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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 07:42

Bon cru pour les prix littéraires Fetkann 2013Acteurs-de-la-ceremonie_0974.jpg

Les 10e prix littéraires Fetkann, mémoire des pays du sud, mémoire de l’humanité, organisé depuis dix ans par le Centre d’information, formation, développement des originaires d’Outre-mer (CIFORDOM), ont été remis jeudi 14 novembre au café de Flore à Paris. Quatre prix et une mention spéciale composent un palmarès qui intervient dans un contexte particulier où les injures proférées contre la ministre de la Justice étaient dans la tête de tous les acteurs de la cérémonie. elyzeon-les-collegiens-jures_0954.jpgC’est ainsi que le président du CIFORDOM, José Pentoscrope a rappelé l’importance de ce prix, « parce que nous n’en avons pas fini avec les séquelles de notre imaginaire colonial ».Une réunionnaise, Catherine Boudet, a recu le prix poésie avec Bourbon hologramme (Lharmattan), le Congolais Serge Diantantu a recu le prix jeunesse pour sa bande dessinée, Homme noir, d’Afrique, d’Amérique et des Antilles, tome 1 (Caraïbeditions). Le jury du prix jeunesse était composé d’élèves du collège Gustave-Courbet de Romainville (93) dont le principal est le Martiniquais Olivier Catayée.

editrice-et-livre-laureat_0982.jpgLe Camerounais Achille Mbembé a recu le prix mémoire pour Critique de la raison nègre (La Découverte). Vincent Cousseau, de l’université de Limoges et chercheur associé de l’université Antilles-Guyane, a recu le prix recherche pour Prendre nom aux Antilles (CTHS). Une mention spéciale a été décernée à Christine Chivallon, chercheuse au CNRS, pour L’esclavage, du souvenir à la memoire. Contribution a une anthropologie de la Caraïbe (Karthala). Les lauréats ont recu une médaille, un diplôme et un trophée réalisé par le sculpteur guadeloupéen K-Bo.

FXG, à Paris

Photos : Régis Durand de Girard


Achille Mbembé dédie son prix Fetkann à Christiane Taubira

critique-de-la-raison-negre_0984.jpgLe prix Mémoire est le plus attendu des prix littéraires Fetkann, Les jures l’ont décerné à Achille Mbembé et son livre, Critique de la raison nègre, publié aux éditions La Découverte. L’auteur, enseignant en histoire et sciences politiques à l’université de Johannesburg (et intervenant dans de nombreuses universités américaines), est considéré comme l'un des plus grands théoriciens actuels du post-colonialisme. Sa Critique de la raison nègre développe une idée phare : « La perspective d’un devenir nègre du monde n’a jamais été aussi manifeste. » L’auteur veut dire par là que « la condition nègre » s’étend, mais que cette condition n’est pas qu’une question de couleur de peau. « Le Noir, bien meuble, a fait l’objet de l’expérience absolue de la condition de subalterne », écrit-il. Et il met en garde la France sur cette « condition de subalterne » tout en mettant en lien la question du capitalisme et celle du Noir. Qu’il s’agisse de l’esclavage ou de l’empire colonial, « la logique de domination n’a cessé d’être le moteur de l’histoire. » Et cela ne cesse pas avec ce qu’il appelle « l’homme marchandise, l’homme métal, l’homme monnaie ». Il propose contre cette domination le recours aux « archives nègres » ; elles sont selon lui « une ressource formidable pour résoudre les problèmes de notre temps ». D’autant plus en ce moment, a fait savoir Achille Mbembé (retenu aux Etats-Unis) dans un message lu par Pascale Iltis, des éditions La Découverte, avec l’expression renaissante d’un racisme décomplexé qui se lâche sur Christiane Taubira. C’est pourquoi le lauréat a choisi de dédier ce prix Fetkann à la garde des Sceaux.


