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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 05:59
Obsèques de Jean-Michel Martial

RIP Jean-Michel Martial, comédien populaire et belle âme

Six jours après le décès du comédien Jean-Michel Martial, une cérémonie religieuse s'est tenue mercredi matin à l'église Saint-Roch rue du faubourg saint-Honoré à Paris. Alexis Michalik, le metteur en scène d'Edmond, la pièce aux cinq Molières dans laquelle Jean-Michel Martial a tenu, y compris pendant sa chimiothérapie, le rôle d'Honoré, a pris la parole : "Il y a peu d'acteurs qui fédèrent à ce point une empathie parce qu'il avait cette douceur profonde...". Jacques, son frère, a lu avec son talent d'acteur (lui aussi !) une "parole du Seigneur" sur la Jérusalem céleste.

Dans la foule, il y avait Victorin Lurel, Daniel Maximin, Alex Descas, Jacob Desvarieux, Luc Saint-Eloy, Babette de Rozières, l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayraud, Patrick Karam, Firmine Richard, Greg Germain, Alain Maline, Odile Vuillemin, Agnès Soral, Thomas Solivéres ou encore Nadège Beausson-Diagne... Mais c'est la présence de l'ancien président de la République François Hollande qui a frappé l'assistance.

A l'issue de cette messe, une seconde cérémonie, bouddhiste celle-ci, s'est tenue au crématorium du Père-Lachaise où le corps de Jean-Michel Martial a été incinéré selon sa volonté. Ses restes seront expédiés en Guadeloupe et déposés le 1er novembre dans le caveau familial.

Le soir des obsèques, le Créfom organisait une soirée hommage dans l'enceinte du conseil régional d'Ile de France.

FXG, à Paris

Photos : Alfred Jocksan

Ils ont dit

François Hollande ancien président de la République

"Jean-Michel Martial était d'abord un ami qui m'a accompagné pendant des années lorsque j'étais moi-même Premier secrétaire du PS, candidat, puis président. Il a toujours été à mes côtés lors de mes principaux déplacements en Outre-mer. Ensuite, c'était un acteur qui aimait la culture tout en sachant que la culture ultramarine devait être à chaque fois davantage représentée. Il portait des valeurs liées à son parcours, mais aussi à la France universelle telle qu'il l'aimait, c'est pourquoi j'ai pensé que la France à travers ma présidence puisse lui rendre hommage aujourd'hui.

Jean-Michel était porteur d'un message qui va très au-delà de nos territoires. Donc, il est très important aujourd'hui, au moment où l'on procède à ce dernier moment de rencontre avec lui, parce qu'il restera parmi nous, que nous puissions relayer son message. C'était un comédien apprécié des Français, de ses collègues de travail, un comédien qui lui-même défendait une conception artistique. C'était un comédien populaire qui lui-même n'a jamais oublié d'où il venait ni ce qu'il avait à faire pour porter son engagement."

Victorin Lurel

"Jean-Michel est venu me trouver un jour à Basse-Terre alors que j'étais président du conseil régional. Il voulait que je l''aide à éditer les grands oeuvres théâtrales de la Caraïbe. Il me parlait lentement, doucement, avec un sourire avenant... Et en dix minutes, il m'a convaincu que c'était une belle opération qu'il entreprenait. IL a pu mettre en scène quelques pièces. J'espère que d'autres pourront accompagner cette oeuvre après son grand départ. Il pratiquait l'art de la sobriété. Il encaissait les mauvaisetés, quelque fois les méchancetés avec une placidité, une tranquillité, un sourire désarmant. C'est un exemple ! C'est l'un des meilleurs parmi nous et ce n'est pas exagéré."

Lilian Thuram

"C'était une personne fantastique, d'une très grande bienveillance, très grande humilité, très grande gentillesse... Ca me paraît évident d'être là comme je pense pour la plupart des gens qui sont là."

Euzhan Palcy

"J'ai appris s mort alors que j'enterrais ma mère... Ca a été un double choc.  Les mots qui reviennent sur les lèvres sont sa beauté, sa bonté... C'était une belle âme, un véritable artiste et un perfectionniste, quelqu'un qui ne se contentait pas de la médiocrité. Il avait compris très tôt que l'art ne supporte pas la médiocrité. Il allait le plus loin possible dans ce qu'il faisait, pour bien faire... C'est extraordinaire de voir cette foule multicolore l'accompagner à sa dernière demeure..."

Patrick Karam

"Jean-Michel est devenu un pilier du CReFOM. Il était loyal et moi qui suis un bulldozer, il m'apprenait à temporiser, à calmer le jeu quand j'étais président du CReFOM et c'est tout naturellement que j'ai pensé que celui qui me succèderait serait Jean-Michel Martial et c'est devenu un ami."

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 05:37
La Pelée et les pitons de Martinique à l'UNESCO - ITW Louis Boutrin

Louis Boutrin, président du parc naturel régional, a annoncé mardi que la candidature des volcans et forêts de la Martinique serait la seule candidature de la France devant les instances de l'UNESCO pour obtenir le label "patrimoine mondial". Un label désormais attendu en juillet 2021.

"Le label de l'UNESCO c'est un afflux de  30 à 60 % de tourisme supplémentaire"

Est-ce la fin d'un parcours du combattant débuté en 2017 ?

C'est une étape, d'autant que désormais chaque pays ne peut plus présenter qu'un bien et non plus deux... Il y a 39 biens culturels inscrits au patrimoine de l'UNESCO en ce qui concerne la France, cinq biens naturels et un bien mixte, à la fois culturel et naturel. Les règles ayant changé, nous avons rencontré des difficultés... Il y a deux parties dans le dossier de candidature. La première partie, c'est la validation devant le Comité français du patrimoine mondial. A ce niveau, il y a un dossier technique et scientifique à présenter et puis quand bien même ce dossier est validé, il y a une validation politique parce que c'est le président de la République, sous la recommandation de ses ministres de la Culture et de l'Ecologie qui décide in fine quel sera le dossier qu'il portera devant les instances internationales de l'UNESCO avant le 30 janvier. Donc, c'est un vrai parcours du combattant pour décrocher cette prestigieuse distinction...

