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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 07:12

lebon-et-reunionnais.jpgLes gérants de stations-service mécontents de leur réunion au ministère

Apres six heures de réunion entre les gérants de stations-service venus de Guyane, Martinique, Réunion et Guadeloupe, et le conseiller du ministre en charge du carburant, M. Dahan (le ministre est venu leur parler un moment), les parties se sont séparées sur un désaccord. Les distributeurs sont les premiers partenaires recus dans le cadre de la renégociation du décret essence. Les pétroliers seront recus vendredi et les associations de consommateurs courant juin avant la sortie du décret dans le courant de l’été.

 


Face à face Victorin Lurel, ministre des Outre-mer et Patrick Collé, président du syndicat des gérants de stations-service

Propos recueillis par FXG, à Paris

Patrick-Colle.jpg"C'est un echec"

Patrick Collé : « C’est un échec parce que le projet de décret ne nous a rien amené. Selon le gouvernement, nous sommes dans le cadre de la lutte contre la vie chère, mais on constate que ce décret n’apporte rien et aujourd’hui, nous sommes dans l’incertitude. On va débriefer et envisager ce qu’il y a à faire. Les stations ne vont pas ouvrir en Guyane et on décidera aux Antilles, comme a la Réunion, ce que déciderons nos bases respectives. En Guyane, c’est différent car ils sont fermés depuis cinq semaines et je pense que le mouvement va se durcir, mais tous les départements d’Outre-mer ont les mêmes problèmes. Lorsqu’on nous parle de vie chère, on nous fait comprendre que le carburant est plus cher qu’ailleurs. Ce n’est pas vrai. A la Réunion, le gazole est à 1,22 ; à la Martinique, il est à 1,27… Nos prix sont inférieurs à ce qui se pratique dans l’Hexagone et en Europe. On ne voit pas la nécessité de changer le décret. Ça ne nous apporte rien. Aujourd’hui, les Guyanais, pour pouvoir justifier leurs demandes de marge, ont présenté tous leurs comptes de 2009 à 2011. Il y a un probleme pour les comptes de 2012 parce que certains bilans ne sont pas encore sortis. On dit juste qu’à travers les bilans présentés, on peut déjà sortir une situation. En attendant, il y a un décret en vigueur, c’est le décret Penchard, on l’applique. On nous parle d’attendre un nouveau décret, nous disons non. Il faut appliquer le décret Penchard. Les Guyanais demandent 1,5 centime par litre de hausse, mais c’est toujours le consommateur qui supporte les hausses. Quand, dans l’Hexagone, les compagnies veulent valoriser la marge des détaillants, ils augmentent le prix de l’essence. C’est toujours le consommateur qui paye. La problématique du prix de l’essence n‘est pas une exception domienne. Notre objectif est de défendre un modèle social que nous avons monté et qui est porteur de 4000 emplois dans les 4 Dom. C’est un modèle vertueux et c’est celui que nous défendrons becs et ongles.

 


Lurel-copie-1.jpg"C'est un bras de fer que l'on veut nous imposer"

Victorin Lurel : « Le gouvernement a fixé une ligne : baisser les prix. Nous entamons des concertations. C’est laborieux. On n’est pas arrivé à une compréhension totale. Il n’est pas question pour le gouvernement de faire supporter  au consommateur une augmentation de 1,5 centimes par litre d’essence lorsque nous ignorons les comptabilités, les marges de chaque segment de chaque partenaire. Ça peut se faire sans inquisition et sur la base d’une écoute contractuelle. Nous ne voulons pas voir répéter ce qui a été fait avec des chéques tres importants remis par l’Etat aux opérateurs. Il ne s’agit pas non plus de stigmatiser les entreprises, ne de pousser les gens, par de mauvaises décisions, à des licenciements. Il faut préserver l’emploi. Mais avant même que le décret ne soit en consultation, on veut nous imposer, par des grèves, ici ou là, demain, un rapport de force, une augmentation supportée par le consommateur. Ce n’est pas notre méthode. On peut toujours voir, en juillet, comment faire. Pour le moment, les positions ne sont pas encore tout à fait harmonisées. Nous voulons de la transparence partout, que les entreprises vivent avec des marges raisonnables, que l’emploi soit préservé, mais aussi le pouvoir d’achat. On n’a pas encore convaincu. Ce qui coince, c’est la transparence, la lumière, la comptabilité… Manifestement, agir en transparence peut gêner. Je n’augmenterai pas le prix de l’essence de 1,5 centimes sauf si on me donne les comptabilités de 2012. Il y a des gens de bonne foi… On peut changer le décret à l’amiable. Mais là, on a commencé la négociation par une grève en Guyane et une solidarité aux Antilles… C’est un bras de fer qu’on veut nous imposer. Je suis venu réaffirmer la position de l’Etat : Pas question d’imposer au consommateur une augmentation de 1,5 centimes que, aujourd’hui, à mon sens, rien n’explique. »

