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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 07:07
Forum des étudiants Outre-mer

La jeunesse est-elle toujours la priorité du ministère des Outre-mer ?

Traditionnellement, le forum des étudiants d'Outre-mer qui se tient au mois de septembre dans les jardins du ministère des Outre-mer, est aussi un peu la rentrée publique du ou de la locataire de la rue Oudinot, puisque c'est l'occasion pour le ou la ministre en exercice de prononcer un discours de rentrée et de se montrer aux médias avant la rentrée parlementaire et le rituel budget.

Cette année, le forum doit se tenir le samedi 21 septembre et, pour la première fois depuis que ce forum existe, la ministre pourrait ne pas y intervenir du tout. Annick Girardin a une excuse bien sûr : en principe, ce jour-là, elle devrait être tout juste de retour d'un déplacement à la Réunion pour préparer la visite annoncée du président de la République, sans doute dans un mois. Ce week-end du 21 septembre sera aussi celui des journées du patrimoine (le ministère des Outre-mer ouvre lui aussi ses portes), mais également et surtout le samedi de rentrée annoncée des "Gilets jaunes", de la marche pour le climat qui doit partir Duroc (à deux pas du ministère des Outre-mer) et encore de la manifestation nationale de la CFDT contre la réforme des retraites... La concurrence sera rude et Paris sans doute agitée !

Un budget inférieur à celui du lancement pipol de la Trajectoire Outre-mer 5.0

Pourtant le forum des étudiants Outre-mer connaît un vrai revival puisque l'an dernier, il avait accueilli quelque 3000 étudiants, alors que sous le nom de "Campus Outre-mer", il était moribond en 2017 avec à peine 150 participants... Pour tenter d'améliorer la performance ou au moins l'égaler dans ce contexte hyper concurrentiel, les organisateur du Forum ont fait appel à une vedette. L'animateur de télévision, Sébastien Folin viendra à titre bénévole y apporter son sourire, sa bonne humeur et son charisme. Et ce malgré un budget ric-rac, sans doute peu ou prou le même que celui dont a bénéficié l'AGEG en 2017, soit environ 30 000 euros, bien moins que ce que le ministère a consacré le 8 avril dernier au

dîner de ses 250 invités (dont Yann Arthus-Bertrand, Laurence Tubiana, Martin Hirsch, Brune Poirson, Frédérique Vidal, Yann Nhautra, le cofondateur des Yamakazi rendus célèbre par Luc Besson et des parlementaires...) au premier étage de la tour Eiffel, pour le lancement "very pipol" de la "Trajectoire Outre-mer 5.0", le grand projet écologique d'Annick Girardin. A savoir 20 000 euros pour la location de la salle, un menu à 135 euros par tête de pipe et les frais de communication (plaquettes, vidéos) pour environ 25 000 euros. Sollicité sur ces chiffres, le ministère des Outre-mer a indiqué qu'il n'y avait "rien d'embarrassant dans le repas du 8 avril" et que dès que la ministre serait rentrée de son déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon, jeudi prochain, il mettrait à notre disposition "les différents documents" afin de faire un point...

La priorité de la ministre des Outre-mer, c'est rappelons-le, la jeunesse et, certes aussi, l'écologie.

FXG, à Paris

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 05:41
Damoiseau fait du branding

Les Rhums Damoiseau s'offrent les services d'un bartender branché

Danilo Grenci, bartender de réputation internationale, vainqueur de la finale France du Chairman's Reserve Mai Tai Challenge, a intégré l’équipe Damoiseau pour y jouer un rôle de "brand developper". Sa mission : partager l’héritage du rhum de Guadeloupe avec le monde du bar et l’univers du cocktail dans le monde, être le pont entre l’industrie du bar et la distillerie.

Fortement passionné par le cocktail et les cultures culinaires du monde, il a visité la Guadeloupe pour la première fois en 2004 lors d’un tournoi de boxe française. Il a eu le coup de foudre pour l’histoire de l’île et des hommes, les fruits et les produits locaux, les marchés...

Après avoir étudié et fait de recherches sur quasiment tous les spiritueux, ce bartender a jeté son dévolu sur le rhum. "La canne à sucre dans le rhum, dit-il, est comme le raisin pour le vin. C’est l’expression de l’histoire et du terroir de la Guadeloupe, une des rares îles a cultiver encore beaucoup de canne à sucre."

