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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 07:05

cestpasdujazz.jpgC’est pas du jazz

Qu’y a-t-il de commun entre Yann Cléry (Guyane), Eric Ildefonse (Martinique), Dominique Leblanc (Guadeloupe/Guyane), Fanfaraï (Algérie, Maroc, France), Chris Combette (Guyane/Martinique) ou Jowee Omicil (Haïti/Canada) ? Ils seront tous réunis à Montreuil, au marché de la Croix de Chavaux, du 6 au 8 juin pour « C’est pas du Jazz », le festival organisé par Bakfoul, l’association de Steeve Delblond. Une programmation hybride, teintée d’influences afro-caribéennes, arabo-andalouses et de musiques traditionnelles évolutives, véritable vitrine d’exposition des projets d’artistes à la musique trop souvent classée…inclassable ! D’où l’appellation de l’événement. Le parrain de cette manifestation est le bassiste martiniquais Michel Alibo. Interview


michel-alibo.jpgMichel Alibo, bassiste et parrain du festival C’est pas du jazz

« Le jazz, c’est la liberté »

Pourquoi parrain du festival et non pas à l’affiche ?

C’est mon côté rebelle… J’appartiens à un courant créatif et Steeve Delblond m’a trouvé à l’image de son concept. Quand on est parrain, on ne cherche pas spécialement à jouer ; on est en osmose totale avec les artistes à l’affiche. J’aurai pu jouer avec eux ; ils sont les artistes qui font l’actualité musicale de la Caraïbe entre autres. Je serai là avec mon instrument pas loin et s’il y a une jam session, je suis prêt, la basse entre les dents !

Pourquoi ce titre, C’est pas du jazz ?

C’est un pied de nez à la réponse récurrente qu’on lui fait quand Steeve Delblond propose ses artistes issus de la Caraïbe ou d’ailleurs à des organisateurs de spectacle de jazz : « C’est pas du jazz… » Lui pensait taper aux portes de l’esprit jazz et… non.

Est-ce à dire que la fusion jazz caraïbe n’est pas reconnue ?

C’est un petit point d’interrogation… Il y a des gens qui font des choses qui surprennent, qui interpellent et le but, c’est de dire que ces musiques ne sont pas cataloguées. Pour nous, le jazz, c’est la liberté.

Pourtant, n’était ce pas cela la force du jazz quand il est né ?

Libre, inclassable, le jazz cassait tous les codes. C’était une musique rebelle sur laquelle on dansait alors qu’aujourd’hui, les gens sont dans une écoute attentive du talent des musiciens. Pourtant, de Duke Ellington à Charlie Parker, c’était déjà inclassable puisqu’ils créaient de nouveaux courants. Il y a encore de la place et il faut la prendre !

michel-alibo-2.jpgVous connaissez tous les artistes programmés, parlez-nous de leur jazz…

Dominique Leblanc est un Guadeloupéen qui vit en Guyane ; son jazz est totalement latino, mais aussi issu des traditions antillaises. Yann Cléry que je connais un peu moins, est un flûtiste guyanais. Chris Combette est au carrefour, à la confluence des musiques, avec des textes soignés, porteurs d’une certaine rébellion. Eric Ildefonse joue avec une bonne équipe parmi lesquels le saxophoniste Sainte-Lucien, Luther François, ou le latino Felipe Cabrera. Ils font un jazz très caribéen et en même temps latin jazz… Kannigwé, que j’ai rencontré en studio avec Franck Nicolas, est un spécialiste du Bélè, un de nos rythmes antillais les plus africains. Jowee Omicil est un saxophoniste haïtien qui évolue entre Montréal et New York. C’est une bombe atomique. Son jazz me rappelle les Groover Washington avec une empreinte caribéenne et, évidemment très américaine. Il a eu droit à une invitation à la Maison blanche par Barack Obama ! Et puis, il y a Fanfaraï, la fanfare raï… Alors, c’est pas du jazz, mais c’est dans la plus pure tradition New Orleans. Et puis, DJ Suga Kan, un défricheur de sons.

Et de votre côté, quelle est votre actualité musicale ?

Je travaille avec le pianiste réunionnais Meddy Gerville sur son prochain album et son Olympia en octobre et nous partons en tournée en Chine, en Amérique du sud et, on est en train de voir, du côté de l’océan Indien, de l’Australie et de la Nouvelle-Calédonie.

Et où en est Sixun ?

