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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 08:00

Passation de pouvoir à OudinotLurel-GPL-1.jpg

George Pau-Langevin fréquente les locaux de son nouveau ministère depuis plus de vingt ou trente ans et jamais, elle n’avait imaginé un jour occuper cette responsabilité. Alors forcément, hier soir, lors de la passation de pouvoir, elle se disait impressionnée, sur le perron du ministère avec son ami Victorin Lurel. « Lorsque François Hollande m’a appelée, je ne pouvais faire autrement que d’accepter de faire le maximum que je pouvais pour l’Outre-mer. » Elle y mettra « toute son énergie, tout son amour » même si elle sait que le boulot ne sera pas simple. Pas simple déjà de succéder a Lurel qui n’a pas perdu un seul arbitrage depuis deux ans ! « Il a tout réussi », a-t-elle ose. Elle compte bien d’ailleurs continuer à « bénéficier de son amitié et de ses conseils ». Ce qui l’attend, ce sont « des difficultés économiques considérables, une jeunesse qui souffre, sans avenir professionnel »…  « Je sais bien que là-dessus, on ne me fera pas forcément de cadeaux. » Elle sait aussi qu’il lui faudra jouer avec « l’impatience de certains de nos compatriotes d’Outre-mer », voire leur « colère » de ne pas voir évoluer les choses comme ils le veulent. Elle a annoncé d’emblée, hier, qu’elle se plaçait dans les pas de son prédécesseur. Sa feuille de route, elle est quasiment pré-établie. C’est Victorin Lurel qui l’a détaillée : « Le pacte de responsabilité et sa déclinaison outre-mer, la mise à plat fiscale et son adaptation outre-mer, les 50 milliards d’économies sur trois ans plus la baisse de 10 milliards sur les cotisations familiales et leurs conséquences pour les Outre-mer… C’est intense et même, selon le sortant, « crispant ». La feuille de route prévoit encore le projet de loi developpement emploi outre-mer, ex-loi de compétitivité emploi, avec un pacte de confiance 2025 pour la Guyane et pour Mayotte.

passation-GPL-Lurel.jpg« J’ai été un ministre heureux », a déclaré Victorin Lurel. Son ministère a été préservé dans la diète budgétaire générale. Pendant ces deux ans à la tete d’un ministère de plein exercice, il y a eu la loi contre la vie chère, la loi sucre, les décrets sur les carburants, le sauvetage de la défiscalisation, le maintien de son budget et le CICE sans hausse de TVA Outre-mer. Une œuvre à parachever, prévient-il : « Il faudra de la volonté politique pour appliquer l’article 1 de la loi contre la vie chère. Pour tous les secteurs où il y a trop de lobbys, trop d’opacité, trop de rentes de situation, il faudra du courage politique pour s’y attaquer. » Il a éprouvé le lobby pétrolier. « Reste encore à vérifier l’application ; j’en ai touché un mot à la ministre… »

Spontanément, George Pau-Langevin a parlé de la Cité des Outre-mer, de la poursuite du combat contre la vie chère et du pacte de responsabilité. « Je vais essayer de faire que les choses ne soient pas trop dures », a-t-elle dit avant d’ajouter : « Il y a aussi un pacte de solidarité avec l’Outre-mer. »

FXG, à Paris

 


Un départ prévu de longue date

Lurel-president-de-Region-2.jpgLurel rentre en Guadeloupe dès vendredi. Quelques jours de repos, puis retour au combat. « J’ai des dossiers importants et il me faut finir un certain nombre de choses avant mars 2015. » Ce départ était prémédité, confie l’ancien ministre. « J’en ai parlé au président de la République quand nous sommes allés au Brésil. Je lui ai dit que je devais quitter le 20 mai au plus tard, trois jours avant les européennes. Je sentais que mes camarades en Guadeloupe avaient besoin que je vienne les soutenir. Ma démission était prévue, simplement, j’avais un problème de date. »