Catherine Boudet et « sa Guernesey tropicale »

bourbon-hologramme_0991.jpgBourbon hologrammeest l’œuvre poétique de la journaliste et poétesse réunionnaise vivant à Maurice. Chaque hologramme constitue un chapitre d’un récit mi-théâtral, mi-poétique mettant en scène des dialogues entre personnages fantastiques, tels le Chevalier des laves bleues ou la Princesse avec son corps de tulipe… Les premiers fragments de ce texte ont été écrits en avril 2011 apres son arrestation par la police de Maurice « tandis qu[‘elle] regardai[t] les traces de sang sur les murs de [sa] cellule ». Poursuivie pour diffamation parce qu’elle avait dénoncé un historien français qui s’était accaparé des archives du 18 et 19e siècles de la famille Le Clezio alors qu’elles appartenaient à l’Etat mauricien, elle a connu les affres de la détention et de la justice injuste jusqu'à son blanchiment par un tribunal de Maurice en août 2013. Cet épisode trace ce long poème qu’elle a composé. Bourbon hologramme pose la question de la reconstruction de l’individu après de telles épreuves vécues dans une société corrompue. Son texte appartient à la « memoire déchirée » et prend de temps en temps un caractère hugolien où l’exil se ressent fort quand elle évoque « sa Guernesey tropicale »… Parce qu’elle vient seulement de recouvrir le droit de rester à Maurice, elle n’a pas voulu faire le déplacement à Paris pour recevoir son prix. Elle avait déjà été lauréate du prix de poésie Joseph Delteil en 2012 pour un autre recueil, Lave bleue.


Une thèse d’histoire sur les noms donnés aux esclaves affranchis

prendre-nom-aux-antilles_0992.jpgLe comité des travaux historiques et scientifiques, émanation du ministère de l’Enseignement supérieur a publié la thèse de doctorat de Vincent Cousseau, Prendre nom aux Antilles (individu et appartenances XVIIe-XIXe siècle). Un travail de recherche fondé sur la Martinique avec une approche comparative avec d’autres îles françaises dont la Guadeloupe et l’ancienne Saint-Domingue. Partant du principe colbertiste que l’esclave n’a pas d’identité ni de personnalité juridique mais qu’il devient un individu que dès lors qu’il est affranchi, l’historien s’est intéressé à la nomination des nouveaux libres. « L’acte d’affranchissement vaut acte de naissance. » Quel nom donner à ces nouveau-nés ? L’abolition de 1848 a donné lieu à l’ouverture des registres d’individualité. Qui a choisi les noms, comment ? Vincent Cousseau explique ainsi comment beaucoup de noms de famille ont ete choisis parmi les prénoms, parmi les sobriquets, et d’autres ont été tirés d’on ne sait où… Mais l’auteur l’explique. Un travail qui complète scientifiquement les ouvrages édités par le CM98, Non nou et Non an nou qui recensent les noms des nouveaux libres en Martinique et Guadeloupe.


L’esclavage, du souvenir à la mémoire

Controverses et polémiques sur la mémoire de l’esclavage de Christine Chivallon est une synthèse des débats autour de la mémoire de l’esclavage depuis une quinzaine d’années. Christine Chivallon s’était fait connaître, il y a dix ans, quand elle a étudié la présence de l’esclavage dans une quarantaine de musées et lieux de mémoire martiniquais pour n’en trouver que deux qui consacrent une place à cet élément fondateur de la société martiniquaise. C’est elle encore qui a comparé les ports négriers de Bordeaux et Bristol où la mémoire de l’esclavage était, là encore, totalement absente… L’ouvrage est scientifique et l’éditeur prépare déjà une version « large public ».


Serge-diantantu_0979.jpgTrois questions à Serge Diantantu, lauréat du prix Fetkann jeunesse

« Nous sommes tous des êtres humains »

Que represente ce prix pour vous ?

Ça me recharge les batteries pour aller de l’avant ! Tous les enfants le matin prennent leur lait avec du sucre. Le prix Fetkann fête la littérature, mais aussi la canne à sucre et ce qu’elle represente et a représenté… Ce prix Fetkann, j’en ai rêvé sans mettre un nom ou un visage. Aujourd’hui, il a un visage.

Que  raconte Homme noir ?

C’est une mémoire pour tous les enfants afro descendants afin qu’ils trouvent des personnages en qui ils peuvent s’identifier, des personnes capables de les inspirer pour faire ou être comme eux. homme-noir_0990.jpgEt pour aller plus loin, considérant l’actualité, c’est pour qu’ils puissent dire non à toute cette forme de racisme. Mon propos est de dire que nous sommes tous des êtres humains et que ce n’est pas ainsi que nous devons construire la République. C’est pour cela qu’avec Caraïbeditions, on a voulu faire entrer ces livres dans les écoles, les bibliothèques afin que tous les enfants puissent s ‘identifier dans le monde arc en ciel qu’est le monde scolaire.

Où en est votre Histoire de l’esclavage en bande dessinée ?