Vous aviez l'avantage d'avoir déjà fait cette démarche en 2017...

Oui et non parce que nous avions cette année une candidature nouvelle, celle d'un dossier qui était sur la liste indicative depuis 2004,  qui est le dossier de la baie des anges à Nice. Un concurrent difficile parce que porté par le maire de Nice, ancien ministre de l'Outre-mer, Christian Estrosi, et par Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture qui était président de la candidature niçoise. Nice avait été auditionnée au mois de juin dernier. Mardi, il y a eu deux autres auditions, Nîmes et sa Maison carrée, et puis les volcans et forêts de la Martinique. Il faut des soutiens politiques comme on l'a vu l'an passé pour le dossier du phare de Cordouan avec Alain Juppé et Dominique Bussereau. Nous n'avions pas les reins suffisamment solides pour arracher la décision.

Qu'est-ce qui  changé cette année pour que la Martinique l'emporte ?

Nous avons présenté un dossier d'une grande qualité qui a été soulignée par le jury. Nous avons déjà validé la reconnaissance de la valeur exceptionnelle et universelle du bien sur le critère géologie volcanique et le critère biodiversité, c'était en 2016. ensuite, nous avons validé en avril 2017 les principes et modalités méthodologiques qui vise à définir un projet de périmètre. Ce qui fait que nous avons un coeur de bien où se trouvent 80 % de forêts primaires,  une zone tampon où les activités économiques sont autorisées et puis le cadre distant, c'est-à-dire tous les paysages qu'on peut voir depuis la montagne pelée avec la baie de Saint-Pierre ou depuis les pitons du Carbet avec la baie de Fort-de-France jusqu'aux Trois-Îlets. Enfin, nous avons démontré en octobre 2018 notre capacité à gérer ce bien. Ces trois étapes nous ont permis de faire valoir nos atouts.

Maintenant que la décision est entre les mains du président de la République, peut-il y avoir encore un revirement ?

Le Comité français du patrimoine mondial a donné un avis et l'avis de ce Comité a toujours été suivi par le président. C'est une règle non écrite, mais qui est érigée en principe, celle de l'alternance entre un bien culturel et un bien naturel. L'an dernier, c'était un bien culturel, cette année, ce sera un bien naturel, le nôtre. Or, nous avons obtenu cette année le label de forêt d'exception qui est accompagné d'un certain nombre de mesures de gestion et grâce à ce label, on a pu démontrer notre capacité à trouver une articulation entre les politiques publiques forestières avec la gestion du bien UNESCO. On a pu également entrer dans le cadre d'un réseau d'acteurs très fermés, puisque sur l'ensemble du territoire français, il n'y a que treize forêts labellisées d'exception et nous sommes la seule en Outre-mer. Nous avons renforcé ainsi notre candidature.

Toutes les conditions sont aujourd'hui réunies et rien ne s'oppose sauf surprise de dernière minute à ce que notre dossier soit présenté à l'UNESCO.

Pourtant, lors du grand débat national avec les maires, le président n'a parlé que de la candidature de la yole...

Il s'agit d'une autre convention. Celle de 1972 dans laquelle nous concourons est la plus prestigieuse, est celle qui donne de la visibilité internationale comme l'a obtenue la Grande muraille de Chine, le mont Saint-Michel ou la grande barrière de corail d'Australie. Tout cela donne un afflux touristique de  30 à 60 % de tourisme supplémentaire. La yole, c'est comme le reggae et on espère le bèlè ou le zouk, c'st du patrimoine immatériel et cela relève d'une convention de 2003 qui a moins d'exigences. Nous espérons que notre yole sera classée elle aussi au patrimoine immatériel comme le bèlè ou la biguine.

Quel sera le calendrier ?

Fin janvier, le président va déposer la candidature de la France et ensuite, c'est l'étape internationale. Pendant une année, les instances internationales vont examiner le dossier sous toutes les coutures. Nous aurons ensuite une audition devant l'UNESCO. Là, il y  un travail de lobbying à faire parmi les membres du jury pour que notre dossier soit retenu. Alors, la décision définitive tomberait en juillet 2021.

Outre l'afflux touristique supplémentaire, quel est l'avantage de ce label ?

L'avantage de notre dossier, c'est que c'est le projet du territoire du nord de la Martinique. Il est attendu par les 18 communes du nord, il est à cheval sur deux communautés d'agglos, CAPNord et la CACEM et à l'intérieur de ce dossier, il y a des axes pour gérer 25 millions  d'euros répartis sur cinq ans pour accompagner les porteurs de projets. Ces projets font partie d'un plan de cofinancement dans le cadre du plan de convergence signé avec l'Etat. Il y a donc un enjeu de développement avec à la clé  des emplis qui restent encore à quantifier dans le tourisme, l'artisanat et de métiers à faire valoir et maintenir. Même si notre projet est un bien naturel, nous avons aussi le mettre en perspective sur le plan culturel parce que le Nord, c'est le socle de la culture martiniquaise. Nous voulons développer ces atouts à travers l'histoire des hommes de ce territoire. Ces forêts sont synonymes de liberté, ce sont des terres de marronnage, de dissidence. La Jamaïque a fait reconnaître par l'UNESCO le marronnage. Le nord, c'est la culture des mornes auxquels sont associés des figures comme Aimé Césaire, Edouard Glissant, Raphaël Confiant, Frantz Fanon... Toutes ces personnalités se sont inspirées des paysages du Nord. Et puis le Nord, c'est le grenier de la Martinique. Il y a une mise en valeur du bien à travers un socle culturel et cela constitue un atout extraordinaire pour le développement de cette partie de la Martinique.

Que ressentez-vous ?

