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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 06:10

Le carnaval tropical de Paris aura lieu le 6 juillet

La 12e édition du carnaval tropical de Paris aura lieu le week-end des 6 et 7 juillet dans le 11e arrondissement, entre Nation et la place Leon-Blum.

presentation-carnaval-paris-2013.jpg35 groupes de la Région Ile de France, deux de province (Va K band de Bordeaux et Hibiscus de Saint-Malo), cinq de Guadeloupe (explosion V, Mas Douvan, Pikan, Soleil d’argent et Van levé superstar), trois de la Martinique (Carnaval du Sud Martinique, Ti ka dans et Kakao de Saint-Pierre), un de la Guyane (Union régionale des festivals et carnaval de la Guyane) et six pays étrangers (Bolivie, Colombie, Danemark, Indonésie, Viêt-Nam et Maurice) sont annoncés.

Reine-carnaval-et-Claude-Vamur.jpgToujours placé sous le regard bienveillant la ville de Paris et de Firmine Richard, conseillère de Paris, le carnaval s’est choisi, cette année, un parrain et président du jury de renom en la personne de l’ancien batteur de Kassav, Claude Vamur.

Le défilé partira le 6 juillet à 14 heures de la place de la Nation-place des Antilles, pour s’élancer sur un parcours en boucle de 3,8 Km sur le boulevard Voltaire, la rue de la Roquette et l’avenue Philippe-Auguste. Il sera ouvert par le char de la reine du carnaval tropical. Cette année, c’est Vanessa, la reine des Hauts-de-Seine qui aura cet honneur. Elle sera accompagnée de Laura, mini-reine de la Seine-Saint-Denis et de France-Lise, reine-mère de l’Essonne. Une tribune accueillera les jurés et le public sur la place Leon-Blum.

Le lendemain, 7 juillet, au stade Charletty, le jury remettra les huit prix pour le meilleur costume des groupes d’Ile de France, le meilleur costume des groupes invités, le meilleur char, le meilleur groupe à peaux, le meilleur groupe à caisses, le meilleur groupe d’outre-mer, le meilleur groupe invité et le meilleur groupe étranger.

FXG, à Paris

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:54

Lyannaj névé

Lyannaj-neve-cd.jpgQuand des Bretons tribaux rencontrent Akiyo et Gwo ka masters, ca donne un mariage du gwo ka et de la bombarde étonnant, un lyannaj inédit entre fest-noz et lewoz. Maks et Klod Kihavué, Fanswa Ladrezeau, Jean-Pierre et Dominik Coquerel et Eric Godard ont enregistré l’album Lyannaj Névé chez Aztec musique avec quatre Bretons du groupe Kejaj (mélange, en breton). Interview de Herve Le Lu, le barde breton qui est venu chercher Akiyo.

« Ces Bretons qui jouent avec Akiyo »

Herve-Le-Lu.jpgComment est née l’idée de ce métissage musical ?

J’ai voulu voir comment ça se passait ailleurs et comment chacun pouvait évoluer dans la tradition. Je me suis mis en quête de gens qui, comme moi, portent un message de musique de racines. Je suis parti en Guadeloupe pour voir ça. Je n’avais entendu parler que du zouk et de la biguine et, au cours de ce premier voyage, j’ai découvert la musique gwoka dans un lewoz avec des anciens. C’est ça que je cherchais… J’en ai parlé à Eric Basset d’Aztec qui m’a orienté sur Akiyo. Je les ai fait venir au festival de Kleg dans les Côtes d’Armor. On s’est mis face à face et on a croisé nos expériences sur nos musiques de racines.

A quoi ressemble l’orchestre ?

D’un côté, il y a notre groupe musical qui fait de l’harmonisation, avec une basse, un sistre, un accordéon et une bombarde. Ça authentifie notre musique ! De l’autre côté, on a un groupe rythmique avec du ka et de la voix. La passerelle est facile… La bombarde envoie une sorte de percussion cyclique qui se marie bien avec le gwoka. Ce n’est pas forcément évident, mais ca nous a paru naturel.

Comment les musiciens d’Akiyo ont-ils vécu la rencontre ?

Ils ont d’abord été très surpris que des Blancs aient une musique aussi tribale… Et ils ont vu des milliers de personnes qui dansaient devant eux alors qu’ils n’imaginaient pas cela possible… Notre transe, notre danse répétitive… Le courant humain est passé. Notre musique est proche de la terre et de nos racines et nous avons un discours de l’héritage commun car nous sommes des maillons de la chaîne de nos propres cultures. Un premier album Lyannaj est sorti en 1998 et, le second, Lyannaj névé, vient de sortir.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de ce « nouveau lyannaj » ?

On a échangé nos répertoires pendant une dizaine de jours en Bretagne, on a cherché des passerelles, ils ont posé des paroles sur des harmonies bretonnes… On a ouvert des pistes sur un vingtaine de morceaux et on en a gardé neuf pour faire l’album. Un mois après, on est allé en Guadeloupe pour faire des prises de son… Retour en Bretagne et on a retravaillé dessus. Ils sont revenus une dernière fois pour faire des raccords et voilà ! Maintenant, il y a comme une marque avec « ces Bretons qui jouent avec Akiyo » !

Comment faites-vous vivre ce mariage ?

On va se retrouver pendant les grandes vacances pour une série de concerts en Bretagne, notamment au festival du Bout du monde à Crozon début août. En Guadeloupe, on étudie la possibilité d’aller au festival Terre de Blues en 2014 et des dates se dessinent au mois de novembre…

Comment les publics bretons et guadeloupéens réagissent-ils ?

C’est pareil parce que les deux sont étonnés que les musiques se mélangent si bien. Chez les Guadeloupéens, il y a une vraie fierté… La première fois qu’on a joué sur la place de la Victoire, les gens sont venus nous remercier en nous disant : « Vous nous rendez notre fierté parce que cette musique, c’est une musique de ploucs et là, avec ce même côté péjoratif que vous portez avec votre musique, on arrive à une musique contemporaine complètement moderne ! » Notre façon d’harmoniser de la musique bretonne colle avec la musique gwoka qui a un côté plus revendicatif. Ça plait aussi beaucoup en Bretagne !

