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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 08:06

Le sénateur Antoinette veut sensibiliser Matignon et l’Elysée à la ZEE

« Le moment est venu d’ériger la mise en valeur des zones économiques exclusives (ZEE) en priorité stratégique. » Le sénateur de la Guyane, Jean-Etienne Antoinette, est l’un des trois rapporteurs qui a inventorié les potentiels de la ZEE et analysé ses opportunités pour le compte de la délégation outre-mer du Sénat. Ce rapport adopté mardi dernier au Sénat, a donné lieu à dix recommandations classées selon trois axes : « La mise en place d’une gouvernance nationale cohérente et offensive ; la fédération des énergies de l’ensemble des acteurs pour le plus grand bénéfice des territoires ; la promotion aux échelons local, national, européen et mondial d’un cadre normatif favorable à une économie bleue attractive et durable. » La réforme en cours du code minier devra-t être l’occasion, selon la délégation outre-mer du Sénat de prendre en compte les spécificités des outre-mer et des activités offshore. Pour ne pas rester dans l’incantatoire, Jean-Etienne Antoinette a obtenu que ce travail soit communiqué à l’Elysée et à Matignon. Des rendez-vous sont d’ores et déjà à l’étude.

FXG, à Paris

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 08:00

L’acte de courage et de dévouement du gardien de la paix Yannick Macoral

Yannick-marcoval.jpgLe Réunionnais Yannick Macoral a été décoré mercredi dernier par le nouveau ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, de la médaille de bronze du courage et du dévouement.

C’était la première sortie publique du nouveau ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Mercredi matin, dans la cour de la préfecture de police de Paris, avant d’accueillir une nouvelle promotion de gardien de la paix et d’adjoints de securite, il a accroché au plastron de quelques policiers méritants la médaille de bronze du courage et du dévouement. Parmi les récipiendaires, le gardien de la paix, Yannick Macoral. Dans le public des invités, Emmanuelle Dijoux, son épouse, se tient au premier rang, aussi fière que son mari peut l’être en de tels instants. Et la raison de cette décoration n’est pas banale ! Le 23 juillet 2013, alors que Yannick est au poste de police de Chevilly-La-Rue, l’annexe judiciaire du commissariat de L’Haye-les Roses, où il travaille, il va connaître avec ses collègues une sacrée frayeur. « On était au poste, raconte-t-il, quand on a vu un homme se présenter avec une hache. On l’a fait entrer et il s’est mis à tout saccager, le mobilier, les vitres, la photocopieuse… Dans un premier temps, ils ne s’en prenait pas à nous. Nous avions néanmoins sorti nos armes pour le tenir à distance. On ne pouvait l’approcher. Mais très vite, il s’est jeté sur l’un d’entre nous. Le collègue agressé a tiré, en état de légitime défense, trois coups de feu… » Yannick, pendant ce temps, protégeait le seul collègue qui n’était pas armé. L’agresseur est mort à la suite de ses blessures. Une enquête a été ouverte et semble avoir établi qu’il s’agissait d’un malade schizophrène… « Cette médaille est une reconnaissance importante, témoigne Emmanuelle son épouse. On oublie que le métier de policier est dangereux et que ce n’est pas une sinécure de fonctionnaire ! » 

Cazeneuve-devant-Marcoval.jpgQuand il est entré dans la police, en 2004, Yannick Macoral ne s’attendait pas à ce genre de situation. Et après neuf ans d’expérience, il en reste encore pantois. « J’ai commencé en brigade de roulement à Saint-Brieuc (22), puis j’ai fait de la BAC de jour à Meudon (92) et, depuis que je suis à Chevilly, en region parisienne, je fais plutôt des enquêtes judiciaires délictuelles. » Son métier de flic, Yannick l’aime. Il est d’ailleurs sorti dans les dix premiers de l’école de police. Il se destinait au départ à l’enseignement et puis les circonstances en ont décidé autrement. Etudiant en géographie et en administration économique et sociale, Yannick décroche un boulot de pion au college des Deux-Canons à Sainte-Clotilde, en zone d’éducation prioritaire. C’est ainsi qu’il s’est sensibilisé aux questions de sécurité et que lui est venue l’idée de passer le concours de la police. « C’est venu tranquillement, après réflexion… » S’il a choisi sa première affectation en voie publique où il est resté plus de six ans, il se sentait attiré par le judiciaire. Depuis qu’il est à Chevilly, il travaille parfois en collaboration avec la brigade des mineurs et c’est un service qu’il aimerait fréquenter davantage. C’est vrai qu’avec son passé de surveillant de collège, les jeunes, il connaît !