Nous avons un sentiment de satisfaction, mais le travail doit continuer car nous avons identifier un certain nombre de menaces qui pèsent sur le bien : les espèces exotiques envahissantes, le changement climatique, les activités anthropiques comme la chasse ou la sylviculture et l'urbanisation. Donc, nous avons anticipé et apporté des éléments de réponse. C'est une des grandes forces de notre dossier. Maintenant, on attend la fin janvier, mais de manière rassurée !

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 04:40
Marie-Jeanne et la HATPV

Alfred Marie-Jeanne auditionné à la PJ

Alfred Marie-Jeanne a été entendu mercredi à 14 h 30 par le commandant de la brigade financière de la DIPJ au Lamentin. Il s'agissait de notifier officiellement la décision du parquet de Paris saisi par la Haute autorité de la transparence de la vie publique (voir notre édition du 17 octobre dernier). Le procureur a décidé de proposer au président de la Collectivité territoriale une mesure de composition pénale qui consisterait à verser une amende de 2500 euros au Trésor public. Alfred Marie-Jeanne qui était accompagné de son conseil Me Ursulet a déclaré à l'officier de police : "Je refuse cette décision qui s'apparente à une persécution. Tout le monde sait que je n'y suis pour rien dans cette histoire. Le comandant a acté le refus d'Alfred Marie-Jeanne qui adressera au parquet de Paris notification de ce refus. Ce sera alors au procureur de Paris de décider de la suite à donner. "Soit, il poursuit, explique Me Ursulet, en prenant le risque d'une relaxe, soit il décide de l'abandon des poursuites compte tenu du fait que les investigations de la police ont démontré qu'Alfred Marie-Jeanne n'y était pour rien personnellement. C'est un tiers qui a rempli sa déclaration à la HATPV. Et ce d'autant plus  qu'il ne s'agit de l'omission d'une partie de ses revenus. Il n'y avait pas d'intention malicieuse de sa part, ni de celui de 'assistant parlementaire qui l'a remplie." L'audition s'est déroulée durant une heure, dans un climat courtois selon le conseil d'Alfred Marie-Jeanne.

FXG

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 07:34
Pulvar candidate à Paris

Audrey Pulvar candidate aux municipales à Paris

L’ancienne journaliste figurera, selon le Huffington post, sur la liste “Paris en commun” que devrait conduire l'actuelle maire PS de Paris, Anne Hidalgo. Audrey Pulvar devrait figurer en numéro 2 de la liste conduite par Ariel Weil, le maire sortant du 4e arrondissement, dans le nouvel arrondissement centre de la capitale qui regroupe désormais les 4 premiers.

Audrey Pulvar est la fille Marc Pulvar, l'un des fondateurs du Mouvement indépendantiste martiniquais. Elle a travaillé pour France 2 ("On n'est pas couché"), les Inrocks, France Inter, I-Télé, France 3 (Soir 3), TV5, LCP, LCI, D8, RTL et ATV où elle a débuté comme reporter d'images avant d'en présenter le journal. Elle a été la compagne d'Arnaud Montebourg alors que celui-ci était candidat à la primaire présidentielle du PS puis inistre du gouvernement Ayrault. Audrey Pulvar a quitté le journalisme en 2017 pour prendre la succession éphémère de Nicolas Hulot à la présidence de la Fondation pour la nature et l’homme les dix-huit mois durant lesquels ce dernier a été ministre de l’Environnement dans le gouvernement d’Edouard Philippe.

En avril 2019, Audrey Pulvar soutenait déjà la candidature d’Anne Hidalgo pour sa réélection à la mairie de Paris. Celle-ci devrait officialiser sa propre candidature en janvier ou février 2020.

FXG, à Paris

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 07:31
Arrivée de Louis Boutrin, du préfet Franck Robine et du directeur général adjoint de l'ONF Patrick Falcone, mardi 22 octobre en début d'après-midi au ministère de la Culture (photo : FXG)

Arrivée de Louis Boutrin, du préfet Franck Robine et du directeur général adjoint de l'ONF Patrick Falcone, mardi 22 octobre en début d'après-midi au ministère de la Culture (photo : FXG)

Les volcans, forêts et pitons de la Martinique plus proches de l'UNESCO

"La candidature de la Martinique a été retenue pour être présentée au président de la République. Nice et Nîmes sont recalées", a indiqué Louis Boutrin, conseiller exécutif à la CTM et président du Parc Naturel. Le jury a délibéré et fait part mardi à 18 h15 (heure de Paris) à la délégation martiniquaise de sa décision de retenir la proposition de la candidature des « Volcans et Forêts de la Montagne Pelée et des Pitons du Nord de la Martinique » pour son inscription au Patrimoine Mondial de l'UNESCO - Convention de 1972.

La délégation de Martinique conduite  par le Louis Boutrin en compagnie du préfet Franck Robine et du directeur général adjoint national de l'ONF Patrick Falcone, a été entendue hier après-midi au ministère de la Culture par le Jury d'experts du Comite Français au Patrimoine Mondial (CFPM) qui va donc soumettre ce dossier au président de la République. Celui-ci devra déposer le dossier de la Martinique devant les instances internationales de l'UNESCO en Janvier 2020.

L'année dernière, après avoir essuyé un échec à ce stade de la qualification, François de Rugy, alors ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, a vait confirmé le soutien de son ministère pour que la candidature des « Volcans et Forêts de la Montagne Pelée et des Pitons du Nord de la Martinique » soit retenue en priorité pour l’inscription de la France sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2020. Ce projet structurant pour le territoire est donc lancé pour rejoindre les merveilles mondiales comme la Grande barrière de corail d’Australie, le Château de Versailles, La Grande muraille de Chine, ou le Grand Canyon…

FXG, à Paris

 

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 05:31
Xavier Harry lauréat à New York

Mention spéciale pour Xavier Harry à New York

Le pianiste guyanais Xavier Harry a participé aux finales d'un concours international de piano organisé par Piano House Inc. à New York. Ces finales ont eu lieu les 15 et 16 septembre derniers au Carnegie hall. Il concourait dans la "Senior Category". Avec six de ses compositions dont chacune marque une étape de son parcours — "Essence of Soul", "Essence of Pain", "Essence of Tears", Essence of Spirit", "Essence of Illusions" et "Essence of Hope" —. le jury qui l'a grandement félicité pour la qualité et la force de ses compositions, lui a remis la "Special Mention" dans sa catégorie.

