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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 07:09

Dede-Saint-Prix-Raices-y-culturas-cover.jpgDédé Saint-Prix marie l’afro-cubain au chouval bwa avec Raices y culturas

Il était au Festival des Suds, à Arles en juillet, pour animer un stage de percussions vocales et de rythmes corporels, puis au Village session à Lavalette en Charente pour un stage de percussions sur peaux et un concert. Avant de partir fin 2013 en tournée en Afrique de l’Est, Dédé Saint-Prix nous parle de son dernier bébé, un album enregistre à Cuba, Raices y culturas (racines et cultures). Interview

« Du kompa, du séga, du maloya à la sauce martinico-cubaine »

Depuis 2007, il n’y a pas eu d’album Dédé Saint-Prix sur le marché. Quel a été le déclic qui a vous a donné envie ?

Au départ, je voulais sortir un album avec des Brésiliens et j’avais même appris le brésilien. Parce que je suis fou amoureux de Salvador de Bahia, mais entre temps, je suis allé à Cuba en juillet 2012 avec une délégation du Conseil général de la Martinique. J’ai fait la connaissance à Santiago de Roberto Linares, un chanteur. Son orchestre jouait juste en face de mon hôtel. Tous les soirs, apres ma douche, je prenais mes flûtes et j’allais jouer avec eux. On s’est rapproché et je me suis retrouvé chez lui avec mon ordinateur, mon magnétophone. On a commencé à enregistrer des chansons sur des bandes que j’avais déjà, des musiques sans texte et des paroles qui n’avaient pas de mélodie, juste les rythmiques. Roberto Linares s’est mis à chanter dessus en espagnol. Je suis revenu à la maison arranger ces titres avant de retourner à Cuba en octobre pour finaliser l’album.

Et l’ouragan Sandy vous est tombé dessus…

Sandy était en train de casser la baraque à Santiago ; l’aéroport était fermé, impossible de s’y rendre. Roberto n’a pu me rejoindre à la Havane qu’au bout de trois jours. Trois jours perdus pour les séances d’enregistrement. On a trouvé sur place des musiciens car ceux de Roberto étaient restés à Santiago et on fait ca vite et bien. J’ai parachevé l’album en Martinique.

Quel est le ton de cet album ?

On entend d’abord la voix de Daniel Pantin, un Martiniquais qui a fait ses études à Cuba. Il pose l’ambiance de l’album, c’est une introduction. Puis les titres s’enchaînent. Certains parlent de l’amitié, un autre est un hymne à la Martinique… Il y a une chanson d’amour que j’ai écrite pour mon épouse, en espagnol…

Parleriez-vous d’un lyannaj Cuba Martinique ?

Déjà, c’est la rencontre du chouval bwa et de la musique afro-cubaine. Il y a aussi du kompa, du séga, du maloya et tout ça à la sauce martinico-cubaine !

Des musiciens cubains jouent de la guitare tres, des bongos, du saxo, de la trompette et du trombone. Des musiciens martiniquais jouent du chacha, du tanbou, de la guitare basse… Un chanteur colombien chante avec moi le titre « Caribe en mi venas » (Caraïbe dans mes veines)… Une Guadeloupéenne joue du kayamb, l’instrument réunionnais... Il y a beaucoup d’amour et de générosité, il y a beaucoup de solos à la guitare tres parce que j’ai voulu que cette petite guitare cubaine soit bien représentée sur chaque titre…

Comment les musiciens cubains ont reçu le chouval bwa ?

Roberto Linares a été d’abord étonné que je connaisse si bien leur musique. Je jouais tout ce qu’il jouait, j’entrais dedans sans aucun probleme alors que lui ne connaissait pas ma musique. J’ai grandi avec la radio et les disques et j’ai appris beaucoup de solos en écoutant… Je lui ai fait écouter le titre Fuerza y vigor que j’avais enregistré en 1990. Il a reconnu immédiatement un rythme afro-cubain particulier, le changui. On l’a réenregistré en créole, la première partie sur le rythme changui, puis, j’ai fait rentrer le chouval bwa...

Propos recueillis par FXG, à Paris


Dédé Saint-Prix présentera cet album au mois de novembre, dans une grande salle parisienne.

Raices y Culturas, produit par Anba lari édisyon, distribué par Couleur music publishing

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 07:00

Louisy-FXG-Lynnsha.jpgHéroïnes de la nouvelle Tropical family, l’album aux vingt tubes, Lynnsha la Robertine d’Ile de France, et Louisy Joseph, née a Lyon et originaire de Rivière-Pilote, interprètes du célèbre Maldon avec Fanny J, évoquent pour nous cette aventure musicale. Interview.

« C’est aussi notre métier de défendre les chansons »

LouisyJoseph_014_--SylvainGautier.jpgQui a eu l’idée de former ce trio ?

Lynnsha : Fanny et Louisy ont été contactées par la maison de disque Playon avant moi…

Louisy Joseph : On m’a demandé ce que je pensais du projet si on me le proposait comme ca, avec deux filles… Je me suis dit : « On est en train de faire un groupe, c’est quoi cette histoire ?! » J’ai pris du temps avant de dire oui. Entre-temps, ils avaient contacté les filles pour leur proposer le projet… Ils m’ont parle de Fanny que je l’avais déjà croisée plusieurs fois. Et moi, je voyais très bien Lynnsha dans l’histoire. Je voulais qu’elle en fasse partie s’il fallait une troisième voix. Lynnsha était la bonne personne. Vocalement, elle pouvait se frotter au projet sans aucun souci…

Lynnsha : Je croise Fanny depuis environ un an que j’ai sorti Ile et moi, mon album afro-caribéen. Louisy, je la connaissais ; on avait fait une date ensemble à la Réunion où l’on avait dû improviser, chanter ensemble sur un titre de Beyoncé. C’était assez marrant ! Si la musique et la voix sont importantes, le feeling aussi. Et puis, c’était pour un titre, un bon et, comme dit Louisy, ce n’était pas pour faire un groupe…

Vous craigniez que l’on ne fasse de vous un girls band ?