Ainsi est née une amitié musicale…Lyannaj-Neve-int-cd.jpg

Complètement ! Chaque fois qu’on se voit, il y a un truc humain qui fonctionne et on a été les premiers surpris de notre expérience. On a été les professeurs Tournesol dans cette affaire ! Il y avait un côté éprouvette dans cette musique.

Propos recueillis par FXG, à Paris

http://youtu.be/Nkft5vVblU0 | Extrait : youtu.be/n_KGk_GJEt4

Lyannaj Névé sera au Festival du Bout du monde, Crozon (29), le 4 août;

Au festival du chant de marins à PAIMPOL (22) le 10 août;

Et au festival Soleil en fête à BENODET (29) le 15 août.

 

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:48

Daniel-Dalin.jpgLe Collectifdom a adressé une citation directe à comparaître à Jean-Sébastien Vialatte, député UMP du Var, auteur du tweet : « Les casseurs sont sûrement des descendants d'esclaves, ils ont des excuses #Taubira va leur donner une compensation ! » Interview de Daniel Dalin, president du Collectifdom

« Les descendants d’esclaves, c’est nous les Antillais, Guyanais, Réunionnais »

Mercredi, le député Vialatte et le président de la Fondation du mémorial pour la traite des Noirs, Karfa Sira Diallo, ont signé un protocole par lequel l'élu s'engage à « dénoncer des déclarations racisantes qui attaquent l'unité nationale (…) Organiser une exposition et un colloque le 5 octobre sur la mémoire de l'esclavage dans sa commune, et initier un festival culturel annuel sur l'esclavage chaque 27 avril ». Vous en satisfaites-vous ?

Ça me laisse un goût amer. J’ai rencontré Karfa Diallo pour lui dire qu’il fallait permettre des conditions de jurisprudence pour faire condamner des gens qui tiennent de tels propos et j’ai vite compris que ma proposition n’allait pas dans son sens. Mais les descendants d’esclaves, c’est nous, les Antillais, Guyanais, Réunionnais. Karfa Diallo, en acceptant le marché de Vialatte, ne fait que perpétrer le fameux crime de vendre encore une fois la mémoire de nos aïeux contre une stèle, des colloques et des machins… Avant, c’était de la verroterie ! Comme si la municipalité de Six-Fours allait se sentir concernée ad vitam aeternam par ce genre de choses.

La Fondation du mémorial pour la traite des Noirs a retiré sa plainte. Que faites-vous avec votre citation directe ? Est-ce toujours d’actualité le 2 septembre prochain devant la 17e chambre correctionnelle de Paris ?

Plus que jamais ! Heureusement que le Collectifdom n’est pas une association girouette. Nous pensons qu’il faut condamner de manière pénale ces comportements. Si Vialatte s’est dépêché de signer un protocole, c’est parce qu’il sait très bien qu’il est allé trop loin et que, devant la justice, il se fera condamner. A-t-on le droit de dire que les descendants d’esclaves étaient les casseurs du Trocadéro ? On a été vendus une deuxième fois par ceux dont les aïeux nous ont déjà vendus, il y a quelques siècles ?

Il y a quelques mois, vous avez porté plainte contre l’humoriste Nicolas Bedos pour des propos publiés dans Marianne que vous avez estimés racistes. Qu’en est-il ?

Un juge d’instruction a été nommé et la plainte suit son cours… J’ai bien recu de temps à autres quelques appels pour me dire qu’on ne peut pas tuer l’humour… Je répète, comme dans l’affaire Vialatte, qu’il faut créer les conditions de jurisprudence pour que les racistes soient condamnés.

Le CRAN a organisé la pose de la première d’un musée de l’esclavage et de la colonisation au Trocadéro, la veille de l’anniversaire de la naissance de Césaire. Pourquoi ne pas vous être associés au CRAN qui mène souvent les mêmes combats que le Collectifdom ?

Le CRAN est spécialiste des rideaux de fumée. Le CRAN a déposé une plainte contre la Caisse des dépôts pour sa participation à la ruine d’Haïti. Tout le monde sait bien que cette plainte n’a aucune chance d’aboutir. Meme s’il y a des combats communs que nous aurions pu mener ensemble, une association qui est basée sur la couleur de peau n’est là que pour racialiser la population française. Au moment où l’on parle de supprimer le mot race de la Constitution, les associations noires de France, ca ne peut pas coller avec les conceptions du Collectifdom.

Le Collectifdom défend les intérêts des Domiens dans l’Hexagone, on peut tout aussi bien le taxer lui aussi de communautarisme…

Non, parce que dans notre association, il y a des Antillais qui sont blancs, qui sont métis…

Ça peut etre vu comme un communautarisme antillais…

Pourquoi pas, il y a bien un communautarisme juif. Faut pas avoir honte de le dire : oui, pourquoi pas, ca ne pose aucun souci.

Le Collectifdom a été marqué par son  premier président, Patrick Karam pour qui le président Sarkozy a créé la délégation interministérielle à l’Egalité des chances des Français d’Outre-mer…

Qu’on soit de droite ou de gauche, à partir du moment où l’on travaille pour l’Outre-mer, le Collectifdom ne peut y rester insensible. Patrick Karam, devenu délégué, n’a eu de cesse de travailler pour les ultramarins, mais c’est vrai aussi en contrepartie que les actions qu’aurait pu mener le collectif, l’ont été par le délégué. Donc nous étions un peu en retrait.

Il a eu pour successeur Claudy Siar et maintenant Sophie Elizéon. Quel regard portez-vous sur leur action ?

Claudy Siar, ça a été un autre tempo et il est passe. Sophie Elizéon, c’est aussi une autre manière de travailler. Elle fait plus œuvre de fonctionnaire et je ne crois pas qu’en cas de coup dur, on puisse compter sur elle. Je n’ai pas l’impression que la délégation interministérielle puisse servir de bouclier. Je suis déçu par ces premiers mois et j’attends l’heure du bilan.

