Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 07:03

ITW Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur

« L’objectif est à terme une université de plein exercice »

Genevieve-Fioraso.jpgL’une des revendications pour le pôle guyanais de l’UAG est la révocation de quatre dirigeants, vous proposez plutôt de nommer un administrateur provisoire…

Il y a un problème de gouvernance indéniable, sans que d’ailleurs aucune faute n’ait pu être reconnue, et il faut apaiser les choses pour travailler sereinement à l’avenir de cette composante de l’université Antilles-Guyane. J’ai donc décide de nommer un administrateur provisoire. Dans les jours qui viennent, vous connaîtrez son nom.

Sa mission sera-t-elle d’aller vers l’autonomie comme cela est réclamé ?

Il devra effectivement mettre en œuvre l’objectif d’autonomie souhaité par l’ensemble des Guyanais, et que mon ministère et le gouvernement ont décidé de soutenir. C’est un objectif qui prend du temps pour des raisons statutaires et juridiques, et des nécessités de consultation. C’est un objectif à deux ou trois ans et plutôt trois ans que deux.

Quelles seront les étapes de cette autonomie ?

Il faut d’abord organiser la première étape qui vise une autonomie plus grande des licences. Ce sont aussi des moyens nouveaux dont nous vérifierons qu’ils seront bien distribués parce que nous avons observé que les trois postes que j’avais créés l’année dernière n’avaient pas ete distribués en Guyane. Donc cette année, nous créons cinq postes et nous veillerons à ce qu’ils soient effectivement implantés en Guyane. Nous avons créé une licence de l’environnement qui sera effective à partir de la rentrée prochaine. C’était trop tard pour l’annoncer à cette rentrée.

A ce chiffre de cinq postes, les syndicats répondent « très insuffisant. Qu’en dites-vous ?

Globalement, l’université Antilles-Guyane est sur dotée, mais il faut voir la façon dont les postes sont répartis et la Guyane n’est pas sur dotée.

Et quid des autres moyens demandés ?

Les travaux nécessaires pour la restauration des étudiants et pour l’accès à la bibliothèque ont été accélérés et maintenant, tout est disponible pour les étudiants. Les travaux de logements et ceux de désenclavement d’accès à l’université par voie routière et transports en commun seront également accélérés. Nous répondons aux demandes et nous voulons rétablir à la fois un climat apaisé et un climat de confiance et de concertation. C’est pourquoi nous avons décidé de nommer un administrateur provisoire qui, dans les six mois, doit nous permettre d’avoir une feuille de route précise, détaillée. Cela permettra à la Guyane d’ouvrir son université à davantage d’étudiants guyanais. Il y a 2500 étudiants aujourd’hui pour 35 000 jeunes en capacité de faire des études. Il y a une grosse marge de progression… Et je souhaiterais que la Guyane s’ouvre sur la Caraïbe parce que c’est une formidable opportunité de développement.

Cela veut-il dire que le cordon avec les Antilles sera définitivement coupé ?

C’est aux Guyanais d’en décider à l’issue de ces six mois. L’objectif que m’ont donné les parlementaires guyanais, le president du conseil régional, les élus locaux, c’est à terme une université de plein exercice. Mais pour y parvenir, il faut d’abord renforcer l’autonomie au niveau des licences et construire l’avenir ensemble.

Y a-t-il d’ores et déjà un calendrier ?

Si on avait tout planifié, on n’aurait pas besoin d’administrateur provisoire et il n’y aurait pas toute cette agitation aujourd’hui en Guyane. Il faut rendre les acteurs responsables de leur avenir, c’est tout l’esprit de la loi que j’ai mise en place et qui veut favoriser la dynamique des écosystèmes et des territoires. L’Etat est là pour réguler, mais il faut susciter et développer les initiatives locales.

A quoi a conclu la mission de l’inspection générale que vous avez mandatée ?

Ses conclusions ne sont pas en contradiction avec ce que j’ai indiqué et la décision que j’ai prise l’a été en parfaite entente avec Victorin Lurel, mais aussi Christiane Taubira, sous l’autorité du Premier ministre.

Propos recueillis par FXG, à Paris

La ministre de l’Enseignement supérieur devrait se rendre en Guyane à la mi-decembre, à l’occasion du voyage présidentiel de François hollande prévu à son retour du Brésil.

