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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 16:00

Une révélation historique concaincante

« Joséphine de Beauharnais est bel et bien native de Sainte-Lucie »

josephine1.jpg« Les craintes économiques  de la Martinique à la fin de l’esclavage en 1848 combinées à l’accès au pouvoir de Napoléon III engendrent  la nécessité  réciproque de tricher sur la réalité historique de l’origine de Joséphine. » L’historienne britannique Suzannah England-Ancey vient d’aboutir des recherches dont les conclusions démontrent que Joséphine de Beauharnais (1863-1814), première épouse de Napoléon 1er et grand-mère de Napoléon III, est née à Sainte-Lucie et non à la Martinique comme communément admis. Cette révélation doit faire l’objet de l’édition d’un livre à la fin de l’année 2014, centenaire de sa mort.

Un entrepreneur hôtelier de Sainte-Lucie, s’estimant propriétaire des droits d’auteur, veut interdire la publication.

FXG, à Paris

 


La thèse : Née à la Causette, Paix-Bouche, Carenage, Sainte-Lucie

Firmin-Massot-Josephine-de-France.jpg« Il y avait quelques écrits qui permettaient de donner corps à ce qui n’était qu’une croyance populaire, un savoir local », raconte l’historienne Suzannah England-Ancey. Le premier est d’un avocat britannique, John Jeremy, envoyé à Sainte-lucie de 1825 à 1831 pour réécrire le droit saint-lucien apres la rétrocession de l’île par la France en 1814. Il ecrit en 1831 : « J’ai visité le lieu de naissance de Joséphine… » Il cite un certain Louis-Isaac Martin-Raphaël, beau père du frère de Romain Juge procureur general de Sainte-Lucie. Martin-Raphaël est un ami d’enfance de Joséphine et cette derniere l’a recu ultérieurement à la Malmaison. Martin-Raphaël dit qu’il a rencontré dans le sud de l’île, un an avant sa mort, une Marie-Josèphe Rual de Lomel, contemporaine de la mère de Joséphine. Elle lui aurait dit : « Oh, Joséphine ! Elle n’a fait que naître à Sainte-Lucie. »

Le deuxième écrit est d’Henry Breen, un Irlandais qui sera maire de Castries puis gouverneur de Sainte-Lucie. Il publie ceci en 1851 : « J’ai rencontré une vieille dame de couleur, Mme Dédé qui travaille pour  le procureur general. Elle a vu naître Joséphine. » Suzanne England-Ancey est parvenue à retrouver sa trace dans les registres des esclaves instaurés depuis l’abolition de la traite. Une certaine Madelon Dédié correspond à cette Dédé, esclave africaine, du point de vue de l’âge et du lieu de résidence qui est l’habitation de l’oncle de Joséphine à Gros-Ilet.

josephine-beauharnais-imperatrice-tascher.jpgLe troisième document est d’un prêtre de Gros-Ilet, Dom Daviot. En 1802, il écrit à un ami à Vesoul en France : « La femme du premier consul a vu le jour dans la paroisse qui avoisine la mienne. » Il ajoute en post-scriptum : « Le cousin germain de Joséphine me quitte à l’instant et a lu cette lettre. » Une forme d’attestation d’époque, selon les chercheurs. Ce cousin, c’est Thomas Naçaburu dont la famille est issue du pays basque. Il vivait à Sainte-Lucie au moment où ecrit Dom Daviot et appartenait au conseil de sa paroisse. En 1893, un prêtre de Castries, Louis Tapon, de la congrégation de Marie Immaculée, ouvre Univers, un journal catholique parisien, et découvre, la lettre de Dom Daviot. Il la fait traduire en anglais et publier dans The voice of Sainte-Lucie.

Ainsi, au fil de leurs recherches, Robert Devaux et SuzannahEngland-Ancey établissent que Joséphine est née à l’habitation Causette, paroisse du Carénage, au lieu-dit Paix-Bouche. Complétant leur travail par des recherches cartographiques, généalogiques, des fouilles dans les actes notariés dans toute la Caraibe, les deux historiens sainte-luciens parviennent à établir que les Tascher sont arrivés à Sainte-Lucie en février 1763, et ont acquis la Causette et ses terres avant la naissance de Joséphine en juin 1763. La vente de la propriété a été réalisée en 1778 pour couvrir les frais de mariage de Joséphine avec le vicomte Alexandre de Beauharnais, le jour de la sainte Lucie ! Les ruines de l’habitation se dressent toujours sur un morne, derrière Castries, autrefois nommée Carénage.


Joséphine martiniquaise, « une manipulation coloniale »

Divorce-de-Napoleon-et-Josephine.jpgJoséphine est, de notoriété publique, née en Martinique. « La seule documentation faisant mention de l’enfant Joséphine dont nous disposons est un acte de baptême du 27 juillet 1763 », assure Mme England-Ancey. Signée du frère Emmanuel Capucin, curé de la paroisse des Trois-Ilets, cette archive mentionne : « Aujourd’hui, 27 juillet 1763, j’ay baptisé une fille de cinq semaines (sic, en fait cinq mois, NDLR) née du légitime mariage de Messire Joseph Gaspard de Tascher, chevalier Seigneur de la Pagerie, lieutenant d’artillerie réformé, et de Mme Marie-Rose des Vergers de Sanois, ses père et mère. Elle a été nommée Marie-Joseph Rose… »

Meme si à l’époque, nombres de couples ayant émigré à Sainte-Lucie faisaient volontiers les cinq heures de traversée pour baptiser leur enfant en Martinique où ils choisissaient des parrains, ce texte est à l’origine du mythe de la naissance martiniquaise de l’impératrice. « Pourquoi ? Qui, quand, comment a été détournée la vérité historique ? », interroge Suzannah England-Ancey. L’affaire a de multiples causes. Il y a d’abord l’amélioration du sort des esclaves de Sainte-Lucie qui va gâter l’image de l’île auprès des esclavagistes martiniquais. L’avocat John Jeremy va contribuer à préparer l’abolition de 1834 en créant notamment la fonction de protecteur des esclaves. Ce fonctionnaire saint-lucien de passage à Saint-Pierre sera blessé lors d’un duel, victime de provocations de neuf planteurs martiniquais. Il est vrai que les esclaves échappés de Martinique deviennent libres à Sainte-Lucie qui refuse de les rendre… Les Martiniquais instaurent en représailles un embargo maritime sur Sainte-Lucie, créant un différent diplomatique malvenu entre Paris et Londres.

statue josephineMais c’est un événement plus mondain, en 1837, qui va contribuer à donner du sens à la naissance martiniquaise de Joséphine, la mort de la reine de Hollande, Hortense, fille de Joséphine, dans les bras de son fils, le futur Napoléon III. La nouvelle est publiée en Martinique. Trois semaines plus tard, un journal martiniquais affiche en Une un appel à souscription pour ériger un monument à « Joséphine, créole des Trois-Ilets ». Louis-Napoléon Bonaparte vient d’échouer dans une tentative de coup d’Etat. Le journal a-t-il fait un coup médiatique, un buzz ? Est-ce une démarche oportuniste en cas d’accession du descendant de l’empereur au pouvoir ? La campagne de souscription ne rapporte guère… Décembre 1851, le coup d’Etat, réussi cette fois, du président de la IIe République, relance cette volonté de lier Joséphine à la Martinique afin de lui attirer les bonnes grâces du nouvel empereur. C’est à ce moment, en avril 1852, que M. Breen, alors maire de Castries, publie l’article où il mentionne Mme Dédé, nounou de l’impératrice. Quatre mois plus tard, la Martinique réagit : un article de presse affirme que Joséphine est née en Martinique. Meme si l’article n’apporte aucune preuve, l’idée fait son chemin dans l’imaginaire martiniquais, jusqu’au jour de l’inauguration de la statue de l’impératrice, en août 1856. Trois jours de festivité sont donnés. Le maire de Castries est invité, il est depuis gouverneur de Sainte-lucie. Les autorités de la Martinique le placent protocolairement devant le gouverneur de la Guadeloupe. Henry Breen est piégé. Son superieur, le gouverneur de la Barbade lui a demandé de ne pas faire de vague. Breen a réfléchi un mois avant de se décider à y aller et de ne rien dire… Dans son rapport aux autorités de la Barbade et de Londres, il explique la thèse martiniquaise. L’affaire est close, Londres ne veut pas d’ennui avec la France. Napoléon III pense que sa grand-mère est martiniquaise…