Lynnsha_070_--SylvainGautier.jpgLynnsha : Je ne me suis même pas posé la question…

Louisy : C’était difficile d’imaginer qu’ils prennent trois filles qui sont chacune en pleine carrière pour faire un groupe… Mais après, il y a plein de choses qui peuvent y ressembler et je ne voulais pas d’amalgame entre nos carrières solo et ce titre. C’est parce qu’on a ces trois carrières qu’on peut rendre ce projet crédible et qu’on le défend.

Maldon est un tube ; n’avez-vous pas eu le trac de passer derrière Zouk machine ?

Lynnsha : Ce n’est ni le trac, ni la pression, mais ce titre fait avant tout partie du patrimoine de la musique française. C’est plus qu’un tube, il est ancré dans les mémoires et c’est vrai qu’on se dit que l’on s’attaque à gros ! On a pris un certain recul et on l’a fait avec le cœur et le feeling… Ça ne pouvait donner que quelque chose de positif et de sincère.

N’avez-vous pas eu la tentation de rejouer Dominique Zorobabel, Jane Faustin et Chris Obydol ?

Louisy : A aucun moment… On avait la sensation qu’il fallait qu’on garde nos personnalités sinon, ils auraient appelé d’autres chanteuses ! Ils auraient façonné un autre groupe…

Lynnsha : Ils auraient même tout simplement rappelé les Zouk machine !

Louisy : Il fallait qu’on se sente concernées, qu’on ait envie de le faire et qu’on trouve assez d’arguments pour défendre ce qui nous a unies. Et puis, on apporté notre touche, une petite empreinte de Lynnsha, de Fanny et de Louisy.

Quelle valeur ajoutée avez-vous eu le sentiment d’apporter ?

Lynnsha : Je ne parlerai pas de valeur ajoutée parce que je trouve ca assez prétentieux., Déjà, on a apporté à ce titre qui a 25 ans un renouveau pour toucher une nouvelle génération qui ne le connaît pas. Ce qu’on y rajoute, c’est notre timbre, notre personnalité, notre empreinte vocale. Il y a aussi de nouveaux arrangements instrumentaux et ça apporte une nouvelle fraîcheur. On ne voulait pas faire un copié-collé de ce qu’avaient fait les Zouk machine. On est parti sur un style musical plus pop tout en gardant cette valeur importante du créole. On n’a pas touché aux mélodies, mais on a apporté une nouvelle touch.

Quel est le concept de l’album… Des tubes d’été revisités aujourd’hui ?

Louisy : Non, parce que par exemple, Le sunlight des tropiques n’a jamais été défini comme un tube de l’été. Ce sont des grands titres du patrimoine français qui font référence pour toute une population et c’est ce public là qu’on est venu chercher. Le public qui connaît les chansons françaises et qui a envie d’écouter une nouvelle version. Les versions caribéennes des titres complètement français ont été arrangées pour que le public s’y retrouve. Ils retrouvent des chansons qu’ils aiment et découvrent de nouveaux interprètes grâce à ces nouvelles versions.

Une génération qui rend hommage a la précédente ?

Louisy : D’une certaine manière. On ne s’attaque pas à n’importe quel titre de n’importe quelle façon en ne pensant qu’à sa carrière. Il faut avoir de l’humilité quand on reprend la chanson de quelqu’un d’autre. Il faut que les droits moraux de la chanson soient pris au sérieux. On le fait parce que c’est aussi notre métier de défendre les chansons.

Comment ca s’est passé en studio ?

Louisy : On en avait reçue une version par mail, qu’on avait un peu écoutée chez nous, et avec laquelle, j’ai pris un peu de distance. On s’est rencontrée pour cette première journée de studio qui a permis de voir comment ca fonctionnait entre nous. Le langage était commun et on a commencé à découper naturellement la chanson…

Lynnsha : Il y a des répliques qui nous ressemblaient, c’était une évidence. Le couplet, « Pa mandé bibi rété kon madon… », a un petit côté prétentieux et hautain qui me ressemble bien. Je ne suis pas féministe, mais j’aime qu’on me respecte. J’ai mon petit côté indépendant donc cette phrase qui pique un peu, je l’aime bien…

Louisy : Moi, je renouais avec le créole pour la première fois et c’était compliqué. Pas de trouver la bonne phrase, mais quelque chose que j’interpréterais bien. Il y a une espèce d’énergie dans la façon de chanter créole qui est différente. Du coup, c’est ce que j’ai accentué quand j’ai eu le créole en bouche, pour l’assumer, le chanter complètement. J’ai pris le troisième couplet avec beaucoup de force ! Cette chanson m’a renoué avec ma culture et m’a, pour une fois, établie en tant que chanteuse martiniquaise.

Quel retour des Zouk machine avez-vous eue ?

Lynnsha : Christiane est passée à la télé et a dit ce qu’elle avait à dire… Fanny qui aime beaucoup Jane Faustin a recu d’elle un message pour lui dire qu’elle appréciait énormément le titre.

