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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 07:22

Lurel, les sénateurs et la fin des quotas sucriers

Interrogé mercredi dernier par les sénateurs de la délégation outre-mer, Victorin Lurel a évoqué la situation de la canne à partir de 2017 quand prendront fin les quotas sucriers. « Est-ce qu’il [faut] dès maintenant planter ou s’arrêter ? », a demandé le sénateur de la Réunion Paul Vergès.

Le sénateur Larcher a alors demandé au ministre la mise à disposition de l’étude sur la canne à sucre. « Quand ce sera prêt », a répondu ce dernier qui a suggéré à la délégation outre-mer du Sénat de s’emparer du dossier : « Il faut anticiper la fin de la canne et peut-être la réorientation de la canne, et du sucre, et du rhum. Il faut anticiper les évolutions. » « La fin du rhum, ça n’est pas possible ça », a rétorqué en riant Serge Larcher. « Le rhum, on voit ce que ça donne », a répondu Victorin Lurel, tout en ironie. « Il n’y a plus d’Antilles, s’il n’y a plus de rhum », l’a repris M. Larcher. « Méfiez-vous », lui a lancé M. Lurel. « On va avoir du whisky alors, très bien », a conclu le sénateur martiniquais. Cet échange, sur un ton désinvolte, est survenu vers la fin de l’audition du ministre et a vivement fait réagir les milieux agricoles réunionnais avant qu’un rhumier guadeloupéen ne s’en inquiète à son tour. Pour éviter toute mauvaise interprétation, le ministère des Outre-mer a donc réagi en précisant que « le gouvernement n’avait eu de cesse de défendre la filière depuis 18 mois, en particulier dans le dossier de la fiscalité des rhums devant l’Union européenne ». C’est ainsi qu’une évaluation de l’impact sur le secteur de la fin des quotas est en cours. « L’enjeu, ajoute le ministère est bien le confortement de la filière et ses perspectives de développement dans ce nouvel environnement ». Une manière, pour le ministre, de dire que malgré le ton badin de l’échange, la question est sous haute surveillance rue Oudinot.

FXG, à Paris

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 05:34

Corinne Mencé-Caster, presidente de l’Universite Antilles-Guyane

Corinne Mance-Caster 4« Une gestion politique peut-elle ignorer les questions universitaires ? »

On s’etonne que la ministre de l’Enseignement superieur, Geneviève Fioraso, ait pris une decision qui engage l’UAG sans même vous avoir passé un coup de fil… Que vous a dit la ministre à ce sujet lors de votre entretien jeudi soir ?

Ça a été un des éléments forts de notre échange. Son argument a été de dire que ça n’était pas une crise universitaire mais une crise éminemment politique qu’elle a dû traiter à un niveau hautement politique, interministériel, avec pour interlocuteurs à travers l’intersyndicale, les politiques guyanais. Je lui ai expliqué que, quelle que soit l’urgence politique que nous pouvions concevoir et les prérogatives d’Etat sur lesquelles nous ne nous prononcions pas, il y avait nécessairement une dimension universitaire intrinsèque au conflit et que je n’avais pas compris que la présidente de l’université ne soit pas l’interlocutrice naturelle… Elle a répliqué que son cabinet faisait l’interface. Si c’était vrai au début, très rapidement l’interface a été rompue au point que j’ai appris ses décisions par les communiqués de presse. Cela explique aussi la crispation de la communauté universitaire.

La ministre a-t-elle osé vous regarder dans les yeux ?

Ce qui est important, c’est que nous nous soyons parlées en toute franchise même si nous ne sommes pas d’accord sur tout. Ce qui est important aussi, c’est que nous ayons enfin un dialogue suivi. Mme Fioraso m’a donné l’assurance de son écoute attentive sur ce dossier ainsi que celle de ses services.

Mmes Taubira et Fioraso ont-elles penser faire un coup médiatique et politique à bon compte en annonçant l’indépendance du pôle guyanais ?

En négligeant les conséquences sur les deux autres pôles…

Cette dimension, la ministre l’a découverte ; apparemment, elle n’en avait pas saisi la complexité… L’architecture institutionnelle et la configuration organisationnelle de notre université ont donc échappé à sa compréhension. Elle semblait penser que l’on pouvait gérer le pôle Guyane indépendamment des deux autres. Il était donc important de traiter la dimension universitaire pour éviter d’avoir ce sentiment de dépossession, d’exclusion et d’être mis devant le fait accompli sur des décisions qui concernent directement l’université. La presse s’en était fait l’écho d’ailleurs.