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 04:48
Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignation aux Antilles-Guyane

Eric Lombard, le directeur général de la Caisse des Dépôts, s'est déplacé une semaine entière aux Antilles-Guyane du 13 au 20 octobre (de Cayenne à Fort-de-France puis à Pointe-à-Pitre et enfin à Saint Martin) afin de rencontrer d’une part l’ensemble des équipes de la Banque des Territoires et plus largement du groupe Caisse des Dépôts et d’autre part ses partenaires sur les territoires : collectivités, Etat, partenaires financiers, acteurs de l’écosystème local : AFD, grands ports…

Il a profité de ce déplacement pour signer des conventions (partenariat, investissements, prêts), visiter des projets réalisés ou en cours de développement qui témoignent des actions de la Banque des Territoires dans la lutte contre les inégalités sociales et les fractures territoriales.

"Nous sommes un aménageur"

Qu'est-ce que la la Caisse des dépôts et quel est son rôle ?

C'est une institution publique qui est placée sous la protection du Parlement et à travers les Assemblées et nos équipes implantées sur tous les territoires, nous avons un dialogue permanent avec les élus des Outre-mer. Les fonds que nous gérons qui sont essentiellement les fonds de l'épargne populaire - c'est-à-dire le livret A et le LDDS - et les dépôts des notaires, nous les prêtons en général à très long terme. Ils portent intérêts et sont remboursés. Les taux sont indexés sur le niveau du livret A. Nous investissons aussi en fonds propres, c'est-à-dire que nous sommes associés au capital de sociétés d'économie mixte, de sociétés immobilières… qui portent les projets que nous accompagnons sur les territoires.

Que représente la Caisse des dépôts dans nos territoires ?

Notre présence est importante dans tous vos territoires. Par exemple, l'année dernière, nous avons prêté au logement social et aux collectivités locales 320 millions d'euros, en particulier pour construire ou réhabiliter 4000 logements. Par ailleurs, en fonds propres, nous avons investi 7 millions d'euros. Nous sommes présents à travers les 20 collaborateurs de la Banque des Territoires qui n’est pas une filiale de la Caisse, mais un de ses cinq métiers au service du développement des territoires. Nous sommes encore directement représentés à travers nos filiales (Bpifrance dont nous détenons 50 %, Egis, Icade) et leurs 38 personnels. Nous sommes aussi actifs via notre collaboration avec l'Agence française de développement (AFD).

Votre visite en Guyane a démarré par une rencontre avec le président Alexandre. La Collectivité qui a retrouvé des capacités d'autofinancement se prépare à contracter un emprunt. Etes-vous partie prenante ?

Nous en avons parlé avec le président. Nous sommes à la disposition des collectivités locales pour réfléchir sur leurs financements. Après, c'est leur décision, bien sûr. En 2016, la CDC et l'AFD ont proposé un financement à la CTG de 53 millions qui finalement ont été apportés par l'Etat sous forme de subvention. Aujourd'hui, il y a des échanges entre la CTG, la chambre régionale des comptes (CRC) et l'Etat sur une évolution de la prise en charge du RSA d'une part et du refinancement de la part d'octroi de mer versée aux communes d'autre part. Le référé de la Cour des comptes demande à ce que les prêteurs publics (AFD et CDC) regardent le dossier. C'est dans ce sens que nous avons rencontré le président Alexandre, pour étudier les sollicitations de la CTG eu égard à ses besoins.

Saint-Laurent fait l'objet d'un vaste programme d'urbanisme. Là aussi, vous êtes des financeurs ?

A Saint-Laurent du Maroni (où je ne m'étais pas rendu depuis trente ans), nous sommes sur un très grand chantier qui est un projet Action coeur de ville, un programme national, pour revitaliser le centre. Nous finançons l'expertise pour tout ce qui est lié au transport, y compris sur le fleuve. Par ailleurs, nous avons financé le nouvel hôpital – le CHOG – en prêtant 47,5M€ et le projet hôtelier sur l'ancien hôpital va nous être présenté. Avec la SIMKO, dont nous sommes actionnaires - via notre filiale CDC Habitat –, nous allons construire dans les mois qui viennent  près de 452 logements sur la zone de Saint-Maurice C'est du financement direct qui est injecté par la Banque des Territoires et derrière, nous participons aussi puisque nous essayons de construire des accords avec les acteurs du BTP pour les pousser à s'ancrer sur le territoire de Guyane en leur assurant, grâce à la programmation pluriannuelle des bailleurs sociaux, un business sur les années qui viennent. Conforter ces entreprises sur le territoire, ce sont des effets indirects des financements sur fonds d'épargne que nous injectons en Guyane.

Etes-vous partie prenante de l'Opération d'intérêt national (OIN) ?

La CDC, à travers la Banque des territoires intervient comme financeur dans tout le logement social, comme avec notre opérateur CDC Habitat qui est devenu actionnaire des SIDOM. L'OIN en Guyane est portée par l'Etablissement public d'aménagement foncier en Guyane (EPAFG) que nous finançons par des prêts Gaia de très long terme. L'EPAFG prépare sur des plans pluriannuels la mise à disposition du foncier, son aménagement et sa viabilisation avant de les revendre aux bailleurs sociaux ou aux promoteurs qui programment la construction des logements.

Vous êtes aussi partenaire de l'entreprise Voltalia dont vous avez inauguré une centrale à Sinamary...

Nous sommes associés à 20 % au capital de l'entreprise. La centrale photovoltaïque de Sinamary est un projet très important de 4 MW et de 15 millions d'euros.

Vous avez encore eu une séquence importante à Kourou...