Après avoir rencontré Jonathan Damoiseau sur quelques évènements autour du bar et du rhum, il a eu la possibilité de travailler sur plusieurs évènements avec le Rhum Damoiseau, notamment a la Route du Rhum 2018 à Saint Malo. "C’est à l’occasion de cet évènement que nous avons eu la possibilité de nous rapprocher. En plus d’être forcément des Rhum Lovers, on partage aussi la même vision du monde du bar et des spiritueux."

Depuis 2016, il exerce entre autres ses talents Bluebird à Paris 11e, et permet aux Parisiens et aux visiteurs de vivre une expérience unique aux parfums de rhum.

FXG, à Paris

3 questions à Hervé Damoiseau, PDG des Rhums Damoiseau

"Un brand developper au service de l’univers de la mixologie"

Comment avez-vous rencontré Danilo Grenci ?

Ce n’est pas moi qui l’aie rencontré mais l’équipe Export Damoiseau et en particulier Jonathan Damoiseau,  lors d’une tournée des bars pour vanter l’intérêt de notre marque et son terroir de la Grande Terre, bassin cannier historique de la Guadeloupe ou les cannes sont de qualité supérieure, gorgée du soleil dont elles ont besoin.

Sa réputation l'avait-elle précédé à ce moment-là ?

Oh oui ! Déjà en tant que boxeur professionnel avant d'être le mixologue que l'on sait. Il a participé à l’ouverture du Moonshiner et du Bluebird à Paris... Il fait partie des tous meilleurs au monde !

Quelle est sa mission précise ?

Un "Brand Developper" est là pour accentuer la formation client dans l’univers de la mixologie. Il est au service du développement commercial afin que Damoiseau soit plus présent dans le réseau CHR (Café, hôtellerie et restauration, ndlr), ce monde merveilleux des bars et hôtels.

Cette démarche ne devrait-elle pas être celles de ceux qui ont fait de leur rhum une AOC ?

L’AOC n’est pas une appellation qui garantit une qualité, mais une traçabilité autant que notre IG Guadeloupe, donc, oui nous pourrions faire une action commune sur des salons, mais il est compliqué qu’un même artiste défende toutes les marques lors de prestations ciblées dans tel ou tel bar. Et puis, c'est une démarche qui se finance à l'instar des marques  ou havana club qui ont monté leur bar de rhum, Mojito Lab pour le premier, Bario Latino pour le second...

Propos recueillis par FXG, à Paris

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 05:28
La FEDOM et les délais de paiement

La FEDOM lance un simulateur sur les délais de paiement

la Cour des comptes et l'inspection générale de l'administration se penche sur les délais de paiement outre-mer tandis que la FEDOM lance son propre simulateur.

Après le rapport de l'IEDOM sur les délais de paiement, c'est au tour de l'inspection générale de l'administration et de la Cour des comptes de s'intéresser au sujet. Les deux institutions ont été chargée, à la demande la fédération des entreprises d'Outre-mer (FEDOM), d'une mission qui a pour but de faire un état des lieux des délais de paiement en ce qui concerne les collectivités locales (essentiellement les communes) et le bloc hospitalier. Pourquoi une deuxième mission après le rapport de l'IEDOM ? Son rapport, du fait de sa méthodologie, ne reflète pas la réalité dans la mesure où l'IEDOM n'a tenu compte que des factures mandatées. "Ce qui exclut environ 40 % du stock de factures", estime Laurent Renouf de la FEDOM. Les patrons d'Outre-mer estiment qu'il y a 1,5 milliards de créances en stock auprès des communes et des hôpitaux avec des délais de paiement de 18 mois à deux ans. En Martinique, par exemple, une major du BTP réalise un chiffre d'affaires de 9 millions d'euros et a 9 millions de factures non payées avec un délai de paiement de deux ans ! A Terre-de-Haut, commune de Guadeloupe, les délais de paiement battent tous les records puisque les entreprises devraient attendre 9 ans pour se faire payer... A Pointe-à-Pitre où le maire a été tout récemment révoqué, les délais de paiement posent là aussi de réels problèmes. Mais c'est un problème général à l'Outre-mer, même si la Réunion semble bien mieux s'en tirer selon nos interlocuteurs de la FEDOM. En Guyane, la société Lav Industry (laverie industrielle destinée essentiellement aux hôtels, hôpitaux et clinique) de Jean-Luc Davidas, administrateur de la FEDOM, a dû fermer en 2013 en raison des délais excessifs de paiement.