On est en train de composer et on devait enregistrer en avril. Notre pianiste a eu un souci de santé et on a reporté l’enregistrement à la rentrée pour une sortie en 2014.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Les alibis d’Alibo

Tony-Chasseur--nathalie-Fanfant-Michel-Alibo-Thierry-Fanfan.jpgNé à Paris de parents martiniquais, Michel Alibo (54 ans) a rencontré la musique quand il allait en vacances aux Antilles. A Paris, il découvre la musique africaine et des artistes comme Cool and the gang, James Brown ou Jimmy Hendricks. Son éveil musical  a été fait par le rythme and blues des seventies, comme les Groover Washington qu’il intégrait aux musiques antillaises et africaines. Il n’a que 14 ans quand son grand frère achète une basse, une platine et plein de vinyles. Un disque de James Brown, Michel emprunte l’instrument et trouve rapidement les lignes de basse… « Je faisais croire à ma mère que j’allais au sport et j’allais chez mon frère jouer de la basse. » En 1976, le gamin part pour sa première tournée avec Elvis Kemaya au Cameroun. Le jeune Alibo tient la basse aux cotes des Gibbson brothers aux claviers et batterie.  Ils apprennent lors de la tournée le succès de  leur tube, Cuba. En 1978, Michel Alibo rejoint Manu Dibango ; il joue avec Claude Vamur et Jean-Claude Naimro. Plus tard, il enregistrera avec Kassav… En 1985, Sixun, son groupe fétiche, sort son premier album. Deux ans plus tard, il lance Sakiyo. Il joue aussi avec Jonasz, Nicolle Croisille, Eddy Louis et, en 1997, il monte, avec Canonge et Narel, Sakecho.

FXG

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 07:19

« Césaire : J’ai apporté une parole d’homme »

Expo Cesaire mairie 1erLa Martinique et Césaire sont les invités d’honneur du 5e festival de la diversité culturelle à Paris, jusqu’au 24 mai.

Le festival de la diversité culturelle, organisé par la mairie du 1er arrondissement avec l’Unesco, a invité pour sa 5e édition la Martinique pour fêter le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire. La programmation offre jusqu’au 24 mai une large palette de cultures : une cantatrice chinoise, une pièce de Jean Anouilh, un concert de Dominique Magloire sous la pyramide inversée du Louvre, des œuvres de Félix Ludop exposées dans le beffroi de la mairie. Cheval-trois-pattes.jpgSa fameuse « chaise trois pattes », désormais dite « chaise Césaire », créée il y a 22 ans, trône dans la salle de l’exposition consacrée au député-maire de Fort-de-France. Une exposition qui circule puisqu’elle sera au mois de juin à la maison de la Martinique à Paris et, plus tard, à la bibliothèque Schoelcher de Fort-de-France. Jean-René Gourrel, le commissaire de l’exposition, a pris l’angle d’un Césaire républicain, « un Martiniquais républicain exemplaire pour les Français ». Aimé Césaire, en 2006, avait apprécié l’exposition que Gourrel avait consacrée à Senghor. Jean-René Gourrel avait été conseiller du président Senghor dans les dernières années de son mandat à Dakar… Pour illustrer ce républicain universel, douze panneaux didactiques. Moi, laminaire (1982) en occupe un à lui seul. « Une distorsion dans l’œuvre de Césaire », explique le commissaire de l’expo. Il y a un panneau sur Césaire dramaturge avec Une saison au Congo et une année : 1956. « Le moment où Césaire se tourne vers le peuple après sa rupture avec le PCF. Le Parti et Aragon lui reprochaient une poésie peu populaire, poursuit M. Gourrel, alors il s’est tourné vers un théâtre éveilleur, pédagogique comme Claudel et lyrique comme Brecht. » Césaire et les arts et c’est la rencontre avec Lam, la connivence des œuvres de peinture et de papier…

Cesaire-laminaire.jpgDouze panneaux balisent ainsi la vie, les actions et la création du poète politique. « Césaire était poétique jusque dans la politique… » L’expo  explore la présence de Césaire dans le temps, de la naissance de la négritude à la veillée au Panthéon. « Les morts ne sont pas morts », prévient le commissaire de l’exposition, citant un proverbe sénégalais.