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 08:05

Les sénateurs veulent de la défisc pour les TPE et du prêt à taux zéro pour les HLM

Avant que le gouvernement n’achève ses consultations, les sénateurs apportent leur contribution au débat sur la réforme de la défiscalisation.

dolige-lienemann-larcher-patient.jpgLa commission des affaires économiques et la délégation outre-mer se sont donné trois objectifs pour rédiger leur rapport d’information sur l’aide fiscale à l’investissement outre-mer, rendu hier : répondre à la nécessité de réformer le dispositif, anticiper les solutions proposées par Bercy et entamer la bataille législative pour convaincre les parlementaires hostiles à la défiscalisation. Marie-Noëlle Lienemann (Essonne, PS), présidente du groupe de travail, et les deux rapporteurs Eric Doligé (UMP, Loiret) et Serge Larcher (PS, Martinique) ont fait une innovation en proposant de financer le logement social en maintenant le mix défiscalisation et ligne budgétaire unique (270 millions d’euros en 2012), mais assorti d’un prêt à taux zéro (PTZ) ou d’un prêt bonifié financé par la Caisse des dépôts. Ce prêt permettrait l’économie du cadeau fiscal à l’investisseur, de l’intermédiaire financier et d’une part des frais de notaire, (soit 25 a 35 % estimés par les sénateurs à 200 millions). Ce PTZ serait réservé au logement social tandis qu’un dispositif d’aide fiscale dans le logement libre est souhaité. « Le Duflot est inutilisable tel quel en Outre-mer », a déclaré. Mme Lienemann

Les sénateurs recommandent un plafond de 18 000 sur l’impôt sur le revenu, déconnecté du plafond global de 10 000 euros, et un taux de rétrocession revalorisé à 75 % contre 65.

« La mise en place d’un crédit d’impôt est pressentie dans le cadre des consultations lancées par le gouvernement », écrivent les rapporteurs qui abordent le sujet en limitant son objet aux seuls investissements productifs soumis à l’agrément de Bercy. Une manière de réserver ce dispositif fiscal, qui nécessite de préfinancer l’investissement, aux seules grandes entreprises des DOM. La Banque publique d’investissement saurait-elle financer ce crédit d’impôt pour les petites entreprises ? Marie-Noëlle Lienemann balaye la question en insistant sur le nombre de dossiers et le montant des soutiens : « 16 000 TPE ont bénéficié en 2012 d’une aide moyenne de 30 000 euros. » LA BPI, encore inexistante outre-mer, ne serait donc pas faite pour une telle mission, selon les sénateurs…

Investissements productifs de plein droit

Pour la majorité des moyennes, petites et tres petites entreprises, le rapport recommande le maintien de la défiscalisation en y apportant des cadres : lier l’aide fiscale aux capacités d’investissement des entreprises, rehausser les taux légaux de rétrocession, instaurer un régime déclaratif, encadrer réglementairement la profession d’intermédiaire financier, établir des statistiques….

« On en ne va pas laisser tomber un procédé qui marche sous prétexte de deux ou trois technocrates », s’agace Mme Lienemann. Les sénateurs sont sur la défensive, mais ne s’interdisent pas de proposer des améliorations comme élargir le champ des compétences des directions régionales des finances qui pourraient délivrer les agréments pour les projets ne dépassant pas les 5 millions d’euros contre 1,5 actuellement. « Il faut ramener la décision au plus près du terrain », appuie Serge Larcher.