Je m’apprête à sortir le numéro 4 pour le mois de mai. Ce tome met en avant la résistance des hommes lors des captures en Afrique, lors des transports transatlantiques et lors des débarquements dans le nouveau monde et aux Antilles.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 06:12

Une nouvelle série du producteur Guyanais Politur sur France TV

JONATHAN-POLITUR-4.jpgIl gaze fort Jonathan Politur ! Le producteur guyanais, patron de Puzzle media, vient de produire une série de 20 programmes courts qui seront présentes sur l’ensemble des chaînes de France Télévisions du 24 au 30 novembre prochain. « Quels sont vos premiers souvenirs de cinéma ? D’où vient votre inspiration ? Quel est votre plus beau moment de cinéma ? Le cinéma peut-il changer le monde ? » Autant de questions auxquelles répondent de nombreuses stars, acteurs, actrices, réalisateurs et réalisatrices français et européens dans la collection « Reflections ». Ils sont Jacques Audiard, Bérénice Bejo, Patrick Bruel, Guillaume Canet, Isabelle Carre, Emilie Dequenne, Jean  Dujardin, Gad Elmaleh, Audrey Fleuro, Pascal Greggory, Christophe Lambert, Patrice Leconte, Claude Lelouch, Benoît Magimel, Maiwenn, Sophie Marceau, Radu Mihaileanu, Tomer Sisley, Saïd Taghmaoui et Lambert Wilson.

Reflections-visuel.jpgLes jeux de miroirs et les questions posées par un intervieweur « caché », ont facilité les confidences de ces artistes de renom. Une série très privée, intimiste.

La collection « Reflections » sera diffusée dans le cadre de la semaine du cinéma européen, du 24 au 30 novembre, sur toutes les chaînes de France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô et Outre-mer 1ère), ainsi que sur les sites Culturebox.francetvinfo.fr et Pluzz.francetv.fr.

Après Isabelle Adjani  2 ou 3 choses qu’on ne sait pas d’elle, en mai dernier sur ARTE (677 000 téléspectateurs) et avant la diffusion de La lanterne chinoise, un prochain documentaire sur le directeur de la photo Philippe Rousselot sur Ciné +, Reflections est une nouvelle incursion de la société Puzzle media dans l’univers du cinéma.

FXG, à Paris

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 08:43

La défisc amendée par la commission économique du Sénat

La commission économique du Sénat s’est réunie mardi après-midi. Le president de la délégation outre-mer et rapporteur du budget, Serge Larcher, a été le seul à proposer des amendements et ils ont été adoptés à l’unanimité. Meme si les sénateurs savent que, du fait de la conjonction des voix communistes et UMP, le budget sera rejeté au Sénat, ils veulent ainsi permettre aux députés qui récupéreront le bébé en deuxième lecture d’arriver à en faire passer quelques-uns.

Les sénateurs se sont montrés réceptifs à l’une des inquiétudes de la Fedom en proposant de déconnecter le plafond défiscalisable de 18 000 € pour les outre-mer de celui de 10 000 € des autres niches fiscales. « Il s’agit de compenser la perte de la part variable de 4 % censurée par le Conseil constitutionnel, explique Serge Larcher, et de sanctuariser ces 18 000 €. » Sans cela, les sénateurs craignent que la collecte de fonds défiscalisés soit trop poussive et nuise aux capacités d’investissements.

Un deuxième amendement vise à réduire la part de LBU (subvention d’Etat) dans les dossiers de financement des logements sociaux par la défisc, de 5 a 3 %, comme l’avaient tenté en vain certains députés.

Un troisième amendement évoque la remise d’un rapport avant le budget 2015 pour étudier l’opportunité d’un prêt à taux zéro (PTZ) en faveur du logement social. C’est ce qu’on appelle un « amendement d’appel » pour inciter le gouvernement à s’engager sur une expérimentation du PTZ. « Si le ministre s’y engage, nous retirerons l’amendement », explique M. Larcher.

Un quatrième vise à réduire les délais de portage entre le moment où un dossier de défisc est prêt et le début des travaux de construction de logements sociaux. « La réduction de ce délai de 3 à 2 ans permettrait d’économiser 60 000 euros par opération », selon le rapporteur.

Enfin, un dernier amendement vise à relever le seuil à partir duquel un dossier de défiscalisation doit recevoir son agrément de Bercy plutôt que des services déconcentrés des finances publiques dans les territoires. Actuellement, Bercy examine les dossiers à partir du moment où ils atteignent les 1,5 millions d’euros. L’amendement propose de remonter ce seuil à 5 millions...