Militant actif du PS pendant la campagne présidentielle, vous avez été exclu du PS, le 12 avril dernier, pourquoi ?

A Saint-Denis (93), le Parti socialiste n’a pas respecté ses propres statuts pour permettre l’élection d’un député. Nous l’avons contesté, dénoncé et les instances régulatrices du PS n’en ont jamais tenu compte. Comme il y a les élections municipales qui se profilent, c’est tellement plus simple de nous virer du PS ! J’ai pris acte et je suis fier de dire que nous avons créé un espace de parole pour tous ceux qui ont été exclus du PS et qui ne souhaitent pas renforcer les rangs du Front de gauche, ni encore moins ne sont attirés par le Front national. Nous avons créé un parti politique, le Parti socialiste de gauche. Pour le moment, il vivote parce que nous n’avons pas de moyens financiers, mais je suis persuadé d’etre dans le bon chemin. Ceux-là même qui m’ont exclu reviendront vers nous, tout simplement.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:23

Aimé Césaire prend la place d’un communiste

Un quai à Paris, une place à Montreuil et une soirée à l’Assemblée nationale ont été les temps forts de la célébration du centenaire d’Aimé Césaire dans la capitale.

acteurs-et-parlementaires_9272-1.jpgLe seul hommage national public à caractère républicain, rendu à Aimé Césaire à Paris, a été le fait de l’Assemblée nationale et de son président Claude Bartolone, mardi 25 juin, à l’hôtel de Lassay. La veille, déjà, à l’initiative de Serge Letchimy, les députés ont voté une résolution en hommage à Aimé Césaire. Jean-Pierre Bel, le président du Sénat s’est contenté d’un communique et de l’annonce d’une journée de réflexion en automne sur la pensée de Césaire, à l’image de celle qu’organisera aussi le Palais-Bourbon.

spectacle_9259.jpgMardi soir, sous les lambris de la galerie de la présidence de l’Assemblée, Christophe Césaire au piano, Jean-Emmanuel Fatna au ka, Mariann Mathéus et Patrick Karle à la voix ont offert une interprétation du Discours contre le colonialisme, mis en scène par Jean-Paul Césaire (absent pour raison de santé) devant un parterre de personnalités du Paris d’Outre-mer. Au premier rang, autour de MM. Lurel et Letchimy, les sénateurs Larcher et Patient, les députés Fruteau, Vlody et Lebreton de la Réunion, et les eurodéputés Younous Omarjee et Patrice Tirolien. Jean-emmanuel-Fatna-et-parlementaires_9173.jpgComme signalé la veille par le député du Mouvement indépendantiste martiniquais, Jean-Philippe Nilor, ni lui, ni Alfred Marie-Jeanne n’étaient présents. Eparpillés dans la salle, où avaient aussi pris place des militants du PPM, se trouvaient le staff de la FEDOM, les conseillers outre-mer de l’ancienne équipe au pouvoir, Olivier Magnaval et Benoît Lombrière, la maire adjointe UMP du 6e arrondissement, la Guyanaise Marie-Thérèse Lacombe, spectacle_9249.jpgla déléguée interministérielle à l’Egalité des chances des Français des Outre-mer, Sophie Elizéon, la déléguée Outre-mer de la Ville de Paris, Danielle Apocale, le conseiller économique, social et environnemental guadeloupéen, Eustase Janky, la présidente réunionnaise du réseau des Talents de l’Outre-mer, Yola Minatchy, le vice-président de des Jeunes étudiants guadeloupéens, Edwin Laupen, la journaliste Marijosée Alie, la présidente du CNPMHE, Myriam Cottias, l’écrivain Claude Ribbe ou encore le patron du prix Fetkann’, José Pentoscrope. L’affaire s’est terminée par une salve d’applaudissements et un cocktail dînatoire entre happy few sur les pelouses de l’hôtel de Lassay.

Taubira à Montreuil

Taubira-arrivee-Montreuil.jpgLe 26 juin, apres le discret hommage du président de la République au Panthéon où il s’est incliné devant la plaque au nom d’Aimé Césaire, la ville de Paris a inauguré, tout près de la passerelle Leopold-Sedar-Senghor, le quai Aimé-Césaire, le long du jardin des Tuileries en bord de Seine. Personne ne pourra toutefois se prétendre de cette adresse postale, ce quai est partie prenante des voies sur berge…

Place-Cesaire-Montreuil.jpgEnfin, mercredi soir, à Montreuil, Christiane Taubira est venue accompagner le maire de cette commune du 93, Dominique Voynet, à laquelle elle venait de remettre le ruban rouge, pour inaugurer la place Aimé-Césaire. A deux pas de l’hôtel de ville, la place Benoit-Frachon (1893-1975), du nom d’un célèbre dirigeant du PCF et de la CGT, était débaptisée pour prendre le nom de place Aimé-Césaire. C’était sans doute, de tous ces hommages, le plus vivant rendu au père de la négritude. D’abord, parce que cette place s’inscrit au cœur de la ville et de ses habitants : un immense ruban bleu peint au sol déroule les phrases incisives du Discours contre le colonialisme entre la place Césaire et celle de la mairie. Mais encore parce que cette substitution de noms donne un prolongement savoureux dans le temps à la fameuse lettre à Thorez de 1953 par laquelle Césaire rompait avec le PCF… Soixante ans après, à Montreuil, Césaire lui a pris sa place !

FXG, à ParisDiscours-contre-le-colonialisme-Rue-Lumiere.jpg


Trois questions à Claude Bartolone, president de l’Assemblée nationale

claude-bartelone_9133.jpg« Césaire défricheur d’avenir sur les valeurs qu’il faut respecter »

Votre assemblée honore un membre à la longévité exceptionnelle…

La meilleure manière de rendre hommage à Aimé Césaire, c’est de partir de ses textes, ses discours, ses écrits. Et c’est en entendant sa prose que l’on comprend qu’il est d’une grande actualité. C’est pour ça qu’au mois de septembre, nous réunirons des intellectuels à l’Assemblée nationale pour montrer le côté très présent encore de toute son œuvre. Le texte choisi pour cet hommage, Discours sur le colonialisme, est un symbole fort pour ne jamais oublier. Ce message peut trouver aujourd’hui de nouvelles traductions avec le retour de discours racistes, d’exclusion. Il y a chez Césaire le poète, le politique, le Martiniquais, mais il y a surtout le défricheur d’avenir sur les valeurs qu’il faut respecter.