Meme si le soutien à l’investissement dans les outre-mer fait l’objet d’un consensus, de l’Elysée a la FEDOM, les sénateurs savent que derrière Bercy, il y a leurs collègues parlementaires qui méconnaissent l’Outre-mer et qui ont un probleme moral avec la défiscalisation. Quelle que soit la solution qu’arbitrera Matignon, ce sont les parlementaires qui décideront en votant la loi de finances 2014 à la fin de l’année.

FXG, à Paris

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:43

Lurel et le POSEI

« Combat franco-français, combat par anticipation… » En ce qui concerne le POSEI, le vrai combat à mener selon Victorin Lurel, se fait en deux phases. La première est face à l’Europe. « Le budget est contraint et la France s’est très bien débrouillée. Il faut faire en sorte que les enveloppes octroyées aux Outre-mer soient préservées mais mieux encore augmentées. » Le Foll et Lurel veulent un abondement de l’enveloppe pour tenir compte de la rupéisation de Mayotte (6 millions) et pour accompagner l’augmentation de la production des filières de diversification (au moins 14 millions). « Si par malheur, l’enveloppe devait rester stable, nous aurons un probleme franco-français pour abonder l’enveloppe dévolue à la diversification agricole. » Aujourd’hui sur 280 millions, 129 vont à la banane et 75 au sucre. Il reste 75. La question du maintien de l’ODEADOM étant réglée, reste la deuxième phase : la répartition de l’enveloppe, mais aussi le nouveau modèle de développement agricole. « J’ai demandé aux préfets et présidents de régions d’engager un débat sur le nouveau modèle agro-écologique porté par Stéphane Le Foll et qui prévoit un volet Outre-mer que je porterai. » Lurel souhaiterait aussi que les professionnels débattent de l’épandage aérien car la sortie du traitement aérien annoncée par le Premier ministre devrait s’accompagner de la mise en œuvre de nouvelles pratiques culturales. « J’attends des territoires que remontent des propositions avant la rentrée de septembre en matière de développement moins productiviste, moins intensif, moins utilisateur de produits phytopharmaceutiques. Si on fait cette réorientation, il faudra trouver des financements appropriés. D’où la question de la possible répartition. Mais il y a en ce moment des coups de semonce par anticipation pour éviter de poser la question et d’avoir un vrai débat. »

FXG, à Paris

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:41

Défiscalisation et BPI

On devrait être fixé sur la doctrine d’intervention de la Banque publique d’investissement (BPI) dans les Outre-mer, selon la rue Oudinot, avant fin septembre. La BPI pourrait y fonctionner en symbiose avec l’AFD et la CDC. Le gouvernement voudrait lui permettre de compenser le rôle des banques commerciales locales, « peu autonomes avec leurs directions nationales » dans le financement des économies ultramarines. Les contours de la BPI outre-mer dépendent aussi de ce qui sera décidé par Matignon a la fin juin autour de la défiscalisation. Il y aura certainement du crédit d’impôt pour les grandes entreprises (la délégation outre-mer de l’Assemblée a proposé un seuil de 10 millions de chiffre d’affaires et/ou 50 salariés) et pour les PME, de la défisc mieux encadrée. « La supprimer totalement est difficile, tout budgétiser l’est également… » concède-t-on au ministère. Son objectif est de maintenir le volume d’activité outre-mer (2 milliards dont 1 défiscalisé). Bercy plaide pour du crédit d’impôt partout… La BPI pourrait ainsi régler le probleme de l’accès au crédit bancaire des entreprises et permettre des opérations de préfinancement dans le cadre de la défiscalisation et du crédit d’impôt. Dès que Jean-Marc Ayrault aura rendu ses arbitrages, une proposition sur la place de la BPI devrait etre soumise aux parlementaires.