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 06:53

 

Thierry Dol et ses compagnons en famille

le-retour-photo-alfred-jocksan--13-.jpgIl y avait foule de journalistes à l’aéroport militaire de Vélizy-Villacoublay, hier matin quand le Falcon aux couleurs de la République française s’est posé sur le tarmac à 11h45. A son bord, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le ministre de la Défense, Jean Yves le Drian accompagnent  le retour des quatre ex- otages : Pierre Legrand, Marc Féret, Thierry Dol et Pierre Larribe. Mais c’est dans l’intimité qu’ils ont pu retrouver leurs familles et leurs proches, en présence du president François Hollande qui avait écourté pour l’occasion le conseil des ministres. Les photographes et les cameramen ont bien pu avoir des images, mais de loin, quand les quatre héros ont surgi sur la passerelle du Falcon. Et c’est dans le bruit des turbines de l’avion qui continuaient de tourner encore et les déclics des appareils photos qu’ils ont foulé le sol français apres 1139 jours de captivité.

le-retour-photo-alfred-jocksan--29-.jpgMeme de loin, on ressentait le bonheur de ces retrouvailles pleines d’émotion, de larmes aussi, après trois ans d’attente de souffrance, de courage. C’est formidable ! «  Ils sont des hommes qui ont subi ce moment, a déclare peu apres le president à la presse. Mais ce sont des grands citoyens français qui ont fait honneur, dans leur captivité, à la France. »

le-retour-photo-alfred-jocksan--6-.jpgThierry Dol est le troisième à etre descendu de l’avion, barbu avec des lunettes de soleil. Il adresse un léger sourire aux personnes qui l’attendent en bas de la passerelle. Il est accueilli par François Hollande qui prend le temps d’échanger avec lui quelques mots. Puis Thierry tombe dans le bras de son père un long moment, avant de venir saluer sa mère, le maire de sa commune, le sénateur Maurice Antiste et les autres personnes du groupe Il salue de loin les journalistes et répond à un premier coup de téléphone. Thierry est visiblement fatigué, mais si content d’être là et de retrouver son pays.

Les quatre hommes goutent la joie de la liberté retrouvée. Ils ont été enlevés, dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010, par un commando dans la ville minière d’Arlit  où ils travaillaient pour le groupe AREVA et Vinci pour extraire de  l’uranium. C’est la fin d’un long calvaire qu’ils ont vécu.  Ils ont eu à vivre des moments très difficiles au moment de la guerre au Mali. Ça devait être terriblement compliqué et tendu. La fin de plus de trois années de cauchemar, de peur, de crainte. Le soulagement est général…

le-retour-photo-alfred-jocksan--27-.jpgLa délégation des familles et les ex-otages se sont retirés dans un salon de l’aéroport ou le chef de l’état a pu discuter avec eux à l’écart de leurs familles. Puis, François Hollande accompagne des ministres Le Drian et Fabius et des ex-otages est revenu voir la presse pour faire une déclaration. 

Depuis vingt-quatre heures, tout a été très vite, très bousculant. Les ex-otages ont le visage fermé.  Hollande remercie le président de Niger. « C’est une immense joie, celle d’abord de Daniel, de Pierre, de Marc, de Thierry. Une immense joie de retrouver leur famille, leur pays et enfin de retrouver une vie, une vie libre ». Le president est tout sourire. Il a tenu à rendre un hommage à toutes les familles : « Je sais que c’était long, mais, toutes ces familles ne se résignaient pas. »  Il fait savoir comment les négociations peuvent etre longues et difficiles. « La solidarité de la France ne s’est jamais démentie ! »  Enfin il lance un appel à l’unité nationale : « L’unité c’est la condition indispensable pour la réussite. » 

le-retour-photo-alfred-jocksan--43--copie-1.jpgLes quatre hommes qui goûtent enfin à la liberté n’ont pas tenu à s’exprimer. Ils sont restés en retrait sans mot dire… Seules trois femmes ont été autorisées à s’approcher de la barrière de la presse, notamment la femme de Pierre Larribe, Françoise. « C’était extraordinaire de les voir tous les quatre. On attend cela depuis  trente-sept mois », dit-elle. Quand on lui demande comment va son mari, elle répond : « J’ai l’impression qu’il reprend une conversation qu’on a laissée, il y a quelques jours. On repart dans un quotidien, dans une façon de fonctionner qui nous est propre. Je trouve ça assez extraordinaire. »

Cette journée Marathon a débuté à Niamey au Niger, lieu de leur libération. Après leur arrivée. Ils ont ete transportés à l’hôpital de Val de Grace à Paris pour des examens médico-psychologiques avant de se rendre au ministère des Affaires étrangères pour une discussion avec les membres de la cellule du renseignement. La réception qui devait etre organisée en leur honneur à l’Elysée a été annulée, à leur demande. Ils ont rejoint leur hôtel au pied de la Tour Eiffel, en bord de Seine, pour rester en famille et goûter enfin le plaisir d’etre des hommes libres. Aucune date de retour en Martinique pour Thierry Dol n’a encore ete communiquée pour l’heure.