La commission économique n’a pas voulu amender l’article 70 sur les exonérations de charge. « Si on touche à ces 90 millions d’économies, on devra créer des recettes nouvelles et ça ne passera pas le cap de la commission des finances », explique M. Larcher qui souligne que l’outre-mer ne sera pas concerné au 1er janvier par les hausses de TVA qui seront effectives dans l’Hexagone.

Les débats en séance plénière débuteront à partir du 21 novembre.

FXG, à Paris

 

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 07:57

Christine-Kelly--c--Philippe-Doignon.jpgChristine Kelly quittera le Conseil supérieur de l’audiovisuel en janvier 2015. A un an de la fin de son mandat, elle fait un tour d’horizon de son action au CSA. 

« Ma reconversion sera compliquée »

Quels sont les dossiers sur lesquels vous travaillez aujourd’hui au CSA ?

Je travaille sur une foule de dossiers ! Par exemple la publicité et le cinéma. Peut-on faire de la publicité pour le cinéma ? Même si c’est le ministère de la Culture qui décide, moi je travaille pour en bien comprendre les enjeux. Je travaille encore sur le sport à la télévision. Pourquoi les chaînes de télé n’ont plus d’argent pour acheter du football, pour acheter Roland Garros, du rugby... Les fédérations et les ligues demandent de plus en plus et je les comprends, mais les chaînes ont de moins en moins d’argent et ca aussi, je le comprends. Je suis un peu tiraillée entre les fédérations et les ligues et les chaînes qui sont en récession publicitaire. Je travaille encore sur le placement de produits dans les émissions de flux. Est-ce qu’on peut, est-ce qu’on veut mettre de la publicité dans les émissions de flux comme la variété, la cuisine, le divertissement ou la téléréalité ? J’essaie de trouver une solution, mais pour l’instant c’est compliqué…

Vous travaillez aussi sur la cigarette électronique…

Doit-on ou non autoriser sa publicité à la télévision ? Je n’arrive pas encore à comprendre. Est-ce un médicament ou un incitateur à fumer ? Je suis en train de travailler sur ces questions. Je travaille aussi sur un gros dossier qui va être signé le 21 novembre au CSA en présence de six ministres : la lutte contre l’obésité dans les chaînes de télé. Ce sera une nouvelle charte appliquée à partir du 1er janvier 2014. Et le 21 novembre, je vais donner un coup de poing sur la table pour dire : « Halte-là ! L’outre-mer, c’est l’endroit en France où il y a le plus d’obésité et où personne ne fait rien. Scandale ! Y en a marre de voir qu’on se bat contre l’obésité en métropole tandis qu’en outre-mer on ne fait rien ! Scandale ! Il faut apprendre à l’enfant qu’il faut manger équilibré dès le plus jeune âge ! Je vais demander aux chaînes d’outre-mer 1ère de faire des efforts à ce niveau-là. C’est cela qui sera signé le 21 novembre prochain.

Vous ne regrettez pas d’avoir remisé votre carte de presse dans votre poche en 2010 ?

Non ! Je suis très contente d’avoir fait baisser le volume sonore de la publicité par rapport au reste des programmes. Je suis très contente d’avoir fait sous-titrer les programmes de télévision pour etre accessibles aux 6 millions de malentendants. La loi n’était pas appliquée depuis cinq ans et je me suis bagarrée pour cela. Je suis aussi contente d’avoir autorisé les chaînes à citer Facebook et Twitter à la télévision alors qu’on ne souhaitait pas autoriser cela au départ. J’ai encore fait interpréter la loi pour que l’on puisse faire passer de trois à six minutes un écran publicitaire pour que les chaînes aient un peu plus d’argent qui rentre dans les tiroirs caisse… Alors, c’est vrai que j’ai mis ma carte de presse de côté pour un moment mais au moins je sais que j’ai été très utile aux téléspectateurs autrement.

Votre mandat s’achève le 23 janvier 2015, comment voyez-vous l’avenir ?