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 07:28

Fin de la stratégie de l’esquive pour la défense de Ruddy Alexis

Apres 48 heures d’interruption, le procès en appel de Ruddy Alexis, arrivé hier matin devant la cour d’assises de Paris, n'a vraiment commencé que mardi en milieu d’après-midi. Et encore, ce n'était qu'un passage en revue des éléments de son curriculum vitae... Il est l’homme accusé (et acquitté) du meurtre de Jacques Bino en février 2009 à Pointe-à-Pitre. Auparavant, comme lundi au premier jour d’audience, une longue joute verbale, technique mais cruciale pour l’accusé, a occupé les débats. Pour prendre connaissance des milliers de pages du dossier, Me Mirabeau, avocat parisien dépêché par Me Démocrite, l’un des trois avocats guadeloupéens de Ruddy Alexis, demande un renvoi de quelques jours. Le président refuse. Me Mirabeau en conclut qu’il ne peut assurer la défense de son client et fait venir un membre du conseil de l’ordre des avocats. Le président balaye l’obstacle. En le nommant d’office.. « Mais je vais decouvrir le dossier comme les jurés et je n’aurai rien à leur apprendre », s’emporte Me Mirabeau qui se désaisit aussitôt de son client. Les parties civiles dénoncent « une nouvelle stratégie dilatoire de la défense pour éviter que le procès ne se tienne ». « M. Alexis et ses conseils savent depuis quatorze mois qu’ils allaient comparaître, les droits de la défense sont réunis », martèle Philippe Courroye qui parle de « stratégie d’esquive ». Le president de Journa règle la question en désignant d’office Me Mirabeau. « Vous n’êtes plus, lui dit-il, l’avocat choisi de Ruddy Alexis, mais son avocat commis d’office… Ses autres avocats choisis qui sont restes en Guadeloupe peuvent être là dès demain !Vous êtes quatre avocats dont trois historiques, libre a eux d’etre là pour assurer la défense de leur client. Il leur appartient de savoir s’ils veulent laisser Ruddy Alexis avec le quatrième qui n’a pas connaissance du dossier… » Il ajoute, en se tournant vers Ruddy Alexis : « Vous ne les avez pas récusés, vos avocats ? » Mirabeau intervient : « Ne soyez pas les otages d’une défense qui n’est pas présente. A elle d’etre claire sur son engagement à défendre ce monsieur. » Le président appelle Ruddy Alexis à la barre. « Je ne pourrais pas l’assister », l’interrompt l’avocat. « Vous restez et vous vous taisez si ne vous ne voulez pas lui parler », le coupe sèchement le président de Journa qui commence son interrogatoire…

Il y a eu, dans la salle, un petit mouvement. Me Jean-Claude Durimel qui plaidait auparavant dans une chambre voisine, est sorti vivement de la salle... Pour sûr, cet après-midi, on devrait voir arriver Me Démocrite prendre enfin en main la défense de Ruddy Alexis devant la cour d’assises de Paris.

FXG, à Paris

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 06:45

George Pau-Langevin ministre des Outre-mer et Lurel  à la  Région

C’était une passation quasi-familiale rue Oudinot quand Victorin Lurel a cédé les clés de l’hôtel Montmorin, mardi après-midi, tant l’ancien et la nouvelle titulaire du maroquin des Outre-mer sont proches. Deux militants socialistes guadeloupéens de la même génération. Elle est née à Pointe-à-Pitre en 1948, lui à Vieux-Habitants en 1951...

gpl-copie-1.jpgVictorin Lurel a bien été sollicité par Manuel Valls pour conserver son ministère, mais la proximité de la future campagne des régionales ne lui a pas semblé compatible avec la stabilité dont a besoin le ministère avec les chantiers annoncés d’ici la fin de l’année. On a pu en juger avant les municipales avec des séjours prolongés en Guadeloupe et un agenda ministériel quasi plus tenu. Lorsqu’il a décliné l’offre de Valls, Lurel a plaidé pour que le périmètre du ministère ne change pas et que son successeur soit originaire d’Outre-mer, que ce soit George Pau-Langevin. Cela fait plusieurs fois –  le 18 novembre dernier, lors de la réception des maires d’Outre-mer à Oudinot,puis  le 17 janvier lors des vœux du  ministre, et enfin le 7 mars, lors de la remise des prix des photos de femmes d’outre-mer – que Victorin Lurel invite sa collègue et compatriote rue Oudinot. Elle a pu, à chaque fois, y prendre la parole en public. En février dernier, elle accompagnait Lurel en déplacement en Guadeloupe et en Guyane, tandis qu’elle s’est rendue plusieurs fois seule en outre-mer (Réunion, Martinique, Mayotte) depuis qu’elle est ministre déléguée à la Réussite éducative. Entre 1997 et 2001, George Pau-Langevin a dirigé l’Agence nationale de promotion et d’insertion des travailleurs d’outre-mer (ANT), ex Bumidom, future Ladom.