Alfred Jocksan (avec FXG) à Paris

Partager cet article

Repost0
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 13:00

ITW Victorin Lurel, ministre des Outre-mer

Victorin Lurel dénonce le chantage des compagnies pétrolières et l’instrumentalisation des gérants pour bloquer le projet de décret sur les marges et les prix des carburants.

victorin-Lurel-largeur.jpg« C’est un chantage »

Les gérants des stations-service des Antilles et de la Guyane ont peur d’etre les otages des compagnies pétrolières auxquelles vous voulez imposer un nouveau décret carburant pour réduire leurs marges. Ils redoutent que les compagnies ne reprennent les stations en directe et ne les automatisent. Ont-ils raison d’avoir peur ?

J’ai entendu ca à Mayotte où l’on m’a dit tres clairement : « Ce sont les compagnies pétrolières qui nous demandent de s’opposer au décret. » Le Premier ministre a déjà tranché : les stations-service ne sont pas dans le décret. Nous voulions les protéger, les gérants ne veulent pas. Ce qu’on peut dire, c’est qu’après les événements de 2009, partout dans les outre-mer, les profits des compagnies pétrolières ont décuplé. On a des chiffres ; il y a eu un dernier rapport qui confirme en tout point ce que nous pensions. Nous disons que dans un secteur à monopole, un secteur administré avec des prix fixés par les préfets, on peut avoir des marges, mais plus raisonnables. C‘est ce qu’on s’apprête à faire très bientôt, sans doute pour le 1er janvier 2014. Les pétroliers ont déjà recu le projet…

La pression des pétroliers vous glisse dessus, mais retombe sur les gérants…

Ca voudrait dire qu’on empêcherait l’Etat de décider, à la représentation nationale de légiférer en disant que si ce décret passe, ils reprendraient en gestion directe les stations-service ? C’est un chantage ! Comment peut-on remettre en cause des loyers contractualisés et décidés d’accord parties depuis longtemps ? Les compagnies pétrolières prendront leurs responsabilités… On me dit qu’il y a mille emplois dans les stations-service en Guadeloupe comme en Martinique ? On aura donc mille employés des compagnies pétrolières, mille salariés directs…

Victorin-Lurel.jpgLes gérants évoquent des projets d’automatisation des stations…

Le gouvernement a demandé que nous maintenions les marges des stations-service à condition de maintenir l’emploi. Il faut être clair. On ne va pas faire le chantage d’augmenter encore les marges. Elles sont conséquentes dans les stations. On a voulu faire une station type, les gérants n’ont pas voulu. On a voulu stabiliser les contrats, ils n’ont pas voulu. Ils ont dit que nous allions libéraliser les prix ; il s’agissait d’une différenciation pour les aider et ils n’ont pas voulu. Maintenant, on nous dit : « Vous ne prenez pas le décret parce que nous perdrons nos jobs. » Je veux bien entendre ça, mais ça me paraît quand même de nature difficile à accepter.

Ce que disent les gérants alors, c’est du flan ?

Je ne dis pas que c’est du flan, mais jugez-en ! Comment peut-on dire à un gouvernement : « Vous ne prendrez pas ce décret, sinon nous reprenons tout. » On verra bien, mais on prendra le décret.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 07:18

Libération de Thierry Dol

Les députés de la Martinique étaient tous à l'audition du ministre de l'Outre-mer, mardi soir, quand le président de la République a annoncé la libération des otages d'Arlit (Niger), parmi lesquels le Martiniquais Thierry Dol.