Qu’appelez-vous dimension universitaire ?

Des doctorants nous demandent s’ils auront un diplôme UAG, des étudiants en médecine demandent si le numerus clausus existe toujours… On a eu l’impression que l’UAG était démantelée immédiatement sans aucune concertation. L’autonomie des universités, les principes de démocratie, de collégialité doivent primer sur tout le reste et il est nécessaire de retourner à un fonctionnement normal, de bien comprendre que l’UAG continue d’exister et qu’il faudra bien entendre la voix des deux autres pôles pour construire un avenir de l’enseignement superieur et de la recherche digne de ce nom dans nos régions. On ne fera pas l’économie de cette réflexion, on ne fera pas l’économie de cette ambition légitime et qui traverse d’angoisse et d’inquiétude non seulement les universitaires, mais la société civile.

Quelle légitimité accorderez-vous à l’administratrice provisoire du pôle guyanais ?

Il ressort de nos discussions avec le ministère que, pour ce qui concerne une université de plein exercice en Guyane, elle rend compte à la ministre puisque nous ne sommes pas, nous, porteurs de ce projet et de ses modalités. Mais pour tout ce qui concerne la gestion de l’établissement, à partir du moment où l’administratrice est en fonction et qu’elle travaille sur le pôle guyanais, elle doit rendre compte à la présidente de l’université qui est l’autorité de l’établissement. Si cela n’est possible, cela veut dire que nous ne sommes pas nous-même une université de plein exercice.

Que va-t-il advenir des MM. Dorville et Fotsing, les deux élus destitués ?

Leur situation fait partie de ces éléments que nous aurons à travailler avec l’administratrice provisoire. Mais nous restons sur notre cap. Pour les membres de la communauté universitaire, il y a là quelque chose qui ne relève pas du respect du droit. Quelles que soient les raisons d’Etat, les raisons politiques que nous n’avons pas à commenter, notre ligne est de continuer à défendre les principes d’autonomie, de démocratie et de collégialité.

La ministre vous reproche de ne pas avoir attribué à la Guyane deux postes prévus pour son pôle…

Nous avons eu un échange assez vif à ce sujet. La politique que j’ai mise en place avec mon équipe depuis janvier 2013 est de rééquilibrer les moyens, en particulier sur le pôle guyanais. Si les postes n’ont pu être déployés en Guyane, c’est parce que la grève nous a empêché de réunir le conseil d’administration de l’université qui devait statuer sur ces questions. Mais pourquoi au moment où l’on annonce plus d’autonomie sur le pôle guyanais, plus de moyens, cette grève éclate-t-elle ?

N’était-il pas prévu que le pôle de Guyane prenne son indépendance en 2020 ?

Oui, en effet. Lors des assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2012, la Guyane s’est prononcée pour une université de plein exercice à l’horizon 2020. La Guadeloupe et sa présidente de région ont dit que l’UAG était trop petite pour la subdiviser encore. La Martinique a parlé de renforcer son autonomie dans le cadre d’un établissement unique. Nous avons construit notre programme présidentiel sur ces positions-là. Il y a eu ensuite le vote de la loi Fioraso en juillet 2013 qui nous demande de travailler sur une ordonnance pour plus d’autonomie. Et c’est ce que nous avons mis en place dès la mi-septembre. Donc, nous sommes surpris lorsque nous entendons brusquement parler d’autonomie renforcée, surpris que l’on nous dise que le pôle Guyane connaît un déséquilibre alors que nous avons un vrai programme. Et alors que nous sommes dans ce chantier, des décisions politiques viennent fragiliser un établissement qui a déjà une configuration complexe.