Nous avons signé plusieurs conventions sur des produits nouveaux, que nous avons lancés récemment. Il s'agit d'un Mobi Prêt qui va par exemple financer sur la PK6 la pose de de 2,5 km de voies. Nous avons aussi constitué un Edu Prêt, qui financera la réhabilitation des écoles de la ville, du restaurant scolaire Maripas, et puis dans la catégorie prêts au secteur public local, nous finançons divers projets de la ville comme la mise aux normes du complexe omnisport, la construction de trois vestiaires à la plaine de jeux… A Kourou, le programme Territoires d’Industrie, auquel nous participons avec l’Etat et la collectivité a pour ambition le développement économique avec la diversification de l'industrie hors du spatial et l'émergence de nouvelles filières…

De quoi avez-vous parlé avec la maire de Cayenne ?

Le plus gros projet, c’est un prêt de 5 millions d'euros pour le financement des réseaux d'eau de l'agglomération. Nous avons également des travaux d'ingénierie sur la rénovation de la ville pour laquelle nous avons engagé 30 000 euros, notamment sur la rénovation des trottoirs et de l'espace public qui est réalisée par Egis, une filiale de la CDC.

Un dîner républicain était à votre programme. C'est important ce type de rencontre ?

C'est essentiel ! En fait le métier de la CDC, c'est qu'en réalité, nous sommes un aménageur du territoire par nos financements, notre ingénierie, notre participation au capital de sociétés. Ce travail, nous le faisons avec les élus, les représentants de l'Etat car ce sont eux qui sont à l'initiative des projets. Donc, quand je me déplace, je suis très attentif à avoir ce type de dialogue avec les élus locaux, les chefs d'entreprise pour les écouter en direct, mieux comprendre leurs projets pour mieux les accompagner.

Martinique

Votre visite en Martinique a débuté ce mardi par une rencontre avec le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, et le député Serge Létchimy. Quels sont les projets foyalais qui vous impliquent ?

Fort-de-France a un dossier "Action Coeur de ville" que j'aime beaucoup. Il y a 222 villes sur toute la France, outre-mer compris, qui sont concernées. A Fort-de-France, le projet avance vraiment bien. Il s'agit de travaux de reprise des réseaux, de voiries et d'études que nous sommes en train de réaliser sur la valorisation du patrimoine, le schéma immobilier... Tous ces sujets sont en cours. Nous avons aussi participé au financement du TCSP.

Le site de Kerlys que vous avez visité fait partie de ce programme ?

C'est une opération immobilière que nous faisons avec la Financière Duval, c'est une requalification d'une friche industrielle sur un montant très important puisque nous apportons 13,5 millions d'euros. Nous avons reconverti cette friche pour le tertiaire, essentiellement des bureaux.

Quel est l'objet de la convention que vous avez signée avec l'AFD ?

Nous sommes vraiment dans une alliance permanente entre la CDC et l'AFD parce que nos mandats sont très complémentaires. Nous avons signé une charte d'alliance en 2016. Et pour que cette alliance fonctionne encore mieux, nous avons signé une nouvelle convention de façon à mieux coordonner notre travail commun sachant que chacun a ses propres financements.

Concernant le site "Aéropôle", que fait la CdC ?

Nous étudions ce que nous pouvons faire en fonction des différents projets. Cela ne concerne pas l'extension de l'aéroport qui est actuellement en cours. L'aéropôle, c'est la partie qui viendra dans le prolongement de l'actuel aéroport pour y développer un site hôtelier, de la restauration, des bureaux tertiaires, des espaces de showroom... L'idée étant d'ancrer autour de l'aéroport une partie des flux qui arrivent sur la Martinique et qui n'ont pas forcément vocation à se rendre à Fort-de-France. L'idée, c'est de leur proposer un lieu de passage de qualité pour rationaliser le flux de mobilité, de touristes par exemple, vers Fort-de-France et donner de l'attractivité au complexe aéroportuaire de l'aéroport Martinique Aimé-Césaire.

De quoi a-t-il été question avec André Lesueur et Eugène Larcher ?

Dans la communauté d'agglomération de l'espace Sud Martinique, nous avons financé l'ingénierie de l'aménagement de la zone de Maupéou pour déterminer quelles seraient les possibilités de renforcement de l'attractivité en termes d'implantation commerciale tertiaire, ce qu'on peut y installer... Sur le même territoire, on a également financé une étude sur le centre aqualudique. Il n'y a pas eu de signature, mais cela nous permet de montrer que nous ne restons pas que sur Fort-de-France : la Banque des territoires est vraiment sur tout le territoire !

Avec une visite au Club Med à Sainte-Anne, le tourisme était un axe fort de ce déplacement...

Ma visite en Martinique a été largement tournée autour du tourisme qui dans cette île est un secteur très important. Nous avons par exemple des projets avec le site de l'hôtel Batelière à Schoelcher sur lequel nous réfléchissons, ou encore l'hôtel Marouba. Il sagit de voir la façon dont les choses se développent. Nous pouvons intervenir par des investissements, c'est ce qu'on a fait avec le Club Méditerranée quand on a investi en 2004 sur le site des Boucaniers. On est souvent en accompagnement du secteur privé parce que nous sommes une forme de caution qui aide d'autres investisseurs à nous rejoindre. Et nous sommes fondés à le faire dès lors que cela sert le développement local.

Guadeloupe

Votre déplacement en Guadeloupe a commencé par une rencontre avec Eric Jalton, le président de Cap Excellence, une agglomération pleine de projets...

Nous participons au financement de plusieurs projets pour lesquels nous avons déjà prêté plus de 20 millions d'euros de financements. C'est considérable, avec la réhabilitation de locaux, du centre des arts, une plateforme agroalimentaire. Nous avons signé une convention financière de 91 K€ pour l’étude de faisabilité du projet d’Agropark. C'est un vrai sujet qui se situe dans le cadre d'un des plus gros plans de rénovation urbaine. Nous participons aussi au projet de réseau de bus à haut niveau de services, le centre de valorisation de déchets…

Sainte-Rose, Bouillante, puis Goyave. Pourquoi ?

