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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 15:44

Réunion 1ère caviarde en catimini le président de la République

sortie-plato.jpgLes téléspectateurs réunionnais n’en ont pas eu pour leur redevance jeudi soir sur les ondes de Réunion 1ère. L’entretien du président de la République avec deux journalistes d’Outre-mer 1ère, en exclusivité pour ce réseau, n’a duré que 16 minutes… Pourtant, l’enregistrement dans sa totalité faisait bien les 26 minutes annoncées. Cette coupe est le fait du prince de la télé locale, Gilles Vaubourg, directeur général de Réunion 1ère, un homme nommé par Rémi Pflimlin le 24 juillet 2012, au lendemain de l’élection du président Hollande. Mais c’est bien connu les medias, même d’Etat, sont libres et c’est à ce titre que Réunion 1ère a choisi de caviarder l’interview de François Hollande en ne reprenant pas les parties que ses dirigeants ont estimé ne pas intéresser les Réunionnais. C’est ce qu’on appelle un choix éditorial. Certes, mais à condition d’en aviser le téléspectateur et de lui annoncer aussi qu’une diffusion in extenso du programme était prévue à 22 h 30.

FXG, à Paris

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 07:38

Hollande ne lâche pas les Outre-mer

Kromwel-Hollande-Theatin.jpgPour la deuxième fois depuis son élection en mai 2012, le président de la République a adressé ses vœux aux Outre-mer sur les antennes des chaînes  Outre-mer 1ère, hier soir. L’émission de 30 minutes a été enregistrée hier matin à l’Elysée. Face au président, les journalistes Laurence Théatin et William Kromwel, chef du service politique de la rédaction parisienne de France Ô.

« Je ne lâcherai pas cette affaire. » D’emblée, sur le dossier de la vie chère, François Hollande s’est montré offensif, à l’occasion des ses vœux aux Outre-mer, hier soir sur les chaînes d’Outre-mer 1ère. Le chef de l’Etat a salué les baisses obtenues par son ministre des Outre-mer dans les télécommunications, le fret maritime, les tarifs bancaires et les produits de première nécessité avec le bouclier qualité prix. « C’est déjà difficile d’avoir un travail, d’avoir une rémunération compatible avec ce qui se passe en Hexagone, si en plus il y a un prix plus élevé, ce n’est pas acceptable, donc la lutte contre la vie chère, c’est toujours la priorité. » Il n’a pu en dire autant pour le prix des billets d’avion, tout en souhaitant « qu’on aille plus loin » au nom du  « principe d’égalité ».

plato-hollande-serre.jpgSur la question du prix des carburants, objet d’une discussion âpre, le président est venu apporter son soutien à Victorin Lurel face à « la pression des pétroliers ». Il a ainsi fait savoir aux pétroliers et aux gérants (auxquels il a dit que ce n’était pas à eux à subir les conséquences des baisses des marges des pétroliers) que Lurel restait maître de la concertation : « Ce compromis, j’ai bon espoir qu’il sortira après la concertation à la fin du mois. » A bon entendeur, salut !

« Je suis bien conscient de la situation du chômage en outre-mer et notamment celle du chômage des jeunes », a ensuite déclaré François Hollande alors qu’on l’interrogeait sur la baisse de dotation des collectivités et ses conséquences sur la consommation des emplois d’avenir, l’Etat ne finançant que 75 % de la rémunération, laissant le reste à la charge des collectivités. « Je vais voir si on ne peut pas, avec la même enveloppe améliorer le financement des emplois d’avenir avec une participation un peu plus forte pour l’Etat, avec moins d’emplois proposés, mais des emplois d’encadrement. »

Pacte de responsabilité

Hollande.jpgFrançois Hollande a indiqué que l’on ne pouvait répondre au chômage endémique que par des emplois aidés ou publics. « Néanmoins les recrutements pourraient être davantage ouverts aux ultramarins lorsqu’il s’agit de postes locaux et les concours pourraient aussi être adaptés tout en restant dans les lois de la République. » Mais c’est sur le plan de l’emploi privé que le président était attendu depuis l’annonce de son pacte de responsabilité. Il a donc proposé « un volet spécifique pour l’outre-mer » : « La baisse des charges existe déjà en outre-mer ; si je la propose pour l ‘ensemble des entreprises, ça ne va pas faire un avantage significatif pour les entreprises ultramarines. Donc, pour que les jeunes aient des possibilités d’entrer plus facilement sur le marché du travail et, notamment, dans les entreprises privées, je suis prêt à adapter avec les employeurs le pacte de responsabilité à ces territoires. » La sobriété de sa réponse sur ce sujet montre que le ministre Lurel a pas mal de marges pour élaborer sa loi compétitivité emploi.

Plateau-Hollande-et-Lurel-copie-1.jpgSur les problèmes de délinquance, au-delà des agressions contre les personnes, il a parlé « d’agression contre la République et le vivre-ensemble » avant de rappeler qu’il avait demander le renfort des moyens de la gendarmerie et des zones de police.