« L’histoire de Joséphine est une histoire coloniale française, dans laquelle de nombreux protagonistes montrent un sens de fierté nationale exacerbée, que ce soit envers la Martinique ou envers Sainte-Lucie », constate Suzannah England-Ancey qui conclut ainsi : « Joséphine fait allégeance aux deux. »

 


Les auteurs de la découverte

Suzanne England AnceyRobert-J-Devaux.jpgSuzannah England-Ancey  est une historienne formée aux universités de Kingston en Jamaïque et de Cambridge en Angleterre. Elle est titulaire d’un doctorat en archéologie historique. Elle est arrivée à l’âge de 6 mois à la Barbade avant d’arriver, à 3 ans et demi, à Sainte-Lucie. Elle y a passé toute sa vie, même si elle vit aujourd’hui en France. Elle a travaillé avec un historien issu d’une famille sainte-lucienne depuis 1745, Robert J. Devaux (1934- 2013). C’est lui qui, dès l’enfance, au contact d’un compatriote, l’historien Tom Ferguson ((1876-1953), et se basant sur la tradition orale populaire de son pays, a creusé la piste de la naissance sainte-lucienne de l’impératrice Joséphine.


Pressions et menaces

josephine-decapitee.jpgSuzannah England-Ancey vient de recevoir une lettre du cabinet d’avocats sainte-luciens, Fleming, au nom d’un puissant hôtelier de l’île, Nick Troubetzkoy, lui interdisant de publier quoi que ce soit sur les recherches qu’elle a menées avec Robert Devaux. Il argue d’un contrat signé en 1999 avec les deux auteurs qu’il aurait ainsi financés. Suzannah England-Ancey ne conteste pas ce contrat : « Nous avons signé pour faire des recherches sur son domaine hôtelier, pas sur Joséphine. Il a ajouté une clause, un an plus tard, spécifiant qu’il détenait tous les droits d’auteur sur les recherches concernant ses deux habitations. » Le contrat s’intitule «  The Anse Mamin Heritage Interpretation Project ». Selon l’historienne, un autre contrat devait être signé pour d’autres financements, mais ça n’a jamais ete concrétisé. « J’ai un devoir moral envers Robert Devaux et envers Sainte-Lucie, avance Suzannah England-Ancey décidée. Je vis en France, je publie en France sous droit français. » Elle sait que sa fille fait l’objet de menaces à Sainte-Lucie ; les avocats de M. Troubetzkoy lui ont encore adressé deux nouvelles lettres, de pures injonctions. Elle reçoit des appels d’inconnus à l’accent américain subitement intéressés par l’histoire de Sainte-Lucie…

Le livre et ses quinze chapitres devraient sortir vers la fin de l’année chez un éditeur français en langue anglaise. La traduction française reste à écrire.


La tête de Joséphine

La statue de Joséphine à Fort-de-France a été inaugurée le 29 août 1856. Elle mesure approximativement de 5 mètres de haut. Elle a trôné ainsi plus d'un siècle au centre du parc de la Savane, avant d'être reléguée dans un de ses recoins sur ordre du maire de Fort-de-France, Aimé Césaire en 1974. En Septembre 1991, la statue a été décapitée, rappelant le sort de la guillotine auquel elle échappa.  Certains Martiniquais voient en elle une illustre ancêtre née dans l'île (ils vont déchanter avec ce travail) ; d'autres voient celle qui aurait conseillé à Napoléon Bonaparte de rétablir l'esclavage en 1802 alors que ce système avait été aboli par la Révolution Française en 1794.

La tete de Joséphine, selon le Martiniquais Jean Pierre Osenat, commissaire-priseur parisien, serait dans une caisse entreposée dans un bâtiment municipal de Fort-de-France.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 07:30

Les socialistes sauvent l’honneur Outre-mer, le FN prend ses marques

Tandis que le parti socialiste essuie une de ses plus grandes défaites dans l’Hexagone (avec un score aussi mauvais que celui obtenu par Michel Rocard en 1994), il sauve la mise outre-mer en passant de la troisième à la deuxième place. Certes, l’UMP garde la tête, mais, au final, rien ne change puisque la répartition des sièges reste la même que lors du dernier mandat en ce qui concerne la représentation ultramarine au Parlement de Strasbourg.

Le mode de scrutin européen tient compte du score sur l'ensemble de la section au détriment du résultat départemental. D’où la déconvenue de Philippe Le Constant, tête de la liste Union des Outre-mer. Malgré son résultat à la Martinique (1er avec plus de 27,5% des suffrages exprimés), il n'arrive pas à mobiliser autant en Guadeloupe (23,55%), ni en Guyane (7,5%), ni même dans sa zone où il dépasse tout juste les 15 %. C'est donc Louis-Joseph Manscour, 3e sur la liste du PS, qui occupera le siège de la section Atlantique. Maurice Ponga, tête de liste UMP, retrouve son siège pour la section Pacifique, ainsi que Younouss Omarjee (Union pour les Outre-mer, soutenu par le Parti progressiste martiniquais et le parti Guadeloupe unie socialisme et réalité du sénateur Jacques Gillot), pour l'Océan Indien.

La liste des Verts arrive en 4e position dans l’ensemble de la circonscription. Avec le Guyanais José Gaillou, numéro 2 de la liste, qui dépasse les 40 % en Guyane, les Verts réitèrent un peu l’exploit de 2009 quand le Guadeloupéen Harry Durimel, tête de liste des Verts, avait fait une razzia sur les voix de son île, mais, lui aussi, insuffisamment pour être élu…

Jolie performance aussi pour l’extrême gauche qui a misé sur les secrétaires généraux des syndicats CGT de la Martinique et de la Guadeloupe et se place en 5e position avec 9,53% des voix dans la circonscription. Alors que cette liste ne dépasse pas les 2% dans l’Océan Indien, elle dépasse les 7% en Guadeloupe et les 13% a la Martinique. Derrière elle, le FN frise les 8%. La liste Bleu marine se classe 2e à Saint-Martin (16,95%) et à Saint-Barthélemy (31,67 %), 3e à la Guyane (14%), à Saint-Pierre et Miquelon (15,46%), à la Guadeloupe (8,65%) et en Nouvelle-Calédonie (11,6%), 4e en Polynésie (7,72%) et dans l’Océan Indien (11,7%).

Par ce scrutin, on peut dire qu’un électorat FN existe désormais dans l’Outre-mer et non plus seulement à Saint-Barth et en Nouvelle-Calédonie…

Quant au Modem-UDI, il plafonne à 5% sur la circonscription et même dans l’Océan Indien, il n’arrive qu’à 8%, malgré Nassimah Dindar et Thierry Robert.

Tous ces résultats devraient toutefois être remis à leur juste valeur puisqu’ils sont l’expression d’à peine 10% des votants, soit guère plus que 75 000 électeurs.