On est venu voir, écouter... A Sainte-Rose, il y a un parc éolien sur lequel nous avons investi 2,5 millions d'euros. A Bouillante, c'est l'usine de géothermie qu'on a visitée. Elle fournira bientôt 7 % de l'électricité de l'archipel. A Goyave, nonobstant la rencontre avec Ferdy Louisy, nous avons investi dans la construction d'un groupe scolaire à Bois-sec, une salle polyvalente et la rénovation de l'hôtel de ville. Ce sont des choses très concrètes, très opérationnelles.

Votre participation était très attendue pour le groupe scolaire de Goyave puisque la Région a dû se désengager. Vous arrivez un peu comme un sauveur...

On est souvent bien reçus car nous intervenons en soutien des collectivités  : c'est une relation de travail qui est très agréable parce qu'il y a de la confiance.

Quel est l'objet de la convention que vous avez signer avec le président de Région Ary Chalus ?

Il y a d'abord l'accompagnement en ingénierie sur les services d'eau et d'assainissement pour voir comment ces structures vont évoluer. Pour le moment, nous finançons l'étude. Par la suite, nous serons ravis de mettre à disposition nos outils financiers... Il y a un autre sujet sur lequel nous travaillons avec nos amis de France Active, un réseau d'accompagnement de création d'entreprises dirigé par mon prédécesseur, Pierre-René Lemas. Nous allons créer une plateforme France Active avec un cofinancement de l'expérimentation pour aider les Guadeloupéens qui veulent créer leur entreprise.

Est-ce en lien avec votre déplacement à Jarry, "territoires d'industrie" ?

"Territoires d'industrie", c'est encore autre chose, de plus grande ampleur. Nous préparons l'aménagement des terrains, des infrastructures pour accueillir des projets industriels. C'est pour les entrepreneurs qui ont déjà quelques années ! Nous allons rencontrer Philippe Gothland, le président des entreprises de Jarry, pour évoquer le plan Jarry 2030 et voir comment on peut mettre ensemble tous ses acteurs pour faire avancer ce dossier comme on l'a accompagné en Guyane par exemple.

Un mot sur le Grand port de la Guadeloupe et le projet Karukera bay...

On a déjà financé une étude d'ingénierie. La question, c'est la suite, c'est-à-dire identifier quels sont les projets qui vont émerger et qu'on pourra financer effectivement. Une fois qu'il y a un projet, il faut travailler avec des bureaux d'études pour que le projet prenne forme et qu'on ait des objets mieux identifiés pour mieux les financer.

Quel était l'actualité à Saint-Martin ?

Nous avons retrouvé Philippe Gothland, en tant que président de Figedis, pour visiter la première opération immobilière que nous avons accompagnée, à savoir le portage de l'immobilier commercial à Grand-Case du magasin Grand-Maison. Ca a été aussi l'occasion de signer dans ce magasin les statuts et le pacte d'associés de notre prochaine opération, ensemble, à Cayenne. L'intervention de la Banque des territoires a permis à Philippe Gothland d'économiser ses fonds propres, de travailler son business plan en termes d'ambition de développement. Il nous a sollicités plus vite que prévu pour qu'on l'accompagne à Cayenne, ce qui va lui permettre d'accélérer son projet sur Saint-Laurent-du-Maroni. Compte tenu du succès qu'on a connu ensemble, lui en tant qu'exploitant et nous en tant que co-investisseurs, on a envie de continuer à travailler avec lui et concourir au développement de l'emploi. A Grand-Case, il s'agit de plusieurs dizaines d'emplois.

Enfin, de quoi retourne la convention que vous avez signer avec Daniel Gibbs, le président de la collectivité de Saint-Martin ?

Cela concerne le numérique et le très haut débit. On a déjà travaillé avec la collectivité et les bailleurs sociaux sur la reconstruction post-Irma. Aujourd'hui, c'est l'accompagnement du déploiement du très haut débit à Saint-Martin et les infrastructures qui sont nécessaires avant d'imaginer d'autres interventions de la Banque des territoires. Nous avons parlé évidemment aussi du tourisme puisque Daniel Gibbs nous a sollicités pour accompagner des projets autour de la marina. Vous pouvez ainsi mesurer la diversité de nos interventions au service du développement.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 05:21
"Les apparences dépouillées", un essai de Laurent Laviolette

Etre Noir en France

Le Martiniquais Laurent Laviolette vient de publier chez HC éditions « Les Apparences dépouillées ». C'est un essai que l'auteur a voulu réaliser sous forme de dialogue avec dix personnalités originaires des Antilles et d’Afrique, pour comprendre comment lui comme ses témoins se sont défaits des entraves liées à la couleur de leur peau, libérés des assignations dictées en raison de leur seule apparence.

La première question posée à ses interlocuteurs est « quand avez-vous découvert que vous étiez noir ? » Daniel Maximin, Kareen Guiock, Olivier Laouchez, Audrey Pulvar, Jean-Marc Mormeck, Lionel Zinsou, Cécile Djunga, Lucien Jean-Baptiste, Jocelyne Béroard et Thierry Pécou se sont prêtés au jeu de l'ancien chef de cabinet de Marie-Luce Penchard, alors ministre des Outre-mer, ancien conseiller Outre-mer d'Alain Juppé pendant les primaires de la droite (2015-2016). Durant son cursus professionnel et particulièrement en politique, il a été surpris d’être perçu comme noir avant d’être un professionnel. Son livre fait écho à l'essai collectif initié par l'actrice française Aïssa Maïga et publié aux Éditions du Seuil en mai 2018, "Noire n'est pas mon métier", dans lequel seize comédiennes françaises noires ou métisses, Nadège Beausson-Diagne, Mata Gabin, Maïmouna Gueye, Eye Haïdara, Rachel Khan, Aïssa Maïga, Sara Martins, Marie-Philomène Nga, Sabine Pakora, Firmine Richard, Sonia Rolland, Magaajyia Silberfeld, Shirley Souagnon, Assa Sylla, Karidja Touré et France Zobda dénoncent les discriminations et les stéréotypes dont elles sont victimes dans le milieu du cinéma français, mais aussi à la télévision, au théâtre et dans le monde culturel en général.