FXG, à Paris

«Césaire : J’ai apporté une parole d’homme », jusqu’au 24 mai à la marie de Paris, puis à la Maison de la Martinique, rue des Moulins, Paris 1er

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 07:03

Le Collectif GPX ultramarins ecrit à Manuel Valls

« L’ancienneté administrative, unique critère sur lequel est aujourd’hui fondée la mutation vers l’Outre-mer, constitue bel et bien le cœur de la problématique sur laquelle nous souhaitons attirer votre attention. » Dans une lettre au ministre de l’Intérieur, le Collectif GPX Ultramarins, qui regroupe des fonctionnaires de police originaires des Outre-mer et en poste dans l’Hexagone, demande à Manuel Valls de revoir les modes de mutation en intégrant dans les critères l’ancienneté de la demande de mutation. Il regrette les effets de la reforme de 2002 qui, en introduisant l’ancienneté administrative dans la prise en compte des demandes de mutation, a réduit les possibilités de revenir travailler au pays pour nombres de fonctionnaires. Ainsi, note le Collectif, « lors du mouvement de septembre 2012, pour le département de l’Île de la Réunion, sur 13 fonctionnaires mutés sur le critère de l’ancienneté administrative, il n’y avait qu’un seul Réunionnais. »

Dans la mesure ou la commission de mutation doit de réunir début juin et dans le contexte de la mission nouvelle du député réunionnais Patrick Lebreton, le collectif GPX Ultramarins qui s’est récemment renforcé avec les fonctionnaires originaires de la Guadeloupe et de la Martinique, interpelle les parlementaires et les ministres à tout va. Les deux syndicats Unité Police et Alliance police nationale qui soutiennent leur démarche, ont ouvert des négociations avec la Direction des ressources et des compétences de la Police nationale.

Dimanche 19 mai, les collectifs GTX 974, GTX 971, GTX 972 et celui des Fonctionnaires ultramarins réunionnais organisent un rassemblement au parc de la Villette à Paris auquel ils attendent des élus des DOM. Les auteurs de la lettre au ministre souhaitent qu’un maximum d’élus la signent. Elle est datée du 21 mai.

FXG, à Paris

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 09:08

La loi sucre adoptée en commission au Sénat

La commission des affaires sociales du Sénat a adopté, mercredi, à l’unanimité moins l’abstention de l’UMP, le texte de loi portant régulation de la qualité de l’offre alimentaire en outre-mer, dite loi sucre ou loi anti-obésité. Les sénateurs ont travaillé sur la mouture votée par l’assemblée en avril dernier sans y apporter de changement. « Nous avons dû défendre l’amendement des députés créant l’article 4 », a indiqué le sénateur Vergoz (PS). Cet article évoque les critères de performance pour favoriser l’accès aux fruits et légumes locaux aux marches de restauration collective. L’article 1 limite le taux de sucre dans les produits laitiers, glaces et sodas. L’article 2 fixe un délai d’application de six mois apres la promulgation de la loi. L’article 3 homogénéise les dates limites de consommation (DLC) entre les Outre-mer et l’Hexagone. Des amendements relatifs à la DLC ont été écartés parce que le ministère a pris des engagements. Le 21 mai prochain,, quand le texte sera examiné dans l’hémicycle, Victorin Lurel devrait présenter une liste de produits concernés par la DLC. Il devrait aussi porter un distinguo entre DLC et DLUO (date limite d’utilisation optimale). Le sénateur Milon qui s’est exprimé au nom du groupe UMP a plaidé pour une voie réglementaire plutôt que législative, voire pour une grande loi de santé. « Vous l’avez promis en 2009 ! », a rétorqué Michel Vergoz qui a parlé de « mise en danger de la vie d’autrui ». « C’est une loi de santé publique, a conclu le Réunionnais, qui, au-delà de cette exigence de qualité d’offre alimentaire, traite de l’égalité de traitement des citoyens français. »

FXG, à Paris

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 07:30

Le Foll, la loi d’avenir agricole et la réforme du POSEI

Consolider la part des agricultures locales sur les marchés locaux ; consolider les agricultures productrices d’emploi et d’exportation ; répondre par l’agro-écologie à l’exigence d’une double performance économique et écologique sont les trois axes du volet outre-mer de la loi d’avenir agricole. C’est ainsi que le ministre de l’Agriculture s’est adressé aux parlementaires de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale, mardi dernier. Pour autant, les vraies questions qui se posent sont celle de la répartition des aides pour le POSEI entre les filières Banane, sucre, rhum et celles de diversification, et la question de la gouvernance pour les fonds du FEADER. Le président de la République a promis d’en confier la gestion aux régions en 2014. « Une question collective se pose sur les sommes qui sont mobilisées pour l’agriculture des outre-mer, a indiqué le ministre. Il faut qu’on puisse trouver des marges pour assurer la diversification agricole. » Clairement, il a parlé d’équilibre à trouver entre les grandes productions et la diversification. Actuellement le ratio est de 75 % des aides pour la banane et la canne… « Je suis pour qu’on puisse bouger », a confié le ministre.