Et de grandes difficultés financières depuis des années…

Actuellement, ce ne sont pas des difficultés financières parce que nous pouvons payer nos charges. C’est plutôt un problème de gestion administrative et financière et de sa modernisation. L’université est jeune et n’a pas eu une trajectoire linéaire. Ses pères fondateurs se sont battus pour s’arracher de la tutelle de Bordeaux et construire un établissement autonome avec des réformes nationales qui se sont succédées notamment depuis 2007… Ce n’est pas la grève qui a mis au jour ces problèmes ! Et le fait que le pôle guyanais apparaît en tant que juge est grave alors qu’il est dans l’UAG, qu’il continue d’être géré par les instances de l’UAG, et que ses responsables successifs ont aussi à rendre des comptes aux Guyanais. Mon équipe et moi-même avons entendu un malaise, nous avons essayé d’y répondre par des propositions concrètes, qui ont été reprises sans nous citer ! Et maintenant on voudrait nous faire croire que c’était juste une gestion politique ?! Comment une gestion politique peut-elle ignorer les questions universitaires ? Nous ne transigerons pas sur ce point.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

D’abord, rappeler que l’UAG existe bien et qu’elle doit retrouver un fonctionnement normal. Nous avons mis le doigt sur des difficultés qui pourraient demeurer en raison des décisions qui ont été prises. La direction générale  de l’enseignement superieur nous a promis de nous aider à retrouver un fonctionnement normal, voter notre budget, délivrer nos diplômes, continuer nos formations, employer nos vacataires… Et la communauté universitaire, en Martinique comme en Guadeloupe, demande à être associée pleinement aux décisions concernant l’avenir. Pendant les trois jours qui suivent, les 18, 19 et 20 novembre, sur chacun des deux pôles, la communauté va se réunir en ateliers pour pouvoir dégager les modalités d’une consultation et donner aux politiques, qui vont rencontrer la ministre le 21, un certain nombre d’indicateurs sur ses positions.

Quels scénarios se dessinent-ils ?

Rien n’est arrêté. Nous voulons justement encourager une parole libre et sereine de la communauté sur ces sujets, qu’elle soit consultée et prenne toute sa place dans la construction de quelque chose d’ambitieux pour nos régions, pour nos populations et pour nos jeunes.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 07:47

La New York spirits international competition sacre Damoiseau

Damoiseau_VSOP_US_front.jpgLa New York spirits international competition est la première grande compétition internationale des spiritueux des Etats-Unis. Ses juges sont des acheteurs pour les magasins de détail et les hôtels, des restaurateurs, des sommeliers, des distributeurs et des importateurs. Les produis ont notés sur un ensemble de critères, l'apparence, l'arôme, le goût, la sensation en bouche et la finition. À l'issue de la dégustation, les panélistes se concertent et décident quels échantillons sont récompensés. Ainsi pour l’année 2013, la distillerie Bellevue au Moule, Damoiseau, a été conscrée, le 20 octobre dernier au West club de New York, par un international award qui en fait « la distillerie de l’année ». Par ailleurs, le Damoiseau vieux VSOP décroche une médaille d’argent avec la Réserve de Saint James. Saint James récolte aussi une médaille de bronze pour son Premium caribéen.

Les lauréats récupèreront leurs prix le 20 novembre à New York.

FXG, à Paris

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 07:12

Touche pas ma banane

pins-banane-UGPBan.jpgLa France entière s’émeut à juste titre des injures proférées contre la garde des Sceaux, ministre de la Justice, la Guyanaise Christiane Taubira. Ces injures s’accompagnent d’images qui renvoient à l’imaginaire colonial et sa sémiologie raciste des années trente, comme chez Hergé dans Tintin au Congo ou encore Johnny Weissmuller dans Tarzan. Reste que la banane est venue dans cette affaire en renfort de ceux qui ont voulu stigmatiser Mme Taubira. A tel point que Louis-Georges Tin, le président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a demandé : « Combien de bananes faudra-t-il pour qu’une action politique vienne enfin barrer la route aux racistes ? »

Depuis une dizaine d’années, des professionnels des Antilles, mêlant békés, nègres, mulâtres et zindyens, font un travail remarquable pour que l’une des grandes cultures d’exportation, la banane de Guadeloupe et Martinique soit reconnue comme une grande marque du savoir faire français. Ils ont travaillé le produit et l’image et ont même créé un timbre postal à l’effigie de la Cavendish. Depuis quelques mois, l’Union des groupements des producteurs de bananes (UGPBan) distribue une petite banane jaune sous forme de pin’s. Jusqu’alors, certains la confondaient parfois avec celle du Velvet underground et d’Andy Warhol. Mais depuis quelque temps, la confusion prend des allures plus ennuyeuses pour celui qui la porte au revers de sa boutonnière. « C’est une provocation ! Vous soutenez ceux qui attaquent Mme Taubira… » Non, cette banane n’appartient ni au journal Minute, ni à la morveuse qui l’a brandie à Poitiers lors de la visite de Christiane Taubira, elle appartient aux 15 000 personnes des Antilles françaises qui en vivent. Ne plus la porter, c’est accepter de leur abandonner le symbole. Voilà pourquoi il est plus nécessaire que jamais de l’arborer pour bien signifier : « Touche pas ma banane ! »