FXG, à Paris

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 07:00

La fin des quotas sucriers et les Outre-mer

Le député réunionnais Jean-Claude Fruteau (groupe socialiste, républicain et citoyen) a interpellé mercredi à l’Assemblée nationale, la ministre des Outre-mer sur la menace que constitue pour la survie de la filière canne, sucre, rhum, bagasse et la pérennité de son modèle social (18 300 emplois a la Réunion, soit 13 % de l’emploi privé) la fin programmée des quotas de sucre en octobre 2017. M. Fruteau qui a déjà planché sur le sujet avec la délégation outre-mer du palais-Bourbon (un rapport sur le sujet a été remis mercredi matin au Premier ministre), estime que « la libéralisation du marché européen du sucre entraînera à très court terme la baisse des cours mondiaux et conduira à une intensification de la concurrence ». Mais au-delà de ce danger, il en a pointé un autre, celui qui concerne les accords de libre-échange que négocie la Commission européenne avec de nombreux pays producteurs de sucres roux : « Ces accords, à l’instar de ceux qui ont été signés en 2012 avec la Colombie et le Pérou, constituent également un risque majeur pour le marché de niche des sucres spéciaux des départements d’outre-mer. » L’Europe étant le principal débouché de la production des départements d’outre-mer, Jean-Claude Fruteau attend du gouvernement qu’il intervienne auprès de la Commission européenne pour que le sucre roux soit exclu des libéralisations accordées dans les négociations internationales en cours et à venir.

La ministre a d’abord voulu se montrer rassurante en indiquant que le rapport de la délégation outre-mer et ses « pistes de travail tout à fait intéressantes » allaient être expertisées. Elle a aussi déclaré que son gouvernement s’était engagé « à accompagner la filière dans les années à venir ». Sur la question des accords commerciaux, Mme Pau-Langevin a assuré que le gouvernement avait déjà pris la décision de demander à la Commission européenne « l’exclusion du sucre roux de canne des prochains mandats de négociation pour les accords de libre-échange avec les pays ACP dans la mesure où, effectivement, ces négociations peuvent déstabiliser une filière exposée à une forte pression concurrentielle ».

La filière canne, sucre, rhum, bagasse dans les départements d’outre-mer concernés (Réunion, Guadeloupe, Martinique) produit plus de 260 000 tonnes de sucre. L’Europe en produit 16 millions de tonnes.

FXG, à Paris


GPL et l’éventuel report des élections pour la collectivité unique

« S’il est décidé de modifier le calendrier national, les élus de l’outre-mer seront consultés sur toute éventuelle modification de la date des élections. » George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, a répondu, mercredi à l’Assemblée nationale, par ces mots à la question du député martiniquais Bruno-Nestor Azerot (Groupe gauche démocratique et républicaine) qui s’inquiétait d’un éventuel nouveau report des élections pour les collectivités uniques de Martinique et de Guyane prévues en mars 2015. Le député Azerot a rappelé à la ministre que ces élections ont déjà été reportées trois fois puisqu’elles devaient avoir lieu en 2012, puis en 2014 et désormais en 2015. Mais comme le gouvernement est actuellement engagé dans une réforme territoriale structurelle d’envergure, avec le projet de supprimer les departements et de diviser par deux le nombre de Régions, le parlementaire s’est fait l’écho des inquiétudes de ses compatriotes guyanais et martiniquais qui voudraient que leur choix, exprimé lors de la consultation populaire de 2010, soit respecte. Si George Pau-Langevin a promis que les élus de ces deux collectivités seraient consultés en cas de nouveau report, elle a aussi indiqué que « à l’heure où le président de la République achève ses consultations, il est prématuré d’indiquer quel sera le nouveau cadre institutionnel de droit commun applicable dans l’Hexagone ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer ». Elle a toutefois souligné que « la création de collectivités uniques réunissant les compétences des régions et des départements peut être considérée comme une préfiguration de ce qui serait envisagé dans l’Hexagone » avant de se montrer rassurante : «  Sachez que le gouvernement respecte les choix des électeurs de chacune des collectivités d’outre-mer. »

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:00

Européennes : l’Outre-mer à rebours du national

Alors que le PS dans l’Hexagone plafonne à quelque 14,5 % des voix, en outre-mer, la liste Union de la Gauche conduite par un Réunionnais PS, Philipe Le Constant progresse de la 3e position en 2009 à la 2e

En pratique, la répartition des sièges va demeurer inchangée au Parlement de Strasbourg. Le Néo-calédonien Maurice Ponga (UMP) se succède à lui-même. Un député martiniquais PS, Louis-Joseph Manscour remplace un député PS guadeloupéen, Patrice Tirolien, et dans l’Océan Indien, le divers gauche Younous Omarjee retrouve son siège.


Les résultats globaux

Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 21.70% (14 864 voix)

Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 19.99% (13 696 voix)

L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE): 14.97% (10 255 voix)

Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMANN): 10.16% (6 963 voix)

Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD): 9.53% (6 526 voix)

Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 7.98% (5 464 voix)

UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 5.06% (3 469 voix)

Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP):  3.46% (2369 voix)

Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS): 1.76% (1 204 voix)

Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN): 1.56% (1 070 voix)

Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 0.99% (675 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. LE GALLET): 0.97% (662 voix)

UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT): 0.87% (598 voix)

Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT):  0.43% (298 voix)

Ultramarins et ultramarines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN): 0.29% (198 voix)

Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0.15% (105 voix)

Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT): 0.06% (42 voix)

Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0.04 (29 voix)

Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0.04% (26 voix)


Les résultats détaillés par collectivité

Saint-Pierre et Miquelon

Taux de participation: 17.21% (851 votants) - 2009: 21.35%

 

 

Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 29.77% (231 voix)

Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 29.38% (228 voix)

Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 15.46% (120voix)

UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 13.79% (107 voix)

Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD): 4.77% (37 voix)

L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE): 3.61% (28 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. LE GALLET): 2.96% (23 voix)

Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0.26% (2 voix)

Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP): 0

Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT): 0

Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMAN): 0

UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT): 0

Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0

Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT): 0

Ultramarins et ultramrines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN): 0

Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN): 0

Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 0

Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS): 0

Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0

 


Guyane

Taux de participation: 9.98% (8 262 votants) - 2009: 12.59%


Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMANN): 40.79% (3 185 voix)

Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 15.24% (1 190 voix)

Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 14.01% (1 094 voix)

Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 7.50% (586 voix)

L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE): 6.95% (543 voix)

UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 5.06% (395 voix)

Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD): 3.20% (250 voix)

Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN): 1.40% (109 voix)

Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 1.31% (84 voix)

Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS): 1.08% (84 voix)

Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP): 1.02% (80 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. LE GALLET): 0.81% (63 voix)

UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT): 0.76% (59 voix)

Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT):  0.45% (35 voix)

Ultramarins et ultramarines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN): 0.23% (18 voix)

Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0.10% (8 voix)

Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT):  0.05% (4 voix)

Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0.05% (4 voix)

Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0


Martinique

Taux de participation: 11.42% (34 844 votants) - 2009: 13.83%

 

L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE): 27.52% (8 589 voix)

Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 20.66% (6 446 voix)

Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 16.54% (5 162 voix)

Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD): 13.40% (4 180 voix)

Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMANN): 5.31% (1 656 voix)

Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 4.69% (1 464 voix)

UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 4.14% (1 292 voix)

Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP): 2.31% (722 voix)

Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN):1.29% (403 voix)

Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS): 0.90% (280 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. LE GALLET): 0.84% (261 voix)

UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT): 0.83% (260 voix)

Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 0.78% (243 voix)

Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0.31% (98 voix)

Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT):  0.37% (116 voix)

Ultramarins et ultramarines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN): 0.07% (22 voix)

Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT): 0.02% (6 voix)

Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0.02% (5 voix)

Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0


Guadeloupe

Taux de participation: 9.26% (28 380 votants) - 2009: 14.61%

 

Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 27.88% (7 339 voix)

Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 23.35% (6 148 voix)

Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 8.65% (2 277 voix)

Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMANN): 7.96% (2 095 voix)

Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD): 7.53% (1 983 voix)

UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 5.81% (1 529 voix)

Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP): 5.55% (1 462 voix)

L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE): 3.72% (980 voix)

Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS): 2.94% (775 voix)

Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN): 2.12% (558 voix)

Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 1.25% (330 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. LE GALLET): 1.02% (269 voix)

UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT):0.9% (237 voix)

Ultramarins et ultramarines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN):0.60% (158 voix)

Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT):  0.46% (121 voix)

Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0.09% (25 voix)

Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT):  0.09% (23 voix)

Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0.04% (11 voix)

Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0.03% (9 voix)


Saint-Martin

Taux de participation: 10.66% (1 960 votants) - 2009: 11.07%

 

Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 37.76% (640 voix)

Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 16.93% (287 voix)

Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 15.16% (257 voix)

L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE): 6.14% (104 voix)

UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 5.49% (93 voix)

Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP): 4.42% (75 voix)

Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD): 4.31% (73 voix)

Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS): 3.54% (60 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. LE GALLET): 2.36% (40 voix)

UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT): 1.83% (31 voix)

Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT): 1.53% (26 voix)

Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT): 0.53% (9 voix)

Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMANN): 0

Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0

Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0

Ultramarins et ultramarines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN): 0

Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN): 0

Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 0

Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0


Saint-Barthélemy

Taux de participation: 14.92% (727 votants) - 2009: 14.62%

 

 

Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 43.51% (305 voix)

Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 31.67% (222 voix)

UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 7.56% (53 voix)

Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP): 4.28% (30 voix)

Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 3.99% (28 voix)

Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMANN): 3.85 % (27 voix)

L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE): 1.57% (11 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. LE GALLET): 0.86% (6 voix)

UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT): 1.57% (11 voix)

Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS): 0.74% (5 voix)

Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD): 0.43% (3 voix)

Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT): 0

Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0

Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0

Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT): 0

Ultramarins et ultramarines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN): 0

Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN): 0

Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 0

Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0


Nouvelle-Calédonie

Taux de participation : 27.05  % soit un taux en légère hausse par rapport au scrutin de 2009 (21.82 % )

 

- Pour la France des outre-mer (UMP) : 41.91%

- choisir notre Europe (PS) : 17.36%

- UDI-MODEM: 16.10%

- Liste bleu marine (FN) : 11.60%

- Union pour les outre-mer (DVG) : 7.81%

- Debout la France : 1.49%

- Lutte ouvrière : 1.27%

- UPR outre-mer : 0.87%

- Alliance des régionalistes : 0.67%

- 100 000 votes contestataires : 0.45%

- Espéranto langue commune : 0.35%

- Ultramarins et ultramarines : 0.04%

- alliance écologiqte indépendantiste : 0.03%

- Europe citoyenne : 0.02%

- synergie Europe outre-mer : 0.01%


Polynésie française

Taux de participation : 14.97% soit une baisse de plus de 7 points par rapport au scrutin de 2009 (22.59%)

 

 

- Choisir notre Europe  (PS)  : 40.12%

- Pour la France des outre-mer (UMP) : 24.55%

- L'union des outre-mer (DVG) : 10.31%

- Liste bleu marine (FN) : 7.72%

- Europe écologie : 6.54%

- UDi-MODEM : 5.20%

- Féministes pour une Europe solidaire : 2.17%

- Lutte ouvrière : 1.21%

- Alliance des régionalistes : 1.18%

- UPR outre-mer : 0.95%

- Espéranto langue commune : 0.04%

- Europe citoyenne : 0.01%

- parti fédéraliste européen : 0.01%


Wallis et Futuna

Taux de participation : 48,8% (40,02% en 2009)

 

- pour la France des outre-mer (UMP) : 34.88%

- choisir notre Europe (PS) : 28.51%

- L'union pour les outre-mer (DVG) : 23.95%

- UDI-MODEM, les européens : 6.85%

- Europe citoyenne : 2.40%

- Liste bleu marine (FN) : 2.02%

- lutte ouvrière et combat ouvrier : 1.18%

- Debout la France : 0.13%

- parti fédéraliste européen : 0.07%


Les résultats dans la section de l'Océan Indien
 Taux de participation 21.75% (147 231 votants) - 2009: 33.6%


Pour la France des outre-mer (UMP - M. PONGA): 24.27% (33 587 voix)
L'union pour les outre-mer (DVG - Y. OMARJEE):24.74% (34 239 voix)
Choisir notre Europe (UG - P. LE CONSTANT): 15.18% (21 012 voix)
Liste Bleu Marine (FN - M-L. BRASIER-CLAIN): 11.69% (16 176 voix)
UNI MODEM Les européens (CEN - L. SAM): 8.26% (11 427 voix)
Europe écologie (VEC - Y. DUCHEMANN):  7.48% (10 352 voix)
Debout la France (DVD - H. MAILLOT): 2.49% (3 442 voix)
Lutte ouvrière et combat ouvrier (EXG - G. JOACHIM-ARNAUD):1.57% (2 167 voix)
Alliance des régionalistes (DIV - J. BICEP): 1.05% (1 448 voix)
UPR Outre-mer (DIV - D. FRUT): 1.10% (1 521 voix)
Mouvement citoyen réunionnais (DIV - J. ANGO): 0.58% (804 voix)

100 000 votes contestataires (M-F. GALLET):0.55% (767 voix)
Europe citoyenne (DIV - P. POMPILIUS):0.43% (591 voix)
Espéranto langue commune (DIV - M. FILLAT): 0.34% (469 voix)
Féministes pour une Europe solidaire (DIV - G. NDAME MPONDO): 0.11% (159 voix)
Synergie France Outre-mer (DVD - K. CITADELLE-VELIN): 0.09% (119 voix)
Alliance écologiste indépendante (DIV - G. HADJI): 0.04% (56 voix)
Ultramarins et ultramarines, merci! (DIV - J-P. MAPOLIN): 0.03% (40 voix)
Parti fédéraliste (DIV - R. SURVEILLANT):0.01% (12 voix)  

 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:00

Cérémonie grandiose à Paris pour « nos ancêtres les esclaves »Serge-Gueso-Serge-Romana-et-Dominique-de-la-Guigneraye.jpg

Pour cette 16e journée de célébration des ancêtres, le Comité de la marche du 23 mai 1998 a fait les choses en grand. L’opération « Limyè ba yo » jusqu’alors localisée à Drancy, Saint-Denis ou Sarcelles (où se sont deroulées encore cette année des célébrations), s’est installée au cœur de la capitale, place de la Bastille, vendredi dernier, pour une grande fête de la Fraternité clôturée par un concert de Kassav !

Huchon-public-Bastille.jpgLa place grouille de monde depuis 14 heures. Un village a été dressé. C’est un espace d’échanges et de partage avec une sélection de créateurs, d’entreprises et d’artisans originaires d’Outre-mer. Le CM98 y présente son atelier de la mémoire qui permet de retrouver des aïeux esclaves, et son université populaire qui s’intéresse aux sociétés post-esclavagistes.