Quels sont le sens et la portée de la résolution adoptée par les députés lundi dernier ?

Il s’agit de montrer que par son œuvre, il est toujours vivant et qu’il n’est pas simplement rentré dans l’histoire pour qu’on l’y enferme. Il est présent dans les réflexions qui peuvent être celles de l’Assemblée et des parlementaires pour utiliser son message, peaufiner la pensée et l’avenir.

Comment se fait-il que vous n’ayez pas marqué la place où il a siégé avec une plaque à son nom comme il en existe déjà ?

La tradition arrêtée par le bureau de l’Assemblée nationale veut que ce soient les députés morts pour la France ou ceux qui sont devenus Premier ministre ou président de la République qui ont droit à une plaque au sein de l’hémicycle. On m’a posé la question en évoquant le souvenir d’Aime Césaire après le discours de Serge Letchimy, lundi, et je me suis promis de poser la question au bureau pour voir s’il ne pouvait pas y avoir quelques exceptions.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Photos RDG

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:04

Franck Danican fait des nœuds dans la haute couture new-yorkaise

Franck-Danican-2.jpgCe Mornalien d’une quarantaine d’années, marqué dans son enfance par le quimbois, vit à New-York une carrière de créateur renommé.

« Ce n’est pas parce que ta propre tante attache une photo de toi dans un torchon avec sept nœuds qu’elle enferme dans un placard, que la vie s’arrête. Kreyon bon Die pani gom ! » Celui qui dit ça est, depuis plus de dix ans, un créateur renommé dans la haute-couture à New-York. C’est Franck Danican, natif de Grippon, à la maison même, près du cimetière, « le plus beau du monde, selon les touristes », s’amuse-t-il à dire. De Morne-à-l’Eau, il retient d’abord sa grand-mère, Clotaire Rémilien, « une centenaire qui s’attache toujours la tête avec un foulard en coton madras », puis « la ville fleurie, l’éducation sévère, l’école et le dimanche, la messe. Croyant avant tout ! ». Du college Richeval, il a gardé en memoire une professeur : « Elle faisait trembler les murs avec son allure, ses talons de 18 cm et son parfum qui embaumait tout le college et qui aurait pu réveiller un mort ! L’élégance, de la tete aux pieds. » Sa mère, Marie-Ena, aimait « les belles choses » et avait une Singer… Elle avait aussi une sœur, section Salette. « Elle avait proposé à ma mère de me donner une langue de mouton à manger. C’est grave ! Les tantes donnent un jouet, une glace, un gâteau à un neveu… » Cette tante était mariée à un homme qui mettait des cadenas dans les gueules de crapauds, c’est elle qui mélangeait les photos, les noeuds et les torchons… Dont celle de Franck. Il saura s’en souvenir plus tard quand il gagnera le concours « le style Dior » avec une robe portant sept noeuds. « La mode, c’est le talent, pas les bougies et les poupées ! », clame-t-il.

Franck-Danican.jpgAprès le lycée au Lamentin, il part à 18 ans à Lyon où il obtient un BTS de styliste. Et tandis que son frère Hugues s’attaque au tour cycliste de la Guadeloupe, il se forme à la maison Dior. Il continue cinq ans durant avec la chambre syndicale de la haute-couture de Paris jusqu’au départ pour New-York. « Ma tante, avec ses nœuds, pensait m’attacher à la Guadeloupe comme ses cinq enfants. Mais Dieu a dit : ce sera New-York. Ça a été New-York ! »  Il s’inscrit au Fashion institute of technologie, le FIT, une des écoles de mode les plus en vogue de Big apple. «  Je suis arrivé juste avant le 11 septembre… Big problem… »

Après sa « NY photo fashion accessories » en septembre dernier, où il exposait des bijoux tout en nœuds, Franck Danican prépare son « fashion show surprise ». Sa première collection homme au Showroom de New York. « Très sexy ! C’est un hommage aux Noirs qui se sont battus pour montrer que les Noirs ne sont pas qu’esclaves. » Il a dégoté lors d’un casting deux Guadeloupéens pour porter ses modèles et il promet une musique de Joëlle Ursull. Il se dit artiste, « fashion rebel ». Sa patte ? « Toujours un nœud ! Et une touche d originalité… J’aime bien une pièce de cuir dans les vêtements, les mélanges de tissus unis… » Ses clients sont des stars, des peoples de la télévision. Il est dans la presse new-yorkaise, Seek me, Relapse, Elle, Modelixir…

couv-Modelixir.jpgAu FIT, il a rencontré André-Léon Taylor de Vogue Bazar qui lui a présenté Janet Jackson. C’était il y a dix ans, à Miami, à l’occasion du défilé qu’il donnait au Nikki beach. Il a aussi rencontré Leny Krawitz… Son défilé rendait hommage à Joséphine Baker. « Je lui tire mon chapeau parce qu’avec rien que trois ou quatre bananes autour de la taille, elle est entrée dans l’histoire. » Le défilé suivant, celui qui devait consacrer son talent, s’appelait : « Les sept nœuds de foulards »… Il n’a qu’une seule explication pour un tel succès : «  La curiosité est un talent caché. »

FXG, à Paris

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:00

Uprising Gallery fait vivre dans l’Hexagone l’art venu des Caraïbes

Sarah-Alonso-gomez-droite-El-malecon-Camejo.jpgUprising Gallery est un portail d’artistes qui s’inscrivent dans le marché mondial contemporain, mais dont tous ont en commun d’être issus de la grande Caraïbe. Claire Richer, sa créatrice est une Martiniquaise qui veut démontrer que de ce côté-ci du globe, on n’a rien à envier au reste du monde. La semaine dernière, elle a réquisitionné le cabinet Alezan dont l’une des associés est aussi martiniquaise, Annick Lecomte, de la famille Lorne de Sainte-Marie, pour sortir des œuvres de leur virtualité (et des réserves) et les exposer à Paris. Sarah-Alomso-Gomez-gauche-El-malecon-Camejo.jpgAvec pour commissaire d’exposition, la Cubaine Sara Alonso Gomez, elles proposent des œuvres d’artistes de Saint-Domingue, Cuba et la Martinique sous l’appellation : « Imaginaires caribéens ». « Ils représentent plusieurs générations qui sont en liens très forts avec leur pays et qui portent un discours universel compréhensible dans l’Hexagone ». La jeune commissaire, formée aux arts à Cuba, a choisi neuf artistes dont le plus vieux est né en 1944 et le plus jeune, en 1977.