C’est un grand point d’interrogation… J’ai fait 25 ans d’audiovisuel et ca sera compliqué pour moi de me recycler puisqu’on m’interdit d’être embauchée par une chaîne pendant deux à trois ans après le CSA. Ma reconversion sera compliquée, mais j’y réfléchis, j’y travaille.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Photo : Philippe Doignon

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 07:45

Les maires d’Outre-mer en congrès à Paris

congres-des-maires-outremer.jpgLes maires d’Outre-mer se sont réunis à l’hôtel de ville de Paris, en prélude au congrès des maires de France. Les présidents des associations des maires se sont tour à tour exprimés pour développer leurs problématiques locales spécifiques. Il est ressorti de ces interventions que les maires des DOM sont inquiets pour leurs finances avec la baisse des dotations de l’Etat. En coulisse, un élu de la Basse-Terre a évoqué la réforme des rythmes scolaires en évaluant son coût pour sa commune à 350 000 euros… Un autre évoquait ses inquiétudes avec la creation des communautés d’agglomérations. « Ca va péter, a lâché Jean-Yves Ramassamy de Capesterre-Belle-Eau. La crise ne se réglera pas tel que le veulent les élus qui ne remettent pas en question leur façon de voir l’économie. Ils sont bloqués par les élections à venir. » Un autre élu a regretté la manière dont est géré le produit de l’octroi de mer, hors de toute perspective d’impulsion économique, pour payer les personnels communaux… » « Les maires profitent de cette rencontre, explique René Noël, président de l’association des maires de Guadeloupe, pour faire connaître leurs difficultés. » Lui préfère que cette journée dédiée à l’Outre-mer permette de faire un état des lieux par rapport aux doléances lancées l’année précédente. « Nous sommes dans une démarche de coproduction, de co-réflexion pour que nous apportions notre perception et que nous soyons entendus par le biais de l’association des maires de France qui a un relais au niveau du gouvernement. » Malgré son regard optimiste, René Noël a néanmoins lui aussi alerté sur la « désespérance des jeunes, y compris les sur-diplômés ». Les élus ont ensuite abordé au cours de plusieurs tables rondes les emplois d’avenir un an après, la transition écologique et la fiscalité locale et le développement économique. A la fin des travaux, le ministre des Outre-mer s’est livré à un discours « churchillien ». Ni de sang, ni de larmes à son programme, mais un effort budgétaire et une fiscalité juste, même s’il a souligné le retour de l’Etat dans les Outre-mer : « La justice, c’est que chacun participe à l’effort commun en fonction de ses capacités contributives. La justice, c’est de continuer à agir avec vigueur pour des territoires qui sont aujourd’hui parmi les plus fragiles de la République. C’est ce que le président de la République a souhaité pour les Outre-mer. C’est ce que nous faisons. »

FXG, à Paris

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 07:58

Le Conseil d’Etat annule la dette de l’ex comptable de la chambre d’agriculture de la Guyane

Serge Loupec, comptable de la chambre d’agriculture jusqu’en 2007, avait dû répondre de sa gestion des comptes de la chambre devant la Cour des comptes en février 2012. Celle-ci, dans son arrêt du 8 mars 2012, avait estimé que « l’absence de diligences du comptable fond[ait] la mise en jeu de sa responsabilité personnelle et pécuniaire » et que dès lors, M. Loupec était débiteur de la chambre d’agriculture de Guyane pour la somme de 442 711.98 euros, augmentée des intérêts à compter du 10 octobre 2011. Serge Loupec a attaqué cet arrêt devant le Conseil d’Etat qui a rendu sa décision le 13 novembre.

Les sages du Palais Royal ont fait droit aux arguments du comptable de la chambre qui a indiqué qu’il n’avait pu assurer sa défense faute d’avoir pu accéder aux documents comptables se rapportant à sa gestion. Le conseil d’Etat a donc annulé l’arrêt de la Cour des comptes du 8 mars 2012 et renvoyé l’affaire, à nouveau, devant la Cour des comptes.