Serge Letchimy

« Je suis très ému pour les quatre otages libérés, mais plus spécifiquement pour celui que l’on connaît le mieux, Thierry Dol, et surtout leurs familles. Il faut avoir vraiment beaucoup de force pour savoir son enfant en danger et en même temps, il faut avoir une pensée pour tous. Une pensée pour l’action de persévérance du gouvernement, l’action de résistance de la famille, le dialogue, les mobilisations et bien sûr pour Thierry. Mais il faut encore avoir une pensée pour ceux qui ont pris la décision de le libérer… Il ne faut pas tomber facilement dans la stigmatisation, car même quand il y a des difficultés, il faut se dire qu’il va y avoir quelque chose de bon qui va se passer, qui peut se passer. Il faut saisir cela clairement. Il faut faire de cette épreuve terrible une épreuve de la vie et faire en sorte qu’on accueille Thierry en Martinique dans les meilleures conditions quand il reviendra. »

Jean-Philippe Nilor

« C’est un grand jour, un jour qui était attendu depuis longtemps par toute la Martinique. Je pense à Thierry Dol en premier, je pense à sa famille, ses amis, tous ceux qui l’ont soutenu sincèrement d’une manière ou d’une autre. Ils doivent ressentir un sentiment de satisfaction par rapport à cette libération. Dans la grisaille actuelle où l’on n’a que de mauvaises nouvelles, je trouve que c’est une belle étincelle, un beau rayon de soleil. C’est un beau dénouement parce que l’on a pu craindre le pire. Il aurait pu etre tué, lui et ses compagnons d’infortune, pendant ces 1139 jours pendant lesquels ils ont subi l’isolement et la captivité. C’est quelque chose qui n’est pas humain. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour tous ces hommes, toutes ces femmes, peut-être ces enfants qui, à travers le monde, sont encore des otages. C’est une injustice qu’il faut combattre. Il ne faut pas baisser les bras, ne pas courber la tête, ne pas se décourager… Il ne devrait pas exister un otage, un captif sur terre. C’est un descendant d’esclave qui parle. »

Bruno Nestor Azerot

« Je suis très heureux d’avoir appris la nouvelle en séance, puisque nous discutions du budget de la mission outre-mer lorsque le téléphone a sonné avec un message très fort disant que Thierry Dol avait été libéré avec ses camarades. C’est un moment de joie, mais j’ai également une pensée pour tous les autres otages dans le monde entier. C’est vrai que pour Thierry Dol, ça a été, mais pour les autres qui sont toujours en captivité, je me dois d’avoir une pensée. Je m’associe à la Martinique entière pour fêter Thierry Dol et pour sabler le champagne parce que le fils prodigue est revenu. »

Alfred Marie-Jeanne

« J’exprime personnellement un sentiment de reconnaissance à tous ceux qui se sont battus véritablement, hors politique politicienne, pour la libération de Thierry Dol. Je ne veux faire de reproche à quiconque, mais j’estme que cette libération aurait dû s’opérer beaucoup plus tôt. Mais dans cette matière, c’est tellement difficile et compliqué… Alors soyons contents que cela se réalise enfin. Mieux vaut tard que jamais. »

Victorin Lurel

« J’ai reçu en pleine audition budgétaire un message du président de la République m’informant que les otages avaient été libérés au Mali dont notre compatriote Thierry Dol. Il faut se réjouir de voir tous les Français libérés. C’est une très bonne nouvelle et on est tous heureux de constater qu’on a obtenu leur libération. J’ai aussi une pensée pour notre compatriote réunionnais détenu au Niger qui continue à occuper le gouvernement, pour voir comment obtenir sa libération... »

propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 08:31

La taxe minière sur l’or revalorisée

Le ministère du redressement productif a pris, le 15 octobre, un arrêté fixant les nouveaux tarifs de la taxe minière sur l’or en Guyane pour l’année 2013. Cette taxe est due par les entreprises qui ont extrait de l’or en Guyane en 2012. Les tarifs de cette taxe correspondent, en fonction du type d’entreprise à 1 % ou 2 % du cours moyen annuel d’un kilogramme d’or constaté sur le marché de l’or de Londres (London Bullion Market) en 2012. Cette taxe est affectée à la région Guyane et le sera également pour partie à l’organisme chargé de l’inventaire, de la valorisation et de la conservation de la biodiversité en Guyane lorsqu’il sera créé.