Personnellement où en êtes-vous dans vos carrières ?

Lynnsha : Depuis la sortie d’IIe et moi, j’ai fait quatre singles, Ne m’en veux pas, Enlacés en featuring avec Kalash, Kobosana fé avec Fally Ipupa et le dernier en date, Elle prie, elle crie. Je serai au mois d’août en Martinique, mais aussi à Mayotte et la Réunion.

Louisy : On se croise avec nos plannings. Je tourne en France et je serai du 11 au 17 août à la Réunion, pour l’élection de Miss Réunion.

Lynnsha : Fanny prépare son nouvel album, « Mes vérités » pour la fin de l’année.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Le coup de gueule de l’ancienne Zouk machine, Chris Obydol

Chris-Obydol-et-Lynnsha.jpg« On m’a volé ma chanson »

Christiane Obydol (en photo avec Lynnsha lors d'un concert de Kassav au Zenith en 2008) a décidé, comme France Gall avec Jennifer qui a repris Ma déclaration, de pousser un coup de gueule. Invitée le 25 juin sur le plateau de l'émission « Vous êtes en direct » sur NRJ 12, la Zouk Machine a demandé une réflexion autour d'une loi, non pour interdire les reprises, mais pour que « les interprètes ne soient pas lésés ». Christiane Obydol regrette que Louisy, « une amie », ne l’ait mise au courant de rien.  Selon elle, Louisy Joseph lui aurait dit : « Est-ce que tu es au courant qu'une maison de disques va sortir Maldon ? Tu es au courant qu'ils ont fait un casting ? J'ai refusé ». Invitée la veille du même plateau, Louisy Joseph assurait lui avoir fait part du projet.

Christiane Obydol est la seule des Zouk machine qui continue de chanter leur répertoire et elle se sent spoliée avec cette reprise : « On m’a volé ma chanson en tant qu'interprète et elles me font quelque part de l'ombre. Je suis complètement débarquée d'un titre que j'ai véhiculé durant 23 ans ». En tant qu’interprète, Christiane ne touche aucun droit sur la reprise de la Tropical family. « Il aurait fallu que l’interprète, qui a mené la chanson là où elle est, puisse toucher quelque chose », regrette-t-elle avant de stigmatiser « un concept monté pour faire de l'argent ».

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:27

Les Saramakas sous les feux de la rampe en AvignonTroupe-KS-and-Co.jpg

« Je suis venu au festival d’Avignon avec la compagnie en tant que stagiaire et, en fait, je suis le régisseur de plateau. »Dawsen Dawsen s’est occupé des décors et des accessoires pendant qu’un autre de ses camarades, élève comme lui de l’école des arts du spectacle de Saint-Laurent du Maroni, prenait en charge la régie son et lumière de la pièce l’Os que la compagnie Kokolampoe  a joué durant tout le mois de juillet au théâtre d’Outre-mer en Avignon, sur la scène de la chapelle du Verbe incarné dans le cadre du festival « off ». L’Os a été créé au festival des Tréteaux du Maroni avant d’être joué à Mana. Et sans passer par la case Cayenne, la troupe d’apprentis techniciens et comédiens emmenés par Serge Abatucci et Ewlyne Guillaume, s’est retrouvée projetée sous les feux de la rampe avec une représentation tous les jours au même titre que le millier de spectacle qu’a accueilli l’ancienne cité des papes. Et jamais devant une salle vide ! L’Os, une pièce écrite par le Sénégalais Birago Diop, était la seule pièce qui permettait au spectateur avignonnais d’entendre la langue saramaka tongo. Quasi une première mondiale,  mais qui n’a pas pour autant tourné la tête de la quinzaine de jeunes Bushinengués venus des bords du Maroni jusqu’au bord du Rhône. Mirmonde.jpg « En plus de venir de nulle part, nous, des descendants d’esclaves, on remplit le théâtre au même titre que les autres troupes et c’est kiffant ! » Mirmonde joue le rôle de Yéyéta, une enfant qui a toujours rêvé d’aller à l’école, un rêve contrarié par la tradition… Dans la réalité, Mirmonde est une native de Saint-Laurent, d’origine haïtienne et qui avait démarré ses études théâtrales à Toulouse avant de rejoindre l’école de Saint-Laurent en deuxième année. « Je fais très moderne et j’avais peur de ne pas faire partie du groupe… » Non seulement, elle se trompait, mais elle a pu en profiter pour apprendre beaucoup de la culture saramaka. L’Os, dans cette version musicale et bilingue, illustre parfaitement la situation de ces jeunes Bushinengués confrontés à la modernité guyanaise, ce que raconte aussi la fable de Birago Diop. Kimmy.jpgKimmy Amiemba est Awa, l’héroïne de L’Os. Son personnage est la femme qui se révolte contre les hommes… Une situation en soi presque révolutionnaire chez les Saramakas. « Quand je suis sur scène, je suis libre », clame-t-elle. Mario Kwadjami est Moussa, lui aussi refuse la tradition et s’oppose à son frère, le mari d’Awa. En cette soirée de la fin juillet, après leur représentation de l’après-midi, la troupe du Kokolampoe théâtre-école, s’apprête à pénétrer dans la fameuse Cour d’honneur du palais des papes, là où se joue la crème du théâtre contemporain avec les spectacles du « in », le festival officiel d’Avignon. Ce soir-là, les jeunes Saramakas ont vu Partita 2, un spectacle dansé. Les apprentis repassent côté spectateurs. C’est cela aussi l’apprentissage du théâtre.