Voeux-Lurel-1.jpgAvec George Pau- Langevin, le ministère garde un titulaire issu d’un outre-mer français. Elle sera le troisième ministre guadeloupéen des Outre-mer après Marie-Luce Penchard en 2009 et Victorin Lurel en 2012.

Lurel fait d’une pierre deux coups parce qu’il place aussi une proche pour qui il s’est déjà battu. Fin 2006,, Victorin Lurel avait démissionné avec éclat de son poste de secrétaire national outre-mer du PS pour imposer la candidature de l’avocate guadeloupéenne et militante des droits de  l’Homme au siège de députée du XXe arrondissement. Réélue haut la main (73,5%) en 2012, George Pau-Langevin entrait au gouvernement Ayrault avec d’autres personnalités de la diversité, Christiane Taubira, Fleur Pellerin, Najat Valaud-Belkacem, Kader Arif ou Yamina Benguigui.Pau-Langevin-Depute-Chalus-Lurel-Issope-Mamode-Moncorps.jpg

Avec une telle proximité, l’ombre de Lurel pourrait encore planer rue Oudinot, surtout si le ministre sortant reprend son siège de député. Ce qu’il fera dans un mois.

De retour en Guadeloupe, Lurel annonce déjà qu’il va reprendre la présidence de la Région Guadeloupe « le plus tôt possible ». « Je dois préparer les cantonales et les régionales », confiait-il hier juste avant la passation de pouvoir.

FXG, à Paris


GPL_6377.jpgGPL

Il ne faudra plus traduire mentalement GPL par gaz de pétrole liquéfié, mais bien lire George Pau-Langevin, nouvelle ministre des Outre-mer. Elle a accolé Langevin à son nom en 1974 quand elle épousé Philippe Langevin, un Parisien, ingénieur de la DDE, après ses études supérieures (maîtrise de lettres modernes à la Sorbonne, diplôme d'études supérieures de droit privé à Panthéon-Assas). GPL devient avocate et sera, de 1984 a 1987, la présidente du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples ( MRAP). En 1989, elle devient directrice adjointe de l’ANT qu'elle finira par diriger sous le gouvernement Jospin. Après la prise de Paris par Bertrand Delanoë en 2001, GPL devient conseillère au cabinet du maire pour la vie associative. Elle est aussi déléguée générale à l'Outre-mer de la ville de Paris. Elle se fait remarquer en participant à la bataille qui aboutit au changement de nom la rue Richepanse dans le 1er arrondissement de Paris, du nom du général qui contribua à rétablir l’esclavage en Guadeloupe en 1802, sur l'ordre de Bonaparte. Elle propose « rue de la mulâtresse Solitude ». Ce sera la rue du chevalier de Saint-George !

Elue à l’Assemblee en 2007, elle est vice-présidente du groupe socialiste et s’occupe des questions d'immigration et de codéveloppement. Elle s’oppose aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial et saisit le Conseil constitutionnel au sujet des statistiques ethniques.

En juin 2011, elle publie Représenter le peuple français, un livre profession de foi.

Dans l’ombre de Vincent Peillon, GPL fait partie de ces ministres  délégués du gouvernement Ayrault relégués au second plan derrière leur tutelle. Cette fois, GPL sera en première ligne sur un front qui promet toujours des tumultes. Au moins GPL ne devrait plus avoir les pétroliers sur le dos. Ce serait le comble !

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 07:00

Lurel ou pas 

valls-vizy-et-sa-femme-lurel.jpgFrançois Hollande a annoncé un gouvernement resserré, ramassé, de combat. Depuis, l’on spécule sur le casting du gouvernement de Manuel Valls. Que va devenir l’icône Christiane Taubira ? George Pau-Langevin va-t-elle résister au rétrécissement ministériel ? Et Victorin Lurel va-t-il rester à Oudinot ? Aucun nom ne surgit spontanément lorsqu’on lui cherche un successeur. Le ministre des outre-mer a tangué après le premier tour, avec la défaite de sa liste dans sa commune de Vieux-Habitants, mais au deuxième tour, il souffle : « Nous sortons renforcés de ces municipales », confie-t-il à France-Antilles lundi soir. Il a évité une vague bleue en Outre-mer et Hollande le sait. Pour autant la question de « savoir quand rentrer sans son petit pays » qu’il posait avant le premier tour, s’impose à lui depuis la démission de Jean-Marc Ayrault. Les Martiniquais, les premiers se sont engouffrés dans la brèche en annonçant que Serge Letchimy avait décliné une offre ministérielle de Manuel Valls. Un poisson d’avril un peu prématuré. Même scénario à la Réunion, mais à la bonne date, avec Thierry Robert, le député Modem réconcilié tout récemment avec la droite locale…