François Hollande a enfin confirmé qu’il se rendrait à Wallis-et-Futuna et en Nouvelle-Calédonie après le mois de mai, à l’occasion du G20 qui se déroulera en Australie. « Si je dois me rendre ailleurs avant, en fonction des circonstances, je le ferai. » 

FXG, à Paris 


arrivee-Hollande-Lurel.jpgHollande et Lurel

Le président est arrivé accompagné de son ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, qu’il a appelé en aparté « Toto », parlant de son « ami », et de « l’un de ses meilleurs ministres ».


Les municipales à Cayenne et le PS local

Concernant les campagnes municipales à venir, le chef de l’Etat assuré qu’il n’était pas en campagne électorale. Néanmoins, la citation à deux reprises de Georges Patient, mais surtout celle de Marie-Laure Phinéra-Horth n’ont pas été faites au hasard. Selon un proche, Hollande n’a pas oublié le soutien qu’elle lui a apporté en 2012 alors que c’est une proche de Rodolphe Alexandre qui, lui, soutenait Nicolas Sarkozy. Quand il est allé à Cayenne, il a choisi sa mairie pour recevoir le monde économique plutôt que la CCI. Il faut donc voir cette citation comme un soutien sans ambiguite face aux velleites d’Alex Weimert. D’aileurs, le simple fait que la section PS de Guyane ait décidé de n’investir personne est parlante. Léon Jean-Baptiste-Edouard, actuel dirigeant de la fédération PS locale, pourrait justement laisser sa place rapidement : Georges Patient, Chantal Berthelot, David Riché et peut-être bien Marie-Laure Phinéra-Horth un peu plus tard, devraient refonder cla section locale du PS.


Affaires Dieudonné et Taubira

Le président est revenu sur les affaires Taubira et Dieudonné. « Elles ne sont pas de même nature. Je ne reviens pas sur Dieudonné qui a proféré des propos antisémites… A travers Christiane Taubira, ce sont les Noirs qui se sont sentis attaqués et nous ne laisserons rien passer. » Alors, Dieudonné – Taubira : deux poids, deux mesures ? « La seule mesure, c’est la République ; le seul poids, c’est celui de la justice. »


Transition énergétique

« Nous pouvons faire de l’Outre-mer l’avant-garde de la transition énergétique et ce sera dans la loi qui va être portée sur la transition énergétique une de nos priorités territoriales. L’Outre-mer va inventer les sources d’énergie de demain. »


Francophonie

Faut-il s’inquiéter pour la francophonie que les Etats-Unis construisent des écoles en Haïti ? « Il ne faut jamais interdire à d’autres pays de promouvoir leur langue… Ce serait un combat difficile à gagner. En revanche, nous devons promouvoir le français. » C’est alors qu’il a salué le choix de l’Académie française d’accueillir Dany Laferrière, un grand auteur haïtien francophone. « Je suis tres attaché aà la francophonie, pas simplement pour des raisons de fierté nationale, mais a travers la langue, c’est la culture, les valeurs, les principes et c’est aussi l’économie et le commerce. Donc, n’empêchons pas les autres de faire parler leur langue, mais défendons la nôtre et donnons lui le meilleur aspect, l’aspect le plus ouvert, le plus vivant, le plus culturel. »

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 07:00

Pétroliers et gouvernement ont revu les arrêtés de méthodes

Le gouvernement lance une expertise interministérielle après les réunions de concertation avec les pétroliers.

Apres plus de trois heures de concertation conduites mardi à Bercy sur les problématiques des pétroliers de l’océan Indien, les parties se sont séparées dans un sentiment d’écoute mutuelle. Autour de la table, outre les représentants des ministères de l’Ecologie et de l’Economie et des Finances, Hervé Maziau (CIH), Mathieu Soulas (SMSPP et Total Mayotte)., mais aussi un des bras droits de Christophe de Margerie, Francis Jean et Florian Cousineau du GPP Antilles. Côté ministère des Outre-mer, le dircab adjoint, Jean-Christophe Bouvier, et le conseiller économique Thierry Dahan.

Ils ont d’abord procédé à une relecture des projets d’arrêtés de méthodes pour identifier les points d’achoppement et prendre en compte les amendements proposés par les pétroliers. Les sujets évoqués ont été la justification des coûts du trading et le coût du stockage. Dans les détails, ils ont encore parlé des justifications des suppléments non cotés et la question de la séparation comptable des activités de stockage et de distribution. A partir de ces informations collectées et de quelques compléments que doivent faire rapidement parvenir les pétroliers, un travail interministériel va pouvoir démarrer.

La prochaine étape sera la deuxième concertation avec les gérants qui sont invités la semaine prochaine sans doute. Aucune autre réunion n’est pour l’heure, programmée, a indiqué une source du ministère des Outre-mer. La réunion concernant la SARA a eu lieu la semaine dernière selon le même type de procédé et une expertise interministérielle est d’ores-et-déjà en cours.