Les montants dus en 2012 étaient de 363,41 euros par kilo d’or extrait pour les PME et de 726,82 pour les autres entreprises. Ils sont réévalués à 417,42 € et 834,84. La députée Chantal Berthelot a salué cette revalorisation de 15 % d’une taxe au bénéfice des finances guyanaises et de la protection de son environnement.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 08:26

CMA-CGM investit 30 millions d’euros sur la ligne Antilles

Après la fin des accords anti-concurrentiels entre la compagnie maritime CMA-CGM et ses concurrents Maersk ou Marfret, CMA-CGM a dû investir pour renforcer son attractivité.

delucy-fort-st-pierre-RDG-.jpgXavier Eglier, directeur des lignes Antilles à la CMA-CGM, et Philippe Ruelle, directeur de l’UGPBan, ont annonce, mercredi à Paris, un investissement de 30 millions d’euros par la compagnie maritime avec l’achat de 1500 conteneurs refrigeres (dits reefers) operes sur la ligne Antilles dite PCRF (pour porte-conteneurs refrigeres). L’ensemble des nouveaux reefers devraient  être opérationnels à compter de mars 2014. Les groupements de planteurs de bananes des Antilles sont le principal client de la compagnie maritime qui transporte pour eux 13 000 conteneurs refrigeres par an dans le sens Antilles-Europe du nord (le reste se compose des déchets recycles en conteneurs secs, de rhum et de jus de fruits tropicaux). La part du transport sur un kilo de banane vendu 1,5 € dans l’Hexagone est estimé à 20 centimes.

Avec ses quatre porte-conteneurs réfrigérés, CMA-CGM est désormais quasiment seule à assurer le service de la ligne Antilles depuis le départ de son concurrent Maersk. Pour autant CMA-CGM transporte des conteneurs de Maersk, Marfret ou Wec lines. Le chiffre d’affaires annuel moyen de CMA-CGM sur le service PCRF s’est établi sur la période 2008-2011 entre 80 et 120 millions d’euros. La vente de capacités à ses concurrents a par ailleurs représenté 15 à 25 millions d’euros par an. Jusqu’alors les compagnies avaient passé des accords d’allocation de capacités. Ils ont été dénoncés par l’Autorité de la concurrence. L’Autorité estimait que certaines clauses de ces accords étaient « susceptibles de restreindre la concurrence » et les a fait casser le 25 juin dernier.

L’important investissement de CMA-CGM (20 000 euros par reefer) s’inscrit dans ce contexte. En effet, Xavier Eglier a indiqué que ces investissements n’étaient pas défiscalisés, mais qu’il s’agissait pour elle de participer à l’amélioration du bilan carbone de la banane durable des Antilles françaises dans la mesure où les nouveaux reefers sont moins consommateurs d’énergie… « On n’est pas poussé par la Commission européenne qui ferait la chasse aux « dirty reefers », mais par nos clients », a déclaré M. Eglier. Il semble plus probable que ce soit la fin des contrats d’allocation des capacités avec ses concurrents qui aura poussé CMA-CGM à cet investissement. L’enjeu : renforcer l’attractivité de son service conteneurisé réfrigéré dans un contexte plus concurrentiel. Il cible d’abord les planteurs de bananes, mais aussi, par voie de retour, les clients qui utilisent ces mêmes conteneurs pour importer aux Antilles l’ensemble des produits frais destinés aux super et hypermarchés des deux îles.

FXG, à Paris

 

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 07:40

Le pianiste et chanteur Guy-Marc Vadeleux à Paris avant New-York

Guy-Marc-Rochard-et-Paseiro.jpgLe pianiste martiniquais Guy-Marc Vadeleux, fils du maître de la mazurka, Guy Vadeleux, est venu jouer samedi soir au New Morning, à Paris, avec son bassiste cubain Rafael Paseiro qu’il a rencontré au Jazz act à Paris, son guitariste Franck Rochard et son batteur Wilfried Bedacier (sublime figurant dans 30 degrés couleur, le film de Lucien Jean-Baptiste…). Le pianiste de 33 ans a pris le micro pour faire entendre son dernier album, Evolution X. Interview

« On vise le Blue note à New York »

Les gens vous ont beaucoup vu et entendu comme accompagnateur, notamment avec Paille, mais ils connaissent beaucoup moins le compositeur de jazz caribéen…

Guy-Marc-vadeleux.jpgC’est vrai que j’ai toujours énormément accompagné d’artistes, en même temps j’ai toujours joué en solo, mais toujours discrètement, an ba fèy , dans des hôtels, des petits bars… Et c’est là que j’ai travaillé ma voix. Avec ce deuxième album, j’ai mis ma voix et je montre mon univers personnel, même si je suis capable de jouer de la musique populaire et traditionnelle.

Que retenez-vous de vos trois années au conservatoire de musique de La Havane ?