D-de-Kabal.jpgSur la grande scène, des comédiens, (Jean-Michel Martial, Jacky Tavernier…) lisent des textes, énumèrent des noms comme celui de Juliette, matricule 5322, nommée le 14 septembre 1849…

 Le président du conseil régional d’Ile de France rejoint le village, bientôt suivi de la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin. Sur la scène, sont alors réunis Serge Guézo, prince d’Abomey, et Dominique Louveau de la Guigneraye, aristocrate béké, neveu de Bernard Hayot. Entre eux, le descendant de l’esclave Juliette, Serge Romana, président du CM98. C’est l’histoire refoulée qui s’affiche ! « Le nègre vendeur de nègre et le blanc acheteur et vendeur de nègre, le méchant blanc contre le noir…. Des phrases qui tournent en bouclent et qui alimentent la rancœur et la haine… Conséquence ? la dignité est un combat contre soi-même ! » « Limye ba yo ! », scande la foule en réponse à Serge Romana. « La mer nous avait séparé, témoigne Serge Guèso. On se contentait de l’imaginaire. Mais maintenant on sait que l’océan n’est plus un cloisonnement. C’est le mental que l’on doit décloisonner. » Serge Romana conclut gravement : « Descendant d’esclaves et fier de l’être, ce fut un combat… »

« Cette tragédie reste inévaluable, impayable, irremboursable », GPL

GPL scene bastilleAprès le président du CReFOM, Patrick Karam, et le président de la région Ile de France (son homologue de la Guadeloupe, Victorin Lurel s’est décommandé), la ministre George Pau-Langevin a clôture la session des discours : « Aucune compensation, aucune réparation, aucune action d’aucune sorte ne pourra annuler cette catastrophe (l’esclavage, ndlr). Pas parce que cette tragédie serait sans valeur, mais parce qu’elle reste au contraire inévaluable, impayable, irremboursable. Notre responsabilité consiste aujourd’hui à faire œuvre de mémoire, de transmission et de vigilance. De vigilance, parce que si l’esclavage ne sévit plus sur notre territoire, les haines racistes et antisémites n’ont, elles, toujours pas disparu. »

Avant que les cinq stars de Kassav ne montent sur scène, vers 22h30, Tony Chasseur, Admiral T, E.sy Kennenga, Daby Touré, Chris Combette, Dédé Saint-Prix, Florence Naprix, Emelyne Michel, D' de Kabal, Jony Lerond (dit Somnanbil) et NKB, Valérie Louri et Djor ont chauffé la foule sur laquelle s’est abattue une pluie drue qui ne parvient à décourager personne. A l’entracte, une trentaine de personnes portant les tee-shirts du CM98 investissent la scène à l’appel de leur président. Serge Romana harangue une foule cachée sous des centaines de parapluies : « Cette année, les descendants d’esclaves ont pris la Bastille, l’année prochaine, ils occuperont la place de la République ! »

FXG, à ParisTony-chasseur-Florence-Naprix-Emmanuel-Gordien-Medhi-Custos.jpg

Tony Chasseur et Florence Naprix écoutent Emmanuel Gordien du CM 98 dire à Medhi Custos que son ancêtre esclave affranchi s'appelait Custoss, avec deux S. Commentaire de l'artiste : "On a du laisser un S dans une mairie..."


Serge-Romana.jpgITW Serge Romana, président du CM98

« Nous avons un créneau avec le tourisme mémoriel »

Que s’est-il passé cette année pour que la journée du 23 mai prenne une telle ampleur ?

L’an dernier, nous avons obtenu la reconnaissance du président de la République qui a nommé le CM98 et le ministre des Outre-mer est venu inaugurer deux monuments aux aïeux. Cela nous a donné une légitimité. Là-dessus, Kassav vient nous voir parce qu’il veut commémorer et qu’il veut nous aider par sa notoriété à toucher l’esprit, le cœur, l’âme de nos concitoyens ?. Kassav nous a offert une autoroute, on l’a prise.

Comment avez-vous eu l’idée de réunir autour de vous un prince d’Abomey et un béké ?

Nous avons retrouvé les noms des aïeux esclaves et 15 000 d’entre eux etaient nés en Afrique. Nous avons ramené ces 15 000 noms qui ont pris place sur un mémorial sur la plage de Ouidah au Bénin. J’y ai passé une semaine début avril, j’ai rencontre les rois, le gouvernement… Nous avons compris que ces descendants de négriers avaient une culpabilité énorme, mais qu’ils acceptaient aussi de dire que leurs ancêtres avaient participé au commerce négrier… La traite négrière et l’esclavage ont été une affaire d’élites économiques, politiques, occidentales, africaines, indiennes, chinoises. C’est à l’occasion de ce travail que j’ai rencontré Serge Guézo.

Certains vous reprochent de faire de la mémoire pour de la mémoire…

Je fais de la mémoire parce que la politique mémorielle sert à unir une population. Les commémorations de la fin des deux guerres mondiales comme celle du 10 mai, c’est une politique d’unité nationale. Ici, nous cherchons à unir les descendants d’esclaves de façon positive, car on n’unit pas les gens sur une mémoire fracturée. A la différence de la Shoah ou des génocides arménien et Tutsi qui sont arrivés dans des populations déjà constituées, l’esclavage correspond au temps de la fondation de notre population. Elle est restée depuis en déshérence. Nous sommes descendants de survivants et ces survivants, il faut les honorer. L’idée d’être descendants de survivants va positiver cette histoire, nettoyer ses écuries de façon à mieux construire ce pays.

Ça, c’est le passé, mais l’avenir justement ?

Nous avons un créneau avec le tourisme mémoriel. Mais, pour pouvoir faire un tel tourisme, il faut assumer cette histoire, unir nos populations. Nous avons des moulins, des cimetières, une agriculture spécifique, bientôt un Mémorial Acte, mais pour cela, il faut réconcilier. Cette politique mémorielle qui dit que nous sommes des descendants d’esclaves, que les békés sont des témoins de l’esclavage, peut nous permettre d’aboutir ce projet. Je crois au tourisme mémoriel.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Serge-Prince-dAbomey.jpgSerge Guéso, prince d’Abomey, Bénin

« Quand je suis arrivé en France, très jeune, mon premier étonnement a été de découvrir une population similaire à moi, mais non-africaine. Qu’avons-nous fait pour en arriver là ? J’ai voulu connaître l’histoire pour comprendre un phénomène dont j’étais l’héritier. Qu’est-ce que je fais de cet héritage ? Comme dit la fable, le grand-père construit, le père dilapide, le fils reconstruit. Je me suis rapproché du CM98 et nos intérêts ont convergé dès lors qu’il a été question des ancêtres, des noms des ancêtres. L’histoire du peuple noir devenait mon histoire familiale, l’histoire d’une réalité que l’on doit démêler. Chacun doit se rendre compte qu’il ne peut effacer cette page d’histoire. Mais qu’on peut la corriger en se parlant. Ce qui a mis ce système en place, c’est la vénalité. Cette vénalité qui fait que nous sommes humains. L’humain, ou qu’il soit, demeure vénal, à partir du moment où il ne sait plus faire societe. »


Echos

Huchon au CReFOM

Le président PS de la Région Ile de France, Jean-Paul Huchon, qui compte des ancêtres esclaves martiniquais, a révélé vendredi soir qu’il allait adhérer au CReFOM, siégeant au college des personnalités. A son arrivée place de la Bastille, il a été accueilli par le conseiller régional UMP d’Ile de France et président du CReFOM, Patrick Karam qui l’a embrassé.