Le sujet des délais de paiement est donc essentiel pour la bonne santé financière des entreprises ultramarines. En attendant les rapport de mission de l'inspection générale de l'administration et de la Cour des comptes, la FEDOM a mis en ligne, à la disposition des entreprises, un simulateur des délais de paiement. "C'est, explique Laurent Renouf, pour identifier les factures non encore mandatées et démontrer par A+ B la réalité des 40 % de stock en plus de celui indiqué par l'IEDOM." Pour l'heure, 350 entreprises ont déjà utilisé ce simulateur.

FXG, à Paris

https://delaispaiements.fedom.org/

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 15:19
Delgrès à la fête de l'Huma samedi 14 à 20 h 05 - Scène Zebrock

Du blues créole sur la scène Zebrock de la fête de l'Huma

Béotien que je suis, je m'imaginais que le Blues Créole remontait à deux siècles ! Vous savez, le fameux cliché du type dans le champ de coton, de préférence aveugle, et façonnant lui même son instrument, tel Snook Eaglins... Que nenni, l'instigateur du système est un certain Pascal Danaë, accompagné de son combo rêche et grasseyant nommé Trio Delgrès.

J'ai beau chercher, pas de traces tangibles auparavant. C'est l'avantage de la Fête de l'Huma, un peu notre Wembley français, On y trouve de tout et souvent de belles découvertes. Delgrès, comme ils se qualifient eux-même, c'est du blues flambé au rhum qui file la banane ! On n'est jamais si bien servi que par soi-même : un son rappelant étrangement les Black Keys, Hanni el Khatib, voire par moment Paulo Furtado, la douceur des voix créoles rappelant parfois celle des voix portugaises et du fado, le côté greasy mâtiné de Nouvelle-Orléans en plus. Ce, sans doute, grâce au sousaphone, sorte de tuba-contrebasse sorti de l'imagination de Mr Jean-Philippe Sousa.

Ce trio qui enchaîne les scènes depuis 2016 a le bon goût de se produire ce samedi 14 septembre à La Courneuve, lieu dont je ne vous ferai pas l'insulte de la présentation. Sachez juste que c'est immanquable ! Pascal Danaë n'est pas vraiment un perdreau de la dernière couvée, ayant trainé ses guêtres avec Morcheeba, Gilberto Gil ou l'inénarrable Manu Katché, Bref, un éclectisme rassurant et l'assurance d'une agréable surprise sur scène, même pour les initiés. Qui plus est, ces personnes sont généreuses avec le public, alors vous savez ce qu'il vous reste à faire ce ouiquande, très précisément à 20h05, à la scène Zebrock. Vous m'en direz des nouvelles !

Eric Maurin emaurin@free.fr

 

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5 septembre 2019 4 05 /09 /septembre /2019 04:44
Marie-Anne Poussin-Delmas, présidente de l'IEDOM

Marie-Anne Poussin-Delmas, présidente de l'IEDOM

Délais de paiement : la situation abusive des Outre-mer

L’Institut  d’émission  des  départements  d’outre-mer (IEDOM) a publié lundi 2 septembre son rapport annuel sur les délais de paiement pratiqués par les entreprises et les organismes publics dans les départements et régions d'outre-mer. La fracture ultramarine est devenue un abîme !