A priori, rien ne s’oppose à ce que les arrêtés de méthodes soient bientôt finalisés dans la mesure où cette phase de travail est une phase de concertation et non pas de négociation.

FXG, à Paris

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 06:00

Les députés votent la fin du cumul des mandats

Alain Touret, député du groupe RRDP (radicaux), a parlé le dernier à l’Assemblée nationale, hier, lors des explications de vote, telle Cassandre avant la chute de la ville de Troie… En l’occurrence, la fin du statut de député maire à compter de 2017… Les députés devaient voter la loi organique interdisant le cumul des mandats locaux de chef d’exécutif et nationaux de parlementaire. « C’est une journée noire pour notre assemblée », clame le député Touret. Dans l’hémicycle, pas grand monde parmi nos élus d’Outre-mer.  Deux Martiniquais du groupe GDR, Alfred Marie-Jeanne et Jean-Philippe Nilor, un Guadeloupéen du groupe RRDP, Ary Chalus, résolument opposé au texte, un Guyanais, Gabriel Serville (GDR), mais qui est parti en urgence juste avant la séance pour « aller mettre de l’ordre dans son conseil municipal ». Il vise le mandat du  maire sortant de Matoury… Daniel Gibbes, le seul élu ultramarin de l’UMP (opposé au projet de loi), est aperçu furtivement. Seule Réunionnaise à siéger, Monique Orphée (SRC). Elle est là d’abord parce qu’elle intervient toute la semaine durant sur le projet de loi égalité homme femme pour lequel elle est rapporteur de la commission des affaires sociales. Elle soutient le texte avec force : « J’ai laissé mon mandat de première adjointe de Saint-Denis, même si je reste conseillère municipale. Ça me permet d’etre plus disponible pour venir travailler et porter les préoccupations des Réunionnais. » Quand on lui demande pourquoi ses collègues de la Réunion ne siègent pas ce jour, elle sourit d’abord puis évoque « le calendrier politique assez lourd ». Huguette Bello (GDR) était encore à l’Assemblée nationale la veille, pas le jour J. Monique Orphée croit pouvoir dire tout de même qu’Huguette Bello soutient la reforme. Yves Jégo (UDI) qui soutient aussi le texte, déclare au JIR qu’il n’a pas vu Thierry Robert dont le groupe RRDP est défavorable au texte… La plupart de nos représentants sont absents, mais ils ont laissé des consignes de vote. Patrick Lebreton a indiqué par mail au JIR que le groupe Le Progrès vote aussi le projet de loi.

Les députés se sont retirés vers 16  30 pour voter dans un salon mitoyen de l’hémicycle et sont revenus siéger une demi-heure plus tard. Là, ils ont encore voté pour l’interdiction du cumul de chef d’exécutif local avec celui de parlementaire européen. Le résultat contente ainsi l’une des 60 propositions du candidat Hollande : 198 contre, 300 pour. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault se lève pour saluer l’adoption de la réforme. Des voix à droite lui lancent : « Cumulard ! » Il confirme en rappelant qu’il a été maire 33 ans et député, 26 ans, mais que les temps ont changé. La gauche de l’hémicycle l’applaudit à tout rompre. Sauf les deus parlementaires indépendantistes martiniquais.

FXG, à Paris

PS : Le silence des députés du MIM (Mouvement independantiste martiniquais), Marie-Jeanne et Nilor, lors de cette dernière séquence, s'explique en fait parce que, pour la première fois depuis qu'ils siègent ensemble, ils n'ont pas voté pareil. Alfred Marie-Jeanne a soutenu la fin du cumul. Jean-Philippe Nilor a voté contre.


Ary Chalus : « C’est inadmissible »

Ary Chalus, deputé maire de Baie-Mahault, a voté contre et le dit avec force : « Ce n’est pas normal qu’on ne puisse être maire et parlementaire. Ce sont des fonctions de terrain. » Il s’en prend à ceux qui ont demandé cela. « Ce sont les plus grands cumulards qui ont exercent six ou sept fonctions. » Il a déjà choisi le mandat qu’il laissera en 2017 quand viendra l’heure du choix : « Je resterai maire de Baie-Mahault, car je me suis lancé en politique pour pouvoir developper et accompagner ma population. » Cela laisserait-il le champ libre à son rival socialiste de Deshaies, Max Mathiasin ? « On aura quelqu’un pour les législatives, assure Ary Chalus qui fait cyniquement remarquer que Max Mathiasin qui brigue la mairie de Deshaies sera lui aussi ennuyé par la réforme.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 07:25

Eddy Murté, l’enfant de la télé

Eddy-murte-hauteur-serre.jpgAncien responsable des programmes et des partenariats de France Ô et ex-animateur de Ô Rendez-vous, le Martiniquais Eddy Murté revient sur Europe 1, aux côtés des Laurent Ruquier, le 23 janvier, et anime depuis la rentrée de septembre le magazine Business code sur Numéro 23. Portrait.