Le brouillon de Ciolos

Il a bien sûr été saisi du fameux « brouillon » pour une consultation publique du commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos. Il s’agit ni plus ni moins d’une réforme du POSEI qui prétend ne pas toucher au montant de l’enveloppe globale mais voudrait aligner les orientations sur celles de la Politique agricole commune avec son corolaire, le découplage des niveaux de production et des niveaux des aides. Ce choix signe la mort des grandes cultures selon la plupart des organisations agricoles. Selon Hervé Gaymard, rapporteur pour la délégation, il s’agit une « consultation sur l’avenir de certaines filières dont la banane »… Stéphane Le Foll a pu voir lundi dernier, à Bruxelles, le commissaire Ciolos. Ce dernier lui a confirmé qu’il s’agissait d’une initiative de la Commission et qu’il allait bien entamer une consultation publique. « On n’a pas les conclusions du commissaire », a du admettre Stéphane Le Foll qui a annoncé une initiative. Il doit retrouver pour une réunion informelle, à la fin du mois, ses homologues espagnols et portugais afin d’arrêter vis-à-vis de Bruxelles une position commune.

Le deuxième pilier financier agricole, le FEADER, présente la nécessité d’organiser  sa gouvernance entre l’Etat (via l’ODEADOM), les Régions et les chambres d’agricultures ; Mais, a soulevé la rapporteur Chantal Berthelot, la part du cofinancement européen serait prévu à la baisse de 85% à 75 %. « C’est dans l’accord des perspectives financières », a reconnu le ministre. Qui ne semble pas avoir partie facile avec la Commission européenne. 

La loi d’avenir agricole doit être débattue au Parlement après l’adoption des lois de finances, fin 2013.

FXG, à Paris

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 08:09

La FEDOM inquiète pour la défiscalisation de l’IS

Après l’adoption unanime du rapport Fruteau-Ollier sur la défiscalisation par la délégation aux Outre-mer de l’Assemblee nationale, mardi soir, le président de la FEDOM a indiqué que ce rapport allait « dans le bon sens », avec un maintien de la défiscalisation sous conditions. « Des conditions que nous acceptons pour que Bercy contrôle mieux le plein droit  (la défiscalisation sans agrément, ndlr) en abaissant les seuils d’agrément de 250 000 a 150 000 euros et en proposant un régime déclaratif renforcé. » Ces mesures de moralisation et d’encadrement sont donc bienvenues aux yeux des patrons d’Outre-mer. Toutefois ceux-ci ont une petite interrogation concernant la proposition des députés sur les limitations portées à la défiscalisation de l’impôt sur les sociétés. C’est la deuxième proposition du rapport. Elle prévoit que la défiscalisation de l’impôt sur les sociétés soient réservée aux entreprises qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros ou qui ont moins de cinquante employés. « On ne comprend pas pourquoi, déclare Jean-Pierre Philibert, les curseurs sont aussi bas alors que la plupart des entreprises qui usent de cette défiscalisation sont parfaitement connues et contrôlables par l’administration fiscale. »  Pour la FEDOM, cette proposition exclut du dispositif les grandes entreprises d’Outre-mer. « Ça marchait bien, notamment pour le logement social », regrette-t-il. Celui-ci constate aussi que pour ces grandes entreprises, il est envisagé un crédit d’impôt. « Elles ont la capacité à l’organiser, mais qu’est-ce qui va déclencher ce crédit ? La réalisation ? Auquel cas, l’entrepreneur en bénéficiera à l’année N+1… » Il se demande encore si ce crédit d’impôt serait remboursable par anticipation comme le Crédit d’impôt emploi compétitivité. Bref, la FEDOM n’est pas favorable au crédit d’impôt même pour les grandes entreprises.

Quoi qu’il en soit, la FEDOM considère que cette réponse des parlementaires apportée a la question posé par le gouvernement sur la défiscalisation est positive. « L’unanimité des milieux politiques et économiques et du ministère des Outre-mer, ajoute M. Philibert, est une bonne chose pour gagner la bataille contre l’administration fiscale de Bercy. »

Jean-Pierre Philibert doit rencontrer le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, au début du mois de juin. Victorin Lurel a vu ce dernier mardi soir.

Le prochain rendez-vous défiscalisation est fixé au 28 mai avec la seconde réunion de l’instance de consultation au ministère des Outre-mer.