Marcoval-2.jpg« Auriez-vous préférer une mutation a la Réunion à la place de cette médaille ? » Il esquive la question, pas dupe : « Travailler à la Réunion ? C’est difficile… Je ne peux rêver d’un retour à la Réunion avant dix ans. » Le combat des GPX, ce collectif des gardiens de la paix ultramarins qui militent pour réformer le système de mutation, il connaît et il suit leur actualité attentivement, mais il sait aussi que tant que le système restera tel qu’il est, il restera encore longtemps dans l’Hexagone. Ça ne le perturbe pas plus que ça. Yannick a de l’ambition et ne voudrait pas sacrifier l’intérêt de son métier à une attente interminable et frustrante. « Je préfère mettre en avant la réussite de ma carrière qu’une hypothétique mutation. » Sa femme, peut-être encore davantage fière que lui de cette médaille, l’a suivi dans l’Hexagone et, finalement, le couple s’épanouit en région parisienne, « même si le soleil réunionnais lui manque un peu », concède son mari. Elle exerce son métier de conseiller financier avec bonheur et lui sait qu’il évoluera professionnellement bien plus facilement à Paris qu’a la Réunion. En attendant, le couple revient tous les trois ans au pays. Ils s’y sont d’ailleurs mariés le 19 decembre dernier.

FXG, à Paris


Jeunesse réunionnaise

Emmanuelle-et-Yannick-Marcoral.jpgYannick est né en 1979, à Saint-Denis, comme sa maman. C’est là qu’il a grandi en partie, jusqu’au divorce de ses parents. Son père est de Saint-Paul et l’un de ses grands-pères est originaire du Loiret. D’abord scolarisé au collège Saint-Michel à Saint-Denis, Yannick rejoint ensuite son père à Saint-Paul où il intègre Maison blanche puis le lycée Evariste de Parny. Mais, c’est au lycée Geoffroy de Saint-Denis qu’il obtient son baccalauréat littéraire.

Sportif, il s’implique dans le club de handball de Saint-Denis, La source. C’est là qu’il rencontrera Emmanuelle. Pour l’heure, les nouveaux mariés n’ont pas encore d’enfant. Et quoiqu’en dise Yannick, Emmanuelle préférerait peut-être les voir naître et les élever au pays…

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 07:08

La loi d’avenir de l’agriculture examinée au Sénat

La protection du foncier et la révision du régime d’indivision, la création du comité d'orientation stratégique et de développement agricole et les avancées en matière de gouvernance, l’introduction des groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) et la transition vers l’agro-écologie, le soutien à l’installation des jeunes agriculteurs et l’adaptation ultramarine du contrat de génération sont les principales mesures intéressant les agricultures des Outre-mer dans le projet de loi d’avenir de l’agriculture en discussion jeudi soir au Sénat.

Le sénateur de Martinique et president de la délégation outre-mer du Sénat, Serge Larcher, a fait adopter quatre amendements.

Le premier amendement prévoit la représentation de l’Office de développement de l’économie agricole des départements d’outre-mer (ODEADOM) au Conseil supérieur d’orientation.

Un deuxième amendement incite les préfets à ouvrir des négociations pour la constitution d'organisations professionnelles. « Cette structuration des filières agricoles et agroalimentaires fait cruellement défaut dans les territoires ultramarins », a indiqué Serge Larcher.

Il a également obtenu qu’il soit mis un terme a l’iniquité de traitement à laquelle font face les jeunes agriculteurs domiens : « Plusieurs dispositifs de soutien financier à l’installation et à l’équipement, qui existent dans l’Hexagone, ne leur sont pas accessibles. » Désormais ils auront accès aux  financements bonifiés.

Enfin, il a obtenu du gouvernement qu’il s’engage à ce que la problématique des zones agricoles protégées soit inscrite lors de la deuxième lecture du projet de loi.