Parmi les personnalités invitées à l’occasion du vernissage, le 20 juin dernier, se trouvaient notamment Charles Apanon, directeur de l’IEDOM en Guadeloupe, ou encore l’avocat Olivier Magnaval, ancien conseiller Outre-mer de François Fillon à Matignon, puis directeur de cabinet de Marie-Luce Penchard au ministère de l’Outre-mer. La prochaine exposition d’Uprising gallery aura lieu le 19 septembre au CNIT à la Défense (92). Ce sera Art o’clock.

FXG, à Paris

www.uprising-art.com

http://blog.uprising-art.com

http://shop.uprising-art.com


Les artistes

Luz-Severino.jpgLuz Severino (Saint-Domingue, 1962) cherche à s’approcher de l’humain, mais de manière abstraite. « Elle ne fait pas de portrait, explique Sara Alonso Gomez, elle essaie plutôt de créer une distanciation entre elle et les groupes de personnes qu’elle represente, tout en essayant de sortir de son propre atelier. » Cette artiste cubaine vit d’ailleurs en Martinique. Son huile sur toile, Con pasos firmes (137x102 cm, 4 500 €) figure une manifestation peut-être saisie en 2009 en Guadeloupe, Guyane ou Martinique... Mais c’est totalement abstrait.

Visage-niels-Reyes.jpgNiels Reyes (Cuba, 1977) est l’un des grands artistes émergents de son pays qui a gagné une légitimité à l’international. Il se démarque de la génération précédente d’artistes qui ont essayé de faire face au contexte géopolitique cubain. Reyes aime les portraits. Tel ce Sans titre, huile sur toile (100x80 cm, 3 000 €). Il sait donner une grande énergie aux visages de personnes androgynes, métissées, sans âge… Des figures composites comme la population caribéenne et des traits d’une grande pureté avec beaucoup de lumière. « Il revendique l’héritage du formalisme abstrait », précise Mme Alonso-Gomez.

Elvis-Aviles.jpgElvis Aviles (Saint-Domingue, 1965) fait de tres belles gravures, mais c’est une huile sur toile qu’expose Uprising (sans titre, 174x123 cm, 8 000 €). C’est une émergence de terre… L’œuvre est baroque, chargée de traditions, de rites religieux, de culture vaudoue, de racines identitaires. « Il y a plusieurs codes à déchiffrer pour lire cette oeuvre… »

Album-soleil-H-Guedon.jpgHenri Guédon (Martinique, 1944-2006) a quatre lithographies rassemblées sous le titre Album soleil (70x80 cm, 2 400 € l'ensemble), une piece unique. Cet homme de talent est arrivé à Paris avec son passé de musicien, son histoire, son identité. Son art a intégré le contexte parisien à sa culture pour créer de l’insolite et du singulier. Les formes et les couleurs de son travail renvoient à la Caraïbe avec la danse, le soleil, les coqs... « Tout en faisant cohabiter les repères, il reste résistant àl’occident qui s’est imposé à lui lorsqu'il est arrivé à Paris », analyse Mme Alonso-Gomez.


Pasteque-Montoto.jpgArturo Montoto (Cuba, 1953) peint des nature mortes à l’aquarelle sur papier. Sindia 2010 (61x82 cm 3 500 €) est une tranche de pastèque (une autre represente une noix de coco) sans aucun contexte. « Ses figures deviennent des personnages avec leur caractère », explique la commissaire.

Luis Enrique Camejo (Cuba, 1971) s’intéresse à la ville, « une ville qui ne s’arrête pas, toujours en mouvement ». El malecon (200x180 cm, 22 000 €), huile sur toile en noir et blanc, montre cette fluidité du monde contemporain alors qu’il s’efforce de rester en lien avec les angoisses de l’homme contemporain.

El-anden-Bejarano-detail.jpgAugustin Bejarano (Cuba, 1964) travaille sur l’idée de la solitude de l’homme. El anden, une huile sur toile  (209x155 cm, 28 000 €), represente un paysan, seul, au bout d’un très long quai, une barque à ses pieds et une terre hors champ. « C’est une métaphore de Cuba avec sa situation politique, son embargo… »

Jorge Luis Santos (Cuba, 1973) expose une œuvre de sa série ADN 2012 (technique mixte sur caisson lumineux, 102x127 cm, 5 500 €). On dirait le palimpseste d’un cahier personnel dont les pages sont collées. Ça fourmille de symboles, de formules mathématiques, de traces de doigts, de traînées de café. C’est un cahier dévoré en son centre par un ouragan…

Ibrahim Miranda (Cuba, 1969) expose une peinture sur papier sans titre (25x200 cm, 2 500 €). Cet artiste a été marque par l’ouverture de Cuba au tourisme, par l’arrivée des premiers dollars… « Il parchemine des feuilles qu’il colle, roule, déroule. C’est la géographie rêvée de l’artiste. » Il utilise pour la représenter le bol de soupe des grandes Antilles, le chaudron à sucre des Petites… « C’est aussi un graveur d’où les images multiples, récurrentes… »Miranda.jpg