La discipline ! La tenue sur l’instrument, le son… Quand j’ai pris mon premier cours, le professeur de piano m’a demandé de jouer des notes rondes. Ça veut tout dire, mais ça ne voulait rien dire pour moi… Avec un piano, jouer un son rond ? J’ai dû faire un gros travail personnel sur moi-même, sur l’instrument, repositionner mes bras… J’ai tout revu au niveau de la technique. Ça, c’est l’apport de Cuba.

Et qu’avez-vous retenu de votre père ?

C’est lui qui m’a mis au piano, l’instrument dont il aurait voulu jouer. A travers moi, il a pu apprendre et m’apprendre les B-A- Ba. Et puis il m’a influencé. J’étais dans le bain, je le voyais composer. Au jour d’aujourd’hui, c’est moi qui réalise ses albums, qui compose les titres… Je suis son directeur musical.

Est-ce que ce n’est pas trop dur d’être le fils de Guy Vadeleux quand on est musicien ?

C’est toujours difficile d’être le fils d’un grand personnage. Qui ne connaît pas Guy Vadeleux n’est pas Martiniquais ! Il y a une responsabilité, une prise de conscience puisque j’ai décidé de faire de la musique et d’y aller à fond. Il a été le premier à m’encourager en me disant justement de ne surtout pas faire ce qu’il faisait, et aller plus loin que lui. Donc, l’école, le conservatoire…

Guy-Mac-Vadeleux-2.jpgVous chantez Darling de Patrick Saint-Eloi, pourquoi ce choix ?

Patrick Saint-Eloi est le Mickaël Jackson de la Guadeloupe. Chez nous en Martinique, ce serait plutôt Eugène Mona ou, dans la même génération que Patrick, Jean-Philippe Marthely. J’ai eu la chance de jouer avec Patrick Saint-Eloi et j’ai toujours chanté Darling d’une façon salsa, latine. J’étais parti à Cuba jouer avec des musiciens cubains et on a fait un arrangement sur Darling. On ne savait pas où on allait et on est tombe sur ça…. Purée ! « Tu pensais que ça allait sonner comme ça ? ». m’ont demandé les musiciens. J’étais pas sûr, mais j’avais plus ou moins une idée et ca a donné ce résultat, une fusion entre la timba et le zouk.

Un concert au New morning, ca represente quoi pour vous ?

C’était une première et c’est une salle mythique que tous les jazzmen ont fréquentée et, dans mon palmarès, ca ne peut etre que positif.

Alors le Sob’s a New York, c’est pour quand ?

Non ! Pas le Sob‘s, pas encore (rires)… On en prend quand même la direction. On a trouvé un petit club sympa à Harlem, le Farafina. Ce qu’on vise, c’est le Blue note et quelques boites comme ça. On a invité les patrons de ces salles à venir nous écouter. Et puis, il y aura Carthagène en Colombie en août. Entre les deux, on essaie de boucher les trous et on ira sans doute aussi au festival de jazz de Saint-Vincent.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 19:19

Le Grand port de Guadeloupe doit revoir son projet de dragage

L’Autorité environnementale du conseil général de l’environnement et du développement durable demande, dans un avis rendu le 23 octobre dernier, la révision du projet de dragage du port de Jarry.

Emplacement-des-sites-d-immersion.jpgL’aménagement et le développement des infrastructures portuaires, décidés par les autorités du Grand port maritime de Guadeloupe (GPMG) visent à l’optimisation des quais 12 et 13 du terminal conteneurs actuel de Jarry pour qu’il puisse accueillir des bateaux d’un tirant d’eau de 16 mètres et d’une capacité d’environ 12 000 EVP (équivalent 20 pieds) contre 11,5 mètres et 2 500 EVP actuellement. Pour cela, il est prévu le dragage du plan d’eau intérieur (chenal et cercle d’évitage) et la réalisation de 10 ha de terre-plein (non viabilisés) au sud du terminal actuel. Ce projet de dragage porte sur un volume très important de matériaux, estimés à environ 7 millions de m3 de sédiments, dont seule une partie (600 000 m3) sera réutilisée pour la réalisation du nouveau terre-plein. Le reste, soit 6,4 millions de m3, sera immergé au large de la baie de Pointe-à-Pitre. Les travaux sont prévus sur la période 2014 - 2016. Le nouveau terre-plein sera viabilisé, augmentant la surface totale du terminal de 12 ha.