FXG, à Paris

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 07:56

Lurel furieux contre la Fedom

Il n’est pas content Lurel ! Pas content du ton employé par le patron de la Fedom, Jean-Pierre Philibert, à l’issue de l’assemblée générale qui s’est tenue jeudi dernier  à Paris. Il faut dire que Jean-Pierre Philibert a dû lui-même essuyer les foudres de ses mandants, les patrons d’outre-mer, pas vraiment contents non plus de voir leur masse salariale enfler par un coup de rabot sur les exos de charges, pas contents de voir que Bercy les a bien eus avec le crédit d’impôt. Alors forcément, Jean-Pierre Philibert qui jusqu’alors cultivait des relations huilées avec le ministre à du sortir un peu de grésil… Et ca n’a pas été du goût du tout de Victorin Lurel dont l’entourage, vendredi soir, avait du mal à retenir son fiel. Le communiqué du ministère, finalement, est plus édulcoré et ne « s’étonne » plus que de « la virulence des critiques » pour vanter son bilan adopté sans opposition des députés de l’UMP : Hausse du budget de 5 % en 2013, de 1 % cette année, hausse de 8 % de la LBU et le « triplement aux aides directes aux entreprises ». Bien sûr le ministère réaffirme la préservation de la défiscalisation « enrichie d’un nouveau crédit d’impôt », le tout arraché contre Bercy grâce à « un exercice de concertation inédit auquel la Fedom a pris toute sa part et dont elle a salué les résultats ». Alors comme l’une des vives critiques de la Fedom concerne le plafond de 18 000 €, le ministre rappelle « C'est l'opposition parlementaire qui a obtenu la censure par le Conseil constitutionnel de la part de 4 % prévu dans la loi de finances initiale pour 2013 et il regrette que la Fedom ne se soit pas exprimée avec force pour le déplorer. » Mais ce que le communiqué de presse du ministre ne dit pas alors que cela démangeait les lèvres de plus d’un de ses conseillers, c’est le souhait de la Fedom d’annuler l’article 70 sur les exonérations de charge pour trouver les 90 millions d’économies ailleurs, c’est-à-dire sur la TVA, donc les ménages… Alors même que le précédant gouvernement avait raboté 138 millions en 2008.

Enfin cette réponse du berger à la bergère sonne effectivement le divorce entre le ministre des outre-mer et la Fedom.

FXG, à Paris

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 07:41

Le sénateur Larcher tacle son collègue Patient

Lors de l’audition du ministre des Outre-mer, mercredi dernier, par la délégation sénatoriale à l’Outre-mer, Victorin Lurel a évoqué l’enveloppe globale des fonds européens. 3,72 milliards pour le FEDER et le FSE, 9 milliards pour France et indiqué que la répartition régionale était en cours. Le sénateur Georges Patient est alors intervenu pour signaler la protestation par le Conseil régional de Guyane : «  Normalement la part devait être plus importante au regard du produit intérieur brut par habitant. Quelle sera la part départementale pour la Guyane ? » Sans attendre la réponse du ministre, le président de la délégation, le Martiniquais Serge Larcher l’a repris un peu sèchement : « Ce que je n’apprécie pas c’est que la Guyane se singularise par rapport aux autres Outre-mer. Elle ne peut pas se désolidariser des autres DOM. » Victorin Lurel est venu au secours du sénateur maire de Mana : « Le Conseil régional a avancé un critère nouveau avec la population de la Guyane en 2020. » Avant de rassurer Serge Larcher : « Pour le moment les chiffres ne sont pas finalisés. » On a frisé une nouvelle guerre guyano-martiniquaise apres celle de l’UAG !

FXG, à Paris

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 07:22

Lurel, les sénateurs et la fin des quotas sucriers

Interrogé mercredi dernier par les sénateurs de la délégation outre-mer, Victorin Lurel a évoqué la situation de la canne à partir de 2017 quand prendront fin les quotas sucriers. « Est-ce qu’il [faut] dès maintenant planter ou s’arrêter ? », a demandé le sénateur de la Réunion Paul Vergès.

Le sénateur Larcher a alors demandé au ministre la mise à disposition de l’étude sur la canne à sucre. « Quand ce sera prêt », a répondu ce dernier qui a suggéré à la délégation outre-mer du Sénat de s’emparer du dossier : « Il faut anticiper la fin de la canne et peut-être la réorientation de la canne, et du sucre, et du rhum. Il faut anticiper les évolutions. » « La fin du rhum, ça n’est pas possible ça », a rétorqué en riant Serge Larcher. « Le rhum, on voit ce que ça donne », a répondu Victorin Lurel, tout en ironie. « Il n’y a plus d’Antilles, s’il n’y a plus de rhum », l’a repris M. Larcher. « Méfiez-vous », lui a lancé M. Lurel. « On va avoir du whisky alors, très bien », a conclu le sénateur martiniquais. Cet échange, sur un ton désinvolte, est survenu vers la fin de l’audition du ministre et a vivement fait réagir les milieux agricoles réunionnais avant qu’un rhumier guadeloupéen ne s’en inquiète à son tour. Pour éviter toute mauvaise interprétation, le ministère des Outre-mer a donc réagi en précisant que « le gouvernement n’avait eu de cesse de défendre la filière depuis 18 mois, en particulier dans le dossier de la fiscalité des rhums devant l’Union européenne ». C’est ainsi qu’une évaluation de l’impact sur le secteur de la fin des quotas est en cours. « L’enjeu, ajoute le ministère est bien le confortement de la filière et ses perspectives de développement dans ce nouvel environnement ». Une manière, pour le ministre, de dire que malgré le ton badin de l’échange, la question est sous haute surveillance rue Oudinot.