FXG

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 06:11

Moi, Jeanina, adolescente an tan Sorin, aux éditions Nestor

Moi jeanina couv« L’esprit konpè lapen a décuplé an tan Sorin… » C’est la principale leçon qu’on retire du livre de Claudine Hazaël-Ambrosio, « Moi, Jeanina, adolescente an tan Sorin », que publient les éditions Nestor. L’auteur s’est plongée dans ses souvenirs d’enfance et surtout le souvenir des récits de sa mère, Jeanina, tout juste adolescente en 1940 quand débute le règne du gouverneur Sorin. Si Claudine Hazaël-Ambrosio insiste sur le régime vichyste en cours alors à la Guadeloupe, son livre est d’abord un témoignage sur la vie des gens ordinaires. Bien sûr, avec Constant Sorin, « la notion de l’effort se trouvait fortement associée à celle de la servitude », mais au fil de la lecture, on découvre une Guadeloupe de gens simples qui luttent pour survivre. « La famille [de Jeanina] vit très modestement à Petit-Bourg, dans une maison en bois de quatre pièces avec cuisine à l’extérieur » et « Jeanina et ses frères et sœurs avaient le ventre qui grondait comme un des cratères de la Soufrière ». Huile de coco sèche, farine de fruit à pain et cartes de ravitaillement… Le savon devient un luxe qu’on économise en frottant le linge à la rivière avec des feuilles de giraumon et de soleil. A l’école, les femmes institutrices ont quasiment disparu. C’est une de ces femmes remerciées par le gouverneur Sorin qui « encouragea Jeanina à passer son certificat d’études en lui donnant des cours particuliers »… A l’école, il faut chanter « Viv Maréchal Pétain, viv gran papa an nou ki ka ban nou bon espwa vwé la France libéré… » Un jour, les élèves du lycée Gerville-Réache refusent de chanter et c’est Sorin lui-même qui vient, avec sa badine, obliger les jeunes à chanter l’hymne maréchaliste… Et puis, omniprésente, la Jeanne, QG des vichystes, pour qui tout est dû. « Quand une famille abattait un bœuf, tous les bons morceaux devaient être cédés en priorité à l’armée et expédiés sur la Jeanne. » Jeanina se rappelle encore que le dimanche à l’église, « le cure prêchait la parole de Dieu et du Gouverneur ». En semaine, tous les enfants Hazaël devaient avoir une activité : « Suzette était bonne chez les SB, Geno était mousse, Isaure cousait quand elle avait du tissu, Lina et Frédérique étaient vendeuses à la « gresserie » de Mme Cirani, Epiphane travaillait à l’usine de Beauport et Jeanina luttait pour rester à l’école. » Les draps, les robes, les chemises sont faits de sacs de farine dont il fallait savoir ôter les inscriptions avec un mélange d’eau et de cendres… Claudine-Hazael-Ambrosio.jpgEt puis, il y eut la dissidence : « Les mamans pleuraient le départ de leurs fils et la disparition de leurs petites économies… » Sa sœur Suzette, sans entrer en dissidence, a rendu des services à la Résistance en faisant passer des billets doux aux marins de la Jeanne et des documents confidentiels aux prisonniers du fort Napoléon, Augereau Lara et Paul Valentino. Claudine Hazaël-Ambrosio se demande au final si l’expression « kimbé rèd pa moli », ne date pas de cette époque, tout comme « la lutte en faveur de notre autonomie, voire notre indépendance ». Et elle en déduit que « les idées LKPistes sur la possibilité d’une autosuffisance sont réalistes et réalisables ». Et elle n’hésite pas à détourner la devise de l’Etat français : « Travail, oui pour nous, Famille, oui pour nous, Patrie, oui pour nous. » Et pour rester dans le ton, l’auteur évoque « le bâton de maréchal » de sa maman, « cette force qu’elle devait puiser au plus profond d’elle-même pour réussir à nourrir ses six enfants […] les élever dans la dignité et [leur] inculquer le sens de l’effort et du travail ». Voilà en 75 pages, « la vérité historique des faits » que propose la fille de Jeanina, motivée par « la nécessite de la transmission entre les enfants et les parents ».