Ce rapport met en évidence la hausse, pour la troisième année consécutive, des délais de paiement qui atteignaient 64 jours en moyenne en 2017, confirmant  leur  décrochage  par  rapport  aux  niveaux nationaux. Les  retards  de paiement  dans  les  départements  et  régions  d’outre-mer  sont  de  plus  en  plus fréquents.  En  2017, 43  %  des  entreprises  ultramarines  subissent  un retard  de  paiement  clients.  Ces  derniers  ont  un  impact  important  sur  la trésorerie  des  entreprises  qui,  à  leur  tour,  peuvent  être  incitées  à  reporter  le règlement de leurs factures. L'Etat aussi traîne des pieds puisque s'il met 16,8 jours à régler ses factures dns l'Hexagone, il en met plus de 20 outre-mer. Le service public local et hospitalier quant à lui paye à plus de 60 jours... Analyse de l'IEDOM : "Le cadre légal de la loi de modernisation de l'économie n'est toujours pas respecté outre-mer." Globalement les entreprises doivent attendre 72 jours pour être payées (72 pour les PME, 54 pour les TPE). C'est le BTP qui affiche les plus grands retards : 123 jours. Dans le transport, c'est 87 jours pour un délai légal de 30 jours. C'est mieux dans le commerce et l'hôtellerie, respectivement 32 et 19 jours.

Cette  situation pénalise  la  trésorerie  des  entreprises,  mettant  en  difficulté  les  plus  fragiles  d’entres-elles,  et  plus particulièrement dans les secteurs de la construction, du soutien aux entreprises ou des transports. La Réunion (58 jours) et la Martinique (62 jours) sont les meilleures élèves. La Guadeloupe est à 68 jours, quant à la Guyane (82 jours) et Mayotte (79 jours), les entreprises y sont réglées 15 à 18 jours de plus que la moyenne domienne qui atteint tout de même 64 jours en 2017...

Le secteur public local à la ramasse

La direction générale des Finances publiques (DGFiP) est venue abonder de ses données ce rapport. Elle révèle ainsi que le  délai  global  de  paiement du secteur public local et hospitalier dans les départements d’outre-mer demeure très au-dessus du plafond réglementaire pour atteindre en 2018 un niveau plus de deux fois supérieur au délai national. 113 jours en Martinique, 77 en Guadeloupe, 70 en Guyane, 57 à Mayotte et 43,7 à la Réunion. Ces délais ont été augmentés de 22 jours depuis 2013 quand le délai moyen dans l'Hexagone est de 27,5 jours...

Cette situation est corroborée par  la  direction  générale  de  la  Concurrence,  de  la  Consommation  et  de  la Répression des fraudes (DGCCRF) qui rapporte les avis des professionnels du BTP qui évoquent régulièrement les délais de paiement excessifs du secteur public local.

"Il est  urgent d’entreprendre une action vigoureuse de lutte contre les retards de paiement afin de limiter les risques graves qu’ils font courir à l’ensemble des économies ultramarines", conclut l'IEDOM qui formule trois  propositions : engager  une  démarche  d’ouverture  de l’ensemble des données relatives aux délais de paiement des collectivités locales ultramarines ; encourager l’extension au  secteur  public  local  et  hospitalier  de  la  dématérialisation  des  factures  engagée  pour  le  secteur  public  d’État  et sensibiliser  les  acteurs  économiques  aux  conditions  de  paiement  des  TPE,  acteur  majeur  de  la  création  d’emplois dans l’Outre-mer.

FXG, à Paris

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4 septembre 2019 3 04 /09 /septembre /2019 05:28
La liberté inachevée se trouve place Schoelcher à Saint-Etienne

La liberté inachevée se trouve place Schoelcher à Saint-Etienne

Une oeuvre de Gilles Roussi honore la mémoire de l'esclavage à Saint-Etienne

"Aujourd'hui, cette sculpture est neuve, mais à la prochaine pluie, il y aura des coulées comme des larmes..." L'artiste lui-même pleurait lorsque son oeuvre a été inaugurée, samedi 31 août, dans la capitale de la Loire.

GIlles Roussi, CNMHE, esclavage, Saint-Etienne, Gaël Perdriau, Frédéric Régent, Aïssata Seck
Mme Thomas de l'association des amis de l'Outre-mer, Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Etienne, l'artiste Gilles Roussi, Aïssata Seck du GIP Fondation pour la mémoire de l'esclavage et Frédéric Régent, président du CNMHE