FXG, à Paris

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 08:00

La défiscalisation de demain selon Jean-Claude Fruteau et Patrick Ollier

Les rapporteurs de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale sur la défiscalisation des investissements outre-mer, Jean-Claude Fruteau (PS) et Patrick Ollier (UMP) estiment, sans surprise, que « le système doit etre préservé globalement ».

Leur rapport qui était présenté mardi soir au Palais-Bourbon, n’exclut toutefois pas des améliorations et fait une dizaine de propositions.

On retient de ce rapport parlementaire qu’il est proche des trois scenarii présentés début avril par le ministère des Outre-mer, sinon qu’il en tient largement compte. Les deux députés rapporteurs préconisent d’abord de conserver la défiscalisation telle qu’elle existe actuellement, mais en relevant le plafond défiscalisable de 18 000 à 30 000 euros, « intégralement cumulable avec le plafonnement général de 10 000 euros ».

Leur deuxième proposition vise à conserver la défiscalisation pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros ou qui ont moins de 50 salariés.

Pour anticiper les craintes exprimées relatives au scénario du crédit d’impôt, les rapporteurs demandent au ministère de l’Economie et des finances de réaliser, « avant le dépôt de la prochaine loi de finances initiale, une étude d’impact précise permettant une éventuelle modification du système de la défiscalisation par l’introduction d’un crédit d’impôt concernant les entreprises avec un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions d’euros ou un effectif supérieur à 50 salariés ». Ils espèrent ainsi parer le risque, pour les petites entreprises, de ne plus pouvoir bénéficier de l’aide fiscale à l’investissement faute de capacité de préfinancement.

Réduction du seuil de plein droit

Pour pallier au risque de défaillance des entreprises concernées par le crédit d’impôt, ils proposent l’institution d’un fonds de garantie.

Il faudrait aussi réduire le seuil de la défiscalisation de plein droit en le faisant passer de 250 000 à 150 000 euros. «  Les projets compris entre 150 000 et 250 000 euros pourraient faire l’objet d’un agrément simplifié », affinent les rapporteurs qui souhaitent « un renforcement de la déclaration obligatoire, quelle que soit la procédure de défiscalisation ».

De même, ils proposent de « flécher les secteurs et les filières éligibles pour éviter le manque d’homogénéité dans l’aide fiscale ». Ainsi, il s’agirait de mieux définir le concept d’investissement productif dans le code général des impôts en posant comme principe que « l’aide fiscale ne pourra concerner que des travaux ou des équipements combinant valeur ajoutée, création de richesses et création d’emplois ».

Enfin, les deux dernières propositions sont des mesures de transparence : « Favoriser les procédures de consultation pour obtenir les meilleurs taux de rétrocession possibles, notamment dans le domaine du logement social, réglementer la profession d’intermédiaire financier ou prévoir une charte de déontologie fixant les bonnes pratiques, notamment en ce qui concerne les taux d’intermédiation. »

Ce rapport préfigure les aménagements que pourrait apporter l’Assemblee nationale au projet de reforme de la défiscalisation que le gouvernement dévoilera fin juillet et qu’il inscrira dans le projet de loi de finances pour 2014.

FXG, à Paris

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 07:31

Première édition des Trace urban music awardsKalash-Njie-Kim-Alex-Tony.jpg

Gros succès au théâtre parisien du Trianon, mardi soir, pour la première édition des Trace urban music awards. Une cérémonie qui ressemblait beaucoup aux anciens « Cesaire de la musique ». 10 trophées ont été remis aux artistes qui ont été élus par 600 000 votants sur Internet. Sur la scène, Sonia Rolland et Issa Doumbia ont animé l’émission retransmise sur Trace. Dans les balcons, le ministre des Outre-mer et le conseil Outre-mer du président….

sexion-dassaut-trophee.jpgLe prix de la meilleure chanson a été attribué à Sexion d’assaut pour Wati house. Le groupe remporte aussi le prix de la meilleure performance. Le rappeur La Fouine a décroché trois prix : meilleur album pour Drôle de parcours, meilleur artiste masculin et meilleure collaboration avec la chanteuse Zaho pour Ma meilleure. Zaho remporte le trophée du meilleur artiste féminin. Le prix du meilleur artiste africain échoît à Fali Ipoupa, celui du meilleur clip, à Youssoupha pour Les disques de mon père. Le Martiniquais Axel Tony obtient le trophée du meilleur artiste tropical. C’est l’humoriste du Jamel comedy club, Waly Dia qui lui a remis son award. « Axel arrive à adapter la variété française et à mettre sa couleur dedans. » Admiral T a chanté un duo avec le lauréat. « Je suis fier de lui, car c’est quelqu’un de très humble et de très talentueux. » Le chanteur guadeloupéen a profité de cette scène pour annoncer que l’école élémentaire de Boissard à Pointe-à-Pitre, allait porter son nom le 31 mai prochain. « C’est mieux qu’un trophée », a déclaré Admiral T.Admiral-T-Alex-.jpg