Un lien évident avec l'histoire coloniale

Dans "Les apparences dépouillées", il apparaît à l'instar de ce qu'a dit Lilian Thuram, la découverte de sa couleur se fait dans les yeux de l'autre... Mais c'est Alain Juppé, le préfacier de Laurent Laviolette, qui résume bien l'état d'esprit français hexagonal : "À l’époque, ma conscience des assignations en raison de la couleur de peau n’était pas aussi éveillée qu’après la lecture de son livre. Avancer à contre-courant des complaintes et des résignations est inhabituel et courageux. Cela dénote chez son auteur comme pour les portraits qu’il dresse une commune aversion pour la soumission aux apparences. »

Voilà pourquoi, Laurent Laviolette a eu à coeur de les dépouiller pour mieux les insoumettre, ces apparences.

A l'issue de l'ouvrage, Laurent Laviolette dialogue avec Fatma Bouvet de la Maisonneuve, médecin psychiatre d'origine tunisienne : "Nous avons été éduqués par nos parents, écrit-il, dans une forme d’omerta, de docilité, de société dans laquelle il ne faut surtout pas débattre ni contester, ça explique également notre difficulté à nous

affirmer." "Cela a un lien évident avec l’histoire coloniale qu’il ne faut pas occulter, répond la psychiatre. Elle a façonné la société d’aujourd’hui, et les Français gagneraient à mieux se connaître. Il faut un dialogue, il faut se parler. Or, aujourd’hui, on ne se parle pas, et quand on ne se parle pas on entretient la paranoïa..."

FXG, à Paris

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 06:24
Jean-Michel Martial en mai 2018 lors lors de la journée nationale de commémoration de l'esclavage au jardin du Luxembourg.

Jean-Michel Martial en mai 2018 lors lors de la journée nationale de commémoration de l'esclavage au jardin du Luxembourg.

Jean-Michel Martial, le dentiste de Kourou devenu comédien...

Jean-Michel Martial, président d'honneur du CReFOM et comédien, est décédé des suites d'une longue maladie dans la nuit du 17 ou 18 octobre.

Il est né en 1952 à Madagascar et appartenait à une fratrie guadeloupéenne de cinq enfants parmi lesquels, son petit frère, le comédien Jacques Martial actuel président de MACTe.

En juin 2018, il est avec son vieux copain Bernard Boulanger, patron des Délices de Guyane

Avant d'être connu et reconnu en tant que comédien, Jean-Michel Martial a eu une toute autre vie, en Guyane, où il a été lycéen et où il a fait son service militaire. "J'ai fait mes trois années de lycée en Guyane, racontait-il en juin 2018 à l'occasion d'un événement guyanais à Paris, puis j'ai fait mon service militaire au centre spatial avant de faire mes études dentaires à Paris et de m'installer à Kourou..." Jusqu'à ce qu'il décide de changer de vie et de pays pour devenir comédien ! C'était en 1983.

Sa première apparition au cinéma, c'est dans le onzième James Bond, le fameux"Moonraker" en 1979. On le retrouve en 1986 dans "Les frères pétards" d'Hervé Palud. Il débute sur les planches comme invité de la Comédie-Française, dans "Le Marchand de Venise" de William Shakespeare. En 1988, il suit les cours de Sarah Sanders qui le dirige dans "Mam’zelle Julie" de Strindberg. On le retrouve sur les planches du théâtre de l'Odéon en 1992 dans "Le Balcon de Jean Genet", mise en scène par Luca Ronconi. La même année, Cédric Klapish lui donne un joli rôle dans "Rien du tout" aux côtés de Fabrice Luchini, puis c'est "Siméon" de Euzhan Palcy dans lequel il joue Max. L'année suivante, Raoul Peck lui donne le rôle-titre dans "L'Homme sur les quais".

Triomphe avec "Edmond", la pièce aux cinq Molières

Il fonde la compagnie "L’Autre Souffle" en 1997, avec laquelle, il produit, coproduit, ou met en scène des pièces de théâtre comme "Liens de sang" ou "Martin Luther King Jr - La force d'Aimer".

Au café de la place, Paris 18, en octobre 2017

On le retrouve ensuite au cinéma dans "Sucre amer" et "1802, l'épopée guadeloupéenne" de Christian Lara, dans "Antilles sur Seine", "Un crime au paradis" de Jean Becker, dans la première partie de "Genre humain" de Claude Lelouche ou encore dns "Trésor" de Claude Berry. Son dernier film, c'est "Edmond", d'Alexis Michalik, sorti en 2019. Il y tient le rôle d'Honoré qu'il a tenu pendant plus de 300 représentations dans la pièce de théâtre du même nom, qui a décroché cinq Molières. "Ce n'est même plus un succès, déclarait-il à France-Antilles en octobre 2017, c'est un triomphe ! Il faut dire les choses comme elles sont ! C'est suffisamment rare pour pouvoir en être heureux."

Jean-Michel Martial a aussi beaucoup joué pour la télévision. On l'a vu dans "Profilage", "les Cordier, juge et flic", "Plus belle la vie", "Braquo", "Camping paradis", "Tropiques amères", "Rose et le soldat"... Il joue dans la série "Plan coeur", diffusée depuis décembre 2018 sur Netflix.

Le 8 janvier 2018, alors président du CReFOM, il participe à l'hommage à la poilicière municipale de Montrouge assassinée par Ahmédy Coulibaly, Clarissa Jean-Philippe

En 2015, il crée le festival de théâtre Kanoas qui ouvre sa scène aux théâtres des Outre-mer à Paris et Vitry. "J'aime les auteurs de la Caraïbe, leur écriture et il faut que les gens sachent qu'on pense de cette manière quand on est de l'autre côté de l'eau", disait-il pour expliquer la ligne éditoriale de son festival.