Eddy Murté est né d’une mère, employée au service communication de TF1 et d’un père comptable à la Maison de la Radio. Normal qu’à sa naissance, en 1979, les fées de l’audiovisuel se soient penchées sur son berceau. Elles lui donnèrent un don, des yeux couleur de miel. A 6 ans, ses parents, originaires du Gros-Morne, rentrent au pays, s’installent à Cluny (Schoelcher) et trouvent du boulot à RFO. Eddy va suivre sa scolarité au collège Perrinon, puis au lycée Schoelcher où il décroche son bac scientifique, et repart dans l’Hexagone. Il rejoint sa sœur étudiante à Toulouse et suit des cours de gestion comme papa. « Je rêvais de faire du trading à l’international… » Ce sera Londres d’abord, pendant 18 mois. Puis New York où il se lance dans un MBA. « Je suis arrivé juste après les attentats de 2001. L’ambiance était morose… » De retour en Europe, il trouve un job dans une banque de Monaco. « J’y suis resté un an, ça ne me plaisait pas. » Il retourne à Toulouse et se lance dans l’organisation de soirées. C’est dans ce contexte qu’on lui propose de travailler sur la promotion du film Neg marron, lors de sa sortie à Toulouse, puis à Paris. Il enchaîne les télés avec Jean-Claude Barny, Mathieu Kassowitz et Stomy Bugsy. Puis, en février 2005, c’est Jean-Pierre Sturm qui lui propose de participer au lancement de France Ô. Il organise avec Chantal Néret la partie pipol et rencontre ainsi pour la première fois, Luc Laventure, alors patron de la nouvelle chaîne de France Télé qui succède à RFO Sat. Trois mois plus tard, il reçoit un appel. Une voix de femme : « Luc Laventure souhaite vous voir ce soir. » « Non, demain. » « Je serai vous, je viendrais… » Le patron de France Ô veut créer une grille de programme complète. « Pour cette nouvelle aventure, je cherche des esprits neufs. Si tu veux tu commences demain à 9 heures. » Il suit toutes les réunions éditoriales du patron, prends des notes et, le soir, Luc Laventure et lui se livrent au débriefing de la journée. Puis, il participe à l’écriture d’un documentaire, Noire memoire, avant de s’attaquer au concept d’une quotidienne qui voit le jour en septembre 2005. C’est la première « émission d’accueil » de la chaîne, animée par Fly Lerandy, Ô quotidien. Il réalise alors son premier buzz avec Marc-Olivier Fogiel qui vient sur le plateau s’excuser pour avoir laissé déraper Dieudonné sur son émission. Droit de réponse de Dieudonné qui vient à son tour. Ô quotidien est lancé ; il y en aura 100. Eddy devient peu à peu l’assistant éditorial de Luc Laventure, préfiguration du poste de responsable des programmes et des partenariats dont il sera titulaire à la fin de ce début de carrière sur France Télévision.

Mais ses yeux cristallisent les regards et, en 2007, son mentor le veut devant la caméra. Ce sera une saison à présenter la première émission de sport extrême de la chaîne, Riding zone, puis Ultramarine et, enfin, en 2009, Ô Rendez-vous qu’il va porter pendant 18 mois. Elle sera la vitrine de France Ô jusqu'à la liquidation de Laventure par le nouveau patron, Claude Esclatine. Ce dernier jette le bébé avec l’eau du bain. Eddy est remercié. Il paye sa trop grande proximité avec Luc Laventure.

Les 300 numéros de Ô Rendez-vous

Eddy-Murte-gros-plan.jpg« Parce qu’il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. » C’est par cette formule qu’Eddy Murté clôture chacune des émissions. Sur le plateau de son émission installée dans un café lounge parisien, il reçoit aussi bien des créateurs qui débutent, comme la chanteuse guadeloupéenne Hermann, que des stars comme Stromae, Bouba, Ben l’oncle soul, Princess Lover, Jocelyne Béroard et même… Didier Super. Ça fera le buzz ! Son équipe a vu la pochette du CD du chanteur punk. Elle figure un beau Noir joufflu et souriant. Surprise sur le plateau quand on voit débarquer ce Gaulois bon teint qui explique qu’il a mis un Noir sur sa pochette par ce qu’il trouve ça « joli ». « Cette émission était l’antighetto. Toute la diversité de la société était représentée. On a un public captif, mais on peut attirer au-delà sans faire référence au tiers-monde et à la banlieue sous prétexte d’ouverture au monde ! » Concept qui vaudra aux successeurs de Laventure l’inimitié des associations et des hommes politiques ultramarins. « Les audiences qualitatives étaient bonnes et quantitativement on faisait de 50 à 150 000 téléspectateurs », affirme Eddy. Sur sa page facebook, il a alors plus de fans que la chaîne elle-même. « Nous étions alors une télé miroir », songe-t-il avec un brin de nostalgie. Sa référence télévisuelle, c’est Jamel Debbouze.