Face à l'ancienne manufacture d'armes de Saint-Etienne qui héberge désormais une école du design, au coeur du square Schoelcher, s'élève désormais une sculpture monumentale intitulée "La liberté inachevée". Jean-Marc Ayrault s'est fait représenté par Aïssata Seck de la future Fondation de la mémoire de l'esclavage, Frédéric Régent, président du CNMHE a fait aussi le déplacement. Cette oeuvre est, aux dires de Gaël Perdriau, le maire LR de Saint-Etienne et commanditaire, "une sorte de monolithe d’une lumineuse noirceur, coiffé d’un marbre noir jais, qui semble sortir du ventre de la terre"... Cette obélisque moderne de plus de 2 mètres de haut, en ardoise et en marbre, présente sur ses quatre faces un QR code gravé à même l'ardoise. Côté Sud, il révèle un extrait du discours d'Aimé Césaire à l'Assemblée nationale le 17 décembre 1982 : "Se rappeler que le séculaire combat pour la liberté, l'égalité et la fraternité n'est jamais entièrement gagné et c'est tous les jours qu'il vaut la peine d'être livré." A l'Est, c'est une phrase d'Albert Camus que cache le QR code : "La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre."

L'oeuvre du neveu d'Aimé Césaire

Sur la face ouest, au-dessus de trois médaillons dorés qui portent chacun le nom d'un port négrier français, et d'un quatrième qui mentionne "Archipel des Caraïbes", le code révèle une citation de Pierre Choderlos de Laclos : "La nature ne crée que des êtres libres ; la société n'en fait que des tyrans et des esclaves." Enfin, le QR code de la face Nord ouvre sur le portail numérique que la ville a dédié à la mémoire de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions. En exergue un texte de Jennifer Richard, Américaine et Guadeloupéenne dont voici les premiers mots : "« Qui balaie l’histoire d’un revers de main et prétend ne pas se sentir concerné par les souffrances de l’esclavage est soit un tyran soit un inconscient..." Chaque année, a annoncé le maire, je demanderai à un auteur de la Fête du livre d’écrire sur la mémoire de l’esclavage afin d’enrichir cette œuvre de connaissance." Cette sculpture est l'oeuvre de Gilles Roussi, un artiste qui n'est autre que le neveu d'Aimé Césaire !

FXG, à Saint-Etienne

Genèse d'un monument

En 2014 quand est inaugurée une place Aimé-Césaire à Saint-Etienne, son maire invite Gilles Roussi, fils de Ti Lou Roussi, le frère de Suzanne, l'épouse d'Aimé Césaire, à prononcer un discours. Gilles qui est sans doute le seul Martiniquais à n'avoir jamais appelé le poète "Papa Aimé", mais "Tonton Aimé", prononce un discours saignant et méchant envers les politiques, dans lequel il rappelle qu'avant qu'on ne le panthéonise, Césaire a vécu vingt ans en HLM, que la Martinique est peut-être un département à part entière, mais un département entièrement à part... Un jeune élu de l'opposition vient le féliciter : "C'est la verve de Césaire, c'est la verve de la Martinique !" Ce jeune élu prend la mairie en 2015. Roussi lui souhaite "bon vent, bonne mer". Gilles Roussi, qui est membre de l'association stéphanoise des Amis de l'Outre-mer, le prie alors de ne pas délaisser la communauté antillaise, présente dans sa ville mais ignorée, et lui demande une plaque pour la mémoire de l'esclavage...

Le nouveau maire apprend alors que Roussi est professeur aux beaux-arts de Saint-Etienne, designer et sculpteur, qui a déjà laissé sa trace, comme au plateau d'Assy en Haute-Savoie, devant l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce, où figurent déjà des oeuvres de Fernand Léger, Jean Lurçat, Henri Matisse, Georges Braque, Marc Chagall, etc.. Le maire lui demande de réfléchir à un lieu mémoriel et ainsi va naître peu à peu l'idée d'ériger "La liberté inachevée", une sculpture pour rappeler l'histoire de l'esclavage au pays des gueules noires de la mine et des maillots verts du stade Geoffroy-Guichard.