FXG, à Paris

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 05:57

La Fedom critique violemment le budget de l'Outre-mer

Lurel-Badat-philibert.jpg« J’accuse Bercy pour son incapacité collective à remettre en cause le dogme », a déclaré Jean-Pierre Philibert, président de la Fédération des entreprises d’Outre-mer (FEDOM) à l’issue de l’assemblée générale des patrons ultramarins, jeudi à Paris. Tous étaient très remontés contre le gouvernement et son budget 2014 actuellement en discussion au Parlement : « Un budget de régression économique et sociale. » Economique avec l’article 13 sur la défiscalisation et le crédit d’impôt, et social avec l’article 70 sur le recentrage des exonérations de charges sociales patronales. Sur le premier point, la FEDOM considère que le compromis établi avec Victorin Lurel a été dénaturé par Bercy et que l’article 13 signe en fait la mort de la défisc. « En ne déconnectant pas le plafond de 18 000 € des autres niches, beaucoup de projets ne pourront se monter comme on l’aura vu cette année », explique Jean-Pierre Philibert qui les chiffre à 400 pour les seules COM en 2013. Second facteur létal, le seuil à partir duquel une entreprise ne peut plus défiscaliser. Il a certes bien été fixé à 20 millions de chiffre d’affaires, mais la notion de groupe retenue au sens de l’article 39 du code général des impôts revient, selon la FEDOM, à prendre « un râteau aux dents ultra serrées ». « Au lieu des 107 entreprises sensées expérimenter le crédit d’impôt, on en aura quatre fois plus », regrette M. Philibert. Et il donne l’exemple d’un groupe de la grande distribution qui a aussi une filiale de production locale. « Sa filiale devient non éligible à la défiscalisation et est condamnée au crédit d’impôt sans avoir de moyens propres de préfinancement… » Autre signe de cette mort annoncée de la défiscalisation, la période de transition pour l’application de la reforme. Première interrogation : Bruxelles aura-t-elle agréer le crédit d’impôt au 1er juillet 2014 ? Une obligation car le crédit d’impôt est considéré comme une aide à finalité régionale. « Si ca n’est pas le cas, il n’y aura ni défisc, ni crédit d’impôt apres le 1er juillet de l’an prochain », mettent en garde les patrons d’outre-mer qui voulaient pour les gros dossiers un délai de 18 mois une fois obtenu l’agrément de Bercy. L’administration fiscale a fixé ce délai à 18 mois, mais à partir de la date du 1er juillet 2014. Or, les patrons savent bien que la pratique du bureau des agréments de Bercy est lente et que certaines instructions pour des agréments peuvent durer jusqu'à trois ans… « Il est vrai, reconnaît la FEDOM, que Bercy n’a jamais caché son hostilité à la défiscalisation et que l’administration fiscale est maintenant  bien armée pour faire passer en force le crédit d’impôt. »

Sur le terrain des charges sociales, la FEDOM dénonce cet article 70 qui rabote les exonérations de charges sociales patronales. « C’est une trappe à bas salaire qui va à l’encontre du développement de l’emploi local des jeunes qualifiés. » Ces 90 millions d’économies ne sont pas compensés par les 320 millions du crédit d’impôt compétitivité emploi selon une étude des MPI Martinique. Pour un salaire de 2,5 SMIC dans un secteur prioritaire, il manquera 400 euros par fiche de paye mensuelle, soit 5000 € par an. Les patrons demandent solennellement la suspension de cet article 70 et en appellent à l’Elysée. « Nous sommes prêts à discuter pour trouver ailleurs un équivalent de même nature à économiser… » Un cri dans le dessert sans doute si l’on s’en tient au ton du gouvernement lors des discussions dans les commissions budgétaires… Ce budget 2014 pourrait bien signer la fin de la lune de miel entre le ministre des Outre-mer et la FEDOM. « Le jeune marié se sent cocu », ironise Jean-Pierre Philibert qui vise tout le gouvernement et le met en garde. « Le climat général est inquiétant et il rappelle, en plus grave, la situation de 2009. Le gouvernement prend le risque d’ouvrir un nouveau front du refus et de la désespérance… »

Une ultime pression avant l’examen du budget par le Sénat et sa deuxième lecture par l’Assemblee nationale d’ici à fin de l’année.