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 07:29

Le CRAN pose la première pierre du musée de l'esclavage et de la colonisation

CRAN_9098.jpg« Vous aussi, avec Césaire, apportez votre pierre à l'édifice ! » C’est par cette phrase que les militants du Conseil représentatif des associations noires de France invitaient, mardi en milieu d’après-midi, les passants sur le parvis des droits de l’Homme au Trocadéro (Paris). Louis Georges Tin et Samuel Guy Nioumsi, président et vice-président du CRAN avaient revêtu une chasuble de chantier, fluo, et, truelle en main, proposaient à qui le voulait de venir sceller un parpaing. Manu Dibango était annoncé comme un des bâtisseurs du « premier mur du musée de l'esclavage et de la colonisation ». Si l'année 2013 a été décrétée année Césaire par l'UNESCO au niveau international, le CRAN estime que « le gouvernement français n'a quasiment rien fait pour honorer la mémoire du grand homme ».
Ce musée était une des préconisations du rapport d’Edouard Glissant aprés la mission que lui avait confiée le président Chirac en 2006… Le 10 mai dernier, le président de la République invoquait par rapport à l’esclavage, « l'impossible réparation », en  citant Aimé Césaire. C’est parce qu’il estime que « impossible » n'est pas français, que le CRAN a décidé de mettre dans le débat public « la nécessaire construction du musée de l'esclavage et de la colonisation, contribuant ainsi à la réparation qu'il appelle de ses vœux ».

Le CRAN voulait monter ce premier mur sur le marbre du parvis des droits de l’Homme et « inviter le gouvernement à prendre le relais, et mettre François Hollande au pied du mur ». Au dernier moment, malgré un préaccord du ministère de la Culture et de la préfecture de Police, un de ses agents est venu, accompagné du conservateur du musée de la Marine voisin, signifier aux militants du CRAN qu’ils devraient poser leurs parpaings et leur béton sur le plateau de leur camion garé le long du trottoir. « Quel plus beau cadeau pour Césaire et pour le pays des droits de l'Homme » le CRAN ne pensait-il pas faire avec ce musée… Ce sera donc un musée itinérant.

FXG, à Paris

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 07:26

Les Ultramarins et les municipales à Paris

Les candidates du PS et de l’UMP à la mairie de Paris, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet, organisaient au même moment, mercredi, deux réunions électorales distinctes avec les associations de Français d’outre-mer. D’un côté, la nouvelle organisation de José Vatin et Nicole Bristol, Force Outre-mer pour la République, parrainée par Valérie Pécresse. FOR a demandé à Samia Badat, secrétaire nationale aux nouvelles solidarités, d’être là pour accueillir la candidate investie par l’UMP. La secrétaire nationale en charge des associations, Nathalie Fanfant ne pouvait etre présente, mais elle assure qu’elle joue son rôle de relais entre l’association et la direction du Parti. La situation de challenger a droite cree un certain engouement.

Côté PS, la machine militante de l’Est parisien, au service de George Pau-Langevin depuis 2007, est opérationnelle. L’association Total Respect de David Auerbach-Chifrin qui revendique 14 organisations et 2 115 adhérents annonce clairement qu’elle n’ira pas écouter la candidate d’un parti « qui ne cesse d’insulter ou de stigmatiser tantôt les Français descendants d’esclaves, tantôt les personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi et trans) », et soutiendra la première adjointe de Bertrand Delanoë. Du côté des soutiens, on devrait retrouver aussi Firmine Richard, conseillère de Paris, même si l’on ne sait pas encore si elle a décidé de se représenter dans le 19e arrondissement. L’ancien délégué outre-mer de la ville de Paris, Jean-Claude Cadenet dont le mandat s’était achevé fin 2012, devrait afficher aussi son soutien. Il vient d’être nommé directeur général de LADOM en remplacement de François-Xavier Bieuville, un ancien des cabinets d’Estrosi et Jégo à l’Outre-mer.

Angèle Louviers, militante du PS dans le 16e arrondissement, qui avait été la coordinatrice de la campagne de Hollande pour les Ultramarins, échaudée du peu de cas qu’on a fait d’elle après la victoire, pourrait bien s’abstenir de faire campagne à Paris où elle réside pourtant. Quant au Collectifdom, pas sûr qu’il se mobilise non plus pour Anne Hidalgo comme il l’a fait en 2012 pour François Hollande. Son president, Daniel Dalin, a été exclu du PS le 12 avril dernier… Il a depuis transformé une association nommée Le Parti socialiste de gauche en parti politique... Mais plus que vers Paris, Daniel Dalin regarde vers la Seine Saint-Denis où vivent des dizaines de milliers d’Antillais et règne la fédération locale du PS qui l’a exclu. Le véritable enjeu de tout cela, c’est la place des Ultramarins sur les listes candidates.

FXG, à Paris

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 08:05

Jean-Marc-Ayrault.jpgITV Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

Le Premier ministre arrive ce 26 juin en Martinique pour assister aux cérémonies du centenaire d’Aimé Césaire à Fort-de-France. Après une visite sur une exploitation agricole et une prise de parole devant les milieux économiques où il devrait éclairer les choix du gouvernement sur le financement de l’économie, il sera en Guadeloupe les 27 et 28 pour parler sécurité et emploi.

Cette interview paraît ce 26 juin dans les éditions Guadeloupe et Martinique du quotidien France-Antilles.

 « Le soutien aux économies ultramarines repose aussi sur l’avenir de la défiscalisation »

- Quel sens donnez-vous à votre présence aux cérémonies du centenaire d'Aime Césaire ?
Si j’ai choisi la date du 26 juin 2013 pour mon premier déplacement aux Antilles depuis ma nomination à Matignon, c’est d’abord pour célébrer avec tous les Antillais le 100ème anniversaire de la naissance d’Aimé Césaire. Je souhaite célébrer le poète, mais aussi l’universalité de l’héritage culturel, littéraire et politique de celui dont l’action traversa, aux Antilles, en France et dans le monde, l’histoire tumultueuse du XXème siècle. Cet héritage, c’est celui de la République. La République qui permet à ses fils d’accéder aux études les plus brillantes. Celle qui donne à l’artiste, au poète, à l’écrivain, une place exceptionnelle dans la société. Celle qui permet à l’homme de culture que fut Aimé Césaire de participer, pendant plus d’un demi-siècle, à la vie de la Cité. Le message de Césaire, qui lie la liberté et l’égalité au respect de l’identité, est universel. Il s’adresse bien sûr aux Antilles, à la France dans son ensemble, mais aussi au monde. C’est cela que je veux honorer avec les habitants de Martinique et de Guadeloupe.