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 05:34
Girardin fait une rentrée martiale à Mayotte

Girardin repart en piste

Après les rumeurs de remaniement ministériel en juillet, après des spéculations sur le maintien ou non de l'actuelle ministre des Outre-mer, les tempêtes dans un verre d'eau parisienne se sont estompées avec la fin des vacances. Finalement, il ne devrait y avoir qu'un seul nouvel entrant au gouvernement d'Edouard Philippe avec l'arrivée de Jean-Paul Delevoye qui devrait endosser une chasuble de ministre de la réforme des retraites. Pour le reste, il faudra attendre mars 2020 et les municipales... Quant à Annick Girardin, si elle n'était pas là au premier conseil des ministres de rentrée, celui du 21 août dernier, c'est qu'elle avait encore à faire en circonscription, c'est-à-dire à Saint-Pierre et Miquelon dont elle est originaire. On lui prête là-bas des ambitions territoriales... Là aussi, il faudra attendre 2020 voire les prochaines territoriales en 2021...

Mais dès lundi 26 août, Annick Girardin était à nouveau sur le pied de guerre pour mener, accompagnée de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, à Mayotte, une opération Shikandra, un plan civilo-militaire, destiné à lutter contre l'immigration clandestine dans cette île de l'océan Indien où le gouvernement vise les 25 000 reconduites à la frontières à la fin de l'année.

La ministre donne ainsi un ton martial à sa rentrée. Son prochain rendez-vous important sera celui du budget de la mission Outre-mer. Pour l'heure, si les enveloppes spécifiques du ministère de l'Agriculture, pour la canne et de la diversification agricole, sont maintenues (38 et 40 millions d'euros) si la ministre des Outre-mer assure que son "budget pour l’année 2020 est préservé et ne porte aucune mesure d’économie", avec 2,6 milliards d'euros en autorisations d’engagement, "correspondant aux nouvelles dépenses que le ministère des outre-mer peut réaliser chaque année, stabilisées jusqu’en 2022", Annick Girardin a admis sans que l'on lui demande d'ailleurs, des crédits de paiement en revanche diminués de 100 millions d’euros en 2020. On devrait encore entendre parler de ces 100 millions en moins...

FXG, à Paris

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8 août 2019 4 08 /08 /août /2019 05:52
Marc Rochet, président d'Air Caraïbes Atlantique

"Sur les Antilles, nous allons mettre de gros avions"

Alors que Jean-Paul Dubreuil et Marc Rochet, les fondateurs d'Air Caraïbes préparent leur relève, ils poursuivent le remplacement progressif des A 330 par des A 350, des avions plus vertueux d'un point de vue écologique. Le dernier a été livré par Airbus le 25 juillet dernier.

La transformation de la flotte d'Air Caraïbes correspond-elle à la croissance du trafic ?

La compagnie continue sa croissance, mais elle souhaite aussi insister sur la modernisation des outils — et les avions sont des outils — que nous mettons à la disposition de nos clients. L'A 350, c'est un gain de confort évident, c'est un gain de modernité et de connectivité, c'est aussi un avion écologique au sens de la consommation de carburant dans un monde qui devient problématique de ce côté-là. Oui, c'est un avion pour la croissance, mais c'est aussi un avion de modernisation pour notre façon de travailler et pour le produit que nous offrons aux clients d'Air Caraïbes.

Le nouvel appareil est-il différents des deux autres A 350 que vous exploitez depuis 2017 ?

Ce troisième avion est conforme à ceux que nous avons déjà en service sauf que comme il y a presque trois ans entre le premier reçu et ce dernier exemplaire, des améliorations ont été apportées par Airbus, notamment des programmes très focalisés sur la consommation de carburant. Il va consommer un peu moins que les autres parce que ses winglets sont plus grands, parce que son avionique a été modernisée et ça, c'est la vie d'un avion, au fur et à mesure de l'expérience, de l'usage qui en est fait, Airbus continue à améliorer ses produits et nous, mais surtout nos passagers, en bénéficions !

Qu'en est-il de la nouvelle cabine ?