FXG, à Paris

 


L’outre-mer oublié des assises du tourisme

 

Jean-Marc Ayrault a confié à sa ministre du tourisme, Sylvia Pinel, l’organisation d’assises nationales du tourisme. La ministre, à son tour, a demande un rapport à François Nogue, president de Pôle emploi. « Aucun professionnel du tourisme en outre-mer ne fait partie du comite de pilotage, regrette Jean-Pierre Philibert, ni même aucun n’a été entendu pour nourrir ce rapport. » On savait déjà que ces assises n’auraient pas de focus sur l’outre-mer et que tous les aspects du tourisme seraient traités de façon transversale… « C’est donc un signe encourageant pour nos économies ultramarines », ironise-t-on à la FEDOM.

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 15:00

« L’université va retrouver un fonctionnement normal »

delegation-Uag-devant-ministere-fioraso.jpgLa présidente de l’UAG, Corinne Mencé-Caster, est arrivée au ministère de l’Enseignement supérieur vers 17h25, hier soir. Elle était à la tête d’une délégation de cinq personnes dont les vice-présidents Olivier Pulvar, chargé de la communication, et Marie-Joseph Aglaé, en charge des affaires juridiques et contentieuses. La ministre Geneviève Fioraso a d’abord reçu seule et en tête à tête, Mme Mencé-Caster, pendant que le reste de la délégation s’entretenait avec des conseillers techniques. Ensuite, tous se sont retrouvés dans le bureau de la ministre pour un rendez-vous qui a duré plus d’une heure trente.

C’était la première fois que la présidente de l’UAG pouvait s’entretenir avec la ministre qui n’avait pas même pris soin de la prévenir, il y a quinze jours, qu’elle nommait une administratrice provisoire à la tête du pôle guyanais pour démarrer un processus d’autonomie… Cette question n’a été évoquée qu’entre les deux femmes lors de leur huis clos et il semble que la ministre ait argué d’une « situation politique difficile, compliquée » pour justifier une mise a l’écart de la presidente de l’UAG. « Leur dialogue  a été franc, a indiqué Marie-Joseph Aglaé, porte-parole de la délégation, à l’issue de cette rencontre. Il s’agissait de tirer certaines choses au clair… Et j’espère que la ministre a bien compris que la scission de l’université, à très court terme, poserait des problèmes. » L’intervention officieuse de Christiane Taubira dans ce dossier n’a pas non plus été clairement expliquée  : « C’est une question délicate, politique, et elle n’était pas l’objet de notre réunion… » Il semblerait plutôt que Mmes Fioraso et Taubira aient tenté de faire un coup médiatique et politique avec la Guyane en oubliant bien malheureusement la Martinique et la Guadeloupe... « Cette réunion devrait donc servir à remettre Mme Mencé-Caster au centre du jeu. » Ce qui est encore ressorti de cet échange, de l’avis des participants, c’est que l’UAG allait pouvoir retrouver un fonctionnement normal et que ses instances vont à nouveau pouvoir se réunir. Cependant la question des deux élus destitués ne semble pas encore avoir trouvé non plus de règlement : « Cette question n’a pas été véritablement discutée au fond, a concédé M. Aglaé. Nous verrons quel sera le comportement des élus intéressés. »

L’administratrice provisoire du pôle guyanais aura-t-elle une légitimité reconnue par les instances statutaires élues de l’UAG ? « Cette question fera l’objet de discussions au sein de la gouvernance de l’UAG, dès lors que l’administratrice aura recu sa lettre de mission. »

 Officiellement, l’objet de la réunion était de savoir si l’université allait retrouver un fonctionnement normal. « Ce sera le cas », a encore répété le vice-président Aglaé. Des aujourd’hui, les discussions reprennent mais avec la direction de l’enseignement supérieur du ministère à Paris. Dans un troisième temps, normalement le 21 novembre, il y aura une concertation avec les responsables politiques des régions et un dialogue avec l’ensemble de la communauté universitaire doit être aussi engagé.