FXG, à Paris

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 08:25

De jeunes Guadeloupéens à Berlin

28-gpeens-Mix-art.jpgGreg et Geneva de Baimbridge, Célia de Carnot, Jessy de Pointe-Noire, Christophe de Saint-John Perse à Grand-Camp… Ils font partie des 28 Guadeloupéens sélectionnés sans le cadre de l’opération citoyenne Mix’Art. Mardi après-midi, ils ont rejoint sur le parvis de la gare de l’Est, à Paris, les 250 lauréats français. Ils vont à Berlin partager leur prix avec 250 jeunes Allemands. Les Guadeloupéens qui ont réalisé une dizaine d’œuvres de street art savent d’ores et déjà que deux d’entre elles font partie des dix œuvres qui seront récompensées à Berlin ce mercredi soir. « On a fait une planche, explique Geneva, d’un mètre par un mètre ». Elle veut parler d’une fresque d’art urbain ! Trois oeuvres viennent du lycée de Baimbridge. « On a travaillé sur le recyclage, la violence, les discriminations », raconte Jessy qui a travaillé avec six camarades du lycée de Pointe-Noire. Le jeune Christophe est le seul lauréat de son collège de Grand-Camp. Marie-Camille-Mounien-et-Repentin.jpg« J’ai fait un tableau sur papier, raconte l’élève de 4e. La création du monde de Michele Ange. » Céline Hédon est professeur d’arts plastiques au collège de Goyave. Elle a fait travailler quatre classes de 3e pendant un trimestre sur le projet Mix’Art. Résultat, elle accompagne un groupe de quatre collégiens en Allemagne. L’ambassadrice de RFA, les ministres des Sports et des Affaires européennes français ainsi que la vice-presidente de la Région Guadeloupe, Marie-Camille Mounien, sont venus à la gare les accompagner…

Le ministre Thierry Repentin salue « les arts au service de l’insertion et de l’intégration ». Les jeunes, assis sur leurs sacs et valises, n’écoutent plus les discours vantant les 50 ans de l’amitié franco-allemande. Ils ont déjà la tête à Berlin.

FXG, à Paris

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 07:17

Menaces écologiques et économiques aux îles Vanille

Pascal-Saffache.jpgLa Coalition pour un tourisme responsable a consacré, hier au Conseil régional d’Ile de France, la 7e édition de la Journée mondiale pour un tourisme responsable aux « îles Vanille, laboratoire du tourisme durable ». Pour poser la question de leur gouvernance et de la préservation des patrimoines insulaires, Pascal Saffache, docteur en géographie et maître de conférence à l’université Antilles-Guyane a fait le point sur les fortes pressions auxquelles sont soumises ces îles tropicales fortement urbanisées sur de petites superficies, vulnérables aux influences maritimes… « Leur vulnérabilité est économique et écologique », a déclaré l’universitaire avant de rappeler que la valeur économique des coraux et de la mangrove étaient estimées respectivement à 7 et 9 milliards d’euros. D’où la nécessite de préserver ces milieux. Or ils sont menacés du fait de l’activité humaine et touristique. Premier élément en cause : le déboisement provoque le ruissellement de boues dans la mer, des panaches - ou plumes - turbides qui nécrosent les coraux et fossilisent les fonds marins. Ainsi à la Réunion, 3000 tonnes de matériaux par kilomètre carré partent chaque année à la mer. Ca revient à enlever 1 millimètre d’épaisseur à l’île par an ! A Maurice où la couverture forestière ne represente plus que 1 % de sa superficie, on a de plus en plus de fonds vaseux… Deuxième élément en cause : l’érosion des cotes en raison de prélèvements et de constructions hôtelières. Ainsi les cotes reculent à Maurice. Pour exemple, Pascal Saffache a donné des chiffres intéressant la Polynésie ; « 5 millions de m3 de matériau ont été prélevés depuis 1968 sur 36 sites d’extraction. »

3e élément en cause : la pollution avec l’absence d’assainissement collectif, les décharges à ciel ouvert, le rejet des eaux industrielles (les vinasses, par exemple) et agricoles, la concentration de bateaux de plaisance qui, avec leur antifooling, laissent des traces de métaux lourds dans la mer… Cela crée des processus d’eutrophisation et un développement algal important.