En juin 2011, pour la 300e, c’est l’apothéose avec la venue de Christophe Mahé. Laurent Ruquier l’invite sur le plateau d’On n’est pas couché pour parler de cette 300e . Un succès qui n’en fera pas moins dire à son nouveau patron : « Trop tard. » La derniere émission est enregistrée en juin 2011. Fin juillet, il est licencié et l’apprend par la presse.

FXG, à Paris


« Mes yeux cristallisent »

Les-yeux-d-Eddy-Murte.jpg

« J’ai toujours tendance à croire que le regard est le reflet de l’âme. Je joue du mien un peu malgré moi, mais on se rend compte qu’il y a autre chose derrière. Donc, je n’en fais pas un complexe. »


Interview

« Grâce à Fogiel, j’ai rebondi sur 23 »

Eddy-Murte-hauteur.jpgY a-t-il une vie après France Ô ?

Oui, heureusement ! A 33 ans, bien évidemment qu’il y a une vie après France Ô et c’est plutôt une vie agréable. Je prends plaisir à faire différentes choses, notamment de la radio avec Ruquier et de la télé avec Numéro 23.

Vous animez Business code sur Numéro 23. Quelle est cette émission ?

C’est une émission sociétale. Nathalie Drouère, la directrice des programmes de 23, m’avait parlé de son envie de lancer ce magazine à tendance économique. Après un rendez-vous avec Etienne Mougeotte, on m’a proposé la présentation de ce magazine qui a pour but de vulgariser des evenements sociétaux comme le luxe qui ne connaît pas la crise. Un film de 90 minutes est tourné spécialement pour chacune de nos émissions. On décrypte un univers à travers quatre ou cinq personnages qui ont des parcours différents, qu’ils soient très business ou un peu moins. On essaie d’apporter des clés de lecture, de compréhension aux téléspectateurs.

C’est plutôt Arte ou Zone interdite ?

C’est plutôt un petit Capital. Ça reste très accessible, simple avec des clés économiques, des chiffres d’affaires, l’étendue du business… Je participe également aux choix éditoriaux quand on propose les sujets. Je devrais même en réaliser un prochainement. Une fois qu’on s’est mis d’accord, on a deux semaines d’enquête, deux semaines de tournage et deux autres de montage. On travaille à flux tendu.

Comment Nathalie Drouère est-elle venue vous trouver ?

Le hasard ! Avant même que la chaîne existe, Pascal Houzelot, le patron a été contacté par Marc-Olivier Fogiel qui souhaitait faire une émission de talk show sur Numéro 23 et il a proposé mon nom. L’émission de Marc-Olivier Fogiel ne s’est pas faite, faute de moyens, mais mon nom est resté dans les tuyaux et est arrivé jusqu'à Nathalie Drouère. Elle m’a rencontré lors de la conférence de presse de lancement de la chaîne et nous sommes restés en contact. Huit mois après, elle m’a proposé l’émission.

Vous êtes une sorte de joker de Marc-Olivier Fogiel ?

Non (rires) ! J’aimerais bien, pourquoi pas, ça ne me dérangerait pas, mais c’est juste qu’il avait pensé à ma personnalité comme quelqu’un d’intéressant pour intégrer son équipe dans le talk show qu’il envisageait de faire… Aujourd’hui, grâce à lui, j’ai pu rebondir sur 23.

Quelles sont les thématiques abordées ?

Nos thématiques sont très ouvertes, simples et intéressent beaucoup de gens. Les images sont dépaysantes puisqu’on part beaucoup à l’international… On a fait par exemple les vacances de rêve avec l’Afrique du sud, la Grèce, le Maroc… On a fait le Brésil sous l’angle de l’émergence des nouveaux talents, des nouveaux business et, surtout, des Français qui sont partis là-bas et qui ont réussi. Miami, encore, sous un angle plus festif : les Français qui ont réussi dans l’univers de la nuit, des restaurants, des discothèques… On a fait également le New York insolite avec le Français qui a lancé le fameux Cronuts, pour croissant et donuts. Sa boutique ne désemplit plus avec des clients aussi célèbres que la première dame des Etats-Unis… Bientôt, nous serons à Shanghai ou à Saint-Barth.

Vous faites aussi votre retour à la Radio, sur Europe 1 chez Ruquier…

J’ai rencontré Ruquier en 2011, par l’intermédiaire de Babette de Rozières qui était invitée mystère dans On va se gêner sur Europe 1. A l’époque, je faisais partie du classement des plus beaux animateurs avec Michalak… Ça avait été l’occasion d’une petite plaisanterie entre Babette et Laurent Ruquier. Babette avait dit être fière que je sois dans ce classement. Résultat : Ruquier m’avait invité dans son émission. On a sympathisé… Quand il a connu mes déboires avec France Ô, il m’a proposé de venir faire un test pour être un de ses chroniqueurs dans On va se gêner. J’y suis allé la première fois en 2012.

Comment ça se passe en studio ?