FXG, à Paris

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 09:02

Le Sénat crée un groupe de travail sur l’avenir de l’UAG

La signature d’un protocole prévoyant la creation d’une université de plein exercice en Guyane est largement critiquée par les instances universitaires de l’université Antilles-Guyane (UAG), soutenus en cela par les élus de Martinique. Le président de la délégation outre-mer du Sénat, Serge Larcher, dénonçant une « décision unilatérale », souhaite que « quelle que soit la décision prise, elle soit respectueuse de l’autonomie des universités, des instances statutaires élues de l’UAG et des spécificités propres de ce pôle de recherche ». Prônant le dialogue et la concertation, au titre de président de la délégation sénatoriale, il a annoncé la creation, en association avec la présidente de commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, Marie-Christine Blandin, d’un groupe de travail commun sur l’avenir de l’UAG. Douze sénateurs devraient en faire partie. A charge pour eux de « définir un statut dérogatoire répondant à la fois au respect de l’identité propre à chaque territoire et d’une vision régionale assurant la cohésion universitaire ».

FXG, à Paris

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:44

Marie-Lesure-Vandame.jpgMarie Lesure-Vandamme, animatrice de l’émission religieuse, Dieu m’est témoin

« Nous vivons une foi populaire »

Vous animez tous les dimanches matin l’émission Dieu m’est témoin. Quel en est le principe ?

C’est un éclairage sur les réalités que vivent tous les gens d’outre-mer, qu’ils soient dans le Pacifique, aux Antilles, en Guyane ou dans l’Océan Indien. On traite de thèmes de proximité, la famille, le travail, la politique, la jeunesse sous un éclairage chrétien, mais aussi des thématiques plus spirituelles comme les pèlerinages, les saints populaires, la vie… On reçoit des hommes et des femmes qui vivent leur foi en outre-mer ou en métropole et qui apportent une parole, un témoignage.

On vous rencontre sur un stand à l’église Saint-Sulpice, à l’occasion de la messe annuelle des Antillo-Guyanais. C’est de la communication ou c’est pour partager ce moment de communion ?

Les deux car cette messe annuelle est une célébration très joyeuse, mais nous voulons aussi faire connaître notre émission. On est diffusé sur Internet en France, mais aussi sur les chaînes d’Outre-mer 1ère tous les dimanches matin. On a envie de faire connaître ce que nous faisons, car c’est une émission interactive avec une page facebook extrêmement visitée, de plus en plus, pour que les jeunes et les moins jeunes viennent témoigner sur notre plateau.

Y a-t-il une manière particulière d’aborder les questions de spiritualité, de chrétienté dans les outre-mer ?

Je suis Réunionnaise de cœur et d’adoption, donc j’ai vécu une foi populaire comme on peut la vivre aux Antilles, une foi de partage ! La différence majeure que l’on peut noter avec la France, c’est que nos églises sont remplies ! Mais sinon chacun vit sa foi avec sa culture, avec ses chants, avec sa ferveur… Il n’y a pas de manière différente d’accueillir la parole du Christ.

Propos recueillis par FXG, à Paris

www.dieumesttemoin.fr

Sur Guadeloupe 1ère, le dimanche à 7h50

Sur Guyane 1ère, le dimanche à 7h40

Sur Réunion 1ère, le dimanche à 7h20

Sur Martinique 1ère, le dimanche à 5h30

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 07:50

Francoise Vergès rebondit à Nantes

Le remplacement de Francoise Vergès a la tête du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CPMHE) par Myriam Cottias au moment de la journée du 10 mai dernier, avait posé un sérieux problème à Victorin Lurel. L’intervention du sénateur Paul Vergès auprès du Premier ministre Jean-Marc Ayrault en faveur de sa fille avait bien failli aboutir à la reconduite de la chercheuse réunionnaise à la tête du CPMHE. Mais comme le ministre des Outre-mer avait déjà averti personnellement Myriam Cottias de sa nomination, il n’était plus question de faire marche arrière. N’empêche, Lurel se trouvait pour le coup bien ennuyé. Il lui revenait implicitement de trouver un job à Francoise Vergés. Et visiblement, il ressentait cela comme un véritable buisson d’aubépines sous le pied ! Finalement, Francoise Vergès a trouvé à rebondir. Elle est désormais chargée de mission au mémorial de la traite et de l’esclavage à Nantes. Sans doute une bienveillance de l’ancien maire de l'ancien port négrier.

FXG, à Paris

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