FXG, à Paris

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 05:00

Ruddy Alexis, acquitté du meurtre de Jacques Bino

Apres une dizaine de journées d’audience devant la cour d’assises de Paris, Ruddy Alexis, acquitté en 2012 par la cour d’assises de Basse-Terre, a été une nouvelle fois acquitté, hier peu après minuit (heure de Paris) du meurtre de Jacques Bino.

Philippe Courroye, l’avocat général, avait requis, hier matin, 15 à 18 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Ruddy Alexis. Avant de se lancer dans la démonstration de la culpabilité de l’accusé, le procureur rappelle les manœuvres dilatoires de la défense, le « procès colonial » dénoncé par Monseigneur Gaillot... C’est la réponse fulgurante de celui que la défense a essayé dix jours durant de mettre à mal. Il se lâche, le représentant du ministère public… Mais, ça y est, Courroye entre dans son sujet : « Un tir de la police ? Mais, il n’y avait pas de policier dans la cité Henri IV ce soir-là… Les brenneke étaient remisées… » Quant à la thèse de la milice patronale, il parle de « fiction incroyable ». Les propos de Ruddy Alexis pour se disculper ? « C’est un menteur. » Puis il assène : «  les cartouches retrouvées sur le boulevard Légitimus et dans la cité Henri IV ont été tirées avec la même arme ! » Il s’agenouille devant la cour et mime Alexis en train de tirer. « Au bout de son fusil, il y avait la vengeance qu'il voulait infliger aux forces de l'ordre », lance-t-il sûr de lui.

Me Ernest Daninthe, le premier, a ouvert le ban des plaidoiries en défense : « L’accusation repose sur le témoignage de malfrats aux casiers judiciaires bien singuliers… Des témoins anonymes à qui l’on fait dire ce que l’on veut, surtout s'ils sont des indics de la police ! Etes-vous absolument sûrs pour condamner Alexis ? » demande-t-il aux jurés. Me Sanjay Mirabeau enchaîne. Il dénonce un procès politique : « Bien sûr que c'est politique ! Aux obsèques de Bino, il y avait Ségolène Royal, José Bové et Olivier Besancenot ! » Il accuse l’Etat, les pressions de la police sur les témoins. Me Philippe Edmond-Mariette prend la relève : « Il fallait tout faire pour trouver un coupable… » Et puis il met en exergue toutes les approximations, tous les dysfonctionnements, selon lui, de l’enquête, comme d’avoir laissé se concerter les cinq camarades de soirée de Ruddy Alexis, laissés seuls et ensemble en garde à vue… C’est le tour de Me Daniel Démocrite : « Est-ce que la raison d’Etat domine ? » Et il assure que Ruddy Alexis a quitté la cité avant la mort de Jacques Bino. Quand il a fini, Ruddy Alexis s’approche de la barre et déclare : « Je suis innocent. » Les jurés ont mis cinq heures à délibérer, pour décider que Ruddy Alexis serait acquitté.

 

FXG, à Paris

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 07:00

La charge des parties civiles contre Ruddy Alexis

Ultime témoignage hier, devant les jurés de la cour d’assises de Paris qui juge en appel Ruddy Alexis, acquitté à Basse-Terre du meurtre de Jacques Bino. Ce témoin qui s’exprime en visioconférence, c’est M. Martinvallet. Il a fallu un mandat d’amener pour qu’il vienne… Ses silences en disent long sur sa peur de parler. « Vous avez peur qu’un innocent aille en prison ? », demande la défense. « Oui. » « Qui ? » « Ruddy Alexis. »

A l’issue de ce témoignage, les avocats de la défense font une ultime tentative pour demander que la cour d’assises se transporte cité Henri IV. «  La cour d’assises de Paris s’est bien transportée en Corse pour le procès Colonna », plaide Me Daninthe. L’avocat général parle de nouvelles manœuvres dilatoires. La demande est refusée.