On est sur un aménagement tri-classe, produit qui a fait le succès d'Air Caraïbes. A l'avant une classe Madras extrêmement confortable avec des sièges couchettes, un système de divertissement en vol et d'information Thalès, un des meilleurs produits disponibles dans le marché. A l'autre bout de la cabine, une classe économique qui n'offre certes pas les mêmes volumes d'espace, les mêmes qualités de siège parce que là on ne cherche pas que le confort et la distraction en vol, mais le prix de production pour pouvoir offrir aux clients, ceux qui voyagent en groupe, en famille, un prix qui soit très compétitif, ce qui permet à Air Caraïbes d'être très présent sur l'arc antillais et d'être maintenant partout quasiment à part égale avec notre principal concurrent, la compagnie nationale. Nous avons une cabine qui a été conçue pour que les passagers voyagent dans de bonnes conditions, mais fondamentalement, on recherche l'économie sur le produit en termes de densité cabine. Entre les deux, il y a ce que nous appelons la classe Caraïbe, c'est un produit prémium. Ce n'est pas la classe affaire, ce n'est pas la classe économique... Il y a un siège de moins en largeur ; il y a un peu plus d'espace avec le siège de devant. C'est pour ceux qui voyagent par exemple en couple, plutôt le troisième âge, ceux qui sont prêts à payer un peu plus pour avoir un peu plus de confort.

L'A 350 est 30 ou 40 % plus cher que l'A 330...

L'aérien est un secteur qui est très concurrentiel. Il n'y a qu'à voir le nombre de compagnies qui opèrent sur les Antilles et tant mieux pour l'arc caraïbe dans son ensemble, parce qu'il n'y a pas que les Antilles, ça concerne la République dominicaine, Cuba ou la Guyane qui est au coeur de nos préoccupations puisque cet avion va spécifiquement desservir la Guyane. Les passagers regardent le prix et ils regardent aussi si le voyage leur a donné satisfaction pour pouvoir réutiliser la même compagnie. L'A 350 a un vrai succès auprès de nos clients puisque quand les passagers descendent de cet avion, ils sont moins fatigués que quand ils prennent un autre appareil, y compris chez nous ! C'est pourquoi nous allons progressivement remplacer les plus anciens A 330 comme on le fait depuis quatre ans. Les retours que nous avons, c'est : "J'ai voyagé dans de meilleures conditions ; je suis moins fatigué ; l'avion fait moins de bruit ; il y a moins de vibration..." On en a besoin, mais le secteur clé, le secteur qui attire notre attention, c'est au-delà du service — et nos personnels font le maximum pour cela — offrir des prix compétitifs parce que les gens veulent voyager en fonction de leurs besoins, mais avec des prix qui restent accessibles.

Comment la compagnie a-t-elle fait le choix de l'A 350 ?

En choisissant il y a quelques années l'A 350, nous avons fait un bond technologique. Nous aurions pu choisir un avion intermédiaire entre l'A 330 et l'A 350, l'A 330 néo, on a préféré faire un saut dans la modernité. Nous sommes aujourd'hui encore la seule compagnie française qui exploite cet avion au côté des grands de ce monde (British Airways, Qatar, Etihad...). On est fier que notre actionnaire, nos personnels et nos clients nous aient permis d'être dans ce groupe là. Je crois que le succès que nous rencontrons, avec beaucoup de modestie et beaucoup d'humilité, va confirmer le fait que petit à petit non seulement on veut faire de la croissance, mais aussi de la modernisation de flotte ! Oui, il y aura plus de 350 puisque nous recevrons un autre à la fin de l'année, l'A 350-1000, encore un nouvel avion ! Et on va continuer comme ça. Le transport aérien est une activité en croissance continue. Il correspond à des besoins de voyages, des besoins de rapprochement familiaux, des besoins d'échanges culturels dans le monde entier et la croissance du trafic est là ! Notre responsabilité, c'est de s'assurer qu'elle se fasse dans des conditions économiques accessibles et aussi dans des conditions écologiques qui sont destinées évidemment à préserver la planète. L'A 350, ramené au siège, consomme 25 % de carburant en moins que les avions de la génération précédente. Il faut aller dans ce sens et il faudra continuer à aller dans ce sens.

Pourquoi n'êtes-vous pas passé directement à l'A350-1000 ?

Initialement, notre préférence allait au 350-1000 parce que c'est un avion encore plus performant en termes économiques : il est plus gros que le 350-900, avec quelque 430 places, mais c'est le même avion, donc on a des gains d'échelle. Mais le 350-1000 n'était pas encore disponible et on a pris des 900. On s'aperçoit que ça a été bon choix pour nous dans notre phase de développement. Le premier A 350-1000 qui arrive à la fin de l'année ira sur la route de Pointe-à-Pitre. Il sera rejoint par un second appareil pour la route de Fort-de-France. Donc sur les grosses routes, on va mettre de gros avions et puis on va irriguer le réseau, Cayenne et la République dominicaine avec le 900.