L’objectif de ce projet, comme du programme dont il fait partie, est d’éviter que le GPMG ne devienne un port secondaire en raison de l’augmentation de la taille des porte-conteneurs naviguant dans les Caraïbes et des capacités d’accueil actuelles limitées des infrastructures portuaires en Guadeloupe. Ce projet étant soumis à étude d’impact, il nécessite l’avis de l’Autorité environnementale (Ae). La préfète a ainsi saisi l’Ae le 9 août dernier. Et celle-ci, dans son avis rendu mercredi dernier, recommande au GPMG de revoir sa copie.

Des sédiments potentiellement contaminés

Jarry-apres-les-travaux.jpgLes enjeux environnementaux ciblés sont la mise en suspension, pendant les travaux de dragage et de clapage (immersion définitive), de sédiments dont la caractérisation n’apparaît pas clairement, et ses impacts potentiels sur la faune aquatique ; l’atteinte directe à des milieux marins présentant un grand intérêt écologique (herbiers, corail, grands fonds…) ; les impacts acoustiques des travaux sur les populations et sur la faune aquatique ; la prise en compte des risques naturels (séismes, cyclones) pendant les travaux et l’exploitation ; les évolutions du trafic maritime et les conditions de navigation dans la baie de Pointe-à-Pitre.

L’Ae a constaté des lacunes importantes et porte cinq principales recommandations. Tout d’abord, mieux présenter les raisons pour lesquelles le projet d’extension du port a été retenu dans le contexte des développements prévus à l’échelle des Caraïbes. L’aire d’étude, ensuite. Elle doit concerner l’ensemble du périmètre du projet et non pas aux seules zones directement concernées. Par ailleurs, le GPMG se doit de caractériser les sédiments potentiellement contaminés et justifier le choix d’immerger l’ensemble des matériaux issus du dragage et non réutilisés. Il lui appartient encore d’expliquer comment il s’assurera de l’absence d’impacts significatifs sur les milieux aquatiques lors de la remise en suspension et de l’immersion de ces sédiments potentiellement contaminés. Enfin, l’Ae demande au GPMG de préciser les mesures qui seront prises pour éviter, réduire ou compenser les impacts acoustiques des travaux pour la population et la faune.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 17:24

La démission d’office de Jean-Louis Maillot du conseil municipal de Saint-Leu confirmée

Le 2 septembre 2011, le préfet déclarait démissionnaire d’office le conseiller municipal de Saint-Leu (La Reunion), Jean-Louis Maillot. Il invoquait pour ce faire une législation qui interdit aux directeurs de cabinet du president du conseil général ou régional ainsi qu’aux directeurs généraux, directeurs, directeurs adjoints, chefs de service et chefs de bureau de ces collectivités d’exercer des fonctions électives au sein des communes situées dans les collectivités concernées. Elu en mars 2008, Jean-louis Maillot a été recruté par la Région au poste de directeur de cabinet du président Didier Robert en mars 2010. C’est donc en application de la loi électorale que le préfet a agi en le démissionnant. M. Maillot a fait un recours devant le tribunal administratif de Saint-Denis qui l’a débouté en novembre 2011, puis il a attaqué la décision du tribunal de Saint-Denis qui refusait de transmettre au Conseil d’Etat « la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution ». Le 17 avril 2013, le Conseil d’Etat posait la question prioritaire de constitutionnalité de M. Maillot au Conseil constitutionnel qui a déclaré la décision conforme le 5 juillet dernier. M.Maillot a alors attaqué le fait que le préfet avait délégué sa signature au secrétaire général de la préfecture, l’absence de motivation et le non-respect de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la convention européenne des droits de l’homme. Le Conseil d’Etat a examiné l’ensemble du dossier le 3 octobre dernier et a rendu sa décision mercredi 24 octobre en confirmant la démission d’office du conseil municipal de Saint-Leu prononcée contre Jean-louis Maillot.

FXG, à Paris

 

Partager cet article

Repost0
26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 17:11

La poésie politique de Césaire revisitée au Sénat

comediennes-ert-Maximin.jpgAprès l’Assemblée nationale en juin, c’est le Sénat qui a rendu hommage à Aimé Césaire, mercredi après-midi, dans les salons de la présidence du palais du Luxembourg en présence, entre autres, de Christiane Taubira, Victorin Lurel, le president Jean-Pierre Bel, les sénateurs Larcher, Antiste, Gillot et Desplan, l’eurodéputé Tirolien et quelques adolescents emmenés par Marie-Victoire Venus-Ploton.