Commencent alors les plaidoiries de la partie civile. Me Malouche, avocat de Patrick O’Brien commence : « S’il y a quelqu’un à défendre, c’est Jacques Bino ! Juger Alexis, ce n’est pas juger la jeunesse guadeloupéenne ou le LKP… » Pour lui, il s’agit « d’une méprise abjecte ». « C’est le tir d’un voyou innommable ! » Il dénonce toutes les hypothèses - crime d’Etat, action de milices patronales - comme « farfelues ». Et avec ses confrères, ils vont tâcher de démontrer qu’en sus des témoignages, il existe de preuves contre Alexis. Me Malouche rappelle que l’accusé s’est présenté comme un « père aimant, qui n’aimait pas les armes, qui était rangé depuis 1997 et qui n’était pas à la cité Henri IV le soir du meurtre ». Toutes choses qu’il va battre en brèche. Puis il aborde les témoignages concordants de Patrice Harris qui dit avoir reconnu Ruddy Alexis, de Philippe Horn qui confirme sa présence sur les lieux, et de Patrice Forbin et Didier Zénon qui disent l’avoir vu tirer d’abord sur le boulevard Legitimus, puis l’avoir suivi des yeux jusqu’au muret d’où ont été tirés les coups mortels. « Celui qui a tiré sur la bijouterie du boulevard Légitimus ce soir-là est le même qui a tiré sur Jacques Bino ! » affirme-t-il.

Guylène Nabab qui défend les intérêts de Mme Datil, l’épouse de Jacques Bino, enchaîne. Elle moque d’abord le clip de soutien à Ruddy Alexis qu’a réalisé le chanteur de Soft et professeur de droit, Fred Deshayes : « Une manipulation ». Puis elle moque en tapant du poing sur la table le soutien qu’a apporté durant tout le procès le secrétaire général de la CTU : « Ce n'est pas Alex Lollia qui a côtoyé la mort ! C'est M. Bino ! » Enfin, elle s’en prend aux « salades » de l’accusé. Elle le dit « menteur, fuyard, et manipulateur ». Patrice Tacita entre en scène. Il évoque les figures de Mandela, de Dreyfus, mais pour mieux rappeler à l’accusé que ce n’est qu’un « multirécidiviste ». Il rappelle que la victime est un ami d’enfance et son premier client… Il semble ému.

Le réquisitoire de Philippe Courroye, les plaidoiries de la défense sont attendus aujourd’hui, le verdict, sans doute tard dans la soirée.

FXG, à Paris

 

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 08:00

Un accusé mal identifié et une piste patronale non démontrée

L’audience, hier, du procès en appel de Ruddy Alexis devant la cour d’assises de Paris, a débuté avec l’audition du Patrice Harris. Un camarade qui a passé une partie de la soirée du 17 février avec l’accusé. Malgré cette proximité, Patrice Harris dit qu’il n’a pas vu la personne qui a tiré sur la voiture de Jacques Bino. Me Malouche le reprend : «  Vous disiez pourtant l’avoir identifié en 2009… » « Je n'ai jamais désigné Ruddy, j'ai toujours dit que j'avais vu quelqu'un », assure le témoin. L’avocat général Courroye lui rappelle à son tour qu’en 2010, il a déclaré avoir vu tirer Alexis sur le boulevard Légitimus… Le témoignage par visioconférence, l’après-midi, d’Agnès Dursus, sera plus éloquent : « J’ai vu un homme tirer sur un véhicule qui essayait de repartir en marche arrière. » La dame était alors à son balcon, au 4e étage de la cité Henri IV. « J’étais au-dessus de lui. Il avait un genou à terre, dans une position très expérimentée. » Selon le témoin, il y a eu deux détonations successives et le tireur était au sein d’un groupe de quatre personnes. Par contre, elle estime que ce tireur  est « un peu plus grand que M. Alexis ».

