devenir des soignants... Même problème avec le personnel contractuel qui sont 4 à 500.. Il s'agirait de les titulariser progressivement au fur et à mesure des départs à la retraite de leurs collègues en CDI.

Enfin, il s'agit de rationaliser le fonctionnement du groupement hospitalier en réservant au CHU les tâches à haute technicité.

Conclusion du député Lorion : "L'Outre-mer demande au gouvernement un plan de rattrapage par rapport à une situation inéquitable."

FXG, à Paris

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