Enfin, deux trophées d’honneur ont été remis. Le premier au groupe IAM pour ses 22 ans de carrière. « C’est beaucoup de fierté, a indiqué Akhenaton, on n’est pas des grands adeptes des récompenses ou des titres honorifiques, mais je dois avouer que quand ca se passe, ca fait plaisir. C’est la reconnaissance de ce qu’on a fait en tant qu’artistes. ». Le second award d’honneur a été remis a Patience Dabany, ex-première dame du Gabon, pour son engagement dans la fondation Trace. « J’ai kiffé », a déclaré le chanteur Saik à l’issue de la soirée, souhaitant « plus de présence pour la musique tropicale pour la prochaine édition ».

FXG, à Paris

Photos : RDG


Interview Axel Tony, meilleur artiste tropical

axel-tony.jpg« Je suis un lover »

Vous étiez en lice pour le prix avec Kalash, Kim et N’jie, qu’avez-vous ressenti en entendant votre nom ?

Je suis tres content d’avoir été appelé d’autant que ce sont les fans qui ont voté. J’ai remercié Olivier Laouchez et Trace… Ça veut dire que la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion ont voté pour moi ! Ça me touche.

Les votants vous ont choisi pour une chanson en particulier ?

Non, c’est un tout. J’ai travaillé beaucoup et je suis quelqu’un de simple. Je ne me prends pas la tete. Malgré ce prix, je reste cool…

Vous êtes originaire du Lamentin…

Ma maman est du Lamentin, rue Ernest Maugée… La Martinique, c’est chez moi. Mwen se on moun Lamentin !

Comment etes-vous venu a la musique ?

Depuis tout petit, j’ai toujours chanté. J’ai commence à l’église, puis j’ai intégré la chorale We are one. Ça a fait son chemin ; j’ai été choriste de Diams et Kerry James. Je suis arrivé dans le zouk et l’aventure continue et elle est belle. Grâce a Dieu !

Qu’est-ce qui vous inspire pour vos chansons ?

C’est l’amour. On a tous besoin d’amour dans cette vie. Je suis un lover et je ne m’en cache pas.

Qui vous a influencé ?

Boyz II men, tres soul américaine. J’ai aussi beaucoup aimé Jean-Michel Rotin, M. Patrick Saint-Eloi, Kassav et Jocelyne Beroard… Je les ai rencontrés récemment et je leur ai dit : « Si je suis là, c’est grâce à des artistes comme vous qui avez ouvert beaucoup de portes. »

Propos recueillis par FXG

 


En imagesAkhenaton.jpg

IAM, award d'honneurFali-ipoupa.jpg

Fali IpoupaLa-fouine-et-X.jpg

Avec La Fouinelaouchez-lynsha.jpg

Olivier Laouchez, pdg de Trace, et la chanteuse soukeuse LynnshaNjie.jpgN'jieSexion-d-assaut-backstage.jpgSexion d'assautAlex-Tony-sur-scene.jpgAxel TonyJC-barny-Kalash-Mariette-Monpierre.jpgJean-Claude Barny, Kalash et Mariette Monpierrevanessa-et-admiral-T.jpgVanessa et Chris CampbellX-et-Tal.jpgGuismo et Talsaik.jpgSaiklafouine-et-Sultan.jpgCanardo et La Fouinewaly-dia.jpgWaly Dia du Jamel Comedy clubtrophee-sexion-d-assaut.jpgFinal Curtain