Entre ces deux témoignages, la cour a procédé à l’audition d’un enseignant et blogueur, auteur d’un livre sur le mouvement social de 2009, « LKP Guadeloupe, les 44 jours »,  aux éditions Syllepse. Il vient présenter d’une manière un peu maladroite, qui semble embrouiller les jurés, une autre piste. Il raconte après moults rappels inutiles, qu’après la mort de Jacques Bino, un commando de quatre personnes en scooter, vêtus de treillis noirs, cagoulés et armés, ont tiré sur le dénommé Jimmy Lautric avec une balle de gros calibre. Il se demande si ce sont des « milices patronales » ou « l’Etat ». « Vous n’avez pas assisté aux faits », lui dit Me Tacita, partie civile. « Deux témoins disent avoir vu M. Alexis tirer. Pourquoi cette thèse serait-elle moins fiable que la vôtre », demande Me Malouche, en partie civile aussi. « L’arrêt d’acquittement parle d’incohérence et de contradiction », coupe Me Démocrite en défense. Le ministère public, Philippe Courroye, parle quant à lui de « thèse plus suggérée que démontrée ». Il relit les déclarations de Lautric et en conclut qu’il n’a pas été touché par une balle Brenneke, contrairement çà Jacques Bino, puisqu’après avoir été touché à la jambe, il a pu partir en courant... Me Démocrite regrette que le 22 mai 2012, la chambre criminelle ait refusé d’ordonner des investigations complémentaires sur la piste Lautric. Me Daninthe, en défense aussi, revient  sur « la thèse des patrons qui défendent leurs biens » et signale que le patron de la Sodelec aurait tiré sur des casseurs. Il envisage aussi l’hypothèse des braqueurs de casseurs…

Peter O’Brien qui était dans la voiture avec Jacques Bino vient à la barre. Il raconte s’être retrouvé face au tireur après la mort de son camarade, avoir passé trois heures avec le corps avant que les secours n’arrivent… Mais surtout, il affirme avoir entendu : « Ils se sont trompés, c’était pas la BAC. » Une phrase qui donne corps à l’accusation qui défend depuis le début la thèse de l’erreur de cible.

Ce matin, la cour devrait revenir sur la reconstitution, puis les parties civiles devraient plaider. Réquisitoire et plaidoiries de la défense sont attendus demain.

 

FXG, à Paris

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 08:00

George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer

Allègement des charges et contreparties en matière d’emploi

Etes-vous satisfaites du vote de confiance des parlementaires d’outre-mer ?

Je suis contente que ce gouvernement ait obtenu une confiance large (306 contre 239, ndlr), mais je sais aussi que nos élus de l’Outre-mer ont dans leur très grande majorité voté la confiance quel que soit parfois le groupe auquel ils appartiennent puisque des membres du GDR ont voté pour nous. Cela veut dire que les députés d’Outre-mer sont prêts à nous épauler pour faire un bon travail pour l’Outre-mer.

Dans son long discours de politique générale, de Manuel Valls a été laconique avec l’Outre-mer qu’il n’a cité qu’une fois…

Une grande partie de ce qu’il a dit, notamment sur le pacte de responsabilité, l’augmentation du pouvoir d’achat des classes populaires, la facilitation de la vie des entreprises sont des points qui ont encore plus de résonnance par rapport aux problèmes de l’Outre-mer. Tout comme ce qu’il a dit sur la jeunesse à laquelle il faut rendre l’espoir, la lutte contre les discriminations, ça va tout à fait dans ce que nous avons besoin d’entendre en outre-mer. Mais ce qu’il a dit sur les Outre-mer n’est pas un discours misérabiliste convenu, il a souligné à l’intention de tous l’apport des Outre-mer à la Nation puisqu’il a bien rappelé que les Outre-mer avaient un rôle important pour la place de la France dans le monde. Et nous avons tout un programme avec lui. Nous irons dans les Outre-mer et il aura l’occasion de dire davantage de choses. Nous allons nous revoir plus précisément la semaine prochaine et, bien évidemment, on a quelques échéances qui vont être fixées.

Quelle feuille de route vous trace ce discours ?

Je vais d’abord en parler avec lui ! Mais, compte tenu de ce qu’il a dit de ses priorités, il nous faudra décliner en outre-mer l’emploi des jeunes, l’éducation, le pacte de responsabilité avec l’allègement des charges des entreprises et obtenir des contreparties en matière d’emploi. Beaucoup de points qui sont dans le discours sont des points que nous aurons à transposer sur les situations particulières des Outre-mer.

En dehors de l’abaissement des charges sociales patronales et familiales, quelle politique économique ?