FXG, à Avignon


De la forêt à la scène

Serge-Abatucci-Ewlyne-Guillaume.jpgSerge Abatucci, co-directeur de l’école et comédien partage la scène avec ses élèves. C’est une sorte d’aboutissement du travail qu’il a entamé il y a déjà longtemps. « Pour la société Saramaka, les femmes ne devraient pas être sur scène ; le spectacle vient questionner la tradition comme ma présence dans leur village. » Ca a commencé par une rencontre, un voisinage et puis il a fallu instaurer de la confiance. Pendant longtemps Serge Abatucci a eu besoin de passer par un médiateur, Abaï. Quand ce dernier est décédé, en 2010, il a bien fallu qu’il avance à découvert. Imprégné des concepts glissantiens de la créolisation et du tout monde, Serge a su se faire adopté par toute la communauté. Il a monté Kaïdara, une pièce qu’ils ont travaillé dans le haut Surinam, dans une sorte de « remontée métaphorique du fleuve », puis il a fait venir une cinquantaine de femmes (Seket Inouyé ?) au festival des Tréteaux… Voilà comment la relation est née, voilà comment a été rendue possible cette première affiche saramaka en Avignon. « Ni un projet théatral, ni un projet anthropologique, précise Serge, mais un voisinage et une idée : faire des choses ensemble. » Un verre de rhum, des chansons, puis il y a eu Koudip à la maison de l’Amérique latine à l’invitation d’Edouard Glissant et, enfin, Avignon avec L’Os.

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 06:57

Jean-Michel Martial et Karine Pédurand au festival d’Avignon

affiche-TOMA.JPGJean-Michel Martial et Karine Pedurand ont tenu, durant tout le mois de juillet, l’affiche de La loi de Tibi, une piece de Jean Verdun, au théâtre de la chapelle du Verbe incarné en Avignon. Ce mardi, après la représentation en début d’après-midi, les deux comédiens s’installent à la terrasse d’un café, non loin du théâtre. Les yeux rivés sur l’écran de leurs smartphones, ils découvrent la critique que l’express.fr leur a consacrés : « Truculent, bousculant, rieur, malin, vif et beau comme un dieu, avec une présence à faire pâlir tous les astres de la scène avignonnaise, et une voix ronde et dorée comme un fruit africain, Jean-Michel Martial capte d’emblée le spectateur qui ne demande que ça… » Jean-Michel Martial savoure le compliment… Une gageure quand on sait que près de 1200 pièces sont jouées chaque jour dans l’ancienne cité des papes durant le festival. La pièce a su trouver son public, même si, comme pour beaucoup des spectacles du « off », les trois premiers jours ont été laborieux. « On ne passe pas trois jours difficiles, on passe trois fois un jour difficile, nuance Jean-Michel. C’est dans ces moments de quasi-intimité qu’on règle notre façon de respirer avec le public, de mieux projeter le texte... » Karine-Pedurand.jpg-copie-1.jpgIl y a quelque chose de très fort dans le texte de Jean Verdun… Tibi, conteur traditionnel, met en scène avec une ironie féroce les victimes symboliques et réelles de la misère, du colonialisme, de la mondialisation... Parmi celles-ci, la mère d’un enfant tué ; l’amour de Tibi va la rendre à la vie. Un public assiste à ces rituels à la fois morbides et merveilleux : des touristes qui paient pour cela. « Ni à la fête de l’Humanité (pour la première) où l’on entendait la musique du concert voisin, ni en Martinique où le micro est tombé parterre, aucun spectateur n’a quitté la salle », raconte le comédien. En Avignon, la salle s’est remplie de jour en jour. « C’est notre vie qu’on joue sur scène. » Avec sa longue expérience, Jean-Michel Martial sait que ses peurs comme sa générosité doivent être mises au service du rôle. Karine Pédurand dont c’était le  baptême avignonnais, se glisse dans son pas. La jeune femme a trouvé là sa « nourriture de comédienne sans pour autant être encore repue » ! Une confiance s’est établie entre les deux acteurs qui évoluent chacun dans des registres différents. Karine Pédurand s’exprime davantage avec son corps et toute la charge du texte est portée par Jean-Michel Martial. « C’est une comédienne rare, lâche ce dernier. Quand je l’ai rencontrée, j’ai vu qu’elle avait ce qu’on ne peut apprendre, la grâce. Elle ne se satisfait pas de se montrer… »
karine-pedurand-et-martial.JPGLe nez encore sur son portable, Jean-Michel Martial grimace… Karine Pédurand l’interroge du regard. La fin de la critique de l’express.fr le fait tiquer : « Seul bémol à ce spectacle sensible, l’écart d’âge entre les deux personnages. Elle, jeune mère à peine sortie de l’adolescence. Lui, qui pourrait être son grand-père… Hum… Mais peut-être cet écart n’est il pas si grand au regard des coutumes matrimoniales en Afrique ? » Avec les deux comédiens, on a envie de crier : « Césaire, Fanon, Glissant, réveillez-vous ! » Ou plutôt réveillez ce critique qui reste encore pétri d’une vision européocentrée, post-coloniale et finalement condescendante, et qui n’a pas trouvé d’autre moyen de dire à ses lecteurs que Martial et Pédurand sont des Noirs.
FXG, en Avignon

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 07:12

De nouveaux uniformes pour CorsairEquipage-nouvel-uniforme-Corsair.jpg

Le 1er août, l’ensemble du personnel de Corsair, en contact avec les clients, aura reçu son nouvel uniforme. Le personnel portera tailleurs pantalons, jupes, robes et costumes aux tonalités bleues grises et lilas, en harmonie avec les couleurs déclinées dans les nouvelles cabines. La coupe des uniformes prend en compte les contraintes et desiderata du personnel, notamment en termes de confort et de facilité d’entretien.