Marc Vizy, le conseiller outre-mer du président pourrait-il suivre le même chemin jusqu'à Oudinot, suivi par Brigitte Girardin et Marie-Luce Penchard ? « Le président nommera un élu », avertissait le même Vizy tandis que Victorin Lurel parlait de retour au pays natal. Le conseiller qui a manqué son élection dimanche dans la commune de Montvalent dans le Lot, est donc disqualifié.

En principe, rien ne s’oppose à ce que Lurel travaille avec Valls. Celui-ci a bien exposé l’idée d’un vaste ministère de l’Intérieur avec l’Outre-mer dans son pré carré. Ce pourrait être l’objet de négociations s’il en est. Lurel pourrait-il s’installer dans le fauteuil d’un ministre de l’Intérieur et des Outre-mer ?

Les deux hommes ont été élus tous les deux députés en 2002 et ils ont cosigné pas mal de textes législatifs dont celui qui demandait la suppression du mot « race » dans la Constitution. Eux et leurs cabinets ont travaillé ensemble sur les problèmes de délinquance en Guadeloupe et, enfin, ils ont des réseaux communs. Marc Vizy est devenu le directeur général des services de la Région Guadeloupe, puis conseiller politique de Lurel quand il a quitté le cabinet Jospin où il travaillait aux côtés de Valls. 

valls-richard-Martial-Taubira-basset.jpgValls, Lurel, Vizy et Taubira se sont montrés ensemble en decembre 2012 au Zénith, lors d’un concert du groupe martiniquais Malavoi avec l’orchestre symphonique d’Anne Gravoin, l’épouse du nouveau Premier ministre. Le producteur etait Eric Basset du label Aztec Musique, un vieux copain de Valls et Vizy.

Tout ca fait une bonne aura protectrice pour le maroquin de Lurel. Celui-ci avoue avoir du boulot au ministère jusqu'à la fin de l’année avec le pacte de responsabilité et la remise à plat fiscale. Puis il repartira en campagne pour les régionales 2015.

« On attend sereinement le nouveau gouvernement », finissait par lâcher hier un proche de Lurel.

FXG, à Paris

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 08:00

Le Rumfest, un marché des rhums au parc floral de VincennesCyril-Hugon-Rumfest-2.jpg

C’est la troisième fois que Cyril Hugon organise le Rumfest (ex-Rhum fair). Dimanche 6 et lundi 7 avril, le parc floral de Vincennes accueille 40 exposants représentant plus de cent marques de rhum issues de 35 pays ! Tous les rhums des Antilles et de la Guyane françaises seront là, à l’exception du Montebello. Isautier, Rivière du Mât représenteront la Réunion. « Les vedettes seront sans conteste les rhums japonais et sud-africain », promet l’organisateur. Chaque visiteur du dimanche se verra remettre un verre de dégustation à l’entrée (25 euros plein tarif) qu’il pourra utiliser sur tous les stands.Cyril-Hugon-2.jpg Pour les achats, Christian de Montaguère ouvre sur place un Pop up store. Côté animation ; une master class, des leçons de mixologie et des bartenders à l’action sur de savants cocktails. La journee dominicale s’achève par un concert de la Cap-verdienne Monica Pereira et la remise des médailles du concours de rhum Rumfest 2014.

Lundi, Cyril Hugon attend 1200 professionnels CHR (Café, restauration, hôtellerie). Lors de la première édition, ils étaient 300 et 700 l’an passé. Cyril Hugon entend surfer sur la vague de croissance du marché des rhums. « Le rhum suit les traces des single malts et le réseau caviste français permet à de petits producteurs d’etre distribues quand les grandes et moyennes surfaces ne veulent pas les référencer. » Cette année, le rhum de Maurice est à l’honneur et Cyril Hugon a invité un amateur de rhum grolandais natif de Maurice, Gustave de Kervern.