Le pacte de responsabilité vise à améliorer le pouvoir d’achat pour les salariés modestes. Les travailleurs indépendants verront une baisse de leurs cotisations et il y aura une réduction des impôts de production payés par les entreprises. Beaucoup de mesures annoncées vont rajouter du pouvoir d’achat dans les Outre-mer. Nous avons aussi cette volonté de créer des emplois en particulier pour les jeunes et les seniors. Nous aurons à coeur d’appliquer ce pacte encore mieux pour les Outre-mer parce que nous avons des besoins spécifiques. La partie de son discours qui traite de la transition énergétique et de l’écologie est aussi importante, parce que nous savons qu’une grande partie de la biodiversité de la France est en outre-mer. Et pour les emplois verts, ce sont sans doute des gisements d’emplois à examiner sur l’Outre-mer.

Première confrontation pour vous, dès vendredi avec la FEDOM…

Ce ne sera pas une confrontation. Je pense plutôt à un dialogue.

D’un point de vue institutionnel, Manuel Valls a coupé l’herbe sous les pieds à tous ceux qui veulent encore des évolutions…

Il a fait des annonces fortes sur des modifications institutionnelles, mais, à mon avis, ce sera difficile de les appliquer outre-mer puisque nous avons déjà des régions monodépartementales et d’autres qui ont évolué avec un statut spécifique. En revanche, il va falloir étudier ce qui va se décliner sur les départements, mais j’ai l’impression que l’on va vraiment vers un allègement du mille-feuille.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 


Le vote des députés d’Outre-mer

Le vote contre d’Huguette Bello (GDR, Réunion), alors que le ministère des Outre-mer attendait une abstention, et l’abstention de Thierry Robert (Modem, Réunion) sont les deux surprises de ce scrutin pour GPL. Mais le fait que Jean-Philippe Nilor (GDR, Martinique) qui s'abstient, se détache du vote d’Alfred Marie-Jeanne (GDR Martinique) qui vote contre, est plutôt bien accueilli. Les trois députés UDI de Polynésie n’ont pas participé au vote. Une forme d’abstention qui va bien au ministère.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 07:00

Des témoignages à charges mais confus

La sixième journée du procès en appel de Ruddy Alexis, accusé devant la cour d’assises de Paris d’avoir tué dans la nuit du 17 février 2009 a démarré avec l’audition physique d’une des cinq personnes qui avaient passé cette soirée avec lui, Philippe Horn. Il accable l’accusé : « On avait entendu qu’il y avait des mouvements de jeunes boulevard Légitimus et on a décidé d’y aller pour participer à la casse et profiter du pillage… » Il enfonce le clou en précisant qu’ils s’étaient tous changés et masqués pour ne pas être reconnus et que Ruddy Alexis était venu armé d’un fusil de chasse et portait une cartouchière en bandoulière. Il raconte : « On s’est dirigé vers le boulevard Légitimus où il y avait des policiers qui échangeaient des tirs avec des jeunes armés. J’ai eu le temps de voir Alexis tirer deux coups de feu en direction des forces de l’ordre. » Il raconte encore que Ruddy Alexis a aidé des jeunes qui voulaient forcer le rideau de fer de la Sodelec en tirant deux fois sur le cadenas, en vain. La dénonciation est telle que l’avocat général lui dit : « Avez-vous bien conscience de conséquences de vos paroles pour l’accusé ? » « Oui », rétorque-t-il. Me Démocrite, Daninthe et Edmond-Mariette, en défense, vont alors essayer de mettre en exergue toutes les contradictions. C’est le troisième qui va ébranler le témoignage de Horn : « Il dit avoir entendu Alexis sur le boulevard Légitimus crier « O yo ? O yo ? » avant de tirer en direction du Match et de la Sécurité sociale. Il ne tirait donc pas sur la cité Henri IV… », lance Me Edmond-Mariette. L’audition des deux cousins, Patrice Forbin et Didier Zénon confirme une partie du témoignage de Horn. Si eux assurent être venus, comme l’affirme l’accusé, « faire leur curieux », contrairement à Horn « venu pour la casse », ils assurent avoir vu Ruddy Alexis armé, mais il y a des confusions dans leurs propos. Les témoins évoquent deux séries de tirs, l’un sur le boulevard, l’autre dans la cité… ils ne sont pas capables d’expliquer comment ils ont reconnu l’accusé… « Je n'ai pas vu Ruddy Alexis tirer sur Bino, mais le seul tireur que j'ai vu, c'est lui », déclare Didier Zénon. Henri Prudon vient à son tour à la barre et affirme à son tour que la rumeur a désigné Ruddy alexis comme le tireur.