La surexploitation des ressources marines contribue elle aussi à l’appauvrissement de l’eco-système, mais peut-être pas autant que l’exploitation touristique. Aux Seychelles, il y a 5000 lits sur la bande littorale qui posent un probleme de stabilité pour la frange côtière. A Maurice, ce sont 95 hôtels qui occupent 35 % du littoral. Ajouté à cela la hausse du niveau de la mer et l’on se retrouve avec le probleme des Maldives…

Les îles vanille qui tirent une bonne partie de leurs ressources du tourisme sont donc soumises à de fortes dégradations en raison de leur fragilité naturelle, de la pression tropicale, mais également du contexte législatif souvent permissif. La gouvernance pour sortir de cette spirale doit passer par une meilleure intégration du milieu, un principe de précaution effectif et une meilleure éducation citoyenne de l’environnement.

A Madagascar en 1950, il y avait 15 millions d’hectares de forets ; il en reste moins de 9 hectares aujourd’hui. Selon le Pr. Salomon de l’université de Bordeaux 3, si ca se poursuit, dans moins de cinquante ans, il n’y aura plus de forets à Madagascar.

FXG, à Paris

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 08:20

Le maire de Millau accusé de stigmatiser ses Saint-Martinois

Sous le titre  « Qui sont ces jeunes Antillais installés dans le centre ? », le quotidien régional, Midi-Libre du 30 mai, consacre un article à ce qui semble présenté comme un probleme dans la petite sous-préfecture de l’Aveyron, Millau. Le démantèlement récent d’un important trafic de cocaïne en provenance des Antilles françaises a contribué à mettre en exergue les jeunes Antillais installés dans le centre-ville… Lors de son assemblée plénière en mairie, la semaine derniere, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) a dévoilé les premières données d’une enquête menée sur « les jeunes majeurs et mineurs issus des Dom-Tom et arrivés sur Millau sans adultes référents ».

Avec le concours du Centre d’information et d’orientation (CIO), la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), la police municipale, la Mission générale d’insertion (MGI) et la Mission locale, les autorités millavoises ont fait une véritable enquete :  « On a souhaité avoir des éléments statistiques précis », explique le maire PS Guy Durand, afin de connaître la réalité de la situation de ces Antillais et les problématiques auxquels ils sont confrontés, en matière de logement, de déscolarisation ou d’accès à l’emploi. »

54 jeunes ont été recensés dont 45 vivent toujours à Millau. « La bonne nouvelle », selon le maire, c’est que 17 d’entre eux sont en situation d’emploi (apprentissage, intérim régulier, CDD ou CDI) et six sont en formation qualifiante. Sept sont suivis par le SPIP, dont certains incarcérés.

« Les premiers Saint-Martinois sont arrivés, dit le maire, il y a quelques années pour suivre une formation au lycée professionnel. Et puis il y a visiblement eu un message autour d’un Eldorado millavois et beaucoup de jeunes sont venus... Mais là, ça a ralenti. »

Selon le Midi-Libre, le groupe de travail en charge du dossier entend travailler avec les autorités de Saint-Martin afin de sensibiliser les familles à leurs difficultés en métropole. « La ville de Millau est en crise, on ne peut pas accueillir des jeunes sans formation, une population que l’on a du mal à intégrer, ajoute Guy Durand. C’est le message que l’on veut faire passer auprès des autorités de Saint-Martin. » Et localement, « en cas d’actes délictueux », le maire demande à ce que soient transmis des signaux de fermeté : « Cette communauté, pas plus que les autres, ne peut faire sa loi. »

L’ensemble des propos relatés dans cet article a fait réagir une élue UMP de Guyane, Christiane Ichoung-Thoe Finance qui a écrit au maire de Millau, au président de l’intergroupe parlementaire de l’Outre-mer, Georges Patient, et au ministre des Outre-mer. « Je trouve pour le moins inquiétant, la stigmatisation de jeunes français que vous communautarisez et marginalisez du seul fait qu’ils soient issus de l’Outre-mer », écrit-elle à M. Durand. Mais ce qui la heurte davantage, c’est quand le maire « laisse entendre que des Français issus de l’outre-mer doivent avoir des raisons de pouvoir circuler sur le territoire national ».