Les escarpins de GPL

Karam-GPL-et-Claudy-Siar.jpgAlors qu’elle attendait d’entrer en scène pour dire son discours, George Pau-Langevin, entourée de Patrick Karam et de Claudy Siar, s’est fendue d’un grand sourire quand un journaliste lui a fait remarquer qu’elle portait de jolis escarpins. « Je faisais référence à Mitterrand et De Gaulle », a aussitôt réagi le président du CReFOM. Celui-ci s’était demandé, lors de la formation du gouvernement Valls, « si GPL pourrait glisser ses escarpins dans les bottes de Lurel ». La ministre lui a fait savoir qu’elle préférait se concentrer sur son discours.

Les raisons de la volte-face de Claude Ribbe

Huchon-romana-ribbe.jpgQuoi que sa cérémonie du 10 mai fut honorée par Valls, Taubira, GPL et Hidalgo, quoi que Victorin Lurel et Kader Arif, secrétaire d’Etat à la memoire combattante, l’aient nommé chargé de mission pour les commémorations des deux guerres mondiales, et peut-être parce qu’il briguait en vain le poste de conseiller culturel au cabinet de la ministre des Outre-mer, Claude Ribbe s’est lâché contre Hollande et le gouvernement Valls dans sa newsletter du 23 mai. Il leur reproche la ligne éditoriale de France Ô, la renonciation à ôter le mot race de la Constitution et l’absence effective d’une maison des Outre-mer. C’est que le Creuso-marie-galantais a une idée derrière la tête : pousser le gouvernement et la mairie de Paris à forcer la banque de France, propriétaire de l’hôtel Gaillard, sis place du general Catroux, face à la sculpture "Les fers brisés", à s’en séparer pour accueillir la future cité des Outre-mer promise par Hollande. Or, la banque de France projette, d’ici 2015, d’en faire le siège du « centre de l’économie et de la monnaie ». Le comité de pilotage de ce centre est présidé par un des directeurs généraux de la Banque de France, Marc-Olivier Strauss-Kahn, le frère de DSK. Une des cibles favorites de Claude Ribbe qui a toujours, dans ses libelles corrosifs, défendu Nafissatou Diallo ! On comprend mieux désormais pourquoi…


Les imagesAdmiral-T-2.jpgAdmiral TCM98-sur-scene.jpg

L'equipe du CM98Decimus-Naimro.jpgDecimus et NaimroDesvarieux-Pipo.jpgJacob et PipoEmelyne-Michel.jpgEmelyne MichelEsy-Kenenga.jpgE.Sy KenengaKassav-1.jpgJocelyne Beroard, Georges Decimus et Jean-Philippe MarthelyValerie-Louri.jpgValerie LouriKassav-2.jpgKassav


Les gens croisés en coulissesChris-Combette.jpgChris CombetteChrtie-Campbell-Admiral-T.jpgChristie Campbell, allas Admiral TCynthia-Phibel-Patrick-Marie-Joseph.jpgCynthia Phibel et Patrick Marie-JospehDecimus-Desvarieux-Martely-en-loge.jpgLoge de starsDede-Saint-Prix.jpgDédé Saint-PrixJacky-Tavernier.jpgJacky TavernierJessica-Cyprien-epouse-Campbell-et-Glwadys-Pallas.jpgJessica Cyprien épouse Campbell et Gwladys PallasJoel-Jacques-Gustave-et-daniel-Hierso.jpgJoël Jacques Gustave, patron de G2J, et Daniel Hierso d'Outremer NetworkJose-Althey-Igo-Drane.jpgJosé Althey et Igo DranéSeymour-CRIF-et-CREFOM.jpgJean-Jacques Seymour, Yves Kamami du CRIF et Patrick Karam, president du CReFOM

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:00

Les associations ultramarines en formation chez le Défenseur des droit

La délégation à l’Egalité des chances de Français des Outre-mer se préoccupe des discriminations dont sont victimes les originaires d’Outre-mer dans l’Hexagone ; c’est d’ailleurs une des missions qui ont prévalu à sa creation par Nicolas Sarkozy en juillet 2007 après les pressions du Collectifdom. Son actuelle titulaire, Sophie Elizéon, a ainsi noué un partenariat avec le Défenseur des droits pour informer et former des associations ultramarines sur les champs de compétences, les modalités de saisine et les cas concrets résolus en faveur de l’égalité réelle dans l’accès au droit et contre les discriminations.

Jeudi après-midi, une douzaine d’associations (le Cifordom, Tous créoles !, le Cegom, Tjenbe red, le Casodom, le collectif GPX, etc…) se sont ainsi rendues au siège parisien du Défenseur des droits pour se faire présenter l’Institution (dirigée jusqu'à sa mort récente par Dominique Baudis), son réseau territorial et ses délégués en régions. Au-delà de l’explication du fonctionnement de l’Institution et de ses acteurs, les associatifs ont pris aussi quelques leçons de droit : qu’est-ce qu’un discrimination ? Les vingt critères prohibés par la loi qui permettent de qualifier une discrimination. Comment saisir le Défenseur des droits ?...

Cette première journée est la concrétisation de la convention signée le 30 septembre dernier entre Dominique Baudis et Sophie Elizéon. Mais elle a aussi été rendue possible parce que le Défenseur des droits a nommé un interlocuteur unique en charge des discriminations spécifiques dont sont victimes les originaires des Outre-mer. Deux prochaines sessions d’information et de formation devraient avoir lieu d’ici la fin de l’année, en province, pour créer un lien entre les associations ultramarines en régions et les délégués territoriaux du Défenseur des droits.

Il revient aux représentants associatifs formés hier (et à ceux qui le seront demain) de relayer auprès de leurs adhérents ces informations afin de ne pas laisser démunis les éventuelles victimes de discrimination à l’emploi, au logement ou même au crédit bancaire.

FXG, à Paris

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 06:52

Christiane Taubira pressentie pour succéder à Dominique Baudis

Christiane-Taubira.jpgChristiane Taubira, garde des Sceaux, pourrait très prochainement abandonner son maroquin ministériel pour devenir le prochain défenseur des droits, a-t-on appris à l’occasion de la cérémonie d’hommage aux victimes de l’esclavage, « Limyè ba yo », le 23 mai, place de la Bastille.

L’information a commencé à fuiter le 10 mai dernier, lors de la cérémonie d’hommage au général Dumas. Ce jour-là, sur fond de campagne électorale anti-FN, Manuel Valls, Christiane Taubira, George Pau-Langevin et la maire de Paris honoraient de leur présence, l’hommage organisé par Claude Ribbe et la mairie du 17e arrondissement. Peu après, Marine Le Pen reprochait à Christiane Taubira de ne pas avoir chanté pendant que l’orchestre de la garde républicaine et le ténor Molière Athalys interprétaient la Marseillaise. « Elle n’a pas chanté parce que Manuel Valls l’a obligée à venir. Elle portait déjà un masque fermé en arrivant », témoigne l’un des organisateurs de la cérémonie. C’est vrai que ce 10 mai à 18 heures, l’agenda de la garde des Sceaux mentionnait une commémoration de l’abolition de l’esclavage à la chancellerie… Elle a dû l’annuler au dernier moment.arrivee-valls-taubira-10-mai.jpg

Photo : Arrivée de Manuel Valls et de Christiane Taubira place du général Catroux, le 10 mai dernier.


Christiane Taubira était attendue vendredi soir à la Bastille à « Limyè ba yo ». Le CM98 l’avait programmée en clôture des prises de paroles avant le concert de la fraternité (et Kassav). La ministre s’est décommandée.