-Les milieux agricoles ont une préoccupation majeure avec la réforme du POSEI et la future loi de modernisation agricole. La filière de la diversification a besoin de fonds POSEI,  celles des grandes cultures d'exportation, canne et banane, tiennent à conserver les leurs... Stéphane Le Foll a évoqué une évolution. Quel est votre point de vue ?
- Grâce à son dispositif d’aides, le POSEI a apporté un soutien déterminant à l’agriculture d’outre-mer. Le futur programme permettra de poursuivre le développement de l’agriculture de diversification et de consolider les deux filières- banane et canne à sucre-rhum  -pourvoyeuses d’emplois et d’exportations. Une réforme radicale des mesures du POSEI n’est donc  pas pertinente. Mais, comme l’a annoncé Stéphane Le Foll, l’un des enjeux pour les années à venir, c’est qu’un plus grand nombre d’exploitants s’oriente vers les productions de diversification dans le secteur animal et végétal. Il faut aussi accroître la transformation des produits sur place et leur consommation sur les marchés locaux. Dans le cadre de la loi d’avenir pour l’agriculture, l’agroalimentaire et la forêt en cours de préparation, l’agriculture ultramarine devra s’inscrire dans le projet agro-écologique. C’est particulièrement adapté à des territoires fragiles, exigus et isolés. Les agricultures d’outre-mer peuvent associer performance économique et environnementale.

- Votre priorité, c'est l'emploi. Ici, le chômage frise les 30 % et les 60 % chez les jeunes... L'action du gouvernement vers les Outre-mer est-elle suffisante ?
- L’emploi est la priorité de mon gouvernement, sur tout le territoire et en particulier aux Antilles. J’en fais un sujet majeur de mon déplacement, grâce aux échanges que j’aurai avec les acteurs économiques. La progression du chômage en Guadeloupe est de 4,6% en 2012, ce qui est moins que la progression sur la France entière et moins fort qu'en 2011. Le chômage en Martinique est de 21% au 2ème trimestre 2012, soit un niveau équivalent à 2011. Le gouvernement a mis en place des mesures fortes, à la fois pour répondre à l’urgence et pour préparer l’avenir. Le Crédit d’impôt pour la croissance et l’emploi (CICE) aide les entreprises et les encourage à créer des emplois. La bataille majeure c’est l’emploi des jeunes. Les emplois d’avenir apportent une vraie solution : ils ont démarré ici, mais je veux, par mon déplacement, mobiliser davantage tous les employeurs. Je signerai d’ailleurs les premiers contrats de génération aux Antilles.

- Dans son rapport sur les RUP et l'Europe, Serge Letchimy a proposé un POSEI tourisme, et même un POSEI multi-filière. Est-ce possible ?
Le règlement POSEI qui existe dans le domaine agricole apporte des solutions indispensables pour compenser les handicaps des économies insulaires. Le rapport propose de s'en inspirer dans le domaine du  tourisme, qui est une activité essentielle des DOM. C'est une piste qu’il faut examiner. Il n’y aura pas de nouvelle base juridique, mais nous pouvons compléter les financements prévus par le FEDER par des mesures spécifiques pour compenser les handicaps dont souffre ce secteur par rapport à  la concurrence régionale de pays à très faibles coûts de main-d’œuvre. L’objectif doit être, non pas une concurrence sur les prix pour des produits d’entrée de gamme avec ces pays,  mais d’améliorer le rapport qualité-prix de l’offre touristique de milieu et de haut de gamme des outre-mer. 

- Vous arrivez en Guadeloupe alors qu'elle vit un regain de violences dramatiques. La ZSP de Pointe-à-Pitre n'en a pour l'instant que le nom. Il faut des fonctionnaires de police et des gendarmes supplémentaires, le permettrez-vous ?
La situation que connait la Guadeloupe en termes de délinquance et de violence nécessite une double réponse. Tout d’abord, une remise à niveau et un renforcement des effectifs actuels de policiers et de gendarmes. Le ministère de l’intérieur fait partie des rares ministères à bénéficier de recrutements supplémentaires (500 policiers/gendarmes par an supplémentaires) et d’un remplacement nombre pour nombre des départs à la retraite. C’est un engagement du président de la République que je mets en œuvre depuis mon arrivée à Matignon y compris dans les outre-mer. Il faut savoir que depuis, 2008, 10000 postes de policiers et gendarmes ont été supprimés par le Gouvernement précédent et 3415 l’auraient été cette année sans la décision que j’ai prise. Cette politique a encore aujourd’hui des conséquences dramatiques dans la lutte contre la délinquance car les policiers et gendarmes qui viennent d’être recrutés  sont en formation actuellement et donc non encore opérationnels. Les forces de sécurité de la Guadeloupe auront les moyens d’accomplir leur mission. Ensuite, la lutte contre la délinquance trouvera sa réponse dans une politique partenariale avec une implication de tous les acteurs –forces de l’ordre, acteurs économiques, sociaux, éducatifs et les élus - et par la mise en place d’une nouvelle méthode de travail avec la mise en place des ZSP. Mon Gouvernement est déterminé à lutter contre la délinquance et je sais que les policiers et gendarmes affectés en Guadeloupe y prennent une part active. Ils ont toute ma confiance.