Christiane Ichoung-Thoe a écrit, il y a quelque temps, une lettre à Jean-François Copé pour obtenir des excuses du député UMP du Var, Jean-Sébastien Vialatte qui s’en était pris aux « descendants d’esclaves » lors des émeutes des supporters du PSG…

FXG, à Paris

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 08:12

Les 31 de Mix’Art à ParisMix-art-et-sapotille-au-MOM.jpg

Ils étaient 800 collégiens et lycéens de la Guadeloupe à s’être lancés dans l’aventure Mix’Art ; ils étaient 31, hier, dans les salons Delgrès du ministère des Outre-mer. Ces 31 lauréats verront leurs créations de street art publiées dans un recueil et surtout, ils seront les hôtes d’une grande cérémonie de remise de trophées, organisée le 5 juin à Berlin dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire du Traité de l’Elysée. Après une visite au château de Versailles, une ballade en bateau-mouche sur la Seine et une sortie à la cinémathèque de Paris, ces 31 Guadeloupéens prendront le train, à la gare de l’Est, ce mardi après-midi pour gagner la capitale allemande. Thierry Repentin, le ministre des affaires européennes, Josette Borel-Lincertin présidente de la Région Guadeloupe (elle était représentée hier par le vice-président Jocelyn Sapotille) et Guillaume Pepy, président de la SNCF, animeront la cérémonie de départ.

Photo : FXG

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 08:38

A l'occasion de son passage en Guadeloupe et a Saint-Martin, le ministre des Outre-mer a accorde une interview a France-Antilles.

Victorin Lurel 2-copie-1Victorin Lurel, ministres des Outre-mer

« C’est l’américanisation d’une violence »

Il y a un gros problème de sécurité en Guadeloupe en ce moment. La Zone de sécurité prioritaire pointoise n’est-elle pas virtuelle ?

C’est une grosse affaire les ZSP qui ne concernent pas seulement les Outre-mer même si c’est sans doute là que la délinquance a le plus progressé… C’est une priorité de l’action gouvernementale. J’échange régulièrement avec Manuel Valls sur ce sujet. Nous avons d’ores et déjà interrompu le processus de fermeture du commissariat de Capesterre-Belle-Eau. C’est l’un des deux commissariats en France qui, pour le moment, a évité la fermeture. Ça ne veut pas dire que l’on ne discutera pas. Mais pour le moment, à ma demande à celle de la députée Hélène Vainqueur, mais aussi du maire de la commune et des syndicats de policiers, nous avons souhaité reporter cette question-là pour une analyse beaucoup plus approfondie.

Est-il question d’augmenter les effectifs ?

En supprimant le commissariat de Capesterre-Belle-Eau, contre les ratios qui commandaient d’avoir tout au plus 18 gendarmes, on en mettait 30, avec un redéploiement d’une partie des effectifs policiers sur la ZSP. J’ai préféré prendre le temps d’une mise à plat pour avoir une vision plus globale et pas simplement centrée sur Capesterre et la ZSP Pointe-a-Pitre Abymes. Il y avait eu deux rapports secrets à l’époque qui proposaient la suppression du commissariat et le rattachement de Baie-Mahault à la zone police, ce qui n’avait pas l’agrément du député maire… Nous prendrons le temps d’une analyse avec les élus et les acteurs concernés et elle sera accompagnée de moyens.

La délinquance évolue…

Elle était jusqu’à présent plutôt cantonnée à une délinquance familiale et de voisinage avec des homicides commis au sein des familles… Mais on a désormais affaire à une délinquance en bande organisée. C’est l’américanisation d’une violence souvent, hélas, portée par des jeunes organisés en bandes. On le voit à Saint-Martin, mais aussi en Guadeloupe. Deuxième changement sociologique, c’est la montée aux extrêmes, la banalisation de l’utilisation des armes allant jusqu’au meurtre et à l’assassinat. Pour un rien, on se sert des armes. C’est un changement considérable avec une sorte de sédimentation, d’incrustation culturelle qui fait qu’on se donne des signes distinctifs, des vêtements appropriés, être identifié comme un caïd est devenu un honneur. Pour un rien, on a recours au meurtre.