FXG, à Paris

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 05:34

Corinne Mencé-Caster, presidente de l’Universite Antilles-Guyane

Corinne Mance-Caster 4« Une gestion politique peut-elle ignorer les questions universitaires ? »

On s’etonne que la ministre de l’Enseignement superieur, Geneviève Fioraso, ait pris une decision qui engage l’UAG sans même vous avoir passé un coup de fil… Que vous a dit la ministre à ce sujet lors de votre entretien jeudi soir ?

Ça a été un des éléments forts de notre échange. Son argument a été de dire que ça n’était pas une crise universitaire mais une crise éminemment politique qu’elle a dû traiter à un niveau hautement politique, interministériel, avec pour interlocuteurs à travers l’intersyndicale, les politiques guyanais. Je lui ai expliqué que, quelle que soit l’urgence politique que nous pouvions concevoir et les prérogatives d’Etat sur lesquelles nous ne nous prononcions pas, il y avait nécessairement une dimension universitaire intrinsèque au conflit et que je n’avais pas compris que la présidente de l’université ne soit pas l’interlocutrice naturelle… Elle a répliqué que son cabinet faisait l’interface. Si c’était vrai au début, très rapidement l’interface a été rompue au point que j’ai appris ses décisions par les communiqués de presse. Cela explique aussi la crispation de la communauté universitaire.

La ministre a-t-elle osé vous regarder dans les yeux ?

Ce qui est important, c’est que nous nous soyons parlées en toute franchise même si nous ne sommes pas d’accord sur tout. Ce qui est important aussi, c’est que nous ayons enfin un dialogue suivi. Mme Fioraso m’a donné l’assurance de son écoute attentive sur ce dossier ainsi que celle de ses services.

Mmes Taubira et Fioraso ont-elles penser faire un coup médiatique et politique à bon compte en annonçant l’indépendance du pôle guyanais ?

En négligeant les conséquences sur les deux autres pôles…

Cette dimension, la ministre l’a découverte ; apparemment, elle n’en avait pas saisi la complexité… L’architecture institutionnelle et la configuration organisationnelle de notre université ont donc échappé à sa compréhension. Elle semblait penser que l’on pouvait gérer le pôle Guyane indépendamment des deux autres. Il était donc important de traiter la dimension universitaire pour éviter d’avoir ce sentiment de dépossession, d’exclusion et d’être mis devant le fait accompli sur des décisions qui concernent directement l’université. La presse s’en était fait l’écho d’ailleurs.

Qu’appelez-vous dimension universitaire ?

Des doctorants nous demandent s’ils auront un diplôme UAG, des étudiants en médecine demandent si le numerus clausus existe toujours… On a eu l’impression que l’UAG était démantelée immédiatement sans aucune concertation. L’autonomie des universités, les principes de démocratie, de collégialité doivent primer sur tout le reste et il est nécessaire de retourner à un fonctionnement normal, de bien comprendre que l’UAG continue d’exister et qu’il faudra bien entendre la voix des deux autres pôles pour construire un avenir de l’enseignement superieur et de la recherche digne de ce nom dans nos régions. On ne fera pas l’économie de cette réflexion, on ne fera pas l’économie de cette ambition légitime et qui traverse d’angoisse et d’inquiétude non seulement les universitaires, mais la société civile.

Quelle légitimité accorderez-vous à l’administratrice provisoire du pôle guyanais ?

Il ressort de nos discussions avec le ministère que, pour ce qui concerne une université de plein exercice en Guyane, elle rend compte à la ministre puisque nous ne sommes pas, nous, porteurs de ce projet et de ses modalités. Mais pour tout ce qui concerne la gestion de l’établissement, à partir du moment où l’administratrice est en fonction et qu’elle travaille sur le pôle guyanais, elle doit rendre compte à la présidente de l’université qui est l’autorité de l’établissement. Si cela n’est possible, cela veut dire que nous ne sommes pas nous-même une université de plein exercice.