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 06:04

Rame-Guyane recherche d’urgence un repreneur guyanais

A la fin du mois de juillet, la société 54 West, organisatrice de la course transatlantique en solitaire a l’aviron, Rame Guyane, fermera ses portes. Si aucun repreneur guyanais ne se fait connaître d’ici là, la course risque d’etre reprise par un ancien skipper métropolitain. « On aurait dû poser les rames il y un an et demi lorsque Bouvet nous a quitte », témoigne Michel Horeau de 54 West, mais l’édition 2014 était déjà lancée… » Apres dix-huit mois de fonctionnement à « compte d’auteur », 54 West est lâchée par ses banques. « Aujourd’hui plus question de vendre cette course a Pennduick ou ASO, mais de trouver une solution pour qu’un organisateur guyanais la reprenne gracieusement avec ses 15 skippers déjà inscrits, le conseil des opérateurs historiques et un budget déjà constitue pour partie à hauteur de 4 ou 500 000 €. »

Depuis le début de Rame Guyane en 2006, la Guyane a apporté collectivement environ un demi-million d’euros (150 000 pour le CNES, 80 a 90 000 pour la ville de Cayenne, 90 000 pour la Région, 70 000 pour le departement qui se retire pour cette 4e édition, 50 000 pour le CTG et autant pour la CCI). L’entreprise Bouvet apportait seule demi-million et, pour arriver à boucler le budget global de 1,3 M€, il y a les frais d’inscription des skippers.

Cette course qui, en trois éditions, a fait ses preuves, est un outil unique de promotion et de communication pour la Guyane. « La derniere édition a représenté l’équivalent de 10 millions d’achats d’espace sans même compter le net », insiste Michel Horeau.

Si d’ici la mi-août, aucun organisateur ne lève la main et ne fédère ni un club d’entreprises, ni ne parvient à faire naître une société d’économie mixte sur le modèle de celle qui organise le Vendée Globe, la course passera aux mains d’un métropolitain. L’édition 2014 qui doit partir de Saint-Louis du Sénégal en mars ralliera bien Cayenne, mais qui peut dire si elle touchera toujours la Guyane apres ? Voilà pourquoi Michel Horeau et Antoine Croyère, ses fondateurs, insistent pour que le futur organisateur soit guyanais. Le temps presse…

FXG, à Paris

Michel Horeau : 06 16 30 40 98

54west@orange.fr

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 08:00

Agora Mundo et Brassages, l’art contemporain des Outre-mer

La Cité internationale des arts de Paris reçoit jusqu’au 27 juillet une quarantaine d'artistes proposant leur vision du « vivre en pays insulaire », de l'Océanie aux Caraïbes.Kirchner-Elizeon-Pentoscrope.jpg

Une centaine de pièces sur six niveaux passent au crible les arts tels qu’on les pratique avec une sensibilité façonnée dans les outre-mer. Il a des installations, des peintures voire des actes picturaux, des photographies et souvent un regard amusant sur l'art, son rôle social, les processus de ritualisation du corps et de l'acte de création…

Catherine-Kirchner.jpgLe CIFORDOM de José Pentoscrope a rassemblé pour l’exposition « Brassages » des artistes originaires des Antilles et de la Réunion vivant en Europe. L’association SIAPO a complété ce « Brassage » en allant chercher des artistes du Pacifique sud. Pour « Agora Mundo », l’association Yehkri et sa commissaire d’exposition, Catherine Kirchner, se sont occupées, avec le concours de l'Institut du Tout Monde et le Comité pour la Mémoire de l'Esclavage, de faire venir 13 artistes vivant et travaillant en Martinique. Les deux expositions se sont mélangées dans la vaste galerie de la Cité internationale des arts, entre le Marais et le bord de Seine. La déléguée interministérielle Sophie Elizéon, la cinéaste Euzhan Palcy, l’écrivaine Suzanne Dracius, le flûtiste Max Cilla, les artistes Romain Ganer ou Miguel Marajo ont participé au vernissage le 9 juillet dernier en présence de la quasi-totalité des artistes exposés. Il y avait peu d’acheteurs.Euzhan-Palcy-et-rene-Louise.jpg

« Ces artistes offrent leur regard contemporain hors des sentiers exotiques déjà éprouvés. Ils ont des visions de la société d'aujourd'hui, plurielle, connectée au monde et inscrite dans diverses marges immuables », affirme la commissaire Catherine Kirchner.