Confronté à ces contradictions, Ruddy Alexis s’en tient à la même version : « Je n’avais ni arme, ni tenue de camouflage. » Pour lui, Henri Prudon l’a mené en bateau en lui cachant qu’il voulait casser et piller. « Je me suis désolidarisé », répète-t-il à l’envi. « Puisqu’on vous a couillonné, pourquoi êtes-vous resté ? », demande Patrice Tacita, partie civile. « Je les ai suivsi jusqu’aux amandiers sur le boulevard où j’ai rencontré un policier avec qui j’ai parlé cinq minutes. Il y avait déjà des détonations et une trentaine de jeunes armés. C’est là que je suis parti. » « Pourquoi a-t-on retrouvé des gants avec des traces de tir ? », poursuit Me Tacita. « Je n’ai aucune réponse, je ne comprends pas », répond-il. La défense fait observer que cette pièce sous scellés a disparu du dossier.

 

FXG, à Paris

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 07:00

Une virée à la cité Henri IV « pour voir ce qui se passait »

Que faisait Ruddy Alexis cette fameuse nuit du 17 au 18 février 2009 quand le syndicaliste de la CGTG, Jacques Bino, a été tué ? C’est autour de cette question que l’essentiel des débats a porté pour cette cinquième journée d’audience du procès en appel de Ruddy Alexis à Paris. Cette fois, les bancs de la défense sont mieux garnis. Me Démocrite a vu arriver en renfort son confrère Ernest Daninthe et Philippe Edmond-Mariette du barreau de Fort-de-France.

Le président de Journa a d’abord listé les appels passés et reçus sur le portable de l’accusé, avant de développer son emploi du temps… Ruddy Alexis se trouvait ce soir-là, vers 21 heures, avec Patrice Harris au pied de la tour Lauricisque, à 500 mètres de la cité Henri IV. Ils attendent Henri Prudon puis décident de se rendre à Baie-Mahault. Les problèmes de circulation les poussent à rebrousser chemin et ils se rendent à Bergevin, chez Philippe Horn. Là, Henri Prudon appelle Patrice Forbin et Didier Zénon. Il est déjà 22 heures. Une fois réunis, les cinq hommes embarquent à bord de deux voitures, direction la cité Henri IV. « Pourquoi êtes-vous sorti malgré les barrages, le rationnement de l’essence et le risque d’échauffourées ? », demande l’avocat général Philippe Courroye. « Pour voir ce qui se passait, répond Ruddy Alexis. Prudon m’a appelé et m’a dit que c’était chaud. » L’avocat général lui rappelle ce qu’il a dit au juge d’instruction : « Je suis un gars sérieux avec une femme et une petite fille, je ne me serai jamais permis de sortir avec un contexte social aussi tendu. » L’accusé fait son mea culpa : «  J’ai menti… Je ne voulais pas être inquiété par cette affaire. »

Les deux voitures se suivent. Prudon est en tête et, quand au niveau de la cité Chanzy, il voit une voiture de la brigade anti-criminalité, il vire à gauche. Alexis poursuit tout droit et se gare devant l’entrée du bâtiment où se trouve l’appartement de Forbin. Il reste dans la voiture pour écouter RCI qui a un journaliste sur place. Au bout d’un moment, il voit arriver et rejoint Prudon, Zénon et Forbin. Ils se sont changés dans l’appartement de ce dernier et ont le visage masqué par un foulard. « J’ai eu un désaccord avec Didier Zénon à ce sujet et je me suis désolidarisé d’eux. Je me doutais qu’ils allaient faire de la casse ou autre », explique l’accusé qui estime son temps passé à la cité Henri IV de trois quarts d’heure à une heure. « J’ai préféré prendre ma voiture et partir ». Des pillages ont lieu au niveau du centre commercial où se trouvent les magasins Tout l’or du monde et la Sodelec… « C’était quasiment un spectacle », se souvient-il. 