Que va-t-il advenir des MM. Dorville et Fotsing, les deux élus destitués ?

Leur situation fait partie de ces éléments que nous aurons à travailler avec l’administratrice provisoire. Mais nous restons sur notre cap. Pour les membres de la communauté universitaire, il y a là quelque chose qui ne relève pas du respect du droit. Quelles que soient les raisons d’Etat, les raisons politiques que nous n’avons pas à commenter, notre ligne est de continuer à défendre les principes d’autonomie, de démocratie et de collégialité.

La ministre vous reproche de ne pas avoir attribué à la Guyane deux postes prévus pour son pôle…

Nous avons eu un échange assez vif à ce sujet. La politique que j’ai mise en place avec mon équipe depuis janvier 2013 est de rééquilibrer les moyens, en particulier sur le pôle guyanais. Si les postes n’ont pu être déployés en Guyane, c’est parce que la grève nous a empêché de réunir le conseil d’administration de l’université qui devait statuer sur ces questions. Mais pourquoi au moment où l’on annonce plus d’autonomie sur le pôle guyanais, plus de moyens, cette grève éclate-t-elle ?

N’était-il pas prévu que le pôle de Guyane prenne son indépendance en 2020 ?

Oui, en effet. Lors des assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2012, la Guyane s’est prononcée pour une université de plein exercice à l’horizon 2020. La Guadeloupe et sa présidente de région ont dit que l’UAG était trop petite pour la subdiviser encore. La Martinique a parlé de renforcer son autonomie dans le cadre d’un établissement unique. Nous avons construit notre programme présidentiel sur ces positions-là. Il y a eu ensuite le vote de la loi Fioraso en juillet 2013 qui nous demande de travailler sur une ordonnance pour plus d’autonomie. Et c’est ce que nous avons mis en place dès la mi-septembre. Donc, nous sommes surpris lorsque nous entendons brusquement parler d’autonomie renforcée, surpris que l’on nous dise que le pôle Guyane connaît un déséquilibre alors que nous avons un vrai programme. Et alors que nous sommes dans ce chantier, des décisions politiques viennent fragiliser un établissement qui a déjà une configuration complexe.

Et de grandes difficultés financières depuis des années…

Actuellement, ce ne sont pas des difficultés financières parce que nous pouvons payer nos charges. C’est plutôt un problème de gestion administrative et financière et de sa modernisation. L’université est jeune et n’a pas eu une trajectoire linéaire. Ses pères fondateurs se sont battus pour s’arracher de la tutelle de Bordeaux et construire un établissement autonome avec des réformes nationales qui se sont succédées notamment depuis 2007… Ce n’est pas la grève qui a mis au jour ces problèmes ! Et le fait que le pôle guyanais apparaît en tant que juge est grave alors qu’il est dans l’UAG, qu’il continue d’être géré par les instances de l’UAG, et que ses responsables successifs ont aussi à rendre des comptes aux Guyanais. Mon équipe et moi-même avons entendu un malaise, nous avons essayé d’y répondre par des propositions concrètes, qui ont été reprises sans nous citer ! Et maintenant on voudrait nous faire croire que c’était juste une gestion politique ?! Comment une gestion politique peut-elle ignorer les questions universitaires ? Nous ne transigerons pas sur ce point.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

D’abord, rappeler que l’UAG existe bien et qu’elle doit retrouver un fonctionnement normal. Nous avons mis le doigt sur des difficultés qui pourraient demeurer en raison des décisions qui ont été prises. La direction générale  de l’enseignement superieur nous a promis de nous aider à retrouver un fonctionnement normal, voter notre budget, délivrer nos diplômes, continuer nos formations, employer nos vacataires… Et la communauté universitaire, en Martinique comme en Guadeloupe, demande à être associée pleinement aux décisions concernant l’avenir. Pendant les trois jours qui suivent, les 18, 19 et 20 novembre, sur chacun des deux pôles, la communauté va se réunir en ateliers pour pouvoir dégager les modalités d’une consultation et donner aux politiques, qui vont rencontrer la ministre le 21, un certain nombre d’indicateurs sur ses positions.

Quels scénarios se dessinent-ils ?

Rien n’est arrêté. Nous voulons justement encourager une parole libre et sereine de la communauté sur ces sujets, qu’elle soit consultée et prenne toute sa place dans la construction de quelque chose d’ambitieux pour nos régions, pour nos populations et pour nos jeunes.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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