- Que pouvez-vous nous dire aujourd'hui de la situation de Thierry Dol et des otages au Niger ?
- Thierry Dol fait partie de nos compatriotes qui ont été pris en otage à Arlit, en septembre 2010. Le sort de nos otages est une préoccupation de tous les instants du président de la République et de mon Gouvernement. La mobilisation pour obtenir leur libération est totale et nos efforts, pour être efficaces, doivent rester discrets. Alors que nos otages sont désormais retenus depuis plus de 1000 jours, l’angoisse des familles est bien compréhensible et nous veillons à maintenir avec elles un contact constant. J’adresse un message de solidarité à celle de Thierry Dol et je lui demande de ne pas perdre espoir. Les groupes terroristes qui menaçaient de s’emparer de la totalité du Mali en janvier dernier sont ceux qui retiennent nos compatriotes. La France n’avait donc pas d’autre choix que de répondre à l’appel à l’aide des autorités maliennes.

- Vous allez inaugurer l'université de Camp Jacob en Basse-Terre, mais laisserez-vous fermer l'hôpital sur l'ile de Marie-Galante ?
L'hôpital est indispensable à la prise en charge de la population de Marie Galante qui doit avoir accès à des soins de proximité sur l’ile. Il était confronté à des difficultés importantes pour garantir la qualité et la sécurité des soins des patients en chirurgie et des femmes enceintes. Un nouveau dispositif a donc été mis en place, en lien avec le CHU, pour garantir l’accueil et le suivi à Marie Galante mais en garantissant une prise en charge de qualité et en toute sécurité à Pointe-à-Pitre. Les moyens d’évacuation ont donc été renforcés et un accompagnement social (transport et hébergement) est mis en œuvre  pour les familles les plus modestes grâce à un financement exceptionnel de l’assurance maladie à travers son fonds national d’action sanitaire et social (FNASS). En outre, plusieurs activités nouvelles sont en cours de développement à Marie Galante avec une maison d’accueil spécialisé, un service d’hospitalisation à domicile, un centre de vaccination et un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

- Tout le monde attend votre arbitrage sur le soutien au financement de l'économie des outre-mer. Quelles sont les alternatives qui vous sont proposées ?
- La mise en place de la banque publique d’investissement (BPI) est très attendue, je le sais. Elle doit être l’occasion de répondre aux difficultés structurelles d’accès au crédit des entreprises ultramarines, mais aussi de  compléter la gamme des outils de financements et d’investissement à leur disposition. Il faut aussi qu’elle se traduise par un meilleur accompagnement des entrepreneurs dans leurs projets de développement. Elle aura également pour objectif de dynamiser le préfinancement du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).
Mais le soutien aux économies ultra-marines repose aussi sur l’avenir des dispositifs d’incitation fiscale à l’investissement, ce qu’on appelle la défiscalisation. Le président de la République et moi-même avons demandé au ministre des outre-mer, Victorin Lurel, de mener à bien, en concertation avec des représentants des outre-mer, élus et sociaux-professionnels, un travail d’évaluation et de propositions qui touche à sa fin. Les évolutions – sans aucun doute nécessaires – qui seront apportées aux dispositifs actuels visent à en améliorer l’efficacité. Elles ne se traduiront aucunement par un désengagement de l’Etat qui continuera d’apporter aux entreprises et aux organismes de logement social une aide au moins équivalente à celle dont elles bénéficient dans le cadre des dispositions en vigueur.

- Une liste des paradis fiscaux vient d'être publiée avec les voisins Antillais que sont la Dominique ou Trinidad. Est-il exact que cela remettrait en cause les interventions de l'AFD comme pour le projet de centrale géothermique à la Dominique qui devrait bénéficier a la Martinique et à la Guadeloupe ?
- Non, absolument pas. La liste que vous évoquez ne vise pas à sanctionner des gouvernements ou des populations mais à guider l’AFD dans le degré de transparence qu’elle doit exiger des montages financiers impliquant le secteur privé. S’agissant de la Dominique, l’AFD y est déjà partenaire du développement de la géothermie et entend le rester. L’instruction des projets se poursuit donc normalement, en lien avec toutes les parties prenantes dans la région.

- La question des carburants, de leur prix et de leurs marges, pose problème dans ces territoires. Les compagnies pétrolières grimacent. De quelle marge de manœuvre votre ministre des Outre-mer dispose-t-il réellement ?
- La question prioritaire est celle de la transparence. Dans ce secteur, les prix sont fixés par l’Etat, ce qui garantit un certain revenu aux opérateurs. Cette sécurité à une contrepartie : le contrôle des marges. Le nouveau décret, actuellement soumis à concertation, permettra de garantir la transparence pour tous les opérateurs. Une fois tous les chiffres connus, nous verrons bien de quelle marge de manœuvre nous disposons.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 11:58

L’Autorité de la concurrence met fin à l’oligopole du fret maritime

L’autorité de la Concurrence vient de casser sans violence les clauses d’exclusivité qui liaient les compagnies maritimes CMA-CGM, Maersk, Marfret et WEC Lines sur l’axe Europe-Antilles. Elle clôture ainsi une procédure contentieuse ouverte en 2009.

L'autorité a constaté un manque de concurrence dans le fret maritime entre l'Europe du nord et les Antilles. Sur cette ligne, 90% des échanges (hors carburants) sont assurés par les services de CMA-CGM qui a signé des contrats de location d'espace avec Maersk, Marfret et WEC Lines. Certaines clauses des contrats limitent l'intensité de la concurrence et la possibilité pour de nouveaux entrants d'animer le marché. Les clauses d’exclusivité en cause sont encore responsables selon l’Autorité, de prix supérieurs de 10 à 25 % à la moyenne des tarifs pratiqués par les compagnies opérant sur des routes similaires. Aux Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint Barthélemy, Saint-Martin), l'essentiel des produits consommés étant importés, les coûts liés au fret, qui peuvent représenter jusqu'à 15 % du prix de vente, sont donc répercutés dans la plupart des articles achetés par les ultramarins.

Les compagnies se sont donc engagées à supprimer toute clause d'exclusivité, à garantir que CMA-CGM attribue les capacités de location selon des règles définies a priori ; à autoriser les co-contractants de CMA-CGM à revendre à des tiers la capacité non utilisée…

L'Autorité a considéré que ces engagements permettaient de mettre fin à l'inertie du marché. Elle a rendu ces engagements obligatoires.

FXG, à Paris

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