L’audition de témoins, par visioconférence, commence par celle d’un homme qui affirme n’avoir pas vu une personne tirer, mais deux qu’il prend pour des militaires. Avant les coups de feu, il assure avoir entendu crier « c'est la BAC », mais n’avoir vu que des personnes cagoulées. Et quand enfin, on pense en apprendre plus avec le témoignage de Mme Dursus qui, aux assises de Basse-Terre, avait certifié que le tireur ne pouvait être Ruddy Alexis, on apprend qu’elle a fait défection, qu’elle ne témoignera pas. A la place un policier de la BAC : « La balle Brenneke qui a tué Bino peut-elle provenir d’un tir des forces de l’ordre », lui demande Ernest Daninthe. « Toutes les balles Brenneke ont été retirées de nos équipement des semaines avant le meurtre. »

Ce 17 février 2009, Ruddy Alexis a quitté les lieux à 23 h 30, laissant Harris et Horn : « Ca sentait mauvais », explique-t-il. Il a mis une heure et demi pour rentrer à Petit-Bourg tant la circulation est entravée. A 0 h 19, Prudon l’appelle. Durée de l’appel : une seconde. Puis Ruddy reste sur répondeur jusqu’à 1 h 09, moment auquel il rappelle Prudon sans parvenir à le joindre et, à 1 h 59, il envoie un SMS à Patrice Harris pour qu’il dise à Prudon de le contacter par SMS… « Pourquoi des SMS ? », demande de Journa. « Nous savions que les lignes n’étaient pas sûres. » Ca n’empêchera pas Zénon d’appeler Forbin à 3 h 26…

FXG, à Paris

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 07:00

Ruddy Alexis à la question

Le procès en appel de Ruddy Alexis devant la cour d’assises de Paris a repris hier avec un long interrogatoire de l’accusé. Celui-ci est revenu sur « les conditions effroyables de sa garde à vue », quand le president de Journa lui demande pourquoi « il n’a pas joue cartes sur table » ? « Je me suis retrouve nu, en garde a vue.  Voulez-vous que je dise que j’étais l’auteur des faits alors que je suis innocent ? » La cour essaie de comprendre pourquoi, le 26 février 2009, lorsque la police est venue chez, alors qu’il rentrait de son footing, il a fait demi-tour. « J’ai pensé que la police était la pour les Haïtiens », dit-il, puis : « Je n’allais pas me faire tabasser devant ma fille alors qu’elle voit un pédopsychiatre. » Le président : « Pourquoi, si les balles devaient servir à faire des cha cha, étaient-elles cachées au fond du manguier » ? Me Tacita réfute cette idée de maracas pour défiler avec les Toumblak : « En 2009, il n’y a pas eu de carnaval ! » Pressé par les avocats des parties civiles, Alexis lance solennellement : « J’ai le sentiment que dans cette affaire, tout a été fait pour trouver un coupable. Le LKP gênait ! Je vous le dis, Me Tacita, on a voulu faire vite. » L’avocat général, Philippe Courroye, reste muet. Il ne s’adressera a Ruddy Alexis que l’après-midi, non sans véhémence : « Pourquoi avoir dit une contre-vérité lors de votre garde à vue ? Etiez-vous armé ? Aviez-vous une cartouchière ? » « Non », affirme Ruddy Alexis. L’accusation s’agace devant les réponses parfois évasives de l’accusé. « Tout le monde en Guadeloupe se souvient de ce qu'il faisait ce soir-là Monsieur Alexis ! »

L’audience de l’après-midi a débuté avec les visioconférences de l’expert psychiatre et du syndicaliste Alain Plaisir (après Jean-Marie Nomertin la veille dans des conditions inaudibles). Alex Lollia, de la CTU et du LKP, est ensuite venu à la barre comme témoin de la défense. « Il y avait un air de mai 68 », déclare-t-il après avoir rappelé que la police a voulu le « persuader que Ruddy Alexis était coupable ». Il assure encore que son agression du 16 février 2009 n'avait rien à voir avec les violences qui ont suivi.

Le président a ensuite appelé Patrice Harris, celui qui était en compagnie de l’accusé vers 2 heures le 18 février 2009. Absent. Le président décerne un mandat d’amener à Patrice Harris, « témoin clé ».

FXG, à Paris

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