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 06:33

Premier anniversaire de Lurel rue Oudinot

lurel mdetom serre(RDG)Voilà un an que l’ancien député et président de région Guadeloupe occupe le ministère de la rue Oudinot. Hollande et Ayrault ont promis à Lurel pour qu’il accepte le job, que les Outre-mer seraient prioritaires comme la Sécurité et l’Education nationale. Voilà donc le ministre Lurel parti sur les chapeaux de roue. Le 25 juillet 2012, il présente en conseil des ministres le projet de loi vie chère qui sera promulguée a la fin 2012. Il négocie, signale-t-il, avec les compagnies pétrolières, pour réformer le décret Penchard-Jégo qui fixe les tarifs du carburant… Fin septembre, il se paye le luxe de présenter un budget en hausse de 5 % avec une défiscalisation sauvée. Le 10 decembre, lors de la restitution nationale des conférences économiques et sociales d’Outre-mer, Ayrault vient annoncer qu’il prolonge les bonus salariaux déchargés. Lurel est à la fête ! Certains patrons domiens vont même jusqu'à dire qu’il est un des seuls ministres, avec Valls, à tirer son épingle du jeu… Mais fin décembre, le Conseil constitutionnel met hors la loi la part variable de 4 % du revenu défiscalisable. Le 3 janvier, Hollande affirme sur le réseau des chaînes 1ere : « Rien ne sera perdu ! » Le ministre met en branle le chantier de la réforme fiscale qu’Ayrault lui a confié. Fin février, le Conseil constitutionnel, encore saisi par l’UMP, est à nouveau sur la route de Lurel. Les sages invalident la prolongation des bonus Bino et Cospar, cavalièrement inclus au projet de loi portant creation des contrats de génération… Consolation en mars avec l’adoption de la loi sucre par l’Assemblée nationale et, en avril, au Sénat qui permet d’adopter enfin la prolongation des bonus. Ouf. Côté défisc, Lurel avance ; il a un calendrier, un comite de pilotage, une instance de consultation et trois scenarii. L’un d’eux, merveilleux, propose des plafonds de défisc à 30 ou 40 000 euros. Au passage, le ministre des Outre-mer laisse comprendre que d’ores et déjà, son prochain budget sera en baisse de 150 millions d’euros.

Aux obsèques d’Hugo Chavez, Victorin Lurel a appris à ses dépens comment parler à la presse nationale. Il a fait le buzz ! Une phrase sur la dissolution de l’ODEADOM, lâchée un peu plus tôt devant les députés, et les projets européens de réforme du POSEI provoquent certain émoi dans les filières agricoles ultramarines. A l’approche de l’examen de la loi de modernisation agricole dont le volet outre-mer est le prochain chantier de Victorin Lurel, la position du ministre devient moins confortable… En juillet, on connaîtra la réalité de la réforme fiscale avec un Bercy, discret, qui penche en faveur d’un crédit d’impots, dont ne veulent absolument pas les élus et les socioprofessionnels des outre-mer. La rentrée de septembre, avec un budget attendu à la baisse et le périlleux dossier agricole, risque d’annoncer une deuxième année bien moins radieuse pour le ministre des Outre-mer.

FXG, à Paris


lurel.jpgTrois questions à Victorin Lurel

 

« Je m’intéresse quand même au chef-lieu »

Ça fait un an que vous êtes ministre, êtes-vous partant pour une deuxième année ?

Mais c’est le president de la République qui décide de cela… Je me sens bien, les projets avancent.

L’année à venir s’annonce plus difficile…

C’est vrai qu’on va entamer une année difficile en 2014. Faudra voir pour la mission Outre-mer du budget ou pour l’aide fiscale à l’investissement – je ne dis plus « défisc ». C’est un moment plus difficile comme ca l’est pour la République. Les finances publiques sont dans une situation tres compliquée. C’est vrai qu’il faut participer, mais a proportion de nos facultés à l’effort commun. Oui, il y a encore à faire, de belles lois à porter… Mais je n’en fais pas une affaire de carrière personnelle. Je suis tres bien là où je suis, je peux etre tres bien aussi là où j’étais il y a quelques années.

En cas de remaniement ministériel, on vous prêterait la volonté de quitter votre ministère et de vous intéresser de très près a la mairie de Basse-Terre…

Ce sont des spéculations ! Mais, je m’intéresse quand même au chef-lieu. Je veux éviter de créer dans mon petit departement des dynasties, des legs et des héritages… La démocratie, c’est une conquête et je veux éviter de voir se transmettre des postes, des fonctions ou des fauteuils. Ce n’est pas notre conception de la démocratie.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Les grandes dates

16 mai : Nomination

25 juillet : Première communication en conseil des ministres sur la loi vie chère

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27 mars : Adoption par l’Assemblée nationale de la loi sucre

11 avril : Adoption par le Parlement de la prolongation des bonus déchargés

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 07:02

Frantz Charles, dit Francisco

Francisco, l'auteur de Caroline nous a quitté. Nous avons demandé à Roland Pierre-Charles, le chaben fondamental, d'évoquer son souvenir et sa musique...