FXG, à Paris

Photos : Régis Durand de Girard

Exposition du 10 au 27 Juillet de 14h à 19h 18 Quai de l’Hôtel de Ville

www.citedesartsparis.net


Des œuvres et des artistes en imagesArthur-Joas.jpg

Arthur Joas, Martiniquais trentenaire du Kremlin-Bicêtre (94), travaille le fer, l’acier ou l’inox. Il en fait des pièces abstraites, des femmes, « déesses-mères ou Vénus, nées du métal en fusion et faites de petites gouttelettes déposées avec délicatesse se fondant ensuite dans la matière » (d’apres Beatriz Moya). Il fait aussi des sculptures monumentales, « déesses  en acier, assemblées et soudées dont la ligne sensible se heurte à la froideur du métal ».Bertin.jpg

Christian Bertin pose entre l’une des cinq pièces baptisées Chapitre et Balisier. Né en 1952 en Martinique, il a étudié l’art à Macon avant de réinstaller en 1986 en haut du morne de Bellefontaine d’où il domine le monde. Sa liberté de railler le monde se retrouve dans son humour caustique. Son œuvre s’appuie sur des codes, le symbolisme, la culture et l’histoire.Caruge.jpg Michael Caruge, le Saintannais, pose devant Vanessa, l’une des cinq toiles exposées a Paris. Il affiche une ressemblance troublante avec son modele... Plasticien diplômé de l’IRAV et ESAC de Tarbes, un  temps directeur de la galerie parisienne JL Michau, au Palais Royal, agent artistique ou commissaire d’exposition, il travaille sur « le corps social, l’homme dans le groupe », selon ses propres confidences.Cat-Mira.jpg

Cat Mira devant une de ses « Case océan ». Energie et symbolisme donnent à ce travail photographique la perception de l’essence du lieu Martinique. Elle y a posé ses pinceaux et son appareil photo en 1998, est repartie en 2011 et y vit à nouveau depuis 2009.Cauquil.jpg

Claude Cauquil est entre Lucia et Guy Marc, quelques-uns de ses fameux « Self portraits », peints d’après des photographies. Avec ces visages nommés, aux couleurs vives, l’artiste nous présente de vraies gens. Des gens qu’il fait rayonner et qu’il cadre serrés « pour éliminer le contexte social ». Claude Cauquil a laissé la ville de Béziers en Languedoc, tel Rimbaud fuyant Charleville, pour trouver son Aden en Martinique. « C’est une histoire d’amour qui m’a conduit en Caraïbes… », confiait-il à France-Antilles en 2008. Après trois ans à Porto Rico, faute de carte verte, il a débarqué à Rivière-Pilote… Il y peint encore.Jean-Marie-Louise.jpg

Jean-Marie Louise est devant ses « Photogratures », de la pellicule argentique numérisée, tirée sur vinyle et contrecollée sur de l’aluminium. L’homme de Ducos travaille sur la dimension insulaire de l’identité martiniquaise. Il fait disparaître dans des agrandissements de détails le sujet qu’il a pris en photo dans la zone des cinquante pas géométriques. Il transcende ainsi la peur atavique de la mer.Joel-Zobel.jpg

Joël Zobel pose devant ses « Jeu de mains ». Il est le dernier des Zobel (un petit-neveu) à vivre en Martinique et c’est un Solognot par sa mère ! Dans son studio de Fort-de-France, il travaille sur la poésie des corps et patine son travail de noir et blanc vintage. « À chaque époque, à chaque société, à chaque culture, à chaque homme ses critères de beauté ! Avec mes photos, j’essaie de faire abstraction de tous ces critères. Sous mon regard d´artiste, mes photos traversent le temps, se jouant des modes et des époques. La diversité des horizons qui défilent devant mon objectif comble ma curiosité du genre humain (…) Je tiens toujours à les photographier sur le même fond neutre. Tous égaux dans l´œil de mon objectif… »Louis-laouchez.jpg

 Louis Laouchez est entre « Elles sont généreuses » et « Vous et nous ». Artiste prolixe, il est né en 1934. Son parcours très intense est jalonné de nombreuses expositions aux Caraïbes, aux USA, en Afrique et en Europe, dont l’exposition fondatrice initiée par Léopold Sedar Senghor en 1966 à Dakar, le Festival Mondial des Arts Nègres. C’est lui qui, en 1970, a créé avec Serge Hélénon l’école négrocaraïbes.

Ses œuvres ont été acquises par de nombreuses collections privées ou publiques (FRAC, FNAC, Musées à Cuba, bâtiments officiels en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, aux Comores, en France, en Suède et aux USA). Louis Laouchez est le frère de Maurice et l’oncle d’Olivier, PDG de Trace. Il a exercé de 1958 aux années 1980 des fonctions de conseil pour des chefs d’Etat africains.David-Alibo.jpg

David Alibo est devant trois de ses œuvres de collages. «  A travers le collage, c'est la magie de la mise en scène qui m'anime. » Ses toiles sont des arrêts sur image qu’il vit et qu’il illustre tantôt sur le thème de ses racines ethniques, tantôt de façon philosophique, poétique ou humoristique. « C'est mon humeur qui colle et mon coeur artistique qui survole... »

David Alibo appartient au collectif Artcolle et il est le troisième artiste de la famille Alibo, avec Michel, le bassiste, et José, le photographe.Thierry-Jarrin.jpg

Thierry Jarrin est entre la « Constellation de l’acrobate » et la « Constellation du cerf-volant ». Né à Paris, il y a 44 ans, d'une mère métropolitaine et d'un père Antillais, il a trois mois quand ses parents s’installent à la Martinique. Gamin, il fouille les commodes et les greniers à la recherche de trésors : boutons, dentelles… Plus tard, il explore les décharges, fréquente les récupérateurs de métaux, avec cette passion de la découverte et cet impérieux besoin de lier les matériaux disparates. Ses œuvres ressemblent à des alphabets de personnages hybrides. « Cette écriture ne represente ni fusion, ni séparation, mais une interdépendance », revendique-t-il.Rene-Louise.jpg

René Louise (né en 1949) est devant « Métamorphose », « Voyage triangulaire » et « Hommage a l’Afrique ». Ce membre fondateur du groupe « fwomajé », l'association de cinq plasticiens martiniquais qui voualient créer une esthétique caribéenne, est chercheur, peintre, sculpteur et scénographe, Après plusieurs années de recherche, il a publié « Le manifeste du marronisme moderne », théorie déjà énoncée dans sa thèse de doctorat. Il souligne dans cet ouvrage l'importance des racines africaines, mais aussi caribéennes avec la prise en compte des arts précolombiens.Norville.jpg

Norville Guirouard-Aizée est devant deux de ses sculptures, « Autel des sacrifices » et « Autel des plaisirs ». Ce jeune quinquagénaire propose une création artistique fertile et culturellement enracinée Son travail est axé sur la prégnance de l’Inde dans la Caraïbe et, avec elle, les pratiques religieuses.  