On est plongé directement dans le bain avec les autres animateurs. A ma première, j’étais avec Fabrice Eboué, Christine Bravo, Yann Moix, Jean-Marie Bigard et Christophe Beaugrand. Pas le temps d’avoir le trac. Laurent Ruquier m’avait mis rapidement à l’aise. Ça avait même fait l’occasion d’une petite blague avec Fabrice Eboué qui me disait qu’il avait réussi  à dégommer tous les petits nouveaux de l’émission. il ne m’a pas eu et m’y revoilà.

Il y a eu de nouvelles arrivées, notamment celle très remarquée de Christophe de Chavannes et moi je reviens le 23 janvier.

Quelle carte allez-vous jouer ?

Je vais rester ce que je suis et je dirai ce que j’ai à dire car il y a souvent des choses qui me hérissent le poil. Je ne me cache jamais de mes opinions personnelles, maintenant, ça doit rester bon enfant. Je suis dans le divertissement et davantage dans le rayon humour que dans le rayon polémique.

Avec cette audience nationale, en profitez-vous pour glisser quelques références à votre antillanité ?

Bien sûr, mon antillanité s’exprime avec mes références musicales, uniques dans l’équipe. J’écoute du Johnny mais aussi Kassav ! Et d’ailleurs, j’ai fait partie du dernier clip de Kassav, Pwan pié mwen. Je ne me lancerai pas dans une tirade d’Aimé Césaire, mais je parlerai de jeunes artistes, de jeunes auteurs qui sont moins connus. Mais ça pourrait m ‘arriver de citer Césaire, pourquoi pas !

 

Fort de votre expérience sur France Ô avec Ô Rendez-vous et, au vu des critiques qu’essuie France Ô sur sa ligne éditoriale, auriez-vous un conseil à donner à son directeur des programmes ?

Je ne crois pas qu’on ait besoin de mes conseils. Mais, en tant que simple téléspectateur, je me suis réjoui d’un certain nombre de nouvelles émissions et j’ai déploré d’autres émission qui, pour moi, n’étaient pas un reflet très dynamique, très moderne, de ce qui se passe aujourd’hui dans la société antillaise ou française.

Réduire France Ô à l’Outre-mer est-il suicidaire comme le disait son ancien directeur Claude Esclatine ?

Ceux qui pensent qu’il y a une niche antillo-antillaise se trompent. Il y a bien une niche captive d’Antillais, mais elle est bien plus ouverte que celle dans laquelle on voudrait nous restreindre. Pourquoi ? Parce qu’il y a de plus en plus de jeunes qui naissent dans cette France de la diversité, avec des copains antillais qui ont été baignés dans une culture latine, anglo-saxonne ou française, donc qui sont ouverts. Et puis, il y a de plus en plus de Français de souche qui sont intéressés par cette culture, cette diversité, cette mixité, cette façon de se vivre ensemble… Par le biais des sportifs, de la culture, de la musique, il y a de plus en plus de gens qui regardent de ce côté-là et qui sont nés avec pour exemple cette antillanité, cette diversité.

N’est-ce pas plus porteur pour sa visibilité de représenter cette antillanité sur 23 plutôt que sur France Ô ?

Les deux sont porteurs. Plus nous porterons cette antillanité au plus haut niveau national, mieux ca sera. France Ô a un rôle essentiel à jouer sur cette voie car c’est une chaîne ultramarine, mais d’autres chaînes aussi ont leur rôle à jouer. Il ne faut pas cantonner tout ce pan de la culture à France Ô. Par mon petit biais, je represente cette antillanité sur Numéro 23. Je la représente à la radio sur Europe 1. Et puis, par d’autres biais j’espère, sur France télévisions. Je pense vraiment que le service public a ce rôle à jouer sur toutes ses chaînes. Je suis un amoureux du service public, mes parents y ont travaillé toute leur vie et je compte bien un jour y retravailler, dans les prochains mois, les prochaines annees… En tout cas, c’est un souhait que je nourris.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 13:17

La Réunion et son vivre ensemble en débat à Sciences PoAERP_-Sciences-O_-Conference_-Affiche_.jpg

Sciences Ô, Les outremers à Sciences Po et l’association des étudiants réunionnais de Paris organisent une conférence-débat intitulée « Ô tour de... La Réunion et son vivre ensemble ». Avec Sophie Elizéon, déléguée interministérielle à l'Egalité des chances des Français d'Outre-mer, et Isabel Gendre, réalisatrice du documentaire, La Réunion, les secrets du vivre ensemble, le débat portera sur les origines du métissage réunionnais, sur les spécificités de son modèle social, mais aussi sur les menaces qui le fragilisent.

Lundi 27 janvier 2014, de 19h15 à 21h00 en salle Eugène d'Eichtal, Sciences Po, Paris.

www.eventbrite.fr/e/o-tour-de-la-reunion-et-son-vivre-ensemble-conference-debat-tickets-10144647915

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 13:05

Festival Ka djokFlyer-Ka-Djok-edition-BIGIDI-KA.jpg

Une nouvelle édition du festival Ka Djok a lieu le samedi 1er février 2014 de 14h30 à minuit au Tapis Rouge, 8 rue de la Liberté à Colombes (92). Les organisateurs attendent du monde pour participer au concours de Dansé Léwòz Bigidi ka, et pour apprécier les prestations scéniques des groupes Ka Fraternité, Otantika et DNK. L’événement se clôturera avec Kout Tanbou, à partir de 20 heures.