A la veille du scrutin européen, l’échéance approche pour la garde des Sceaux. Elle qui avait recasé tout son cabinet lors du départ de Jean-Marc Ayrault, est finalement restée à son poste. Reste qu’un mini remaniement est bien possible après le scrutin de ce week-end, annoncé perdu d’avance. Christiane Taubira, haïe et adulée, cible de la droite et égérie de la gauche, pourrait donc quitter le gouvernement prochainement. Depuis l’affaire des bananes, François Hollande et la ministre cherchent une issue digne et honorable. Si l’on a évoqué un temps son éventuelle succession à Jean-louis Debré, président du Conseil constitutionnel, dont le mandat arrive à échéance en mars 2016, il est désormais question de la fonction du défenseur des droits dont le titulaire, Dominique Baudis, est décédé le 10 avril dernier.

FXG, à Paris

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 06:30

Orlane-detouree.jpgOrlane se produit le 31 mai à la Réunion, son île natale, l’occasion pour la belle zoukeuse de parler de ses deux amours, La Réunion et les Antille. Interview

« Ce monde créole auquel je suis très attachée »

A quand remonte votre dernier concert à la Réunion ?

Oh la la ! Pour chanter vraiment ? Ca doit faire deux ans… J’habite à Fort-de-France, donc c’est vrai que ça n’est pas évident du tout. Par contre, aller à la Réunion, c’est tous les ans ! Il y a ma maman et toute ma famille qui est là. J’ai un garçon qui a 9 ans maintenant et pour moi, c’est très important d’entretenir ses racines réunionnaises, même s’il est à moitié antillais. C’est pourquoi, je tiens absolument à ce qu’on retourne à la Réunion au moins une fois dans l’année. Même si je ne chante pas à tous les coups !

Ce n’est donc pas la maman qui revient, mais l’artiste…

C’est l’artiste ! J’ai sorti un album au mois de décembre, qui comporte un single, Sans défaut. C’est un duo avec Patrick André. Patrick est un zoukeur assez connu à la Réunion, et c’est un amoureux de l’île où il se rend souvent, parfois assez longuement. J’aime beaucoup sa musique et je lui avais demandé de faire une chanson avec moi. On a composé ce titre à deux et il a l’air de beaucoup plaire aux radios réunionnaises. C’est comme ça que nous est venue l’idée de demander à la direction de l’Apollo Night, la plus grande discothèque de l’île, de nous faire passer.

Quelle sera la configuration ?

A l’Apollo night, c’est de la musique de club, donc il n’y a pas de live qui se fait là. Patrick et moi, on va proposer un show en compagnie du chanteur réunionnais Henrique. On va chanter sur une bande préenregistrée. Nous chanterons toujours puisque nous sommes trois chanteurs authentiques ! Nous allons présenter chacun nos répertoires respectifs, des morceaux choisis… Il y aura sûrement ma chanson Chocolat et d’autres que les Réunionnais connaissent. Mais on va surtout présenter, Sans défaut, que je chante avec Patrick et à laquelle, de façon inédite, Henrique participera, même s’il n’a pas participé à l’enregistrement. C’est plutôt sympa, parce que la musique, c’est toujours un espace de rencontre et c’est toujours intéressant de mélanger nos différents talents

Comment expliquez-vous l’amour des Réunionnais pour le zouk ?

Orlane-2.jpgJe crois pouvoir répondre que nous sommes tous issus d’un monde créole, divers et qui a ses nuances, parce qu’un Antillais n’est pas un Réunionnais et vice-versa. Malgré tout, on peut se reconnaître sur des terrains communs qui sont une certaine cadence, un certain swing, pour la musique, nos cuisines et même les gens avec ces métissages que tout le monde connaît depuis de nombreuses générations. On se retrouve dans cet espace. Nous ne sommes pas issus du même peuplement, mais un peu de la même histoire. On retrouve les mêmes goûts, les mêmes influences. Les mêmes choses nous touchent… Je connais le zouk depuis l’age de 15 ans, je connais Kassav, Expérience 7, les Aiglons, Zouk machine… C’est une musique qui touche les Réunionnais depuis toujours. Le zouk m’a beaucoup fait voyager, contre tout attente. J’ai été en Afrique, en Haïti… Là aussi, ce sont des gens qui reconnaissent le zouk comme une musique métisse, mais d’abord noire. C’est en plus une musique à quatre temps… En tapant dans les mains, en remuant un peu les hanches, on arrive tous à le danser et à le chanter. Et puis, il y a le zouk love qui est encore une des rares musiques qui se danse à deux. C’est un contact des corps, un rapprochement des gens et ça se perd un petit peu. On danse souvent tout seul sur des musiques électroniques… Heureusement que le zouk perpétue un peu cette tradition de la danse à deux et très rapprochée.

Vous chantez du zouk, mais êtes-vous influencée par le séga ou le maloya ? Les portez-vous un peu ?

Bien sûr ! Malgré les apparences, je reste profondément réunionnaise. C’est ma vie personnelle qui m’a emmenée aux Antilles et comme je suis une chanteuse, même si je fais du zouk, je chante surtout de belles chansons. J’espère (rires…) ! C’est important pour moi d’ouvrir ma carrière sur tous ces horizons. Je fais du zouk parce que je trouve que c’est une musique tres intéressante, mais je fais aussi de la mazurka, de la biguine, du jazz… La musique réunionnaise fait aussi partie de mon répertoire. J’en veux pour preuve les concerts que je donne régulièrement en Martinique, en Guadeloupe, en Haïti, où je propose du séga. Il y en a toujours sur mes albums, comme il y a toujours la langue réunionnaise. C’est important pour moi de montrer ce qu’est la Réunion, même à 20 000 km de distance. Même si les Antillais reconnaissent les Réunionnais comme des frères créoles, des frères des DOM, la Réunion reste une île lointaine. C’est pour ça qu’on m’appelle la plus antillaise des Réunionnaises ! Mais, je reste toujours la Réunionnaise qui vit aux Antilles.

Les Réunionnais ne vous ont jamais reproché ce choix ?

J’espère que non ! On a tous nos vies, nos cheminements. Je fais partie de cette humanité, je suis un être humain parmi tant d’autres avant d’être une artiste… Il y a des choses que j’ai traversées, des gens que j’ai rencontrés, qui m’ont emmenée ailleurs. Je suis influencée par mille choses, j’aime les gens et je suis curieuse des autres. Mais, ça n’empêchera jamais cet attachement profond et cordial pour mon île que je transporte partout dans mon cœur et dont je parle partout où je vais. J’ai beaucoup tourné sur la côte Est des Etats-Unis, dans les communautés haïtienne et africaine qui sont très attachées au zouk. Quand je vais dans les petites radios libres à Miami, Montréal ou Boston, je parle de la Réunion. On me dit : « C’est où, c’est quoi ? » Et je suis contente de pouvoir parler de la Réunion dans ces coins-là.

Vous faites partie de ces gens qui favorisent le lyannaj entre les deux océans…

Quand Malavoi est allé dernièrement en concert à la Réunion, j’étais avec eux. J’ai chanté Ti flè fané… C’était merveilleux, un immense cadeau que je me faisais et que je faisais à mon peuple originel. D’ailleurs, ce n’est pas fini. Je parle depuis très longtemps avec Dominique Barret de faire un album où l’on mélangerait toutes nos influences. Dominique est extrêmement cultivé musicalement et si on fait cet album, ce sera encore, comme vous diîes, une forme de lyannaj, de rassemblement et de pont entre les Antilles et la Réunion. En tout cas, on restera dans ce monde créole auquel je suis très attachée.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 07:00

Black-Kalagan--Benny-5-300dpi.jpgPremière grande scène parisienne pour le slameur Black Kalagan. Jeudi 22 mai, Black Kalagan, le slameur martiniquais était à l’affiche du Théâtre des Trois Baudets à Paris. De son vrai prénom, Victor, l’artiste de 36 ans vit à Didier?Fort-de-France. Interview.