L’artiste fait preuve d’un sens aigu de la dérision. Le plaisir et le sacrifice se côtoient telles les deux faces d’une même pièce. « Le paradis ne se donne pas, il se gagne… » Sa rue Monte-au-ciel en est la démonstration. C’est une sculpture représentant une échelle avec pour montants de la corde et pour degrés des coutelas !

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 07:53

La place des langues des Outre-mer dans la République

Le Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne, installé par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication, le 6 mars dernier, a rendu, le 15 juillet, les conclusions de ses travaux sur les langues régionales.

Toni-Mango-classe-creole.jpgLe comité, présidé par le conseiller d’Etat, Remi Caron, a étudié la situation de toutes les langues régionales et non territoriales de France, celles parlées dans l’Hexagone et dans les Outre-mer,  celles transfrontalières, celles solidement implantées et celles en situation de précarité. Premier constat d’importance, dans les régions créolophones, on enseigne encore le créole comme une langue étrangère.

La France a un probleme avec ses langues régionales et si la Constitution en admet le principe depuis la réforme de 2008, « le président de la République et le Premier ministre ont estimé qu’il n’était pas possible d’introduire dans notre Constitution une disposition permettant de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, sans introduire de contradiction majeure avec la Constitution », rappelaitla ministre de la Culture à l’Assemblée nationale le 23 avril dernier. Elle a cependant « réaffirmé la volonté du Gouvernement de mettre en oeuvre les dispositions de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires jugées constitutionnelles en 1999 ».

Outre-mer, le français est la seconde langue maternelle, soit une langue seconde partiellement pratiquée en complément de la langue maternelle. Dans les DOM, le créole, longtemps auto dévalorisé, s’affirme désormais comme une langue à part entière, dans les médias, dans la littérature, et également dans les chansons et les spectacles. Dans les media, un effort particulier a été fait : les chaînes en langue créole sont des chaînes de plein exercice et non des décrochages ; elles diffusent en créole des journaux d’information, des émissions et des débats, de manière plus marquée dans les Antilles ou à La Réunion. L’attention du Comité a toutefois été appelée sur la pérennité de ce type d’émissions en Guyane. Le créole est aussi présent sur la Toile, notamment à travers l’encyclopédie en ligne Wikipédia, qui atteste le dynamisme de communautés de contributeurs. « Toutefois, si le créole demeure très vivant, des signes de régression sont observés tant en Guadeloupe, qu’en Martinique », avertit le rapport.

Mieux prendre en compte la spécificité des Outre-mer

La Constitution offre un levier pour prendre en compte la situation de bilinguisme ou de multilinguisme de plusieurs de ces régions. La déclaration de Cayenne des « États généraux du multilinguisme dans les Outre-mer », de décembre 2011, offre un ensemble de 99 recommandations. Le Comité considère que ces recommandations constituent une « boîte à outils », dont beaucoup de propositions pourront être mises en oeuvre en parfaite conformité avec les principes de la République.

Pour la mise en oeuvre de cette politique, les collectivités territoriales des Outre-mer sont appelées, davantage encore qu’en métropole, à jouer un rôle essentiel pour que le créole trouve sa place à côté du français. « Une intervention juridique de niveau législatif, spécifique aux Outre-mer, serait nécessaire », indique le rapport. Le Comité suggère qu’une mission de l’Inspection générale de l’Éducation nationale soit chargée d’un rapport sur l’enseignement des langues et en langues des Outre-mer. Cette mission aurait, pour chaque territoire des Outre-mer, à établir un diagnostic et à faire des propositions pour promouvoir l’usage des langues des Outre-mer à l’école tout en favorisant la réussite scolaire et la prévention de l’illettrisme.

« Chaque enfant doit pouvoir apprendre à lire et à écrire dans sa langue maternelle », déclarait le Professeur Bentolila, lors du colloque « Enseigner l’Outre-mer, enseigner en Outre-mer », organisé à l’Université de Paris V, le 17 mai 2011, il ajoutait : « Vous n’apprendrez pas à lire à un enfant dans une langue qu’il ne parle pas ».  Plutôt qu’un strict bilinguisme paritaire, il conviendrait d’assurer un accueil dans la langue d’origine lors de l’entrée dans la scolarité, et de pratiquer un bilinguisme évolutif où le Français serait progressivement intégré au cours des premières années de la scolarité. L’objectif est de parvenir à un bilinguisme équilibré à la fin de l’enseignement primaire.