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 17:04

Afrik’aïoli ou Espigoule se tire ailleurs… sénégalais

affiche-Afrikaioli.jpgEspigoule, nom de star du village varois de Ginasservis, revient au cinéma, quinze ans après ses Quatre saisons avec Afrik’aïoli. Christian Philibert que les spécialistes avaient repéré dès 1990 avec Embrouille chez les marmouilles, a décidé d’emmener son héros, Jean-Marc, le patron du café d’Espigoule et acteur principal, en vacances au Sénégal, avec son ami Momo, un Nord-africain de 3e génération.

C’est le point de départ d’une comédie frapadingue mais humaniste où les deux comparses traversent l’Afrique direction Toubacouta au volant d’un taxi Peugeot conduit par Modou, leur guide qui devient au fil du film leur ami. « J’espérais fort que l’alchimie de ce trio blanc-beur-black se produirait, et elle a fonctionné ! », indique Christian Philibert.

Afrikaioli-image.jpgPour autant, insiste Philibert « Afrik’aïoli n’est pas une suite aux Quatre saisons d’Espigoule (avec l’excellent second rôle Christian Carnus, ndlr), un Espigoule bis, mais un complément, une ouverture vers d’autres horizons… J’avais envie, au-delà des différences, de montrer ce qui rapproche les Provençaux et les Sénégalais, à commencer par l’amour de l’OM et la faculté à rire de tout » comme des préjugés racistes et sociaux.

A noter que ce film qui signe le retour de Philibert apres Loule star et Travail d’Arabe (avec la sublime Virginie Dubois-Ventura), a reçu le label Grolland et une annonce en plateau par Jules-Edouard Moustic lui-même !

Le film sera en projection à partir de mercredi 22 janvier à Paris aux 7 Parnassiens à 20h15 (réservation nécessaire), à Garges-lès-Gonesse (95) au cinéma le Jacques Brel, à Torcy (77), au cinéma Mega GCR, à Lyon (69), au cinéma Opéra et au Méga CGR Lyon Brignais, au Méga CGR la Rochelle (17), au cinéma les Arcades d’Alès (30), à l’ABC de Toulouse (31), aux Mega GCR de Blagnac (31) et Villeneuve d’Ornon (33), à l’Utopia de Montpellier (34), à l’Arvor de Rennes (35), au Cinémovida de Châteauroux (36), au Mega GCR Tour 2 lions (37), au Mega GCR de Tarnos (40), au cinéma Le France de Saint-Etienne (42), au Majestic de Lille et Ociné de Dunkerque (59), au Ciné Dôme d’Aubière (63), au GCR de Pau (64). Et bien sûr partout ailleurs dans le sud… Question d’accent !

FXG, à Paris

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 08:03

Lurel propose une « petite révolution pour l'outre-mer »

arrivee-Lurel.jpg« Je vois dans l’approche du président de la République une grande continuité avec le souffle de la campagne qui a porté cette majorité aux responsabilités. L’ampleur de la crise nous impose un surcroît de volontarisme, d’inventivité et de lucidité. C’est tout l’objet du projet de loi compétitivité emploi. » Victorin Lurel, dans le cadre de cette future loi qui devra trouver une adaptation dans le pacte de responsabilité proposé par François Hollande, a indiqué lors de ses voeux à la presse et au monde associatif qu'il avait commencé à consulter les partenaires sociaux et les parlementaires qu'il a longuement reçus jeudi à ce sujet. Ce projet de loi vise à améliorer les capacités de productives et l'emploi. « On a soutenu la demande outre-mer depuis 1946, a déclaré le ministre, résultat tout vient de l'extérieur pour satisfaire cette demande solvable. » Il envisage donc de proposer avec ce projet une politique de l'offre mais encore de soutenir les filières de production pour conquérir les marchés locaux et régionaux. Sans préjuger de ce que sera ce texte qui ne portera sans doute plus pour nom, loi compétitivité emploi, Lurel est prêt à remettre à plat tous les dispositifs budgétaires, c'est-à-dire les 1,1 milliard d’exonérations de charges, les 1 milliards de dépenses fiscales, les 320 millions du CICE, les 100 millions de la TVA NPR et encore les 500 millions du fonds exceptionnel d'investissement promis par Hollande en cinq ans. « Voeux-Lurel-1.jpgUne mise à plat de tout ca sur les trois ans qui viennent, y compris la fin des charges d'allocations familiales, pourrait nous permettre plus d'efficacité ». Victorin Lurel a émis cette idée en parlant ni plus ni moins de « petite révolution pour l'outre-mer ».

2014 sera aussi l’année de la reforme de l’octroi de mer, le 1er juillet, et des lois organiques de Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre et Miquelon.