« Exporter et enrichir mon art »

Où avez-vous trouvé votre nom de scène, Black Kalagan ?

J’ai retrouvé, à Paris, dans un studio, à l’occasion de l’enregistrement d’une compilation de reggae, un vieil ami. En entendant mes textes, il trouvait que j’étais tranchant, que je dégainais ! Il m’a appelé Callaghan, mais c’était un lapsus, il voulait m’appeler Callahan comme l’inspecteur Harry ! Du coup, on a trouvé ça tellement marrant que j’ai gardé Kalagan et j’ai mis le « black » devant par rapport à mon identité et histoire de personnaliser les choses.

Comment êtes-vous venu au slam ?

Ça s’est passé en Martinique. J’ai vécu un petit peu en région parisienne, mais là, je m’intéressais au rock, au jazz, au pop, au blues, vraiment de tout… Et c’est quand je suis revenu en Martinique que j’ai vraiment découvert le slam. Il n’a pas cette limitation de barrières musicales qui nous oblige à rentrer dans tel ou tel genre. C’est pour ça que j’ai bien aimé le slam. Du coup, on est vraiment libre à travers son écriture.

Vous vous souvenez de votre premier texte ?

Mon premier texte en slam remonte à six ans déjà. J’étais dans un restaurant et il y avait des gars qui parlaient sans micro, avec de beaux textes. Fabrice Théodose, de Martinique 1ere, celui qui a ramené le slam en Martinique, m’a dit : « Essaye aussi… » Du coup, j’ai enlevé toute la musicalité que j’avais à la base. J’ai dit un texte, ça a plu ; j’en ai fait un deuxième et Fabrice a pris mes coordonnées. A chaque fois qu’il y avait une scène slam, il m’appelait et je suis entré dans l’aventure. C’était il y a six ans, mais ça fait quatre ans que je vis de mon art.

Avec l’onction qu’a dû représenter pour vous votre première partie de Grand corps malade ?

C’était une scène importante. J’étais alors avec le collectif Sous le ground. J’avais déjà l’album de Grand corps malade, mais c’est toujours intéressant de voir un artiste en live. Et là, j’ai vraiment vu comment ça jouait avec les lumières, la musique… Comment ça montait. Ça m’a conforté pour perfectionner mon art…Depuis, j’anime des ateliers slam dans les établissements scolaires, des associations pour des jeunes en difficulté ou en échec scolaire, à la prison de Ducos également… On est vraiment dans un échange constant avec son auditoire…

Vous slamez en français et en créole. Est-ce que le créole est une langue qui se prête bien à la scansion ?

Je suis à l’aise dans les deux langues, mais avec le flow qui existe dans le creole, il y a des choses plus agréables à entendre ou alors plus percutante en créole qu’en français. Mais dans une même phrase, on peut tres bien retrouver deux mots créoles avant que je n’enchaîne en français. Je n’ai pas de langue de prédilection, pour moi les deux sont liées.

Votre écriture semble inspirée par la vie...

Avec un grand V ! Ça parle aussi bien des gamins et de l’éducation, de l’individu et son positionnement, du conjoint puisqu’on sera tôt ou tard dans une famille, des parents, des voisins… C’est de la vie de tous les jours : la société, les injustices, les faits-divers…

Est-ce que ca a été compliqué pour le slameur martiniquais que vous êtes de décrocher une affiche parisienne ?

Décrocher une scène parisienne, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé ! Je sais que les programmateurs des Trois baudets ont trouvé mon travail original parce qu’on retrouve dans mon slam du jazz, du blues, du rock, de la musique antillaise. Le mélange leur a plu et c’est ma première vraie scène parisienne. J’en ai bien fait une, il n’y a pas si longtemps, dans la salle de l’Entrepôt, mais les Trois Baudets, c’est ma première vraie salle parisienne !

Qu’est-ce que ca siginifie pour vous ?

J’ai besoin de faire decouvrir mon art et de le conforter à l’extérieur de la Martinique où je suis bien assis, bien implanté. J’ai besoin de l’exporter pour voir ce qui se fait ailleurs, pour enrichir mon art, tout simplement.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:58

Affaire Elisor : le principal suspect condamné à 18 ans de prison

A l’issue de 5 jours d’audience et de trois heures et demi de délibéré, le jury populaire de la cour d’assises de Bobigny (93) a reconnu hier Amadou Fall coupable du meurtre de Claudy Elisor et l’a condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Son co-accusé, Alassane Diop, a été acquitté.

Avocats-defense-Mes-Julien-et-Portejoie.jpgJusqu’au bout, la stratégie de Mes Julien et Portejoie (photo), avocats d’Amadou Fall, aura été de plaider l’innocence de leur client malgré les nombreuses contradictions de ce dernier, mais en s’appuyant sur les imprécisions des témoins cités par Me Benaiem et Tacita, partie civiles, et l’accusation. Auparavant, l’avocate générale, Mme Brutin, avait requis une peine de vingt ans contre Amadou Fall et de huit ans contre Alassane Diop. Citant son confrère Benaïem, Me Portejoie, dans sa plaidoirie, a insisté sur le fait que la cour d’assises ne disposait que « d’une seule certitude, une seule vérité : Claudy Elisor est mort sans raison, stupidement le 5 janvier 2011, apres avoir été roué de coups le 1er janvier ». Pour autant, tout son travail, comme celui de sa consoeur, aura été de crier l’innocence d’Amadou Fall : « Les innocents ne savent pas se défendre ! » Il a cité l’intervention de Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur, disant qu’il n’y avait eu aucun incident lors de cette nuit de la saint Sylvestre, puis celle du président Sarkozy, recevant la famille Elisor et assurant que l’enquête serait exemplaire… « Cette enquête, c’est du braconnage procédural ! », a-t-il lancé à la cour après en avoir énuméré tous les couacs, jusqu'à la libération d’Amadou Fall pour cause de rupture de tonner dans le fax de la prison… Quant à Me Julien, elle n’a pas hésité à parler des 200 innocents libérés depuis 2009 des couloirs de la mort au Etats-Unis. « 50 d’entre eux avaient fait des aveux ! » Puis elle a continué sur ce registre en citant les grandes erreurs judiciaires françaises :  Richard Roman, Patrick Dills, Loïc Sécher, Marc Machin et même Daniel Legrand d’Outreau.

Cela n’aura pas a suffi à convaincre les jurés qui, comme argumentaient l’avocate générale et les parties civiles, ont privilégié la logique des faits à la stratégie de déni de la défense : C’est Amadou Fall qui a voulu entrer dans la salle où se tenait le réveillon de la famille Elisor. C’est lui qui a avisé ses amis de la cité voisine qu’il en avait ete refoulé… Et si un éventuel doute pouvait persister quant au fait de sa présence à la tête du commando vengeur, c’est bien lui qui s’est teint en blond, qui s’est débarrassé de son portable et de sa puce dès lors qu’il a su que la police enquêtait dans son entourage. Si les jurés n’ont pas été dupes des dénis d’Amadou Fall, ils ont en revanche considéré qu’il n’existait pas de preuves suffisantes pour condamner celui que trop peu de témoins ont vu tenant le pitbull en laisse lors de la soirée, ou su reconnaître lors des « tapissages » organisés par les enquêteurs, Alassane Diop.

Après l’annonce du verdict, des policiers ont été appelés en renfort, tant la colère se lisait sur le visage des proches et amis d’Amadou Fall.

Me Julien a déclaré à la presse que son client allait d'abord accuser le coup, mais probablement aussi faire appel de ce verdict.

FXG, à Paris

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