L’hommage a débuté avec une lecture de textes par les comédiennes Marie-Noëlle Eusèbe et Mylène Wagram, ponctuée par des interventions de Daniel Maximin. Voulant éviter pour une fois les œuvres les plus connues du poète martiniquais, Daniel Maximin a choisi de s’intéresser aux « fondements poétiques, politiques et historiques d’Aimé Césaire ». Ainsi l’assistance a pu entendre des textes issus de la revue Tropiques, « des textes sur le programme de ce que devait être la vie apres la guerre, écrits par un jeune homme de moins de 30 ans… Il y a là quelque chose d’assez enraciné, a expliqué Daniel Maximin, et c’est cette Martinique qui lui a donné cette pensée qui, ensuite, a été vers le monde. » L’enracinement politique de la poésie césairienne s’est ainsi révélée au fil des lectures. « Le peuple, l’emancipation, la liberté sont porteurs de poésie et de l’engagement du poète et de l’homme politique », poursuit Daniel Maximin qui pose la question essentielle : « Comment un poète ne se trahit pas ? » Car si la libération politique est un moyen, la liberté est le vrai but. Et c’est par le théâtre que Césaire répond à cette question. « Au moment de l’indépendance, les oppressions intérieures peuvent commencer : Christophe et Pétion en Haïti, Lumumba et Mobutu au Congo… Césaire s’empare ainsi de la tragédie qui suit la libération. » Et c’est ce qui explique son évolution vers l’autonomisme.

Sans la poesie, la politique est un songe creux

Colloque-Cesaire-tribune-et-assistance.jpgL’évolution politique de Césaire, ses relations avec Frantz Fanon ont été au cœur des débats de la table ronde qui a suivi avec Romuald Fonkoua, professeur des littératures francophones et rédacteur en chef de Présence africaine, et Christiane Chaulet-Achour, professeur de littérature comparée et francophone. « Fanon est allé au bout d’une idée qui était chère à Césaire », a rappelé Mme Chaulet-Achour. « L’indépendance pour la Martinique le fascine et l’effraie à la fois, reprend Romuald Fonkoua N’est-ce pas de son île qu’il a dit : beaucoup de dictateurs en puissance… »

Dans les salons du Sénat, une vérité émerge : sans la poésie, la politique ne serait que « songe creux ». La réalité profonde de l’engagement ne doit pas se limiter à la conquête et la prise du pouvoir. « Le garant de la justesse politique, c’est quelque chose que disent l’art et la poésie, conclut Daniel Maximin. La culture qui est l’identité prime le politique et c’est elle qui légitime qu’un peuple se libère, s’émancipe. »

FXG, à Paris


Ils ont dit

Christiane Taubira : « Vous savez l’attachement que je porte à Aimé Césaire et la part qu’il a prise à mon éveil de conscience lorsque j’étais adolescente. »

Jean-Pierre Bel : « Aimé Césaire appartient aux grands personnages qui ont balisé mon parcours idéologique et politique au même titre que Jean Jaurès. Je l’ai rencontré, lui ai longuement parlé et j’ai gardé une impression si forte que j’essaie de comprendre encore pourquoi. Ce colloque m’a fait avancer… »


Taubira face à « une imbécillité absolue »

Antiste-Larcher-Taubira-Bel-Lurel.jpg« Il ne me vient pas du tout à l’idée de lier un hommage à Aimé Césaire à une imbécillité absolue. » La réponse de Christiane Taubira à une question de nos confrères de la radio publique d’outre-mer, à la sortie d’un hommage à Césaire au Sénat, mercredi, a coupé court au débat. Une tentative pour faire réagir la ministre de la Justice à la sortie d’Anne-Sophie Leclère, une candidate du Front national dans les Ardennes, qui a comparé la garde des Sceaux à un singe. Et tandis que le Collectifdom et le CRAN, chacun de leur côté, ont annoncé qu’ils déposaient une plainte contre la militante du FN, nombre de personnes présentes lors du colloque ont fait part de leur admiration envers la ministre de la Justice qui a préféré répondre par le mépris, en renvoyant le parti de Marine Le Pen à « sa pensée mortifère et meurtrière » plutôt que par voie de justice à cette attaque digne du temps de l’exposition « Le Juif et la France », à l’époque vichyste.

Partager cet article

Repost0

Articles Récents