FXG, à Paris


13 médaillesJures-Moreau-Cornec-Magali-Lucien.jpg

 

Le concours de rhums remettra pour la troisième fois 39 médailles dans 13 catégories. Le jury est présidé par Jean-Marie Cornec. Autour de lui, entre autres, Pierre Moreau juré au concours general agricole, Magali Lucien, Yves Brunce, blogger, et des bartenders comme Julien Lopez du Paso doble à Montpellier ou Aurèlie Panelheux, de l’hôtel W à Opéra.Quant à Cyril Hugon, il a fait ses armes chez Dugas ou il a monté la gamme rhum..Aurelie-Panelheux-Julien-Lopez-bartenders.jpgAurelie Panelheux et Julien Lopez

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 07:00

La cour d’assises de Paris délivre un mandat d’amener pour Rudy Alexis

31-janvier-2014-0556.JPGCe n’est qu’en début d’après-midi, hier, sans avoir encore eu le temps de tirer au sort les jurés, que le président de la cour d’assise d’appel de Paris, Régis de Journa, a démarré le procès de Rudy Alexis en son absence. Acquitté en première instance du meurtre de Jacques Bino en février 2009, Rudy Alexis n’est pas venu ; il se tient à la disposition de la justice au palais de justice de Basse-Terre. Me Démocrite, Derussy et Daninthe, ses avocats de première instance, ne sont pas là non plus, ni le trio d’avocats parisiens envisagés un instant autour d’Ursulet, Gibault et Charrière-Bournazel. Non, Daniel Démocrite a demandé le 28 mars dernier, à Me Mirabeau, un avocat parisien, de défendre les intérêts de Rudy Alexis. Auparavant, les trois défenseurs guadeloupéens ont adressé une requête en rétractation à la chambre criminelle de la Cour de Cassation, le 21 mars. Ils lui demandent de rétracter la compétence de la cour d’assises de Paris et de la réattribuer à une cour d’assises des Antilles. « Il n’a pas à choisir sa cour », s’offusque l’avocat général Philippe Courroye qui voit là « une manœuvre dilatoire ». Me Malouche, partie civile pour des amis de la victime, dénonce un « jeu du chat et de la souris ». « On a affaire à un fuyard », reprend Me Tacita, partie civile pour la veuve et les enfants de Jacques Bino. « Il n’a pas de fric », plaide Me Mirabeau qui assure ne défendre que des solutions pratiques. « Le juger par défaut donnerait raison à tous ceux qui soupçonnent un mauvais jugement à Paris… »

salle-audience-vide.jpg.JPGDans la salle, un avocat sans robe a pris place dans les rangs du public ; il ne plaidera pas. C’est Jean-Claude Durimel. « Me Démocrite m’a demandé d’être ses yeux et ses oreilles. »

Le président ordonne une suspension pour aller vérifier que la requête est bien arrivée au greffe de la Cour de Cassation ; une demi-heure suffit à apprendre que non seulement, elle a été reçue, mais aussi que le président de la chambre criminelle a décidé de ne pas lui donner suite. La cour d’assises de Paris est donc compétente pour juger Rudy Alexis.  Le président de Journa ordonne dès lors que  « l’accusé soit amené devant la cour d’assises par le concours de la force publique ». Lundi après-midi, il ne restait plus qu’à exécuter ce mandat pour une reprise des débats mercredi matin.

 

FXG, à Paris

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 06:28

La BRED réussit une très bonne année 2013

Bruno-lorthiois-com-Eric-Montagne-DG-OM-Olivier-Klein-DG-BR.JPGLes patrons de la BRED, Olivier Klein le directeur général, Olivier Landrevie le directeur financier et Eric Montagne le directeur Outre-mer, ont présenté hier à Paris leur résultat 2013 en hausse de 9,5
% à 282 millions d’euros. La BRED a une activité de banque commerciale  avec 255 agences en Ile de France, Aisne et Normandie pour l’Hexagone , et 75 agences aux Antilles-Guyane, Mayotte et Réunion. Ces deux pôles représentent 1 million de clients et 40 % des effectifs. La direction internationale est déployée au Laos et au Cambodge, à Vanuatu, aux Fidji et et Nouvelle-Calédonie et, dans la corne de l’Afrique, à Djibouti. La BRED a mis en place plusieurs réseaux selon sa clientèle, Espace pour les Français de l’étranger, Grand’Zé pour les étudiants en grandes écoles, BRED 1er pour les professions libérales ou encore Réseau + pour les Ultramarins en mobilité. « C’est le seul dispositif du genre mis en place dans une banque », indique Eric Montagne. Outre le crédit aux particuliers et aux entreprises (1  milliard de financement pour 7 000 clients en 2013), la BRED fait de l’assurance vie, de la gestion d’actifs, mais aussi de l’ingénierie financière et fiscale outre-mer. Pas de détail sur la part de rentabilité de cette activité si ce n’est que, malgré les différentes refontes de la défiscalisation outre-mer, la BRED défiscalise toujours à peu près le même volume financier. Seul le plafonnement des sommes défiscalisables a eu une incidence en obligeant un élargissement de l’assiette d’investisseurs.