Un nouvel organigramme se dessine peu à peu avec la promotion de jeunes en interne. Pourquoi ce choix ?

On a essayé différentes formules ; certaines n'ont pas été couronnées du succès que nous attendions... La dernière décision prise est de promouvoir des gens de l'intérieur. Chez Air Caraïbes Atlantique, l'opérateur qui fait voler l'A 350, c'est Mathieu Munos, 37 ans, qui en devient le DG. Il est d'origine martiniquaise Chez Air Caraïbes, on a promu des gens à la fois des Antilles comme Yoann Paulin, le patron de nos systèmes d'information et de toute notre base digitale qui est un secteur clé de l'entreprise. C'est un jeune Guadeloupéen. Et puis il y a des gens qui ont un peu plus d'expérience comme Olivier Besnard qui était jusqu'à présent directeur général pour la partie antillaise devient directeur général d'Air Caraïbes sous l'autorité de Jean-Paul Dubreuil et la mienne, mais on leur fait confiance pour leur passer le relais.

Propos recueillis par FXG, à Toulouse

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 05:21
Victime d'une bavure policière à Paris - Suite

L'affaire du gamin tabassé par la police finit par un simple rappel à la loi

Tabassé par un policier en civil au petit matin du 13 juillet sur les Champs-Elysées (voir notre édition du 26 juillet), le jeune Mathieu Barre qui a écopé au final d'un arrêt de travail de quinze jours et d'une fracture au visage, a été entendu au commissariat du 17e arrondissement le 26 juillet dernier. Contre toute attente et sur instruction du parquet, la police s'est contentée de lui faire un rappel à la loi sans conséquences judiciaires... Au vu des blessures qu'a reçu le jeune homme, on attendait au moins des poursuites pour outrage et rébellion, histoire de justifier au moins l'odieuse violence dont il a été victime... Ce simple rappel à la loi vient comme un aveu de la part de la police de la disproportion de la réaction du policier... L'affaire ne va pas en rester là puisque Mathieu Barre a d'ores et déjà déposé plainte pour violence par personne dépositaire de l'autorité et également alerté des parlementaires martiniquais...

FXG, à Paris

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 04:27
Jours de pluie, un polar signé Pascal Graff

Un polar politique à Saint-Martin rebaptisée Saint-Peter

Avec "Jours de pluie" publié chez L'Harmattan, Pascal Graff

(photo) qui a enseigné l'histoire-géographie dans les collèges de Marigot et Quartier d'Orléans à Saint-Martin au début des années 2000, s'offre un retour imaginé dans une île qu'il a maquillée sous le nom de Saint-Peter, ex-colonie anglaise devenue indépendante en 1980 sous la férule de son potentat local, Steve Robertson.

Toute ressemblance avec Saint-Martin ne serait donc que pure coïncidence ! Le roman commence presque avec désinvolture par l'arrivée de François, un touriste parisien qui vient passer une semaine dans la "friendly island". Le style est délicat et offre quelques jolies pages de découverte des lieux, notamment celles relatives aux fonds marins ou à la forêt tropicale qu'il plante au milieu de l'île. Et puis, au fur et à mesure de ses divagations, au bout d'une "petite route (qui) amène vers un morceau de nuit plus noire", notre touriste devient peu à peu le témoin, le voyeur (à l'instar de celui d'Alain Robbe-Grillet, dixit l'auteur) d'une autre île, d'une autre histoire... C'est l'hivernage et les vacances de François vont être gâchées par une onde tropicale... Derrière "le petit paradis de douceur à force de sourires, de plage, de chaleur et parfois de jolies filles à la peau foncée", il y a "une île avec ses passions, ses histoires d'amour et ses haines", la misère, la pauvreté, la corruption... Tout cela redessine le paysage idyllique en enfer tropical... Le journal de bord d'un Français en vacances vire au roman policier, au roman politique. C'est une enquête sans flic dans une île bananière où même les dictateurs n'en ont pas le statut !

FXG, à Paris

Jours de pluie, Pascal Graff, L'Harmattan, 15 euros.Jours de pluie

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