Francisco-Frantz-CHARLES-DENIS-1.jpg" La  première fois que je l’ai vu, c’était à la foire expo de F d F vers la fin des années 50. Francisco était, ce jour là, accompagné par le jeune Marius Cultier au piano. Ce qui m’avait frappé c’est que la formation n’utilisait pas de batterie (« jazz ») mais des tambours tumbas Cubaines ce qui était une grande innovation pour l’époque et, pour la biguine.

C’était l’époque de la polémique entre « Papito » alias Francisco, alias Frantz  Charles, et Sam Castendet et son orchestre, qui avait le tort ou, la tare de débarquer du « courrier » de Paris, et de « gêner » les orchestres locaux. Les chansons de cette histoire sont encore dans toutes les mémoires, car attaqué musicalement par Francisco, Sam Castendet n’avait pas manqué de répondre par la chanson  « Ti Coco rété tranquille », composition de Barrel Coppet par ailleurs saxophoniste de l’orchestre de Sam Castendet.

Francisco a toujours eu une posture intellectuelle particulière. Doué d’une forte personnalité, il a été très influent dans ses domaines de compétence : la musique, et surtout le sport. Dans le sport il a été un véritable précurseur c’est lui qui, avec quelques camarades a introduit le judo et, par conséquent les arts martiaux au pays. C’était, me racontait il, dès l’enfance, un bagarreur impénitent. Il aimait gamin, dit il, beaucoup se battre avec ses petits camarades !

Fils unique de famille « mulâtre », cela ne se faisait trop guère, à l’époque, d’aller se gourmer avec ses petits condisciples de la campagne, généralement de couleur plus foncée.

Je vois ici et là écrire par de fort doctes personnes : « …en l’introduisant (le tambour) dans un mélange savant qui a donné par ailleurs la biguine lélé etc… ». Francisco était tout sauf un savant, dans le domaine musical, en tous cas. C’était plutôt un intuitif, voire  un opportuniste.

J’ai assisté aux premiers enregistrements de la biguine dite « Léle » au night club le Tam Tam.

Il y avait là, le compositeur primordial « Ton Simon », tambouyé émérite originaire des Trois Ilets, Al Bernard à la basse entre autres. C’était, selon moi, davantage une Jam session qu’un mélange savant. D’ailleurs la biguine dite Lélé n’a rien d’une biguine, étant jouée sur un rythme  a  ¾  caractéristique de la Mazouk ou du Bélia. Le principal apport de cette musique, c’est l’introduction du piano dans la musique dite Bel air, piano qui était tout sauf «Piano »  mais plutôt « Forte » dans le jeu, nous dirons,  très énergique de Papito.

Il est aussi vrai qu’avant l’arrivée de Frantz, les chanteurs étaient très peu audibles, à cause des moyens techniques très limités en ce temps-là aux colonies. Contrairement à ce qui se dit souvent Francisco n’a jamais vraiment fonctionné avec des orchestres. Il privilégiait plutôt les petits « combos » où il pouvait mettre en avant sa voix de velours.

 


Francisco  et le piano

Il prend des cours de piano dès l’âge  de 6 ans avec une certaine madame de Grandmaison, à cette époque-là, les « professeurs » n’en étaient pas vraiment. Frantz bénéficie cependant d’une certaine cote de pianiste chez ses collègues musiciens (bien que doté d’une technique assez sommaire) car il jouait très fort, ce qui était un critère de qualité chez les orchestres de ce temps-là, les pianos n'étaient que fort rarement sonorisés.

Il gratouille également la guitare où il possède un « washé » légendaire. Guitare qui, il faut bien le dire, lui servait surtout à jouer les Joli Cœurs auprès de ces dames.

Je ne puis à ce propos, m’empêcher de me remémorer, une anecdote. Nous nous produisions alors au Cap Est, hôtel de prestige (et de békés) du François. Francisco arrive (comme d’habitude) en retard et boitant bas prétextant une mauvaise chute au judo. Il se met à faire son show habituel, et, aperçoit tout au fond du restaurant, une blonde qui cherchait du feu. N’écoutant que son courage, le voici qui traverse, au pas de course, le restaurant dans toute sa longueur. Mais, voila, sentant nos regards mi amusés, mi réprobateurs dans son dos, il se souvient, soudain de sa claudication à un mètre de la belle, et le voici qui reboite. Quel fou rire général de l’orchestre, obligé de s’arrêter de jouer. C’était un bon camarade et peut être l’une des plus belles, sinon la plus belle voix de sa Martinique adorée.

Il nous aura beaucoup marqué, il nous manquera beaucoup."

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