N’y a –t-il pas trop d’armes en circulation ?

J’ai proposé à Manuel Valls de recommencer l’opération « Déposez les armes ». 68 fusils avaient été récupérés la dernière fois, ce qui n’était pas mal… Mais les gens n’ont pas encore compris l’importance de cette opération, c’est pourquoi je souhaite recommencer. Moi-même, j’avais un vieux fusil de plus de 20 ans, j’étais parfaitement en règle, mais je l’ai remis pour le principe. Bien sûr, il y a du trafic d’armes, mais l’essentiel provient tout de même des cambriolages dans les villas. Des armes de chasse entreposées dans des villas cossues...

Est-ce suffisant ?

Il faut aussi apaiser les rapports car cette culture importée et l’irritation sociale conduisent pour un rien à l’affrontement, à la montée aux extrêmes, à la mort, l’assassinat… Il faut y mettre un coup d’arrêt. Tous les services de l’Etat vont être mobilisés pour un plan d’action durable en relation avec l’ensemble des acteurs concernés sur les territoires : élus, responsables d’associations, acteurs de la politique de la ville… Cette prise de conscience collective, qui doit inclure également la société civile, les parents, les enseignants et les éducateurs, est indispensable à la réussite de cette politique. Cela devient plus qu’une urgence et c’est, je le redis, une priorité de l’action gouvernementale dans ces territoires.

Vous serez a Saint-Barth et Saint-martin lundi…

C’était un engagement d’avoir vu tous les territoires d’outre-mer dans ma première année de ministre. Je vais vérifier avec les élus le plan de redressement de la collectivité, planter le décor pour l’avenir de Saint-martin. Nous allons réviser la loi organique de Saint-Martin comme on l’a fait pour celle de la Nouvelle-Calédonie. En 2007, je crois pouvoir dire que les élus Saint-Martinois ont été trompés par leurs amis politiques et nous allons les aider pour leur plan pluriannuel de redressement Sur place, je me pencherai sur leurs projets et leur financement pour accompagner le développement de ce territoire. Beaucoup de questions se posent aujourd’hui sur l’octroi de mer, les relations entre les deux parties de l’île, la nécessité ou non d’un port en eau profonde, la coopération policière et éducative...

Propos recueillis par FXG, à Paris

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 06:32

Lurel et la mairie de Basse-Terre

13-mai-2013-6527.JPG« Ça dépend des camarades…C’est dans l’ordre des choses… »  Victorin Lurel est évasif, mais pas tant que ca lorsqu’on lui parle de son éventuelle candidature à la mairie de Basse-Terre. « La question s’est posée lors d’une réunion PS, raconte-t-il. J’ai recu une offre, je l’avoue. » Cette équation a peu d’inconnu mais encore une variable : Michaux-Chevry. Si elle ne se présentait pas, l’intérêt du ministre serait moindre, même s’il n’y serait « pas indifférent ». Car derrière l’ombre de Michaux-Chevry qui, si elle y va, livrera là sans doute son dernier combat (elle aura 84 ans le 5 mars 2014), il y a Marie-Luce Penchard, l’ancienne ministre de l’Outre-mer de Sarkozy, mais aussi sa fille. Lurel ne voudrait pas non plus que ca soit un combat, ministre contre ministre… Pour autant, si le ministre Lurel a fait un carton lors des législatives à Basse-Terre, Lucette est encore bien doubout au chef-lieu. On imagine aussi que Guy Georges (pas le tueur de l'Est parisien, mais celui que LMC a mis pour le remplacer a la mairie naguere), l'ancien maire qui crut etre plus fin que Lucette, voudra aussi y aller pour etre au moins conseiller territorial (Les elections de 2014 concerneront en premier lieu, au dela des municipales, les conseillers des communautes de communes) et ca pourrait aider les socialistes. Mais dans le 2e canton de Basse-Terre en 2008, le PS n’a présenté personne contre Guy Georges et n’a pas été payé de retour… Jocelyn Mirre en sait quelque chose.

FXG, à Paris

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