L'année suivante, il est élu président du Conseil représentatif des Français d'Outre-mer. Mais la maladie est déjà là et quelques mois seulement après avoir passé la présidence de l'association à Daniel Dalin, il s'est éteint. Les habitués du café de place à côté de la mairie du 18e, non loin de là où il vivait et où il avait ses habitudes, ne croiseront plus son imposante silhouette et son sourire charmeur.

FXG, à Paris

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 05:24
Macron dans l'océan Indien

Mayotte, Glorieuses et Réunion au programme présidentiel

Le 5e déplacement en Outre-mer d'Emmanuel Macron, son premier en tant que président dans l'océan Indien, sera placé sous le signe du régalien avec la lutte contre l'immigration clandestine à Mayotte et de la protection de la biodiversité à l'île de Grande Glorieuse, et à La Réunion, sous le signe de l'emploi, de son développement économique et son intégration régionale dans l'Indo-Pacifique et de l'insertion et de l'inclusion sociales.

Le président considère ce déplacement — de 22 au 25 octobre — comme son plus important depuis le G7 à Biarritz.  Avec la cohorte de membres du gouvernement (quatre ministres et deux ou trois secrétaires d'Etat), Emmanuel Macron entend leur déléguer des missions sur place.

Le régalien à Mayotte

A Mayotte, première étape de ce voyage officiel, il sera avant tout question de l'"opération Shikandra", ce plan civilo-militaire de lutte contre l'immigration clandestine. Après son débarquement à Pamandzi où il recevra les honneurs militaires et un accueil républicain, il prendra place à bord d'un des navires intercepteurs et rencontrera à Mamoudzou les forces spéciales allouées à "Shikangra". Il ira ensuite, "en plein air", à la rencontre de la population avant de déjeuner avec les élus à la mairie de Mamoudzou où il sera question des 1,6 milliards d'euros du plan de convergence et de transformation, de l'éducation, des transports, des infrastructures et de la santé (à ce sujet l'Elysée a indiqué que Dominique Voynet qui avait été en charge d'une mission sur la coopération santé avec le préfet Renouf, est la nouvelle directrice de l'Autorité Régionale de Santé de Mayotte (qui se détache donc de celle de la Réunion).

Le président se rendra ensuite à Mtsamboro, la commune la plus proche de l'ile voisine d'Anjouan, lieu principal d'arrivée des kwassa kwassa et de leurs passagers clandestins. Il s'agit pour le président de voir par lui-même l'efficacité et les premiers résultats de la stratégie opérationnelle développée avec "Shikandra". L'Elysée annonce qu'il y a eu 22 000 reconduites au 1er octobre.

Le soir, retour à Pamandzi pour un hommage à Zéna M'Déré, une "chatouilleuse", décédée il y  vingt ans. Le président lancera l'année Zéna M'Déré en présence de femmes investie dans la vie locale.

Première visite présidentielle aux Eparses

Le 23, le chef de l'Etat se rend à l'île de Grande Glorieuse dans l'archipel des Eparses, un "hot spot" de la biodiversité, pour y rester une heure environ. Le président sera accompagné d'une délégation de scientifiques internationaux. Alors que c'est la première fois qu'un président de la République fait un tel déplacement, l'Elysée évite de parler de visite de souveraineté alors que l'archipel fait l'objet d'un litige avec Madagascar. L'Elysée indique encore que ce déplacement a été préparé en concertation avec les autorités malgaches et que "les structures de dialogues qui ont été mises en place avec les pays voisins continuent pour trouver en bonne intelligence la meilleure façon de préserver la biodiversité". De retour à Pamandzi, le président repartira directement pour La Réunion.

Le développement économique à La Réunion

Après un hommage au monument aux morts de Saint-Denis, le président se rendra au forum NXSE, le "Business Forum des start up au carrefour de l’Europe, l’Afrique australe et du grand océan Indien". Il promouvra le "Choose La Réunion" dont 'objectif est d'attirer les entrepreneurs français et internationaux pour qu'ils investissent à la Réunion et de faciliter les projections d'entreprises réunionnaises à l'extérieur de le l'île.  A l'issue de ces échanges, le président prendra la parole. "le propos du président, indique le Château, est clairement de travailler sur la croissance économique à La Réunion".

Le 24 octobre, le président débutera la journée par une rencontre avec les représentations citoyennes, celle que la Région s'est donnée et celle qui siège désormais à l'observatoire des prix, des marges et des revenus.

En fin de matinée, le chef de l'Etat remettra la croix de grand officier de l'ordre national du Mérite à Thérèse Baillif pour son action menée contre les violences faites aux femmes. Suivra un déjeuner républicain avec les parlementaires, les présidents des deux collectivités et les maires avant une séquence l'après-midi consacrée à l'insertion avec des demandeurs d'emploi et des porteurs de projet à la mission locale de Saint-Paul.

Le 25, le président se rendra à Petite-île visiter une exploitation agricole qui fait du maraîchage, de la viande et de la canne. L'Elysée assure que le président accordera son attention aussi bien aux filières organisées en coopératives qu'aux indépendants, de même qu'aux marchés de gros...

Globalement, l'Elysée dit s'attendre "à un accueil républicain, c'est la culture de ces territoires". Et Face à l'annonce de la manifestation de la CGTR prévue le 24, l'Elysée tempère encore : "On s'adapte au libre exercice du droit de manifester"...

FXG, à Paris

La délégation présidentielle

Les ministres Annick Girardin (Outre-mer), Muriel Pénicaud (Travail), Didier Guillaume (Agriculture), et les secrétaires d'Etat Agnès Pannier-Runacher (Economie), et sous réserve Marlène Schiappa (Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations) seront du déplacement. Laurent Nunez, secrétaire d'Etat à l'Intérieur (sous réserve du ministre Christophe Castaner) ne participera qu'à la séquence mahoraise. En outre une cinquantaine de pdg dont celui de CMA-CGM, devraient intégrer la délégation présidentielle.

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