La BRED a donc fait une « très bonne année », selon Olivier Klein qui continue de miser sur une politique d’agences face à la concurrence des banques en ligne. « Il n’est pas question pour nous de retirer des agences car le coût des banques en ligne est très élevé », assure Olivier Klein. La météo de l’emploi dans le secteur bancaire devrait encore être au beau fixe en 2014.

 

FXG, à Paris

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 08:30

Greg Germain s’inquiète d’un maire FN en Avignon pour le festival Off

Germain OffA la veille du second tour dans la ville d’Avignon où le FN est en tête, Greg Germain, président du festival Off, s’interroge dans une tribune : « Le spectacle vivant doit-il abandonner Avignon ? » Le festival Off rassemble des compagnies de toutes les régions d’Hexagone et d’Outre-mer, et l'année dernière, 111 compagnies étrangères représentaient 25 pays venus de tous les continents. Alors que faire en cas d’élection d’un maire FN ? « Le OFF doit-il émigrer, avec les 110 millions de retombées économiques qu’il génère chaque année sur la ville et la région ? » Greg Germain refuse d’abandonner la place. Face à la menace du FN, le « parti qui combat ou simplement dédaigne la culture (…) nous, artistes, devons nous engager à assumer, résolument, le défi que nous poserait l’arrivée du Front National à la Mairie d’Avignon. Devrions-nous, avec l'emblématique Cité Papale, abandonner Hénin-Beaumont, Perpignan, Béziers, Fréjus, Saint-Gilles ? Puis, pourquoi pas, ville par ville, les quartiers mal-votants ? » Greg Germain préfère « se coltiner au monde, à ses difficultés, à ses contradictions ». Il propose deux réponses. La première est une ouverture : « Nous devons partout recréer les conditions du dialogue, sans tricher avec la réalité ou la juger trop basse pour mériter notre intérêt. Alors peut-être aurons-nous une chance de faire émerger une réelle culture populaire, la plus "miraculeuse des armes" contre l’enfermement. »

Sa deuxième réponse est un cri : « La résistance à toute forme d’oppression est un droit naturel et aujourd’hui, plus que jamais, il est urgent de le crier. » Il anticipe sa crainte d’être confronté à cette terrible réalité ». Et il imagine « les centaines de milliers de spectateurs, les milliers d'intermittents, artistes et techniciens, les professionnels de la presse et de la diffusion qui hésitent ou refusent de venir dans une ville dans laquelle ils ne se sentiraient pas bienvenus ».

Alors oui, il en appelle au «  dialogue, sans tricher… ». En attendant dimanche, Greg Germain serre les dents très fort, invoque Edouard Glissant (« la poésie est le plus haut degré de la politique ») pour que les électeurs avignonnais donnent « avec fierté leurs voix aux forces de l’ouverture et de l’espérance plutôt qu’à celles du repli sur soi ».  Quant aux, artistes, il les invite donner aux affaires publiques « leur pleine part d’artistes afin qu’ils mêlent leur voix personnelle aux voix du monde ».

 

FXG, à Paris

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 08:06

Edenz-Maurice.jpg

Aux origines du socialisme guyanais

Avec « Les enseignants et la politisation de la Guyane, de 1946 à 1970 », sorti chez Ibis Rouge, Edenz Maurice, universitaire originaire de la Guyane se plonge dans les racines du parti socialiste guyanais.