CReFOM et Cite des Outre-mer

invites-de-Lurel.jpgVictorin Lurel a annoncé la creation le 31 janvier prochain du Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CReFOM), « une association pour encore mieux défendre nos valeurs et nos intérêts, pour mieux promouvoir nos territoires et nos cultures ». Ce Conseil se veut trancourant. Il regroupe les associations ultramarines, des leaders d’opinion et les parlementaires d’outre-mer à travers le president de l’intergroupe, le sénateur Georges Patient… Lurel présente ce CReFOM comme « une institution fédératrice semblable à nulle autre et dont l’objectif est de rassembler cette belle diversité que constituent les Outre-mer ». Le ministre a défendu qu’elle ne soit un « énième communautarisme qui se structure ». Parlementaires et conseillersSon président sera l’ancien délégué interministériel de Nicolas Sarkozy, Patrick Karam. Dans cette période où « certaines valeurs de respect et la tolérance, au cœur du vivre ensemble, donnent l’impression de vaciller sur leur base », selon Lurel, le CReFOM doit participer à faire vivre les valeurs des Outre-mer. Face aux « attaques contre Christiane Taubira, à ce qu’un humoriste peut dire ici ou là contre des communautés entières, poursuit le ministre, nous pourrons faire entendre nos voix ».

Dans le même esprit, le projet de la Cité des Outre-mer devrait connaître en 2014 des avancées. « Ce sont des vecteurs de visibilité et d’expression qui contribueront à concrétiser notre ambition d’inscrire les Outre-mer au cœur de la République. »

FXG, à Paris

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 07:58

ITW Victorin Lurel

La loi compétitivité emploi applicable dès l’an prochain

Voeux-Lurel-2.jpgVous avez proposé, lors de vos vœux, une remise à plat de l’ensemble budgétaire dédié à l’Outre-mer. Expliquez-vous…

La feuille de route qui m’a été assignée est de faire une loi dite compétitivité emploi. Après le discours du président de la République, il faudra peut-être lui trouver un autre titre, même si l’objectif reste le développement, l’emploi, la compétitivité, l’attractivité... C’est vrai que l’exercice est difficile. Dans les 50 milliards d’économie que nous devons tous faire, quelle est la part de chacun ? Jusqu’ici, le gouvernement a préservé, autant que cela a été possible, la quote-part des outre-mer. Comment faire mieux avec ce que nous avons ? Faut-il un delta supplémentaire et quel serait son quantum ? C’est la question qu’on n’a pas tranchée en simulation. Il y a une mission des Outre-mer qui est à peu près de 2 milliards, il y a 1 milliard 100 de dépenses fiscales, autant en exonération de charges, le gouvernement y a ajouté 320 millions en CICE, et le président de la République a  pris des engagements (ça figure déjà pour 100 millions), dont il reste 400 millions… Comment faire une mise à plat pour être plus efficace ? Lorsqu’on trouvera le Graal, je vous le dirai.

Cela suppose-t-il une remise en cause de la défiscalisation ?

A priori non, parce que la défiscalisation a été préservée avec une stabilité assurée. On a simplement pris l’engagement d’en faire l’évaluation pour préparer la loi de finance initiale de 2017 et de tirer les conclusions de l’expérimentation du crédit d’impôt. Mais la défiscalisation est préservée jusq’en 2017. Donc il n’y a pas de soucis, ni de volonté de remise en cause.

Quand cette nouvelle loi sera-t-elle proposée ?

Je voulais une première lecture avant avril. Je voudrais un texte bref de moins de dix articles pour pouvoir le faire passer le plus vite possible. Il faudra peut-être, si la concertation va très loin, prendre un peu plus le temps pour une adoption à la rentrée prochaine et voir en quoi, elle pourrait être applicable dès l’an prochain.

Le patronat ultramarin préconise lui aussi sa remise à plat avec « un changement de moteur » et il plaide pour des zones franches totales. Qu’en pensez-vous ?

On accueille les idées ; je n’en récuse aucune a priori. La difficulté de l’exercice, c’est le coût budgétaire. Comment servir et mieux servir avec autant d’efficacité les Outre-mer. C’est l’équation qui sera l’alpha et l’oméga de la chose.

Dans le dossier carburant, le bras de fer que vous avez avec les pétroliers pourrait-il vous faire trébucher ?

Je ne conçois pas cela comme un bras de fer. Il y a une discussion un peu âpre. Nous restons ouverts. Les pétroliers sont très contents d’etre reçus à Bercy, moi aussi… Je suis très content d’avoir permis cela.

Les pétroliers réunionnais, la semaine derniere, puis les gérants, cette semaine, jouent tranquillement une partition dilatoire…

A deux reprises, les acteurs de la filière réunionnaise ont refusé de venir… Il y a des résistances et l’on comprend que pour un changement culturel, il faille un petit peu de temps, mais nous avons un butoir…

La date du 1er février ?

Oui, bien sûr. On est ouvert, mais clair et ferme.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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