FXG, à Paris


Le créole à l’école

L’enseignement des langues régionales a concerné sur l’année scolaire 2011-2012, 272 000 élèves. Il se concentre sur certaines langues : l’alsacien pour 73 000 élèves, puis l’occitan (62 000), le breton (35 000), le corse (34 000), le créole (17 000), le basque (14 000), le catalan (13 000), et le tahitien (13 000). La hausse globale, tous cycles confondus, s’établit à + 24 % par rapport à l’année scolaire 2009-2010, dont une forte progression des enseignements dans les langues régionales ultramarines, qui représentent près des deux tiers de cette croissance.

Le français est encore souvent enseigné aux jeunes ultramarins, comme s’il était leur seule langue, en ne tenant pas suffisamment compte de leur situation linguistique. Si le créole a bien été introduit à la maternelle et dans le primaire, il le reste dans des conditions très limitées et plutôt sous la forme d’une langue étrangère. De surcroît, il n’y a que peu d’enseignements de l’histoire ou de la culture locales. Certains observateurs relient à cette insuffisante prise en compte du créole à l’école, le taux d’illettrisme, deux ou trois fois supérieurs à celui constaté dans l’Hexagone.

Dans le secondaire, le créole, loin d’être considéré comme la langue maternelle de la quasi-totalité de la population, est placé sur le même niveau et en compétition avec des langues étrangères. Dans l’enseignement supérieur et dans la recherche, la continuité des dispositifs de formation des professeurs et de préparation au CAPES apparaît également fragile.

Dans les régions non créolophones, notamment dans les régions habitées par des groupes de locuteurs de langues plus rares, en Guyane, ou en Nouvelle-Calédonie, la situation apparaît encore plus préoccupante, faute d’enseignants formés pour l’accueil des enfants dans leur langue.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 12:30

L’un des deux djihadistes de Toulouse vivait en Guyane

Gérard B est le père des deux jeunes toulousains, Nicolas (30 ans) et Jean-Daniel (22 ans), convertis à l’islam et partis en Syrie, et que l’on a pu découvrir, kalachnikov en main, sur une vidéo postée sur Youtube, lançant un appel un appel aux Musulmans à les rejoindre combattre pour Al Qanda contre Bachar Al Assad en Syrie et un autre à François Hollande pour qu’il se convertisse à l’islam… Gérard vit en Guyane où il est entrepreneur et il a appris par une lettre du 29 avril de ses enfants qu’ils n’étaient pas en Thaïlande, mais en Syrie… Depuis, raconte-t-il au quotidien Libération (www.liberation.fr/societe/2013/07/19/la-croisade-syrienne-de-deux-toulousains_919605), il les appelle au téléphone chaque semaine et « cherche à comprendre ce qui a pu mener ses garçons à s’engager au nom d’Allah »… Nicolas vivait à Toulouse avec sa mère, puis chez sa grand-mère, tandis que Jean-Daniel, son demi-frère, était parti vivre avec son père et sa mère en Guyane. En 2010 Gérard B avait embauché son fils Jean-Daniel dans son entreprise, mais finit par le « virer » au bout de quatre mois…

La famille est venue passer les vacances de l’été 2001 à Toulouse au moment où Nicolas cherche à convertir son jeune frère à l’islam. Sous prétexte de passer un BTS de comptabilité, Jean-Daniel ne reviendra pas en Guyane et se convertira fin 2012.

Les deux frères sont partis de Toulouse le 29 mars 2013. Un train pour Barcelone d’abord, un bateau pour la Tunisie, et un avion pour la Turquie avant de rentrer dans la region d’Alep…

Gérard B a été plusieurs fois entendu par les services du Renseignement intérieur qui ne lui disent rien. Gérard B, relate Libération, « ne réclame pas des détails de l’enquete, mais juste un contact avec les autres familles qui vivent la même chose que nous pour parler et se soutenir. On se sent abandonnés. On dirait que c’est un sujet qu’ils veulent garder sous le tapis. »

FXG, à Paris

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 07:24

Un concours photo pour honorer les « Femmes des Outre-mer »

concours-photo-femmes-outremer.jpgParce que « le 8 mars, c’est toute l’année », pour reprendre la ministre des Droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, le ministère des Outre-mer lance, le 22 juillet, un concours sur le thème des femmes d’Outre-mer. Il est ouvert aux photographes amateurs et professionnels (âge minimum 16 ans révolus). Chaque participant pourra présenter 1 à 3 oeuvres visitant la thématique des « Femmes des Outre-mer ».

Un premier jury, local, composé de photographes professionnels locaux reconnus, de journalistes, de représentants de l’Etat, d’associations oeuvrant pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et de personnalités engagées pour cette cause, sélectionnera 3 photos par territoire en incluant le 6e DOM – les originaires des Outre-mer résidant dans l’Hexagone. Puis un jury national sélectionnera une photo lauréate par territoire et établira un classement général.

Les photos retenues seront affichées sur les murs extérieurs du ministère des Outre-mer à Paris, côté boulevard des Invalides, à partir du mois de novembre en présence des photographes.

Les 3 lauréats de chaque territoire gagneront des lots comme des appareils photos numériques, des sacs pour appareil photo, ou encore des trépieds.

Le règlement, l’affiche du concours et les dossiers de participation sont téléchargeables sur le site du ministère des Outre-mer www.outre-mer.gouv.fr.

Les photos devront être envoyées en version numérique par voie postale (CD ou clé USB), accompagnées du dossier de candidature complété et signé, au ministère des Outre-mer, jusqu’au 17 septembre 23h59, date limite de participation, le cachet de la poste faisant foi.

Les photos présentées devront impérativement être dans le format portrait et en haute résolution (300 DPI) en couleur ou en noir  et blanc.

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