Il débute son enquête en 1946, à la départementalisation, et l’achève avec les années 1970. « Celles-ci débutent avec les mouvements indépendantistes et basculent la Guyane dans une autre histoire, explique l'auteur. Avec la départementalisation, les enseignants sont intégrés à l’Education nationale. Ils vont acquérir un capital intellectuel et financiers et entrer dans la sphère politique pour faire émerger une gauche guyanaise spécifique. » Ses héritiers sont les membres du Parti socialiste guyanais, estime Edenz Maurice. Ce chercheur est professeur agrégé d’histoire. Sa thèse de sciences politiques explore l’histoire politique de la Guyane des années 1920 à 1981. Edenz Maurice sera en Guyane du 12 au 27 avril pour poursuivre ses recherches.

FXG, à Paris

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 08:06

Artero-et-Chali-.jpgJean-Georges Chali et Axel Arthéro publient chez Ibis rouge un ouvrage consacré à Vincent Placoly, « Un écrivain de la décolonisation ».

« Placoly le crépuscule de la négritude »

Pourquoi ce regain d’intérêt pour Vincent Placoly ?

Jean-Georges Chali : Depuis son premier roman, « La vie et la mort de Marcel Gonstran » en 1971, il a continué à écrire jusqu'à sa mort en 1992. Il avait 25 ans pour le premier. Puis il y a eu « L'eau de mort guildive » en 1973, et « Frères volcans : chronique de l'abolition de l'esclavage » en 1983. C’est le roman-clé. Il jouxte l’histoire à la fiction. Et puis il y a « Une journée torride », un an avant sa mort…

Axel Arthéro : Jean-Georges Chali veut faire émerger tout le travail de Vincent Placoly. Cet auteur ne bénéficie pas d’une exposition suffisante alors que son œuvre s’inscrit au cœur de la littérature martiniquaise, antillaise et même panaméricaine. C’est cette spécificité de son œuvre que nous développons dans cet ouvrage.

Quel genre d’homme était-il ?

JG.C : Placoly est le combattant du petit peuple, des masses populaires. Il est militant de la 4e Internationale, responsable syndical enseignant…Il ecrit dans la perspective d’une emancipation intellectuelle et d’un épanouissement de l’Homme.

AE : Il se mettait au service de l’éducation populaire et ce n’est par hasard que tout son théâtre a été placé sous les auspices du service public comme Jean Vilar avec son Théâtre national populaire. Sur le plan de l’esthétique, Placoly s’attache à décrire une société moderne. Avec lui, nous ne sommes plus au temps des plantations, mais bien dans la Martinique des années 1970. Les problématiques liées à l’exil, au Bumidom, à l’urbanisation galopante de la société antillaise apres l’effondrement de l’industrie sucrière, permettent à Placoly de s’enraciner dans la contemporanéité des sociétés caribéennes de la fin du XXe siècle..

Où l’inscrivez-vous dans l’histoire de la littérature martiniquaise ?

JG.C :  Nous arrivons à la période de la post-négritude avec une vision nouvelle de la littérature, une prise en charge de l’oralité dans le texte, une transformation du discours littéraire qui sort de la linéarité. Il nous laisse une œuvre polygraphe et polymorphe. C’est-à-dire que dans ses romans, on va trouver à la fois du conte, du théâtre, de la nouvelle, de la chronique…

AE : Placoly est à la charnière de Glissant et des écrivains de la créolité. Il commence à écrire dix ans apres le prix Renaudot de Glissant et vingt ans apres le Discours sur le colonialisme de Césaire. Il annonce le crépuscule de la négritude en réaxant tous les débats sur la région caribéenne et américaine. En ce sens, il va préfigurer ce qui va voir le jour après sous le nom de la créolité

Propos recueillis par FXG, au salon du livre de Paris.


Les œuvres de Vincent Placoly

La vie et la mort de Marcel Gonstran, Paris, Denoël,‎ 1971, 181 p.

L'eau-de-mort guildive, Paris, Denoël,‎ 1973, 228 p.

Dessalines ou la passion de l'indépendance, La Havane, Ediciones casa de las Americas,‎ 1983, 96 p.

Frères volcans : chronique de l'abolition de l'esclavage, Paris, Éditions la Brèche,‎ 1983, 126 p. (ISBN 2-902524-27-7)

Don Juan : comédie en 3 actes, [Fort-de-France], Hatier-Antilles : Agence de coopération culturelle et technique,‎ 1984, 58 p. (ISBN 2-218-07054-5)

Dessalines, Case-Pilote, l'Autre mer,‎ 1994, 87 p. (ISBN 2-84073-003-0)

Une journée torride, Paris, La Brêche,‎ 1991 - Prix Frantz Fanon

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